L'invité de Bourdin Direct : Gabriel Attal - 16/12
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.
Jean-Jacques Bourdin. Bonjour. Porte-parole du gouvernement, est-il vrai, est-il vrai que le premier vaccin sera autorisé dans l'Union Européenne avant Noël ?
L'Agence Européenne du Médicament a communiqué, je crois, pour annoncer qu'elle rendrait son avis, son autorisation le 21 décembre. Le 21 décembre. Et nous avons dit qu'à partir de là, nous serons en capacité de donner une autorisation et de commencer les vaccinations dans les jours qui suivent.
Bon, on va être précis. 21 décembre, l'Agence Européenne donne son autorisation au premier vaccin Pfizer-BioNTech. C'est bien cela. C'est bien ce vaccin-là. Bien. Ensuite, que se passe-t-il à partir du 21 décembre ?
Ensuite, vous avez les agences de santé nationales et donc en France, la Haute Autorité de Santé, qui rendent elles aussi un avis sur la mise en circulation du vaccin en France.
Combien de temps prendront les autorités sanitaires françaises ? Combien de temps pour valider ce qu'a recommandé l'Union Européenne ? Ça sera l'affaire de quelques jours. 21 plus quelques jours ? Quelques jours. Oui. Je ne préfère pas m'engager. Moi, oui. Moins d'une semaine. 21 plus 7 jours, ça fait 28. Est-ce que la campagne de vaccination commencera en France comme dans toute l'Europe avant la fin de l'année ?
Le Premier ministre va s'exprimer cet après-midi, vous le savez, dans un débat à l'Assemblée nationale sur la campagne de vaccination. Mais on a toujours été très clair sur le fait que dès lors que nous aurions la validation européenne, nous pourrions démarrer dans la foulée la campagne de vaccination en France. 6-7 jours après. Y compris si c'est fin décembre.
Donc 6-7 jours après, ce qui veut dire que la campagne de vaccination pourra commencer en France avant la fin de l'année. Oui, elle pourrait commencer avant la fin de l'année.
Moi, je préfère attendre que l'autorisation arrive et qu'on puisse démarrer.
Voyons le 21, on est bien d'accord, Gabriel Attal. Mais 21, vous me l'avez dit, plus quelques jours, ça fait 26, 27, 28. C'est à ce moment-là que la vaccination pourra débuter. Oui, le Président a toujours été très clair sur le fait que c'était dans ces eaux-là. Donc, je n'ai pas de date à vous annoncer précise. Non, non, pas de date précise, mais on a bien compris que ce serait avant la fin de l'année. Est-ce que les campagnes de vaccination commenceront le même jour dans tous les pays d'Europe ?
Alors, on travaille avec les autres pays européens, notamment nos voisins, à ce qu'il y ait une coordination pour que les campagnes démarrent au même moment. Il y a eu notamment hier une réunion à l'initiative de la France avec les ministres de la Santé de ces pays. C'est Olivier Véran qui représentait la France à cette réunion pour travailler à cette coordination et pour qu'effectivement, on puisse démarrer en même temps la campagne de vaccination dans ces pays.
Bien, dans ces pays. Donc, pour l'instant, l'accord n'est pas trouvé. Mais on se dirige vers une campagne de vaccination coordonnée en Europe.
Mais pourquoi ça, d'ailleurs ? Pour éviter toutes les rivalités ? Oui, parce que ce n'est pas sain d'avoir des rivalités, des concurrences sur ce sujet entre pays. Et ce n'est notamment pas sain dans une Union européenne où, précisément, on veut travailler à une meilleure coordination et une meilleure solidarité. Et d'ailleurs, on a plutôt réussi. Vous savez, depuis le début, la France, elle pousse cette solidarité. C'est nous qui avons poussé pour qu'on ait un mécanisme européen de répartition des doses de vaccins. Ce qui fait que les pays européens vont recevoir le même nombre de vaccins par habitant les uns des autres.
Donc, il n'y a pas de concurrence pour savoir qui va récupérer le plus de vaccins. Je pense que c'est sain. Je pense, par ailleurs, que c'est justifié par la gravité de la crise.
Bien, justifié par la gravité de la crise. Je sais que l'Allemagne fait pression en ce moment pour aller vite. Parce que les Allemands sont confrontés à une crise plus sévère que nous, en ce moment même. Gabriel Attal, combien de personnes vaccinées en France au mois de janvier ? Au bout d'un mois de vaccination. Le premier mois.
Là-dessus, le Premier ministre et le ministre de la Santé ont annoncé que la première phase de vaccination, en janvier, concernerait les personnes âgées en maison de retraite, en EHPAD, et que ça concernait un million de personnes.
Un million de personnes le premier mois, vaccinées en France. C'est le premier chiffre. Bien. La première personne vaccinée sera une résidente ou un résident d'EHPAD. Oui. Choisi déjà ?
Je ne crois pas. Je n'ai pas d'informations sur ce sujet-là, en tout cas. Mais oui, nous avons fait le choix. Mais en même temps, ce n'est pas nous qui l'avons fait. C'est la Haute Autorité de Santé, les scientifiques, qui nous ont dit, nous vous recommandons de commencer par les personnes âgées en maison de retraite pour la campagne de vaccination. Parce que nous savons qu'elles sont âgées, donc elles sont à risque. Que les maisons de retraite, c'est un lieu dans lequel le virus, quand il rentre, peut circuler beaucoup. On a vu des drames dans la première vague, dans la deuxième vague, moins heureusement dans les maisons de retraite.
Et donc, c'est ce que les scientifiques et la Haute Autorité de Santé nous ont recommandé.
Ensuite, la campagne de vaccins. Combien de doses de vaccins allons-nous ? Nous allons disposer de combien de doses de vaccins ?
On a pré-réservé 200 millions de doses de vaccins auprès de différents laboratoires. Pré-réservé, ça veut dire quoi ? C'est-à-dire qu'on a bloqué des doses et qu'évidemment, on les payera si on les reçoit et si les autorisations vont au bout. Puisque vous savez qu'il y a un certain nombre de laboratoires qui sont encore dans la phase des essais cliniques. Donc, ils n'ont même pas encore à demander une autorisation aux autorités de santé. Mais évidemment, on a pré-réservé des doses de manière à ne pas mettre tous nos oeufs dans le même panier.
Notamment le cas de Sanofi-GSK.
Oui, et puis d'autres laboratoires pour ne pas mettre tous nos oeufs dans le même panier et pour pouvoir bénéficier de vaccins, quels que soient les laboratoires qui bénéficient d'une autorisation et quel que soit le calendrier de ces autorisations.
Alors, avant l'été, combien de Français seront vaccinés ?
Il y a un objectif avant l'été, et donc autour du printemps, d'avoir ensuite, après les personnes âgées en maison de retraite, vacciner des personnes vulnérables. Donc, des personnes âgées qui ne sont pas en maison de retraite, des personnes qui ont ce qu'on appelle des comorbidités. Et je crois que cet objectif se situe pour le printemps autour de 15 millions de nos concitoyens.
15 millions de Français seront vaccinés au printemps.
C'est l'objectif que nous avons fixé au regard des Français qui sont concernés par ces critères.
Pour vous engager, il n'y aura pas de pénurie de vaccins. On est bien d'accord.
Mais alors, je vous dis, on a pré-réservé des doses pour que tout le monde puisse avoir un vaccin.
Je suis prudent, parce qu'on a connu les masques, on a connu les tests.
Je vais vous dire, nous aussi Jean-Jacques Bourdin, on est prudent. C'est pour ça qu'on a pré-réservé auprès de différents laboratoires. Et je suis prudent en vous disant que, évidemment, c'est conditionné au fait que ces laboratoires bénéficient d'une autorisation et d'une validation scientifique de leurs vaccins. Parce que s'il y a un point sur lequel on ne mégote pas, c'est la sécurité sanitaire. C'est le fait de laisser aller à leur terme tous les processus scientifiques de validation pour être certain que lorsqu'on met un vaccin en circulation, il est sûr et il est efficace.
En espérant que le virus ne mutera pas.
Évidemment.
Je sais que c'est une inquiétude partagée par le président de la République lui-même.
J'ai vu ce matin le président du conseil scientifique, M. Delfraissy, qui s'est exprimé.
Oui, que je reçois vendredi d'ailleurs.
Il a indiqué que c'est évidemment un sujet qui est regardé aujourd'hui par les scientifiques. Qu'à ce stade, il n'y a pas de mutation détectée, je crois pour reprendre ces termes, de nature à mettre en danger la vaccination. Mais qu'il faut rester vigilant évidemment, puisqu'on sait qu'une épidémie, qu'un virus peut muter.
Il était dans le Parisien ce matin. Vous avez dit 15 millions de Français. Donc au printemps, aucun Français de moins de 18 ans. Pas d'enfants, pas d'adolescents. Non, ça c'est pour des phases... Ça, on est bien d'accord. On est bien d'accord. Est-ce que grâce au vaccin, on pourra lever d'ici quelques semaines les mesures de confinement ? Les dernières mesures qui nous empêchent de vivre normalement ?
Non, là-dessus je crois qu'il faut être clair, transparent. Le vaccin ne changera rien avec les Français. Je ne dis pas le vaccin ne changera rien. Je dis on voit bien que ça va arriver progressivement. Que dans le premier mois en janvier, c'est un million de personnes, qu'ensuite ça va arriver progressivement. Donc il ne faut pas considérer que l'arrivée de ce vaccin, même s'il arrive dans les derniers jours de décembre comme vous l'évoquiez, sera de nature à ce qu'on puisse revivre normalement dans les semaines et même dans les tout prochains mois. Évidemment.
D'ailleurs, pour citer encore le président du conseil scientifique, moi je me fie beaucoup à ce qu'il dit, puisqu'il fait autorité de par son expérience sur ce sujet-là. Il a été critiqué, mais il ne s'est pas trompé. Lui, il a indiqué très clairement que pendant plusieurs mois encore, on va devoir vivre avec ce virus en circulation et donc avec des restrictions pour éviter que nos concitoyens soient contaminés.
Les tests salivaires, c'est pour quand ? C'est un sujet qui est encore en train d'être travaillé. Parce que ça fait des semaines et des semaines que j'entends parler de ces tests salivaires qui n'arrivent toujours pas.
Qui n'arrivent toujours pas, pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas encore de validation scientifique qui garantisse qu'ils sont fiables. Et le pire serait de mettre en circulation et d'utiliser des tests qui laissent passer beaucoup de personnes contaminées en donnant un diagnostic négatif, alors qu'en réalité, elles ont le virus. Donc, qu'est-ce qu'on a fait ? On a développé des cohortes pour tester les tests salivaires auprès de personnes qui réalisaient un test PCR classique en même temps. Et pour l'instant, je crois que ça n'était pas encore totalement encourageant pour le mettre en circulation.
Pour l'instant, pas de tests salivaires.
Il y a deux types de tests salivaires. Il y a un test salivaire autotest, ou testé un peu comme un test antigénique de manière rapide. Et puis, il y a les tests salivaires avec une plateforme PCR. Donc là, vous envoyez dans le laboratoire sur la plateforme. Je crois que sur ce second test, il y a des progrès intéressants qui sont faits. Et que potentiellement, dans les prochains temps, je ne préfère pas vous donner de calendrier, c'est des choses qui pourraient avancer. Sur les tests salivaires antigéniques, là, je crois que la recherche n'est pas encore suffisamment aboutie.
Gabriel Attal, je suis testé, je suis positif, je suis isolé. Donc, est-ce que je serai accompagné financièrement ?
Accompagné financièrement ?
Oui. Vous aurez... Mon isolement, est-ce que je serai accompagné financièrement ?
Vous n'aurez pas de perte de rémunération ?
Parce qu'il paraît que le gouvernement réfléchit à un accompagnement financier.
Oui, on travaille... Enfin, on a un objectif qui est de renforcer... C'est vrai ou faux ? On a un objectif qui est de renforcer l'efficacité des mesures d'isolement.
Bon, pas d'amende, on est bien d'accord, ça a été écarté. Oui.
Bon, en revanche, un accompagnement financier. Oui, ça fait partie des sujets sur lesquels on travaille pour être plus efficace. Quand une personne est diagnostiquée positive, on lui demande de s'isoler. Évidemment, il ne faut pas que ça lui coûte. Il ne faut pas que ça l'entrave ensuite dans sa possibilité à travailler. Donc, il y a tout un tas de sujets à regarder sur l'emploi, sur la rémunération. Il y aura un accompagnement financier ? Je n'ai pas d'annonce à faire sur ce sujet aujourd'hui.
Mais ce que je peux vous dire, c'est que le Président de la République avait annoncé qu'on reverrait et qu'on réactualiserait notre stratégie testée, alertée, protégée à l'occasion de ce déconfinement, que c'est ce que fait le ministre de la Santé.
Pas d'annonce aujourd'hui, néanmoins réflexion en cours. Oui. Et donc, on se dirige vers un accompagnement financier. Non, ce n'est pas ce que j'ai dit.
Mais attendez, il n'y a pas ce que vous avez dit, mais c'est ce qui se passera. Ça veut dire qu'il ne faut pas que des Français qui doivent s'isoler en raison d'un diagnostic positif, ils perdent financièrement.
Donc, il y aura un accompagnement financier. Et tout comme... Parce qu'ils ne perdront pas financièrement. On est bien d'accord. Tout comme aujourd'hui, vous vous diselez... 11 500 nouveaux cas en France. Oui. Le nombre de décès, 307 à l'hôpital ces dernières 24 heures. Couvre-feu à 20 heures, depuis hier soir. Le montant de l'amende, 135 euros. Et s'il y a récidive ?
S'il y a de récidive, je crois que c'est 1500 euros, c'est ça ? Non, c'est 200 euros.
Dans les 15 jours.
Et après ?
Dans les 15 jours et après. Si 3 infractions dans les 30 jours.
Après, je crois qu'on arrive à 1500.
Non, non.
Dites-moi.
3 750 euros et 6 mois de prison. Là, il faut aviser, Gabriel Attal. Parce que nous, nous sommes à la merci de cela.
Bien sûr, tous les Français sont à la merci de ça.
Bon. La vente à emporter interdite après 20 heures ou pas ?
La vente à emporter ne sera pas autorisée après 20 heures. En revanche, les restaurants pourront continuer à préparer des repas et à les vendre par livraison à domicile. Puisque ce qui est autorisé après 20 heures, c'est les déplacements notamment pour des motifs professionnels. Et donc, les personnes qui se déplacent après 20 heures pour des motifs professionnels, pour aller faire des livraisons à domicile, pourront continuer à les faire.
Est-ce que le 31, il est envisagé des barrages sur les routes, des contrôles de gendarmerie ou de police, comme en Lituanie d'ailleurs ?
Ce qui est certain, c'est que ce qui a été décidé, c'est que le 31, il y aurait un renforcement encore plus important des contrôles et donc des forces de l'ordre mobilisées pour réaliser les contrôles le 31 décembre au soir. Est-ce que ça se traduira par des barrages ? Je ne sais pas vous le dire. En tout cas, il y aura plus de forces de l'ordre mobilisées pour faire des contrôles le 31 décembre puisqu'on sait que certains pourraient être tentés d'organiser des soirées clandestines. Évidemment, il ne faut pas que ça puisse avoir lieu.
Si mon enfant manque les cours demain et vendredi, avec mon accord, bien sûr, est-ce qu'il sera sanctionné ?
Non, il ne sera pas sanctionné. Vous faites la référence et je pense que c'est important qu'on s'y arrête un instant à l'avis qui a été remis par le conseil scientifique hier, avant-hier. On a saisi le conseil scientifique pour lui demander qu'est-ce qu'il recommandait autour des fêtes. Il a répondu qu'il recommandait de réduire les contacts sociaux qu'on a dans les huit jours qui précèdent Noël pour réduire le risque d'être contaminé. Contrairement à ce que j'ai pu entendre ici ou là, je pense que c'est important de le dire parce qu'il y a beaucoup de parents qui ont besoin que les choses soient claires et puissent être dites.
Contrairement à ce qui a été dit, cet avis du conseil scientifique ne dit pas que c'est dangereux d'envoyer son enfant à l'école pour des raisons de contamination. Il ne dit pas non plus qu'il recommande de ne pas scolariser ses enfants jeudi et vendredi. Ce qu'il dit, c'est qu'il invite les Français, il leur recommande de réduire leurs contacts sociaux. Qu'il peut y avoir des Français qui décident, avec toute la famille, d'aller au bout de ça et donc de s'isoler complètement. Et que dans ces conditions, on ne va pas pénaliser des familles dont les enfants n'iraient pas à l'école jeudi et vendredi.
Ce qu'a précisé le ministre de l'Éducation, c'est qu'il faut évidemment prévenir l'école, expliquer les choses. Mais voilà, c'est une tolérance pour qu'il n'y ait pas de sanctions, évidemment, pour les enfants concernés. Mais ce n'est pas une recommandation à ne pas aller à l'école jeudi et vendredi.
Expliquez-moi, Gabriel Attal, est-il plus dangereux d'entrer dans un musée que dans un supermarché ?
Non, il n'est pas plus dangereux de rentrer dans un musée que dans un supermarché.
Pas plus ? Non, je ne crois pas en tout cas. Il faut toujours faire attention et être prudent. Pourquoi interdire l'entrée dans les musées ? Je ne parle pas des théâtres et cinéma, je parle des musées.
Mais j'entends cette question. Et c'est vrai, quand on juxtapose les choses, on se dit, une galerie marchande, un musée, on circule dans les deux, debout, on n'est pas stationné, assis à côté de la personne.
Les règles sanitaires peuvent être imposées dans les deux. On a des protocoles sanitaires,
on a des masques dans les deux. Donc j'entends parfaitement l'incompréhension. Ce que je dis, Jean-Jacques Bourdin, c'est que quand le président de la République s'est exprimé pour faire les annonces du début du mois de décembre, il a donné de la visibilité aux Français. Parce que c'est ce qui était attendu. Un cap et des étapes pour savoir ce qui allait pouvoir évoluer dans les prochains mois. Évidemment, ces étapes, elles sont conditionnées à ce qu'on puisse maîtriser l'épidémie et à ce qu'on arrive à des objectifs sanitaires qui ont été fixés, notamment pour l'étape du 15 décembre, à 5000 contaminations par jour.
À cette étape du 15 décembre était prévue la réouverture des établissements culturels si nous étions à ces 5000 contaminations par jour. On n'y est pas. On est, vous l'avez dit à l'instant, sur un plateau autour de 10, 12, 15 000 contaminations. On est sur un plateau. Dans ces conditions, qu'est-ce qu'on nous aurait dit si on avait rouvert des établissements qui devaient rouvrir si on était à 5000 contaminations, alors qu'on n'y est pas ? C'est parce que vous aviez dit
que vous n'ouvririez pas à 5000 contaminations que vous n'ouvrez pas les musées. Si je comprends bien. Oui, parce qu'il faisait partie. Parce que vous l'aviez dit. Non, mais... Ce n'est pas la réalité. Mais parce que la réalité, il n'est pas plus dangereux
d'aller au musée que d'aller dans les... Mais je n'ai une grande surprise. Justement, ce n'est pas ce que je vous ai dit, Jean-Jacques Bourdin. Ce que je vous ai dit, c'est qu'on a procédé par étapes. Oui. Pourquoi ? Parce que quand vous ouvrez des lieux supplémentaires, qu'est-ce qui se passe ? Indépendamment de ce qui se passe dans le lieu en question et des protocoles sanitaires qui sont mis en place, vous avez plus de circulation, vous avez plus de brassage. Et je vais vous dire, moi, je suis persuadé que si on avait rouvert tout ce qu'on envisageait d'ouvrir, si on était à 5000 contaminations par jour alors qu'on n'y est pas...
Il ne s'agit pas d'ouvrir.
On nous poserait la question qu'est-ce qui se passe autour de nous ?
Il s'agissait simplement d'ouvrir les musées, pas les théâtres, les cinémas ou les lieux clos. Qu'est-ce qui se parle des musées où l'on circule
et où toutes les précautions sont prises ? J'entends très bien ce que vous dites. Évidemment, on souhaite pouvoir les rouvrir au plus vite comme les cinémas, comme les théâtres. Mais il faut regarder ce qui se passe autour de nous. Nous, ce qui se passe, c'est que l'épidémie, la situation ne s'améliore plus. On est à un plateau autour de 10, 15 000 contaminations. Chez nos voisins, ça repart à la hausse. Et qu'est-ce qui se passe ? Eux, ils sont plutôt à se poser la question ou même à décider de fermer des établissements supplémentaires. En Allemagne, à partir d'aujourd'hui, je crois, il y a un confinement. Aux Pays-Bas, ils viennent de décider un confinement.
Vous avez des fermetures nouvelles qui sont annoncées chez la plupart de nos voisins. Les lieux culturels, y compris les musées, sont fermés chez la plupart de nos voisins, Jean-Jacques Bourdin. Donc, je veux dire, j'entends les questions qui sont posées. Moi, je vais vous dire, face à une épidémie, on doit prendre des mesures qui, parfois, je le sais, ne sont pas toujours cohérentes. Et quand on juxtapose des choses, on peut ne pas comprendre. Mais je vais vous dire, on est tous logés à la même enseigne dans le monde sur ce sujet-là. On fait du mieux qu'on peut, au mieux, pour lutter contre cette épidémie.
Gabriel Attal, un référendum en France dans l'année 2021, avant la fin du quinquennat, peut-être, peut-être, un référendum. Il s'agit d'inscrire dans l'article 1 de la Constitution la préservation de la biodiversité et de l'environnement, la lutte contre le dérèglement climatique. Il va falloir que le Parlement s'empare de la question, que le Parlement vote, vote, oui, et un référendum sera donc organisé. On est bien d'accord. Le Parlement adopte un projet de loi
dans les mêmes termes pour qu'il puisse être proposé aux Français par référendum.
Il sera proposé quand, au Français ?
Déjà, il faut que le texte soit adopté par le Parlement. Mais s'il est adopté, il est proposé quand ? Je pense assez vite ensuite. Après, il y a des délais d'organisation. Mais tu ne peux pas annoncer un calendrier alors que le projet de loi n'a même pas encore été transmis. Non,
mais d'accord. Mais quoi ? Adossé au régional ?
Honnêtement, je ne peux pas vous annoncer le calendrier. Mais par contre, ce que je vais vous dire, c'est que le projet de loi sur cette révision constitutionnelle sera transmis « Attention citoyenne pour le climat ». Donc fin janvier. C'est-à-dire au début de l'année 2021. Ensuite, le Parlement débattra de ce texte. Vous savez que ça peut prendre un certain temps. En plus, quand on est sur une révision constitutionnelle, il n'y a pas de limitation de temps pour la discussion, etc.
Et donc ensuite, une fois que ça aura été adopté dans les mêmes termes par les deux chambres, ce que je souhaite, ce qui n'est pas fait quand je regarde certaines déclarations dans la presse de responsable politique, on pourra le proposer par référendum. De droite, notamment,
qui sont contre ?
Oui, mais vous savez, moi je me rends compte que les Républicains ont un problème avec la lutte contre le réchauffement climatique. Ils ne sont pas au clair sur ce sujet-là. C'est la Maison Brune et les Régards regardent d'ailleurs. Ils ne sont pas au clair,
mais est-ce que le président de la République lui est au clair sur ce sujet-là ? Parce que s'il y a référendum et que le nom l'emporte, est-ce qu'il pourra se présenter à la présidentielle ? Franchement.
Vous savez, cette proposition de modification de la Constitution et de son article premier, d'où elle vient ? Elle vient d'une convention citoyenne pour le climat avec, et d'ailleurs je pensais bien de le rappeler, 150 citoyens tirés au sort, monsieur et madame tout le monde, C'est une reprise d'une proposition de la Constitution. Mais je pense que c'est important de rappeler que c'est une innovation démocratique et que c'est un progrès. On a 150 citoyens tirés au sort qui n'étaient pas engagés spécifiquement, qui n'avaient pas de compétence spécifique sur les questions de l'environnement, qui ont travaillé ensemble, qui avaient des avis très différents sur ces questions et qui ont convergé.
Et donc ça montre quoi ? Ça montre qu'on peut associer davantage les citoyens à la décision, on le fait. Et ça montre que il est possible en France de se rassembler autour de ces questions d'environnement.
Pour ou contre Emmanuel Macron ?
Est-ce que le référendum ce ne sera pas ça ? Pour ou contre Emmanuel Macron ? Mais non, moi je ne crois pas. Ce référendum c'est êtes-vous pour ou contre inscrire la protection de l'environnement, la protection de la biodiversité et la lutte contre le réchauffement climatique dans l'article 1er de la Constitution ?
Est-ce que c'est un tremplin, je repose la question autrement, pour la présidentielle de 2022 ?
Non, Jean-Jacques Bourdin. Un calcul politicien ? Mais non, c'est un sujet beaucoup trop important pour qu'il puisse faire l'objet d'un calcul politicien. Vous savez, on est extrêmement engagé sur cette question de l'environnement. D'ailleurs j'entends parfois des critiques qui disent qu'on ne va pas assez loin. Aucun gouvernement n'a été aussi loin que nous y allons sur cette question de l'environnement. On a annoncé dès 2017 qu'en 2022 on aurait fermé l'intégralité de nos centrales à charbon en France. Quand on regarde en Allemagne c'est beaucoup plus tard. On a adopté une loi dès 2017 pour interdire la recherche et l'exploitation d'hydrocarbures sur notre sol.
Je crois qu'on est un des premiers pays au monde à le faire et on veut continuer cette action y compris de la manière la plus symbolique qui soit comme le proposent les citoyens avec cette inscription dans la constitution. Ça me semble beaucoup plus important que les calculs politiques c'est plutôt ceux qui ont réclamé pendant très longtemps cette modification aujourd'hui la combattent ou qui aujourd'hui la combattent parce qu'ils n'osent pas assumer qu'ils sont contre des mesures qui visent à lutter contre le réagissement climatique.
J'ai une dernière question calcul politique ou pas. Michel Rubirola démissionne à Marseille remplacé par son premier adjoint. Est-ce que les électeurs sont trompés ?
Moi, je porte parole du gouvernement. Je ne veux pas me mettre à m'immiscer dans des... Des quoi ? Dans une situation interne à la majorité municipale à Marseille. Voilà, je n'ai pas de leçon à donner. La seule chose que je dirais puisque... Pas de commentaire à faire. La seule chose que je dirais puisque j'ai entendu que Madame Rubirola avait des soucis de santé c'est évidemment que je lui souhaite que ça aille mieux.
Merci Gabriel Attal d'être venu nous voir ce matin il y a 55. Vous êtes sur RMC et BFM TV.
Gabriel Attal