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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 29 juin 2026 42 min

Le peuple iranien, grand perdant de la guerre

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C'est l'heure du second débat de ce sens public, direction l'Iran pour savoir ce que devient le peuple iranien qui a vécu sous les bombes américaines et israéliennes depuis le 28 février tout en subissant la répression du régime islamique. Que peut-il se passer maintenant ? Une insurrection est-elle envisageable ?

Les gardiens de la révolution sortent -ils renforcés de ces plus de trois mois de guerre avant d'en débattre ? Clémentine Louise analyse le nouvel équilibre des forces politiques et religieuses en Iran. Un ministre, un responsable militaire, un porte-parole mais jamais le guide suprême.

Depuis son arrivée au pouvoir en mars, Mojtabar Amenei vit dans l'ombre des caméras une photo seulement, mais aucune apparition en public. Le personnage clé de la république islamique s'efface au profit des autres responsables politiques et militaires. La guerre a redonné une centralité importante à l'appareil militaire puisqu'il a été celui qui a aussi mené les opérations, fait qu'au niveau politique, il est l'un de ceux qui impose aussi son tempo.

Il y a un certain nombre de lignes rouges sur les concessions qui peuvent être faites en termes diplomatiques. À partir de là, vous avez une équation qui n'est plus la même entre l'avant déclenchement de cette guerre et l'après. La majorité des nouveaux responsables militaires sont toujours issus des gardiens de la révolution, la milice d'Etat, mais leur discours idéologique semble désormais privilégier le nationalisme plutôt que l'islam politique.

En revanche, la répression contre la population civile reste toujours féroce et s'est même durcie depuis le début du conflit. La répression s'est considérablement intensifiée. On parle de machine à réprimer, pour vous dire à quel point c'est important.

Et les autorités utilisent ce cette période de guerre, en quelque sorte, pour justement augmenter encore les motifs d'arrestation arbitraire, les motifs d'enfermement, de disparition en 2025 les exécutions ont augmenté de 80 % par rapport à 2024 depuis le début de la guerre fin février l'onu compte au moins 156 exécutions le peuple iranien grand perdant de la guerre, on en débat tout de suite j'accueille Karim Emile Bittard, bonsoir bienvenue, vous êtes professeur de sciences politiques à Sciences Po Paris à l'université Saint-Joseph de Beyrouth également et spécialiste du proche et du Moyen-Orient Azadekian, bonsoir, bienvenue à Vous êtes professeur et mérite de sociologie à l'université Paris Cité. Vous publiez Repenser le genre, l'ethnicité et la religion en Iran. C'est en langue anglaise, c'est aux éditions Bloomsbury.

Armin Harifi, bonsoir, bienvenue à l'Université grand reporter au point, spécialiste du Proche et du Moyen-Orient. Je signale ce documentaire que vous avez réalisé avec Julie Lerat, gardien de la Révolution, les maîtres de l'Iran, qui repasse sur la chaîne Arte dans quelques jours, 7 juillet à 21h. Anne-Charlène Bezina est restée à mes côtés, évidemment, constitutionnaliste et éditorialiste pour sens public.

Est-ce que je vais commencer par cet équilibre politique, Karim Emile Bittard ? Est-ce qu'on peut encore parler de régime des Mollahs en Iran Ce serait plus précis de parler de régime des gardiens de la Révolution désormais. Les mollas sont toujours là, ils étaient influents, leur influence a été quelque peu diminuer.

On peut même parler, sous le contrôle des Iraniens eux-mêmes, plutôt de dictature militaire. C'est plutôt pas militaire, mais enfin les gardiens de la révolution sont vraiment aux commandes. En tout cas, moi, ce que je vois sur la scène libanaise, c'est que ce sont les Pasdaran qui donnent les ordres et qui, parfois, les mettent en œuvre eux-mêmes.

Alors, les Pasdaran...

Ce sont les gardiens de la révolution. D'accord. Et donc, ils donnent les ordres au Hezbollah libanais.

Ils prennent les décisions, ils ont même des représentants sur place, certains avaient été arrêtés et il semblerait que l'autonomie du Hezbollah se soit considérablement réduite par rapport à la période d'avant la C'est évidemment un signal intéressant. Dans une interview au Grand Continent au mois d'avril dernier à Zadekian, vous parliez du nouveau régime des gardiens de la révolution, comment l'État iranien s'est renforcé dans la guerre. Quels sont les signes d'une forme de prise du pouvoir par les militaires ?

Déjà, on ne voit quasiment plus de Mola, comme on dit. Raison pour laquelle j'avais dit qu'il ne faut plus parler, à mon sens, de régime de Mola, mais régime des militaires, pas seulement des gardiens de la révolution, d'ailleurs, parce qu il y a aussi l'armée régulière. Les décisions sont prises.

Si vous regardez, par exemple, le Haut Conseil de la Sûreté Nationale qui a pris toutes les décisions pendant la guerre, qui est dirigé par un ancien gardien de la révolution, après, vous avez les gardiens de la la Révolution, dont le directeur Vaidi est quelqu'un de très dur. Et également M. Ralibaf qui dirige pour parler les négociations avec les Américains, qui lui-même est un ancien gardien de la Donc, en fait, les militaires sont là, même s'il y a toujours un président de la République qui est présent.

Mais en tout cas, les décisions sont prises. On le sait par les militaires. D'une part, ça c'est bien sûr la guerre.

Mais en même temps, ce qu'on constate, c'est que même quand il s'agit de pourparler, même le président dit les militaires ont donné leur accord, donc on peut avancer. Et justement, Armin Harifi, qui Qui négocie en ce moment ? Se cesser le feu, on sait bien qu'on est dans un cadre qui est encore assez flou.

Donc les négociations qui se déroulent en ce moment sont importantes. Qui négocie des représentants plutôt des militaires, ce sont eux qui ont la main aussi sur les négociations ? – Alors au niveau factuel, ceux qui négocie sont avant tout les fonctionnaires du ministère iranien des Affaires étrangères, représenté notamment par le ministre, enfin négociateur, Abbas Arachy, qui a négocié lui-même l'accord sur le nucléaire iranien de 2015.

Maintenant, aujourd'hui, le négociateur en chef de cette délégation, c c'est Mohamed Borer Qalibov, le chef du Parlement islamique iranien qui est lui-même un ancien gardien de la Révolution. Une fois que les négociations sont terminées, Mohamed Borer Ghalibov doit soumettre les propositions à Téhéran. Et à Téhéran, l'homme le plus fort actuellement, c'est Ahmad Vahidi, donc le chef des gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du régime, qui comme Azadekian l'a C'est un dur idéologique, mais qui n'est pas pour autant contre l'idée de négocier avec les Etats-Unis.

Il ne faut pas oublier qu'au milieu de la guerre iran-irak, il y a maintenant 40 ans, c'est lui qui était aux affaires notamment dans ce qu'on appelait l'affaire Iran-Contra, le fait que les Américains parviennent à livrer des armes aux Iraniens qu'ils combattaient par le biais d'Israël. Donc c'est une personnalité fortement idéologique qui a un poids important. Borrel Rolibov lui aussi a un poids important.

Aujourd'hui, on a d'autres personnalités aussi qui se dégagent. On en parlera peut Oui, on pourra rentrer un peu plus dans le détail, mais je voudrais qu'on commence à parler de la réaction de la population du peuple iranien. Et on va écouter Donald Trump parce que le 28 février dernier, premier jour des frappes, il s'adresse aux Iraniens. « Au grand et fier peuple d'Iran, je dis ce soir que l'heure de votre liberté est à portée de main.

Restez à l'abri, ne quittez pas vos maisons. Il est très dangereux de sortir. des bombes vont tomber partout lorsque nous aurons fini emparez -vous du pouvoir ce sera à vous de le faire ce sera probablement votre seule chance pour des générations à venir en écoutant cette déclaration 28 février.

Je pensais à celle du 13 janvier. On est dans les manifestations contre la vie, je simplifie, contre la vie chère en Iran, Karim Emil Bittar. Peut-être les Iraniens avaient-ils cru Donald Trump à l'époque qui déjà les incitait à manifester, à faire tomber le régime.

Est-ce qu'ils le croient encore aujourd'hui ou est-ce qu'ils le croyaient même le 28 février ? Une partie d'entre eux y ont cru. C'est ça qui est dramatique.

C'est toujours ce décalage entre les espoirs des populations du Moyen-Orient et le cynisme du jeu des puissances. Armin a évoqué l'affaire Iran-Contra dans les années 80, c'était un exemple flagrant. On était supposément en guerre contre le grand Satan et le grand Satan s'appuyait.

Israël aussi avait une coopération technologique avec l'Iran pendant toute la guerre Iran-Irak. Aujourd'hui, on assiste à la même chose, où des pays sont sacrifiés sur l'autel du jeu des puissance la population iranienne a été celle qui a payé le coût le plus lourd depuis déjà des décennies mais particulièrement ces derniers mois mais la population libanaise n'a pas été Et même dans les accords diplomatiques, les petites nations deviennent des variables d'ajustement. Certains essaient de comprendre pourquoi le Liban a fait tellement de concessions dans les récentes négociations avec Israël.

Et un diplomate américain m'a dit en off the record dans une réunion Chatham House, il fallait donner un lot de consolation à Israël après l'accord américano-iranien qui était trop en faveur de l'Iran. Donc un pays tout entier est livré. C'est également ce qui s'est passé en En 1990, la Syrie a participé à la coalition contre pour libérer le Koweït de Saddam Hussein.

Les États-Unis, en compensation, leur ont donné un pouvoir d'occuper le Liban pendant 15 ans. Donc c'est ça qui est particulièrement tragique, la confrontation entre l'idéalisme des populations et la réelle politique. Oui, effectivement, avec trois mois, trois moyennes guerres qui ont évidemment affaibli l'économie iranienne à Zadekian, avec quelles conséquences pour la population cet affaiblissement de l'économie ?

Écoutez, déjà la guerre a fait entre 2 millions et 4 millions de chômeurs de plus puisqu'il y a des industries très importantes comme la La chirurgie, l'industrie pharmaceutique, la pétrochimie et j'en passais d'autres qui ont été bombardées. Et donc des milliers, dizaines de milliers de personnes qui ont perdu leur emploi. Après, il y a bien sûr ceux qui étaient actifs sur le Marchés informels de l'économie qui en ont aussi perdu, puisqu'il y a beaucoup de commerces qui ont fait faillite.

Et bien évidemment, beaucoup de femmes qui sont vraiment les victimes principales, je dirais, de la situation économique actuelle. Après, vous avez un taux d'inflation qui avoisine les 85 %, ce qui fait que le pouvoir d'achat aussi de la population a beaucoup baissé. Il y a énormément aussi d d'infrastructures qui ont été bombardées. 3 millions d'Iraniens ont perdu leur logement et ont été déplacés et n'ont pas encore pu regagner leur logement.

Donc effectivement, l'état de l l'économie est désastreuse et en même temps, la population attend une situation de paix afin de voir une certaine amélioration de la situation économique. À cela s'ajoute le Le fait que la guerre, à mon sens, a aussi laissé davantage les mains libres aux militaires, au pouvoir, de réprimer toute opposition. On le voit, les exécutions sommaires continuent, les arrestations aussi.

On va évidemment consacrer un chapitre entier à la répression qui continue, peut-être qu'elle s'aggrave d'ailleurs en Iran, vous nous le direz dans un instant, mais toujours pour parler de la situation économique, Armin Aréfi, il y a ces centaines de milliards de dollars qui sont promis à la fois la fin des avoirs gelés et puis ce fonds de 300 milliards promis par Donald Trump. Qu'est-ce que ça provoque dans la société iranienne aujourd'hui ? Peut-être un un espoir ?

Alors, il faut déjà...

Il y a plusieurs choses. Les 300 milliards, ce seraient des fonds privés, notamment de pays du Golfe, de sociétés privées du Golfe pour reconstruire le pays qui est quand même largement détruits. On parle dans la bouche, justement, des présidents américains, premiers ministres israéliens, de régimes uniquement visés.

Aujourd'hui, on a quand même une large partie du pays qui est détruite avec quand même plus de 3600 morts dont plus de la moitié de civils. Par rapport à votre question, alors ça dépend, la population iranienne est toujours totalement désemparée et traumatisée par les massacres du mois de janvier, avec de 7000 à avoir plus de morts qui ont été tués à l'arme lourde dans les manifestations. Certains en Iran se disent que cet argent ira directement dans les poches du régime, c'est pas du tout ce qu affirment les Américains en disant que l'argent sera contrôlé et ne servira pas ni à l'appareil répressif du régime, ni au financement des proxys iraniens dans la région.

Il y a une autre partie de la population qui se rend compte que l'hypothèse d'un régime change est terminée, elle n'est plus sur la table et que dans cette situation terrible que la population connaît aujourd'hui, qui se remet à peine de de bombardements massifs, même si la situation n'est pas totalement normalisée, il y a toujours des bombardements ici ou là américains dans le pays. Ils se disent que pourquoi pas lorsqu'ils voient sur le protocole d'accord pour la première fois évoquer une levée des sanctions non seulement secondaires américaines mais primaires contre toute entreprise qui commercerait avec la république islamique, y compris les entreprises américaines. Ils se disent pourquoi pas faire revenir les investisseurs étrangers dans le pays et bénéficier d'un certain bol d'air économique.

Moi, je pense à l'instant précis que c'est peut-être la seule lueur des sports au bout du tunnel, même si on en est encore loin parce qu'en dépit du protocole d'accord qui a été signé entre Washington et Téhéran, l'accord final notamment qui porterait sur le nucléaire est loin d'être résolu pour l – Ces 300 milliards, ce fonds de 300 milliards, c'est aussi, pour Donald Trump, pour les négociations de service américain, un levier ? On peut l'imaginer comme tel. – Oui, mais ces 300 milliards, à ce stade, c'est des paroles en l'air, ni les fonds souverains, ni les pays du Conseil de coopération du Golfe, ni les groupes de private equity.

Tout le monde a dit qu'on n'est pas concerné. Donc c'est quelque chose qui a été inclus pour donner une sorte de victoire symbolique aux Iraniens dans ce mémorandum d'entente. Mais à ce stade, ils n'en verront pas la couleur.

C'était une somme équivalente aux réparations, aux dommages infligés par cette guerre. L L'idée aussi, c'est de créer une interdépendance économique, de montrer que si l'Iran change son comportement, il y aurait éventuellement des possibilités de renforcer l'intégration avec les pays du Golfe, donc de gros bénéfices. Mais il ne faut surtout pas penser que c'est de l'argent qui va a tombé dans quelques mois dans les caisses du régime iranien.

Oui, alors je vous propose de faire tout de suite un gros plan sur le rôle du guide suprême nommé le 8 mars, Murtaba Ramenei est toujours invisible. Écoutez ce qu'en disait le ministre iranien des Affaires étrangères, c'était le 5 juin dernier. L'ayatollah Moshtaba Khamehnei est désormais le guide suprême de la République islamique d'Iran.

Il exerce une influence très étroite et efficace sur les affaires du pays et en détient le contrôle total. Pour des raisons de sécurité, les forces de sécurité ne lui ont pas recommandé d'accroître sa présence publique par rapport à ce qu'elle est actuellement. Et Anne-Charlène, je me tourne vers vous parce que la constitutionnaliste que vous êtes, c'est évidemment passionné pour le texte, la constitution iranienne.

Et oui, cette constitution de 1979 qui est si originale puisqu'elle décrit peut-être la seule et unique véritable apthéocratie avec un guide suprême qui est la colonne vertébrale, en réalité, du régime. Alors pour l'avoir bien en tête, ce n'est pas un politique. En réalité, ce guide suprême, il est désigné par l'Assemblée des experts, n'a pas de mandat, véritablement, puisque sa durée de fonction n'a pas de début, n'a pas de fin.

Il ne représente pas le peuple, mais représente Dieu, au fond, la parole du Coran et son interprétation. Le guide est d'ailleurs choisi par rapport à ses qualités d'érudition, etc. Et donc on dit souvent que la Constitution décrit un constitutionnalisme charismatique, c'est-à-dire sous le lead d'une incarnation presque doctrinale de ce guide.

Alors évidemment, c'est un régime sans séparation des pouvoirs, puisque le guide a des pouvoirs presque militaires. C'est lui qui négocie en termes d'affaires étrangères, on va dire. Il a aussi tout pouvoir sur les nominations et c'est également un bel interprète et même un rouage important du pouvoir législatif. – Et donc c'est un principe de la République islamique qui explique tout cela ? – Exactement, c'est vraiment le cœur même de la République islamique, c'est-à-dire que la Constitution n'est pas la loi suprême, c'est le Coran.

Et la lecture du guide repose sur un principe, je me suis fait aider en termes de prononciation, du Velayat el-Fahir qui signifie au fond la tutelle du jurisconsulte, en tout cas le poids de l'interprète juridique qui est censé être le guide. C'est lui en fait qui interprète la constitution et la pratique politique. Alors l'article 1 de la constitution s'ouvre justement par la consécration de cette république islamique.

Elle est partout, la base de la foi, la base des droits fondamentaux et donc on comprend bien que cette magistrature des juristes, vous comprenez bien que ce sont finalement les interprètes du Coran, eh bien dirige tout à chaque niveau. Et comment s'organise le régime politique – Alors, sur le papier, c'est un très beau régime parlementaire puisque l'Assemblée peut renverser le gouvernement. Il peut même y avoir des initiatives populaires si elles sont votées par l'Assemblée consultative islamique.

Pareil pour l'exécutif, un président élu à l'américaine, on va dire, 4 ans au suffrage universel qui doit être, je le rappelle, vertueux, pieux, etc., toujours des vertus charismatiques. Mais le président exécute en réalité l'interprétation du guide.

Il est responsable devant lui, puisque c'est lui qui peut le destituer. Et il y a un organe incontournable sur lequel je vais terminer, qui est le conseil des gardiens, qui évidemment peut avoir un veto sur les lois, qui valide les candidatures pour les élections présidentielles. Et évidemment ce conseil est nommé en grande partie par le guide suprême.

Donc on comprend très bien que cette constitution organise en réalité une tutelle du religieux sur le politique. Merci beaucoup Anne Charnel. Alors ça c'est ce que nous dit la constitution à Zadekian.

Et ce que j'ai bien compris de ce que vous nous disiez tout à l'heure, c'est que c'est plutôt les militaires qui ont pris la main. Ça veut dire que ce guide suprême, le fils du précédent on le rappelle, c'est une marionnette des gardiens de la révolution ou alors je vais beaucoup trop loin en disant ça ? Non vous allez beaucoup trop loin pour l'instant mais je pense que Moustaba Kham N .A .I, il ne faut pas oublier, il n'a absolument aucune compétence ou qualification pour être le guide suprême.

Contrairement à son père et même son père non plus d'ailleurs parce qu'il était un religieux droit moyen, son père. Il a été promu ayatollah. Or, pour les religieux, c'est très important parce que devenir ayatollah, marjal, tarlite, source d'imitation, tout ça.

Il faut travailler, il faut écrire, il faut publier, etc. Mojtaba, ce n'est absolument pas son cas et d'ailleurs de son vivant, son père ne voulait absolument pas que son fils le succèdent, parce que ça serait comme le régime monarchique, si vous voulez. Maintenant, il a été promulgué et proposé par les gardiens de la Révolution.

On sait qu'au sein de cette assemblée des experts qui élit le guide mais qui a le droit de le destituer, des 88 membres, 25 étaient contre Mojtaba et ont été même menacés par les gardiens de la révolution, eux-mêmes et leurs famille. Donc, pour vous dire qu'ils ne représentent absolument pas l'institution cléricale et ils représentent plutôt les gardiens de la révolution avec lesquels ils étaient très, très proches avant même de devenir guide. Et puis, on ne le voit pas, mais avant-hier, il a aussi publié une déclaration qui lui est attribuée où il parle toujours des généralités si vous voulez.

Il faut être gentil avec la population, il faut être à leur service et j'en passais d'autres. Mais pour l'instant, on ne le voit pas et on ne sait même pas s'il existe réellement. – Oui, alors c'est une vraie question parce que cette invisibilité fait naître un certain un certain nombre de rumeurs ou de questions, notamment à l'un de nos téléspectateurs, Jérôme à Saint-Ouen, qui se demande s'il est vivant.

Tout simplement, alors je pense que personne autour de la table ne peut vraiment répondre à la question. Armin Aréfi, mais la façon dont il est mis en scène, entre guillemets. Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ?

C'est peut-être lui, d'ailleurs l'imam caché, le fameux 12e imam chiite, le Mahdi, que la République islamique attend depuis si longtemps. Ce qu'on peut dire aujourd'hui, c'est que moi, à mon sens, s'il était mort, Israël l'aurait annoncé. Il dispose des informations assez étendues et pour l'instant les services israéliens comme le service américain affirment qu'il va mieux, qu'il a repris entre guillemets du poil de la bête si je puis dire et qu'il participe aux prises de décision ce qui n'était pas le cas au début de la guerre.

Maintenant ce qui est sûr c'est qu'il n'a pas du tout le poids qu'avait son père, son prédécesseur Ayatollah Ali Khamenei donc tu es au premier jour de la guerre et que s'il a son mot à dire il n'est plus le décisionnaire ultime. Il a à mon sens autant de poids que d'autres personnalités importantes de ce régime qui n'est pas un nouveau régime mais un nouveau régime dans le régime de la république islamique les personnalités qui sont Ahmad Vaidi, le chef des guerres de la révolution qui a contribué à sa nomination. C'est notamment lui qui a menacé beaucoup de religieux qui estimaient qu'il n'avait pas les qualifications requises pour être dit suprême de voter pour entre clans, entre guillemets.

Oui, pourquoi ? Parce que l'ayatollah Khamenei, en fait, c'est...

Enfin, en tout cas, l'ayatollah, il n'est pas ayatollah. Moshtaba Khamenei était le candidat parfait. Lui-même a fait ses armes militaires à la fin de la guerre d'Iran-Irak dans le corps des gardiens de la révolution c'est la façade religieuse parfaite d'un régime devenu militaire les autres personnes c'est qui c'est celle dont on parlait tout à l'heure à savoir mohammed borrel ralibov président du parlement islamique lui-même ancien gardien de la révolution armad vaeddy le chef des gardiens de la de la Révolution.

Roland Monsaïn...

Non, Roland Hossein Monsaïni Egei, le chef de l'autorité judiciaire, un religieux au turban blanc qui lui-même est un ancien sécuritaire et qui est notamment celui qui est responsable de toutes les exécutions qui ont lieu depuis la guerre. Et enfin, une dernière personne qui est tout aussi en avant mais qui est moins forte du point de vue décisionnel, le président Pézezchkian, élu au suffrage universel direct, même si comme vous l'avez dit, s'il a été élu à l'époque, c'était parce que le guide suprême, l'ancien guide suprême, l'ayatola Khamenei, il le voulait bien. Mais il ne faut pas oublier quand même celui qui dirige le Haut Conseil de la Sûreté Nationale, qui a énormément de pouvoir et que les décisions sont prises de façon collégiale.

Et il s'appelle M. Zolgadr, c'est un ancien militaire, un ancien gardien de la Révolution qui lui a pris la voie judiciaire et donc qui est aujourd'hui à la tête du Haut Conseil de la Sûreté nationale après l'élimination de M. Larijani.

Donc en fait, il ne faut pas oublier que voilà, regardez un peu les instances décisionnaires, c'est que des militaires. Alors on parle de répression dans un instant. Un dernier mot, peut-être côté américain, Karim Emile Bittard, parce qu'on a vu que Donald Trump s'est dit...

Alors bon, on ne peut pas commenter et analyser tout ce que raconte Donald Trump, mais bon, à un moment, il s'est dit prêt à rencontrer le nouveau guide suprême. Ça veut dire quoi ? Qu'il se cherche un interlocuteur, le président américain en Iran ?

Il avait même été plus loin, il avait dit qu'il était prêt à faire une joint venture avec l'ayatollah pour gérer le détroit d'Ormuz. Mais c'est ce qui est intéressant également dans le cas de la nomination de Mushtabah Khomeini, c'est que je pense que c'était essentiellement un geste de défiance suite à l'assassinat de sa famille. Parce qu'il y a un texte de Khomeini en 1979 qui disait « Nous refusons totalement la succession dynastique, nous n'avons pas fait tomber une monarchie pour qu'un fils succède à son père. » Donc non seulement il n'avait pas les qualifications, mais c'était censé être que beaucoup d'autres noms circulaient.

Donc c'était plus pour montrer que vous avez assassiné Khamenei père, vous allez avoir Khamenei junior qui est encore plus radical, qui est encore plus proche des gardiens de la révolution. – C'était plus une réponse aux Américains et aux Israéliens. – Probablement.

D'accord. Allez, on parle de la répression comme prévu. Je vous propose un premier chiffre selon l'ONG Human Rights Activist News Agency.

Plus de 4 000 personnes arrêtées en Iran entre le 28 février et le 9 mai, donc les chiffres ont dû évoluer pour des accusations liées à la guerre. Je propose à Quentin Calmet de nous rejoindre tout de suite avec une autre question. Quentin, rebonsoir.

Le nombre de personnes exécutées en Iran depuis le Le début de cette année 2026. Il est difficile d'avoir une idée précise de ce qui se passe en Iran, mais j'ai trouvé ces chiffres fournis par un groupe de 18 experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, publié le 19 juin dernier, donc des chiffres assez récents. Il parle de 156 personnes exécutées en Iran depuis le début de la guerre, dont 42 pour des accusations d'espionnage et de sécurité nationale.

Il s'agirait à la fois de personnes arrêtées récemment, en lien avec les manifestations de janvier dernier ou de personnes qui croupissaient dans les geôles iraniennes depuis plusieurs années. Et que sait-on du profil de ces personnes qui ont été exécutées dans les dernières semaines On a lu cette enquête dans le Wall Street Journal qui a été reprise par l'Opinion la semaine dernière. Une des personnes pendues cette année, c'est par exemple Nasser Bakar Zadeh, un jeune homme de 26 ans qui tenait une boutique de téléphonie immobiles.

Il a été incarcéré depuis 2023 dans une prison centrale d'Urmiya, une ville au nord-ouest de l'Iran. Il avait été arrêté à l'époque après avoir pris part aux manifestations nationales de fin 2022. Les manifestations, on se rappelle, qui étaient en faveur des droits, des libertés des femmes et qui avaient évolué en mouvement anti-régime.

Il a clamé son innocence jusqu'au dernier moment. Les ONG américaines, c'était dans l'article du Wall Street Journal, qui rappellent qu'aucune personne exécutée en Iran n'a le droit à un avocat indépendant. De son côté, le chef du pouvoir judiciaire iranien a rejeté, fin avril dernier, les critiques étrangères sur la et multiplication des exécutions.

Écoutez. Qui êtes-vous pour dire qu'il ne devrait pas être exécuté ? Vous avez tort de tenir de tels propos.

Tout criminel dont les mains sont souillées du sans de notre cher peuple et qui a contribué à semer l'insécurité en temps de guerre sera puni de la peine prévue par la loi. Nous ne prêtons aucune attention à cette rhétorique ni aux arguments des puissances arrogantes. Le régime islamique utilise aussi un autre argument, une accusation de collaboration avec le Mossad, les services d'espionnage israéliens.

C'est une sorte de prétexte à ces exécutions. Oui, d'une manière générale, les accusations d'espionnage qui se multiplient. Les autorités iraniennes affirment que les condamnations de la justice s'inscrivent dans le cadre des lois nationales visant à répondre à des menaces sécuritaires.

Mais les éléments de preuve, on le rappelle à chaque fois, ils ne sont pas rendus publics. Déjà l'année dernière, elle avait été marquée par le chiffre terrible de 1639 personnes exécutées en Iran, soit le plus haut niveau enregistré dans le pays depuis 1989, selon l'ONG IRAN Human Rights. – Merci beaucoup.

Quentin Hazal et Khan, est-ce que le régime islamique a profité des bombardements de la guerre pour accroître la répression Tout à fait, bien évidemment. D'ailleurs, eux-mêmes, ils ont annoncé avoir arrêté 6500 personnes. Ça, je l'ai vu dans les journaux iraniens.

Et effectivement, un nombre important, plusieurs dizaines d'exécutions. Je vous rappelle que, voilà...

Là, je viens de l'Assemblée nationale où il y avait un colloque organisé par Mme Aïda Hadizadeh qui est une une députée franco-iranienne, en fait, contre la peine de mort en Iran. Et il y avait beaucoup de personnes qui parlaient dont certains étaient anciens, des anciens prisonniers politiques qui avaient été torturés, etc., pour vous dire qu'aujourd'hui, au-delà des prisonniers politiques, il y a aussi, par exemple, des personnes qui sont exécutées, qui sont pendues Pour le trafic de drogue ou toute autre condamnation, il n'y a pas d'avocat, il n'y a pas de procès équitable bien évidemment et les avocats eux-mêmes sont arrêtés aussi en Iran et emprisonnés, parfois même malheureusement exécutés ou mis en résidence surveillée.

Donc la situation de droit humain en Iran est vraiment catastrophique et ça s'est empiré depuis effectivement la guerre. Pourquoi ? Parce que ils arrêtent qu'ils veulent sous prétexte que c'est un espion d'Israël, un espion des Etats-Unis et donc de ce En fait, les familles ont énormément de mal à accéder effectivement à leurs enfants ou à leurs proches emprisonnés.

Monsieur Egei, le chef du judiciaire, avait déjà annoncé n'avoir aucune clémence pour les personnes arrêtées. Ça veut dire qu'il fallait s'attendre à des exécutions sommaires. Armin Harifi, c'est impossible de manifester pendant les bombardements.

Il n'y a pas eu de mouvement populaire depuis trois mois et demi, quatre mois en Iran ? Ou il y en a eu quelques-uns sporadiques ? Il y a eu des mouvements de contestation des étudiants par rapport à la tenue des examens de fin d'année.

Donc, c'est une considération locale par rapport aux jeunes, mais pas forcément une considération politique contre le régime. Non, il n'y en a pas assisté à de véritables manifestations comme les millions et mille personnes qui avaient manifesté le 8 janvier dernier. Il faut rappeler quand même comment ça a commencé Donald Trump, cette immiscer dans cette affaire début janvier, en profitant des manifestations contre la vie chère puis contre le régime pour annoncer son aide aux...

Disant allez-y manifester, faites tomber ce régime. Voilà, prenez le contrôle des institutions. Aujourd'hui, quand on regarde les termes de l'accord, du protocole d'accord entre Washington et Tehéran, du peuple iranien, il n'est plus du tout question.

Et donc, ce que je veux dire par là, c'est que j'ai interviewé pour le point aujourd'hui la rapporteuse spéciale de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en Iran, la japonaise Maï Sato, qui m'a dit qu'il faut faire quelque Elle a lancé un signal d'alarme par rapport à la dégradation sans précédent de la situation des rois de l'homme en Iran. Et une chose qui serait possible, ce serait d'intégrer ces questions à un accord final. C'est-à-dire qu'au-delà de la question d'Hormuz, qu'on veut réouvrir, au-delà de la question du nucléaire, on demande à l'Iran de diluer 441 kg d'uranium hautement enrichi.

On souhaite, par par exemple, je ne sais pas, un moratoire sur les exécutions en sachant que l'Iran exécute à tour de bras depuis le début de l'année pour des raisons politiques, même si toutes les condamnations ne sont pas politiques. Mais on veut faire peur à la population, on veut frailler la population. Or, pour l'instant, Donald Trump, il n'en parle plus du tout.

Et c'est là qu'on voit quand même le cynisme de ceux qui sont entrés en guerre contre l'Iran officiellement pour le nucléaire. Je parle de Donald Trump, qui ne parle plus du peuple iranien, mais je parle aussi de benyamin netanyahou qui il faut quand même pas oublier que le mossad sur un temps sur son compte officiel x au début des manifestations a soutenu la population iranienne et puis a indiqué autre chose on est là auprès de vous à l'intérieur des manifestations et bah cet argument qui visait peut-être arranguer les foules mais aussi à lancer une guerre psychologique contre le régime iranien aujourd'hui se retourne entre les personnes qui sont condamnées c'est ce qu'on disait à l'instant c'est une accusation On a la preuve que le Mossad est là en sachant que, bien évidemment, le Mossad est extrêmement infiltré dans les plus hautes sphères de l'état iranien. Ce que je veux dire par là, c'est que la population se sent trahie aujourd'hui.

La population n'a que ses yeux pour pleurer et il – Il faudrait que le président américain qui est engagé dans une discussion, il souhaite un accord au même titre que les Iraniens qui ne veulent plus de bombardement américain, intègre la question des droits de l'homme à tout accord, apporte une conditionnalité, impose une conditionnalité. Pas d'accord s'il n'y a rien qui est fait sur le droit de lui. Très intéressant.

Alors il y a la répression et alors ça peut sembler paradoxal mais c'est vrai que quand on a reçu des images de Téhéran depuis plusieurs semaines, et d'ailleurs c'est la question d'une de nos téléspectatrices Charlène qui nous écrit de Perpignan qui nous dit on voit de plus en plus de femmes non voilées dans les rues, le régime est-il plus clément avec la société iranienne ? Alors à chaque fois que j'ai vu ces images je me suis dit est-ce qu'on est dans une manipulation du régime ou est-ce qu'effectivement ils ont décidé de ne plus ou de moins s'en occuper de cette question ? Écoutez, la liberté sociale, c'est-à-dire que les gardiens de la révolution sont des gens pragmatiques et de toute façon les femmes sortaient sans voile malgré toute la répression.

Les lois n'ont pas changé, les lois rendent toujours le port de voile obligatoire mais de toute façon les femmes sortaient sans voile notamment dans des grandes villes. Les gardiens de la Révolution ont accepté de donner une certaine liberté sociale, par exemple que les femmes ne portent plus le voile, que les femmes et les hommes puissent fréquenter des cafés. Or il y a une expansion des cafés un peu partout dans le pays où les sexes opposés fréquentent les cafés ensemble personne ne les dérange mais en revanche gare à aux opposants politiques c'est que c'est une façon Pour bien comprendre, d'éviter que la cocotte minute n'explose de nouveau.

C'est peut-être ce que les gardiens de la révolution ont. – Ça fait 47 ans que ça dure en Iran, cette cocotte bizarre, que c'est une soupape de décompression, mais c'est une soupape qui a été gagnée par les femmes en Iran après le mouvement « Femmes vit liberté », c'est-à-dire qu'elles ont imposé à leurs dirigeants, les Mollahs, mais aussi les gardiens de la Révolution, le fait de pouvoir s s'habiller comme elles le veulent. Et il faut rappeler que le Parlement iranien a voté un durcissement des sanctions contre les contrevenantes, sauf que sous pression du président Pézezchkin, mais également de plusieurs gardiens de la Révolution, l'ancien chef du au Conseil de Sécurité Nationale de la Rijani, ils ont reculé dans l'application de cette loi.

Ça veut dire qu'ils ont quand même peur d'une nouvelle insurrection. Les causes profondes elles sont toujours là. Non, écoutez, Il y a des sondages qui se font en Iran et ils savent pertinemment que la majorité écrasante de la société iranienne est pour la liberté de choix des femmes et pour la liberté d'ailleurs.

Et donc, ils disent bon là, on ne va pas embêter les femmes parce que ça va créer beaucoup de tensions. Ça a été dit par Pézéchkian, ça a été dit par les autres aussi. Donc on ne va pas appliquer cette loi durcie d'ailleurs depuis, mais on les laisse faire.

C'est ça montre aussi à quel point les mots-là, si vous voulez, n'ont plus leur mot à dire parce qu'en fait le port du voile n'avait jamais été le souci principal des gardiens, mais c'était le souci des mots-là. Aujourd'hui, les gardiens sont au pouvoir, disent que les femmes sortent sans voile. À partir du moment où il n'y a pas de contestation politique, on laisse faire.

À partir du moment où il y a des oppositions politiques, là, ils massacrent. Ça, ça n'a pas changé. Il y a trois choses en Iran qui est important.

Bien sûr, la question du port du voile qui est devenue un symbole de l'oppression faite aux femmes. Et là-dessus, elles ont gagné, même si le régime n'a pas dit son dernier mot. Il y a la contestation politique et aujourd'hui, elle est réduite à zéro.

Et la guerre l'a aggravée, aggraver la répression plutôt que le contraire et puis la situation économique. Et la situation économique aujourd'hui, encore une fois, la seule lueur au bout du tunnel serait une levée des sanctions internationales contre l'économie iranienne. Alors je vais reprendre votre deuxième point sur la contestation politique ou une opposition politique.

Je vous propose d'écouter le porte-parole du comité de soutien à la résistance en Iran, Mahan Taraj. Il faut en fait qu'on tourne la page de ces années de et qu'on constate que la guerre n'a pas été la solution. La solution, c'est la résistance iranée.

Et il y a une résistance à l'intérieur. J'aimerais qu'on en parle. En fait, on n'en parle pas suffisamment.

Il y a des unités de résistance des Mojahidines du peuple qui sont organisées à travers tout le pays en Iran. Il y a également des résistants kurdes, balouches, arabes qui sont organisés également. En fait c'est ça, c'est sur cette résistance intérieure qu'il faut compter pour faire tomber le régime.

Voilà Mahantaraj lors d'une manifestation à Paris, qu'est-ce qu'on peut dire de ces opposants ? Il y a aussi l'hypothèse toujours du fils ou petit-fils du chat d'Iran. Enfin bon voilà, il y a toutes ces hypothèses, tous ces noms qu'on utilise et qu'on sort dans nos débats depuis des mois.

Qu'est-ce qu'on peut en dire aujourd'hui ? Alors autant j'ai une infinie compassion pour la population iranienne qui souffre, autant j'ai du mal avec les gens qui manifestaient à la place du Trocadéro en disant merci Bibi, merci Trump, vous allez nous sauver. On sait que grâce à vous, nous allons devenir une démocratie – Peut-être s'en mordent-ils les dos aujourd'hui ? – Il faut vraiment une bonne dose de naïveté quand on connaît l'histoire de cette région.

Je ne suis pas persuadé non plus que les États-Unis imposeront des conditionnalités liées aux droits de l'homme pour un deal, Trump est dans un tout autre état d'esprit, tout ce qui est promotion de la démocratie, droits de l'homme, on n'entend même plus ces expressions aux Etats-Unis depuis 2016. Première élection de Trump. Mais paradoxalement, ceux qui pourraient redonner de l'espoir au mouvement de contestation.

C'est une situation économique qui s'ouvrirait, une économie iranienne qui s'ouvrirait lorsque la population commencera à vivre normalement, à bénéficier d'une certaine prospérité. Très vite, ce sont eux qui Ils refuseront des politiques étrangères bellicistes qui risqueraient justement de leur faire perdre ces avantages qu'ils ont conquis. La plupart des révolutions ont fini par s'essouffler de l'intérieur, ce n'est certainement pas en les bombardants, et certainement pas par Israël et les Etats-Unis qu'on pourra libérer les Iraniens. – Mais c'est une résistance de l'intérieur, pour reprendre les termes de Mahan Taraj. – Écoutez, résistance, pas les moudjahidins du peuple, ni les monarchistes, mais il y a effectivement des personnalités, il y a une société civile qui a été beaucoup réprimée et effectivement avec une situation de paix et effectivement la fin des sanctions.

On peut s'attendre à ce que que ces sociétés civiles montent en puissance, pour moi, c'est vraiment le seul espoir afin que cette société civile puisse un jour changer ce régime. Mais en fait, résistance organisée, susceptible de constituer une alternative politique ? Aujourd'hui, malheureusement, non.

Il n'y a pas de parti politique indépendant, il n'y a rien qui puisse organiser toute cette colère de la population et toute cette velléité effectivement de changement. Cette velléité est là, mais il n'y a pas de structure afin de pouvoir mettre tout ça en mouvement. Mais le seul espoir, c'est effectivement que pour reconstruire l'Iran, il faut quand même, à un moment ou à un autre, les gardiens de la révolution impliquent aussi la société civile.

Les entreprises privées, la société civile. Et c'est à ce moment-là qu'on peut s'attendre, effectivement, à une montée en puissance. Et je voudrais dire que, effectivement, sur le volet Trump, non, je suis d'accord avec Karim Émile Bittard, c'est pas du tout le souci de Trump.

Mais à un moment, Armin Arefi avait raison. C'est-à-dire que lorsque les avoirs bloqués de l'Iran vont être débloqués, lorsque les sanctions seront levées, on peut effectivement, l'Europe, les États-Unis et les autres peuvent effectivement mettre des conditions en disant déjà cet cet argent qu'on va débloquer ne doit pas être utilisé par les gardiens et ni pour la répression, mais pour...

Etc. Et tout ça, si on peut...

L'Europe peut quand même demander à Trump au moins ça, au moins ça. J'entends cet argument, Anne-Charlène. Pardon de ce scepticisme, mais je me demande qu'est-ce qui pourrait déclencher l'intérêt des gardiens justement de partager le pouvoir, de se dire, bon voilà, cet argent là, est-ce qu'on est vraiment sûrs qu'il pourrait arriver à d'autres fins que à recalcifier encore plus le régime ?

Parce qu'on sait bien que plus un régime est attaqué de l'intérieur, plus généralement il dure. Par rapport à ça, les gardiens ce sont des businessmen, ils étaient quand même 60 % de l 'économie iranienne. Les gardiens savent qu'aujourd'hui, la crise qui va arriver, ça va être une crise économique avec un grand risque de manifestation.

La répression marche, mais elle marche un temps. Il faut qu'ils parviennent à lever les sanctions. Les gardiens de la Révolution, mais y compris les religieux, même s'ils sont moins puissants aujourd'hui.

C'est le pari qu'avait fait Barack Obama en 2015 avec l'accord sur le nucléaire iranien à savoir en ouvrant l'Iran, en lui donnant la place qu'il cherche dans la région est en établissement, un début de normalisation, même s'il y avait un problème entre les Etats-Unis et l'Iran. Là, il allait ouvrir le pays et ouvrir la société iranienne qui cherche bien évidemment autre chose que les Mollahs. Bon gré, mal gré, c'est un peu ce que Trump, pour des raisons très cyniques liées à la situation en Hormuz, la question du nucléaire mais également au business, pourrait arriver à ce point-là.

Et ce qui est très intéressant, c'est que dans le protocole d'accord, on parle de lever les sanctions secondaires qui visent toutes entités étrangères commerçant avec l'Iran jusqu'ici, au nom des sanctions extraterritoriales américaines, mais également pour la première fois les sanctions primaires, c'est-à-dire les sanctions en place depuis 47 ans des Etats-Unis contre toute entité ou personnalité ou institution américaine et ça, s'ils arrivent au bout, ce serait sans précédent, ça profiterait au régime mais aussi à la population. – Merci beaucoup, je rappelle le titre de votre livre Azadeh qui a repensé le genre, l l'ethnicité, la religion en Iran. C'est un livre en anglais aux éditions Bloomsbury.

Et Armin Arifi, donc votre documentaire « Gardien de la Révolution, les maîtres de l'Iran », à revoir sur Arte. C'est le 7 juillet prochain, en début de soirée. Voilà, je vous dis merci encore, à très Je vous dis à demain, 18h-22h pour un nouveau sens public.

D'ici là, nos débats sont disponibles sur la plateforme publicsénat .fr ou à écouter en podcast. Et notez que c'est François Patria, le président du groupe Renaissance au Sénat qui sera l'invité d Doriane Mancini dans la matinale, demain.

Belle soirée. Merci