Florence Cathiard : "Les liens entre Bordeaux et l'Angleterre ont toujours été très étroits"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:29OuverteRéponse directe
Comment avez-vous préparé cette visite royale ?
- 1:43OuverteRéponse directe
C'est Charles le roi écolo que vous recevez demain ?
- 2:56OuverteRéponse directe
Donc, vous l'aviez personnellement rencontré déjà ?
- 3:27OuverteRéponse directe
On imagine que cette visite a été préparée très en amont, notamment sur le plan de la sécurité ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Un gros service ? Combien de personnes ?
- 4:16OuverteRéponse directe
On est en pleine vendange quand même, ça ne va pas être compliqué à gérer en termes de logistique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:09InvitéFait
« Ça fait 32 ans qu'on habite nos vignes avec mon mari Daniel, et qu'on essaye d'être complètement en agriculture biologique et en biodynamie. »
- 1:14InvitéFait
« Et je peux vous dire qu'au début, on en a sacrément bavé, parce que non seulement ce n'était pas la mode, mais il n'y avait pas de guide, de brévière, il n'y avait pas de préparat, il fallait tout faire nous-mêmes, et ça nous a pris 5 ans pour faire notre propre compost. »
- 2:23InvitéFait
« On a eu des problèmes. »
- 5:27InvitéFait
« parce qu'il n'y a que trois châteaux qui ont une tonnellerie à Bordeaux. »
Temps de parole
- Invité77 %
- Présentateur18 %
- Présentateur 24 %
≈ 5,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, le 6-9. 6h21 et ce matin, Marion Lourdes, votre invitée est la propriétaire d'un immense grand vignoble du Bordelais. Elle va recevoir aujourd'hui un invité de marque, le roi d'Angleterre lui-même, Charles III, dans son vignoble grand cru classé Smith O'Lafitte. Bonjour Florence Catillard.
Bonjour et bienvenue dans Smith O'Lafitte.
Comment avez-vous préparé cette visite royale ?
A vrai dire, on était déjà prêts en mars quand il a annulé sa venue, mais ce n'était pas sa faute. C'est les Français qui ont toujours un petit côté révolutionnaire, mais qui finalement sont un peu tétanisés devant la venue royale.
On rappelle que c'était à cause de la réforme des retraites et des tensions qu'il y avait tout autour de ça.
Voilà, et on est tellement heureux qu'ils viennent finalement, parce que c'est un honneur immense. Et puis, il y avait beaucoup de châteaux qui auraient aimé être visités, mais je pense qu'il y a une certaine logique, parce que nous, il y a très longtemps qu'on... Ça fait 32 ans qu'on habite nos vignes avec mon mari Daniel, et qu'on essaye d'être complètement en agriculture biologique et en biodynamie. Et je peux vous dire qu'au début, on en a sacrément bavé, parce que non seulement ce n'était pas la mode, mais il n'y avait pas de guide, de brévière, il n'y avait pas de préparat, il fallait tout faire nous-mêmes, et ça nous a pris 5 ans pour faire notre propre compost.
Nous, on avait cette idée un peu fourriériste de mon papa, qui était prof de philo et qui adorait la nature, et on est arrivé sur un terrain chimique, et ça ne se change pas en un clin d'œil.
Et donc, c'est Charles le roi écolo, entre guillemets, que vous recevez demain, puisque effectivement, une des raisons du choix de votre vignoble, c'est que vous êtes en bio. Charles lui-même, dans sa propriété britannique, produit en bio, vous allez pouvoir échanger des astuces avec lui ?
J'espère bien, parce que ça m'est déjà arrivé dans ma vie, à un moment où justement, on n'en pouvait plus de ses essais, où on était parfois obligé de faire machine arrière, parce que, comme vous savez, le climat bordelais qui donne ses grands vins si élégants, il ne fait pas beau tous les jours, comme dans le sud de la France ou dans d'autres régions. On a eu des problèmes. Et un jour, un match de polo en Angleterre, où j'avais été invitée à servir mon vin, je l'ai rencontré, et moi j'étais déjà fan.
Je connaissais High Grove, la ferme qu'il adore, je mangeais ses biscuits, et c'était pour moi une rencontre iconique, parce que, quelque part, il m'a donné confiance, il m'a prouvé qu'il n'avait pas des centaines de jardiniers, comme je pensais, qu'on pouvait le faire, et quand je suis rentrée, j'étais regonflée à bloc. Et du coup, on a continué avec mon mari, et aujourd'hui, c'est devenu à la mode d'être, mais ça ne l'était pas, je peux vous dire, au début.
Donc, vous l'aviez personnellement rencontré déjà ?
Oui, et on avait parlé cinq minutes, ce qui est long avec un royal. Alors, il n'a certainement aucun souvenir, parce que c'était il y a 18 ou 20 ans, je ne sais plus exactement. Et nous, on a discuté biodiversité, et High Grove, et ce qu'on pouvait faire pour la vigne, et le compost aussi, c'était bien.
On imagine que cette visite, effectivement, a été préparée très en amont, notamment sur le plan de la sécurité, ça va se passer comment ?
Alors, le plan de la sécurité, ils sont venus, on les avait encore ce matin, on les a eus hier, avant-hier, en mars, on les avait déjà, il y a les Français, il y a les Anglais. Les services secrets ? Il y a tout. Alors, il paraît que c'est les plus importants, ceux qui n'ont pas marqué police, gendarmerie, des mineurs, ceux qui n'ont pas marqué ça sur leur blouson. Je peux vous dire qu'il y aura un gros service.
Un gros service ? Combien de personnes ?
Alors, moi, je leur ai demandé, jusqu'à maintenant, ils sont toujours venus, mais par fraction, mais ils étaient déjà 30 chacun, et ce n'était pas les mêmes. Et là, je pense que, je ne sais pas, moi, je dirais plus que 100 qui seront mobilisés.
On est en pleine vendange quand même, ça ne va pas être compliqué à gérer en termes de logistique ?
Ils ont une chance folle de nous avoir choisis, parce que nous, on a deux arrivées vendanges. Donc, on va réduire, parce que les vendanges, quand même, c'est l'âme et le cœur de notre vie, de vignoble. Et on va donc faire des petites vendanges ici, à Smith-Solafie, parce que, bien sûr, les gens doivent être répertoriés, autorisés. Et on fera notre vendange normale, parce qu'on est au cœur de la vendange en ce moment. Des rouges, en plus, ce n'est pas les 10 hectares de blanc, c'est les 70 hectares d'euros, je n'en vendange pas tout à la fois.
Et ça, ça ira dans notre chier des jeunes vignes, qui, lui, nous avaient eu d'être invités à la COP21 en 2013, parce qu'on a été les pionniers pour le recyclage du CO2 en bicarbonate de sodium. Mais il verra des gens qui travaillent dans notre cuvier, qui pigent, vous voyez. Et comme il aime bien mettre la main, paraît-il, nous, on leur aurait bien montré comment on fait. Par contre, il paraît qu'il sera aussi très intéressé par celui qui nous a sans doute valu d'être entreprise du patrimoine vivant, notre tonnelier, parce qu'il n'y a que trois châteaux qui ont une tonnellerie à Bordeaux. Et donc, là, il va peut-être s'intéresser au douel de près et au barrique.
Dernière question, le président de la République a offert au roi Charles un champagne millésimé, 1948, c'est l'année de sa naissance. Vous allez lui faire un cadeau, vous aussi, et si oui, lequel ?
Alors, entre nous, 48, ce n'est pas terrible pour les grands vins. Pour le champagne, je ne sais pas. Et donc, ça ne sera pas ça. Mais je ne peux pas vous dire, parce que c'est une surprise, on va lui offrir, bien sûr, une belle dégustation, avec un millésime qui, j'espère, lui fera chaud au cœur, et qui est un grand millésime.
Une sorte de diplomatie du vin, en quelque sorte ?
Vous savez, les liens entre Bordeaux et l'Angleterre ont toujours été extrêmement étroits. Je dirais presque encore plus étroits qu'entre France et Angleterre. C'est un peu « je t'aime, moi non plus, parfois ». Là, les Bordelais ont toujours énormément bénéficié de l'Angleterre, qui fait maintenant des sparkling pas mal, mais qui, en rouge, aime les Bordeaux.
Sparkling, c'est les vins pétillants. Qui aiment bien les Bordeaux, effectivement.
On n'a pas le droit de dire champagne, je crois. Ils se protègent.
Florence Catiar, copropriétaire du Grand Cru, classé Smith-Olafite, qui va recevoir la visite du roi Charles aujourd'hui. Merci de nous avoir répondu sur France Inter, et bonne royale journée à vous. Merci.
Et croisez les doigts pour nous, parce que, normalement, le soleil doit apparaître quand il vient.
On croise les doigts, merci à toutes les deux. Sous-titrage Société Radio-Canada
Sous-titrage Société Radio-Canada