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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 28 février 2026 37 min

Électricité : Quelle stratégie d’avenir ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Très chè électricité, un film d'Olivier Tosser qui nous a offert une mise en perspective historique pour comprendre comment EDF s'est construit, avec quelles ambitions. Un documentaire qui livre aussi une analyse claire et précise des mécanismes du marché européen aujourd'hui. Alors qu'approvisionner la France en électricité décarbonée, abondante et bon marché apparaît comme un enjeu stratégique majeur après la flambée des prix observés en 2022.

Alors on va en débattre sur ce plateau. J'accueille quatre invités. et Sophie Prima.

Bonjour. Bonjour. Vous êtes sénatrice les Républicains des Yvelines, ancienne ministre et vous avez longtemps présidé la commission des affaires économiques du Sénat.

Également avec nous, Franck Montauger. Bonjour et bienvenue. Vous êtes sénateur socialiste du GER.

Je précise que vous avez présidé la commission d'enquête sur la production, la consommation et le prix de l'électricité en 2024. Également avec nous Maria Eugénia San. Bonjour.

Vous êtes économiste et spécialiste des questions énergétiques à l'université Paris Est Créteille. Et enfin, j'ai le plaisir d'accueillir Pauline Boyer. Bonjour, vous êtes chargé de campagne sur la transition énergétique à Greenpeace France.

Alors, on voit que le documentaire démarre avec le souvenir encore vif sans doute pour chacun pour tous de la crise de l'hiver 2022 avec une explosion des prix de l'électricité, un risque de blackout qui a été évoqué. On la craint tout l'automne qui a précédé en raison du redémarrage poussif des centrales nucléaires. Il y avait d'ailleurs de nombreuses coupure de presse qui s'en faisaient euh à l'époque l'écho.

Euh Sophie Prima, est-ce que vous jugez qu'aujourd'hui cette crise de 2022 est définitivement derrière nous ? On peut jamais dire définitivement. Il faut toujours être prudent dans ces matières qui réclament des stratégies de de long terme, de ne pas se tromper sur les orientations que l'on donne.

Ce qui est certain, c'est qu'en 2022, on a eu un combo de raisons euh qui cumulai et combiné les unes aux autres ont abouti à cette crise et à cette crise des des prix. Évidemment la guerre en Ukraine, évidemment l'inflation, évidemment les centrales nucléaires sur lesquelles on ne pariait plus puisqu'il était question de les fermer et tout cela a contribué à la fois à l'augmentation terrible des prix qui a pesé évidemment sur notre économie, sur nos concitoyens, mais aussi à la question est-ce que nous avons assez d'électricité, est-ce que nous produisons assez d'électricité ? Euh Maria Eugénia Sana, est-ce que nous pouvons aujourd'hui compter sur le réseau européen pour éviter le blackout, hein, ce risque qui planait sur nous euh à l'époque, on a vu par exemple que ça n'a pas euh empêché etth bien l'Espagne et le Portugal d'être plongé dans le noir.

C'était au printemps dernier, le 28 avril 2025. En fait, les centre connexions sont euh sont pas parfaites. En fait, il faut voir que le réseau électrique, c'est un un ensemble d'acteurs euh avec une certaine complexité, plusieurs euh centres d'optimisation euh comme on a vu dans le documentaire et donc on n pas un 100 % sans faille.

Mais effectivement, quand on pense par exemple à la planification pluriannuelle de l'énergie, il faut penser aussi bien au ressaut euh à la génération, à euh et comment on va euh moduler la consommation. Il faut penser dans un ensemble parce que comme expliqué, comme l'électricité ne se stock pas, il faut que on puisse moduler à la fois euh le ressaut, la fourniture et la consommation. On on va parler de la programmation pluriannuelle de l'énergie, mais d'abord peut-être un petit retour en arrière.

Est-ce que vous jugez Franck Motoget que euh nos choix stratégiques ont été euh les bons ? On a évoqué et bien le fait que sur le nucléaire par exemple, il y a eu du stop and go, il a eu une très mauvaise image et cela se comprend d'ailleurs notamment après Fukushima. Non, moi je je je pense que les choix stratégiques qui ont été faits à un moment donné n'ont pas été les bons, notamment concernant cette filière industrielle nucléaire tout à fait essentielle pour pour notre pays et pour son avenir. dans l'intérêt des consommateurs en général, des particuliers jusqu'aux grandes entreprises, on a laissé s'affaiblir s'amoindrir cette filière industrielle nucléaire qui est absolument stratégique pour l'avenir du du pays.

Un ancien ministre disait l'électricité c'est l'industrie de l'industrie et ça le sera d'autant plus le temps passant que la proportion d'électricité dans l'économie va augmenter est de plus en plus importante. Il ne faut négliger et à contrario, il faut soutenir toutes les filières de production d'électricité possible. Il faut pousser tous les curseurs en même temps et en France et c'est tout à fait d'actualité, nous avons une filière industriel nucléaire à reconstruire et on le voit d'ailleurs dans le reportage à travers les les soudeurs euh de très très haut niveau qui sont qui sont en formation.

Voilà, c'est un enjeu capital pour l'avenir euh de la compétitivité française et du pouvoir d'achat euh des ménages. On va aller hein sur le débat autour du nucléaire bien sûr hein, ça va être au cœur de notre de notre discussion. Mais Pauline Boyer, peut-être un mot un peu plus large d'abord sur selon vous quels sont aujourd'hui les atouts, les faiblesses de la France par rapport et bien à ce que je disais, cet enjeu et bien d'électricité qui doit être à la fois bon marché et décarboné, ce sont nos objectifs en matière de climat.

Hm. Alors juste euh je suis pas tout à fait d'accord avec ce que vous venez de dire parce que dans les années 2000, le EDF a lancé le programme de la filière EPR et donc euh ça fait euh euh 25 ans que euh EDF travaille sur le PR et euh donc a construit euh en Chine deux de deux réacteurs à Taïan, un EPR en Finlande à Holkiluto et en train d'essayer de les construire de construire deux autres à Inclay Points et Flamville qui a mis 17 ans à être construit. Euh donc avec 12 ans de retard et un par 6 et c'est le cas dans toute la filière.

Donc en fait, c'est pas comme si on EDF avait arrêté de vouloir construire des réacteurs nuclaires. C'est juste que euh le Oui, mais la filière a enfin le le la réalité aujourd'hui c'est que euh le choix de l'EPR c'était un fiasco industriel et économique. Donc et euh on a un enjeu aujourd'hui pour notamment faire face au dérèglement climatique et pour réduire l'extraction des ressources naturelles pour préserver la biodiversité qui est aussi importante que réduire les émissions de gaz à effet de serre. c'est aujourd'hui euh réduire nos consommations en ressources naturelles et c'est développer euh des énergies renouvelables qui sont elles euh qui qui sont très très euh et très efficaces pour réduire rapidement euh l'utilisation des énergies fossiles.

Bah c'est l'objectif justement de la programmation pluriannuelle euh de l'énergie qui a été rendu publique il y a quelques jours, hein. Le décret vient de sortir. Je rappelle que le texte prévoit de passer de 60 % d'énergie fossile à 60 % d'énergie décarbonée en 2030 et mise pour cela sur un grand plan d'électrification avec une relance du nucléaire et un soutien à la production d'énergie renouvelable qui est plutôt en modéré disons.

Maria Eugénia Sanin déjà pourquoi est-ce que ce document il est stratégique ? Pourquoi est-ce qu'il est essentiel ? parce que si euh si on n' pas une idée claire de comment on va approvisionner tous nos tout notre consommation et notre notre industrie en électricité parce que c'est euh le le gros des l'augmentation de la demande de toute façon euh sans décarbonation serait dans l'électrification par le dat la tout la digitalisation mais en plus on va électrifier des sages qui actuellement sont aux énergies fossiles.

Donc la la la production d'électricité doit augmenter et elle doit aussi la consommation donc la ce qu'on appelle la conservation d'électricité doit être euh appuyé ou aidé pour que ménage, entreprise et cetera puisse être plus efficace, plus sobre. Donc effectivement, ce plan, il est un peu austère en terme de de support aux énergies renouvelables. H euh et ça c'est euh quelque chose que on pourrait améliorer.

Euh mais bon, on a tellement attendu de la voir que maintenant on va pas le critiquer. Oui, c'est [rires] ça. Oui, parce que on a attendu Sophie Prima 2 ans et demi euh pour avant d'avoir cette programmation pluriannuelle de l'énergie.

Euh je voudrais avoir votre avis euh sur le fond, les orientations qui sont prises euh et puis aussi la forme, le fait que he ça devait être un texte que le Parlement devait voter et euh finalement ça passe par un décret. Oui. Alors ça a beaucoup énervé le Sénat quand j'étais présidente déjà de la commission des affaires économiques puis Dominique Estrisson puis tous ceux qui s'occupent d'énergie actuellement président de la commission puis tous ceux qui s'occupent de l'énergie et qui travaillent beaucoup et je regarde Franck parce que il fait partie de cela évidemment Daniel Grillet ont travaillé à une loi de programmation de l'énergie qui doit être préalable à la prise du décret parce que et qui est obligatoire qui est inscrit crite dans le code de l'énergie.

Alors, on sait le contexte politique qui est celui de l'Assemblée nationale quand le texte de Daniel Grémillet arrive à l'Assemblée nationale pour être examiné, vous avez d'un côté tous ceux qui veulent 100 % de nucléaire, de l'autre côté ceux qui veulent 100 % de renouvelable. C'est une bataille sans fin. Finalement, il en sort un texte sans queune tête.

Enfin voilà, au moment où on a besoin et je le redis parce que je l'ai dit tout à l'heure mais c'est très important d'avoir une programmation qui soit extrêmement structurée parce qu'elle engage le pays sur 20 ans 30 ans, 40 ans d'investissement. Le pays EDF et un certain nombre de choix que nous devons faire. Euh donc si je c déplorez que les parlementaires n'entai pas pu voter mais vous dites aussi que on arrivait à rien notamment du côté de l'Assemblée nationale situation et en même temps il y a urgence parce que notamment il y a des appels d'offre qui doivent être qui doivent être lancés qui doivent être attribués on doit avancer sur un certain nombre de technologies il y a beaucoup de gens qui sont en suspend aujourd'hui qui attendent de savoir ce que va faire le gouvernement en ce qui concerne soit leurs expérimentations, soit les marchés.

Euh il y a l'industrie qui attend de savoir si elle doit euh construire des panneaux photovoltaïques, des éoliennes, euh si euh on doit former euh des ingénieur en en en nucléaire. Donc il y a beaucoup d'attentes. Donc je comprends que le gouvernement soit passé euh par ce décret, mais je le regrette profondément parce que le débat démocratique devrait euh devrait prendre le dessus et la raison.

Or, on voit bien qu'en ce moment la raison, c'est pas quelque chose qui est très commun à l'Assemblée nationale. Franck Montogé, là-dessus sur ce débat démocratique, ce débat politique qui s'est enlisé dans l'opposition nucléaire renouvelable. Euh, il ne faut pas opposer le nucléaire au renouvelable intermittent.

Tous les modes de production ont leur place dans le mix de production nationale et il faut le proportionner ce mix pour chaque filière de production au besoins du marché. Et là, on a des grandes interrogations parce que le marché, il est à tonne. Voilà, il est pas dans la dans la trajectoire de ce qu'avait donné euh ou RTE dans sa première étude très intéressante par ailleurs dite des futurs énergétiques 2050.

Et il faut raisonner en coût complet coût complet, coût de production, coût du système et coûpt externe si possible. Voilà. Et quand on raisonne de cette manière-là, ben il apparaît qu'un mix de production euh moitié nucléaire, moitié énergie renouvelable intermittente et de nature, y compris au plan financier, à répondre aux besoins euh de notre pays euh en matière d'électricité.

Pauline Boyer, je voudrais avoir votre avis notamment sur le fait que et bien cette programmation pluriannuale de l'énergie prévoit de ralentir sur l'éolien et le solaire. Est-ce que l'on cède face à l'impopularité de certaines installations ou est-ce que justement on a aussi entendu la raison invoquée par le gouvernement, l'électrification des usages va moins vite que prévu. Donc on a moins besoin de renouvelable que prévu.

Là c'est un peu l'histoire de l'œuf ou la poule hein. C'est est-ce que on on va trop enfin on on justifie le fait de ne pas avoir recours renouvelable par cette électrification qu'on a pas planifié non plus. Aujourd'hui ralentir sur le le solaire et l'éolien c'est un non sens complet. face à même tous les scénarios du par rapport je je vous vous ne ralentit pas Franck Motog vous pouvez vous pouvez en débattre si on ralentit clairement le c'est un le la PPE c'est un sabotage de de tout ce qui est éolien terrestre c'est ça ne va pas assez loin dans la filière du solaire et ça ça avoir des impacts aussi sur le développement de la filière industrielle qui devrait aujourd'hui avoir le vent en poupe à l'image de ce qui se passe au niveau international.

Euh aujourd'hui, les énergies renouvelables, comme je disais tout à l'heure, euh c'est euh le moyen euh dans les 10 ans qui viennent de remplacer les fossiles. Et c'est pas les nouveaux réacteurs nucléaires qui vont mettre 15 ans à voir le jour s'il voient le jour. Euh effectivement euh on a échappé quand même au moratoire hein.

Rappelons qu'il y a un certain nombre de forces politiques qui qui voulaient aller beaucoup plus loin dans l'arrêt mais tu es dans la version du texte de Daniel Gré à l'Assemblée nationale pour faire valider des objectifs qui sont qui sont très décevants des objectifs en terme de développement d'énergie renouvelable et d'ailleurs la France est 15e sur 27 au niveau européen dans le le développement des énergies renouvelables. Elle a été en retard sur ses propres objectifs. Donc le nucléaire empêche en France le pleinement le développement des énergies renouvelables dont on a un besoin vital aujourd'hui.

Et d'ailleurs dans le 6e rapport du GC, il y a un schéma qui montre bien que les énergies renouvelables ont neuf plus de potentiel de réduire les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 et dans les années cruciales aujourd'hui pour limiter les émissions de gaz à effet de serre que le nucléaire. Je Franck Monteog, je je vous laisse continuer à discuter notamment sur la question des renouvelables car nous virons ensuite sur une fois moi je je pose pas les renouvelables. Je je pense que voilà il y avait des appels d'offre qui étaient engagés.

Il fallait que la PPE soit soit promulguée pour que ce décret soit promulgué pour que effectivement les appels d'offre puissent se trouver à tributaires et que le et que le les énergies renouvelables différents modes d'énergie éolien photovoltaïque et cetera puisse se déployer. Je rappelle quand même par rapport à ce que vous dites madame que on on s'inscrit dans le cadre de règles et notamment de directives européennes notamment une directive qui s'appelle Red Red 3 version 3 que la France prévoit qui prévoit des obligations pour les États-membres en matière de production d'énergie d'électricité de sources d'origine renouvelable et la France s'inscrit dans le respect de cette de cette directive. Donc on on est en ligne et par rapport à la à la question du nucléaire euh le nucléaire il est aussi quand même utile quand il y a pas de vent ou qu'il y a pas de soleil et cetera.

Donc il y a il y a aussi des relations entre les deux systèmes de production d'énergie pilotable d'un côté euh intermittent intermittent de l'autre. Voilà. sans rentrer trop dans les des scénarios très clairs de 100 % renouvelables qui sont très sérieux avec des coûts astronomique avec des coups avec des coûts très très élevés très élevés peut-être et et des sollicitations notamment du système nucléaire en matière de modulation qui vont probablement techniquement au-delà du résat on parle aussi de l'Europe.

L'objectif de cette programmation pluréannuelle de l'énergie, c'est aussi de nous fournir en électricité un coût acceptable. Le prix d'électricité est d'ailleurs au cœur de ce documentaire. On y comprend d'ailleurs comment la mise en concurrence réclamée par Bruxelles a fragilisé notre champion français EDF.

Regardez Aren derrière ce cyle, un mécanisme inédit. Il oblige EDF qui produit du nucléaire bon marché à en vendre une partie à prix coûtant à ses propres concurrents, [musique] lesquels la revendront ensuite plus cher à leurs clients pour réaliser un bénéfice. [musique] Cet arrangement écrit sous la dictée des nouveaux concurrents de DF et validé par le gouvernement défie toutes les règles connues de l'économie de marché.

Vous voyez bien la dinguerie. C'est comme si on obligeait Renault à vendre à ses concurrents un/art de sa production de Twingo pour que eux-mêmes vendent des Twingo moins cher que Renault. Tout le monde dirait "Mais c'est pas possible.

Pourquoi ? Comment ?" Dès le départ, le sénateur est préoccupé mais à l'époque il prêche dans le désert.

Maria Eugénia Sanin. Donc on le voit, le documentaire nous présente la situation comme une absurdité hein pour satisfaire le dogme de la concurrence. On a démantelé notre champion français.

Est-ce que c'est aussi simple que ça ? En fait euh on n pas de mandelé mais l'explication elle est finalement assez précise. Ouais, c'est assez juste parce que on a juste mis à disposition la production d'un réacteur nucléaire qui est entièrement EDF à ces concurrents.

Si les concurrents pouvaient prouver prouver que ils avaient des clients qui allaient acheter cette énergie et il devait produire au départ euh c'est ça. Et il devait produire. Aucun aucun ne s'est mis à produire. les concurrents auraient dû produire et ce n'est pas du tout ce qui est arrivé.

On le voit d'ailleurs, il y avait des concurrents qui avaient euh 20 personnes qui en gros s'occupaient de faire des contrats quoi. Exactement. Donc la la rein en soi donne accès à euh à la production desf.

Après bon, il avait des autres conditions mais concrètement il donne la donne accès à vendre la quelque chose qui est produit par SDF. Et bien évidemment euh d'ailleurs nous av on avait écrit un papier sur les sujets effectivement où on disait c'est pas comme ça qu'on va créer de la concurrence euh et des des dans aucun sens. C'est-à-dire d'un côté euh le fournisseur qui a des coûts euh faibles parce que il a installé déjà donc des coûts marginals de coûts de court terme faible de toute façon va continuer à avoir plus de pouvoir de marché si on veut.

Donc on va pas introduire de la concurrence comme ça et en plus on va juste rendre l'électricité plus chère euh au consommateur final. Donc c'est un nonens effectivement. Sophie Prima, considérez-vous effectivement bah, on vient de le prouver hein, que la reine c'était une hérésie, une absurdité.

Rappelons que ce système a pris fin en décembre 2025. Euh ça a fragilisé en tout cas EDF et notamment dans sa capacité d'investissement. Euh moi je suis libérale.

J'aime la concurrence parce que je pense qu'elle a du bénéfice et aujourd'hui je suis plus un peu moins. Non non c'est pas ça. Mais j'aime pas.

Non non vous êtes un peu moins libéral. moins tu un peu moins mais je je suis libéral quand les conditions de la concurrence sont les même pour tout le monde. La concurrence c'est de dire on ouvre le marché de la production et on demande à des producteurs d'électricité, on offre la possibilité à des producteurs d'électricité de produire à côté de DF.

Bon, ça éventuellement euh il y a aujourd'hui des grands opérateurs ont mentionnait tout à l'heure Total, on mentionnait un certain nombre de gens qui font du renouvelable, qui font d'autres d'autres choses. Euh ouvrir la concurrence aujourd'hui, il y a des pleins de start-up par exemple, je vois pas pourquoi on le fermerait le marché de la production, mais là on était dans un dans un mécanisme qui était mortifère et qui grignotait inlassablement mais alors durablement toutes les marges d'investissement de DF. C'est derrière nous ou pas ?

Bah, j'espère que c'est derrière nous et j'espère que l'hydroélectricité va pas nous voilà les conditions parce que l'hydroélectricité c'est un des secteurs que l'Europe nous dans lequel l'Europe nous demande aussi d'introduire de la de la concurrence résisté. On a résisté depuis 10 ans. J'espère qu'on résistera à des conditions qui seront des conditions qui ne sont pas les conditions de répétition de ce qui était la reine.

De de choses là-dessus. Euh donc pas par rapport à la à à la reine euh on va passer à un système qui s'appelle le versement euh nucléaire euh universel. Hmm.

Avec un seuil un premier seuil de de taxation, un second seuil d' décrêtement. On rentre encore dans un système machin compliqué euh dont on pourra apprécier l'efficacité en marchant comme on dit le moment venu. On n pas sûr qu'on est pas en train de reproduire un système problématique. atire votre attention sur le fait que par rapport à l'hydraulique, on est en train d'installer un mécanisme comparable à l'arène puisque euh nos barrages, hein, voilà, à à la possibilité de rentrer dans un régime d'autorisation des des barrages euh serait associé le versement euh d'une quantité de d'électricité produite par nos barrages. du même type que la reine.

On est là-dedans. Voilà. Donc une fois de plus, on s'interroge sur la manière dont tout ça va évoluer et va se traduire toujours dans l'intérêt du consommateur parce que on parle du marché, on parle des mécanismes euh c'est la facture la création de marché européenne de l'électricité était associée à des promesses sur les prix.

Ça devait baisser, la qualité de service devait augmenter et cetera. où on en est aujourd'hui et tout ça, on vraiment il y a de quoi s'interroger quoi sur l'efficacité du système. Pauline Boyer.

Oui, effectivement, il y a de quoi s'interroger. La spécificité française c'était quand même d'avoir accès à une énergie, une électricité très bon marché. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Est-ce que vous partagez bah quand même cette inquiétude ? On a quand même tiré des leçons de la reine et on comprend que sur l'avenir, ça reste encore assez incertain. Alors, ce qui est sûr aujourd'hui, c'est que le coût de production du nucléaire est d'environ 50 € par mWh.

Euh celui du nouveau nucléaire, donc celui qui n'existe pas encore avec le projet de PR2, c'est on est à plus de 100 € du MWh. Donc la les calculs le montrent. La Cour des comptes a publié récemment un rapport qui alerte sur les conditions de rentabilité de la construction de nouveaux réacteur nucléaires.

Et aujourd'hui, ce qui fait baisser les coûts le prix d'électricité, ce sont les énergies renouvelables qui sont beaucoup et et dont le dont dont les coûts d'installation et le prix euh le prix qui en qui en découle est de plus en plus bas. Donc c'est pas c'est le c'est les énergies renouvelables qui vont permettre Infin de d'assurer une baisse du on peut pas dire des choses comme ça. Je suis désolé mais les équations sont pas celles-ci du tout. pas tout parce que on parle on parle on on Oui oui mais qui parle pas des raccordements qui parlent pas des difficultés [rires] que nous avons des réseaux de l'entretien des réseaux en même temps.

On peut parler du rapport de RTE qui il y en a un donc un des scénarios avec le nucléaire le nouveau nucléaire de DF qui se base sur la première estimation qui est totalement dépassée aujourd'hui qui était de 52 milliards d'euros pour construire si réacteurs nucléaires. En quelques années ça a pris 40 % on est à 85 milliards d'euros sans les frais financiers. Ça concerne des périodes extrêmement longues.

C'est ça aura un impact infini sur la facture des Français. Alors Sophie Prima, vous n'êtes pas d'accord ? Non, non, je suis pas d'accord parce que on on compare des choses qui sont difficilement comparables euh et on prend pas du tout en cause euh en en considération les coûts de raccordement qui sont des coûts extrêmement élevés aujourd'hui pour RTE euh qui mettent d'ailleurs euh en péril toutes ces équations euh sur le renouvelable.

C'est pour ça que sur le renouvelable, moi je suis tout à fait favorable au renouvelable dans des conditions qui sont des conditions économiquement possibles. Aujourd'hui, on subventionne beaucoup, on subventionne le nucléaire, on aide le nucléaire à arriver mais on aide beaucoup les énergies renouvelables. On rachète l'électricité, on a des obligations d'arachat de l'électricité qui nous coûtent très cher.

On a les premières les estimations des coûts de modulation du nucléaire qui mettent en péril la durabilité des équipement nucléaires. Donc il y a des coûts cachés et j'aime bien l'idée de Franck de dire il faut prendre les coûts dans leur globalité totalement. Aujourd'hui, on sait pas tout à fait le faire.

Les dernières interviews des uns et des autres y compris de RTE dit on sait pas évaluer exactement ces coûts-là. Or on sait que ces coûts existent. Donc ce n'est pas si simple. les énergies renouvelables super qui ne coûtent rien et l'énergie nucléaire qui coûte beaucoup.

On n'est pas dans ces schémas qui me semblent être un peu Je pense que peut-être il faudrait euh euh comme non cette et un peu donc déjà il y a c'est une fausse opposition. La l'opposition est entre soit renouvelable soit nucléaire. C'est vrai que dans un budget, il y a des choix à faire, mais actuellement dans les dans les scénarios de quand on électrifie les soussages pour enlever les énergies fossiles, on a une électrification qui monte et on va avoir besoin et de tout. on va avoir besoin des nucléaires qui a et que apparemment euh selon les les ingénieurs spécialistes, on peut encore euh euh garder et continuer à opérer et on va avoir besoin de renouvelables.

C'est là où je disais, c'est vrai que effectivement là on a on est tout à fait d'accord, les renoublables ont sont en train de de devenir les les la génération la plus compétitive euh dans le marché de gros. Et donc les restrictions de ressaut vont être là de toute façon à cause de cette électrification des sousages. Et donc les coûts de ressaut, il va falloir les optimiser avec un enant le le mix énergétique.

Et c'est pour ça que la planification est importante. Il faut sortir des clivages et penser à cette planification parce que on peut pas avoir une planification économique des développements des euh on peut pas avoir des prix régulés. On peut pas avoir des prix bon marchés pour nos consommateurs attends si on n' pas une planification claire qui nous permet avoir de minimiser les coûts du ressaut dans son ensemble et et actuellement c'est c'est de quelque sorte une chance une opportunité on est les objectifs de décarbonation des diminution des coûts et du coût des prix plus faibles pour les consommateurs et géostratégique sont alignés pour plus de renouvelable davantage et tout ça qu'on peut.

OK. Et cette filière nucléaire que on est en train de des comment dire consolider consolider. Voilà justement.

Alors on va parler de comment consolider cette filière nucléaire si nouveaux opè ont été annoncé ne vous inquiétez pas. On va continuer à parler du nucléaire. J'avais un point j'avais un point important sur sur la discussion.

Donc juste [rires] merci merci de me de me laisser parce qu'on on va continuer en parler hein. Il faut bien avoir en tête que c'est ce sont les les usages de l'électricité qui déterminent en amont le le le volume de production nécessaire. Voilà, RTE est en train d'actualiser son étude sur les futurs énergétiques 2050. on a des incertitudes en matière d'électrification des transports euh en matière euh de logement et cetera, euh toute chose qui qui relève de politique publique.

Donc il faut aussi de la continuité, de la clarté dans les politiques euh publiques menées par les gouvernements qui se succèdent. on peut pas faire du start and go et le mix le volume du mix de production d'électricité il est la résultante justement des usages et des besoins d'électrification qu'on a au niveau de la consommation c'est important voilà on part pas il faut pas partir du faire le raisonnement contraire on met tant de nucléaires tant de de et puis et puis [rires] ça ira quoi puis on vira voilà donc tout ça mérite d'être optimisé et pris dans le dans le bon ordre et encore une fois n'opposons pas le nucléaire et le développement durable On a besoin de tout avec et je termine là-dessus, c'est fondamental une question technologique majeure, la question du stockage de l'électricité. Le jour effectivement on sera capable de stocker l'électricité à grande échelle, on commence à faire du stockage d'électricité.

Aujourd'hui, il y a il y a ça se développe. La donne la donne sera probablement différente. Voilà.

Ayons ayons aussi ça en tête. Alors, pour également euh continuer sur nos installations nucléaires, pour les construire, pour les entretenir, il faut aussi former euh la main d'œuvre et notamment des soudeurs experts. On les a vu dans le documentaire, regardez.

EDF est ainsi devenu partenaire de cette école de haut niveau, unique en France pour y former ses futures soudeurs de précision. La filière nucléaire estime ses besoins à 1500 nouveaux profils de ce genre lors des 10 prochaines années. Dans les faistes, il y a des soudeurs de la filière nucléaire qui derrière demain vont devenir les top gun du nucléaire.

Il faut avoir ce qu'on appelle dans le jargon le coup de patte avoir une excellente dextérité pour être capable de souder dans toutes les positions. La tête en haut, les pieds en bas, les pieds en bas, la tête en haut. Coucher dans une nappe de tuyauterie, souder de la main droite, souder de la main gauche, soudé au miroirision de voilà, on découvre ainsi comment une grande partie de notre monde ultra connecté, remplie de technologie dépend encore de gestes d'artisans, de soudeur.

C'est une école qui est toute récente. Elle a accueilli ses premières formations en 2022 seulement. Elle est venue répondre au problèmes identifiés du manque de main d'œuvre.

C'est un sujet qui avait beaucoup beaucoup été évoqué par la commission des affaires économiques. Sophie Primar. Oui, beaucoup évoqué.

On on traite là dans ce reportage la les Top Gun des soudeurs dont on a besoin d'ailleurs dans d'autres industries, je le dis au passage. Euh mais là évidemment c'est stratégique et souverain. Euh mais on a aussi besoin d'ingénieur.

Évidemment quand on explique euh une ministre de l'énergie bien connue explique qu'on ferme Fenim et qu'on va faire fermer 14 réacteurs et que le nucléaire c'est comme en Allemagne, c'est fini. Euh il y a plus d'ingénieurs qui se forment dans les écoles, il y a plus de jeunes qui veulent aller se former à ces technologies de nucléaire. Donc il faut repartir.

Et ça c'est comme les études de médecine, c'est comme les les numéros clausus, ça met du temps. Il faut retrouver euh des capacités à aller chercher des ingénieurs, à aller chercher des soudeurs. Là, les formations sont peut-être un peu plus courtes, donc [rires] c'est plus rapide.

Mais euh la question de la formation et la question euh de cette ce nouveau pan d'activité doit être traité très urgemment. Franck Montoget, la nouvelle programmation pluriannuelle de l'énergie prévoit de prolonger la durée des centrales existantes au-delà de 60 ans. Est-ce que et bien ça vous paraît possible aujourd'hui hein ?

On avait parlé de 40, maintenant 60 ans. On a un appareil de production euh historique euh qu'il faut euh amortir le plus possible dans la mesure où les conditions de sécurité, d'exploitation sont réunies. Ça c'est fondamental.

On peut pas sacrifier la sécurité objectif aucunement sacrifier la sécurité. Donc on sait pas clairement aujourd'hui, on est incapable de dire sur l'ensemble du parc historique ce qui va pouvoir être prolongé. On sait pas, on sait pas mais que on on se mette dans des dispositions pour effectivement éventuellement voilà à condition que les conditions de sécurité d'exploitation soient soient réunies, on puisse prolonger.

Pourquoi pas ? Je pense que je pense que c'est dans l'intérêt national. Pauline Boy, mais vous le dites, ce n'est pas sans poser des problèmes.

Alors, on a parlé de la question du risque. Bien sûr, Fukushima avait marqué tous les tous les esprits à l'époque. Le sujet de l'enfouissement des déchets nucléaires et il y a le sujet aussi de la dépendance à l'uranium étranger.

C'est ça le euh déjà le la prolongation de la durée de vie des réacteurs euh dont on ne peut pas changer toutes les pièces et notamment la cuve qui devient beaucoup plus fragile euh avec euh les années d'utilisation euh c'est une augmentation du risque nucléaire en France. Aujourd'hui, on a plus de la moitié des centrals nucléaires qui ont plus de 40 ans qui sont en fonctionnement. C'est un risque supplémentaire pour la population française qui n'a jamais été débattu.

Et euh et donc le risque c'est aussi de faire peser le la nécessité de de de fabrication d'électricité par et de sacrifier la sûreté nucléaire parce que à un moment si on n pas mis en place euh des moyens de production pour pour être capable d'arrêter des réacteurs nucléaires quand il faudra les arrêter euh c'est un risque c'est un risque énorme. Et donc aujourd'hui, miser sur une technologie donc où on met 15 ans à fabriquer un réacteur nucléaire qui coûte extrêmement cher, don dans lequel personne ne veut investir par rapport à des renouvelables dans lesquels les investisseurs privés investissent et et donc et qui rapportent à l'État rapidement. Et bien sûr, on peut jamais comparer les énergies renouvelables et le nucléaire parce que le nucléaire a intrinsèquement un risque nucléaire qui n'est plus approuvé malheureusement et par le fait que les déchets nucléaires qu'on produit, on ne sait toujours pas comment les gérer.

Allez, le mot de la fin Maria Eugénie San. Peut-être que pour mettre tout le monde d'accord, peut-être la meilleure énergie, c'est celle que l'on ne consomme pas. Il y a aussi la question [rires] de la sobriété.

C'est quand même voilà, on peut on peut le dire aujourd'hui he sans se faire traiter de de amiche. Voilà, il y a quand même le sujet de comment est-ce qu'on économise de l'énergie, comment est-ce qu'on va aussi vers la sobriété. Monsieur, le mot de la fin à madame à madame S.

La question de la sobriété, elle est fondamentale. Elle est d'ailleurs dans les dans les dans les scénarios RTE et dans aussi dans les rapports Greenpeace. Euh c'est une question fondamentale, la sobriété, l'efficacité de la version plus soft et après la sobriété, c'est-à-dire vraiment réfléchir à comment on peut changer nos nos modes de consommation et notre mode de vie.

Et pour y parvenir, il y a cette question, il y a que la sobriété et aussi euh la circularité euh que on n' pas on n' pas beaucoup discuté, on peut pas parler de tout mais sur même les déchets nucléaires, même euh les panneaux photovoltaïques et cetera, il y a toute la question des euh où là on pourrait effectivement avoir en étant l'Europe une un grand marché consommateur qui n'a pas les matériaux pour produire ni l'uranium ni les pannea photovoltaïtiqu ni des autres choses mais que on est on les ça parce qu'on les consomme et on pourrait voir comment les les recycler le reshuffling queon appelle donc il faut vraiment et le mot de planification me semble quelque chose de très important il faut se baser sur les scénarios du et des experts le rapport kiné et cetera pour prendre en considération les externalités et à ces moments-là faire une planification de comment va être notre production et notre consommation sobre euh d'ici 2050. Voilà, un grand enjeu d'avenir. Merci beaucoup à tous les quatre d'avoir participé à ce débat.

Merci à vous de l'avoir suivi. On se retrouve très vite sur Public Sénat. Très bonne suite des programmes sur Public Sénat.

Merci. [musique] [musique]

Électricité : Quelle stratégie d’avenir ? — Sophie Primas · Pourquijevote