Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewC dans l'air (sur YouTube)· 25 juin 2025 10 min

Iran/ Israël : le "cessez-le-feu"... et la colère de Trump - Reportage C dans l'air 24.06.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

la fin d'une guerre de 12 jours, persuadé qu'il pouvait revendiquer le titre de faiseur de paix. Il est comme toujours rattrapé par l'histoire, la réalité et les haines ancestrales. - Au coeur de la nuit, D.Trump siffle la fin de la guerre.

Quelques minutes plus tard, son vice-président, J.D.Vance, affiche sa satisfaction sur Fox News. - J.D.Vance: Je pense que les Iraniens sont arrivés à un point où ils ne souhaitent plus poursuivre les hostilités.

Demain marquera un nouveau point de départ, la fin du programme nucléaire iranien, le début de la paix au Moyen-Orient. - 48 heures après les bombardements américains sur 3 sites nucléaires en Iran, D.Trump joue les faiseurs de paix dans une chorégraphie savamment orchestrée où chaque camp tente de garder la main. 1re étape hier soir: l'Iran lance ses représailles. - La base terroriste américaine au Qatar a été la cible d'une attaque de missiles puissante et destructrice. - Une attaque revendiquée, mais une volonté de ne pas jouer l'escalade.

En coulisses, le régime avait prévenu les Américains. - Dans un nouveau message sur les réseaux sociaux, le président Trump a déclaré qu'aucun Américain n'avait été blessé et que les dégâts étaient minimes. Il a également confirmé que l'Iran avait averti de l'imminence de l'attaque. - Etape 2: D.Trump annonce donc un cessez-le-feu.

Etape 3: chacun des belligérants considère avoir remporté la partie. - L'opération lancée par le corps des Gardiens de la révolution islamique menée en réponse à l'agression américaine avec la fermeté et l'unité exemplaire de notre cher peuple dans la défense de la patrie a contraint l'ennemi à accepter le cesser-le-feu. - On peut dire que Tsahal a pleinement atteint tous les objectifs définis dans l'opération. - Mais ce cessez-le-feu peut-il tenir?

Ce matin, les Israéliens accusent l'Iran de l'avoir violé et répliquent en détruisant des équipements stratégiques près de Téhéran. A Washington, D.Trump hausse le ton. - D.Trump: Je ne suis pas content de ce que fait Israël maintenant.

Il y a eu une roquette qui, je suppose, a été tirée au-delà du temps imparti. C'était après le délai et elle a raté son objectif. Maintenant, Israël veut répondre.

Ils doivent se calmer. Ridicule! - Le président américain, en colère, appelle directement B.Nétanyahou et l'intime à respecter son deal.

Dans le monde, l'annonce de cet accord est accueillie avec un soulagement prudent. ... *-D.Peskov: C'est ce que la Fédération de Russie a réclamé depuis le tout début de ce conflit.

Par conséquent, oui, cela peut et doit être salué et nous espérons que ce sera un cessez-le-feu durable. - Un cessez-le-feu où chacun va devoir faire des concessions. D.Trump annonce ne plus vouloir de changement de régime à Téhéran, mais Israël l'accepterait-il? - C.Roux: Nous allons revenir sur cette question du changement de régime.

Un mot de ce reportage. On a l'impression que tout le monde est content. - N.Bacharan: Personne n'a perdu, tout le monde a marqué des points et dit "c'est ce qu'on voulait".

On peut dire que tout le monde souhaitait un cessez-le-feu, c'est assez juste. - C.Roux: Tout le monde a eu peur de l'embrasement. - Gal J.-P.Perruche: Et presque tout le monde voulait que l'Iran soit empêché de se doter du nucléaire.

C'était le cas des Américains, des Européens et de beaucoup d'autres pays. Cet objectif est atteint, au moins temporairement. - A.Bellanger: Il a été expliqué à un certain nombre de journalistes pendant la campagne que l'objectif était de détruire assez pour que l'Iran n'ait plus rien à négocier au sortir de cette guerre.

On ne peut rien obtenir de mieux quand on n'a pas d'hommes sur le terrain. C'est une guerre incroyable et unique qui teste des théories développées plusieurs fois, des guerres aériennes qui ne se font que par des missiles, des drones et une aviation que l'Iran n'avait pas et sans hommes sur le terrain. Ce type de guerre ne peut pas durer plus d'une douzaine ou une quinzaine de jours.

D'abord, parce qu'Israël n'a pas les munitions pour aller au-delà et parce qu'il n'y a pas grand-chose à obtenir de plus que le bombardement de quelques objectifs. - C.Roux: Et maintenant?

Le président iranien dit à l'instant qu'il est prêt à revenir à la table des négociations. Qu'est-ce qu'on négocie? - M.Pirzadeh: La survie du régime.

D.Trump n'a pas arrêté de souffler le chaud et le froid. Un jour, il voulait un changement de régime, un autre, il voulait le maintenir.

Il a sorti le slogan "Make Iran Great Again". Aujourd'hui, c'est un régime affaibli qui se venge sur sa population avec des arrestations massives. Une centaine de personnes a encore été arrêtée aujourd'hui.

Il y a un risque...

La sécurité est comme renforcée. La paranoïa est partout dans les rues d'Iran. Chacun est accusé par les forces de sécurité d'être un agent du Mossad.

Déjà qu'un régime affaibli est une menace pour la population, la société civile, mais c'est une aubaine pour le monde occidental et les Etats-Unis, qui veulent pousser l'Iran à revenir à la table des négociations, où ils ne seront plus en position de force. Mais le programme nucléaire iranien, rien ne dit qu'il l'a mis à mal totalement. - C.Roux: Annonce à l'instant: l'Iran ne cherchera pas à se doter de l'arme nucléaire. - M.Pirzadeh: Ils le disent depuis 40 ans.

Qui sort de l'accord en 2018? D.Trump.

Les Iraniens ont attendu un peu de temps. L'uranium était descendu à 3,67 %. En 2019, ils enrichissent leur uranium.

Des particules à 87 % ont été découvertes à Fordo. C'est quasiment l'accès à la bombe. Il leur reste de l'uranium.

Ils se sont protégés. Ils ont préservé leur réserve. Ils savaient que Fordo était l'objectif de guerre d'Israël et des Etats-Unis. - C.Roux: Ils ont anticipé? - M.Pirzadeh: Il y a des preuves.

Des avions décollaient de Téhéran 3 jours après le début de la guerre. Des camions sont apparus autour d'une autre centrale. - C.Roux: Donc on nous raconte une fable quand on nous dit que l'affaire du nucléaire iranien est terminée? - M.Pirzadeh: C'est faux.

Qui a été vérifier en Iran? L'AIEA ne va pas sur place. Elle réclame à y aller.

Ironie du sort, elle avait obtenu une autorisation pour aller visiter un des sites qui ont été bombardés. Ces 2 derniers jours, le Parlement, qui n'a aucun rôle en Iran, a voté pour que l'AIEA ne puisse plus vérifier les sites. Ca veut dire que ce pays va développer son nucléaire à huis clos, sans qu'aucune instance internationale ne vienne vérifier ce qui se passe réellement. - C.Roux: Donc on dit qu'il y a eu les bombardements, c'est propre, c'est terminé, il y a eu le cessez-le-feu et l'affaire est entendue.

Vous nous dites qu'en réalité, la question ne sera jamais réglée? - Gal J.-P.Perruche: Elle ne le sera pas tant qu'il n'y aura pas un changement de régime au niveau de l'Iran.

Pour revenir sur D.Trump, il a vraisemblablement retenu les leçons de l'histoire qui montrent que ce n'est pas une puissance étrangère, militairement, qui peut changer un régime. Il y a l'Afghanistan, l'Irak, la Libye...

Ca peut marcher quand il y a un pouvoir de substitution suffisamment crédible. Je vous renvoie à la Seconde Guerre mondiale et au général de Gaulle. On peut bombarder, mais on sait où on va.

Il est vraisemblable que D.Trump a compris qu'on ne pouvait pas changer avec des bombes un gouvernement comme ça. - C.Roux: Est-il aligné avec B.Nétanyahou sur ce point?

C'est ce que suggérait ce reportage. N'est-ce pas la question d'après? - Gal J.-P.Perruche: Je pense qu'il y a un gros désaccord.

Autant ils étaient d'accord sur l'objectif de neutralisation du nucléaire...

Aucun n'avait précisé pour combien de temps. Peut-être que Nétanyahou pensait que c'était pour toujours et que Trump était conscient que c'était retarder le problème. Mais le retarder sans causer de dommage à la population, qui va peut-être faire une unité autour du régime, le contraire