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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 11 janvier 2026 20 min

Discussion budgétaire : Éric Coquerel ne "voit pas matière" à une possible "concession" du Parti socialiste

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Bonjour Eric Coquerel. Bonjour. Et merci d'être avec nous ce matin sur France Info. Beaucoup de sujets à voir avec vous. Le budget, l'actualité internationale, évidemment, on en parlait dans le journal, l'Iran, le Venezuela aussi. Mais d'abord, cette menace de Sébastien Lecornu, le Premier ministre qui assure ne vouloir ni censure ni dissolution. Et pourtant, il a demandé au ministre de l'Intérieur de se préparer à des législatives au mois de mars, au moment des municipales. Est-ce que vous y croyez ?

0:36
Éric Coquerel

Écoutez, moi, je pourrais l'espérer, en tout cas, parce que je pense que le retour aux urnes... Vous savez que nous, c'est les présidentielles que nous souhaitons, plus que des législatives, mais on prendra ce qui viendra. Ça serait une manière de résoudre l'impasse dans laquelle nous sommes depuis juillet 2024, c'est-à-dire un président de la République qui maintient un gouvernement minoritaire, qui essaye de passer en force, qui essaye, en tout cas, de passer des textes minoritaires, budgétaires, et ça ne marche pas. Donc, au moins, ça serait une manière de le résoudre. Ça va quand même marcher sur le budget de la Sécu.

Oui, mais vous voyez bien que sur le budget de l'État, ça ne fonctionne pas. Et sur le budget de la Sécu, ça a marché à partir du moment où ils ont eu des concessions d'une des oppositions, en l'occurrence le groupe socialiste. Je ne crois pas que ce soit une manière de gérer le pays. Donc, je pense que le retour aux urnes...

1:17
Invité

C'est le jour des municipales, c'est une bonne idée ?

1:19
Éric Coquerel

Alors, je pense que le retour aux urnes serait nécessaire. Maintenant, si vous me demandez, à mon avis, quelle est la préoccupation que le Cordu, je ne pense pas qu'il souhaite une dissolution. Mais on voit bien qu'il met une pression. Il met une pression, notamment, vis-à-vis à la fois du groupe socialiste et des LR, c'est-à-dire ceux qui, j'allais dire presque de manière asymétrique, pourraient ne pas voter le texte. Ça, c'est quasiment sûr. Je ne pense pas que le texte budgétaire passera par le vote. Mais qui pourraient censurer le gouvernement selon ce qu'il y a dans le texte.

Or, ce qui se passe aujourd'hui, on va en parler, mais ce qui sort de la commission qui s'est achevée hier, la commission des finances, c'est qu'il n'y a pas matière, aujourd'hui, à même d'infimes concessions. C'est-à-dire, tout ce que le Parti Socialiste a mis, par exemple, comme ligne rouge cette semaine, tout ça a été battu.

2:01
Invité

On va y revenir sur le budget. Mais donc, juste pour bien comprendre, pour vous, cette proposition de dissolution de retour aux urnes, c'est une manœuvre politique de la participation de le Cordu ?

2:10
Éric Coquerel

Oui, je pense que c'est un coup de pression qui est mis, plus qu'avec des fuites, d'ailleurs, sur cette affaire de organiser les élections pendant les municipales. Bon, je n'y crois pas trop. Mais je vous le dis, si jamais on y vient, et nous, on va essayer d'y venir, parce qu'on censurera un gouvernement qui utilisera le 49-3, eh bien, on sera prêt à assumer et à assurer.

2:31
Présentateur

Alors, si vous assumez, d'ailleurs, est-ce que vous assumerez seul une élection législative ou est-ce que vous dites, bon, il y a encore l'espoir d'arriver à s'entendre avec écologistes socialistes ?

2:42
Éric Coquerel

Écoutez, s'il y a des législatives anticipées, il n'y a pas de raison que nous ne fassions pas ce que nous avons fait lorsque, on en parlait beaucoup, vous savez, à l'automne, où nous avons immédiatement proposé à nos partenaires du Nouveau Front Populaire de repartir ensemble. La seule condition que nous mettions, c'était sur le programme du Nouveau Front Populaire, ce sur quoi nous étions élus. Et si vous vous souvenez...

3:01
Présentateur

Pas sur le programme du budget de la Sécurité Sociale que les socialistes ont voté.

3:04
Éric Coquerel

Bien sûr que non, sur le programme du Nouveau Front Populaire. Les écologistes étaient venus à cette réunion, le groupe communiste à l'Assemblée était venu à cette réunion, le Parti Socialiste n'était pas venu, c'est sa responsabilité. Mais on voit bien qu'il y a peut-être matière, s'il y a des élections anticipées, à ce qu'on se retrouve avec ceux qui, j'allais dire, restent fidèles à notre programme.

3:20
Invité

Mais vous pourriez toujours considérer les socialistes dans ce camp-là, malgré tout ce qui s'est passé ces derniers mois ?

3:27
Éric Coquerel

C'est vrai que c'est compliqué, c'est vrai que nous entendons, eux-mêmes l'excluent. Je vous rappelle que même sur les municipales, les excluent même des accords au second tour. J'ai encore entendu aujourd'hui le maire socialiste de Marseille qui les exclut après Emmanuel Grégoire à Paris. Donc on voit bien que ce n'est pas eux, eux n'ont pas très envie. On ne va pas non plus, je veux dire, faire boire un dame quand il n'a pas soif. Vous voyez ce que je veux dire ? Mais en tout cas, la proposition serait à table à partir du moment, c'est la condition où évidemment c'est sur le programme du NFP. Ça ne peut pas être sur un autre programme que celui auquel on a été élus.

4:01
Présentateur

Alors vous le disiez, Eric Coquerel, la commission des finances a donc rejeté cette nuit le volet dépenses hier soir. de ce budget de l'État, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ça présage de ce qui va se passer dans l'hémicycle

4:16
Éric Coquerel

et que donc le 49-3 est inévitable ? Moi je pense que oui, ça le présage. C'est-à-dire que, en fait, pour bien comprendre, en première lecture, le texte avait tellement été rejeté qu'il n'y a pas eu une voie pour. C'est exactement ce qui s'est passé hier. Et contrairement à la première lecture, on avait eu dans le cours du débat, si vous voulez, des amendements qui avaient été votés pour taxer les plus hauts patrimoines, pour taxer les profits des plus grandes entreprises, pour à la fois abaisser un peu la baisse des dépenses, les coupes budgétaires prévues par le gouvernement. Là, quasiment rien de tout ça.

C'est-à-dire qu'on a heureusement battu le texte, mais dans le cours du débat, notamment parce que le Rassemblement National a voté beaucoup de coupes budgétaires ou de dépenses fiscales en plus avec le gouvernement, des exonérations, des crédits d'impôt en faveur des plus privilégiés, enfin avec les forces qui se réfèrent au gouvernement, ça a été plutôt négatif sur le contenu. Donc on s'écarte, j'allais dire, de possibilités de compromis.

5:14
Présentateur

Ce que vous êtes en train de dire, Éric Coquerel, c'est que même en cas de passage avec le 49.3, il serait inacceptable que les socialistes ne votent pas une censure.

5:21
Éric Coquerel

Là, tel qu'aujourd'hui, on sort de la commission, je ne vois pas matière, même à faire semblant, si vous voulez. C'est-à-dire, si on se souvient bien, les socialistes n'avaient pas censuré François Béroud en février 2025 sur pas grand-chose. Il y avait 4 000 postes d'enseignants qui ne seraient pas supprimés. Finalement, ils sont supprimés dans le budget. Et par exemple, un amendement a été proposé par les socialistes, là en commission, pour revenir dessus. L'amendement a été battu. Donc, ils avaient accepté de ne pas censurer François Béroud avec le conclave. On sait qu'il n'en était rien sorti. Donc pas grand-chose. Là, cette fois-ci, j'ai cru comprendre. J'ai vu que M.

Vallaud, Boris Vallaud, mettait des points qu'il appelle des lignes rouges chez certains de vos confrères. Eh bien, j'observe que ces lignes rouges, que ce soit en texte de taxation des hauts patrimoines, que ce soit en coupes budgétaires vis-à-vis des APL, vis-à-vis des revenus d'activité, tout ça a été battu. Donc, je dis que pour l'instant, je ne vois même pas matière à ce qui pourrait justifier la concession que nous ne ferions pas, parce qu'on pense qu'on serait loin du compte, mais que les socialistes pourraient faire. Et à mon avis, c'est pour ça que M. Lecornu fait cette pression à la distribution, parce qu'il n'aura pas grand-chose à donner, à mon avis.

6:33
Invité

Mais Eric Ockrell, ce qui a aussi changé, c'est que nous sommes le 11 janvier, c'est que nous sommes en loi spéciale, et donc les marges de manœuvre pour les députés, elles se sont réduites. Sans rentrer dans les détails techniques, mais on ne peut pas, parce que l'année a commencé à réintroduire tout ce qui est pénalisé les contribuables, donc notamment les rabots sur les niches fiscales, la réforme de l'appâtement de 10% sur les retraités, etc. On ne peut pas le réintroduire en cours d'année. Il y a aussi cette fameuse disposition dite de l'entonnoir.

On ne peut pas rajouter des mesures qui n'ont rien à voir avec ce qui avait été débattu avant, parce que nous sommes en deuxième lecture à l'Assemblée. Donc concrètement, est-ce qu'on n'a pas perdu du temps ? Est-ce que ce n'est pas dommage de ne pas s'être mis d'accord sur la première version, parce que ce qu'on a aujourd'hui est plus compliqué à aborder ?

7:14
Éric Coquerel

Donc vous vouliez quoi ? Vous vouliez qu'on accepte un budget d'austérité ? Non, je dis juste qu'aujourd'hui, il y a 2 milliards de plus à trouver

7:20
Invité

que dans la première lecture.

7:22
Éric Coquerel

On ne peut pas demander à l'opposition, pour avoir à tout prix un budget, de voter un mauvais budget pour le pays, parce que c'est ça qu'on nous propose. Mais celui-ci sera, semble-t-il, plus mauvais que ce qu'il aurait pu être ? Exactement, mais il était déjà très mauvais. Donc il ne correspond ni aux grandes préoccupations de l'heure, c'est-à-dire aux nécessités d'investissement massif.

7:36
Invité

Parfois la politique, c'est aussi éviter le pire. Comment ? Parfois la politique, c'est aussi éviter le pire et pas seulement rechercher le meilleur.

7:42
Éric Coquerel

Oui, mais le pire, c'est ce qu'on nous présente. Le pire, c'est la politique qui sévit depuis 2017, qui amène le pays à la désindustrialisation, qui relance en ce moment le chômage, qui a augmenté le taux de breveté. Enfin, je ne veux pas vous faire la liste, mais qui contredit la propagande du gouvernement. On a l'impression que tout va bien au niveau économique. Non, tout ne va pas bien. Et les Français en souffrent tous les jours avec leur pouvoir d'achat. Donc tout ça, on nous propose de le continuer avec ce budget. On ne va pas demander à l'opposition, qui en plus est arrivée en tête en juillet 2024 sur un tout autre programme, de dire « Oui, on va vous laisser faire ».

On est dans une situation d'ailleurs où le gouvernement a beaucoup de responsabilités. Vous parliez de la loi spéciale. Il a appliqué, pour bien comprendre la loi spéciale, pour que les gens nous écoutent, c'est le fait de dupliquer le budget voté en 2025, possiblement, sur l'année suivante. Les Espagnols font ça depuis trois ans. Je n'ai pas l'impression que d'un point de vue économique, ça aille si mal que ça en Espagne. Je ne dis pas que c'est un objectif, mais en tout cas, ça peut permettre de tenir quelques mois.

Pour qu'on ne tienne pas quelques mois et que le gouvernement mette une espèce de pression en disant « Vous voyez bien, on ne peut pas faire, on ne peut pas payer ma prime rénov', on ne peut pas fournir des munitions à l'armement. »

8:44
Présentateur

On ne peut pas faire les aides aux agriculteurs, par exemple. Mais on ne peut pas. Tout ça, il faut.

8:47
Éric Coquerel

Tout ça, il faut. Parce que vous pouvez très bien appliquer une loi spéciale qui duplique les budgets et non pas qu'il y ait une version minimaliste. Le gouvernement a fait une version minimaliste de la loi spéciale. Il n'y a aucun texte. Qui était sur quelques articles. On pourrait faire une loi plus importante que ça. Bien sûr, on pourrait faire une loi spéciale qui permet d'utiliser tous les crédits votés en 2025 et pas seulement, en gros, ce que fait le gouvernement, les crédits pour payer les fonctionnaires. Il n'y a rien qui est derrière. Vous la voteriez, cette loi spéciale ? Vous la voteriez, cette loi spéciale ? On la votait, de toute façon.

Mais vous la voteriez si c'est une loi spéciale un peu plus étendue, on va dire ? Il aurait surtout fallu l'appliquer comme ça. Mais le gouvernement, de ce que je comprends, par exemple, ne nous propose pas un budget de l'an dernier qui serait rectifié à l'inflation. Il propose toujours des budgets de plus d'austérité. Il aurait eu l'occasion de dire « On va faire un compromis, on va essayer de faire un budget minimaliste, mais qui ne fait pas les coûts budgétaires prévus, par exemple, par rapport aux années précédentes. » Il ne l'a pas fait. Pourquoi ? Parce qu'ils veulent continuer à imposer leur politique.

9:43
Invité

Éric Ocral, vous dites finalement que la loi spéciale, ce n'est pas si grave. Enfin, si on en croit les chiffres de Bercy, pour 2026, on va avoir un déficit de 5,4, voire 5,5% du PIB.

9:52
Éric Coquerel

C'est pas que la loi spéciale, pour l'instant.

9:53
Invité

C'est le résultat aussi. C'est le résultat d'une impasse budgétaire également.

9:57
Éric Coquerel

Là, les 5,4% dont vous parlez, que Bercy évoque, c'est là où en est le budget, sorti du Sénat. Parce que le Sénat, comme il a fait des cadeaux fiscaux encore aux plus riches en plus, il a réussi à augmenter les déficits. Et pour vous, ce n'est pas si grave d'en rester à ce stade-là ?

10:11
Invité

Est-ce que vous vous accordez sur l'objectif de réduction en dessous des 5% évoqués ?

10:18
Éric Coquerel

Vous savez, nous, on a fait un contre-budget où on a été chercher 150 milliards de recettes nouvelles en plus uniquement sur les ultra-riches des très grandes entreprises et ça a baissé le déficit en dessous de 5%. Donc, nous, on dit qu'on peut le faire. Mais il est hors de question de baisser le déficit sur le dos des Français pour payer les cadeaux fiscaux aux plus riches. C'est exactement ce qu'on nous fait depuis des années et ça a un effet. C'est que quand vous faites payer ça aux Français, vous avez un effet récessif sur le pouvoir d'achat. Or, vous le savez, le pouvoir d'achat, la consommation intérieure, c'est ce qui tient l'économie française.

Un peu moins ces derniers temps, quand même. Justement, oui. Du fait de la politique monnaie, vous avez raison. Mais ce que je disais pas là, c'est traditionnellement, la structuration de l'économie française repose beaucoup sur la consommation intérieure. Quand vous attaquez le pouvoir d'achat en baissant les budgets des ministères, dont, par exemple, les commandes publiques qui peuvent être faites par eux, en faisant en sorte d'avoir une année blanche sur toutes les prestations et autres, eh bien, vous attaquez le pouvoir d'achat. Donc, c'est une politique qui est non seulement injuste, inégale, mais qui, d'un point de vue économique, est imbécile, j'allais dire.

11:19
Présentateur

Éric Coquerel, vous restez avec nous. On se retrouve dans quelques secondes pour parler notamment de l'actualité internationale. D'abord, l'info en une minute, 9h moins le quart. Diane Ferchit.

11:29
Invité

Et les Etats-Unis se tiennent prêts à aider l'Iran. C'est en tout cas ce qu'affirme le président américain Donald Trump. L'Iran aspire, selon lui, à la liberté. Les manifestations contre le régime se poursuivent depuis deux semaines dans le pays. Cela fait plus de deux jours qu'Internet est coupé dans l'ensemble de l'Iran. En Savoie, 800 personnes qui cherchent à rejoindre le domaine skiable des Trois-Valées ont dû être mis à l'abri dans des centres d'hébergement au cours de la nuit. Des automobilistes qui se sont retrouvés coincés dans des bouchons provoqués par des chutes de neige. Et attention aux avalanches dans les Alpes. Trois skieurs sont morts hier.

Deux aval d'Isère, un à Arèche, Beaufort, tout trois évoluaient hors piste. Vont-ils bloquer le port du Havre ? C'est en tout cas l'objectif des agriculteurs. Ils sont près de 300 sur place avec des tracteurs. Ils veulent, disent-ils, contrôler la provenance des produits après l'aval donné par Roussel à l'accord avec les pays du Mercosur. Il était le fondateur du groupe de rock californien Grateful Dead. On a appris la mort du guitariste Bob Weir. C'était une des icônes de la contre-culture américaine des années 60. Bob Weir avait 78 ans. France Info

12:33
Présentateur

Le 8.30 France Info Adrien Beck Camille Vigon-Lecquat

12:39
Invité

Et nous sommes toujours avec Éric Coquerel député insoumis de Seine-Saint-Denis. On voulait vous parler d'international, d'Iran particulièrement où les manifestations populaires continuent, prennent de l'ampleur malgré la répression violente, malgré la coupure d'Internet. Est-ce que vous soutenez les manifestants ?

12:54
Éric Coquerel

Pleinement, oui. Il faut en parler beaucoup parce que là, il y a huit clous. Et j'entendais certaines de vos confrères sur une radio du service public il y a quelques minutes qui parlaient malheureusement de très certainement une répression plus forte encore que lors du dernier mouvement. Donc bien évidemment, on les soutient entièrement, c'est-à-dire à la fois, ils ont des revendications sociales sur la liberté face à une théocratie iranienne que l'on connaît.

Ils disent aussi autre chose, enfin en tout cas, les représentants, on va dire, de la gauche iranienne en France font passer un message, c'est qu'ils ne veulent pas être récupérés par des puissances étrangères type Donald Trump, un pénaliste et autres. Pourquoi ? Parce que d'une part, ils ne se reconnaissent pas dans... Ce n'est pas parce qu'ils combattent la théocratie iranienne qu'ils se reconnaissent dans ce qu'est en train de faire Trump, mais surtout, ça les dessert. Parce qu'évidemment, le régime iranien s'appuie là-dessus pour dire, en réalité, ces manifestants sont au service d'Israël, etc. Donc ça, c'est un message qu'il passe et je crois qu'il est important.

Donc plein et entier soutien à ces manifestants. Et j'espère qu'il faut vraiment, comme le huis clos est installé, il faut en parler encore plus.

13:58
Présentateur

On doit souhaiter que ce régime finisse par tomber. Bien sûr. Pour autant, il y a eu, dans l'alliance bolivarienne, alors je sais, vous allez dire, on vous en parle à chaque fois, mais l'alliance bolivarienne pour laquelle plaidait Jean-Luc Mélenchon, l'Iran faisait non pas partie. Non, l'alliance bolivarienne,

14:14
Éric Coquerel

c'était absolument pas ça. L'alliance bolivarienne... Non, vous n'êtes pas partie, mais était un État observateur. Oui, mais l'alliance bolivarienne n'incluait pas l'Iran. Le seul que vous parlez, c'était l'Alba au moment de Chavez sur certains pays d'Amérique latine qui étaient à gauche. Et nous, on considérait que la France étant aussi, quelque part, un pays d'Amérique latine par la Guyane, par les Caribes, aurait pu faire partie de cette alliance. Mais ça n'avait aucun rapport avec l'Iran et ça n'avait même aucun rapport avec l'origine aujourd'hui de M. Maduro. C'était l'Utan de Chavez. Donc ça n'a aucun rapport.

Bien évidemment, je reviens à votre question, bien évidemment, on souhaite, mais ce n'est pas nouveau. Si vous regardez tous les écrits de nos responsables et dirigeants vis-à-vis de la théocratie islamiste en Iran, nous avons toujours été opposés fondamentalement à cette théocratie. Donc ce n'est pas quelque chose de nouveau.

14:56
Invité

Vous vous dites que c'est une théocratie islamiste, mais dans votre parti, certains ont mis surtout en avant des motifs de pouvoir d'achat, de vie chère, qu'on entend dans les manifestations. Non, non, pas du tout. Juste, vous citez Laurence Rossignol, sénatrice socialiste, qui a eu une sortie justement à ce sujet-là et qui vous a reproché de ne pas mentionner la nature même du régime en disant que c'était un crachat sur la tombe des centaines de jeunes filles et de garçons militants pendus, violés, disparus dans les prisons de la dictature islamiste et des mollas. C'est une attaque qui vient de la gauche. Comment vous réagissez ?

15:26
Éric Coquerel

Écoutez, c'est une attaque surtout qui vient de gens qui sont très printemps républicains et je leur conseille de ne pas parler au nom des manifestants et au nom de ceux qui se soulèvent.

15:36
Invité

Ils ne parlent pas au nom des manifestants.

15:37
Éric Coquerel

Ils critiquent votre opposition. À des fins de récupération politicienne et critiquent l'Elefi. C'est vrai que c'est le moment de critiquer l'Elefi quand il faudrait au contraire afficher une solidarité unitaire par rapport à l'Iran. Donc chacun est responsable de ses actes, y compris de diviser un mouvement de solidarité. Non, je vous le dis, ce que nous avons dit à l'époque, au début, et tous vos journalistes pourront en témoigner, c'est que ce qui est monté du bazar au départ, c'était des revendications sociales. Ils le disaient eux-mêmes. Donc on appuie les revendications sociales. Parce qu'il y a une inflation effectivement extrêmement forte en Iran.

Dire qu'on appuie un mouvement qui exprime des revendications sociales ne veut pas dire qu'on oublie la part du mouvement qui s'est au bout de quelques jours additionné, qui est celui traditionnel pour la liberté en Iran, pour le droit des femmes, etc. Donc tout ça, c'est de la mauvaise politique et de la récompération.

16:24
Présentateur

Également, dans l'actualité internationale, vous l'avez évoqué brièvement, Éric Coquerel, l'autre actualité chaude, c'est évidemment le Venezuela. Nicolas Maduro, qui en ces dernières heures, dit depuis sa prison new-yorkaise qu'il va bien. Et Jean-Luc Mélenchon, qui exige la libération et le retour de Nicolas Maduro, libre au Venezuela. Est-ce que vous pensez comme lui ?

16:45
Éric Coquerel

Je vais vous répondre juste. Je ne voudrais pas oublier un autre peuple dans cette région du monde qui continue à être massacré et terrorisé, qui est le peuple palestinien à qui aujourd'hui, les Israéliens ont enlevé les organisations humanitaires qui continuent à aller à Gaza de façon à être sûr de continuer le génocide comme il est. Donc, je crois qu'il ne faut pas non plus les oublier. Sur la question de Trump et de ce qui est en train de se passer, on voit bien que ça déborde très largement le cas de Nicolas Maduro ou de Venezuela. C'est le fait que les Américains, aujourd'hui, veulent de nouveau instaurer ce qu'on appelle la doctrine Monroe.

17:25
Présentateur

Oui, mais ça, Éric Coquerel, ma question était plus précise.

17:27
Éric Coquerel

Est-ce que Nicolas Maduro doit revenir au Venezuela ? Oui, bien sûr. C'est normal qu'il doit revenir au Venezuela. À partir du moment où on kidnappe un dirigeant d'un gouvernement en dehors de tout droit international, par la force, etc., en jouant comme oeil, vous m'écoutez, je dis que oui, on doit revenir sur un kidnapping qui est absolument scandaleux et contraire au droit international. Après, c'est au peuple, j'allais dire, c'est au peuple vénézuélien de décider qui doit les diriger, y compris par les mobilisations qu'ils veulent. Je crois qu'il avait un peu décidé, le peuple vénézuélien.

Non, parce que vous allez m'entraîner sur quelque chose où les victimes de ce kidnapping, c'est-à-dire Nicolas Maduro, mais en tant que représentant du peuple vénézuélien... C'est une victime, Nicolas Maduro ? Du kidnapping, oui. Qu'est-ce que c'est ? C'est Trump qui est la victime dans cette affaire ? C'est peut-être le peuple vénézuélien qui est... Monsieur Cottrell, on peut condamner

18:21
Invité

l'intervention américaine tout en reconnaissant que Nicolas Maduro s'est maintenu au pouvoir par la force à l'issue d'un scrutin

18:27
Éric Coquerel

irrégulier en juillet 2024 ? Mais comme vous avez un angle d'entrée dans l'histoire qui est d'abord de condamner Nicolas Maduro et de les dirigeants vénézuéliens et non pas de condamner l'intervention américaine, peut-être revenons au début du sujet. Vous vous considérez que c'est un président légitime ? Comment vous allez me poser la question bientôt vis-à-vis peut-être de la Colombie ? Comment vous allez me poser la question peut-être vis-à-vis de l'Union européenne ? Vous voyez bien. D'accord. Donc, vous me poserez la question comment quand éventuellement Donald Trump interviendra par rapport à la Colombie ? Il l'a dit par rapport à Cuba, par rapport au Groenland. On n'en est pas là.

Mais si on est là, c'est ce que dit... Attendez, excusez-moi.

19:04
Présentateur

Pardonnez-moi. On a dû pas la comprendre.

19:05
Éric Coquerel

Pardonnez-moi, je vais revenir à la question. Vous êtes en train d'entraîner la situation sur le fait de dire que l'intervention américaine... Non, on vous savait si vous considérez Nicolas Maduro comme un président légitime. Oui, j'ai bien compris. Donc, la question, ça serait derrière qui serait à poser principalement d'ailleurs un kidnapping comme on a rarement vu dans le droit international d'un dirigeant et une agression militaire qui, je vous rappelle, a fait plus de 100 morts au Venezuela.

Donc, la question, ça ne serait pas comment on fait face à ça, comment on s'oppose à Donald Trump dans les quelques minutes que vous me consacrez, mais comment on fait en sorte de décider si oui ou non Nicolas Maduro doit revenir au Venezuela. Excusez-moi, ça, c'est une question secondaire. La question principale, c'est comment on arrête les États-Unis d'Amérique qui manifestement ont décidé de refaire de l'Amérique latine. Ce n'est peut-être pas

19:50
Présentateur

une question secondaire

19:51
Éric Coquerel

pour le peuple vénézuélien en l'espèce. Oui, alors, ce n'est peut-être pas une question secondaire, mais c'est une question qui est secondaire par rapport à ce qui est en train de se passer dans le monde, c'est-à-dire où on a plusieurs empires qui sont en train de menacer la paix internationale, qui sont en train de casser le droit international et qui menacent même désormais, parce que c'est dommage, je ne vais même pas pouvoir vous répondre là-dessus de manière très sérieuse une partie de l'Europe avec le Groenland. Qu'est-ce qu'on fait par rapport à ça ?

20:13
Présentateur

On va dire que ce n'est pas bien. Malheureusement, notre temps est compté. On aura l'occasion d'en reparler, évidemment, Éric Coquerel. Un grand merci à vous. Vous êtes député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis, président de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale. Et merci Camille Vigonne-le-Quatt, le nouvel OPS.

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