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Podcast / conversationLe Crayon· 21 novembre 2024 26 minComplaisantActualité / polémiqueSolidarités & familleÉducation & rechercheNumérique

Il a fait subir du harcèlement, il a été harcelé… Ils se rencontrent.

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:48OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça vous va si je vous donne des affirmations et que vous levez la main si vous êtes concerné ?

  • 1:55OuverteRéponse directe

    J'ai fait subir du harcèlement scolaire.

  • 2:37OuverteRéponse directe

    C'est des témoignages que t'as déjà entendus, ça ?

  • 3:51OuverteRéponse directe

    Et donc, Valentin, tu as aussi subi du harcèlement.

  • 5:10OuverteRéponse directe

    On va en parler justement de ça.

  • 6:43OuverteÉludée

    « Je savais ce qu'était le harcèlement. »

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00PrésentateurChiffre
    « 20. C'est le nombre d'enfants qui en moyenne se suicident chaque année des causes du harcèlement scolaire qu'ils subissent. »
  • 1:58InvitéFait
    « J'ai fait subir du harcèlement, je vais dire de la sixième jusqu'à la quatrième. »
  • 3:57InvitéFait
    « J'ai subi du harcèlement scolaire en troisième prépa professionnel. »
  • 4:05InvitéFait
    « Je suis dyslexique et dysorthographique. »
  • 4:39InvitéFait
    « Et moi, j'ai répondu, j'ai vu mon copain. Et à partir de ce moment-là, ça a posé problème avec des insultes, des moqueries, parfois même des propositions à caractère sexuel. »
  • 5:15InvitéFait
    « C'est le fait que j'ai fini seul. »
  • 5:51InvitéFait
    « Exactement, où j'ai fait subir du harcèlement. »
  • 6:07InvitéFait
    « Qui ne mange pas le midi parce qu'il est demi-pensionnaire et qui ne sait pas avec qui manger. »
  • 6:48InvitéFait
    « Non, vous ne savez pas. Et on n'est pas vieux. Moi, j'ai 25 ans et le mot n'existait pas. »
  • 6:57InvitéFait
    « Là, ce que je pouvais subir, moi, pour ma part, c'était simplement des chamariques. C'était normal. C'était l'âge qui faisait qu'on pouvait se permettre d'être méchant entre nous. »
  • 9:09InvitéFait
    « Moi aussi, j'ai porté plainte. J'ai déjà fait une main courante. J'ai porté plainte. Malheureusement, je n'ai eu aucun retour, même pas un document qui m'a stipulé que ma plainte avait été classée sans suite. »
  • 10:09InvitéFait
    « Une qui m'en a énormément voulu, mais qui a fait complètement le deuil de cette situation et ça m'a permis de m'excuser. »
  • 18:33InvitéFait
    « Mes parents n'étaient pas armés pour pouvoir m'aider là-dessus. »
  • 18:59InvitéFait
    « Les parents, je pense sincèrement, peut-être même les professeurs, les adultes, ne sont pas forcément armés. »
  • 22:23InvitéFait
    « Parce que j'ai été bourreau que je me voyais mal me plaindre en tant que victime, donc j'avais pas honte de ce que je subissais mais honte de qui j'avais été. »

Temps de parole

  • Invité54 %
  • Invité 236 %
  • Présentateur10 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

20. C'est le nombre d'enfants qui en moyenne se suicident chaque année des causes du harcèlement scolaire qu'ils subissent. Alors cette année, comme l'année dernière, on avait envie de faire une émission sur le sujet dans ce mois de novembre qui est consacrée au harcèlement scolaire. Et pour l'occasion, le ministère de l'éducation nationale nous a proposé d'aller à la Sorbonne, dans l'un des plus beaux amphithéâtres d'Europe, pour tourner notre émission. Dans les débats qu'on organise, vous ne voyez pas d'habitude, mais là, difficile de se cacher devant un public de 600 personnes, des élèves, des parents et des professeurs.

Alors c'est jamais facile de venir témoigner devant 600 personnes et devant une communauté aussi importante que la nôtre. Mais que ce soit auprès de la personne qui a été harcelée ou celle qui a fait subir du harcèlement, je vous demanderai s'il vous plaît de rester courtois envers eux dans les commentaires. Bonne vidéo. Bonjour à tous. Donc moi, je m'appelle Antonin Marin. Je suis le rédacteur en chef du média Le Crayon. Vous l'avez compris. Donc nous, on organise des débats en ligne. Donc d'habitude, on tourne dans un studio. Là, on a pu reproduire notre studio et je suis trop content. On a ramené nos plantes. On a un peu galéré. On a ramené toute une étagère. On est trop content.

C'est trop bien. Nous, ce qu'on aime faire au Crayon, c'est réunir parce qu'on est persuadé que c'est par le dialogue et les échanges profonds qu'on peut apaiser la société. Et aujourd'hui, on a voulu réunir deux profils qui ont un rapport particulier au harcèlement. Valentin et Elian. Je vais laisser vous présenter.

1:06
Invité

Donc bonjour à tous. Je m'appelle Valentin Vitti. J'ai 25 ans. Je suis créateur de contenu. Influenceur. Appuyez ça comme vous voulez. Et je parraine depuis deux ans et demi un manga qui s'appelle Les combats invisibles, que je n'ai pas pris. Juste pour le montrer, c'est le moment promo. Qui s'appelle Les combats invisibles. Il y a le deuxième tome qui est sorti le 31 octobre, qui est parrainé Paris Enfance et le 3018, qui est le numéro d'appel d'urgence pour les personnes harcelées ou si vous êtes juste témoin ou vous voulez avoir des renseignements et qui vient à combattre le harcèlement et aussi particulièrement le cyberharcèlement. Bonjour à tous. Moi, c'est Elian Poitier.

J'ai 22 ans et je suis co-président de l'association Faire Face qui lutte contre le harcèlement. A l'école, en intervenant partout en France.

1:43
Présentateur

Merci beaucoup. Donc, pour cet échange, ce qu'on va faire, c'est que je vais vous donner des affirmations. L'idée, c'est que si vous êtes concerné par cette affirmation, vous levez la main et après, vous pouvez échanger sur cette affirmation. Est-ce que ça vous va ? Très bien. Super. J'ai fait subir du harcèlement scolaire.

1:58
Invité

Oui, donc du coup, effectivement, c'était notamment Justine Atlan qui m'a dit hier que le mot harceleur, c'était pas une catégorie, que c'était pas quelque chose qui était agréable à dire pour quelqu'un. Mais j'ai fait subir du harcèlement, je vais dire de la sixième jusqu'à la quatrième. Je prends une durée assez large, même si c'est évidemment pas tous les jours. C'est pas une vocation d'être harceleur. On se lève pas le matin en disant tiens, je vais harceler des gens. C'est quelque chose dont j'ai pris conscience avec le temps. Et je pense que beaucoup de gens, de plus en plus, prennent conscience.

D'ailleurs, au fil de mes témoignages, beaucoup d'amis ou de connaissances, ou même dans mes messages privés, beaucoup de personnes prennent conscience qu'à un moment donné, ils ont pu harceler. Et donc, effectivement, j'ai fait subir du harcèlement au collège. Voilà.

2:37
Présentateur

C'est des témoignages que t'as déjà entendus, ça ?

2:40
Invité

Non, pour être honnête, c'est une première. Généralement, les anciennes personnes qui ont harcelé une victime se cachent souvent, ne sont pas forcément à l'aise avec ça, n'assument pas forcément. Et c'est intéressant d'avoir aussi son point de vue, son retour. Et je tiens juste à préciser quelque chose, c'est que mon témoignage ne regarde que moi, que je ne représente pas toutes les personnes qui ont pu harceler. C'est un témoignage qui est très, très personnel. Et donc, voilà, je prends la parole en mon nom et pas au nom de n'importe qui. Il y a des personnes qui sont certainement profondément malveillantes et qui le sont encore aujourd'hui.

Voilà, aujourd'hui, je suis ce qu'on appelle un repenti, qui cherche absolument une rédemption. Et aujourd'hui, le harcèlement est mon combat. Voilà, je tiens à le préciser.

3:16
Présentateur

C'est ce que tu racontes, ce qui est raconté dans le manga ?

3:19
Invité

Oui, exactement. Alors, je suis un personnage du manga Les combats invisibles, qui est disponible partout. Le tome 2 est sorti du coup le 31 octobre. Et en fait, on est plusieurs artistes, on est quatre. Il y aura quatre tomes et chaque artiste va parrainer un tome. Donc moi, je parraine le tome 2, justement, qui va justement prendre le point de vue d'un harceleur. Je suis un personnage du manga, un personnage secondaire, où je joue mon propre rôle et où, effectivement, je vais être une personne qui fait subir du harcèlement au départ et qui va très vite se rendre compte de ce qu'il fait subir, ce qui est plus ou moins la réalité. On aura l'occasion d'en parler au fil de l'entrevue.

Mais donc, effectivement, ça prend le point de vue d'un harceleur, ce qui peut être intéressant pour un manga. J'ai subi du harcèlement scolaire. J'ai subi du harcèlement scolaire en troisième prépa professionnel. Pour être honnête avec vous, je suis dyslexique et dysorthographique, donc du coup, c'était un peu compliqué de continuer mon apprentissage dans le général. Et je savais ce que je voulais faire plus tard. Du coup, je m'étais orienté en troisième prépa pro, sauf que la troisième prépa pro, elle est au lycée, contrairement à la troisième générale. Ce qui fait que j'ai dû changer d'établissement, aller trouver un lycée pro et donc un nouvel univers.

Et c'est à ce moment-là qu'en discutant avec mes camarades, j'ai commencé à subir du harcèlement. Une simple question, qu'est-ce que tu as fait ce week-end ? Et donc, certains répondaient, j'ai vu mon copain, j'ai vu ma copine, j'ai fait ceci, j'ai fait cela. Et moi, j'ai répondu, j'ai vu mon copain. Et à partir de ce moment-là, ça a posé problème avec des insultes, des moqueries, parfois même des propositions à caractère sexuel. Et c'était tous les jours. Et je ne savais pas que c'était du harcèlement à ce moment-là, parce qu'on n'a jamais parlé. Je n'ai jamais eu la chance d'avoir une intervention.

Il y a 6-7 ans dans ma classe, il y avait une simple affiche avec le numéro 30-20, mais on ne m'avait jamais expliqué comment ça allait être traité, qu'est-ce qui pouvait répondre à ce numéro. Donc pour moi, je pensais simplement que c'était des chamailleries et que ça allait passer.

5:07
Présentateur

On va en parler justement de ça. Et donc, Valentin, tu as aussi subi du harcèlement.

5:12
Invité

Exactement. Et pour une raison, si on peut appeler ça une raison toute bête, c'est le fait que j'ai fini seul. Concrètement, pour raconter un peu l'histoire, quand je suis arrivé au 6e, déjà, j'ai trouvé la transition entre la primaire et le collège très violente. On passe vraiment du tout au tout. Et c'était quelque chose où je n'étais pas armé pour arriver au collège. Et du coup, très vite, je me suis lié dans un groupe, persuadé que j'avais un dilemme social qui était de subir ou de faire subir. Et bêtement, j'ai fait le choix de faire subir pensant qu'il n'y avait pas une autre alternative. Et quand je suis arrivé, du coup, j'ai suivi ce petit groupe de la 6e jusqu'à la 4e.

Et je suis arrivé en 3e. Donc, c'est là où tu as harcelé. Du coup, c'est la période que tu racontes, c'est la période où tu as harcelé. Exactement, où j'ai fait subir du harcèlement. Et après, en 3e, où j'ai été victime de harcèlement, puisque tout simplement, je suis arrivé dans une classe où je ne connaissais personne, où on va dire le populaire du groupe avait complètement déménagé. Et en fait, je me suis retrouvé d'être le membre d'un groupe, à être celui qui est aux toilettes lors des récréations, qui ne mange pas le midi parce qu'il est demi-pensionnaire et qui ne sait pas avec qui manger. J'ai vécu ce truc-là.

J'en parle très peu parce que quand on dit qu'on a fait subir du harcèlement et puis qu'on a été harcelé après, il y a beaucoup de personnes qui parlent que je l'ai bien mérité, ce genre de choses. Et moi, déjà, à ce moment-là, j'avais conscience de ce que j'avais pu faire subir et je me contentais totalement de ce que je subissais. Et je rejoins un peu Elian sur ce qu'il a dit, c'est qu'on est de la même génération. Le mot harcèlement, je suis arrivé au collège, c'était en 2011. Le mot harcèlement n'était pas du tout dit. La première fois que j'ai entendu parler de harcèlement de toute ma vie, c'était en cours d'anglais. Au lycée, on avait un cours sur le harcèlement en anglais.

Alors qu'en français, on n'en avait pas. Justement, l'affirmation suivante, c'est

6:44
Présentateur

« Je savais ce qu'était le harcèlement. »

6:48
Invité

Non, vous ne savez pas. Et on n'est pas vieux. Moi, j'ai 25 ans et le mot n'existait pas. Pour moi, le harcèlement, c'était quelque chose où on allait en prison. C'était un truc... Là, ce que je pouvais subir, moi, pour ma part, c'était simplement des chamariques. C'était normal. C'était l'âge qui faisait qu'on pouvait se permettre d'être méchant entre nous, de s'insulter et d'être méchant, tout simplement. Et il y a une autre émergence qu'on a connue, c'est les réseaux sociaux. Moi, pour ma part, c'est vrai que j'étais énormément sur les réseaux sociaux parce que c'était l'émergence, notamment de Facebook. Là, on est en 2011, à ce moment-là. C'était vraiment l'émergence.

J'avais quand même la lucidité d'avoir créé un compte sur Facebook avec un faux prénom et un faux nom, quand même. Et le mot cyberharcèlement existait encore moins. Et pourtant, il existait déjà, mais c'est venu avec le temps. Mais évidemment, je précise aussi quelque chose, c'est que j'avais totalement conscience que ce que je faisais était mauvais. Surtout pour l'anecdote que j'ai un frère jumeau qui a suivi exactement le même cursus que moi, qui était dans le même collège. Après au lycée, on n'était plus dans les mêmes. Mais je l'ai vu subir. Et ça rejoint un peu ça.

C'est que mon frère est homosexuel et qu'il a subi des insultes homophobes, malgré lui, à une époque où il n'était même pas conscient de qui il était. Et très vite, je suis devenu le frère du PDE. On en parlait tout à l'heure. Et donc, j'ai pris conscience que ce que je faisais était vraiment mauvais parce que mon frère le subissait à son tour. Et voilà. Donc, j'avais conscience bien après coup que c'était mauvais. Et seulement des années après que ça s'appelait du harcèlement. « Je me considère comme une victime ». Avant. Maintenant, je vais très bien.

Mais c'est compliqué de se considérer comme autre chose qu'une victime quand on subit tous les jours, toutes les heures, dans la classe, dans la cour de récréation, dans les toilettes. Et même sur les réseaux sociaux. On a parlé des réseaux sociaux. Mais en fait, c'est la continuité du harcèlement à l'école, tout simplement. C'est compliqué de ne pas se considérer comme victime parce qu'au final, déjà, on se remet en question. Avant de se dire « On est une victime » et de se dire « Ouais, ouais, c'est pas moi le problème ». Au final, on se remet en question. On se dit « C'est peut-être de notre faute. C'est peut-être nous qui… » « Peut-être que c'est notre orientation sexuelle le problème.

» Alors qu'au final, évidemment que non. Mais à force d'entendre tous ces commentaires, tous ces messages haineux, on ne peut que se remettre en question. Aujourd'hui, je sais que j'ai été victime de harcèlement. Et je rejoins Nathan tout à l'heure qui a parlé de la plainte et qui a été classé sans suite. Moi aussi, j'ai porté plainte. J'ai déjà fait une main courante. J'ai porté plainte. Malheureusement, je n'ai eu aucun retour, même pas un document qui m'a stipulé que ma plainte avait été classée sans suite. Et je trouve que c'est tellement important. Aujourd'hui, 7 ans après, je ne demande pas à ce que mes harcèleurs soient punis. J'ai tourné la page et je ne veux pas y retourner.

Je ne veux pas retourner en arrière. En revanche, ne serait-ce que juste avoir un retour, être reconnu comme victime, ça fait un bien fou parce qu'au final, on se dit que ce n'était pas vraiment nous le problème. Officiellement, l'État vous dit, la justice vous dit que ce n'est pas vous le problème. Et ça fait du bien de l'entendre aussi des fois. J'en veux encore à ceux qui m'ont harcelé. Moi, non. Je sais que des gens m'en volent. Je ne sais pas si on avait prévu de l'évoquer, mais j'ai tenté de prendre contact avec plusieurs personnes quand je me suis rendu compte que je les avais harcelés. Pour moi, c'était important dans ce besoin, si ce n'est ce devoir de rédemption.

Deux personnes m'ont répondu. Une qui m'en a énormément voulu, mais qui a fait complètement le deuil de cette situation et ça m'a permis de m'excuser. Et une autre, et je trouvais ça très intéressant, qui n'a pas du tout vécu de la même manière ce que j'ai pu faire. Et je trouvais ça intéressant d'avoir les deux points de vue. Dans les deux cas, j'ai eu besoin de m'excuser. Et je suis content aujourd'hui que ce soit, je peux dire, une personne, parce que c'est la seule avec qui j'ai réussi à rentrer en contact, qui a réussi complètement à se reconstruire. Et pour moi, c'était vraiment important d'aller m'excuser. S'ils m'en veulent, je ne sais pas.

Mais en tout cas, je suis infiniment désolé de ce que j'ai pu faire. Et mon combat aujourd'hui, c'est celui du harcèlement. Et je veux aussi prouver que j'ai beau avoir fait du mal, aujourd'hui, j'ai conscientisé, j'étais un enfant, j'étais vraiment paumé. Et pour moi, c'est important de me battre contre ça aujourd'hui.

10:44
Présentateur

Ce n'était pas dur d'aller s'excuser ?

10:45
Invité

Non, ce n'était pas dur du tout. Franchement, je n'ai aucun mal d'un point de vue d'orgueil ou compagnie sur quelque chose qui prend aujourd'hui autant de place dans nos sociétés. Je n'avais aucun problème à aller m'excuser. C'était vraiment un besoin. Et je parle souvent de ce devoir de rédemption. C'est passé par les excuses, puis c'est passé après par en parler sur les réseaux sociaux. J'ai fait énormément de fictions, de courts-métrages pour parler du harcèlement. Et aujourd'hui, je prends la parole justement parce que ce manga existe. Et je crois qu'aucun autre projet m'aurait fait prendre la parole aujourd'hui. J'ai conscience du risque que je prends de parler aujourd'hui.

Et d'ailleurs, pour la petite anecdote, parce que je parle du fait que j'ai fait subir du harcèlement, je subis du cyber-harcèlement. Et voilà. En vrai, il n'y a pas trop de morale là-dessus, mais je trouve ça aussi assez intéressant. Et moi, de mon côté, je n'ai plus besoin, enfin, je n'ai plus envie de... Déjà, je n'ai jamais eu d'excuses de mes harcèleurs. Je n'ai pas forcément envie d'en avoir aujourd'hui parce qu'encore une fois, je suis passé à autre chose. Le but aujourd'hui, c'est d'aller de l'avant et de tourner la page et de pouvoir, en faisant des interventions, aider ceux qui sont aujourd'hui victimes d'harcèlement.

En revanche, pour la petite info, il y a quelques mois, j'ai reçu un message, un mail d'une ancienne camarade de classe qui était présente dans ma classe lorsque j'étais victime d'harcèlement et qui m'a félicité pour ce que je faisais actuellement dans la lutte contre le harcèlement et qui m'a dit quelle évolution. Sauf que cette personne était présente lorsque j'étais victime d'harcèlement et elle n'a jamais rien fait. Donc, je ne lui ai jamais répondu parce qu'au final, ça ne se croit rien. Tu la considères comme une personne qui t'a harcelé aussi au même titre ?

Je la considère comme une personne qui m'a harcelé indirectement également parce qu'elle était présente, elle était là, elle voyait, elle entendait, elle n'a jamais rien fait. Donc, au final, c'est trop facile de féliciter les autres des années après.

12:24
Présentateur

Je me suis déjà moqué de quelqu'un.

12:28
Invité

Sans passer par le harcèlement, évidemment, je pense qu'on se moque tous plus ou moins indirectement ou directement de quelqu'un, même aujourd'hui, et surtout de par les réseaux sociaux. Ça peut être une simple pensée, ça peut être verbalisé dans un groupe privé parce qu'on est face à quelque chose. Par contre, quand c'est par commentaire, c'est là que ça peut devenir du harcèlement, évidemment, mais je pense qu'on s'est tous moqués de quelqu'un ou de quelque chose. J'ai envie de dire, je ne sais pas si on peut demander à la salle de lever la main s'ils sont d'accord avec moi ou pas. Vous pouvez ne pas être d'accord. Je peux me prendre un gros vent, il n'y a pas de souci.

Mais est-ce qu'on n'a pas tous été indirectement harceleurs, au final ? Est-ce qu'on n'a pas tous été indirectement moqués de quelqu'un un jour ? Sans le savoir, mais au final, cette personne, elle a peut-être été blessée et au final... Levez la main si vous êtes d'accord avec ça. Moi, je pense qu'au final, on s'est tous déjà, ne serait-ce qu'une seule fois...

13:15
Présentateur

Une belle brochette de harceleurs, effectivement.

13:17
Invité

Ne serait-ce qu'une seule fois moqués de quelqu'un et au final, ça peut être interprété comme du harcèlement si c'est plusieurs fois.

13:23
Présentateur

Ça fait réagir. Le but de cette affirmation, c'était de montrer qu'effectivement, il y a la moquerie, il y a le harcèlement et c'est des choses bien distinctes. Attends, est-ce qu'il se passe quelque chose ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Non. On peut reprendre. On ne peut pas signer. Ah, il y a des questions ? Oui, baisser les mains. Si on a un peu de temps, on vous fera intervenir après si vous avez des questions.

13:45
Invité

Mais je vais juste rebondir là-dessus. C'est précisément parce que moi, j'ai conscientisé les raisons peut-être pour lesquelles les personnes lèvent la main et parce que je me suis rendu compte que c'était très présent dans ma vie étudiante. Mais moi, ça arrivait très tard, précisément parce que le mot n'existe pas et je trouve ça génial que certaines personnes arrivent aujourd'hui à prendre conscience de ce qu'ils ont pu faire subir, pas forcément sur le long terme. Ce n'est pas du tout accusateur ce qu'on dit évidemment, mais surtout de ma part.

Mais c'est juste qu'à un certain moment donné, on a plus ou moins tous embêté quelqu'un, moqué, et c'est quand ça devient redondant que là, ça peut devenir grave. Et dans le harcèlement, il y a l'émetteur mais aussi la manière dont on reçoit les choses. Je disais juste avant que j'ai contacté deux personnes et parmi ces deux personnes, il y en a une qui a dit « Ok, chill, aucun problème. » Et une autre qui a vraiment vécu ça très mal et ça montre que c'est aussi un... ça dépend des sensibilités de chacun et compagnie. Et voilà. J'ai confiance en moi. Actuellement ?

14:38
Présentateur

Alors, c'est à reprendre au passé et actuellement.

14:43
Invité

Alors, j'ai confiance en moi, perso, aujourd'hui, aujourd'hui, oui. Avant, non, encore une fois. Et de par le témoignage que j'ai pu vous faire tout à l'heure, quand, encore une fois, on reçoit tout ça, ces insultes, ces moqueries tous les jours, on ne peut que se remettre en question et se dire le simple fait dans tous les cas de se remettre en question, c'est qu'on n'a pas forcément confiance en soi. Et donc voilà, dès l'instant que j'ai réussi à passer, à tourner la page et aller de l'avant en faisant des interventions, j'ai réussi à reprendre confiance en moi. J'ai envie de dire que faire des interventions, en fait, c'est mon médicament.

Il y en a qui ont parlé de faire du sport pour aller mieux, de faire de l'art, de faire plein d'autres choses pour aller mieux. Et moi, mon médicament, ça a été de faire des interventions, de parler de mon témoignage et d'aller de l'avant, en fait. Et pour ma part, je n'avais pas confiance en moi de tout le collège, je n'avais pas confiance en moi après, j'ai très peu confiance en moi aujourd'hui. Je ne sais pas si c'est directement lié au fait que j'ai été aussi victime de harcèlement. J'étais très moqué pour plein de raisons. J'étais quelqu'un qui avait de la pilosité très tôt, ça se voit, il paraît. Et j'étais très moqué pour ça et le fait que j'étais aussi très fin.

Mais je pense que je l'étais déjà avant, je pense que je le suis aujourd'hui pour plein de raisons. Je pense que les réseaux sociaux aussi sont très coupables de ça, du fait que je sois créateur de contenu, que le moindre détail de ta peau, de ton visage et de ton corps est relevé. Mais voilà, en tout cas, je n'ai pas l'impression que le fait que j'étais harcelé ou le fait que j'ai pu faire subir du harcèlement ait impacté cette confiance en moi.

16:03
Présentateur

À l'école, j'étais populaire.

16:08
Invité

Je semi-lève la main. Ça veut dire quoi, populaire ? On connaissait mon nom. Je ne sais pas vraiment comment dire ça. Mais en fait, au collège, tu as dit ?

16:16
Présentateur

À l'école.

16:16
Invité

À l'école, oui, voilà. À l'école, collège, lycée. Oui, moi, je pense surtout à ma première partie du lycée. J'en ai fait quatre, pour être honnête. Et j'avais un premier lycée où, effectivement, on avait un petit groupe où, pour le coup, quand j'ai quitté le collège, et je trouve ça aussi intéressant d'en parler, c'est que, vu que j'ai été en troisième victime de harcèlement, quand je suis arrivé au lycée, je me suis dit c'est reparti, on prend les mêmes, on recommence. Sauf que je suis arrivé dans un lycée professionnel où vraiment je ne connaissais personne. La récré est arrivée, je me suis tout seul isolé dans un coin.

Et puis, en fait, c'est là que tu te rends compte que quand tu arrives à 15-16 ans, il y a une maturité qui rentre en jeu et des gens sont venus me tendre la main, ça va, machin, et j'ai passé les meilleures années de ma vie. Mais c'est vrai que je faisais partie d'un petit groupe de popularité, maintenant je ne suis pas sûr que c'est une grande incidence sur le harcèlement ou non.

16:58
Présentateur

quand j'ai été harcelé, j'ai reçu de l'aide.

17:01
Invité

De l'aide ?

17:02
Présentateur

Ouais, de l'aide.

17:03
Invité

De mes parents uniquement. Malheureusement, lorsque j'étais harcelé dans la classe avec de simples moqueries qui se voyaient dans certains cours, donc à destination de certains profs, ils ne faisaient pas grand-chose. La seule réaction que j'ai pu avoir de mon professeur de maths, c'est chute maintenant, taisez-vous. Pareil dans les toilettes, un jour, on m'a ouvert la porte avec, vous savez, les verrous blancs et rouges qu'on peut déverrouiller juste avec le pouce. On m'a filmé son snap et on m'a balancé de l'eau des boulettes de papier. Il y avait un surveillant aussi. Personne n'a rien fait. Ça se passait aussi dans les rangs pour aller à la cantine.

Il y avait une surveillante qui était là. Personne n'a rien fait. Les seules personnes qui ont pu faire quelque chose et qui m'ont aidé, c'est mes parents. Et je pense qu'ils m'ont aidé aussi psychologiquement à me reconstruire et à aller de l'avant parce que malheureusement, l'établissement dans lequel j'étais n'a rien fait. Moi, ça rejoint ce que j'ai dit tout à l'heure. C'est parce que je me contentais de ce que je subissais. Il faut dire que j'étais dans un collège où il y avait énormément de personnes qui subissaient du harcèlement.

Et c'est pour ça que tout à l'heure je parlais de ce dilemme social parce que quand tu arrives, tes enfants, quand tu n'as fait aucune prévention sur le harcèlement, tu arrives face à tout ça. Tu te dis mais en fait, c'est l'un ou l'autre. Et parce que je me contentais de mon harcèlement que je subissais, je n'en ai pas parlé à mes parents. D'ailleurs, mes parents ne le savent que parce que je prends la parole depuis deux ans pour ce combat-là. Et ce qui est drôle, c'est que quand ils le savent maintenant, j'ai l'impression qu'ils l'ont toujours su. Pas le fait que j'ai été harceleur, mais le fait que je l'ai subi.

Et je pense que mes parents n'étaient pas armés pour pouvoir m'aider là-dessus. Donc je ne leur veux pas, même aux personnes qui ne m'ont pas aidé à un certain moment donné parce que je m'en contentais. Mais je pense qu'aujourd'hui, certainement de plus en plus, ça doit être générationnel. Mais surtout quand on parle des réseaux sociaux, je pense qu'il y a une grande partie des parents qui se sentent complètement désarmés. Ma mère, elle ne sait même pas ce que c'est Facebook. Ou alors si, mais que Dieu m'en garde qu'elle ne le découvre jamais. Mais aujourd'hui, les parents, je pense sincèrement, peut-être même les professeurs, les adultes, ne sont pas forcément armés.

Je parle principalement du cyberharcèlement, mais il faut dire que moi, c'est surtout ça que ça a concerné. Ne sont pas armés à connaître, à savoir comment ça fonctionne. Et je pense notamment à Samuel Combley, qui est directeur adjoint de l'enfance et directeur du 3018 qui m'a dit quelque chose de très intéressant. C'est que quand on est autour de la table le soir et qu'on dit à nos enfants comment ça s'est passé la journée, qu'est-ce que tu as fait à l'école ? On ne dit pas comment ça s'est passé sur les réseaux sociaux.

Le virtuel est souvent plus dangereux que le réel et pourtant, on se penche uniquement sur le réel parce que c'est factuel, parce que c'est palpable, alors que le virtuel est un peu abstrait. Et c'est intéressant que les adultes aussi aient cette discussion avec les enfants. Mais à cette époque, il n'y avait sûrement pas assez d'armes. Ils me disent vous êtes marrant, demandez à un jeune au dîner si ça s'est bien passé sa journée, il va juste vous répondre bah ouais, ok.

Alors que je pense que c'est hyper important en plus de pouvoir développer ça parce qu'au final, même s'il vous répond juste ouais, demain peut-être qu'il vous dira autre chose, peut-être qu'il commencera à se confier et peut-être qu'il pourra vous montrer des signaux faibles de situation d'artement.

20:07
Présentateur

Tu dirais qu'il faut laisser l'adolescent parler ou il faut justement poser des questions, creuser ?

20:13
Invité

Je pense qu'une simple phrase comment ça s'est passé à l'école, qu'est-ce que t'as fait aujourd'hui ? Même s'il vous répond juste oui ou ouais, enfin bref, c'est déjà un début, c'est mieux que rien. Demain, vous lui reposez la question, peut-être qu'il ira un peu plus loin, peut-être qu'au fur et à mesure du temps, il se confiera à vous et en tant que parent, on a aussi des petits, voilà, quelque chose qui peut nous laisser penser qu'il y a un problème chez notre enfant de par des signaux faibles, il mange peu, il mange moins, il est souvent absent, c'est notre chute, enfin, quand il y a un doute, il n'y a pas de doute en tant que parent, je pense.

Et j'aimerais juste rebondir sur quelque chose, c'est qu'il y a aussi peut-être changé de méthode aussi, moi je pense notamment où j'ai vécu, c'était en troisième, une colonie de vacances où mon frère et moi on avait été énormément harcelés, c'était un truc qui était très violent pour nous, on se faisait même harceler par les animateurs et je me souviens un jour où mon frère il a piqué une crise où il est vraiment parti en sanglots et t'as des gens qui ont essayé du temps de la main et lui il a fait non lâchez-moi vraiment en criant et en fait la méthode dans ce moment-là c'était de laisser se calmer et après d'aller vers lui parce qu'on a tendance à dire oui mais il veut pas d'aide ou je lui tends la main il en veut pas mais peut-être il y a aller progressivement il y a aller petit à petit pas forcément aller confrotter bonjour est-ce que tu as harcelé il y a des manières un petit peu plus subtiles et peut-être et Nathan le disait tout à l'heure ou Sylvain je me souviens plus mais c'est aussi un jeu de patience et je pense que c'est important de prendre le temps aussi d'aider et de pas se dire j'ai essayé une fois c'est bon je me donne complètement de ce qui se passe parce que j'ai déjà essayé d'où le rôle hyper important des témoins les témoins qui peuvent jouer un rôle hyper important d'agir que ça soit directement ou indirectement c'est-à-dire en allant voir la victime en l'incorporant dans les groupes de sport à la cantine pour pas que cette personne soit seule ou en allant agir directement en signalant cette situation à un adulte de confiance ou au 30-18 ou à ses parents mais dans l'adulte de confiance il y a un prof il y a un surveillant il y a le principal mais il y a aussi les personnels de cantine de ménage les AESH qui sont au sein des classes et je trouve que c'est hyper important de ne serait-ce une seule personne cibler une seule personne en qui on peut avoir confiance même si c'est une infirmière même si c'est une psychologue une assistante sociale peu importe du moment qu'on a confiance en cette personne c'est le principal

22:17
Présentateur

j'avais honte d'en parler

22:19
Invité

oui moi je pense que je l'ai un peu dit c'est précisément parce que j'ai été bourreau que je me voyais mal me plaindre en tant que victime donc j'avais pas honte de ce que je subissais mais honte de qui j'avais été et encore aujourd'hui j'en ai extrêmement honte donc par honte j'entends ce truc là qui est peut-être un peu original mais j'ai eu honte d'avoir été bourreau plus que victime et aujourd'hui c'est un vrai travail sur moi-même que d'apprendre à en parler qui plus est devant autant de gens que ce soit dans les médias surtout dans cette journée de lutte contre le harcèlement scolaire moi j'avais honte d'en parler surtout à mes parents parce qu'à un moment donné quand j'ai su que c'était du harcèlement et que voilà ça s'arrêtait pas et qu'il fallait en parler je me suis dit non non s'il faut que j'en parle en plus à mes parents ça va être fou tout le monde va être au courant on va me traiter de poucaf de balance on va me dire mais en fait tu sais pas te défendre tout seul ça va être pire donc j'avais évidemment honte de...

enfin voilà honte tout simplement et j'ai pas souhaité en parler et c'est ma mère après qui m'a dit un jour quand j'ai prétexté un mal de tête à la maison qui m'a dit il se passe quelque chose à l'école il faut que tu m'en parles

23:23
Présentateur

j'ai du jugement pour la personne en face de moi

23:25
Invité

je l'aurais un peu mal pris là quand même aucun jugement parce qu'au final de par certaines choses négatives qu'il a pu faire auparavant aujourd'hui il se sert de cette mauvaise expérience pour faire quelque chose de positif donc au final non j'ai aucun aucun avis négatif là dessus et moi ce serait très mal venu de dire que oui et je vais même aller plus loin en brisant la glace c'est que Elian et moi dans la vie on est très amis et ça facilite le dialogue et ça prouve que que c'est possible entre guillemets et voilà

23:57
Présentateur

à l'époque je n'avais pas d'amis

23:59
Invité

non moi j'ai eu quand même deux personnes qui m'ont suivi même si même si c'était compliqué à ce moment là deux personnes qui ont essayé de m'aider mais mais c'était deux personnes suffisamment importantes pour moi pour pour je pour vouloir rester dans cet établissement malheureusement j'ai pas pu rester dans cet établissement

24:18
Présentateur

et eux voyaient que tu subissais du harcèlement

24:21
Invité

ils ont vu que je subissais du harcèlement ils m'ont aussi aidé ils ont essayé de m'aider en signalant à l'administration en signalant aux adultes mais bon ils n'ont rien fait et pour ma part non j'avais effectivement ce groupe en troisième effectivement j'avais enfin je dis ce groupe si tant est même que je puisse les considérer comme des amis même à ce moment là dans le sens où c'était des gens que je voyais que à l'école jamais on se voyait en dehors voilà c'était vraiment que dans la cour de récréation et en troisième effectivement j'étais plutôt seul moi j'aimerais juste rajouter quelque chose c'est que parce que j'ai fait subir du harcèlement encore une fois je parle que en mon nom j'ai énormément souffert d'un point de vue familial d'un point de vue je vous ai dit que j'étais en manque de confiance totale et je pense qu'il y a une grande partie aujourd'hui des personnes qui font subir du harcèlement qui ont aussi besoin de parler encore une fois je parle pas des personnes qui sont profondément malveillantes mais il faut culpabiliser évidemment une personne qui est coupable mais je pense que c'est important aussi plutôt que de dire pourquoi tu harcèles mais de savoir qu'est-ce qu'il aurait fallu qu'on fasse pour que tu ne harcèles pas et je trouve ça important aussi d'avoir ce dialogue aussi avec les personnes présumées harceleurs comme j'ai pu être tu as tout à fait raison parce que si on parle d'accompagnement pour la victime il faut aussi parler d'accompagnement pour le harceleur si le harceleur il émet cette violence et qu'il y a une souffrance aussi derrière bien que ça soit pas la priorité parce que c'est la victime la priorité le harceleur a aussi besoin d'une prise en charge pour aller mieux et pour arrêter tout simplement parce que sinon on fait quoi on fait un conseil de discipline on le déplace dans un autre collège le harcèlement perdure mais envers d'autres personnes ça fait d'autres victimes peut-être effectivement il y a plein de solutions mais elles sont pas toutes bonnes et voilà

25:50
Présentateur

que vous soyez élève parent ou ancien élève on espère que cette vidéo a pu vous faire réfléchir pensez bien à vous abonner et activer la petite cloche pour être notifié lorsqu'une prochaine vidéo sortira d'ici là je vous dis salut