William Klein : des photos et aussi des films - L’Œil de Pierre Lescure
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- A.-E.Lemoine: Parce que c'est en nous, tout ça.
Restez avec nous jusqu'à 21h. C'est l'heure de L'OEil de Pierre. - P.Lescure: Juliette, je ne vous emmène pas danser, mais je vous invite à la galerie Polka, qui porte bien son nom.
C'est un des hauts lieux chaleureux de la photo à Paris. Depuis quelques jours et jusqu'au 1er août, c'est l'immense talent de William Klein qui est chez lui, dans la galerie. C'est une figure essentielle de l'image du XXe siècle, en tant que photographe, mais aussi en tant que cinéaste.
L'originalité, la modernité, la créativité de Klein, ça a changé beaucoup de choses et frappé tout oeil qui le découvre. Ecoutez cet Américain tellement français raconter la naissance de sa passion pour le travail photo en labo. - Les photos que je faisais, je les développais au labo du coin.
Je ne pensais que j'avais aucune possibilité de réussir la photo. Je commençais à prendre ces photos ratées. Je faisais les cadrages moi-même.
Je voyais que ce n'était pas si raté que ça. On pouvait sauver des photos et faire les photos en chambre noire. - P.Lescure: La galerie Polka insiste sur Klein cinéaste.
Son 1er film est un court métrage. C'est peut-être un des plus beaux gestes de pop art, dès 58. Broadway et les lumières de Times Square... ...
W.Klein a bien sûr accompagné son film de photos. Voici des photos de Godard.
Il y a aussi une très jolie photo d'A.Aimée, sur la droite, et la photo culte de Gainsbourg. Ses travaux sur les planches-contacts, aussi, mêlant peinture et photo, lui qui parlait si bien avec A.Varda de la grande bascule artistique des peintres. - Je crois que le cinéma et la photographie ont eu un malheur: hériter l'obligation du réalisme de la peinture.
Les peintres n'étaient plus obligés de peindre d'une façon photographique...
Sont arrivés Manet et les impressionnistes et des libertés de toutes sortes. Pendant quelques années, il fallait que le photographe soit réaliste et le cinéaste aussi. - P.Lescure: En 66, 1er long métrage, lui aussi devenu culte: "Qui êtes-vous, Polly Maggoo?" Satyre de la mode, avec cette phrase culte. - Vous me demandez qui je suis? - OUI. - Je me le demande parfois aussi.
En me prenant en photo, tous les jours...
Ca fait des millions de fois que vous m'avez prise en photo. Chaque fois que vous me prenez en photo, il me reste un peu moins de moi. Qu'est-ce qui peut bien me rester à la fin?
Je vous le demande. - P.Lescure: C'est joli.
Des gens, toujours des gens. L'intelligence, le talent et l'humanité dont vous parliez, Juliette. - Moi, la foule, la rue, ça m'excite énormément.
Sans appareil, je suis comme tout le monde. Je suis pressé, je pense à mes affaires. Avec un appareil, ça change tout.
J'ai envie de tout photographier. C'est une avalanche de madeleines de Proust. Tout me touche, me concerne, me rappelle quelque chose. - P.Lescure: Maintenant que tout le monde a un portable à la main, vous pouvez tous accumuler des madeleines de Proust.