Attentat d'Arras : "Les extrêmes n'ont rien à proposer", s'agace Xavier Bertrand
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Bonjour Xavier Bertrand, vous êtes rendu au lycée Gambetta Arras juste après l'attaque au couteau vendredi dernier qui a conduit au décès de Dominique Bernard, 57 ans, professeur de lettres. Est-ce que vous avez des nouvelles des trois membres du personnel qui ont été blessés ?
Écoutez en ce qui concerne notamment le manager des équipes de la région, celui qui s'est interposé pour sauver celui qui était à terre, ces nouvelles sont plus rassurantes, plus rassurantes qu'elles ne l'étaient vendredi, qu'elles ne l'étaient samedi, d'après les médecins, d'après aussi sa famille, ces jours ne seraient plus en danger et c'est aussi un soulagement parce que cette tragédie aurait pu être plus importante. L'autre agent, celui qui était à terre, qui était sauvé par l'intervention de son collègue, je l'ai eu hier soir encore au téléphone, il compte reprendre le travail ce matin, il avait des douleurs à la fois à la cuisse, au coude, mais il reprend son travail.
En ce qui concerne le professeur d'éducation physique, là aussi ces jours ne sont pas en danger, mais il était aussi très très sérieusement blessé. Mais n'oublions pas surtout M. Bernard, qu'il n'est plus là, on pense aussi à sa famille, parce qu'on a entendu beaucoup beaucoup de commentaires, mais il y a avant tout la douleur d'une famille et puis aussi la douleur des collègues. Mais vous savez, cette tragédie aurait pu être bien pire encore s'il n'y avait pas eu l'intervention des policiers, je crois, 4 minutes après le déclenchement de l'alarme par un agent justement du lycée.
Et sur place, les pompiers, les médecins ont permis notamment de stabiliser l'un des blessés, parce qu'autrement il serait décédé également. Tout le monde a été exemplaire, mais ça ne suffit pas d'être exemplaire, il y a une victime, il y a un traumatisme profond à Arras comme dans toute la France. Et le message des gens, c'est qu'on veut que ça s'arrête tout ça.
Je l'ai dit, vous étiez à Arras juste après les faits, vous allez retourner encore aujourd'hui ?
Après cette émission, j'y retourne. Il y a ce matin une réunion avec l'ensemble des professeurs, l'ensemble des agents, et il y aura de toute façon le moment de recueillement. J'y serai également à 14h dans ce lycée Arras, en souvenir de M. Bernard.
Et vous qui, comme président de région, avez la responsabilité des lycées, qu'est-ce que vous avez envie de leur dire ce matin aux enseignants et puis aux personnels d'éducation, plus largement ?
Qu'ils n'ont pas fait le choix de ce métier en se disant que c'était un métier à risque et qu'ils étaient exposés comme peuvent l'être les policiers, les gendarmes. C'est ça aujourd'hui, je crois, qui est très marquant. On s'est attaqué, ce terroriste islamique s'est attaqué à un lycée, à un professeur. Il cherchait un autre professeur, on le saura avec les interrogatoires du parquet antiterroriste, de la police. Mais on le voit bien, après Samuel Paty, l'école, qui est un vrai symbole républicain, elle est aussi menacée, elle est attaquée.
Et je comprends aussi l'émotion de tous ces professeurs qui font ça pour ce métier, pour instruire nos jeunes dans le respect des principes républicains et qui aujourd'hui deviendraient des cibles. On ne peut pas tolérer ça, on ne peut pas l'accepter. Mais quand je dis pas tolérer, pas accepter, on doit à la fois mieux les protéger, c'est-à-dire les lieux, ce que nous faisons depuis longtemps. Mais on voit bien aujourd'hui qu'il faut faire davantage encore. Mais que, encore une fois, un agent du lycée me disait vendredi, mais alors, on ne sera plus en sécurité nulle part.
Vous avez peut-être entendu ce matin le témoignage très fort sur France Info de Gaëlle Paty, la sœur de Samuel Paty. Elle dit quelque chose de terrible, elle dit qu'il n'y a rien de plus facile que de s'en prendre à un prof. Autrement dit, les pouvoirs publics, en fait, ils peuvent dire ce qu'ils veulent, ils sont impuissants.
Ce qui est vrai, c'est que de toute façon, dans aucun pays, il n'y a de risque zéro. Mais chez nous, en France, le risque est beaucoup trop important. Et donc, il faut à la fois sécuriser des lieux. On a aussi tout un combat de longue haleine contre l'islamisme, contre ce terrorisme islamique. Et puis surtout, il faut se débarrasser des dangereux. Il faut se débarrasser des dangereux. C'est ce que les gens nous demandent, très simplement. Vous savez, quels que soient les mots, quels que soient les discours, les gens les entendent, ils ont besoin de se retrouver. Ils ont besoin de dire qu'on fait bloc. Qu'il y a aussi ce courage de faire bloc, malgré la sidération, malgré l'émotion.
Mais ils disent aussi à tous les responsables publics, les discours, ça va bien. Les hommages, c'est normal. On respecte pour les victimes. Mais on attend autre chose de vous.
Alors justement, l'assaillant Mohamed Mogoushkov était fiché S depuis un peu plus de trois mois maintenant. Il avait été contrôlé la veille. Son père, lui, a été expulsé. Il entretenait des liens avec son frère emprisonné pour des projets d'attentat. Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, exclut une faille des services de renseignement. Est-ce que c'est votre avis à vous aussi ?
Rien ne permet de dire qu'il y a eu une faille des services de renseignement. Il était fiché. Il faisait l'objet d'une surveillance. Rien ne laissait penser qu'il pouvait passer à l'acte. Mais il y a un problème plus large. C'est qu'il n'aurait pas dû rester sur le territoire. Il est étranger. On pensait qu'il pouvait présenter un trouble à l'ordre public. Alors, dehors ?
Alors, c'est plus compliqué que ça. Oui, c'est beaucoup plus compliqué que ça. Il est arrivé en France avant l'âge de 13 ans. Il est arrivé à 5 ans précisément.
Il y a pourtant des exceptions à cette règle. Oui, dans la loi. Donc, clairement, parlons pour aujourd'hui. Parlons pour aujourd'hui, parlons pour demain. Tout étranger qui est aujourd'hui de nature a posé un problème à l'ordre public. A l'ordre public, notamment parce qu'on pense que radicaliser, il bascule dans le terrorisme. Dans ces cas-là, c'est dehors. Alors, vous allez me dire, oui, mais pour expulser quelqu'un, il faut que le pays d'accueil l'accepte. C'est bien ça. Parce qu'on entend des yaks à faucons depuis des semaines et des semaines, depuis en plus ces dernières heures.
Mais aujourd'hui, quelqu'un qui présente un trouble à l'ordre public, c'est d'ailleurs ce qui a été demandé aux ministres de l'Intérieur, doit quitter le territoire français. Mais en l'occurrence, il a la nationalité russe. Et or, depuis plus d'un an maintenant, les expulsions vers la Russie, elles sont suspendues. Alors justement, moi ce que je propose aujourd'hui, notamment pour ces terroristes qui sont étrangers, c'est que dès que l'OQTF, l'obligation de quitter le territoire français, est délivrée, ils doivent obligatoirement être placés en rétention administrative. Ça veut dire donc qu'il nous faut tout de suite davantage de places de rétention administrative.
Aujourd'hui, je pense qu'elles doivent se situer pas loin de 2000 places pour toute la France. C'est insuffisant.
Charles Darmanin a prévu de les doubler.
Oui, mais il faut le faire tout de suite. Et il ne faut pas que ce soit une faculté de le placer en rétention administrative. Tant qu'il n'a pas quitté le territoire, il doit être placé sous contrôle judiciaire dans un centre de rétention administrative. Pas de résidence surveillée, pas d'assignation à domicile, en rétention administrative. Ce qui veut dire qu'on sait qu'ils sont dangereux. Et avant qu'ils quittent le territoire, parce que ça prend longtemps, qu'ils soient placés en rétention, qu'ils ne soient plus en liberté. Aujourd'hui, la loi...
Et pendant combien de temps, vous savez très bien que les laissés-passés des pays d'origine peuvent ne jamais intervenir, en fait ?
La loi, aujourd'hui, fixe à 7 mois la durée maximum de cette rétention administrative. L'Europe, dans le cadre de la directive retour, dit que ça peut aller jusqu'à 18 mois. Je crois que c'était en 2011, le Conseil constitutionnel avait censuré la loi qui voulait une durée beaucoup plus longue. Mais je pense que dans le cadre de cette loi immigration, il faut un nouvel article qui précise que la rétention administrative est obligatoire dès que l'OQTF est notifié et que l'on porte ce délai à 12 ou 18 mois.
Avec le risque d'une nouvelle censure du Conseil constitutionnel.
Si vous faites 12 mois, très clairement, vous pouvez aussi protéger les Français pendant ces 12 mois avant qu'ils ne quittent le territoire.
Avec le risque d'une nouvelle censure du Conseil constitutionnel.
C'était en 2011, les choses ont évolué. Et puis, pardonnez-moi de le dire, ça se passe comme ça. Vous avez le droit d'avoir un dialogue avec le Conseil d'État et le Conseil constitutionnel avant pour bien comprendre que l'objectif, aujourd'hui, c'est de protéger les Français. C'est exactement ce que j'ai dit l'autre jour à cette dame qui m'interpellait. Il faut nous débarrasser des dangereux. C'est-à-dire qu'ils quittent le territoire, mais en attendant qu'ils quittent le territoire, qu'ils ne soient plus libres d'aller et venir. Contrôle judiciaire.
On va essayer de savoir ce que ça veut dire les dangereux pour vous. On va le faire, mais juste après le fil-info, Xavier Bertrand, vous êtes l'invité de France Info ce matin. On vous retrouve dans une minute. Le fil-info, Maureen Suignard, 8h41.
Nous n'essayons pas de tuer des civils. Nous sommes en guerre contre le Hamas, déclare ce matin un porte-parole de l'armée israélienne. Plus de 2600 Palestiniens tués en une semaine depuis les attaques du Hamas sur Israël, qui ont, elles, fait 1400 morts. Joe Biden conducte un acte de haine horrible. Le président américain réagit après le meurtre d'un garçon musulman de 6 ans près de Chicago hier. L'enfant a été poignardé. La police américaine estime qu'il y a un lien avec la guerre entre Israël et le Hamas. En France, Emmanuel Macron demande au préfet de réévaluer les dossiers des personnes inscrites au fichier des personnes radicalisées expulsables. Demande après les attaques à Arras.
Vendredi, un enseignant tué et c'est un jeune homme radicalisé qui est le principal suspect. Sur France Info, le président de la région des Hauts-de-France affirme que les jours de l'autre agent qui avait été grièvement blessé ne sont plus en danger. La grande désillusion au stade de France hier. Les Bleus éliminés de la coupe du monde de rugby à la maison. Défaite en quart de finale d'un petit point face à l'Afrique du Sud, 29 à 28. Le 15 peut être fier, réagit le sélectionneur Fabien Galtier, qui reste en place, confirme sur France Info le président de la fédération.
Toujours avec Xavier Bertrand, le président LR de la région des Hauts-de-France. Juste avant le fil Info, vous disiez que la France devait placer en centre de rétention administrative obligatoirement les étrangers jugés dangereux. Expulsables. Expulsables.
Expulsables.
Donc ça amène beaucoup de conditions. On va essayer de comprendre ce que vous proposez. Dans le cas de l'assaillant à Arras, il s'agissait d'un fichier S. Mais vous savez qu'être fichier S, ce n'est pas une condamnation.
Vous avez raison.
Et Elisabeth Borne disait que rien dans les éléments qu'on avait pu obtenir ne permettait de prédire que cet individu, qui était surveillé, pouvait passer à l'acte. Donc concrètement, en fait, ce monsieur-là, il n'aurait pas à lui être placé en attention.
Dans ce qu'a demandé le président de la République au ministre de l'Intérieur, c'est clairement celui qui a un profil de nature à poser un problème à l'ordre public. Quand il demande au ministre de l'Intérieur de peigner les fichiers, ça veut dire quoi ? C'est que tous ceux qui peuvent être dangereux causer un trouble à l'ordre public, clairement, ceux-là doivent être expulsés.
Mais où on place le niveau de dangerosité, alors ?
Mais encore une fois, de toute façon, tout se fait sous contrôle judiciaire. En France, on ne fait pas n'importe quoi, et il faut le savoir. Mais prenons... Non, attends, juste insister, juste sur ce point précis. Il y a des personnes qui sont aujourd'hui expulsées. Mais vous savez pertinemment que si le pays d'accueil dit non, moi je ne le prends pas, il reste là. Moi, je ne veux pas qu'il reste là en liberté. Je veux qu'à partir du moment où on souhaite les expulser, ce soit de la rétention administrative. Il faut les interner, administrativement, sous contrôle judiciaire, mais qu'on ne les laisse plus en liberté. Ceci n'apporte pas une réponse totale.
Parce que vous avez toujours le problème de ceux qui peuvent être dangereux, parce qu'à cause de leur radicalisation, ils peuvent à un moment basculer dans l'action terroriste islamique, qui sont français. Parce que le problème que nous avons aujourd'hui, très clairement sur ce sujet-là, il n'y a pas de définition claire de ce qu'est la radicalisation. En tout cas, elle n'est pas portée par la loi. Nous avons besoin, si on décide de ne pas se payer de mots, mais de dire qu'il faut faire la guerre à ceux qui sont en guerre contre nous. Et bien dans ces cas-là, il faut aussi qu'on pose toutes les solutions.
Et vous savez, le Président de la République a reçu à différentes reprises les responsables de tous les partis politiques. Ce serait intéressant sur un sujet comme celui-ci. C'est que le Président de la République reçoive l'ensemble des acteurs politiques qui souhaitent apporter des solutions. Pas ceux qui sont liés à cafaucon, mais ceux qui veulent apporter des solutions. Et si certaines solutions, comme la mienne, n'est pas parfaite, je suis prêt à l'améliorer, que le gouvernement la reprenne et l'améliore. Moi, ce que je veux, c'est qu'on renforce la protection des Français et qu'on ne soit pas, après chaque attentat tragique, à se dire « Non mais vous savez, on va être intraitables ».
Les Français nous disent « On veut des actes ».
Depuis vendredi, Xavier Bertrand, cette proposition qui consiste à systématiser les rétentions en cas d'obligation de quitter le territoire, vous en avez parlé avec Gérald Darmanin, que vous connaissez bien, et qui va porter cette loi immigration.
Cette proposition, je la fais ce matin, parce que vous savez, elle demande du travail, vérifiant avec des juristes ce qui est possible, ce qui ne l'est pas, pourquoi par le passé ça a été retoqué, ça n'a pas pu voir le jour. Si je viens ici, c'est pour essayer encore une fois d'apporter des solutions, au nom de l'intérêt général, au nom de l'intérêt de mes concitoyens. Vous, vous ne demandez pas la démission de Gérald Darmanin ? Qui demande ça ? Marine Le Pen. Elle a que ça à proposer ? Elle veut protéger les Français ? En demandant, effectivement, la démission du ministre de l'Intérieur ? Il y en a marre de ces vautours que sont les extrêmes. Il y en a marre.
D'un côté, elle est fille, de l'autre côté, le Front National. Dès qu'il y a un drame dans ce pays, eux, c'est la campagne électorale qui s'ouvre, en essayant de récupérer, pour l'un, une partie de l'électorat musulman, pour l'autre, le Front National, de récupérer une partie de l'électorat de nos concitoyens, de confession juive. Il y en a marre, ils n'ont rien à proposer. Ils ne se lient qu'à faucons. Mais derrière, une seule chose, tout malheur, c'est bon pour eux. Alors on verra, si tous les partis politiques sont représentés, qui vient avec des propositions sérieuses et solides.
En parlant de propositions sérieuses, on va voir si vous pensez la même chose. La France est passée dès vendredi soir en alerte urgence attentat, le niveau le plus élevé du dispositif. Est-ce que, comme votre patron de parti, Éric Ciotti, vous réclamez l'état d'urgence ?
Vous savez, l'état d'urgence, c'est simple. Si les services de renseignement, si les services de police disent qu'ils en ont besoin, clairement, pour élucider des affaires ou pour faire face à une situation terrible, je n'imagine pas que le gouvernement tarde à le déclencher. Mais je pense que c'est en fonction des besoins. Mais ça, il faut aussi avoir les informations dont est dépositaire le ministère de l'Intérieur. Donc, très clairement, si à un moment donné, cela est nécessaire, ce sera pris, j'en suis convaincu, dans la minute qui suit.
19 Français sont morts, plus de 1 400 civils côté israélien. On parle bien sûr maintenant de ce qui se passe depuis 10 jours. On est au dixième jour de guerre entre le Hamas et Israël. Des milliers d'habitants ont dû quitter leur domicile. C'est une punition collective, dit le président égyptien dans la bande de Gaza, qui dépasse le droit à se défendre. Est-ce qu'il a raison, selon vous ? Et le massacre collectif qu'ont subi les Israéliens, voilà plus d'huit jours.
Il l'a dénoncé ? Sans entrer dans des comparaisons. C'est le président égyptien.
C'est le président égyptien dont on parle là.
Regardons les choses telles qu'elles sont. Il y a eu un massacre en Israël, comme on n'en a pas connu depuis l'Holocauste. Il ne s'agit pas de crime de guerre, il s'agit de crime contre l'humanité. Les terroristes islamiques, pardon, les barbares du Hamas sont venus massacrer des familles entières avec des actes qu'on a peine à imaginer au XXIe siècle. Aujourd'hui, la sécurité d'Israël, la sécurité des Israéliens passe par l'élimination du Hamas.
Mais ça justifie la mort de milliers de palestiniens, de civils palestiniens ?
La première des choses, c'est qu'Israël a indiqué qu'avant de procéder à cette attaque, ils demandaient aux civils d'évacuer. Mais vous savez bien que c'est impossible. Écoutez, il y en a déjà qui sont partis, mais vous ne dites pas aussi que les terroristes du Hamas se cachouent, se cachouent des hôpitaux, se cachouent des écoles, et qu'ils se servent de la population à Gaza comme d'un bouclier humain. Ils savent exactement ce qu'ils ont fait. Ils tendent un piège, pardonnez-moi, avec ces questions dans lesquelles vous êtes en train de tomber. Il y a eu un massacre sans nom, comme on ne pensait pas en revivre aujourd'hui au XXIe siècle. On ne pensait pas.
Et pourtant, c'est ce qui se produit. Et là, aujourd'hui, je le dis, il faut laisser Israël éliminer le Hamas. C'est l'intérêt d'Israël, c'est aussi l'intérêt de tous et toutes. Et vous voyez bien que dans les faits,
Xavier Bertrand, éliminer le Hamas, c'est aussi tuer des milliers de civils palestiniens.
C'est pour ça qu'Israël n'a pas déclenché son offensive dès maintenant. Et vous me parlez de l'Égypte. J'ai entendu beaucoup de choses sur Gaza, prison à ciel ouvert, j'ai entendu ça. Il y a une autre porte ?
Qui vient d'ouvrir là, seulement ce matin.
Seulement ce matin, après des jours et des jours.
Six jours après le début de la guerre.
Et une chose est certaine, c'est qu'il y a bien évidemment les populations palestiniennes, il y a le Hamas. Il faut aussi, j'ai vu que le président Mahmoud Abbas s'était exprimé vendredi, des jours et des jours après le massacre en Israël, il faut laisser Israël intervenir pour éradiquer et faire disparaître le Hamas. Il n'y aura pas de paix tant qu'il y aura le Hamas. Mais jusqu'où Xavier Bertrand ?
On s'arrête sur votre déclaration, vous disiez votre soutien inconditionnel à Israël face aux terroristes. Inconditionnel, ça veut dire quoi ? Ça veut dire sans réserve, y compris pour ce qui est des modalités de la riposte ?
Écoutez, vous ne verrez jamais des soldats israéliens rentrer dans une maison et décapiter des bébés. Jamais. Mais il y a des morts civiles. Mais nous savons aussi que dans ce que recherche le Hamas, il y a cela. Pour frapper l'opinion, pour susciter les questions que vous évoquez. C'est un piège qui a été tendu par le Hamas en ayant une attaque aussi effroyable que celle-là. Et pour derrière aussi, dire regardez ce qui nous arrive. Non, non. Les Palestiniens doivent se désolidariser du Hamas. Mais encore une fois, tant qu'il y aura le Hamas, il ne pourra pas y avoir de paix en Israël, proche au Moyen-Orient, et surtout, même sur notre territoire.
Parce qu'aujourd'hui, le Hamas, les méthodes du Hamas sont les mêmes que celles de l'État islamique, celles d'Al-Qaïda. C'est ça aujourd'hui. On a voulu à chaque fois éradiquer le terrorisme islamique. Alors, il faut le faire avec le Hamas.
Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, invité du 8.30 France Info. On vous retrouve juste après le fil. Info 8h51. Maureen Suignard.
Les autorités israéliennes évacuent les villages situés tout près de la frontière libanaise depuis les attaques du Hamas la semaine dernière, depuis la bande de Gaza. Le Hezbollah mène aussi des frappes contre l'État hébreu. Israël, qui a par ailleurs demandé aux habitants du nord de la bande de Gaza d'évacuer vers le sud. Les États-Unis jugent que cette demande est vouée à l'échec. Cela concerne un million de personnes. Le chef de la diplomatie américaine est en Israël aujourd'hui. Le silence dans tous les collèges et les lycées de France.
Aujourd'hui, à 14h, une minute, pour rendre hommage à Dominique Bernard, ce professeur tué vendredi matin dans son établissement à Arras, dans le Pas-de-Calais. Le suspect, un ancien élève radicalisé selon la police, est en garde à vue. La première ministre et le ministre de l'Éducation nationale participeront aujourd'hui à la minute de silence au collège Samuel Paty, ce professeur tué par un terroriste il y a trois ans, trois ans, jour pour jour. Suspendu quelques jours, le chantier de l'A69 reprend ce matin. Annonce du gouvernement le projet d'autoroute entre Castres et Toulouse et dénoncé par les écologistes.
Il a été décidé démocratiquement et confirmé systématiquement par le juge, répond le ministère des Transports.
France Info Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia. Xavier Bertrand, ce week-end, l'Union Européenne a décidé de débloquer une aide d'urgence de 75 millions d'euros pour la population de la bande de Gaza. C'est ce qu'il fallait faire ?
Si on était sûr que ça ne permettait pas au Hamas d'acheter des armes, oui. Moi je suis pour qu'on suspende toute aide tant qu'on n'a pas clairement la confirmation qu'aucun euro ne sert à acheter des armes par le Hamas et pour le Hamas.
Mais prendre cette décision-là, ce n'est pas enfoncer la population Gazaoui dans une crise humanitaire ? C'est le Hamas
qui l'a plongé dans cette situation. C'est le Hamas qui se sert d'elle comme d'un bouclier humain. C'est ça la réalité des choses. Avec le risque, encore une fois, de punir la population civile. C'est ce qu'a recherché le Hamas.
Quand il y a aujourd'hui des propositions... Mais vous savez bien qu'il y a une bataille des récits. Vous ne vous dites là... Non, ce n'est pas une bataille des récits. Vous ne placez pas sur un même plan les massacres qu'il y a eu et la façon dont le Hamas se comporte. Mais vous savez bien que l'opinion publique dans les pays arabes notamment n'entend pas du tout ce que vous dites là.
Mais toujours est-il que quand vous regardez ce qui s'est passé, vous placez ça sur le même plan. Mais c'est impensable quand même. Pas du tout. On dit simplement...
Pardon, mais qu'est-ce qu'on place sur le même plan ? Ce qu'on raconte, ce sont les faits. Il y a aussi des victimes, des civils palestiniens, plus de 700 enfants, plus de 2000 personnes qui sont mortes dans la bande de Gaza. Ça s'appelle les faits.
La nature de ce qui s'est passé n'est pas la même. Ces gens-là, aujourd'hui, sont aussi victimes du Hamas en Palestine. Les victimes palestiniennes sont victimes du Hamas. C'est ça la vérité.
L'Iran, c'est important, assure, je cite, que personne ne peut garantir le contrôle de la situation et la perspective d'un élargissement du conflit si Israël envahit Gaza. Comment est-ce qu'on arrête l'engrenage ?
Écoutez, l'Iran, déjà, par nature, est un ennemi de la paix. Un ennemi de la paix. C'est-à-dire que je pense qu'il tire beaucoup, beaucoup les ficelles des drames, des massacres qui sont produits. Et aujourd'hui, n'oublions pas que l'Iran n'a jamais été un acteur de paix. Et n'oublions pas non plus ce qui s'est passé avec la répression terrible contre les femmes iraniennes. Et encore ce week-end, un réalisateur a été assassiné chez lui. On aimerait tous savoir exactement des circonstances. Donc vous ne pouvez accorder aucun crédit à ce que dit l'Iran, à ce que pense l'Iran officiellement. Aucun.
En France, les manifestations en soutien aux Palestiniens sont interdites. Est-ce que vous trouvez ça normal ?
Tout à fait normal.
Ce n'est pas une entrave à la liberté d'expression, au droit de manifester ?
Écoutez, si on va même plus loin, ces manifestations visent d'une certaine façon à se satisfaire ou à reprendre l'apologie du terrorisme parce que ce qui s'est passé c'est effectivement du terrorisme, du terrorisme islamique. Et le gouvernement a totalement raison et les préfets également d'appliquer avec la plus grande rigueur cette interdiction de manifester. Encore une fois, c'est de nature à créer des troubles à l'ordre public. L'ordre public est défini dans le droit français et aujourd'hui, on doit faire preuve d'aucune faiblesse
en la matière. Avec le risque que ça crée des frustrations chez certaines populations qui souhaiteraient pouvoir exprimer leur soutien aux Palestiniens. On préfère qu'ils souffrent de frustrations
plutôt qu'il y ait des affrontements dans un pays qui n'a pas besoin d'affrontements supplémentaires. On peut soutenir les Palestiniens et être contre le Hamas ? C'est ce qui a été dit normalement par Mahmoud Abbas à nouveau lors de l'avenue de M. Blinken. Cet été, il y avait des manifestations qui allaient dans ce sens. Il faut qu'ils se fassent à s'entendre très clairement. Le Hamas est aussi un ennemi des Palestiniens.
Le Parti communiste veut tourner la page de la NUPES. Le refus des Insoumis de qualifier le Hamas de groupe terroriste a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Le parti de Fabien Roussel appelle donc à construire, je cite, un nouveau front populaire sans la France Insoumise. Vous êtes de droite, mais quel regard vous portez, vous, sur ce qui se passe à gauche ?
Enfin. Enfin, parce que là, les filles, M. Mélenchon, voyez leur comportement. Aujourd'hui, c'est un comportement qui est foncièrement républicain. Ils cherchent à opposer les uns aux autres. M. Mélenchon, il y a du cynisme électoral. Je l'ai dit pour les extrêmes, je l'ai dit pour le Rassemblement National, mais c'est vrai pour les filles. Eux, à chaque malheur, ils essayent d'en profiter. On est dans le cynisme le plus complet. Est-ce que M. Mélenchon fait ça par misérable calcul électoral ou est-ce qu'il est dans la main des islamo-gauchistes ? C'est ça la vraie question. Il est fini, M. Mélenchon, qu'on a connu républicain, membre d'un gouvernement et autres.
Il est dans le fait de désigner des boucs émissaires. Ceux qui fracturent l'espace républicain ont un comportement misérable. C'est le cas de Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui. La France Insoumise, selon vous, avait sa place ? La France Insoumise avait en plus, si je ne me trompe pas, je ne veux pas être son avocat, même si on est de la même région, avec quasiment traité de nazi, Fabien Roussel. C'est eux, ils sont prêts à toutes les outrances ces gens-là.
La France Insoumise n'avait pas sa place si on vous entend bien dans la réunion des chefs de parti organisés la semaine dernière à l'Elysée. À partir du moment où ils n'ont pas voulu condamner
les massacres perpétrés par le Hamas, j'estime qu'ils n'avaient pas leur place dans cette réunion.
Pour être tout à fait précis, ils ont condamné les massacres mais ils n'ont pas qualifié de groupe terroriste le Hamas. Si je vous entends bien, vous êtes complètement d'accord avec Éric Dupond-Moriti qui est critiqué sur ses propos à propos d'LFI. Il disait que LFI veut le vote des barbus.
LFI veut le vote des barbus. Vous êtes d'accord avec lui ? Misérable calcul électoral de la part de M. Mélenchon. Voilà ce qu'il qualifie aujourd'hui. Quand il s'exprime, il faut bien comprendre cela. C'est qu'aujourd'hui, lui, la seule chose qu'il a en tête, c'est comment avoir le vote des barbus. Il nous reste, et ça c'est misérable.
Il nous reste quelques secondes pour évoquer un événement important qui se déroule aujourd'hui, la conférence sociale pour parler des salaires. Elisabeth Borne menace de sanctionner les employeurs qui conservent des grilles de salaire en dessous du SMIC. Est-ce qu'elle a raison ? Enfin,
enfin, mais ça fait des mois et des mois que c'est demandé par les organisations syndicales, par la CFDT, Mme Léon aujourd'hui, Laurent Berger hier, et là, j'ai vu que sa principale proposition à l'issue de cette réunion, ça serait de créer un haut conseil des rémunérations. Non mais soyons sérieux, le vrai sujet, c'est qu'on sait pertinemment que ces branches dans lesquelles les minimas sont en dessous du SMIC sont des branches dans lesquelles les salaires ne sont pas à la hauteur de ce qu'ils devraient être. Donc la question qui se pose aujourd'hui, c'est enfin qu'il y ait ces minimas de branches.
La deuxième chose, c'est que vous êtes dans les services à domicile, les aides à la personne, la sécurité, la propreté. Vous ne pouvez pas imaginer que vous allez faire 42, 43 ans avec grosso modo le même salaire et les mêmes conditions de travail. Il y a un autre sujet, je ne pense pas que cette conférence en parlera, pour moi, c'est l'une des priorités. En France, dès que vous travaillez, vous n'êtes plus aidé. Et ça, ça ne peut pas durer comme ça. Moi, dans ma région, j'aide les gens qui travaillent, mais c'est au niveau national qu'il faut aussi aider les gens qui travaillent. Merci beaucoup, Xavier Bertrand, président de la région
des Hauts-de-France. Vous étiez l'invité du 8.30 France Info.
Xavier Bertrand