Le nouveau gouvernement, la surprise Rachida Dati au ministère de la Culture... Le "8h30 franceinfo" de Sébastien Chenu
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Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Monsieur. La France a un nouveau gouvernement depuis hier. Est-ce que comme beaucoup de Français, vous avez été surpris par notamment la nomination remarquée de Rachida Dati, ancienne sarcosiste ?
Oui bien sûr, j'ai été surpris par le retour dans une vie politique nationale de Rachida Dati, dont j'avais cru comprendre qu'elle souhaitait devenir avant tout maire de Paris. Mais ce qui m'a d'abord le plus frappé, si vous le permettez, peut-être avant de parler de Rachida Dati elle-même, c'est cette espèce de double tutelle sous laquelle le Premier ministre va évoluer.
La tutelle évidemment du Président de la République, et puis la tutelle de Nicolas Sarkozy, qui a placé ses affidés, ses plus proches, Rachida Dati était une des plus proches de Nicolas Sarkozy, et je trouve que cette double tutelle, cette tutelle croisée dans laquelle va évoluer Gabriel Attal, en dit long sur ses marges de manœuvre.
Vous y voyez une emprise politique de Nicolas Sarkozy sur le macronisme ?
À tout le moins, il y a à travers ces débauchages individuels, qui ne sont pas, et peut-être on pourra en parler, qui ne sont pas une plateforme, j'allais dire, de travail ou de partenariat avec les Républicains, vont avoir des conséquences, et peut-être pas celles d'ailleurs qu'imagine le Premier ministre. Et pour Rachida Dati, d'abord je pense que c'est un coup politique qui est fait sur le dos du monde de la culture.
Et c'est quoi les conséquences qui ne seraient pas celles que souhaite le Premier ministre ?
Écoutez, ou vous faites un partenariat, un accord avec un certain nombre de gens qui se situent aujourd'hui dans l'opposition, les Républicains, et vous menez une politique sur la base d'objectifs à atteindre ensemble. Ou vous faites des débauchages politiques. Et ces débauchages politiques hérissent ceux avec lesquels vous devriez, vous vouliez peut-être travailler. Et moi je pense que débauchés des ministres sarkozistes comme Rachida Dati, Mme Vautrin, etc. ne vont pas permettre aux députés LR d'aller vers Gabriel Attal et vers la politique qu'ils mènent, mais au contraire vont les hérisser terriblement et vont quelque part les radicaliser.
De toute façon, un gouvernement ça ne peut pas être, et c'est le problème de ce gouvernement, simplement un casting. Ça doit reposer sur une offre politique qui soit claire. Cette offre politique, on ne l'a pas. On a eu à la nomination de Gabriel Attal un Premier ministre, j'allais dire...
Alors on va revenir sur Gabriel Attal, mais d'abord un mot, Rachida Dati, vous lui reconnaissez ? Une identité particulière sur la culture ?
Alors moi je pense que c'est un coup politique justement fait sur le dos de la culture, et ça c'est pas bien. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, en débauchant et en faisant venir Rachida Dati, en la positionnant au ministère de la Culture sur lequel elle n'a pas forcément exprimé dans le passé un avis, moi je suis par exemple à la tutelle de la communication, donc de l'audiovisuel public. Qu'est-ce qu'elle pense de l'audiovisuel public ? Qu'est-ce qu'elle pense de France Info, de France Inter, de Radio France, de France Télévisions ? Dans le passé, j'ai cru comprendre qu'elle n'en pensait pas forcément toujours beaucoup de bien. Quelle est sa pensée et qu'est-ce qu'elle souhaite faire de tout ça ?
Donc on ne le sait pas, et on voit bien qu'elle a été positionnée ici pour faire ce coup politique. Je trouve dommage que ça se fasse sur le dos de la culture, qui est un beau ministère, qui mériterait d'avoir quelqu'un qui a peut-être une réflexion. Je ne dis pas qu'elle n'en aura pas, parce que je ne sous-estime pas Rachida Dati, qui est travailleuse probablement, mais en tous les cas, le coup politique, il est fait sur le dos de la thématique de la culture, et ça je le regrette.
Elle est mise en examen aussi, notamment pour corruption passive, dans l'enquête sur ses prestations de conseil auprès de l'ex-PDG de Renault, Carlos Ghosn. Est-ce que c'était normal de la nommer malgré cela, selon vous ?
Mais moi je suis attaché, nous on l'a toujours répété avec Marine Le Pen, à la présomption d'innocence, y compris lorsque cet attachement à la présomption d'innocence bénéficiait à nos adversaires.
C'est parce que Marine Le Pen est mise en examen, elle aussi, que ça vous donne de l'indulgence ?
Non mais ce n'est pas de l'indulgence, c'est très important, c'est un pilier de notre état de droit. On l'avait dit pour Éric Dupond-Moretti, et on l'a dit grosso modo pour Gérald Darmanin, lorsqu'il était accusé de viol.
Moi je pense que c'est un des piliers de l'état de droit, quand vous êtes présumé innocent, vous devez pouvoir vous défendre, quand vous êtes mis en examen, vous n'êtes pas condamné, donc il y a peut-être un faisceau d'indices qui permettent probablement cette mise en examen, mais vous ne devez pas être mis au pilori, vous devez pouvoir continuer à œuvrer, et puis la justice fera son œuvre, et si Rachida Dati devait être condamné à terme, et bien l'entira, j'en suis sûr, toutes les conséquences. Mais sincèrement, pour qui que ce soit dans la classe politique, il faut respecter cette présomption d'innocence.
Sébastien Chenu, parmi les nouveaux entrants, on parlait des personnalités de droite, il y a l'ancienne ministre de Jacques Chirac, Catherine Vautrin, nommée au travail, à la santé et aux solidarités, vous la connaissiez puisqu'elle était notamment à l'UMP en même temps que vous, Catherine Vautrin, qui a été souvent jugée très conservatrice, notamment après son vote sur le mariage homosexuel, c'est un bon profil ça pour la santé ?
Non, mais tout ça, si vous voulez, d'abord c'est pas très neuf, ça dit beaucoup de choses. D'abord, la place des femmes dans ce gouvernement a... Aucune femme au régalien. Voilà, a beaucoup rétrogradé. Aurore Berger était ministre plein des solidarités, elle devient ministre déléguée. Aucune femme au régalien, c'est ce qui nous ramène, je crois, à très loin, en arrière, et sincèrement, c'est pas un bon signe envoyé. Et qu'est-ce que ça dit, selon vous ? C'est dit que le président de la République n'en a strictement rien à faire de la cause des femmes, que cette majorité prend avec beaucoup de désinvolture les combats qui, aujourd'hui, concernent les femmes dans ce pays.
Nous, nous l'avions vu, voyez-vous, avec la loi sur l'endométriose, qu'un de nos députés, Emmanuel Taché de La Pagerie, avec aussi le député Tanguy, portait à l'Assemblée nationale, où on avait souhaité que la prise en charge de l'endométriose soit faite par l'État. La majorité l'avait refusée. La cause des femmes, qui était soi-disant une grande cause nationale, ne les intéresse pas. Et je dois dire qu'à l'époque, heureusement qu'il y a eu à une époque Marlène Schiappa pour batailler un peu, et qu'il y avait un peu d'envergure médiatique pour essayer de faire bouger les lignes, même s'il n'y a pas eu de grands résultats. La cause des femmes n'intéresse pas ce gouvernement.
Il y a quand même Amélie Boudéa-Castera qui passe des sports à l'éducation et au sport, un grand ministère.
Je t'amène sur Catherine Vautrin. Il y a un an, elle était infréquentable parce qu'elle était trop conservatrice, elle avait fait la manif pour tous. Maintenant, elle est tout à fait fréquentable. C'est la même personne, pourtant elle n'a pas changé. Je pense que Catherine Vautrin est la même personne. Donc c'est le macronisme qui a changé ? Non, mais ça veut dire que c'est de la devanture. En fait, je vais vous dire, tout ça dit ce que je pense de ce gouvernement. C'est une sorte de Canada Drive. C'est-à-dire, on vous fait croire quelque chose. On vous fait croire que ce gouvernement va être, entre guillemets, plus à droite. Moi, je ne sais pas trop ce que ça veut dire.
D'ailleurs, plus à droite, ça veut dire quoi ? Plus libéral ou ça veut dire plus ferme ? Moi, je crois que ce gouvernement, il ne sera pas plus ferme. D'ailleurs, Rachida Dati va cohabiter avec Éric Dupond-Moretti. Olivier Véran est investi, tête de liste, visiblement, des renaissances. Donc, si vous voulez, quand on dit que ce sera plus à droite, non, ça sème encore le trouble. C'est l'UMPS. On vous fait croire quelque chose. On vous fait croire que ce gouvernement va être plus à droite, que ça va être plus ferme. En réalité, c'est juste des débauchages sarkozistes qui donnent l'illusion de quelque chose qui pourrait être plus ferme.
Et à la fin, on va le mesurer rapidement, parce que si le Conseil constitutionnel invalide la loi immigration, on verra ce qu'ils font. Eh bien, je pense qu'à la fin, tout ça est forcément déceptif. Je le disais, un Premier ministre de la parole, un gouvernement de l'image.
Le 830 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémy Baudot.
Toujours avec Sébastien Chenu, député Rassemblement National du Nord, on parlait de la place faite aux femmes dans ce gouvernement. Amélie Oudea-Castera, qui était ministre des Sports, va récupérer en plus l'éducation. Est-ce que ça vous semble compatible ?
Pas vraiment. On a eu dans le passé déjà un ministre de l'Éducation qui avait été ministre de mémoire de la culture en même temps. C'était à l'époque Jack Lang, mais il y avait donc deux administrations qui se faisaient face à face. Ça n'avait pas duré parce que c'est très difficile d'être à la tête de deux ministères aussi chronophages. La préparation des JO, dont on sait qu'elle inquiète, parce qu'on se demande si on sera vraiment prêt. Les questions de sécurité que doit gérer par exemple le ministre de l'Intérieur posent évidemment beaucoup d'interrogations. Et Amélie Oudea-Castera devrait être attelée à 24 heures sur 24 à cette tâche.
Sauf qu'il faut aussi, 24 heures sur 24, être ministre de l'Éducation nationale. Le bilan de Gabriel Attal, dont tout le monde se gargarise en 6 mois, en réalité, laisse d'immenses trous dans la raquette. Que ce soit la revalorisation des professeurs. Je vous rappelle que leur régime indemnitaire n'a pas été revalorisé. Que ce soit les programmes, que ce soit Parcoursup. Je veux dire, Gabriel Attal... Non, ce n'est pas le régime indiciaire, ce sont les primes qui ont augmenté. Mais le régime indiciaire, pardon, j'ai dû peut-être dire indemnitaire, mais c'est le régime indiciaire qui n'a pas...
Non, non, non, mais c'est juste que les salaires vont quand même augmenter à la fin du mois.
Les primes, les primes.
Gabriel Attal a dit qu'il emmenait avec lui la cause de l'éducation à Matignon. Vous pensez qu'elle sera sous tutelle du président, du ministre ?
En fait, tout ça est tellement brouillon qu'on n'y comprend rien. C'est pareil sur la santé. C'est une des préoccupations principales des Français. Vous avez vu dans les sondages, parmi les principales préoccupations des Français, vous avez pouvoir d'achat, immigration, sécurité et santé. Et la santé est noyée aujourd'hui dans un ministère du Travail dont on se demande, avec les événements qu'on a traversés dans notre pays et de façon mondiale, pourquoi est-ce que c'est un sous-ministère, est-ce que c'est une sous-administration, quand on sait les immenses défis qu'il y a relevés en matière de santé dans notre pays, de la désertification à la revalorisation des professions de santé.
Je veux dire, ça mérite des gens qui s'y attellent H24 et qui soient clairs dans les objectifs qu'ils font. Le problème, c'est qu'on ne comprend pas quels sont les objectifs de ce gouvernement. Et je dois dire que le Premier ministre, hier, ne nous a pas vraiment rassurés lorsqu'il s'est exprimé.
Alors, le Premier ministre qui dit mener ce gouvernement avec différents projets, notamment la défense des classes moyennes. Il en parle comme d'une priorité. Il parle aussi d'un discours de fermeté sur la baïa, le harcèlement, la question de l'uniforme. Ça, c'est ce qu'il avait fait au moment où il était ministre de l'enseignement. Est-ce que ça veut dire qu'à travers ça, finalement, il est aussi un peu sur vos dossiers ? Est-ce qu'il vous laisse, finalement, des arguments, des angles d'attaque ?
Bon, alors, sur les dossiers sur lesquels Gabriel Attal s'était attelé à l'éducation nationale, il a, par décret, ouvert quelques dossiers, qu'il n'a d'ailleurs pas refermés, mais la baïa, le harcèlement, nous, on lui a donné le point en disant « c'est très bien, nous, c'est ce qu'on demande depuis des années ». Mais ça ne fait pas pour ça une politique éducative. Je vous ai expliqué le nombre de sujets en matière d'éducation qu'il n'a pas traités, qui sont en fait les grands sujets de fond, sur lesquels chez nous travaille d'ailleurs Roger Chudot, avec beaucoup de célérité.
Gabriel Attal n'a pas pensé une politique de l'éducation, et je serais très curieux de savoir quel est l'objectif en matière d'éducation, d'enseignement, d'instruction publique dans notre pays. Je ne le connais pas à l'heure d'aujourd'hui. Il faut dire qu'en réalité, on ne connaît pas grand-chose de ce que veut faire Gabriel Attal. Vous nous dites qu'il veut travailler sur les classes populaires ou les classes moyennes. Les classes moyennes, oui. C'est vrai que les classes populaires, ça fait longtemps qu'ils ont tiré un trait dessus. Les classes moyennes. Mais qu'est-ce qu'on voit dans notre pays ? On voit que l'État prélève beaucoup, redistribue mal et ouvre des guichets.
Est-ce qu'on va sortir de cette logique ? Un État qui prélève beaucoup, on est un pays dans lequel on paye extrêmement d'impôts, qui redistribue mal, on le voit avec cette politique d'échec, qui n'est ni pérenne, ni logique, et qui ne résout pas de problèmes, et qui ouvre donc des guichets. Je crois qu'il y a 12 guichets dits uniques, ou 15 guichets dits uniques dans notre pays. Donc ce ne sont plus des guichets uniques par définition. Et qui montre l'inefficacité en matière de résultats, puisqu'on voit les prix continuent à augmenter. L'indice des prix nous amène à une augmentation des prix dans notre pays, qui est beaucoup plus forte que dans les autres pays de la zone euro.
Non, on est plus parti de la plupart des pays euro. Non, non, non, non, non, non, pas du tout. Vous confondez l'indice des prix, pas du tout. Vous confondez justement, je l'ai écouté. Vous confondez l'inflation et l'indice des prix. Moi, je vous parle de l'indice des prix. L'inflation, je l'ai écouté ce matin, on est à 12,9. Sur les prix, on est à 22%. Et l'indice des prix nous place, je crois, le cinquième pays, à partir des mauvais élèves, derrière l'Espagne, le Portugal. Les prix augmentent beaucoup plus vite dans notre pays que dans les autres pays de la zone euro. Ce n'est pas l'inflation. L'inflation ralentit moins fort qu'ailleurs.
Elle est un peu plus faible que dans certains pays de la zone euro, mais elle ralentit moins fort.
Et on a eu aussi en France un bouclier tarifaire qui a coûté 50 milliards d'euros au gouvernement. Et quel résultat ? Et dans ce contexte... Quel résultat ? Les prix n'ont pas augmenté autant qu'ils auraient dû.
Le pouvoir d'achat des Français est impacté, toujours. Parce que ce n'est pas des politiques, si vous voulez, ce n'est pas des politiques pérennes. Ce qu'il faut, c'est des politiques pérennes.
Et justement, la baisse d'impôt de 2 milliards promise par Emmanuel Macron pour les classes moyennes. Gabriel Attal s'y est engagé hier. Le président tiendra cet engagement. Ça, vous applaudissez ?
Non, mais oui, d'accord. Mais 2 milliards, c'est 30 euros par foyer fiscal. Enfin, est-ce qu'on se rend compte des choses ? On se gargarise de chiffres en disant, Regardez, 2 milliards, c'est 30 euros par foyer fiscal. Quand vous avez les prix qui ont augmenté, notamment sur les produits de première nécessité ou sur de l'alimentaire de base, le pain, le sucre, qui ont bondi, 30 euros par an, vous voyez, ça part immédiatement. Ce qu'il faut, c'est évidemment baisser les taxes, les TVA, augmenter les salaires. Nous, on a proposé de 10% jusqu'à 3 fois le SMIC en échange d'un gel des cotisations patronales pour redonner du pouvoir d'achat aux Français, pour réenclencher une économie réelle.
Mais ça, ça doit être fait de façon pérenne. Pas des petits chèques qui se baladent ici et là, pas des scotches du rafistolage permanent. Je vous le dis, il faut sortir de cette logique dans laquelle l'État prélève beaucoup, il redistribue mal et il ouvre des guichets. Il faut sortir de cette logique.
Et Sébastien Chenu, Gabriel Attal, jeune, populaire, qui veut incarner l'autorité, pour Emmanuel Macron, c'est l'arme anti-Bardella. Bardella-Attal, c'est le duel de demain ?
Ça peut être un duel et en tous les cas, moi, je trouve que ça valide ce que nous disons. Sur le fond, vous disiez, ce sont un peu vos sujets, le harcèlement, la baïa, etc. Donc, ça veut dire qu'en fait, oui, nous nous pointons des doigts les sujets auxquels les Français sont confrontés, sur lesquels ils veulent des réponses. Très bien, si d'autres finissent par venir sur nos sujets, moi, je pense qu'à partir du moment où on fait les bonnes analyses, elles doivent être partagées par le plus grand nombre, tant mieux.
C'est un adversaire de poids ou pas ? Est-ce que vous le reconnaissez ?
On va voir. Sincèrement, pour l'instant, c'est plutôt Olivier Véran, visiblement, qui va aller aux élections européennes. Là, autant sur Gabriel Attal, je peux donner un crédit en disant, on va regarder ce que le Premier ministre serait capable de faire. Olivier Véran, l'homme du sectarisme, l'homme de la crise Covid gérée comme on le sait, l'homme de la tournée des mairies RN. Bon, là, je donne moins.
Vous avez une préférence pour Gabriel Attal ?
Je trouve qu'Olivier Véran, tête de liste à Renaissance. Merci, allez-y, continuez.
C'est quelqu'un que vous appréciez, Gabriel Attal ? Ou avec qui vous plaisantiez, selon le monde ? Vous vous échangez des petits mots à l'Assemblée via les huissiers quand il était ministre ? Vous le confirmez ?
Non, mais les hommes et les femmes politiques dans ce pays ont encore une capacité de dialogue. Donc oui, lorsque Gabriel Attal était député, que je l'étais, avant qu'il ne soit ministre, on a siégé ensemble dans le précédent mandat. Et humainement, les choses se sont bien passées parce qu'il est courtois. Et qu'en cela, il ne ressemble pas à Mme Borne, qui était un exemple de sectarisme, de ringarditude et de nullité rarement atteint dans la République.
Il n'empêche que Gabriel Attal, il vous a un peu dans le viseur hier soir au 20h, par exemple, il a parlé de l'Europe. Et en abordant des thèmes très précis, fustigeant ceux qui, je cite, préfèrent le vaccin russe contre le Covid, des responsables qui défendraient une alliance militaire avec la Russie, ça, c'est des points sur lesquels
il tente de vous fragiliser. Oui, il tente, mais je pense qu'il va falloir vraiment qu'il trouve d'autres angles pour essayer de nous fragiliser. Moi, je lui dis, je dis au Premier ministre, combattez-nous, et d'ailleurs, nos adversaires, combattez-nous sur ce que nous proposons, pas sur vos fantasmes. Ah ben, ça, c'est pas un fantasme, c'est pas un vaccin russe. Mais combattez-nous sur ce que nous proposons aux Français. Arrêtez... C'est ce que vous avez proposé aux Français, les vaccins russes. Marine Le Pen l'a proposé à plusieurs reprises. D'accord, mais arrêtez d'imaginer que nous sommes des grands méchants loups. Regardez ce que nous proposons.
Ou alors, ne venez pas sur les sujets que nous défendons, puisque lorsqu'il vient sur la baïa ou sur le harcèlement... Non, mais sur les vaccins russes, typiquement, à partir de Marème... Mais quel est le problème ? Moi, je dis, quelle est votre proposition sur l'Union européenne ? Parce qu'en fait, c'est ça, derrière. Quelle est votre proposition sur l'Union européenne ? Quelle est notre proposition sur l'Union européenne ? Moi, j'ai regardé ce qui se passe aujourd'hui avec la présidence belge sur l'Union européenne. C'est un impôt européen qui est en train de s'ériger. Est-ce que le gouvernement, ce gouvernement, Gabriel Attal, défend un impôt européen ? Nous, nous le combattons.
C'est la fin de la PAC, c'est la baisse des crédits de PAC pour faire face à l'argent qui, évidemment, alimente le soutien à l'Ukraine. Qu'est-ce que ce gouvernement propose ? C'est sur ça, c'est la libéralisation d'un certain nombre de visas pour des Kosovars dans l'Union européenne. Est-ce que c'est ça que soutient Gabriel Attal ? Alors qu'il y avait une note d'alerte du ministère de la Justice il y a quelques années montrant le danger de délivrer des visas à des Kosovars dans notre pays. Est-ce que ça, ça peut faire l'objet d'un débat ? Si c'est ça, s'il y a un débat sur ça, ce sera toujours plus intéressant.
Le 830 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.
Avec Sébastien Chenu, vice-président Rassemblement National de l'Assemblée. Est-ce que vous incitez le nouveau Premier ministre à se soumettre au vote de confiance à l'Assemblée ? Est-ce que vous voterez cette confiance ?
Alors, c'est une tradition qui n'a pas été respectée par sa prédécesseur, par Elisabeth Borne, qui probablement avait peur, avait la trouille de demander la confiance du Parlement. J'espère que le Premier ministre, à 34 ans, aura un peu plus de panache que Mme Borne et viendra demander la confiance du Parlement. C'est un signe de respect des parlementaires, de nos institutions. Quant à savoir si nous la voterons, il y a peu de chances que nous votions la confiance à ce gouvernement, car nous ne sommes pas d'accord avec ces logiques. Mais j'espère bien que le Premier ministre vienne demander la confiance dans le Parlement. C'est une histoire de trouille, de panache
ou tout simplement de ne pas avoir de majorité ?
Ça revient à peu près au même. Ils ont peur de ne pas avoir de majorité. C'est factuel. Et donc, ils ont peur que ça se voit. Ils se disent « Ah ben, ça va mal partir si on n'a pas la confiance. »
Mais vous, vous ne voteriez pas contre, en tout cas.
Non, mais nous, on ne votera pas la confiance. On ne votera pas la confiance. Est-ce que derrière, après, il y a une motion de censure ? C'est un autre débat.
Et ça, est-ce que vous voterez une motion de censure dépassée par les dents soumis, par exemple,
s'il n'y avait pas de vote de confiance ? Moi, je vois une motion de censure suite à un discours, à une proposition politique. Aujourd'hui, je ne sais pas ce que Gabriel Attal veut faire. Par exemple, moi, j'attends des résultats sur la réindustrialisation de notre pays. Moi, je défends. Vous savez, on essaye de sauver Val d'une. Le gouvernement, je ne lui fais pas de mauvais procès. Si, mais aussi, on essaye de sauver Val d'une dans le Nord. Une entreprise qui charge des reprenants. Mais est-ce que la réindustrialisation du pays, c'est juste le rachat d'entreprises par des entreprises étrangères ou est-ce que c'est une autre politique qui permet de relancer l'économie ?
Je ne sais pas ce que veut faire ce Premier ministre. Il va falloir qu'il aille au-delà de la parole et désormais avec ce gouvernement au-delà de l'image s'il veut pouvoir convaincre. Et d'ailleurs, le vote de confiance, c'est son boulot d'aller chercher la confiance des parlementaires, d'aller convaincre, d'expliquer sa méthode et sa logique politique. Aujourd'hui, on reste sur notre fin.
Sébastien Chenu, la députée européenne Virginie Joron, Rassemblement national, a posté un message sur X qu'elle a ensuite supprimé. Un message dans lequel elle décrit Gabrielle Attal comme un homme politique adoubé par l'élite mondialiste de Bilderberg en 2023. Pour expliquer, c'est un cercle d'influence. Bilderberg qui se réunit tous les ans avec des responsables politiques, économiques. Et ce cercle alimente énormément de fantasmes chez les complotistes qui voient une sorte de gouvernement mondial occulte à la solde des juifs, notamment. Est-ce que vous condamnez ce tweet qui a été supprimé ?
Je le trouve sans aucun intérêt et visiblement, je ne connais pas ce que c'est que Bilderberg, mais dire que Gabrielle Attal est le représentant d'une certaine forme d'élite mondialisée comme l'a Emmanuel Macron, tout à fait. Si derrière, il y a un sous-entendu antisémite, feu rouge immédiatement. Moi, je n'accepte pas qu'on attaque le Premier ministre ni sur sa spiritualité, ni sur sa personnalité, ni sur sa vie privée. Ça, je pense qu'immédiatement, il faut mettre un feu rouge à ça. Oui, parce que vous,
vous n'êtes pas au courant, mais c'est un fantasme qui fait partie des éléments connus des complotistes et des antisémites. Est-ce qu'elle peut être, par exemple, candidate aux européennes, cette députée européenne ?
Il y aura une commission d'investiture qui le dira. Elle a retiré le tweet, c'est qu'elle a dû probablement considérer que ce n'était pas très judicieux. Mais moi, je ne suis pas du tout concrétiste. Donc, on peut faire des mauvaises blagues à portée antisémite et ce n'est pas très grave, en fait. Je ne sais pas si c'est à portée antisémite. Sincèrement, il ne faut pas non plus faire dire autre chose. Ne fais pas semblant de pas connaître Bilderberg. Je ne savais pas ce que c'était. Je ne savais pas que derrière, il y avait évidemment cela. Peut-être que Virginie Joron, je veux bien lui en donner crédit, je ne savais pas que derrière, il y avait aussi tout ça.
Au-delà de ça, je rappelle la ligne. Quand on fait de la politique, on combat des idées, on ne combat pas des hommes et on ne combat pas des fantasmes. Et c'est pareil de notre côté. Ne combattez pas les fantasmes que vous avez sur nous. Combattez nos idées et notre programme si vous n'êtes pas d'accord. Donc, je pense que c'est beaucoup plus sain d'agir ainsi.
Le Conseil constitutionnel doit se prononcer le 25 janvier prochain sur la loi immigration. Certaines mesures pourraient être retoquées. Est-ce que vous leur demandez de ne pas le faire ou est-ce que vous en prendrez
tout simplement acte ? Je ne demande rien au Conseil constitutionnel. Je respecte normalement son indépendance, même si les nominations des membres du Conseil constitutionnel pourraient être repensées peut-être un jour. En tous les cas, je respecte l'avis du Conseil constitutionnel. Ce sera un avis qui sera probablement peut-être politique au sens où il invalidera des mesures. Et là, ça voudra dire et on verra ce que ce gouvernement fait qu'il faut modifier la Constitution, qu'il faut aller plus loin, qu'il faut peut-être déclencher un référendum comme nous le réclamons avec Jordan Bardella et Marine Le Pen depuis longtemps sur l'immigration. Sinon, la situation est bloquée.
On verra ce que ce gouvernement fait. On verra ce qu'il a dans le fond. Il y a un risque
que le Conseil constitutionnel fasse de la politique, selon vous ?
Il y a toujours un risque qu'effectivement, de par la nomination des membres du Conseil constitutionnel, on pèse sur eux le soupçon qu'ils fassent de la politique. Mais moi, j'ai commencé mon propos en disant que je respecte les fonctions d'indépendance. Le problème, c'est que quand vous dites ça, et moi, je respectais aussi les fonctions d'indépendance du premier président de la Cour des comptes, parfois vous êtes un peu déçus parce que vous vous rendez compte que certains jouent un peu avec ça.
Quand Pierre Moscovici planque un rapport sur l'immigration qui doit alimenter la réflexion publique, la réflexion des parlementaires, ben oui, on a beau dire qu'on a envie de leur faire confiance, quand on découvre ça, c'est sûr que ça ruine un peu l'édifice. Donc moi, je fais confiance au Conseil constitutionnel, je respecte son indépendance, son mode de désignation, c'est autre chose. Et s'il censure des pans de cette loi immigration, on verra comment le gouvernement réagit. Nous, on sait, on déclencherait en tous les cas un référendum.
Très vite, Sébastien Chenu, parce qu'on doit bientôt terminer. Attendez-vous que Gabriel Attal relance le débat sur l'aide médicale d'État comme Elisabeth Borne l'avait promis aux Républicains ?
Oui, ils ont voté contre, la majorité macroniste a voté contre la transformation que nous proposons, nous, au Rassemblement National, d'aide médicale d'État en aide médicale d'urgence, uniquement pour les cas d'urgence et pour sauver les vies ou contre les pandémies. Ils ont voté contre. Je pense qu'il faut évidemment pour le pousser à aller plus loin, mais je crains qu'effectivement, avec Dupond-Moretti et Darmanin, tout ça se termine
en Haute-Boudin. Sébastien Chenu, député Rassemblement National du Nord, vice-président de l'Assemblée Nationale. Merci beaucoup d'avoir été l'invité du 830 France Info. Merci beaucoup Agathe Lambré de m'avoir accompagné. On se retrouve demain.