QUI GOUVERNE GAZA : Israël, Hamas et milices locales
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Depuis octobre 2025, un cessé le feu est officiellement déclaré dans la bande de Gaza sur le terrain. Les bombardements continuent, les échanges de tir aussi alors que l'aide humanitaire reste extrêmement limitée et que les lignes de démarcation se déplacent constamment. Il y a quelques jours encore, le premier ministre israélien Benjamin Netaniaou a annoncé vouloir porter le contrôle israélien de Gaza de 60 à 70 % du territoire.
En face, le Hammas est très affaibli, présenté comme l'une des l'un des derniers architectes de l'attaque du 7 [musique] octobre, le chef des brigades Alcassam, Esdin Alhadad, a été assassiné le 15 mai dernier. Le mouvement se recompose mais il reste présent sur le territoire toujours plus restreint où [musique] vive encore la majorité des Gazaouis. D'autres acteurs également sont apparus, des milices armées hostiles Ohamas, [musique] des clans qui prennent de la place dans l'aide et la médiation locale et enfin le conseil de paix voulu par Donald Trump.
Alors, quelles sont les recompositions [musique] en cours dans la bande de Gaza ? Que reste-t-il du Hamas ? Qui sont les nouveaux acteurs politiques au sein de la population palestinienne de l'enclave qui gouverne Gaza ?
C'est la question que nous poserons ce soir à notre invité Lailla Sera. Bonsoir. Bonsoir.
Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes politiste, chercheur au Carep, le centre arabe de recherche et d'études politiques de Paris. Vous aviez publié il y a quelques années le Hamas et le monde aux éditions CNRS Hamas dont vous êtes une une des analystes une des spécialistes.
Merci encore d'avoir accepté notre invitation en question du soir. [musique] Il était dangereux de retourner chez nous après le cesser le feu car notre maison se trouve au-delà de la ligne jaune. Mais maintenant, j'aimerais pouvoir retourner à Betlaya.
Si une nouvelle ligne de retrait est établie, je veux pouvoir rentrer chez moi, ne serait-ce que pour planter une tente devant les ruines de ma maison. La vie est extrêmement difficile ici pour pouvoir manger et s'approvisionner. C'est vrai que certains produits sont importés et sont même devenus moins chers.
Mais malgré tout, nous n'avons pas d'argent pour acheter quoi que ce soit. On n'a pas de travail et donc pas de revenu. Je crois que la tenue d'élection dans la région centrale, après la fin de la guerre dans la bande de Gaza donne un nouvel espoir à toute une génération qui n'a pas participé à un processus électoral démocratique depuis 20 ans.
La situation sécuritaire et l'ampleur des destructions dans de nombreux quartiers rendent impossible l'organisation des élections. Nous avons donc opté pour Derel Bala car elle a subi le moins de dégâts, ce qui permet un processus électoral nettement plus fluide. Voilà quelques témoignage à la fois sur la difficulté pour les Gazaoui de de se déplacer au sein de la bande de Gaza et également sur ces élections.
On va y revenir dans l'émission qui ont eu lieu il y a un mois à Derel Bala. Leila sera, quelle est la situation depuis octobre 2025 à Gaza depuis ce CCLP et ce cesser le feu pardonnez-moi et ce plan Trump pour la paix à Gaza. Alors, depuis 8 mois, euh depuis le la concrétisation du plan Trump, on a euh bah une situation où bah en fait, je pense que pour bien comprendre cette situation, il faut poser le bon diagnostic d'abord et comprendre comment on est arrivé au plan Trump.
C'est-à-dire que Israël a connu beaucoup de difficultés militaires face au Hamas pendant les 2 ans qui ont suivi le 7 octobre. Et euh Israël n'est pas parvenu à réaliser ses objectifs de guerre au premier rang desquels la le démembrement du Hamas. Et donc parce qu'Israël a échoué à réaliser cet objectif militairement, Israël va essayer de l'obtenir sur le plan des dites négociations.
Donc c'est ça le plan Trump. En fait, c'est une manière de d'essayer de rejouer ce qui serrait a échoué à réaliser militairement sur le plan diplomatique. Donc le plan Trump, c'est tout simplement, on peut le dire, on peut le résumer comme une forme de continuation de la guerre par d'autres moyens.
Et c'est aussi euh et je pense que c'est très important de le souligner, une mise sous tutelle internationale de la Mand de Gaza puisqu'on retire aux Palestiniens le contrôle sur leur propre gouvernement. Tout simplement, on présente les Palestiniens dans le plan Trump comme incapable de se gouverner par eux-mêmes avec une la mobilisation encore de cette vieille rhtorique, je dirais, de la période des mandats. Et aussi ce qui est important de souligner, je pense avec ce plan Trump, c'est la manière dont il a été validé par le l'ONU puisque le Conseil de sécurité a entériné ce plan et on voit bien d'une certaine manière que l'ONU continue d'accompagner en fait un plan impérialiste en l'occurrence américain contre la Palestine.
Est-ce que le Conseil pour la paix est effectif aujourd'hui ? Est-ce qu'il fonctionne ? Est-ce qu'il y a des prises de décision, des rencontres, des plans qui sont annoncés concrètement ?
Non, le conseil de paix ne fonctionne pas et c'est un échec flagrant. Il y a même des difficultés de trouver des financements. Euh, il n'y a aucune prise de décision réelle qui a en fait, il s'appelle Conseil de paix, mais tout simplement alors les Palestiniens se sont rendus compte qu'ils n'avaient rien apporté sinon que la guerre et que Trump s'est présenté avec son plan, son fameux plan validé en octobre 2025 comme le garant de de la paix.
En tout cas, celui qui a euh fait cesser les hostilités dans la bande de Gaza. En réalité, Trump continue la guerre puisque Trump est celui qui mène actuellement la guerre sur d'autres fronts au côté d'Israël. Et donc euh ce que le plan Trump nous dit, c'est que c'est un plan de perpétuation de du conflit.
Il est clair que c'est tout sauf la paix. Je le disais en introduction, il y a quelques jours, le premier ministre israélien Benjamin Netaniaahou a annoncé vous leur porter le le contrôle militaire de l'armée israélienne de Gaza de 60 à 70 % du territoire. Quel est aujourd'hui l'intérêt israélien d'étendre son contrôle sur la bande de Gaza ?
Est-ce que c'est un enjeu sécuritaire d'abord ? Est-ce que c'est un enjeu politique ? Alors oui, bah encore une fois, ce plan Trump a tracé la fameuse ligne jaune.
Une ligne jaune qui était censée, d'après le plan être une ligne temporaire mais qui en réalité est une ligne permanente. Ce passage he du temporaire au permanence, c'est quand même quelque chose de constant dans l'histoire politique d'Israël qu'il a appliqué pour coloniser la si Jordanie, le Liban et qu'il a d'ailleurs fait de tout temps dans la bande de Gaza puisque il y avait déjà une ligne jaune en 1949 au moment de l'armistice. une ligne jaune qui était devenue très vite une zone tampon et une zone tampon qui avait permis à Israël de capturer, on va dire, 200 km² de plus de la bande de Gaza.
Euh donc ça c'est, j'allais dire une constante dans la politique israélienne. Et et là, ce que ça permet de faire à Netaniaahou, c'est en effet sous prétexte sécuritaire d'augmenter cette ligne qui sans cesse a été repoussé et qui qui repoussé vers vers l'ouest depuis le mois d'octobre [grognement] pour exercer un contrôle permanent sur ces territoires et pour en changer à la fois la dimension politique mais surtout démographique puisque le spectre de la déportation des Palestiniens n'a pas disparu. Les Laassera, à quoi ressemble Gaza aujourd'hui ?
On a parlé pendant lorsque le conflit était encore ouvert et qu'on parlait beaucoup de gaz. On parlait de 80 % du territoire détruit par les bombardements et les bulldoer. Est-ce qu'il y a un début de reconstruction en cours par la population Gaza ?
Oui, par des entités politiques ? Est-ce que Gaza est arrêté dans le temps de cette destruction militaire ? Oui, il y a absolument pas de reconstruction en cours puisque la reconstruction est censée arriver avec l'étape 2.
Donc, on est toujours dans ces discussions pour passer de l'étape 1 à l'étape 2. Euh l'étape 1 étant alors il y a il y a un flou évidemment autour de cette étape 1 qui permet à Israël de dire "Bah moi, je veux imposer la démilitarisation du Hamas avant de passer à l'étape 2." alors même que Israël est censé elle-même respecter l'étape 1, c'est-à-dire laisser entrer l'aide humanitaire et surtout se retirer retirer ses troupes et surtout et on en a pas parlé laisser le gouvernement technocratique qui a été nommé par le fameux conseil de paix qui est composé de Gazaoui qui n'a toujours pas eu le droit d'entrer dans la bande de Gaza.
Donc c'est ce sont ces discussions autour de l'étape 2 qui sont actuellement en cours et des discussions qui devraient pas du tout nous conduire à penser qu'Israël négocie. C'est-à-dire je m'explique, on parle de négociation mais en réalité la négociation n'existe pas. Donc celui qui continue de parler de négociation en croyant qu'on est on a vraiment affaire à des discussions d'une partie à l'autre avec des des tergiversations sur tel et tel point ne comprend pas en fait ce qui se passe et passe complètement à côté du sujet.
Israël ne négocie pas. Et la question qu'il faut se poser, c'est plutôt pourquoi Israël continue de mener un simulacre de négociation, d'organiser sans cesse des pourparler incessant qui ne se sont jamais arrêtés. À quoi ça sert en fait ?
Quelle est la finalité de ces discussions ? Alors la première des choses, c'est effectivement de d'exercer une pression sur le Hamas. Israël va se servir du temps de la négociation pour assassiner les leaders du Hamas et exercer une pression sur eux pour qu'ils cèdent. [grognement] Donc encore une fois, c'est la continuation de la guerre par d'autres moyens.
Est-ce que le conflit est encore ouvert entre est-ce que le Hamas aujourd'hui a encore la possibilité de feu vis pour avoir mené des opérations contre l'armée israélienne dans Gaza ? Alors le Hamas se se complèt enfin je veux dire se d'ir respecter le cesser le feu malgré les violations israéliennes et donc n'envre pas le feu d'ailleurs militairement euh je ne sais pas s'il en aurait les capacités. En tout cas, ce qu'on peut dire pour sûr, c'est que d'un point de vue militaire, euh le leadership du Hamas est beaucoup plus performant sur le terrain à Gaza.
Il l'a été, en tout cas, il l'a prouvé que dans les négociations qui sont un autre volet de la guerre. C'est-à-dire que les négociations permettent aux Israéliens d'identifier des têtes, de prendre le temps de la négociation pour essayer de d'essayer de comprendre ce que les le Hamas, comment le Hamas est en train de se réorganiser euh et se débarrasser du leadership et des successeurs. Donc c'est ça qui se passe dans le temps de la négociation.
Et le Hamas est beaucoup moins fort, j'allais dire sur ce volet là qu'il ne l'était dans le volet directement militaire où il apportait des coups sévères à Israël. Qu'est-ce que ce redécoupage de la bande de Gaza avec cette ligne jaune qui bouge, on l'a compris, en fonction des avancées des de l'armée israélienne, qu'est-ce que ce redécoupage change dans le pouvoir réel du Hamas à Gaza ? Est-ce que le mouvement islamiste a encore une capacité de gestion politique du territoire ?
Bah, il recule tout simplement. Donc là, comme vous le disiez dans l'introduction, le Hamas n'a plus que 36 % de la bande de Gaza sous son contrôle. la mais ces 36 % il décontrôle au euh réellement est-ce que vraiment il effectue une police, une justice, disons un fonctionnement normal avec tous les guillemets que ce normal qui s'impose euh mais est-ce que le Hamas a la capacité encore aujourd'hui de tenir Non non, le Hamas a été bah non, on est dans un contexte là, si on parle de la gouvernance de la bande de Gaza, on est dans un double contexte où à la fois le gouvernement technocratique n'a pas le droit de rentrer dans la bande de Gaza.
Donc un premier vide institutionnel, un deuxième vide institutionnel qui est lié tout simplement à l'effondrement du gouvernement de l'administration qui était contrôlé par le Hamas. Et et donc on a des formes des formes, j'allais dire embryonnaires qui commencent à émerger où des clans, des familles euh commencent à s'organiser pour essayer de combler ses vides. Donc effectivement combler ses vides notamment euh le vide humanitaire puisqu'Israël vient d'interdire encore à 37 organisations de fournir l'aide humanitaire et d'entrer dans la bande de Gaza.
Donc on essaie de prendre le le relais pour euh pour fournir l'aide humanitaire aussi sur le plan judiciaire. Vous avez raison, c'estes ses clans et ses familles essayent de s'organiser pour compenser le vide administratif, l'absence de tribunaux qui était précédemment géré par le Hamas pour essayer d'établir une justice. Et donc, on voit que ces formes embryonnaires en tout cas donnent complètement tort à l'idée selon laquelle les Palestiniens ne seraient pas capables de se gouverner par eux-mêmes.
Mais qu'est-ce que ça veut dire ces clans et ces familles ? C'est des assemblées qui s'organisent, des âgés par quartier, parou. Oui, tout à fait.
Bah la bande de Gaza, il y a des grandes tribus et des familles qui sont connues. Donc vous avez certains membres de ces tribus qui vont être choisi par Israël pour mener pour prendre la tête de Milice pour essayer de de d'organiser le chaos, j'allais dire dans la bande de Qatar. Parce que ce qui intéresse les Israéliens à l'heure actuelle, c'est de d'établir une politique de chaos.
Donc c'est l'administration du chaos. Donc on a certains certains chefs de clan comme ça qui se font tout d'un coup qui prennent les habits de de de voilà, j'allais dire personnalité à la tête d'un clan que l'on nomme le clan de la lutte contre le terrorisme qui va en fait tuer systématiquement comme on l'a vu à Hanunes récemment organiser le meurtre, le pillage de des convois humanitaires. Donc c'est c'est ces tribus qui peuvent à la fois servir à Israël dans cet intérêt-là. ce qui ne fonctionne pas puisqu'on a vu que la population de Gaza les dénigré le plus souvent.
Donc ces clans peineent à ces milices peineent à à séduire les gazaouis. Alors, est-ce que il faut distinguer les clans et les familles d'un côté des milices de l'autre ou est-ce que ça se mélange ces milices armées que vous décrivez qui Non, ça n'a rien à voir. Non, non, bien sûr, ça n'a rien à voir.
Euh le la les les clans et les tribus dont on parlait qui qui servent là actuellement, qui s'organisent pour essayer de combler ces vides institutionneles, ce sont les grandes familles. Mais dans ces grandes familles, effectivement, ce sont des familles larges, hein. Ce sont pas des familles nucléaires, ce sont des des tribus.
Euh et euh et ça n'a absolument rien à voir. On a aussi une confusion parfois entre les collaborateurs et les milices qui sont aussi deux phénomènes différents. Une milice est utilisée par Israël pour créer le chaos.
Elle est rétribuée euh avec de l'argent, de la nourriture dans un contexte où euh les Gazaouis n'ont plus rien et que il y a une famine qui est en train de revenir à Gaza euh qui sont payés au au lance-piierre et protégé par Israël. Les collaborateurs, c'est encore autre chose. Les collaborateurs, ce sont des individus palestiniens qui sont choisis par les Israéliens. euh à travers des politiques souvent de chantage pour donner des informations aux Israéliens et permettre d'identifier les têtes de la résistance.
Est-ce que ces milisques armés que vous décrivez affaiblissent euh le Hamas dans sa posture position politique ? Est-ce que le ça sape la capacité de contrôle du Hamas ? Au contraire, sont-elles des alliés involontaires euh de du Hamas comme garant peut-être d'une tradition politique désormais dans la bande de Gaza ?
Allié involontaire ? Non, pas du tout. En fait, ils servent pas les intérêts du Hamas et mais si on voit que indirectement ça permet au Hamas de se rétablir comme le garant de la sécurité, j'y verrai pas euh d'une manière automatique des alliés volontaires.
Ça c'est un biais qu'on a souvent quand on parle de la politique en Israël, Palestine, à croire que parce que un acteur politique va dans le sens, voilà, ça c'est à mon avis un biais dans lequel il faut pas tomber. Euh mais euh en l'occurrence, oui, en effet, euh c'est une politique qui est euh euh qui ne fonctionne pas, en tout cas une stratégie israélienne qui peine à fonctionner puisque les les Israéliens, les Palestiniens, pardon, voient tout de suite ces ces personnes comme des comme des collaborateurs en tout cas ne préfèrent en tout cas euh bah rester fidèle au Hamas plutôt que d'aller dans le sens de ces miliciens. Alors, je rappelle, vous avez publié il y a quelques années un livre Le Ramas et le Monde.
Vous travaillez beaucoup sur ce mouvement islamiste. Quelle est aujourd'hui la position, la réalité du Hamas ? Que reste-t-il du Hamas ?
Je le précise pour les auditrices, auditeurs qui peut-être ne le savent pas, la majorité des grands cadres du Hamas ont été tué au cours de de ces deux années et demi de conflit dans la bande de Gaza. Yahya Sinoir qui était le chef du Hamas à Gaza. Mohamed Dave, le chef des brigades edines Alcassam, la branche militaire du Hamas.
Mohamed Sinoir, frère du premier également responsable et je pourrais continuer la liste comme ça. Que reste-t-il duas ? Est-ce que le mouvement est totalement décapité aujourd'hui ?
Alors sur le plan militaire, les personnes que vous avez cité ont été assassinées. Donc la plupart des cadres qui ont organisé l'opération du 7 octobre ont été en effet assassinés. C'est ce qu'a déclaré Benjamin Etanyaou.
Il n'y a plus d'organisateur du 7 octobre qui soit encore en vie. Il l'a dit ça après euh la la mort justement de Ezedine Alhadad le 15 mai dernier. [grognement] Oui, c'est toute une génération qui a organisé le 7 octobre qui a en effet disparu.
Euh davantage, c'est toute la ce qu'on appelle le majelis Sarascari, c'estàdire l'assemblée militaire des brigades Alcassam qui s'est vu entièrement décimé avec pour l'heure une des considérations qui sont d'ordre bah de renouvellement tout simplement de ces cadres avec le deuxème cercle qui va automatiquement passer voilà à la tête du premier cercle et devenir cette nouvelle assemblée militaire des brigades Alcassam que le premier cercle aujourd'hui qui a été tué à Milé. Il reste une réserve de cadres dirigeant au sein de la bande de Gaza. Tout à fait tout à fait et la question qui se pose c'est en effet le passage à la clandestinité puisque probablement que le Hamas ne va pas se risquer à nommer officiellement les successeurs puisque on voit bien qu'ils sont systématiquement assassinés.
Euh, ça c'est la première chose. Après, d'un point de vue politique, on a aussi des élections en cours pour la nomination du successeur de RSI noir à la tête du bureau politique. Des élections qui avaient commencé il y a déjà quelques mois et qui ont eu beaucoup de retard.
Des élections internes internes Oui. pour la pour la direction de son bureau politique cette fois. Donc un bureau politique qui est dispersé géographiquement avec des membres qui résident à Gaza, d'autres à l'extérieur des territoires palestiniens occupé, d'autres encore qui représentent le Hamas dans les prisons.
Enfin, c'est c'est un leadership qui est éclaté d'un point de vue géographique. Et ces élections devaient donc se tenir enfin le les résultats devaient être proclamés en février dernier. Puis il y a eu la guerre contre l'Iran, une difficulté aussi à choisir le successeur avec les candidatures assez serrées entre Khalid Michal qui a déjà dirigé le Hamas entre 1996 et 2017.
Euh et Khalil Haya qui est un proche de Yahinoir et qui est également un candidat pressenti euh avec des lignes politiques qui sont clairement assez différentes. Khalid Mecha est considéré comme proche des frères musulmans, proche de la de la Turquie, Khalil Haya plutôt proche de l'Iran. Mais je dois dire que ces divergences politiques euh elles sont souvent comprises comme des divergences qui reflète des clivages géographiques entre un leadership de l'extérieur qui serait modéré et un leadership de Gaza qui serait radical.
Euh et je la Kaya étant à l'extérieur, originaire de Gaza mais aujourd'hui à l'extérieur. C'est-à-dire qu'il a quitté la bande de Gaza en 2023 juste avant l'opération des luges d'Alaxa et qui réside maintenant au Qatar. Euh et donc ce qui est justement intéressant de souligner, c'est que ce leadership extérieur n'est plus constitué uniquement de profil de palestinien de la diaspora.
C'est-à-dire que traditionnellement ce leadership extérieur était beaucoup plus homéne d'un point de vue sociologique et Yariassinoir a fait en sorte que euh au moins sep euh têtes dirigeantes de la bande de Gaza se déplacent euh au Qatar avant le 7 octobre pour que ce fameux leadership de l'extérieur qui allait rester puisqu'il avait évidemment anticipé la destruction totale de la bande de Gaza et avait anticipé cette disproportion ou en fait un déséquilibre possible euh en demandant justement à ces sep dirigeants de se rendre à l'extérieur qui fassent désormais partie du leadership extérieur. Donc quand on parle du leadership extérieur aujourd'hui, il faut bien avoir en tête que il y a autant de leaders qui viennent de la bande de Gaza originaires de la bande de Gaza et qui ont quitté récemment la bande de Gaza. Ce qui est important de de le dire, c'est-à-dire qu'ils ont vécu toutes les dernières agressions contre Gaza.
La guerre de 2012, la guerre de 2014, la guerre de 2008, l'épée de Jérusalem, tout ça, ils l'ont vécu de près. Ce sont des gens qui étaient donc vraiment collés au au à la au terrain, je veux dire, de Gazaoui jusqu'à très récemment et qui font qui sont aujourd'hui le visage du leadership extérieur. Est-ce que cette recomposition de génération, la recomposition également du leadership extérieur du Ramas a des conséquences sur l'aspect doctrinal ?
Est-ce qu'il y a depuis le 23 octobre ? un changement de doctrine des des des glissements idéologiques du Hamas. Euh non, alors le Hamas c'est un mouvement c'est un grand mouvement he c'est un mouvement de masse avec différentes tendances. que je disais tout à l'heure Khalid Méchal plutôt proche de la Turquie plutôt proitique je me demandais c'est une question tout à fait peut-être naïve mais s'il y avait des tendances vraiment d'ordre doctrinal sur le fond de les objectifs à visés pour le mouvement islamiste aujourd'hui après la destruction complète de la bande de Gaza par et en effet à l'intérieur du Hamas beaucoup de discussion beaucoup de courants et beaucoup de manières différentes de regarder la lutte avec effectivement certains leaders qui vont considérer que alors la résistance armée c'est bien mais c'est peut-être pas le moment exact, c'est peut-être pas comme ça qu'il fallait le faire.
D'autres qui considèrent au contraire que bah le 7 octobre c'était le moment approprié pour lancer une telle attaque puisque dans la région on vivait une forme bah de polarisation accélérée avec un projet messéaniste de la part des Israéliens de la droite israélienne qui était en cours avec une annexion totale de la 6 Jordanie avec des incursions répétées sur la mosquée d'Alaxa. Donc tout un contexte qui explique pourquoi certains dirigeants du Ramas ont considéré que non, c'était effectivement le bon moment. D'autres qui disent "Ah non, c'est pas exactement comme ça qu'il fallait le faire.
On a aussi d'autres moyens de résistance. On a la résistance dite pacifique avec les mobilisations populaires. On a d'autres formes de résistance qu'il faut aussi prioriter.
Donc c'est des discussions effectivement en cours. C'est des discussions qui sont très prignantes à l'intérieur du mouvement. Est-ce que c'est un mouvement qui a encore la possibilité de créer un un assentiment populaire, des mouvements populaires au-delà des membres du mouvement lui-même ?
Est-ce que la population Gazaoui consentirait aujourd'hui à manifester ou en tout cas prendre part à des mobilisations sociales et politiques en faveur du Hamas après ce qu'il s'est passé depuis le 7 octobre 2023 ? Alors, les derniers sondages euh doent avoir des résultats très différenciés entre la Si-Jordanie et la bande de Gaza euh où on a une popularité du Hamas euh forte dans la en 6-jordanie mais qui a considérablement baissé dans la bande de Gaza. Ce qui s'explique évidemment par la situation humanitaire que que connaissent les Gazaouis actuellement à Gaza avec des critiques très asserbes contre le Hamas, des critiques qui portent essentiellement sur voilà les conditions de vie des Gazaoui. qu'on attribue au Hamas la responsabilité de ces conditions de vie, mais jamais la responsabilité des morts palestiniens qui est euh des assassinats des Palestiniens.
Et euh la responsabilité est toujours attribuée à Israël, à la communauté internationale et aux pays arabes, mais jamais au Hamas. Après, sur le soutien de la population au Hamas, on a vu que ce soutien était très fort durant les deux années de génocide. ce soutien était très fort.
Alors, c'est quelque chose qui qui est compliqué peut-être à comprendre quand on n'est pas familier de la situation politique de la Palestine. [soupir] Euh mais elle s'explique par plusieurs raisons. Alors, d'abord stratégiquement les les Israéliens ont complètement échoué à séparer le Hamas de la population euh parce que d'abord, ils ont tué non seulement les leaders du Hamas, les cadres, mais surtout leur famille et leurs enfants.
Et en faisant ça, ils ont rapproché la population de son leadership parce que tout simplement que la population prenait conscience du fait que c'était en fait les les Gazaouis, le le Hamas vivait exactement la même situation queeux et n'était pas comme le voulait la propagande israélienne, cachée dans les tunnels à l'abri des bombes. Une dernière question malheureusement très rapide, je le cite je le disais en début d'émission, il y a eu un vote municipal qui s'est tenu organisé par l'auto l'autorité palestinienne à Ader El Bala dans le centre de la bande de de Gaza. C'est euh les qu'est-ce qu'on dit les votes après ce vote municipal ?
Est-ce que l'autorité palestinienne a un rôle à jouer une place à prendre politique dans la bande de Gaza ? Malheureusement, si vous pouvez me répondre, en 30 secondes. En 30 secondes, non, mais pour pour faire le lien peut-être avec les avec l'organisation sociale par le bas dont on a parler en début d'émission, c'est de peut-être dire que ces élections municipales ont montré en tout cas ceux qui ont gagné ces élections étaient des gens qui étaient soutenus euh par ses clans et ses familles, ce qui montre tout simplement que ces clans et ses familles sont en train de gagner en légitimité certainement.
Merci beaucoup Leila Sera. Je le rappelle, vous êtes politiste, chercheuse au Carep, le centre arabe de recherche et d'études politiques de Paris. Merci également à toute l'équipe Bruno Baradar, Rodek Ken Berty Bourdon à la réalisation.
Vincent venait à la coordination et doit Rubinstein rester à l'écoute.