Marie Lebec - Le Barbier du matin du 26/11/24
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Marie Lebec, bonjour, bienvenue députée de la quatrième circonscription des Yvelines, la benjamine de l'Assemblée en 2017, mais 2017 il s'en est passé des choses depuis. Allez, la nouvelle du jour, on s'en doutait, c'est confirmé, Anne Hidalgo ne se représentera pas en 2026 pour un nouveau mandat à la mairie de Paris. Qui sera votre candidat ou votre candidate ? C'est Rachida Dati la candidate de la majorité ?
Rien n'a été décidé, arbitré en ce qui concerne les candidatures aux élections municipales. Il va y avoir un congrès, un nouveau secrétaire général pour le parti. Je pense que ce sera à lui ensuite de déterminer quelle est la bonne stratégie aux élections municipales. En tout cas, on a par le passé parfois présenté des candidats propres dans certaines villes, parfois été dans des alliances.
Ça n'a pas toujours fonctionné ? Ce n'est pas le point fort les villes de votre parti ?
En tout cas, c'est sûr que l'ancrage territorial, ça prend du temps, ça demande de faire émerger des talents, des compétences, des profils. Parfois, ça nécessite aussi de négocier pour intégrer des alliances. On avait fait des premiers résultats. Il y a des résultats parfois qui ont été très performants. Je pense à une commune chez moi, oui, 32 000 habitants, qui a été remportée en 2020. Et puis parfois, ça a moins abouti. Mais en même temps, on a aussi appris de ces municipales passées. Donc, je pense qu'on sera plus performants.
Par des jeux d'alliances, c'est par les alliances qu'on y arrive.
Entre autres, pas que, mais oui, c'est sûr que les alliances, ça permet aussi d'inscrire des citoyens qui veulent s'engager pour leur commune et qu'ils perçoivent ce que c'est que l'action municipale. C'est très différent de l'action législative. Parfois, les députés sont un peu les référents en termes d'action politique pour les militants de Renaissance. En réalité, c'est autre chose de l'action municipale. Donc oui, c'est toujours utile, en tout cas, d'être dans des alliances.
Alors, les regards sont braqués sur l'Assemblée nationale parce qu'on attend une censure. Certains disent très vite, dans quelques jours, sur le budget de la Sécurité sociale. D'autres disent non plus tard, en décembre, sur le budget global. Vous y croyez à cette motion de censure qui ferait tomber le gouvernement ?
Je vois qu'en tout cas, Marine Le Pen, puisqu'il n'y a pas de surprise côté NFP, puisqu'ils déposent des censures à chaque fois qu'ils peuvent, en tout cas, nous fait un peu un espèce de psychodrame en ce moment pour nous dire que oui, elle va peut-être voter, mais qu'elle ne sait pas, qu'elle hésite. La menace s'aggrave quand même. Oui, la menace s'aggrave, bien sûr. Après, la réalité, c'est qu'ils ont voté beaucoup de choses avec le NFP à l'occasion des débats budgétaires. On ne voit pas vraiment une cohérence et une ligne qui se dégagent. Donc, on voit bien que la menace se renforce.
Nous, on fait le choix de la responsabilité, en tout cas, d'accompagner le plus possible le gouvernement Barnier, d'avoir une négociation intelligente qui soit à force de propositions. Donc, c'est notre position. C'est sûr que le positionnement des oppositions consiste plus à jouer avec le destin de la France et à jouer à pile ou face avec l'avenir de notre pays.
Vous avez été ministre des Relations avec le Parlement pendant un semestre. Comment fait-on de l'intérieur pour éviter une censure, pour négocier avec des groupes ?
Je pense qu'il faut, en tout cas, discuter avec l'ensemble des groupes politiques, voir éventuellement si, avec certains, il y a des voies de passage possibles. Je crois que ça, c'est fondamental pour un bon ministre des Relations avec le Parlement. C'est de partir du principe que, même s'il y a des oppositions qu'on combat politiquement, avec lesquelles il n'y a très peu, voire aucun rapprochement idéologique possible, de montrer qu'on est à l'écoute et aussi d'expliquer quel est son positionnement politique. Pourquoi on va adopter telle ou telle mesure ? Pourquoi on va s'opposer à telle mesure ? Je crois que c'est ça aussi la force du débat politique.
Souvent, on entend les débats à l'Assemblée, c'est trop long, mais parce que le débat permet à chacun de comprendre et d'identifier le positionnement de l'autre. Je vois qu'hier, Michel Barnier a lancé un cycle de consultation. Je pense que c'est une bonne démarche. Il y a clairement des parties avec lesquelles, probablement, un rapprochement ne sera pas possible. Mais je pense que c'est républicain de se mettre dans cette position d'écoute, d'attention à ce qu'est les forces politiques qui sont représentées à l'Assemblée nationale.
Par exemple, pour les demandes du Rassemblement national, c'est la baisse des tarifs d'électricité. Le gouvernement veut limiter cette baisse pour prendre un peu d'argent au passage. Elle dit non, il faut baisser l'électricité autant qu'il est possible. Vous pouvez lui concéder cela ?
Si on regarde, la réalité, c'est qu'il y a à peu près quatre grands chantiers dans ce budget. Il y a la question du coût du travail, la question des retraites, la question des collectivités et la question du coût de l'électricité. C'est très intéressant de constater que l'ensemble des groupes politiques ont fait des propositions pour moduler, pour modérer. Nous, on a fait le choix de batailler sur le coût du travail, de faire des contre-propositions au gouvernement pour essayer de dire, bien sûr qu'il faut avancer sur cette question de la baisse des dépenses et de l'augmentation des recettes, mais essayer de le faire intelligemment pour ne pas plonger le coût du travail.
Marine Le Pen a attendu que tous les groupes politiques sortent pour se dire, quel est l'objet politique que je vais pouvoir sortir du chapeau ? C'est le pouvoir d'achat classique. Voilà, c'est le pouvoir d'achat classique. En même temps, elle a dit, je ne veux rien qui touche au pouvoir d'achat des Français, c'est suffisamment vaste pour pouvoir se donner la mesure de censurer par la suite. Donc nous, en tout cas, on a fait ce choix de dire, oui, bien sûr, le budget est, comme avait dit Michel Barnier, pas 100% satisfaisant. Il y a des marges de progression.
Nous, on s'est positionnés sur le coût du travail, ce qui, je pensais, est à la fois une question de pouvoir d'achat et une question de compétitivité, d'attractivité de notre pays, et dire, on a proposé d'autres solutions, des alternatives. Donc je pense qu'avant de parler de ne pas augmenter, de baisse, etc., je pense que le RN pourrait se mettre au travail et faire des vraies propositions.
Le RN propose aussi de ne pas augmenter l'aide médicale d'État, de freiner le plus possible sur l'aide médicale d'État. C'est accessible pour vous et votre groupe ?
Moi, je crois que sur l'aide médicale d'État, on sait à la fois que le budget est quand même plutôt bien maîtrisé, il n'y a pas de dérapage budgétaire sur le sujet. L'enveloppe correspond à peu près chaque année à ce qui est voté et ce qui est nécessaire. On a aussi un très bon rapport de deux personnalités politiques qu'on ne peut pas accuser d'être des francs soutiens de la majorité. Moi, je ne suis pas opposé à ce qui est des évolutions. Après, je trouve qu'on en fait quelque chose d'un peu totémique en faisant croire aux Français que c'est l'objet principal de la dépense publique, alors qu'en réalité, il y a beaucoup d'autres postes de dépense sur lesquels on peut agir.
Je crois qu'il faut s'interroger sur l'ensemble de nos politiques publiques, sur l'efficience de ces politiques publiques. C'est à peu près un milliard l'aide médicale d'État. Encore une fois, il peut y avoir des rabots à la marge, des choses qu'on prenait en charge, qui sont moins prises en charge. Après, je constate aussi que beaucoup de professionnels de santé disent quand vous arrivez aux urgences avec un état sanitaire grave ou très dégradé, vous coûtez in fine plus cher que si vous êtes en charge. Mieux vous soignez vite.
Alors, les exigences de votre groupe, notamment préserver un coût du travail raisonnable. Il y a quand même eu beaucoup d'aide depuis ces temps sur les entreprises. Est-ce que le moment n'est pas venu de trier ? Et d'en terminer certaines ?
Tout d'abord, moi, je suis très favorable à cette politique qu'on a conduite depuis 7 ans parce qu'elle a permis in fine de faire drastiquement baisser le chômage, dans des proportions qu'on n'avait pas connues depuis très longtemps, de rendre le pays attractif aussi pour des investisseurs qui cherchent à s'implanter en Europe. Ça, c'est très important. Ça a permis aussi de relocaliser des entreprises qui avaient fait le choix d'aller produire ailleurs pour venir produire en France. Et pour moi, c'est une bataille qui est importante.
Ensuite, la deuxième chose, c'est, au fond, on avait, et je crois que c'est vraiment un vrai sujet, et on le voit aujourd'hui, le changement un peu psychologique des Français sur cette question, on avait retiré la peur de ne pas trouver de travail à la sortie de ses études ou si on perd son emploi. C'est fondamental. C'est ça qu'aujourd'hui, on a tendance à faire croire que c'est plus si important que ça et que ça n'a pas de conséquences. Moi, je le vois aujourd'hui dans ma circonscription, c'est majeur, cette avancée, en réalité. C'est, faites dire, mon enfant, il choisit ses études à la sortie de ses études, je sais qu'il va trouver un travail.
Parfois, il va avoir besoin d'un dispositif d'accompagnement, parfois, il va avoir besoin d'être un peu guidé au début de sa vie professionnelle, ou alors, je veux changer d'emploi et je n'ai pas cette inquiétude du lendemain.
Et c'est ça qui est menacé aujourd'hui ?
Moi, je crois que c'est fondamental. Déjà, ce qui est menacé, ça va être forcément les plus petits salaires, ceux sur lesquels, effectivement, on a fait beaucoup d'allègements de cotisations. Et pourtant, je crois que c'est très important de préserver cet emploi. C'est aussi parfois de l'emploi de service, de l'emploi industriel, de l'emploi où il y a déjà de la tension sur ces métiers-là. Ensuite, je crois qu'on veut, comme moi, je crois que c'est fondamental de préserver, au fond, ce qui permet aux entreprises de recruter facilement et de se dire, oui, en fait, ce que j'investis, j'investis pour la croissance, pour le développement de mon entreprise, plutôt que dans le coût du travail.
Donc, moi, je serai très attentive à ce qui va sortir de la négociation qu'on a entamée avec Michel Barnier sur ce sujet et Laurent Saint-Martin. On a fait beaucoup de contre-propositions. Je crois que c'est très important de le souligner parce qu'effectivement, vous avez raison, c'est une somme budgétaire qui est importante, l'allègement des exonérations. Mais nous avons fait des contre-propositions, à la fois sur les questions d'assurance chômage, de temps de travail supplémentaire, etc. On n'a pas totalement abouti.
Donc, on va regarder à la fois les négociations qui vont avoir lieu en commission mixte paritaire, les propositions que va pouvoir encore nous faire le gouvernement sur ce sujet-là pour se déterminer sur ce qu'on va faire. Gare à l'impôt de trop, le fameux mot du ministre de l'économie. Antoine Armand, ça reste votre mot d'ordre. Moi, je suis très sur la position du ministre de l'économie, effectivement. Je pense que c'est la position du groupe. Encore une fois, il y a des choses sur lesquelles on a fait des concessions, notamment sur les questions d'impôts sur le revenu. On est dans un moment budgétaire qui est critique.
On a, je crois, beaucoup été en soutien de l'économie du pays lorsque c'était nécessaire au moment du Covid, de la crise de l'énergie, de l'inflation, etc. Et je ne renie absolument pas cette politique. Je m'étonne d'ailleurs de voir aujourd'hui beaucoup qui remettent en question, alors que tu étais quand même soulagé quand l'État a été au rendez-vous.
Mais je crois effectivement que le fait d'avoir une prévisibilité, une trajectoire fiscale qui est claire, qui est déterminée, elle rassure à la fois nos concitoyens, et ça c'est important, mais elle rassure aussi les entreprises, ceux qui créent de la richesse, ceux qui créent de l'investissement, ceux qui créent de la croissance, et ceux qui, in fine, créent et génèrent des recettes fiscales.
Alors, vous le disiez, votre mouvement politique, Renaissance, va tenir son congrès.
À quoi ça sert ? Pourquoi faire un congrès ? Déjà, les congrès, ça fait partie de la vie des partis, ça permet de se renouveler, ça permet d'ouvrir aussi des nouveaux chapitres, ça permet de faire émerger...
C'est-à-dire que c'est l'après-Macron que vous commencez à écrire ?
Non, je ne sais pas si c'est l'après-Macron, parce qu'on peut toujours tout à fait se positionner dans une forme de continuité, de filiation avec ce qu'avait fait initialement le président de la République, mais c'est important d'avoir des temps de renouvellement de la vie démocratique, ça permet de faire émerger des nouvelles personnalités, à ceux qui veulent s'écarter des responsabilités qu'ils peuvent occuper de le faire, enfin, tout ça est assez cohérent, de faire émerger des nouvelles idées aussi, de travailler à préparer des nouvelles stratégies au moment des élections municipales, ou des élections intermédiaires qui vont avoir lieu d'ici la présidentielle.
Moi, je crois que c'est très important. Alors, on peut débattre de la question de savoir est-ce qu'il faut une liste, plusieurs listes, plusieurs candidats, etc. Moi, je crois surtout que ça permet de se dire, pendant un temps, on va phosphorer sur à la fois des idées, des personnalités qui doivent incarner la vie politique de notre mouvement.
Parce que là, il y a un seul candidat, c'est Gabriel Attal, on a l'impression que c'est la construction de son écurie présidentielle pour 2027.
Moi, je pense qu'il y a un seul ou plusieurs candidats, ce n'est pas un sujet. Je trouve que ce qui a été fait par Gabriel Attal et Elisabeth Borne a été fait intelligemment, trouver un compromis plutôt que de s'affronter. À la fin, je pense qu'on incarne les mêmes idées, les mêmes lignes politiques. Je crois que Gabriel Attal et Elisabeth Borne, il peut y avoir des différences entre eux, mais il y a cette volonté de continuer à travailler sur la question du dépassement. Et donc, je trouve que c'était plutôt utile. Mais encore une fois, je crois qu'un congrès, ça ne sert pas qu'à savoir, à désigner qui est le chef.
Bien sûr, c'est absolument fondamental, puisque c'est aussi l'incarnation du parti. Mais c'est surtout dire aux militants, il y a un temps de vie démocratique en interne qui vous permet d'exprimer. Et d'ailleurs, à titre d'exemple, il y a des questionnaires un peu de pistes de travail, de réflexions qui ont été transmis à militants dans tous les comités locaux et qui permettent justement de faire remonter un peu quelles sont les aspirations des militants à la vie du parti.
Vous êtes 8500 adhérents aujourd'hui, ce qu'on lit ?
Non, alors ce chiffre d'une, il n'a jamais été ni communiqué ni confirmé. On a lancé une grande campagne de réadhésion, on n'a pas encore les chiffres consolidés. Mais dans tous les cas, tout le monde est très attentif à la fois dire qu'on doit continuer à aller à la conquête de nouveaux militants et donc progresser le plus possible. Et puis par ailleurs, il y a toujours des moments où, en dehors des campagnes électorales, il y a toujours des périodes un peu de creux d'adhésion militante. Donc moi, je crois qu'il ne faut pas s'inquiéter. Le sujet, c'est susciter de l'adhésion. Et pardon, je me permets juste cette petite phrase.
Moi, je constate qu'après trois campagnes électorales, au législatif, deux campagnes présidentielles, etc., Renaissance est un des rares partis qui est capable encore d'avoir des militants sur le terrain.
Eh bien, Marie Lebec, merci et bonne journée. Merci à vous. Merci beaucoup, Christophe. On vous retrouve demain. Votre invité sera le sénateur UDI, Hervé Marseille. Sous-titrage Société Radio-Canada
Marie Lebec