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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 1 septembre 2021 26 min

"10 à 11% des enseignants pas vaccinés" affirme le ministre Jean-Michel Blanquer

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports. Question, réaction, vous êtes déjà très nombreux, que ce soit au standard 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux ou l'application mobile de France Inter. Bonjour Jean-Michel Blanquer. Bonjour. Et merci d'être à notre micro aujourd'hui. Un peu plus de 12 millions d'élèves feront demain leur rentrée des classes. Aujourd'hui, c'est pour les profs. Une rentrée cette année encore marquée par l'épidémie de Covid. Il y a beaucoup de questions. On va les poser ce matin. De questions, de doutes, d'incertitudes chez les parents comme chez les enseignants.

Pour commencer, dites-nous Jean-Michel Blanquer, qu'est-ce que vous craignez le plus ce matin en cette rentrée ?

0:43
Jean Michel

Je ne commencerai pas par les craintes parce que je pense qu'il y a toujours un discours sur l'angoisse, la peur. Alors que ce qu'il faut d'abord avoir, c'est un sentiment de sérénité. La rentrée, elle est préparée. Les élèves seront là, les professeurs aussi. Le protocole est clair. Donc non, mon message, c'est surtout un message de force tranquille pour cette rentrée.

1:02
Invité

Oui. Alors il y a quand même des angoisses. Il y en a beaucoup qu'on va vous lister.

1:06
Jean Michel

Bien sûr. Elles sont légitimes. Mais je pense que l'atmosphère générale est quand même à la satisfaction tout simplement d'aller à l'école. Et c'est d'ailleurs ce qui se passe cette fois-ci, ce qui n'était pas le cas à la rentrée dernière, chez nos voisins. Et je pense que cela valide le principe d'une école ouverte en permanence.

1:21
Invité

Alors chez nos voisins, justement. L'Écosse a rouvert ses écoles mi-août. Et on a pu observer que les infections au Covid sont reparties à la hausse ces 15 derniers jours après la réouverture des écoles. La réanimatrice membre du conseil scientifique Lila Bouadma disait la semaine dernière qu'il y aura jusqu'à 50 000 contaminations par jour en France avec la réouverture des écoles. Est-ce que vous vous y êtes préparé ? Est-ce que ce scénario de la montée, de la hausse des contaminations après l'ouverture des écoles, vous y êtes prêt ?

1:52
Jean Michel

Oui, c'est un des scénarios possibles, évidemment. Finalement, on a un handicap supplémentaire et un atout supplémentaire dans cette rentrée. Si on compare à d'autres rentrées, et notamment la rentrée de l'an dernier, on a d'un côté le variant Delta qui est plus contagieux, et de l'autre le vaccin que nous n'avions pas auparavant. Donc, il est possible qu'il y ait une augmentation des contaminations. Moi, j'ai un point de repère qui est quand même l'île de la Réunion, qui est rentrée il y a 15 jours, où on avait des prédictions très, parfois inquiétantes, de la part de certains. Nous avons appliqué le protocole numéro 2, comme nous allons le faire en métropole.

On a un taux de vaccination, d'ailleurs, qui est plutôt bon, mais qui est quand même moins bon qu'en métropole. Et aujourd'hui, on a moins de 0,2% des classes fermées 15 jours après la rentrée. Donc, je pense qu'il faut rester serein.

2:35
Invité

Mais ça va être un lieu de contamination, Jean-Michel Blanquer, parce que pendant longtemps, vous avez dit, on ne se contamine pas à l'école.

2:41
Jean Michel

Non, je n'ai jamais dit de cette façon-là. Vous savez, on est toujours caricaturé. Bien entendu que je n'ai jamais dit que le virus s'arrêtait à la porte de l'école. Je ne suis pas assez stupide ou fou pour dire une chose pareille. Par contre, j'ai toujours dit que ce n'était pas un lieu spécifique de contamination. Je dirais même plus. C'est un lieu souvent moins contaminant que d'autres, parce qu'on y respecte davantage les gestes barrières. J'ai souvent dit, ça c'est vrai, et je le dis encore, qu'un enfant peut se contaminer davantage dans des activités qu'il a en dehors de l'école qu'à l'école. Et que par ailleurs, l'école est un lieu où on apprend les gestes barrières.

Et donc, il y a un élément de protection supplémentaire. Contrairement à ce qu'on voit parfois, je n'ai évidemment jamais dit qu'il n'y avait pas le virus à l'école. Ce serait absurde. Je me suis toujours basé sur mon expérience.

3:18
Invité

Vous avez dit qu'on se contaminait moins à l'école. Et on aimerait vous demander, à part une enquête qui est sortie, mais qui date du premier confinement, quand toutes les écoles étaient fermées, il n'y a pas eu d'enquête scientifique qui montrait qu'on se contaminait moins à l'école.

3:31
Jean Michel

Moi, j'ai des points de repère très simples. Par exemple, le fait que les professeurs ont été, l'année dernière, une catégorie socioprofessionnelle moins contaminée que d'autres catégories.

3:40
Invité

Oui, mais ça date de juin 2020, quand les écoles étaient fermées, votre enquête.

3:43
Jean Michel

Non, non, non, ça date de 2021, cet élément-là. Et avec Santé publique France, c'est des choses que nous regardons. Donc, si vous voulez, ce type de débat, il est légitime, puisque personne ne peut être certain de ce qui se passe dans les semaines suivantes. Ça, c'est une réalité qu'il faut accepter. En revanche, si vous regardez les polémiques que j'ai eues depuis 18 mois sur cette question, elles ont toujours été de cette nature-là. À chaque fois, il y avait l'idée qu'on était éventuellement dans l'imprévision. Et en réalité, les décisions que nous avons prises nous ont permis l'année dernière d'être le pays qui a eu les écoles ouvertes.

Donc, faisons-nous un peu le crédit d'être capables, avec cette belle maison qu'est l'éducation nationale, avec le travail professionnel de plus d'un million de personnes, d'être capables d'organiser cette année scolaire avec l'objectif à la fois de l'école ouverte et de la protection des enfants.

4:25
Présentateur

En cette rentrée, Valérie Pécresse s'inquiète de ce qu'il adviendra en cas de contamination des professeurs. Elle redoute, je la cite, une pénurie d'enseignants dans les classes. On n'a pas d'informations sur ce qui est prévu pour le remplacement des enseignants. Fin de citation. Que lui dites-vous à Valérie Pécresse ?

4:43
Jean Michel

Qu'avez-vous prévu pour assurer la continuité ? Dès la fin de l'année scolaire dernière, nous avons fait des recrutements supplémentaires de contractuels pour voir aux absences qui pouvaient avoir lieu. Souvent d'ailleurs dans des endroits spécifiques, puisque là où le virus circulait le plus. En cette rentrée, nous nous préparons aussi à cela, bien entendu. Évidemment que ce n'est pas facile de remplacer. Ce n'est pas seulement une question de moyens, c'est aussi une question de ressources humaines, de personnes capables de faire ces cours.

Donc on a mis sur pied aussi des heures supplémentaires pour que les professeurs qui ne sont pas qu'à contact ou qui ne sont pas contaminés puissent remplacer éventuellement ceux qui le sont. Mais donc il n'y aura pas de pénurie pour répondre à ce mot ? En tout cas, nous nous organisons pour que ce ne soit pas le cas. Après, je ne peux pas garantir que tout soit parfait. Vous savez, dans cette crise sanitaire depuis 18 mois, si l'objectif c'est que je reconnaisse que les choses sont parfois imparfaites, je le reconnais bien volontiers. On est dans une situation, par définition, difficile, qui requiert beaucoup de sens de l'adaptation.

Donc nous faisons le maximum, nous essayons de nous améliorer à la faveur de l'expérience. Je pense que ce qui est important maintenant, c'est surtout justement la sérénité.

5:49
Invité

Le conseil scientifique indique qu'il faudrait un dépistage deux fois par semaine sur au moins 50% de la population des écoles pour permettre de garder les classes ouvertes si les enfants trouvés infectés sont renvoyés à leur domicile. Donc, tester les enfants deux fois par semaine sur 50% de la population des écoles. Vous, vous aviez annoncé un objectif de 600 000 tests salivaires par semaine, ça c'était avant l'été. Vous n'avez pas atteint cet objectif, il n'a pas été atteint.

6:14
Jean Michel

Si, à la fin de l'année scolaire dernière, si.

6:16
Invité

Mais tout de même, est-ce que ce que prévoit le conseil scientifique, c'est faisable ou c'est trop, c'est impossible de faire autant de tests ?

6:24
Jean Michel

Si, sur un plan pratique c'est faisable. Après, il faut voir comment s'organiser. D'un côté, on a l'école primaire et de l'autre, l'enseignement secondaire. Il y a deux sujets différents, puisque les enfants à l'école primaire ne sont pas vaccinés. Donc, s'agissant de l'école primaire, il y aura 600 000 tests salivaires par semaine, ce qui est quand même considérable. Par ailleurs, deux autotests par adulte et par semaine, ça c'est vrai d'ailleurs pour l'enseignement primaire comme pour l'enseignement secondaire, je le dis pour ceux qui nous écoutent, tout adulte qui travaille dans un établissement scolaire a droit à deux autotests gratuits par semaine.

Ensuite, par-dessus le marché, nous sommes capables, évidemment, de déployer toute la batterie d'action des autorités de santé dans un établissement, quand on sait qu'il y a un problème, et notamment faire des tests PCR, des tests antigéniques, etc. Il y aura ensuite dans l'enseignement secondaire des tests beaucoup plus ciblés, puisqu'on est dans une population majoritairement, même très majoritairement vaccinée, donc on tient compte des réalités. Et plutôt que d'avoir une stratégie du filet, on a une stratégie du ciblage, qui est un peu ce qu'on a appris de l'expérience.

La Société française de pédiatrie nous dit que ce n'est pas non plus trop bon de tester en permanence les enfants et les mettre en permanence dans cette atmosphère. Les tests aussi, ça prend du temps, c'est une dimension un peu chronophage, donc il faut trouver un point d'équilibre aussi entre le faisable et le souhaitable, d'une certaine façon, et je pense que c'est ce que nous avons là. Ceci étant, nous nous ajustons en permanence, et ce n'est pas parce qu'on n'aurait pas assez de tests à disposition, pas du tout. Nous avons par exemple beaucoup d'autotests qui seront à disposition des établissements. Alors justement, qui sont dans les tiroirs.

7:51
Présentateur

Oui, nos confrères de RTL ont révélé il y a quelques jours ce qu'ils ont appelé le fiasco des autotests à l'école, vous avez dépensé 245 millions d'euros pour 64 millions d'autotests. Seulement 26 millions de ces tests ont été distribués au personnel et aux lycéens. Où est le reste, Jean-Michel Blanquer ? Que s'est-il passé ?

8:10
Jean Michel

Vous savez, rien que ce titre en dit long sur la volonté de faire des polémiques à partir de rien. Il n'y a évidemment aucune polémique à faire sur le point que vous nous venez de dire. D'abord, avant que nous ayons les autotests, le genre de polémique que l'on avait, c'était « Oui, mais bon sang, pourquoi vous n'avez pas d'autotests ? » Pourquoi vous ne mettez pas les moyens à en acheter ? On en a acheté, c'est vrai, massivement, et nous en sommes fiers, ça a été très utile. Et alors, pourquoi il ne nous reste pas sur les bras ? Il ne nous reste pas sur les bras.

Nous avons 15 millions d'autotests en stock, et heureusement, c'est ce qui permet de faire ce que je vous disais avant, c'est-à-dire les deux autotests par semaine et par adulte, plus les autotests en tant que de besoin. Tout au long du premier trimestre, les 15 millions d'autotests qui nous servent, parce que le chiffre que vous avez dit n'est pas tout à fait exact, puisqu'on en a rendu à d'autres institutions qui en avaient besoin. Donc il n'y a aucun gâchis, aucun gaspillage. Au contraire, il y a de la prévision. Nous avons les autotests dont nous avons besoin. Mais le fait qu'on cherche à faire une polémique à partir de chaque sujet,

8:59
Invité

y compris comme celui-là... Pardon, ce n'est pas une polémique, c'est qu'on remonte...

9:02
Jean Michel

Le mot fiasco est quand même tout un programme. Donc si vous voulez, c'est quand même significatif du fait qu'après 18 mois, où quand même des choses ont été prouvées, même si rien n'est parfait, bien entendu, on cherche toujours à créer de l'inquiétude. Je ne dis pas qu'il ne doit pas y avoir des questions. Des questions, il y en a plein, c'est tout à fait normal.

9:20
Invité

Il y a plein de questions que les profs et que les directeurs d'école se posent. Il suffit d'avoir des enfants pour les entendre, même, je pense que tout le monde...

9:26
Jean Michel

Mais je ne vous parle pas de ça. Les questions sont archi-légitimes, et d'ailleurs nous y répondons.

9:30
Invité

Et les journalistes, c'est leur job de vous les remonter.

9:31
Jean Michel

Tout à fait, mais le fait d'intituler fiasco quelque chose qui n'est en aucun cas un fiasco, est quand même tout un programme. Donc là, je ne parle pas des questions archi-légitimes de tout un chacun sur le sujet. Je pense à l'angle qu'on cherche à adopter à chaque fois sur tout thème dans cette situation sanitaire, alors qu'on devrait rechercher davantage l'unité nationale, une certaine solidité face à l'épreuve.

9:52
Invité

À partir de mi-octobre, des tests antigéniques seront payants. Est-ce qu'ils resteront gratuits pour les collégiens et les lycéens ?

9:57
Jean Michel

Oui, à partir du moment où vous avez un test en milieu scolaire, il est gratuit. Et donc, par exemple, évidemment, tout ce dont je viens de vous parler, les autotests, les tests salivaires, tout cela sera gratuit.

10:10
Présentateur

En Angleterre, le gouvernement va fournir 300 000 détecteurs de CO2. L'Allemagne, elle, Jean-Michel Blanquer, va débloquer 200 millions d'euros pour l'achat de purificateurs d'air pour les écoles et les crèches. Pourquoi, peut-être que le verbe va vous déplaire, rechignez-vous toujours à investir massivement dans ces purificateurs et ces détecteurs que vous réclament les enseignants, sachant que ça coûte cher et que les mairies et les maires vous le demandent aussi ? Ils demandent de l'aide pour pouvoir les acheter.

10:39
Jean Michel

On a répondu favorablement à tout ça. Alors, plusieurs choses. D'abord, ce n'est pas le même sujet. Le détecteur de CO2 n'est pas du tout le même sujet que le purificateur d'air. Ensuite, cette question-là, nous la traitons depuis le début de la crise sanitaire. Nous essayons de le faire de façon sérieuse en consultant les autorités sanitaires sur l'intérêt que ça présente. Et en aucun cas, ni l'un ni l'autre, n'est l'alpha et l'oméga de la lutte contre le sujet du vaccin est évidemment infiniment plus important, celui des tests aussi. Néanmoins, sur les détecteurs de CO2, c'est utile, c'est comme un thermomètre.

Ça ne remplace en aucun cas le fait qu'on doit tous avoir le réflexe d'ouvrir les fenêtres. C'est évident. Alors, ça a une vertu, je dirais, pédagogique et ça permet de créer des réflexes. Ça n'est pas très coûteux d'ailleurs, et donc c'est tout à fait faisable. Et c'est une compétence des collectivités. Nous avons recommandé depuis le début aux collectivités de l'acheter. La plupart des collectivités ont tout à fait les moyens de les acheter. Et rappelez-vous que quand on empiète sur les pouvoirs des collectivités, elles ne sont pas forcément très satisfaites et que même elles ont revendiqué un rôle de souplesse.

11:35
Invité

Aujourd'hui, il y a certaines collectivités qui demandent à l'état de l'aide pour les acheter.

11:37
Jean Michel

J'ai donc répondu que lorsqu'elles ont des difficultés, c'est bien volontiers que nous sommes en appui pour cela. Mais encore une fois, on parle de quelques dizaines d'euros nécessaires pour une petite école.

11:46
Invité

Sur les purificateurs d'air, vous disiez en novembre 2020, à ce micro, il me semble, vous disiez que vous ne voyez pas l'utilité des purificateurs d'air. Est-ce que vous avez changé d'avis ?

11:56
Jean Michel

Je ne me suis jamais exprimé de façon aussi schématique. J'ai envie de chacun à regarder ce que les autorités de santé ont publié sur les purificateurs d'air. C'est extrêmement complexe. Certains purificateurs d'air sont utiles, d'autres ne le sont pas. Les purificateurs d'air ne sont pas utiles quand on peut ouvrir les fenêtres. C'est beaucoup mieux d'ouvrir les fenêtres. Et parfois, l'usage des purificateurs peut parfois être contre-productif. Je ne dis donc pas qu'il en faut à tout prix. Je ne dis pas non plus qu'il n'en faut pas. C'est au cas par cas que cela s'apprécie. Là aussi, c'est une compétence des collectivités, qui d'ailleurs, certaines se sont déjà largement équipées.

Et de nouveau, je dis que l'État serait présent en appui au cas par cas. Si une collectivité n'avait pas les moyens d'exercer ce qui relève de sa compétence. Voilà, c'est aussi simple que cela, si j'ose dire, pour le purificateur d'air. Mais surtout que chacun aille regarder ce qui s'intéresse au sujet, ce qui est dit sur les purificateurs d'air par les autorités de santé. Enfin, vous avez cité les pays étrangers, c'est beaucoup plus compliqué que ça aussi. J'ai vu des polémiques en Allemagne sur ce sujet important. Vous avez des pays où on a retiré les purificateurs d'air. Donc, encore une fois...

12:55
Invité

Vous avez toujours des doutes, en fait, sur les purificateurs d'air. Non, ce n'est pas que j'ai des doutes, c'est que je regarde ce que disent les... Si on vous écoute en novembre, là, ce matin, on a l'impression que vous ne voyez pas forcément leur utilité.

13:03
Jean Michel

Encore une fois, il ne faut surtout pas, par exemple, se doter d'un purificateur d'air et penser que c'est mieux que d'ouvrir la fenêtre. Non, mais...

13:10
Invité

En Allemagne, ils ouvrent les fenêtres toutes les 20 minutes et ils mettent des purificateurs d'air.

13:15
Jean Michel

Alors, ça, je pense... Enfin, si j'ai bien lu et bien compris les autorités de santé, ça n'a pas de sens de faire ce que vous venez de dire, vraiment. C'est ce que j'ai lu en Allemagne, en tout cas. J'ai vu aussi des polémiques sur ce sujet en Allemagne. Écoutez, c'est des sujets techniques, en l'occurrence, que chacun peut expertiser. Et ce que j'ai dit, par exemple, j'en ai beaucoup parlé avec Olivier Véran, qui lui-même a... Vous avez des avis, des autorités de santé sur ce sujet. Donc, on n'est pas... Vous savez, on n'est pas fou. On fait les choses de la manière la plus rationnelle possible. Et ce n'est pas une question d'argent.

C'est une question de faire les choses bien, dans le bon ordre, avec les compétences respectées de chacun.

13:48
Présentateur

Pourquoi, Jean-Michel Blanquer, n'avez-vous pas rendu obligatoire la vaccination pour les enseignants ? Avez-vous eu peur des protestations ? Est-ce que vous pouvez nous donner les chiffres de vaccination pour les enseignants aujourd'hui ? On aurait pu se dire intellectuellement qu'ils peuvent entrer dans le lot des professions pour lesquelles ça peut être obligatoire. Dites-nous.

14:10
Jean Michel

Oui. D'abord, vous savez, j'ai grande confiance dans le corps enseignant. Et a fortiori sur ce type de sujet. Par définition, ils développent une certaine rationalité qui est issue de leur formation. Et donc, c'est en effet un métier qui a été beaucoup plus enclin à se faire vacciner que dans d'autres professions. Donc, le dernier état de la situation que j'avais date maintenant d'une semaine. On avait 78% des professeurs qui avaient un schéma vaccinal complet et 11% qui étaient primo-vaccinés. Donc, ça faisait 89% qui étaient, disons, prêts à venir. Les 11% doivent déjà maintenant, au moment où je vous parle, être à leur tour avec un schéma vaccinal complet.

Donc, on a une frange de 10-11% qui est en train de diminuer en ce moment. On va refaire les études à la rentrée. Et je rappelle que pour ces 10%, ils ont évidemment une proposition de vaccin dans l'établissement scolaire. Je ne doute pas, d'ailleurs, de la conviction de 9 professeurs sur le 10e.

15:03
Invité

Sur la vaccination des 12-17 ans, où seront installés les centres éphémères dans les établissements ? Plutôt en zone rurale, où les élèves sont loin des centres de vaccination des grandes villes ? Où est-ce que vous comptez les mettre ?

15:15
Jean Michel

Alors, là aussi, ça s'apprécie au cas par cas, de façon pragmatique. Donc, dans l'exemple que vous donnez, le fait que ce soit en milieu rural éloigné d'un centre de vaccination fera, dans la plupart des cas, que le centre éphémère est en effet dans l'établissement. Par contre, quand il y a la possibilité de se faire vacciner tout près de l'établissement, alors c'est un petit déplacement d'un groupe d'élèves qui permet de faire la vaccination. Ça a été travaillé, notamment cet été, au mois d'août, pour apprécier ça pour la situation de chaque établissement.

15:41
Présentateur

On va passer au standard où un prof, Jérôme, nous attend. Bonjour, bienvenue.

15:47
Auditeur

Oui, bonjour. Bonjour, M. Ministre. Je vais poser une question, mais je ne veux pas être polémique, c'est juste pour avoir une réponse. Mais il y a un an, j'avais eu la chance de vous poser cette question à ce même micro, et je vous avais interrogé par rapport au masque transparent. Je suis enseignant en CP, et c'est du matériel essentiel pour l'apprentissage de la lecture. Alors, vous m'aviez répondu qu'on les aurait d'ici là tous un, et on les a toujours attendus, on les attend encore. Voilà.

16:15
Présentateur

Merci pour cette question.

16:16
Jean Michel

Jean-Michel Blanquer vous répond. J'étais sur ce sujet encore hier. Donc, il y a 300 000 masques qui partent. C'est vrai qu'ils partent prioritairement pour les professeurs qui sont en ULIS ou qui s'occupent des enfants en situation de handicap. J'ai demandé clairement qu'on puisse le donner justement en maternelle et en CP. Et donc, je vais regarder ce point. Je ne dis pas que tous les masques sont arrivés transparents à tous les professeurs de CP l'an dernier. C'est vrai qu'ils sont arrivés après la catégorie que j'ai citée. Donc, je vais être très attentif à ce point. Charline, au standard, bonjour et bienvenue.

16:51
Auditeur

Oui, bonjour, merci. J'avais une question pour M. le ministre, puisque j'ai des enfants qui étaient en grande section l'année dernière et qui vont entrer en CP. Et à la cantine, en grande section, dans la mesure où les moins de 6 ans n'avaient pas de masque obligatoire, on leur interdisait de parler. Donc, ils devaient garder le silence pendant tout le temps de cantine. Et tous les plus de 6 ans, ce qui va les concerner là, devaient remettre le masque entre chaque bouchée. et si elles ne le faisaient pas, les enfants avaient des punitions. Je dois garder mon masque. Et on les gardait sur les temps de récréation pour faire ces punitions. Je dois garder mon masque.

Et je suppose que la mairie va continuer de faire ça. Je voulais savoir ce que vous en pensez, si vous trouvez ça normal et si vous vous engagez à écrire au maire de cette commune pour lui rappeler que ça ne correspond pas à ce que vous préconisez.

17:33
Présentateur

Ça n'est pas l'école de la bienveillance, en effet. Merci, Charline. Jean-Michel Blanquer vous répond.

17:37
Jean Michel

Oui, ce que vous décrivez correspond à une vision un peu sévère des gestes sanitaires. Alors, il n'y a pas une compétence. Il y a une compétence du maire sur le temps de cantine, c'est-à-dire sur les équipements, mais pas évidemment sur le règlement intérieur. Donc, en réalité, ce que vous décrivez n'est pas écrit dans ce que nous avons dit sur le temps de cantine. Donc, je vais regarder ce qu'il en est. Mais il faut évidemment avoir une vision bienveillante.

Ça montre d'ailleurs qu'il faut toujours avoir dans la gestion de cette crise, pour les sujets les plus pratiques, une vision qui équilibre les sujets physiques, des gestes barrières, par exemple, et puis les sujets psychologiques, qui sont importants. On doit avoir une gestion de cette crise, et c'est aussi pour ça que j'insiste sur la sérénité, c'est-à-dire qu'ils ne soient pas en situation d'angoisser, notamment les enfants. Et là, par exemple, dans ce que vous décrivez, c'est tout à fait le cas.

Il y a des effets contre-productifs dans le fait de stresser les enfants avec des choses dont on peut comprendre le raisonnement de ceux qui les ont voulues, mais qui peuvent être contre-productifs pour les enfants.

18:37
Invité

C'est vrai qu'il ne faut pas stresser les enfants, mais par exemple, il y a certains enseignants qui ne comprennent pas pourquoi vous ne faites pas porter le masque à la maternelle dès 2 ans, comme c'est le cas aux Etats-Unis, puisque la recommandation pour les écoles cette année, c'est le masque dès 2 ans. Pour vous, vous trouvez que c'est trop angoissant pour les petits-enfants, c'est ça ?

18:54
Jean Michel

Oui, bien sûr. Et d'ailleurs, c'est ce que dit là aussi la société française de pédiatrie. On pense aussi que leur manière de le porter peut être contre-productif, parce qu'ils peuvent souvent le toucher, l'enlever, etc. Donc c'est pour ça que depuis le début, on dit qu'à l'école maternelle, on ne porte pas le masque. Et d'ailleurs, j'entends souvent la plainte inverse, c'est-à-dire le fait qu'on devrait l'enlever à l'école élémentaire. Là aussi, je comprends les gens qui disent cela.

19:15
Invité

Vous voulez enlever le masque pour les instituteurs en maternelle ?

19:21
Jean Michel

J'ai vu que c'est une piste. C'est une piste, c'est à l'étude. Je ne dis pas, en tout cas pas dans l'immédiat, mais ça fait partie des mesures qu'on prendrait dès que possible lorsque les choses seront allégées. Ça dépend aussi beaucoup du taux de vaccination des professeurs, mais aussi d'autres paramètres de circulation du virus, tout simplement. Mais évidemment que c'est très souhaitable que tout ceci s'estompe progressivement, mais on n'y est pas là. Encore une question au standard.

19:44
Présentateur

Marina, bonjour.

19:46
Auditeur

Oui, bonjour et merci. Je voulais poser une question concernant l'égalité républicaine. Moi, je suis professeure des lycées professionnels en 5h30. On a la réunion des pré-rentrées dans une demi-heure. Dans la classe, je suis professeure principale. Il y a deux professeurs non remplacés qui étaient prévus à fond de longue date. Donc, ma classe va se retrouver avec 23 heures en moins de cours par semaine. Il y a plusieurs professeurs qui sont non nommés aussi à une demi-heure de la rentrée. Nous, on sait qu'en Seine-Saint-Denis, les élèves perdent une année de scolarité statistiquement par les profs non remplacés.

On se demande, en fait, pourquoi le gouvernement abandonne comme ça les élèves de la Seine-Saint-Denis.

20:27
Présentateur

Merci Marina pour cette question.

20:29
Jean Michel

Jean-Michel Blanquer vous répond. Oui, alors, il faudra qu'on regarde hors antenne de quel établissement on parle. On est toujours très attentifs à ce qui se passe dans l'Académie de Créteil. J'entends ce que vous dites et on peut regarder pourquoi ça se passe dans ce lycée professionnel. Parfois, il y a des ajustements jusqu'à la dernière minute pour la préparation de rentrée. Je n'aime pas qu'on dise que la Seine-Saint-Denis est abandonnée. Vous savez, on y met des moyens au contraire particuliers. C'est le département qui bénéficie le plus des divisions de classe par deux en CPC1 et les taux d'encadrement sont plus favorables qu'ailleurs.

Après, c'est vrai qu'on a parfois des difficultés de remplacement. C'est vrai depuis longtemps. On a différents outils pour y remédier. Mais ne soyons pas dans cette logique de penser qu'il n'y aurait pas une attention particulière. Ça n'est pas le cas. Et pour le cas que vous évoquez, si vous me dites hors antenne de quel établissement il s'agit, je vais regarder pourquoi une telle chose a pu arriver.

21:20
Invité

On parle d'une autre attention particulière, Marseille, d'un mot. Emmanuel Macron ira. Vous irez également avec d'autres ministres à Marseille pour présenter un plan. Concernant les écoles, vous confirmez que près d'un milliard d'euros seront mis pour rénover les écoles marseillaises.

21:33
Jean Michel

Alors, c'est le président de la République qui le dira demain. Le chiffre précis, évidemment, et je serai à ses côtés. Je suis évidemment très heureux que le président de la République mette tout son poids politique dans cette décision qui était vraiment indispensable et dont nous parlons depuis un certain temps parce qu'il y avait urgence. Et de façon générale, le sujet des bâtis scolaires est un sujet de compétence des collectivités locales, bien sûr. Mais j'ai toujours considéré qu'on devait s'en saisir aussi, nous, en appui aux collectivités locales pour les aider. Et c'est exactement ce que va faire le président de la République.

Et c'est ce que nous faisons aussi pour la France entrière au travers du plan de relance pour aider à la rénovation énergétique des bâtiments en particulier.

22:07
Présentateur

Il nous reste peu de temps. Vous avez déclaré sur France 3 ce week-end, Jean-Michel Blanquer, que l'allocation de rentrée scolaire pouvait parfois servir à autre chose qu'aux fournitures scolaires ou aux vêtements achetés pour l'école. Je vous cite, on sait bien qu'il y a parfois des achats d'écrans plats plus importants au mois de septembre qu'à d'autres moments. Plusieurs études, notamment une étude de la CAF en 2014, démontre que l'allocation de rentrée scolaire n'était pas détournée par les parents, mais utilisée à ce pour quoi elle est faite. Pourquoi avoir dit ça, Jean-Michel Blanquer ? Est-ce que vous maintenez ces propos ou est-ce que vous les retirez ?

22:44
Jean Michel

Alors, pourquoi avoir dit ça ? D'abord parce que je fais quelque chose qu'on ne fait pas toujours d'ailleurs à la radio, c'est que j'ai répondu à une question. J'aurais pu éviter la question, mais on m'a posé cette question-là, mais je n'avais pas spécialement prévu d'aborder ce thème. J'ai répondu par rapport à une initiative d'une députée qui justement partait de ses prémices. J'ai répondu qu'il fallait étudier ça. Donc, étudions-le de manière simple et claire. Mais vous savez, mon postulat, toujours sur chaque sujet, vous le verrez et vous le voyez, c'est les droits de l'enfant.

Si, même de façon marginale, de l'argent destiné aux enfants est utilisé pour autre chose que pour les enfants, c'est la protection des enfants que l'on vise et rien d'autre. Je pense par exemple au maire de Clichy-sous-Bois qui fait un travail souvent très remarquable sur le plan social et éducatif. Il me racontait il y a quelques temps comment il achète des fournitures scolaires à prix moins fort parce qu'il les mutualise et il les donne aux familles. C'est typiquement le genre d'initiative qu'il faut faire, surtout si on veut donner plus à ceux qui ont besoin de plus.

23:40
Invité

Mais pardon, Jean-Michel Blanquer, quel est l'intérêt de pointer du doigt de la part d'un ministre de l'éducation à la veille d'une rentrée compliquée, des allocataires qui reçoivent une allocation en laissant accréditer l'idée que peut-être ils l'utiliseraient à acheter des télés. Vous parlez depuis le début de cet entretien de sérénité, de messages de sérénité et d'unité. Est-ce que votre message, ce que vous avez dit il y a trois jours, c'est un message de sérénité, d'unité ou de fracture ?

24:02
Jean Michel

Non, vous savez, je crois que parfois, même quand je dis le ciel est bleu, il y a derrière des gens pour commenter, je peux vous citer 15 polémiques récentes qui cherchent toujours à trouver un problème. Regardez la déclaration exacte

24:15
Invité

c'est de laisser entendre le fait que...

24:17
Jean Michel

Non, la déclaration exacte elle dit, justement, c'est à étudier, il ne faut pas prendre une décision trop rapide, il faut regarder. Mais c'est vrai que sur ce point comme sur d'autres, j'essaye tout simplement de dire la vérité. Vous savez, il y a des professeurs qui me parlent, me racontent ce qui se passe sur le terrain.

24:29
Invité

Mais sur quoi vous vous basez pour dire que les écrans plats augmentent en septembre alors que les magasins d'électroménagers disent que ce n'est pas le cas ?

24:36
Jean Michel

Je sais, il y a des sujets parfois où tout le monde adulte a intérêt à regarder ailleurs que les problèmes qui se posent.

24:41
Invité

Donc il y a un vrai problème selon vous ? Les allocataires utilisent l'argent pour acheter des télés ?

24:46
Jean Michel

Non, je n'ai dit rien d'autre que cette députée a pris une initiative. Pourquoi pas ? On regarde. Et si elle a raison, on peut aller plus loin dans l'intérêt des enfants. Je n'ai rien dit d'autre que cela. Je n'ai évidemment pas du tout cherché à faire une polémique. Par contre, évidemment, d'autres aussi. Regardons, soyons pragmatiques, dans l'intérêt des enfants. Donc vous maintenez cette phrase. Vous maintenez cette phrase. Même si l'enquête de la CAF dit que c'est factuellement faux. C'est des enquêtes sur des déclarations de ce que disent les gens. Donc si vous voulez, soyons, essayons d'être sérieux sur ces sujets. C'est-à-dire de poser des choses.

Je n'ai jamais dit qu'il y avait une mesure à prendre là-dessus. Je dis, regardons, soyons. Vous savez, il y a tellement de sujets sur lesquels on est un peu pharisien, sur lesquels on regarde ailleurs, plutôt que de regarder les problèmes concrets. Moi, ce qui m'intéresse, c'est les droits des enfants. C'est le fait de leur garantir à chaque fois. Sans stigmatiser en personne. Au contraire, si grâce à de nouvelles initiatives, on peut donner plus à ceux qui ont besoin de plus. J'en serais très heureux. Et essayons à la fois d'être calmes et un peu amis de la vérité.

25:39
Présentateur

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, au micro d'Inter ce matin. Merci d'avoir été là depuis 8h20.