Nicolas Dupont-Aignan face à Apolline de Malherbe en direct
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Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Apolline de Malherme. Merci d'être avec nous. Vous êtes député de l'Essonne, vous êtes président de Debout la France, 19ème jour de grève aujourd'hui contre la réforme des retraites. Est-ce que vous soutenez les grévistes ?
D'abord je dis quel gâchis, quel gâchis pour le pays, quel gâchis pour la souffrance des gens qui galèrent dans les transports. Mais je combats de toutes mes forces cette réforme. Et je dis que la grève pourrait s'arrêter d'un coup si le gouvernement entendait la douleur des français. Ça veut dire que c'est un gâchis imputable au gouvernement pour vous ? Totalement, 150%. Car les français ont compris au fond d'eux-mêmes ce que c'était que cette réforme.
Cette réforme c'est la démolition, mais la démolition j'emploie le terme fort, d'un système de justice sociale qui a été mis en place par le général de Gaulle à la fin de la guerre, qui visait à ce que la retraite ne soit pas un piège à pauvreté. Il y a des réformes à faire en matière de retraite, il y a des corrections à faire, il y a des inégalités auxquelles il faut remédier. Ce système n'est pas parfait. Mais est-ce une raison pour tout changer et mettre en place un système à point ? J'insiste sur le système à point qui est un système qui, partout où il a été mis, a baissé massivement les pensions de retraite, conduit des millions de gens dans la pauvreté, et est un scandale absolu.
Donc, moi je dis au gouvernement, arrêtez ! Arrêtez !
Vous refusez ce projet de réforme, on l'a bien compris, mais simplement, aujourd'hui, 19ème jour de grève, en pleine vacances scolaires...
Ben c'est un drame !
Est-ce que vous soutenez les grévistes ? Mais je vais vous dire, moi j'ai proposé... Vous ne pouvez pas dire cette phrase, je soutiens les grévistes.
J'ai proposé la grève de la gratuité, je suis le seul à avoir trouvé une solution, mais il faut le rendre légal. Je suis député, j'ai proposé que ce soit légalisé. Et si le gouvernement ne voulait pas bloquer la France, il prend en otage les Français, il aurait autorisé la grève de la gratuité. Les gens montraient dans le train, ils seraient heureux, ce serait gratuit. En fait, le gouvernement prend en otage les Français, et après dit, voyez, vous souffrez, c'est la faute des grévistes. Eh bien, je dis que les Français ont compris cette manipulation. Moi, je ne souhaite qu'une chose, qu'une chose, mais je soutiens bien sûr... Vous soutenez les grévistes ?
Je soutiens le mouvement social, mais je souhaiterais qu'il prenne une autre forme, et je souhaiterais qu'il s'arrête le plus vite possible pour libérer les Français de cette souffrance. Mais le responsable, parce qu'à un moment, il faut poser les responsabilités, c'est le gouvernement qui prend de front le corps social français, les Français, et qui, pire que tout, plonge le pays dans le chaos, alors que notre pays n'a pas besoin de cette grève. Notre pays a besoin de préparer l'avenir, d'ailleurs de construire des emplois, de développer l'économie pour payer les retraites. Donc c'est aberrant. Vous avez vu que la...
Tout en soutenant les grévistes, est-ce que vous n'auriez pas espéré, vous dites, on aurait pu avoir d'autres moyens de faire grève ?
Ah oui, et j'ai même proposé une trêve, je l'ai proposée, sur votre antenne, samedi dernier.
Vous comprenez que les grévistes répondent que ça n'est pas possible, parce qu'une grève reconductible qui s'arrête, ils n'arriveront pas à la remettre en route.
Écoutez, je ne suis pas à la place des grévistes, je dis simplement qu'il ne faut pas inverser les responsabilités. La responsabilité, elle vient au gouvernement, et ils divisent les Français. Ce que je n'aime pas dans ce gouvernement et dans ce président, vous voyez, au-delà des désaccords, on peut avoir des désaccords en politique. On peut en avoir. C'est la démocratie. C'est la démocratie. Et je m'incline devant le vote des Français. D'ailleurs, je fais une parenthèse, je remarque que beaucoup de grévistes ont voté Macron, alors je les avais prévenus en la présidentielle que cet homme était dangereux pour la France. Mais c'est une parenthèse.
Comment vous savez que beaucoup de grévistes ont voté Macron ?
Bah écoutez, les syndicats, CGT, tout ça, qui appellent à la grève, ont appelé à voter Macron quand même, ce qui est quand même incroyable. Au deuxième tour ? Bah oui, mais enfin c'est quand même incroyable.
Donc au deuxième tour, vous estimez que c'était vraiment une erreur. Effectivement, vous vous étiez associé avec Marine Le Pen. Je maintiens, mais moi je maintiens que j'ai eu raison. Vous dites que ce qui se passe aujourd'hui, si Marine Le Pen était présidente, ce ne serait pas le cas ?
Ça ne serait sûrement pas le cas. Et ce que je vais vous dire d'ailleurs, une parenthèse, c'est qu'au-delà de la grève, si c'est par malheur pour les Français, cette réforme visait à les passer, par malheur, je ferais de 2022 l'enjeu politique. Si vous voulez annuler la réforme des retraites, ne votez pas Macron. Si vous votez Macron à nouveau, pourquoi Marine Le Pen ? Ce sera peut-être un autre, ou une autre. Personne ne sait. On verra. Ce n'est pas la question pour l'instant.
Vous vous asserriez à nouveau avec elle ? Si c'était à refaire, vous le referiez en tout cas.
2017, eh bien, beaucoup de Français aujourd'hui me donnent raison. Mais en revanche, il va falloir faire de la réforme des retraites un enjeu de 2022. Car, et là je peux vous dire, ça peut changer beaucoup de choses sur la motivation des députés En Marche pour voter cette réforme scélérate et dangereuse. Car si nous ne faisons pas seulement une pression syndicale, mais une pression politique, si vous réalisez Emmanuel Macron en 2022, vous aurez l'application de la réforme des retraites.
Si en revanche, moi en tout cas, je m'engagerais, si je ne suis pas sûr d'être candidat, mais je m'engagerais, quelle que soit ma position de candidat ou de soutien, je m'engagerais à l'annulation de la réforme des retraites. Car cette réforme de retraite, il faut que les Français le comprennent, va ouvrir la voie des fonds de pension, comme pour les plus hauts revenus là, très vite. Va ouvrir la voie de l'injustice, de la pauvreté de masse. Alors même que pour résoudre le problème des retraites, on peut faire autrement.
Et bien comment vous feriez, on va revenir quand même sur ce que vous avez dit sur Marine Le Pen dans un instant, mais sur cette réforme des retraites, vous, vous feriez quoi ? Est-ce qu'on reste au système actuel ? Est-ce qu'on l'améliore ? Est-ce qu'on le change ?
Deux choses. D'abord, on corrige ses défauts. Les défauts, c'est quoi ? C'est les petites retraites, notamment des conjoints d'agriculteurs, de commerçants, d'artisans, qui ont des retraites de misère.
Ça, pour le coup, le gouvernement va le changer. Il n'y aura pas de retraite en dessous de 1 000 euros.
Non, parce que c'est faux. Et je vais vous expliquer pourquoi. Mais je reviens sur mes propositions quand même. Je reviendrai après là-dessus.
Ma proposition, elle ressemble à ce que promet le gouvernement.
Non, parce que le gouvernement, oui, promet cela. Mais en même temps, si je puis dire, il va asseoir, c'est ça qu'il faut comprendre, le calcul de votre future retraite, non plus sur les 6 derniers mois pour les fonctionnaires ou les 25 meilleures années, mais sur les 43 années. Et quelles sont les premières victimes de cet élargissement de l'assiette de calcul des retraites sur les 43 années ? Ce sont les femmes. Car les femmes ont des carrières beaucoup plus assurées. Et c'est là l'injustice insupportable. Alors, qu'est-ce que je propose ? Parce qu'il faut être dans la proposition. Je propose de maintenir à 62 ans.
Quand tu dis qu'il n'y aura pas de petite retraite en dessous de 1 000 euros, c'est une promesse, pour le coup, sonant et trébuchante.
Non, fausse. Et je vais vous dire pourquoi. Parce qu'il ajoute, vous savez, c'est comme dans les contrats d'assurance, il faut lire en bas de la page.
Les petits astérix ?
Les petits astérix, c'est carrière complète. 43 ans. C'est même plus les 25 meilleures années. D'ailleurs, comment vous pouvez croire un président de la République ? J'ai repris une phrase. Avril 2019, ce n'est pas en 2017. Avril 2009, conférence de presse. Tant qu'on n'a pas réglé le problème du chômage, ce serait assez hypocrite de reculer l'âge légal. Bon courage déjà pour arriver à 62 ans. C'est ça la réalité de notre pays. Alors, on va nous dire, non, non, il faut aller jusqu'à 64 ans. Alors, vous ne savez même pas quoi faire après 55 ans. Qui a dit ça ? Qui a dit ça ? Monsieur Dupont-Aignan ?
Emmanuel Macron. Emmanuel Macron, en conférence de presse. Il a dit qu'il ne modifierait pas l'âge de départ légal. Alors, certes, techniquement, il le met à 64 ans, puisque ce sera l'âge pivot. Mais on sera autorisé à partir à 62 ans.
Avec une retraite de misère, puisqu'il y aura une décote. Non, mais attendez, de qui se moque-t-on ? Alors, comment voulez-vous que les Français le croient ? Mais moi, je vais vous dire ce que je propose. Je propose qu'on corrige sur les basses retraites avec une remontant la possibilité, mais par palier. Premier point. Et deuxièmement, comment je finance ? Parce que c'est ça le problème. Comment on finance ? La lutte contre la fraude sociale aux retraites et à la sécurité sociale.
C'est quoi les fraudes sociales à la retraite et à la sécurité sociale ? Je vais vous donner un exemple. Première chose.
À peu près 1 milliard donné aux retraites de personnes décédées à l'étranger. Le budget des retraites versées à des personnes qui résident à l'étranger... Qui vous avez donné ce chiffre ? Capital. Un milliard ? Journal Capital. Un milliard par an ? Un milliard par an. Un milliard par an. Il y a 6 milliards et demi donnés aux retraites à des personnes qui vivent à l'étranger. Mais il y a beaucoup de gens qui sont morts à qui on verse encore les retraites, notamment en Algérie. Il y a eu un article de Capital, ce n'est pas un journal révolutionnaire, Capital, qui explique que tous les contrôles de la sécurité sociale qui ont été faits prouvent qu'il y a à peu près 15% de fraude.
Ça représente 1 milliard. Il y a eu un rapport de la Chambre régionale des comptes. Le cours des comptes, pardon. On ne peut pas continuer comme ça. C'est comme les fausses cartes vitales. On nous explique qu'il y a une crise de l'hôpital.
A chaque fois, vous nous parlez de fausses cartes vitales, de complots, de choses qui ne fonctionnent pas.
Mais madame, c'est tellement plus facile de s'attaquer sur ceux qui ont travaillé durement dans leur vie et qui méritent leur retraite, plutôt que de traquer les fraudeurs. Vous savez que j'ai été à l'origine, en 2013, d'un rapport sur la fraude fiscale. A l'époque, on me disait, oui, M. Dupont-Aignan, vous êtes complotiste, il y a des milliards. Et je vois que M. Darmanin, aujourd'hui, récupère beaucoup d'argent parce que l'État a pris conscience de la fraude fiscale en France. Donc là, vous dites, tant mieux. Tant mieux. Mais moi, quand il y a quelque chose de fait, je ne vais pas dire que ce n'est pas bien, parce que c'est ce gouvernement.
Pourquoi on ne fait pas la même chose sur la fraude sociale ? On pourrait récupérer entre 5 et 10 milliards sur la fraude à la sécurité sociale.
Est-ce que vous n'avez pas un train qui lui-même puisse être tout seul, vertueux, sans être uniquement dans la chasse ?
Écoutez, la vertu, c'est de récompenser ceux qui ont travaillé et de ne pas récompenser ceux qui n'ont pas travaillé. Vous savez, dans notre pays, si on faisait respecter la loi, il y aurait beaucoup de problèmes qui seraient réglés. Le système des retraites est équilibré à la marge. Il manque 5 à 10 milliards. C'est 5 à 10 milliards.
Il sera déséquilibré précisément 100% à partir de 2025,
d'après le rapport du corps. Le rapport du corps est très précis, madame. Le rapport du corps est très précis. Il dit entre 5 et 17 milliards. Si on lutte contre la fraude, on règle le problème. Et deuxièmement...
On règle le problème si c'est 5 milliards. Mais si c'est 17 milliards, comme l'évoque aussi le corps...
On a en plus les fonds de réserve et on a la recette à partir de 2024 de la CRDS qu'on ne paiera plus puisque la dette sociale sera remboursée. Donc il est faux de dire que le système est en faillite. Et je vais vous rajouter quelque chose. Et les Français le savent bien. C'est que déjà la réforme Fillon est touraine. Et déjà très dure. Car il faut 41,5 annuités pour avoir une retraite à taux plein. Et il n'y a pas beaucoup de Français qui l'ont. Donc attention à ne pas charger la barque. On ne peut pas avoir un pays qui repose sur une injustice permanente. Et j'ajoute un dernier point.
On peut régler beaucoup mieux le problème des retraites en créant de l'emploi, en relocalisant les activités. Car ce sont...
Ça dans l'absonu, tout le monde est d'accord avec vous. Après la question c'est qu'ils sont nombreux à avoir tenté de remettre le plein emploi. Et si c'était facile, ça serait fait depuis longtemps.
Dans la conférence de presse du Premier ministre, que j'ai écoutée de A à Z, il fallait du courage, il n'y a pas eu un mot sur la relocalisation des emplois, sur la baisse des charges pour les PME, sur cette compétitivité qui permettra de porter notre système social. Vous me connaissez, je ne suis pas quelqu'un qui dit aux races gratis, ce n'est pas mon style. Je veux qu'on lutte contre la fraude, je veux qu'on crée de l'emploi en baissant les charges des PME qui relocalisent, et je veux qu'on taxe l'évasion fiscale de grandes entreprises multinationales qui ne payent pas d'impôts en France. Ce n'est pas la question. Et le problème des retraites, il est réglé.
Qu'on arrête d'affoler les Français. On arrête de culpabiliser les Français d'avoir travaillé dur.
Emmanuel Macron a annoncé hier qu'il allait renoncer à sa retraite, en fait sa rémunération d'ancien président. Est-ce que vous estimez que c'est courageux ?
Non.
Non ?
Je vais vous dire pourquoi. D'abord le général de Gaulle l'avait fait, il avait renoncé même à sa retraite de général. Il vivait de ses droits d'auteur, modestement. Je croirais Emmanuel Macron...
Il a travaillé très très très longtemps.
Oui, c'est vrai. Donc la retraite, elle a été assez courte. Malheureusement pour lui. Mais je vais vous dire...
Ce qui ne serait évidemment pas le cas d'Emmanuel Macron.
Non, mais Emmanuel Macron, j'aimerais qu'il s'engage devant les Français à ne pas travailler dans un fonds de pension auquel il ouvre les portes, à ne pas travailler dans une multinationale américaine à laquelle il a vendu les plus belles entreprises françaises, Alstom et d'autres. S'il s'engageait à ne pas pantoufler chez Rothschild où il a gagné 2,8 millions d'euros en 3 ans, ce serait pas mal.
Vous estimez que c'est ça le risque ? Bien sûr que c'est là le risque. Il a déjà un pied dans ses entreprises, si on vous écoute.
Bien sûr. Et c'est ça qui me désole pour le pays. Vous savez, si Emmanuel Macron relocalisait les emplois, s'opposait à la vente des entreprises... Tiens, une des plus belles entreprises françaises, la TECOER. Personne n'en a parlé. La TECOER de la région toulousaine. Vous savez, 5000 emplois qui fabriquent tous les sous-traitants d'Airbus. Des plus belles entreprises. Là, dans l'indifférence générale, est passée sous le contrôle d'un fonds vautour américain. L'enjeu des retraites... Je vais vous surprendre. L'enjeu des retraites, si on était un pays qui arrête de regarder vers le passé, l'enjeu des retraites, c'est de faire en sorte qu'il y ait une force économique française.
Nicolas Dupoignan. Que nos entreprises ne soient pas bradées à l'étranger pour qu'après elles soient délocalisées, qu'on baisse les charges, qu'on incite au travail. Moi, je suis pour le travail qui paye. Cette réforme, vous savez, elle est paradoxale. Cette réforme, elle tape sur les gens qui ont travaillé. Mais vous croyez que vous allez motiver les jeunes en leur disant que vous n'allez pas avoir de retraite ? Une retraite de misère ? Alors que vous travaillez, et en revanche, ceux qui fraudent, ceux qui se la coulent douce, ceux qui sont eux, en revanche, il y a toujours de l'argent pour eux, qu'ils soient au sommet ou à la base.
Mais est-ce que c'est le cas, vraiment, ça ?
Ah ben oui. Vous savez, moi je veux par exemple que les gens qui aient le RSA, qui souffrent d'ailleurs, parce que vous savez, beaucoup de gens qui ont le RSA aimeraient travailler, puissent avoir une journée d'insertion où ils travaillent dans une collectivité locale, un hôpital, pour leur redonner une chance d'insertion. Donc, il ne s'agit pas de punir les gens qui ont des difficultés, il s'agit de les aider, d'inciter au travail.
Et de les intégrer, si on vous entend.
Mais il faut qu'au sommet, au sommet, les plus riches, comme les plus modestes, soient incités au travail, et qu'on aide ceux qui ont bossé, qui bossent durement dans notre pays. Nicolas Dupont-Aignan,
vous ne m'avez pas vraiment répondu sur cette retraite à laquelle a renoncé Emmanuel Macron. Vous dites... Très bien. Il s'engageait à d'autres choses. Mais est-ce que vous, président, vous renonceriez ? Est-ce que c'est une bonne chose qu'il y ait renoncé ? Est-ce que c'est une bonne chose qu'il le supprime, y compris pour les suivants ?
Mais pourquoi pas ? Moi, j'ai toujours demandé la fin des privilèges. Mais j'ai demandé la fin des privilèges. Bon. Mais pour autant... Donc, c'est pas mal qu'il le fasse. Oui, mais je préfère entre nous un président qui a sa retraite... Il ne faut pas qu'il ait une retraite supplémentaire. Il a une retraite des 5 ans qu'il a exercées. C'est ce qui va être dans les cas.
C'est-à-dire qu'il renonce à la rémunération d'anciens présidents. Très bien. Je l'ai demandé 20 fois. Pour autant, il cotisera comme tout un chacun.
Très bien. Je lui ai demandé 20 fois. Vous savez, on peut réformer le pays si, comme le général de Gaulle, on s'astreint soi-même à renoncer aux privilèges.
Vous revendiquez tous du général de Gaulle, lui comme vous.
Eh bien, très bien. Au moins, il y a un point d'accord.
Nicolas Dupont-Aignan, les députés de La République En Marche, à la suite de cette annonce d'Emmanuel Macron, ont dit qu'ils étaient prêts à accepter d'intégrer le régime universel et à renoncer aussi à ce régime spécial des députés. Excusez-moi, heureusement. Vous-même qui êtes...
Mais heureusement. Mais attendez, ils vont faire souffrir des millions de Français. Donc, ils peuvent souffrir aussi. Mais moi, je vais vous dire, je n'ai pas envie que les Français souffrent. Et je suis convaincu qu'on peut sauver les retraites des Français sans casser le système de la répartition et ouvrir aux fonds de pension. Car derrière cela, il y a l'affaire des fonds de pension. M. Marlech, ce n'est pas un député de Debout la France, c'est un député républicain, a mis sur la table à l'Assemblée, j'étais en séance, le scandale de BlackRock, qui est une entreprise américaine... C'est un fonds de pension qui a été reçu à l'Elysée.
Et qui va bénéficier de la fin des cotisations sur les plus hauts salaires, au-dessus d'un plafond, 3 milliards de cotisations qui vont être perdues pour le système des retraites français.
Et qui va peut-être encourager les plus hauts revenus à aller vers la cotisation.
Avec les fonds de pension, c'est 3 milliards de perdus. Alors, on nous dit qu'il y a un déficit, et on va enlever 3 milliards de cotisations, et on va continuer à payer pour les plus hauts revenus qui ont déjà cotisé. C'est normal. Donc, c'est n'importe quoi, cette réforme. Le gouvernement... D'ailleurs, si cette réforme... Apolline de Malherbe, quand même, il y a un truc, je pensais en venant. Si cette réforme était si géniale, pourquoi il ne l'applique pas à tout le monde ? Pourquoi il s'arrête à 1975, 1975 ?
Parce que vous l'avez vu, quand même, le pays est très bloqué. Il y a un moment où il faut peut-être faire un petit chemin.
Si cette réforme était si géniale, que le gouvernement s'engage, comme l'a dit le Premier ministre, à mettre dans la loi que personne ne sera perdant, qu'il n'y aura aucune baisse des retraites. Et je vais vous dire autre chose.
C'est très théorique, ça, quand même.
Ah non, ce n'est pas théorique du tout pour les Français qui vont toucher 500 euros de moins ou 1 000 euros par an. Et je vais vous donner un exemple. J'ai retrouvé, dans les papiers européens, la grande orientation de politique européenne. Vous savez, ce sont des recommandations très insistantes
par la Commission de Bruxelles.
Et j'invite les Français qui auront le temps à regarder sur Internet le 5 juin 2019. 5 juin 2019, il est purement écrit « La France doit revoir son système de retraite pour faire des économies supplémentaires. » Donc, ce que vous dites, c'est qu'il ne faut que répondre...
Que répondre...
Ils obéissent.
Cela dit, vous pourrez aussi retrouver sur Internet le programme d'Emmanuel Macron qui était candidat. Là, pour le coup, c'était avant que la Commission ne fasse ses recommandations. C'était dans son programme.
Mais pas sous cette forme-là.
Pas l'équilibre, mais la réforme universelle par point.
Non, mais même, la réforme universelle par point, qu'on s'entende bien, elle est dangereuse parce que, une fois que vous avez le système par point...
Je ne dis pas qu'elle est dangereuse ou pas, je réponds simplement à votre point. Sur l'Europe, ça n'était pas en réponse à l'Europe puisque c'était une décision alors qu'il était candidat. Puisqu'il faisait croire qu'elle ne ferait aucun perdant. Nicolas Dupoignan, je voudrais qu'on puisse parler également du voyage d'Emmanuel Macron en Côte d'Ivoire. La fin du France-CFA, c'est une page qui se tourne. Est-ce que c'est bien ainsi ?
Moi, ça ne me déplaît pas. À une condition, c'est qu'on aille au bout. Or, j'ai remarqué que la France garantit toujours la monnaie, la nouvelle monnaie. Alors, c'est quand même extravagant. On nous dit, c'est la fin. On enlève les représentants français. Et ça, pourquoi pas ? Je comprends que les Africains aient envie de gérer leur monnaie seule. Moi, j'aimerais qu'on gère notre monnaie seule. Donc, je les comprends fort bien. Mais alors, pourquoi la Banque de France reste garante de la monnaie ? Donc, vous voulez dire, allons jusqu'au bout ? Allons au bout. Et puis, parce que... Mais je comprends cette volonté. Ça, ça ne me gêne pas du tout.
En revanche, j'ai été un peu surpris des paroles du président.
Il a dit, le colonialisme a été une erreur profonde, une faute de la République.
Alors, moi, je vais vous dire. Gaulliste, je suis pour le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Mais là, depuis 60 ans, 60 ans, les États africains sont indépendants. Et j'aurais aimé que le président de la République...
Donc, ça veut dire que vous êtes quand même d'accord sur le fond ? Ça a été une erreur ? Ça a été une faute ?
Il y a eu un phénomène historique qui a produit beaucoup de drames, beaucoup de douleurs, qui a aussi apporté des bienfaits. Le bilan n'est pas tout noir, tout blanc. Certains veulent qu'ils soient tout noirs, d'autres veulent qu'ils soient tout blancs. Moi, je crois qu'on est heureux quand on est libre. Et donc, je comprends que les États africains aient voulu retrouver leur liberté.
Ça a été une erreur ? Ça a été une faute de l'État français ?
C'est l'histoire de France. C'est l'histoire de ses poils.
Donc, vous ne voulez pas la qualifier ?
Je ne veux pas la qualifier parce que j'en ai assez de la repentance permanente. Ça fait 60 ans. Et j'aimerais plutôt qu'on s'occupe de décoloniser la France.
C'est-à-dire quoi, décoloniser la France ?
Monsieur Macron, il laisse la France coloniser. Coloniser par qui ? Oh, coloniser économiquement, entreprise américaine et chinoise. Coloniser en permanence. C'est-à-dire que nous ne sommes plus maîtres de notre politique par Bruxelles, politiquement, par l'Allemagne qui décide à notre place. Alors, je trouve extraordinaire qu'un président de la République française aille rappeler les événements d'il y a 60 ans, alors que les États africains sont libres, qu'ils sont colonisés en ce moment par la Chine, qui colonise le monde.
Donc, pour vous, la France est un pays qui n'est pas libre aujourd'hui.
Ah non, il n'est pas libre. Et on le paye très cher. Et cette réforme des retraites est une des marqueurs de cette absence de liberté. Moi, je suis gaulliste. Je crois à la France libre. Libre. Je veux qu'elle soit libre.
Encore une fois, vous êtes gaulliste. Ils le sont tous. Merci en tout cas Nicolas Dupont-Aignan. Oui, ils le sont tous. Mais ce n'est pas toujours les mêmes enseignements entre nous. Merci Nicolas Dupont-Aignan d'avoir été avec nous ce matin. Merci à vous. Vous êtes député de l'Essonne, président de Debout la France. Il est 8h53 sur RMC et BFM TV.
Nicolas Dupont-Aignan