Agriculture et science : conférence de presse de l'OPECST
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 22:00OuverteRéponse directe
Quelles finalités auront ces recommandations ? Y a-t-il des projets de loi en développement ?
- 24:00OuverteRéponse directe
À qui s'adressent ces recommandations ?
- 26:00RelanceRéponse partielle
Les biocontrôles sont-ils sans risque ? Pourquoi alléger les processus d'homologation ?
- 28:00RelanceRéponse partielle
Pourquoi utiliser des données mondiales sur l'excès d'azote plutôt que des données françaises ?
- 30:00OuverteRéponse partielle
Les syndicats agricoles accepteraient-ils vos conclusions sur le verrouillage du système ?
- 32:00OuverteRéponse directe
La loi d'adaptation agricole votée en février va-t-elle dans le sens de vos recommandations ?
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à toutes et à tous et merci euh merci d'être présent ici aujourd'hui. Merci aussi à tous ceux qui sont euh qui sont en viso. Euh on a vu que cette audition, cette conférence de presse avait agrégé un nombre important de journalistes.
Donc on voit tout l'intérêt qui est porté donc sur sur le travail que nous avons mené à l'OPEX. Alors, je tiens déjà à excuser, mais je pense qu'il ne va pas tarder à arriver euh mon courapporteur Pierre Henriet avec qui nous avons effectuer ces auditions qui ont consisté en deux tables rondes. Ces auditions se sont passées donc le 20 février dernier et je vais donc vous en présenter les grandes lignes.
Ces auditions, elles avaient pour euh objectif d'aborder les questions de l'agriculture et les transitions auxquelles elle doit faire face, mais tout cela sous un angle scientifique. Concrètement, nous avons entendu pendant 2h et demi des chercheurs autour de deux tables rondes. L'une qui réunissait des scientifiques et qui nous montrait comment limiter l'usage des intrans, l'autre sur les modifications apportées au système de production pour apporter des solutions durables au monde agricole.
Bon, il faut le dire, en 2h30, nous n'avons aucune vocation à être exhaustif. Nous avons euh entendu un certain nombre de scientifiques. Cela amènera forcément dans les mois ou années à venir à continuer ces explorations parce que nous n'avons nous avons la prétention d'avoir apporté un certain nombre d'éléments mais qui demandent à être confrontés, à être approfondir.
Alors, une fois qu'on a fait cette précision, nous allons pouvoir donner un petit peu les raisons de cette audition parce que nous si nous avons fait ces auditions, c'est parce que nous avions le souhait de mettre en avant la science. C'est un peu le fait de l'OPEX bien entendu, office parlementaire d'évalisation des choix scientifiques et technologiques. On est à un moment où vous le savez toutes et tous, la science est souvent attaquée.
La désinformation fait rage et pourtant la science c'est ce qui nous permet aujourd'hui euh de faire société. C'est la science aussi qui permet elle est qui permet de faire vivre la démocratie. et les consubstantiel à cette démocratie et donc nous en avons forcément besoin.
Donc à l'heure où l'agriculture a été quand même a fait l'objet de beaucoup d'actualités où elle connaît un certain nombre de crises, il est bon de revenir à des choses scientifiques. D'abord des faits, l'agriculture dans ses formes actuelles, elle contribuit contribue au réchauffement climatique comme d'autres secteurs d'activité. Mais en 2023, les émissions de gaz à effet de serre de l'agriculture française s'élevaient à 76,3 millions de tonnes équivalents CO2, soit un peu plus de 20 % des émissions françaises.
L'agriculture a également un impact sur le déclin de la biodiversité, notamment en raison de la conversion de milieu naturel et en raison des pollutions qu'elle induit. À titre d'exemple, je juste une pollution qui est assez connue et en tant que breton que je connais bien, c'est l'excès d'azote par hectare par an. En France, s'il est ramené aux surface cultivées, il s'élève à 48 Non, je dis en France, c'est pas exact, c'est au niveau mondial 48 kg d'excédent d'azote à l'hctare.
La limite soutenable, elle est à 15 kg. Vous voyez bien le différentiel. De plus, l'agriculture ou simultanément l'agriculture est la principale victime du dérèglement climatique et de la perte de biodiversité.
Ce dérèglement climatique, je ne vais rien vous apprendre mais amène aujourd'hui de nombreux aléas, vague de chaleur, sécheresse, pluviométrie comme nous avons connu très importante cet hiver. Donc tout cela induit euh des chutes brutales et fréquentes de rendement. Et on le sait, la biodiversité est essentielle à maintenir la production puisque sur les 107 principales sortes de culture mondiale, 91 essentiellement les fruits, les graines et les noix dépendent à des degrés divers de la pollinisation animale.
On parle beaucoup de ces pollinisateurs et ils sont est essentiels parce que leur disparition et ça s'est étayé depuis je dirais même plus d'un siècle, elle aurait une influence dramatique sur notre régime alimentaire. Je salue Pierre Henriet rapporteur. Bon ben, j'ai commencé sans toi mais voilà, tu arrives à point nommé parce que ça va bientôt être à toi.
Alors, quelle solution peut donc apporter la science à l'agriculture pour garantir sa capacité à nous nourrir tout en réduisant son empreinte écologique ? Et bien là l'objet de de ces deux tables rondes. C'est à cela que les scientifiques que nous avions invités ont répondu.
À à l'issue de cette audition publique, nous avons dressé deux constats. Premier constat, la science offre des pistes prometteuses afin de garantir la durabilité de l'agriculture, même si les applications se heurtent à des obstacles et ne permettent pas de répondre à tous les défis de l'agriculture. Second constat, compte tenu du verrouillage des systèmes de production agricole, il faudrait modifier en profondeur le système agrialimentaire pour apporter des solutions durables au monde agricole.
Ce sont donc ces deux ces deux constats que nous allons développer tour à tour. Et sur ce premier, je la je cède la place à Pierre Henriet. Bien Daniel, je te remercie pour l'introduction de des présentations de ces conclusions.
Donc, comme vient de le préciser mon collègue, cette audition publique a été l'occasion de familiariser, de se familiariser avec des innovations technologiques prometteuses pour développer une agriculture plus durable mais qui reste performante. Important de pouvoir allier les deux enjeux. Plusieurs innovations ont été présentées dans des domaines assez différents.
Je vais vous en faire état. D'apport concernant la manipulation des paysages olfactifs. Les organismes vivants évoluent dans des paysage olfactif formé par une grande diversité de composés organiques libérés dans l'atmosphère à travers le fonctionnement naturel des écosystèmes.
Ces odeurs sont essentielles aux insectes pour chercher de la nourriture, trouver un partenaire, leurs plantes hautes ou encore leur site de pont. Des recherches ont été entreprises sur les odeurs des plantes ayant un effet sur le comportement des insectes. Il est désormais possible de créer des parfums naturels qui éloignent les insectes indésirables et protègent les cultures.
Ce qui présente plusieurs avantages par rapport au pesticides. Les pollinisateurs ne sont pas impactés. Il n'y a pas de phénomène de résistance qui se développe.
Le coût et la durée de développement des molécules sont très inférieures à ceux d'un pesticide. Et selon une intervenante, il faut 10 ans et 130 millions d'euros pour développer un pesticide. L'INRAE a réussi en 3 ans avec un budget seulement de 20 millions d'euros à trouver une molécule pour protéger les betteraves contre l'épuceron.
Première piste donc de réflexion. La seconde, l'utilisation accrue du microbiote des plantes peut-être également il peut également contribuer à une agriculture plus respectueuse de l'environnement. Il s'agit des micro-organismes qui vivent en association avec les plantes et qu'on trouve autour des racines sur les racines à l'intérieur des feuilles ou à leur surface sur les graines dans les tiges également.
Il confè d'importantes capacités aux plantes en faisant barrage aux agents pathogènes. Ils garantissent leur santé, ils augmentent leur tolérance à des stress abiotiques comme la sécheresse, la température, la salinité et améliorent leur nutrition. Il protège également les plantes contre certains insectes ravageurs, contribuant ainsi à une agriculture plus durable, moins dépendante des pesticides, plus résilientes face au changement climatique, tout en respectant, comme je le disais tout à l'heure, la productivité.
La science développe des biosolutions qui consistent qui constituent des alternatives aux intrans de synthèse en optimisant le microbiote de la plante. Troisème enjeu important qui a été soulevé euh lors de nos auditions, la génétique. Concernant la génétique végétale, il y aura une note plus détaillée qui reviendra sur le sujet. est actuellement en cours euh par votre serviteur ainsi que Martine Berté concernant en particulier les évolutions réglementaire européenne sur les nouvelles techniques génomiques.
Je vais évoquer ici la génétique animale qui peut également être au service d'une plus grande résistance au changement climatique et aux maladies. Voici quelques exemples qu'on pourra développer pendant la discussion si vous le souhaitez. évolution versotolérants à des périodes de plus en plus chaudes et de et de plus en plus longues.
Contribution de la génétique dans la réduction des émissions de méthane à la fois de manière directe en sélectionnant les animaux émettant le moins de méthane mais également de manière indirecte en évitant les émissions inutiles. Cela passe notamment par la réduction de la taille des animaux, la lutte contre les maladies, l'amélioration de leur longévité et je je passe sur d'autres points. Daniel, peut-être si tu veux compléter sur cette partie.
Non, je je continue. Je je veux pas te piquer la la vedette. Alors donc sur le sur le numérique, tu reviendras effectivement peut-être.
Euh, il offre également des pistes prometteuses pour transformer en profondeur l'agriculture, que ce soit pour la caractérisation des ressources génétique et l'évaluation de leur potentiel pour l'agroécologie, pour la conception de nouvelles générations d'équipements agricoles ou encore pour le développement d'outils et de méthodes pour le traitement des données et la modélisation en agriculture. Néanmoins, l'audition publique a souligné les obstacles auxquels est soumise la mise en application de ces avancées scientifiques. Ils sont de quatre ordres.
D'abord effectivement scientifique, réglementaire, humain mais aussi financier. D'abord, il reste des verrou scientifiques à lever. Je vais prendre l'exemple des biosolutions microbiennes.
Comme je l'ai indiqué, elles ont été conçues afin de restaurer et renforcer les microbiotes qui protègent les plantes. Toutefois, l'efficacité des biosolutions à base d'une seule souche s'avère relative pour protéger les plantes contre les maladies et augmenter leur croissance et leur tolérance à la sécheresse, ce qui entraîne une perte de confiance des agriculteurs à l'égard de ces produits. Il apparaît donc nécessaire non seulement d'améliorer les biosolutions existantes notamment à travers une modification de leur modalité d'application mais également de concevoir des biosolutions multisouches plus efficaces plus résilientes aux variations environnementales que les produits monosouches actuels.
Il y a également des obstacles réglementaires qui gênent l'homologation de certaines innovations. Ainsi, les granulés développés pour manipuler les paysages olfactifs, comme je l'évoqué dans mon premier point, sont considérés comme des phytosanitaires. Par conséquent, les substances sont soumises à des études écotoxicologiques sans rapport avec les modes d'action de cette innovation qui repousse olfactivement l'insecte sans lui porter atteinte.
Il en résulte une perte de temps entre 10 et 12 ans pour obtenir l'homologation et euh perte de ressources puisque l'élaboration du dossier administratif est évaluée à 3 millions d'euros. La régimentation relative à l'omogélation donc des biosolutions est également inadaptée et gêne considérablement le développement des solutions alternative au pesticides. Des obstacles humains également sont liés au fait que la diffusion des innovations technologiques se heurte également à une formation insuffisante des acteurs du monde agricole et ce en dépit des deux plans successifs que sont enseignés à produire autrement lancé entre 2014 et 2024 par le ministère de l'agriculture visant à former les futurs agriculteurs aux transitions.
Seul un enseignant sur 6 a été formé aux transitions, soit 3000 au total. et les pratiques des enseignants formateurs n'ont pas suffisamment évolué. Le profil sociologique des apprenants, la distance entre les savoirs acquis au centre de formation et les pratiques et discours du terrain peuvent constituer là aussi de très forts obstacles à l'enseignement de ces transitions.
Enfin, les alternatives aux engrais et phyosanitaires de synthèse, ce a des problèmes de coût sous la conjonction de deux phénomènes. D'une part, elles sont en concurrence directe avec les pesticides qui servent de comparaison en matière de coût pour la protection des cultures. Or, ces derniers sont plus abordables financièrement en raison de leur large diffusion depuis maintenant des décennies et des économies de gamme résultant de leur large spectre d'action, ce qui a permis de réduire drastiquement leurs coûts marginaux de production.
Et d'autre part, contrairement à d'autres secteurs comme la santé ou la cosmétique, l'agriculture ne dispose pas de ressources suffisantes pour investir dans les innovations, les consommateurs n'étant pas prêts à en payer le prix. Les produits biologiques illustrent cette problématique. Leur pertinence est reconnue, mais personne ne veut en assumer le coup aujourd'hui.
Enfin, il faut admettre que l'efficacité de certaines avancées scientifiques euh restera limité sans une modification plus profonde des systèmes de production. Je vais prendre deux exemples. D'abord, celui des biosolutions pour restaurer et renforcer les microbiotes qui protègent les plantes.
Pour favoriser l'efficacité des biosolutions, il est nécessaire de repenser les systèmes de culture en intégrant plus de mesures prophylactiques. Ainsi, la biodiversité végétale dans les parcelles et les paysages joue un rôle considérable pour favoriser la présence de micro-organismes bénéfiques. L'autre exemple concerne le numérique.
Il serait également illusoire de penser que le numérique seul permettrait de rendre le système agricole plus durable. On témoigne le fait que le premier axe du PEPR agroécologie et numérique porte sur la nécessité de façonner un socio-écosystème propice à une recherche et innovation responsable. En effet, les innovations technologiques ne sont pas suffisantes pour accompagner les agriculteurs vers une transition réussie.
Elles doivent être couplées à des innovations d'ordre organisationnel, économique, institutionnel et politique. Et à ce sujet, c'était l'occasion de notre seconde table ronde et donc je laisse Daniel Salmon présenter ce la synthèse de euh ses résultats. Merci Pierre.
Alors juste deux mots sur ce que tu viens d'évoquer. Effectivement, vous le percevez peut-être pas, mais nous nous avons voyagé pendant ces auditions parce que ces paysages olfactifs nous ont fait rentrer dans un autre monde et la science a cette faculté de nous amener à découvrir d'autres mondes qui étaient pour nous totalement inconnus et qui l'était même pour la science il y a encore quelques années. Et ces paysages olfactifs nous amènent à imaginer tout un tas de de solutions et ça nous met dans la perception qu'on les insectes de leur environnement qui est totalement différente de celle que nous pouvons avoir.
Même chose sur les microbiotes. Effectivement le microbiote intestinal de l'humain fait beaucoup parler de lui depuis un certain nombre d'années. Mais le microbiote des plantes était encore quelque chose un domaine peu travaillé et c'est ce que nous ont exposé un certain nombre de de scientifiques.
Et c'était vraiment passionnant parce que ce microbiote s'associe à des micro-organismes et et là ouvre également des champs et on a besoin de chez ces champ de connaissance pour répondre aux enjeux de l'agriculture de demain. Alors comme l'a dit Pierre Henriet, on a des avancées scientifiques mais El Pen parfois a vraiment entraîner des des modifications dans le système de production et c'est ce que je vais vous exposer maintenant en parlant de mécanismes de verrouillage qui se mettent en place et qui empêchent donc ces évolutions. Notre système actuel est basé sur le recours massif aux intrans, les engrais chimiques, les phytosanitaires et puis aussi une intensification de l'agriculture et la spécialisation des territoires.
Alors, tout ça n'est pas né en c'est pas fait en un jour. Je vais juste vous faire un petit rappel historique comment on est arrivé à ce système agricole qui fonctionne aujourd'hui. Donc les choix techniques régissant nos systèmes actuels de production ont leur origine dans le développement des engrais de synthèse.
C'est le processus à berboche qui a permis de capter l'azote de l'air pour faire des engrais et c'était l'azote c'est un facteur limitant à la croissance des plantes. Ce ce processus à Berboche en fin de compte a déroulé toute une évolution de l'agriculture. Les fossiles aussi ont permis la création de pesticides parce qu'on oublie souvent mais les pesticides et les phytosanitaires viennent de l'industrie pétrolière.
Tout cela à partir des énergies fossiles au début du 20e siècle. En l'espace de quelques décennies, ces produits ont réussi à s'imposer et à dominer les autres technologies. Donc ce que je disais, ce ne s'est pas fait d'un coup.
Il y a ce qu'on appelle une phase d'apprentissage pendant laquelle cette technologie a cohabité avec les autres. Toutefois, plus l'utilisation des intrthèse s'est diffusée, plus la performance de cette technologie augmenté et plus elle est devenue profitable grâce aux économies d'échelle réalisé. Et ces processus cumulatifs ont réduit consid considérablement les coûts marginaux de production.
Par conséquent, et c'est le point sur lequel il paraît important d'assister, une cette technologie n'est pas n'a pas été choisie forcément parce qu'elle était la meilleure mais elle devient la meilleure parce qu'elle a été choisie initialement et que tout s'est développé autour de cette technologie. Donc on peut avoir une vision un peu différente donc de de cette technologie. D'autres mécanismes renforcent également la domination de la technologie dominante.
Les interdépendances technologiques avec le système agroalimentaire qui vont imposer des technologies des standards de production. Les externalités de réseau autour du conseil agricole conduisent à inciter les agriculteurs à adopter la technologie dominante pour bénéficier d'autres services développés en compatibilité avec cette dernière. Donc ce sont des mécanismes d'autorenforcement qui se mettent en place. et il s'entourne un ensemble de normes, de standards de réglementation qui peu à peu vont verrouiller le marché autour des choix techniques initiaux.
Ça conduit donc tout ceci à un aliment des façons de penser, d'agir entre les producteurs, les industriels et les consommateurs. On voit bien que l'on va de A à Z, c'est toute une filière qui se met en place. Et quand on parle consommateur, on parle aussi des modes d'achat puisque on a eu une évolution en parallèle de cette évolution agricole, une évolution des modes de consommation et de la manière dont on allait acheter ces son panier alimentaire.
Aujourd'hui, on peut dire que 75 % de nos achats sont faits en grande surface et notre consommation, elle est toujours plus importante de produits ultra transformés, on en parle beaucoup. J'entendais ce matin une intervention sur France Inter qui parlait des cocktails des des adjuvents colorants conservateurs que l'on met dans les produits alimentaires qui aujourd'hui sont de plus en plus étudiés avec en corrolaire des problèmes problèmes de santé et là ce matin on parlait surtout du diabète de type 2. Donc en France, ces produits ultra transformés représentent 31 % de notre apport calorique.
Les États-Unis ont toujours un coup d'avance sur nous. Alors dans le contexte actuel, on peut se demander si c'est où est-ce que l'on va aller, mais ils sont à 58 % en produits ultra transformés, mais l'Espagne a 25 %, l'Italie à 18 %. Donc voilà, nous sommes dans une position médiane, on va dire.
Infiné, ce que les économies appellent un régime sociotechnique s'impose qui renvoie un ensemble de règles d'action collectives qui aujourd'hui représentent une force systémique et qui freine le changement. Alors, il existe néanmoins des acteurs qui conscients des défis auquels se heurte le modèle agricole actuel cherchent à le rendre plus durable et mobilise des connaissances scientifiques pour mettre en place par expérimentation de nouveaux choix techniques. Ces innovations peuvent être le fait d'entreprises privées, d'auto-entrepreneurs, de coopératif, de groupements associatifs, de consommateurs et de collectivité territoriale.
Lorsque ces innovations arrivent à trouver les conditions de leur développement, elles vont peu à peu s'y brider avec les composantes du modèle en place et permettre l'instauration d'un nouveau choix technique, par exemple autour de l'agroécologie. Mais dans la réalité, bien souvent, elles vont se heurter à de grandes difficultés liées au verrouillage dont je viens de vous parler. D'abord, pour mettre en place de nouvelles de nouvelles techniques des innovations, cela nécessite une phase une phase d'apprentissage qui est plus ou moins longue.
C'est inhérent à toutes les techniques. On peut revenir, il suffit de revenir en arrière, regarder comment les ordinateurs sont mis en place. les premiers ordinateurs avaient un coût complètement prohibitif et il a fallu un certain nombre d'années pour que tout un chacun puisse s'acheter ses ordinateurs et que ça rentre complètement dans la vie quotidienne.
Et cette phase d'apprentissage, elle peut être ralentie lorsque les innovations ne sont pas adaptées aux infrastructures et aux réglementations. à l'instard de difficultés rencontrées avec des techniques de manipulation par exemple on en a parlé des paysages olfactifs des bios solution pour leur homologation tout cela peut être très longrier vous en a parlé tout à l'heure. Il y a aussi les récits, les croyances qui peuvent également entraver l'adoption d'innovation.
Aujourd'hui, on entend souvent ici au Sénat l'idée du bon sens. Euh bah le bon sens, il faut s'en méfier parce que le bon sens ça nous amène à penser que la terre est plate parce qu'il suffit de regarder si on regarde nos sens, ils nous disent bah non et aucune raison que ce soit rond. Donc le bon sens peut parfois être une insulte à l'intelligence.
Donc c'est bien pour ça que nous nous travaillons sur la science. Donc le rapport d'évaluation du plan enseigné à produire autrement initié par le ministère de l'agriculture soulligne les obstacles liés au profil sociologique des apprenants ainsi qu'à la distance entre les savoirs acquis en centre de formation et les pratiques et discours du terrain. Tant qu'elles sont peu utilisées, les innovations ont du mal à diminuer leurs coûts marginaux. c'est élémentaires, les coûts marginaux et elles permettent pas de générer des profits à la hauteur.
Surtout que comme le système actuel a je veux dire plus qu'un coup d'avance puisqu'il a pratiquement un siècle d'avance et bien ça a permis de l'optimiser et avoir des coûts des coûts très intéressants. Et la nouvelle technologie et bien n'est pas sur un pied d'égalité. il lui faudra du temps pour être diffusé et devenir à un moment profitable elle aussi.
Donc on comprend que la construction d'un nouveau régime sociotechnique implique une modification en profondeur du système qu'on appelle ici ariémentaire, c'est-à-dire du système qui englobe non seulement les filières de production mais aussi de transformation de distribution avec la sélection variétale, la recherche, le conseil technique, les politiques publiques et les instances de régulation. C'est tout cet ensemble là qui doit nous amener à cranter des innovations et effectuer une transition. Actuellement, l'innovation reste principalement le fait d'un d'un acteur particulier, un acteur souvent esselé. par exemple, un agriculteur qui va tenter de développer des innovations techniques sur ses terres tout en étant contraint de s'adapter aux règles de d'aval qui sont assez figées.
Une telle initiative aboutit souvent à un échec compte tenu du processus de verrouillage décrit précédemment. Pour dépasser ces contraintes structurelles, il est indispensable de développer des innovations qui combinent de manière cohérente l'ensemble des acteurs de ce système agriélémentaire. C'est ce qu'on appelle des innovations couplées.
Je vais vous donner un exemple d'innovation couplée qui nous a été donnée pendant cette audition. Il s'agit de l'approvisionnement des cantines des crèches de Paris en légumes 100 % bio. Ce projet a nécessité 10 ans de travail, mais il est parvenu grâce à une étroite coopération entre les producteurs, initiationellement des céréaliers, la coopérative bio île-de-france, un opérateur de restauration collective et la ville de Paris à atteindre l'objectif fixé dans le cahier des charges de cette ville de Paris.
Un autre constat tiré de l'audition publique porte sur la nécessité d'intégrer les enjeux de l'agriculture dans une réflexion plus globale sur nos régime alimentaire. En effet, l'évolution des modes de production en faveur d'une agriculture plus durable et plus respectueuse du bien-être animal exige une modification de nos régimes alimentaires. Concrètement, nous devrions consommer plus de fruits de légumineuse, vous l'entendrez assez souvent comme moi, et réduire l'apport en protéines animales.
Or, la seule offre alimentaire ne pourra pas toute seule influencer nos habitudes. Il est donc indispensable de mettre en place des politiques cohérentes sur l'ensemble de la chaîne alimentaire avec l'adoption d'une stratégie pour changer les préférences et les comportement des consommateurs en faveur de régimes alimentaire plus simples en jouant notamment sur certains mécanismes économiques mais également pour réduire les pertes de gaspillage alimentaire dont le taux aujourd'hui dépasse 30 % des denrées comestibles et c'est excessivement important la modification de mode de production agricole nous obligera également à faire des arbitrages. Au cours de l'audition publique, l'un des intervenants a présenté les travaux de LINRA réalisé à la demande du Parlement européen pour préparer la prochaine Pâque.
Il a montré que celle-ci était soumise à de nombreux objectifs tels que la protection de l'environnement, l'autosuffisance alimentaire, des revenus convenables pour les agriculteurs, des prises alimentaires bas ou encore l'adoption de régime sain par la population. Et selon ce scientifique, ces objectifs ne sont pas tous conciliables. Dans leur totalité, il y a des choses qui pourraient paraître contradictoires.
Donc les décideurs politiques devront faire des choix. Par exemple, au moins à court terme, il n'est pas possible de maintenir encore moins d'augmenter la production, la capacité de production du secteur agricole de l'Union européenne tout en donnant la priorité à la protection de l'environnement. On peut pas transposer à l'identique tout en faisant une transition.
Si l'Union européenne décide de privilégier la production de nouveau, elle devra choisir entre une agriculture intensive et fortement tournée vers les exportations qui privilégie la compétitivité des prix et ou une agriculture axée sur le soutien à tous les types d'exploitation cherchant à maintenir la capacité de production en assurant une aide aux revenus agricoles pour tous les types d'exploitation. Donc là, c'est dans les deux cas où on reste sur une volonté de production importante, mais l'une, la première est orienté vers l'exportation, enfin pas uniquement la consommation nationale, mais également l'exportation. L'autre cherche plus à maintenir l'ensemble des agriculteurs en aidant tous les types d'exploitation.
De même, trois scénarios sont envisageables pour développer une agriculture soucieuse de la protection de l'environnement. Un scénario qui privilégie l'utilisation efficace des ressources grâce à l'optimisation des systèmes de production actuel. Donc je dirais que c'est un petit peu au fil de l'eau, mais on essaie d'optimiser un scénario qui encourage la préservation des terres à travers la séparation entre les fonctions productives et environnementales.
Mais on pourra y revenir mais là on voit vraiment une séparation d'un côté des terres qui sont réservées comme des réserves de biodiversité et puis l'autre des terres qui sont réservées à l'agriculture. Et comme on a diminué cette surface, il va falloir avoir des pratiques très intensives et peut-être à la clé également une augmentation des coûts de la production et un scénario qui prévoit la simultanéité des fonctions productives et écologiques grâce à l'agroécologie. Donc au-delà des arbitrages à réaliser, les modes de production ne pourront évoluer que si l'ensemble des acteurs du système agroélémentaire sont formés et accompagnés.
Pierre Henri en a déjà esquissé un mot tout à l'heure. Euh concrètement, les agriculteurs doivent être sensibilisés aux enjeux d'une agriculture plus durable et plus résiliente et doit s'approprier les technologies et innovations issues de la recherche scientifique. Quant aux autres acteurs du système agroalimentaire, ils doivent également être sensibilisés au concept et au processus de verrouillage parce queon ne peut lever des verrouillages que si on en a déjà conscience et permettre aux innovations de se diffuser en adaptant tous les maillons de en adaptant tous les maillons de la chaîne agroalimentaire à ces innovations.
À l'issue donc de cette audition publique, Pierre Henriet et moi-même nous avons proposé à l'Office de faire 10 recommandations regroupé autour de quatre axes et je passe la parole à Pierre pour le premier axe. Peut-être juste avant de présenter ces recommandations, dire que la méthode euh c'est toujours important de pouvoir revenir faire un peu de pédagogie sur le travail de de l'office puisque c'est un organisme qui est assez atypique dans le paysage du Parlement. Euh d'abord parce que nous travaillons de manière bicamérale, députés sénateurs, de manière aussi euh transpartisane et et notamment l'ensemble de des recommandations qui sont faites euh le sont vraiment dans un état d'esprit qui qui nous anime et qui est celui-ci.
Euh évidemment, h parmi ces ces recommandations, certaines ont ont plus de d'insistance politique pour les uns que pour d'autres. Euh et donc euh notre travail en tant que rapporteur, c'était surtout d'en d'en d'en faire la synthèse. Donc le premier axe de recommandation vise donc à encourager le développement des innovations technologiques en faveur d'une agriculture plus durable et résiliente.
Concrètement, nous proposons de faire évoluer la réglementation pour faciliter l'homologation des innovations technologiques plus respectueuses de l'environnement afin de réduire le coût et les délais de mise sur le marché de produits innovants. Nous proposons également de modifier les prix relatifs des différents modèles de production afin de dissuader les pratiques générant de fortes externalités négatives au profit de pratique moins rentable mais plus durable. Il s'agit de développer des dispositifs permettant de renforcer les incitations tout en compensant les effets revenus.
Il peut ainsi être envisagé de taxer les intrants tout en rendant les sommes prélevées aux agriculteurs plus vertueux en matière de protection d'environnement à travers le découplage euh de taxes et de remboursement. Nous recommandons également de renforcer l'efficacité des outils génétiques pour sélectionner des animaux plus résistants aux maladies en connectant les bases génétiques avec les bases sanitaires. Je te laisse pour la deuxème axe.
Tout à fait. Merci Pierre. Oui.
Euh l'office l'office ce sont les sciences et effectivement on voit qu'il faut marier également les sciences. exact expérimental pour lesquels notre président Stéphane Piedoir est un fervant un fervant con adepte et connaisseur et puis et bien des sciences qu'on appelle les sciences sociales voir sciences humaines et c'est plutôt sur cet axe là que moi je vais que porte le deuxème le deuxième point il s'agit de privilégier une approche systémique qui associe les enjeux de l'agriculture à la problématique des systèmes alimentair qu'il convient de faire évoluer pour les rendre plus durables et plus simples. Il nous paraît également indispensable de mieux hiérarchiser les objectifs de la PAC sans sacrifier l'objectif de protection de l'environnement.
À cet égard, je voulais faire la remarque suivante. Au cours de l'audition publique, il a été soutenu qu'une forte protection de l'environnement était incompatible avec le maintien de la production à son niveau actuel. Néanmoins, avec un taux de gaspillage alimentaire de 30 %, il existe une réelle marge de manœuvre pour instaurer un mode de production plus durable sans remettre en cause la satisfaction de nos besoins alimentaires mais en les faisant évoluer et je pense que c'est un mot important, faire évoluer aussi les besoins alimentaires.
Enfin, toujours dans l'objectif d'une politique volontariste en faveur d'une agriculture plus durable, nous proposons de développer de nouveaux instruments financiers dans le cadre de la prochaine PAC parce que vous savez que la PAC oriente quand même énormément notre système notre système agricole mais aussi notre système agroalimentaire et l'orienter en passant d'une logique de subvention à une logique de rémunération de services explicites afin d'accompagner les agriculteurs dans la transformation de leur mode de production. tout en garantissant et ça c'est également très important leur niveau de revenu. Pierre, je te laisse pour le 3è axe.
Pour le 3è axe donc de nos recommandations, il a à soutenir les initiatives du terrain pour déverrouiller les systèmes de production. Il s'agit d'encourager les innovations combinées associant tous les acteurs en amont et en aval de la production en renforçant le financement des programmes de recherche dédiés à ces initiatives. Il faudra également décentraliser ces initiatives en faveur des transitions afin de tenir compte des spécificités de chaque territoire sur le plan écologique et socio-économique.
Et pour nos deux dernières recommandations, elle vise à accélérer la formation aux transitions. Concrètement, nous proposons de mobiliser davantage les acteurs de terrain enseignant, formateurs, exploitants, ateliers technologiques, monde professionnel et enseignement supérieur et recherche afin de décloisonner les approches pour former aux transitions. Enfin, il faut impérativement associer pleinement les apprenants dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des actions visant à favoriser les transitions vers de nouveaux modèles de production.
Nous vous remercions pour votre écoute et maintenant et bien nous sommes à votre disposition pour répondre à vos questions. Je vous en prie. besin oui voilà.
Bonjour Juliette Sounac de New Stan Agro. J'avais comme question quelles finalités auront ces recommandations ? Est-ce que il y a des projets propositions de loi qui sont développés ?
À qui s'adresse ces recommandations ? Voilà un peu la la finalité de tout de votre travail. Vas-y.
Écoutez, dans un cadre général le l'ensemble des recommandations qui sont faites soit lors de conclusion, soit lors de notes scientifiques, soit lors de rapport qui émaneent de l'OPEX sont d'abord à destination des parlementaires, hein. C'est le le rôle premier de l'Office, c'est d'éclairer la représentation nationale euh et de d'être le maillon avec la communauté scientifique. Donc évidemment, ce document sera diffusé à à l'ensemble des parlementaires qui pourront y accéder facilement.
Euh ensuite, nous allons également évidemment euh solliciter euh euh les euh ministères concernés de l'environnement, de l'agriculture euh pour euh faire état aussi de ces recommandations. Et l'enjeu, c'est effectivement, vous avez raison, euh que ensuite euh ben il y ait des initiatives parlementaires qui puissent s'appuyer sur ces recommandations pour les traduire. On l'a vu notamment, on évoquait tout à l'heure les les freins réglementaires et bien que le législateur puisse s'en emparer et faire en sorte que l'écosystème euh puisse être plus favorable au développement de ces innovations scientifiques euh pour le pour le monde agricole.
Si tu veux l'aider. Oui. Bon, juste un mot effectivement il y a des verrouillages, on l'a vu au niveau norme homologation qui parfois prennent beaucoup de temps et ça a été assez mis en avant lors des crises agricoles.
Mais là, on s'aperçoit que sur les innovations, sur le biocontrôle, parfois ça met autant de temps que pour du phytosanitaire alors qu'on n'est pas du tout dans le même registre. Donc là, il y a peut-être des choses à faire bouger. Donc c'est une invitation que que l'on fait et puis et puis tout le volet queon a développé sur le système agrialimentaire.
Et là, c'est parfois des choses qu'on a moins en vue, mais où on voit bien qu'il y a des il y a des verrouillages qui limitent l'innovation et vraiment c'est la transition. Oui, bonjour. Est-ce que je peux poser une question ?
Mais bien sûr. Euh Géraldine Vesner du coin. J'avais je suis un peu surprise parce que je je parcours votre rapport et sur la question de des biocontrôles, justement, ça me semble quand même assez léger d'auditionner deux ou trois personnes qui font de la recherche fondamentale et d'en déduire que bon, il faut alléger le processus d'homologation. les les le biocontrôle n'est pas euh sans effet.
Enfin, on en a eu plein d'exemples et vous parlez beaucoup de la modification de l'environnement olfactif, mais il peut désorienter des espèces qui dépendent des odeurs pour pour se nourrir, se reproduire, pour migrer. Euh les huiles concentrées ne sont absolument pas sans danger. Euh on a vu le développement de résistance au ravageur.
Vous prenez un seul exemple dans votre rapport qui est celui de la betterave. Or, vous n'avez pas auditionné d'institut technique. Euh donc, quelle est l'efficacité de ces process ?
Ça me semble quand même extrêmement léger pour décider que bon, on envoie val dinguer toutes les gardes fous sanitaires. Deuxème question, je j'en profite, vous évoquez dans votre rapport les excès d'azote en donnant des valeurs au niveau mondial. Quel est l'intérêt pour le législateur français de valeur au niveau mondial ? parler de de sur d'un excès d'azote de 48 kg par hectare.
C'est juste en France c'est 33 kg par hectare et c'est très différent selon les régions. L'Île-de-France, elle est à 0 ou 5 kg par hectare. La Bretagne à 70 ou 80 donc je vois pas l'utilité en fait quand on veut être un peu concret et et réellement avancé.
Merci bien. Euh alors vous avez un employé le terme Valdingué. Il n'est aucunement question pour nous d'envoyer Valdinguer quoi que ce soit.
Surtout pas le droit de l'environnement. Euh simplement ce que nous pointons, c'est que il y a un certain nombre de considérations sur des éléments qui euh qui ont tendance à freiner. Alors moi, je ne suis pas pour une accélération à tout va bien entendu, mais il y a un moment si on veut que les transitions se fassent, il faut s'en donner également les moyens.
Et l'accélération, ça peut se faire en donnant justement plus de moyens aux études pour aller souvent un peu plus vite. Bien entendu, nous avons pris quelques exemples, on l'a dit, on a pris des précautions. Ce n'était qu'une audition de de 2h et demi.
Et donc, nous aurions pu bien entendu, et nous espérons le faire dans les mois ou les les années qui viennent, élargir énormément le champ parce que les apports de la science sont beaucoup plus divers et variés que ce que nous avons exposé ici. Là, ce que nous avons pointé, ce sont deux deux techniques, deux innovations qui nous parissaient très intéressante et qui peuvent demain apporter des solutions pour diminuer et se passer de pesticides parce que euh comme on l'a indiqué en préalable, c'est euh un enjeu un enjeu fondamental euh d'aller vers une agriculture qui préserve l'environnement et donc euh la biodiversité en particulier. Donc euh voilà sur ces réponses que je je peux vous apporter euh sur votre questionnement.
Oui, peut-être en en complément. Effectivement, dans les premières recommandations qu'on fait sur les les freins à l'innovation, l'enjeu c'est plutôt d'adapter euh les process sur ces sur ces innovations et pas supprimer euh les étapes notamment concernant les les analyses de risque sanitaire. Pas du tout.
Je crois que là-dessus, c'est c'est bien de le de le rappeler. Euh peut-être aussi un point mais et et qui reprend aussi effectivement votre remarque à juste titre euh et qui a été évoqué hein euh lors de euh de l'audition avant la conclusion de cette de ce travail. Euh il y a effectivement des limites.
Euh d'abord effectivement euh en 2h30 comme euh Daniel Salmon l'a dit, on peut pas voir une exhaustivité euh du travail euh euh et des innovations euh sur euh sur ce secteur. Donc on s'est focalisé évidemment sur un certain nombre de points, mais on retrouve quand même parfois des invariants invariants réglementairire en particulier euh qui qui nous permettent quand même de de d'apporter un certain nombre de recommandations et puis surtout et il faut avoir l'honnêteté de de le dire, il y a des incertitudes qui restent à ce stade effectivement euh en cours des incertitudes d'abord bord scientifique euh et qui ont été euh dites par l'ensemble des intervenants qui étaient auditionnés. euh des incertitudes aussi parce que euh ça ça a été un un un des points qui a été un peu de confrontation avant le la présentation euh notamment sur la deuxième table ronde euh qui évoquait plutôt les l'analyse euh socio-économique euh de de des limites euh du mode de production de ces alternatives.
Certains parlementaires ont et et moi le premier ont estimé il manquait sans doute euh de de champ dans le dans les études économiques suffisamment importantes pour euh euh apporter un certain nombre de précisions sur les sur ces recommandations euh sur également les intrants, vous l'évoquiez tout à l'heure. Je pense que là aussi s'il y a des bases d'estimations sur le niveau mondial, c'est aussi parce que effectivement au niveau national, on a une prise en compte qui qui n'a pas été suffisamment abordée et donc c'est là aussi une autre limite de de ce travail. Juste un mot pour revenir sur les nitrates.
Effectivement, le chiffre qui est donné est un chiffre mondial. Euh et effectivement en France, lorsque l' fait une moyenne et vous l'avez parfaitement exprimé, il y a des différences qui sont plus que notables entre des régions comme la Bretagne que je connais bien où on est en en excédent structurel et puis d'autres régions où on a des déficites. Donc on en parle, ce n'est qu'un mot dans le dans le rapport mais de la spécialisation des régions. spécialisation s'est faite et bien dans un système, c'est le système agréal alimentaire actuel qui a visé par des économies d'échelle aussi à rationaliser un certain nombre de productions et qui voilà peut conduire à ces excédents ici et ses déficits ailleurs.
Donc ce sont des choses qu'il faut réinterroger et qui euh ça n'a pas été abordé explicitement dans dans ce rapport mais qui peuvent altérer notre résilience. Et quand on parle des intrans, on sait aujourd'hui que tous ces ces engrais que ce soit azotés mais phosphate et uré altère notre souveraineté puisque pour une bonne part d'entre eux ils sont importés. Donc voilà, ce ça ce sont des des éléments que nous n'avons pas abordés parce que effectivement on ne pouvait pas tout voir mais euh c'est des éléments importants à avoir dans l'idée euh d'une transition et je reviens sur le fait que les les mécanismes enfin ce qui peut être mis en place comme bion contrôle n'est pas forcément anodin bien entendu loin sans faut mais que il faut aller aussi euh de l'avant et essayer de comprendre comment et bien on peut sortir de certaines de certains pesticides qui eux aujourd'hui sont ont des impacts avérés.
Donc ne pas brader quoi que ce soit mais essayer de faire en sorte que des innovations puissent arriver à partir du moment où elles ont franchi toutes les homologations. Voilà. Oui.
Bonjour Olivier Mono pour Libération. Vous m'entendez bien ? C'est bon ?
Oui. Euh voilà, j'avais une question par rapport je voulais vous vous entendre un peu sur le les 1 an les 18 mois qu'on a passé là de crise agricole pendant lesquels on a beaucoup opposé agriculture et protection de de l'environnement. Est-ce que vous avez l'impression que ce que dit votre rapport sur le verrouillage du milieu sur l'impact de l'agriculture sur la crise climatique et la crise de la biodiversité serait par exemple tout à fait accepté par les syndicats agricoles ou les les les premiers tenants de du sujet.
Et ma deuxième question ce serait est-ce que la loi d'adaptation agricole qui a été votée en février dernier va dans le sens de vos recommandations secondes ? Merci. Oui, tout cela forcément vient vient interroger.
On a eu des beaucoup de de lois qui sont passées sur le domaine agricole. Il y en a encore une cet après-midi sur l'usage euh des aéronefs. Euh voilà, nous ce que nous avons nous avons essayé d'être le plus factuel possible.
Nous sommes appuyés et c'est le rôle c'est le rôle de l'OPEX s'appuyer sur des faits scientifiques, des réalités euh qui aujourd'hui ne peuvent pas être contesté dans le monde dans le monde scientifique. Il y a des constats qui qui sont là. Effectivement, tout cela vient interroger un certain nombre de politiques qui sont mises en œuvre.
On a repris aussi, on s'est appuyé sur un rapport de l'INRAE sur les évolutions de la politique agricole commune pour réorienter notre modèle agricole, on l'a bien vu, qui est aujourd'hui est en souffrance. Euh et donc il y avait il y a cinq cinq possibilités A B C D E euh voilà, ce sont des des éléments qu'il faut avoir en tête. Et euh le rôle du politique et le rôle des politiques publiques, c'est de faire des choix qui sont parfois difficiles, mais notre but nous à l'OPEC, c'est d'amener des éléments des éléments de réflexion.
Donc d'ailleurs, je vous invite à aller voir l'ensemble de ce rapport qui est fort intéressant sur les différentes politiques de la PAC potentiellement possible euh fait par l'INRA. J'aurais une position un peu plus nuancée d'abord parce que l'appui de la commité scientifique veut pas dire qu'il y a des faits incontestables et qui doivent plus être discutés. Ça c'est pas vrai.
Je veux dire la le principe même de la science c'est de pouvoir débattre et de pouvoir aussi avoir de la controverse. Et le rôle de l'OPEC, c'est justement aussi de de faire comprendre que il y a de la controverse. Il y a des il y a des scientifiques qui ont des des analyses qui leur permettent de des conclusions qui sont pas forcément les les mêmes.
Et dans cette dans cette approche globale, il faut nous à l'OPEX qu'on donne aussi une dimension politique à ces conclusions et et c'est là où ce qui est important c'est de pouvoir s'appuyer en tout cas sur des données factuelles et des données qui permettent de d'avancer par rapport à des à des objectifs donnés. Euh quand je dis ça euh et encore une fois, moi je je nuance un peu euh euh les les conclusion de ce rapport et ça a été dit aussi par un certain nombre de de parlementaires. Encore une fois parce que le ce travail euh mérite et méritera évidemment surtout de continuer à à consacrer du temps sur ces enjeux.
Le but aussi aujourd'hui dans le cadre de cette présentation, c'est plutôt d'esquisser aussi un certain nombre de de compréhension de mécanismes sur lesquels il faut continuer à à interroger pour avoir une analyse plus fine et aussi pourquoi pas faire évoluer les les recommandations qui seront faites en en l'état. Effectivement, on a présenté des recommandations qui sont à l'instant en fonction des euh des échanges que nous avons eu. Euh et c'est là aussi où il y a une une nuance importante à faire et ça c'est un des mécanismes, on va dire un petit peu généraux aussi des des travaux spécifiques de l'OPEX, c'est il y a effectivement ces ces conclusions d'audition publique.
Je pense que la base de travail quand même de l'OPEX reste les rapports scientifiques, enfin les rapports de l'OPEX qui eux sont beaucoup plus étayés. Et donc là, c'est aussi une piste justement pour pourquoi pas avoir un un à l'avenir un rapport beaucoup plus global, exhaustif sur le sujet. Donc euh voilà, je voulais je voulais quand même aussi voilà mettre les les limites aussi de l'exercice euh de ce travail qui a été euh rendu.
Ouais, merci. C'est à nouveau madame Vner. J'avais une autre question, enfin deux autres questions.
Je comprends de vos réponses que vous n'avez pas étudié en réalité les causes par exemple des excès d'azote puisque vous évoquez les engrais synthétiques. Or en Bretagne ou dans les Haut de France, c'est c'est de l'engrais organique, hein. C'est c'est les lisier.
Donc, est-ce que à l'avenir là euh vous vous envisagez de lancer des études euh pour le coût technique précise sur les raisons de ces excès d'azote en France euh ou euh d'autres euh ou sur les les produits de biocontrôle pour avoir euh pour que les parlementaires puissent avoir un avis réellement éclairé ? L'autre question, je vois que dans votre rapport, vous n'avez pas abordé dans vos auditions qui parlent de l'adaptation au changement climatique, les nouvelles biotechnologie végétal. Alors en terme d'innovation, ça me semble quand même assez central.
Euh d'autant plus que c'est perçu par les scientifiques du John Research Center européen comme le principal levier d'adaptation de l'agriculture à la fois pour la baisse des produits phytosanitaires, pour l'adaptation au bouleversement climatique et ça vous n'en parlez pas du tout. Est-ce que c'est c'est volontaire ? Euh alors je sais pas si vous étiez là dans les propos liminaires.
Effectivement, je l'ai je l'ai évoqué en en sous-main puisque il y a actuellement effectivement un rapport spécifique sur le sujet de la génétique végétale qui est en cours euh et donc qui sera présenté normalement fin juin par moi-même et Martine Berté et qui évidemment est corrôlé aussi à à la rédaction actuelle de la réglementation européenne qui va rapidement permettre des justement d'enlever quelques freins à à l'innovation sur la sur la génétique végétale. Donc on n pas voulu du coup évoquer ce sujet dans ses conclusions, même si on l'a rapidement vécu tout à l'heure, pour vraiment essayer de de se focaliser sur quelques secteurs d'innovation qui sont euh, on va dire moins connus, mais aussi effectivement avec la limite aussi euh si c'est moins connu, c'est aussi parce que il y a moins de travaux, moins d'études et donc euh plus d'incertitude sur euh euh les potentiels de ces innovations. Oui, nous là nous avions pris les précautions de dire que nous avions pas tout vu.
Effectivement euh l'évolution de la génétique interroge tout à fait euh et donc ça peut tout à fait être un objet de travail plus approfondi par LOPEX. Je pense qu' ce qu'il faut voir c'est que nous sommes un moment un moment charnière. ça ne vous aura pas échappé.
Euh et euh l'âge, même si la science évolue euh bien entendu, elle n'est jamais figée et ce qu'on découvre aujourd'hui, ce sont plein de choses qu'on on ignorait hier, mais il y a des choses qui s'agrègent et on est dans un moment où on parle beaucoup d'adaptation à la France à 4 degrés. Euh d'ailleurs avec toutes les incertitudes qu'il y a lié à cette cette évolution du climat et qui va emmener de nombreuses perturbations, c'est très clair, elles sont déjà là sur notre système agroalimentaire. Donc je pense que notre rôle nous est euh non seulement d'alerter mais essayer de de faire en sorte que les différentes sciences viennent nous viennent en aide et viennent nous éclairer, viennent éclairer les décisions politiques parce que demain peut-être aurons-nous besoin de tout ce panel de solution.
Par contre, il n'est pas question, c'est je reviens sur votre interpellation du début. Pas question d'avancer non plus à tout va sans se avoir des études rigoureuses qui nous permettent de dire si ces nouvelles technologies ont des impacts positifs ou ou négatifs sur l'ensemble de l'environnement. un moment où la biodiversité euh est dans un très mauvais état.
Donc euh il nous faut continuer d'avancer. Mais je pense que c'est un peu l'intérêt aussi de de cette de ces auditions, c'est de montrer qu'il y a tout un panel de possibilités, que ce soit dans les sciences exactes et expérimentales ou également avec les sciences les sciences humaines et sociales pour essayer de voir comment on peut avancer à la fois très certainement sur des bases de l'agriculture que sont l'agronomie, que sont l'appui sur les écosystèmes, sur la nature et puis ne pas se priver d'explorer des nouvelles des nouvelles pistes qui nous permettront peut-être demain, on ne sait pas, de de répondre à des problématiques qui pourraient être qui pourraient être dramatiques. C'est bon.
Ici non plus pas de question. Euh peut-être peut-être peut-être juste juste un complément effectivement sur la sur la question. euh notamment sur le fait que évidemment ça doit ce travail doit se poursuivre euh s'intensifier si je puis dire pour mieux préciser un certain nombre de contours.
Je pense qu'effectivement l'enjeu notamment de la perspective agroclimatique doit véritablement être prise en compte aussi dans la perspective de ces évolutions d'innovation. Euh je je reviens sur échapper un petit peu sur le sujet des des nitrates. Je pense que typiquement c'est un sujet qui qui en soit peut être véritablement traité de manière, on va dire isolé pour pour avoir une une bonne analyse, une bonne expertise aussi sur ce sujet et forcer de constater aussi qu'aujourd'hui euh il y a des enjeux aussi d'expertise qui qui qui nous reste à à mener euh aussi, on va dire, dans la conjonction entre expertise et et prise de décision.
Euh et typiquement sur ce sujet, on voit bien là qui qu' qu'il reste encore un certain nombre de points d'ombre euh sur lesquels euh l'OPEC sans doute d'autres commissions, d'autres organismes aussi indépendants ou d'établissement public auront sans doute l'occasion de de poursuivre. Donc le but de ces recommandations, c'est surtout, je pense, je te laisserai ensuite la parole, mais qu'on qu'on puisse cibler un certain nombre de technologies qui sont des potentiels. Encore une fois, la recherche euh par définition elle-même est un domaine dans lequel on ne sait pas si elle aura des résultats, mais en tout cas de créer un écosystème qui permette aux scientifiques de continuer à innover dans et pour l'agriculture.
Et ça, je crois que c'est aussi le message en tout cas moi que je je souhaitais faire passer ce matin au vu justement de l'ensemble des constats qu'on a pu faire dans dans ces dans cette audition publique. Oui, juste quelques mots réaction. Euh effectivement, je parlais de se baser sur les services environnementaux que nous apporte la la nature.
On a parlé euh Pierre, on a parlé euh des sélections génétiques pour les beaux vins pour avoir des des beau vins qui seront plus en capacité de résister aux fortes chaleurs que nous ne manquerons pas d'avoir dans les années à venir. Effectivement, il y a ce volet là où on se doit d'y réfléchir. Et puis de l'autre côté, moi j'ai déposé une proposition de loi sur les ha les beau cachè et bien voilà, ce sont aussi des choses essentielles.
S'appuyer sur la nature, sur l'ombre apportée par les ha sur la modification des microclimats par les ha par les vapotranspiration. Donc, ce sont voilà, ce sont deux facettes. L'objectif est le même, c'est de pour le bien-être animal et faire en sorte qu'on ait des euh des bêtes qui sont en capacité de résister demain.
Mais il y a un volet qui est plus appuyé sur des choses, voilà, très fiables que sont les les services écosystémiques et puis de l'autre côté une recherche que nous devons continuer de de porter. Euh juste pour revenir sur ces ces engrais, ces excès d'azote, euh à ma connaissance, les animaux ne capte pas l'azote. Donc si on a des excédents structurels en Bretagne, on peut parler de effectivement des effluents des animaux, mais c'est parce que à la base il y a des apports d'azote qui sont qui sont importants et son sont des engrais de deux synthèses qui arrivent et qui viennent s'accumuler et se s'alimenter et qui sont pour une partie lessivé.
Vous connaissez aussi bien que moi la problématique des algues vertes sur notre littoral. Donc effectivement, on est sur un système alors euh j'entends souvent les agriculteurs le dire et euh chaquest sur un certain nombre de points qui ils font des efforts et qui a eu des progrès de mener. Il s'agit pas non plus de de jeter l'eau probre sur une toute une corporation dont beaucoup font des efforts.
Et on sait aujourd'hui que nous sommes face quand même à des à des défis qui sont extrêmement importants, que l'homme depuis qu'il fait de l'agriculture depuis le néolithique n'a jamais connu. Très clairement, il faut se mettre dans cette perspective là. Le + 4 degr c'est terra incognit.
On ne sait pas où ce qu'on va. Alors, on va essayer d'anticiper au maximum et essayer de pas se priver de solutions. Ça sera certainement pas là, je parle pour moi et on a quelques petites divergences, mais euh ça sera pas le technolutionnisme, ça ne suffit très clairement, on n'y arrivera pas.
Ça n'empêche que on peut avoir de la technologie, on peut avoir des sciences qui nous aident et puis s'appuyer sur tout un tout écosystème et c'est ce qui est bien mis en exergue avec la deuxième table ronde aussi de de repenser notre système agroalimentaire qui s'est quelque part enfermé dans un système. Il suffit de regarder un peu l'histoire et revoir notre nos régimes alimentaires, comment ils ont évolué depuis un siècle. C'est incroyable.
Donc effectivement, ça veut dire que on a des possibilités aussi d'innover, de changer dans dans ce régime alimentaire, mais on sait que c'est très difficile et que c'est quelque part un peu verrouillé. C'est ce qui est dit aussi dans ce euh dans cet exposé. Et bien s'il y a plus de questions, moi je tiens à vous remercier de votre de votre attention, de vos questions et puis et bien on espère que tout cela fera œuvre utile et que ça nous amène, on l'a bien vu, ça nous amène à beaucoup d'autres réflexions derrière.
Ce n'est qu'une qu'une première étape, une première approche. Merci à toutes et à tous. ici.
Pierre Henriet