Nathalie Arthaud, invitée de France Bleu Matin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteRéponse directe
Elle ne vous arrange pas vraiment cette grève à la SNCF, ça va être compliqué de venir après elle dans le Val d'Oise ce week-end ?
- 0:38ComplaisanteRéponse partielle
Et vous avez la météo avec vous dans cette...
- 0:45OuverteRéponse directe
Justement, je voulais vous demander si c'était au cœur de cette fête de lutte ouvrière.
- 1:04RelanceRéponse directe
Mais là ce n'est pas le cas aujourd'hui, ce sont les futures embauches à la SNCF qui perdront le statut de cheminot.
- 1:58OuverteRéponse directe
Mais en même temps, la Tali Artho, ça on l'a vu, on l'a entendu, on l'a dit ici, on en parle. Évidemment avec ces chiffres du CAC 40 et des actionnaires qui récupèrent une grosse partie, qui ne l'investissent pas ou qui ne la redistribuent pas auprès des salariés.
- 2:11RelanceRéponse partielle
Mais en même temps, il n'y a pas de mobilisation. Les mobilisations, on a l'impression, et on le voit à travers les sondages, il y a une sorte de lassitude.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Invité politiqueFait
« notre problème principal c'était qu'il y avait des travaux sur cette ligne H et donc elle était coupée tout le week-end. »
- 0:17Invité politiqueFait
« nous organisons des navettes, des cars gratuits au départ de Saint-Denis Université »
- 1:09Invité politiqueFait
« le projet de loi stipulait que les cheminots n'auraient pas le choix si leur ligne était finalement prise en charge par le privé. »
- 1:24Invité politiqueFait
« Ils seraient automatiquement transférés dans cette entreprise privée. Sous quelle convention collective, avec quel droit ? »
- 1:42Invité politiqueFait
« On a vu quand même les profits du CAC 40. »
- 1:44Invité politiqueChiffre
« On a vu que les rémunérations, déjà extravagantes, des PDG ont augmenté de 14%. »
- 1:50Invité politiqueFait
« Y a-t-il un seul salarié qui ait vu son salaire augmenter ne serait-ce que de 1% aujourd'hui ? »
- 6:59Invité politiqueFait
« on est plus sûr, y compris quand on vient des quartiers populaires, d'accéder au supérieur. »
- 7:14Invité politiqueFait
« il n'y a pas suffisamment de place. »
- 7:27Invité politiqueChiffre
« on a 40 000 bacheliers supplémentaires qui vont avoir le bac et qui vont donc rentrer dans le supérieur. »
- 7:35Invité politiqueFait
« Et on a un gouvernement qui ne met pas les places en face. »
Temps de parole
- Nathalie Arthaud75 %
- Présentateur25 %
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Bonjour Nathalie Arthaud, merci d'être avec nous ce matin sur France Bleu Paris. Elle ne vous arrange pas vraiment cette grève à la SNCF, ça va être compliqué de venir après elle dans le Val d'Oise ce week-end ?
Alors à vrai dire, notre problème principal c'était qu'il y avait des travaux sur cette ligne H et donc elle était coupée tout le week-end. Donc de toute façon, nous sommes organisés, nous organisons des navettes, des cars gratuits au départ de Saint-Denis Université, donc on prend la ligne 13, on va au terminus et ensuite on est pris dans des trains qui nous amènent devant la fête. Donc j'invite tous ceux qui ne savent pas quoi faire ce week-end à venir partager ce moment avec nous dans le Val d'Oise.
Et vous avez la météo avec vous dans cette...
Voilà et j'en profite aussi quand même pour dire ma solidarité avec la grève des cheminots.
Justement, je voulais vous demander si c'était au cœur de cette fête de lutte ouvrière.
Oui bien sûr, bien sûr parce qu'aujourd'hui aucun travailleur, qu'on soit cheminot, qu'on soit employé, qu'on soit ouvrier, n'a à accepter de reculer sur ses conditions de travail, sur son salaire, sur son emploi.
Mais là ce n'est pas le cas aujourd'hui, ce sont les futures embauches à la SNCF qui perdront le statut de cheminot.
Vous avez entendu y compris qu'hier on a appris que le projet de loi stipulait que les cheminots n'auraient pas le choix si leur ligne était finalement prise en charge par le privé. Ils seraient automatiquement transférés dans cette entreprise privée. Sous quelle convention collective, avec quel droit ? Alors ça, grand point d'interrogation. Donc en réalité ce sont tous les cheminots qui sont attaqués, comme bien des salariés aujourd'hui. Et ils ont raison de dire non. Il faut quand même avoir en tête qu'on est dans une société où l'argent dégouline. Paul, on a vu quand même les profits du CAC 40. On a vu que les rémunérations, déjà extravagantes, des PDG ont augmenté de 14%.
Y a-t-il un seul salarié qui ait vu son salaire augmenter ne serait-ce que de 1% aujourd'hui ? Mais non, c'est le contraire. Le blocage continue.
Mais en même temps, la Tali Artho, ça on l'a vu, on l'a entendu, on l'a dit ici, on en parle. Évidemment avec ces chiffres du CAC 40 et des actionnaires qui récupèrent une grosse partie, qui ne l'investissent pas ou qui ne la redistribuent pas auprès des salariés. Mais en même temps, il n'y a pas de mobilisation. Les mobilisations, on a l'impression, et on le voit à travers les sondages, il y a une sorte de lassitude.
Justement, il y a une grève des cheminots qui est importante, qui tient. Ils tiennent tête effectivement au gouvernement. Elle est massive. On l'a encore vu avec la journée du 14. Elle varie, oui, suivant les journées. Et de toute façon, c'est une nécessité.
Il y a une population, il y a une lassitude, une sorte de chèque qui serait signé à Emmanuel Macron en disant, bon voilà, maintenant ça y est, on a vécu une campagne présidentielle, vous l'avez vécu, vous étiez au cœur de cette campagne, vous étiez candidate, qui était particulièrement difficile, compliqué. On a l'impression que là, les Français se disent, on verra bien, on laisse faire et on verra.
C'est votre façon de voir la situation. Vous ne l'entendez pas, vous, au quotidien ? Moi, ce que je vois, c'est que depuis deux mois...
Vous n'entendez pas les gens dire qu'ils sont lassés par la politique ?
Écoutez, moi, ça fait deux mois que je manifeste très régulièrement, où je sens effectivement que le climat social est en train de changer. Et il est en train de changer parce qu'il y a des salariés qui ne veulent plus se taire, qui expriment leur mécontentement. Et on l'a vu s'exprimer, y compris à Carrefour, y compris dans les EHPAD, dans de nombreuses entreprises. À Air France, on a vu ce mécontentement, là, enfin, sortir.
C'est aussi dans les sondages, les Français qui disent, il faut que le gouvernement tienne.
Moi, ce que je tiens à dire, c'est que c'est une nécessité. Il va falloir effectivement que les travailleurs se mobilisent massivement, sinon il n'y aura pas de fin à tous ces reculs. Cela fait déjà des années et des années qu'on sacrifie effectivement les travailleurs, toujours avec le même chantage, la compétitivité, la concurrence, etc. Ce qu'on voit, c'est que la prospérité, elle est revenue pour une minorité. Ah oui, une minorité, ça peut... Ah oui, effectivement, on peut se payer des gâteaux de mariage à 55 000 euros. Ok, il n'y a pas de souci. Bon, d'accord. Et le mariage, je ne sais pas combien il va revenir.
Mais c'est vrai, y compris dans les rues de nos grandes villes, il y a effectivement des femmes et des hommes qui peuvent dépenser 1 000, 2 000 euros pour un repas. Et bien 1 000, 2 000 euros, c'est ce que ne gagnent pas des millions de salariés aujourd'hui dans le pays, même en un mois de travail.
Nathalie Arthaud, hier, il y a eu un sondage de nos confrères de France Info sur qui représentait le mieux l'opposition à Emmanuel Macron un an après, aujourd'hui en France. Et deux noms sont en haut de la liste. C'est Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Ça vous fait quoi ?
Ça ne m'étonne pas. Écoutez, de toute façon, on érige toujours les principaux partis, les principaux opposants. Moi, ce que j'observe, c'est que ce qui gêne le gouvernement, c'est l'opposition dans la rue, dans les manifestations et dans les grèves. Mais quand vous voyez le nom de Jean-Luc Mélenchon tout en haut de la liste,
vous ne vous dites pas, il faut qu'on se rassemble tous derrière Jean-Luc Mélenchon ?
Ah bah sûrement pas. Sûrement pas. Je vais vous dire s'il y a une chose sur laquelle je ne suis pas d'accord, c'est bien ça. Vous savez, le 26 mai, il va y avoir une manifestation appelée par les différents partis politiques et par les syndicats. Eh bien, nous, nous allons aller à cette manifestation parce que nous sommes solidaires, tous ceux qui ont envie d'exprimer leur hostilité à ce gouvernement qui est méprisant vis-à-vis de tous les travailleurs. Mais en même temps, nous irons à cette manifestation en rejetant l'opération politique qu'il y a derrière.
Et nous appelons les travailleurs à la méfiance parce que cette alternative qui consiste à dire il faut le retour de la gauche au pouvoir, il faut à nouveau, alors sous quelle mouture, on ne sait pas encore, mais une union de la gauche en gros, on s'aligne tous derrière le plus puissant, eh bien nous la rejetons parce qu'on en a soupé. Et les travailleurs, ils en ont soupé. Je le redirai à la fête parce qu'il y en a qui ont vécu effectivement comment Mitterrand avait fait sa campagne à l'époque en expliquant que celui qui n'est pas pour la rupture avec le capitalisme ne peut pas être au parti socialiste. Et puis qu'est-ce qu'il a fait au pouvoir ?
Il a ouvert, alors c'était la bourse en veux-tu, en voilà, il fallait aller en bourse, il fallait acheter des actions, etc. Et puis il a fait une politique pour le grand patronat. Puis on se souvient plus proche de Hollande et son fameux mon ennemi, c'est la finance. Alors s'il s'agit aujourd'hui de soutenir celui qui à nouveau va susciter ses illusions pour ensuite au pouvoir déployer le tapis rouge pour la finance, pas d'accord. Voilà, tout simplement, donc il faut qu'on manifeste derrière nos intérêts. Vous savez, nous contestons la politique de Macron comme bien d'autres, mais dans une autre perspective.
Celle que les travailleurs relèvent la tête justement et reprennent confiance dans leur force.
Un mot de l'éducation nationale. Il y a une mobilisation très forte des étudiants et de certains professeurs, notamment pour la réforme de l'accès à l'université.
Un contre en l'occurrence.
Oui, vous êtes, mais c'est une réforme pour l'accès à l'université. Vous êtes enseignante dans un lycée, le Corbusier d'Aubervilliers. J'ai des bacheliers en ce moment. Vous leur dites quoi ?
Eh bien, je leur dis...
Vous leur parlez politique là-dessus ?
Je fais le programme, je fais mon métier. Comme ça nous arrive évidemment de discuter aussi autour et alentour. Et ce qu'on voit, c'est qu'effectivement avec le bac en poche aujourd'hui, eh bien, on est plus sûr, y compris quand on vient des quartiers populaires, d'accéder au supérieur. Et ça, c'est scandaleux. Parce que moi, mes élèves, vous voyez, beaucoup veulent rentrer en BTS, veulent rentrer en IUT. Eh bien, il n'y a pas suffisamment de place. Alors effectivement, la faculté, c'était souvent le filet protecteur et la possibilité de trouver une autre voie pour continuer ses études. Eh bien, ce filet protecteur là, il va disparaître. Et c'est ça qui est vraiment révoltant.
C'est qu'on a 40 000 bacheliers supplémentaires qui vont avoir le bac et qui vont donc rentrer dans le supérieur. Et on a un gouvernement qui ne met pas les places en face. Et c'est ça la grande injustice. Et voilà, mais moi, c'est ce qui me révolte. C'est qu'on a un gouvernement qui se vante que c'est la reprise, que la prospérité est de retour, etc. Et la réalité, c'est que ça craque de partout. Ça craque à la fac, dans les hôpitaux, ça craque dans les EHPAD, ça craque pour les tribunaux, ça craque de partout. Donc ça, effectivement, il ne faut pas l'accepter.
Et on peut aller le dire à la fête de lutte ouvrière demain, dimanche, lundi, à Prelles, dans le Val-d'Oise. Pour les trois jours, 20 euros si vous payez sur place, 15 euros à l'avance. Merci d'être venue. Bon week-end.
Merci. Bon week-end à vous. Sous-titrage Société Radio-Canada
Nathalie Arthaud