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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 15 novembre 2024 24 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Budget, assurance-chômage, 49.3... Le "8h30 franceinfo" de Maud Bregeon du vendredi 15 novembre 2024.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 54 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteRéponse partielle

    C'est une menace sérieuse ou c'est un coup de menton ?

  • 1:10RelanceRéponse partielle

    Ça veut dire que les départements n'auront peut-être pas à faire d'efforts, que c'est d'autres collectivités qui feront des efforts ?

  • 2:11RelanceRéponse partielle

    Vous dites, ah ben désolé, on a été trop vite. C'est pas ça. C'est un peu simple comme explication.

  • 3:20OuverteRéponse directe

    Stéphane Troussel, le président du département de la Seine-Saint-Denis, qui explique que c'est globalement la prise en charge de toutes les aides sociales qui est en question.

  • 5:10RelanceÉludée

    Michel Barnier dit aussi dans Ouest France, il dit voilà, si on a cette allocation sociale unique, ça permettra aux départements de faire des économies.

  • 7:21OuverteRéponse partielle

    Et concrètement, qu'est-ce que vous dites aux départements qui ne vont pas pouvoir voter leur budget ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:39Invité politiqueFait
    « On sait qu'on leur demande des efforts dans le budget tel qu'il est écrit aujourd'hui. »
  • 2:20Invité politiqueChiffre
    « Je dis qu'on a mis sur la table une équation qui fonctionne, 60 milliards d'euros d'économie, un budget, encore une fois, je le redis, construit en un temps record. »
  • 3:36InvitéChiffre
    « il y a 10 ans, l'État compensait 70% les aides individuelles de solidarité. Aujourd'hui, c'est seulement 40%, alors que le coût du RSA, lui, a doublé. »
  • 4:35Invité politiqueFait
    « Quand l'État augmente le RSA, comme c'est le cas à chaque année, c'est les départements derrière qui supportent cette augmentation. »
  • 8:56Invité politiqueChiffre
    « Et en basant l'effort essentiellement pour deux tiers sur une réduction des dépenses. »
  • 12:51Invité politiqueFait
    « Il y a des points d'avancée. Et puis, il y a aussi des points qui prennent en compte la réalité du marché du travail tel qu'il est aujourd'hui. »
  • 16:13Invité politiqueChiffre
    « On a vu le nouveau Front populaire, qui souvent, avec l'alliance du Rassemblement national, a voté 35 milliards de taxes supplémentaires pour les Français et les entreprises. »
  • 17:36Invité politiqueFait
    « la situation n'est pas facile, et dans la situation telle qu'elle est, il ne faut pas alourdir le coût du travail. »
  • 19:24Invité politiquePromesse
    « Nous prendrons toutes les bonnes idées, d'où qu'elles viennent, qui permettent d'améliorer la situation en maintenant le cadre budgétaire tel qu'il est aujourd'hui. »
  • 21:36Invité politiqueFait
    « Il faut arrêter de faire croire aux Français que la question de la censure du gouvernement ne dépendrait que du Rassemblement national. »

Temps de parole

  • Maud Bregeon71 %
  • Invité16 %
  • Présentateur14 %

2,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

Bonjour Maude Bréjon. Les départements de droite menacent de ne plus verser le RSA à partir du 1er janvier pour protester contre les coupes budgétaires. C'est une menace sérieuse ou c'est un coup de menton ?

0:15
Maud Bregeon

J'entends cette annonce comme une alerte pour nous rappeler ce qu'on sait d'ailleurs que les départements, pour beaucoup, sont aujourd'hui dans une situation financière, budgétaire qui est très compliquée. Moi je me déplace beaucoup, j'étais dans la Haute-Marne, dans le Calvados, à chaque fois les présidents de départements me font part des difficultés auxquelles ils sont confrontés avec des dépenses sociales qui augmentent. On sait qu'on leur demande des efforts dans le budget tel qu'il est écrit aujourd'hui. Et ce budget, il a été écrit en un temps record. On a dit qu'il était imparfait, qu'il y avait des améliorations à faire, notamment envers les collectivités territoriales.

Le Premier ministre est aujourd'hui aux côtés des départements de France, vous le savez, et puis il y a le débat qui va arriver au Sénat. Et donc notre volonté, notre volonté, c'est d'arriver à trouver un point d'accord qui permette de répartir l'effort équitablement, mais sans mettre les uns et les autres en péril sur le plan budgétaire.

1:10
Présentateur

Quand Michel Barnier dit des ajustements, il évoque ça dans son interview à Ouest France, ça veut dire que les départements n'auront peut-être pas à faire d'efforts, que c'est d'autres collectivités qui feront des efforts ?

1:19
Maud Bregeon

En tout cas, la porte est ouverte à diminuer l'effort par rapport à celui qui est demandé aujourd'hui, parce qu'on a conscience qu'un certain nombre de départements sont aujourd'hui dans des situations extrêmement compliquées. Ils prennent en charge une grande part de la dépense sociale. La démographie est telle qu'aujourd'hui, cette dépense sociale augmente. Et donc, on entend cette difficulté-là. Nous, on ne demande pas des efforts par plaisir. Et notre souhait, ce n'est pas de mettre les collectivités territoriales à terre, pardonnez-moi. Le Premier ministre a toujours dit, on ne fera ni sans eux, ni contre eux.

Donc on souhaite, avec eux, par le dialogue, et c'est pour ça que le Premier ministre a à leur côté aujourd'hui, trouver un modus en pérandi et un point d'atterrissage qui permettent de répartir l'effort, peut-être différemment de tel qu'il est réparti aujourd'hui, mais bien sûr en gardant un cadre budgétaire que celui qu'on connaît et qui est très content.

2:11
Invité

Je reviens juste sur l'explication que vous donnez au début. Vous dites, ah ben désolé, on a été trop vite. C'est pas ça. C'est un peu simple comme explication.

2:20
Maud Bregeon

Je dis qu'on a mis sur la table une équation qui fonctionne, 60 milliards d'euros d'économie, un budget, encore une fois, je le redis, construit en un temps record, en tenant toujours ce discours que celui de l'ouverture à des modifications, à des améliorations. On entend aujourd'hui les départements qui tirent pour certains la sonnette d'alarme parce qu'ils sont dans des situations très compliquées. Et notre volonté, c'est de travailler avec eux, à voir comment est-ce qu'on peut peut-être diminuer cet effort, peut-être le répartir différemment au sein des collectivités territoriales.

2:53
Présentateur

Il y aura 5 milliards d'efforts des collectivités en tout quand même.

2:56
Maud Bregeon

Je ne vais pas préempter le débat qui va débuter au Sénat. Je le redis, nous sommes prêts à des améliorations. Est-ce que ça restera 5 milliards, peut-être ? Est-ce que ça pourrait diminuer en fonction des débats au Sénat ? Oui, à une condition, c'est que face à ces modifications-là, il va falloir trouver des réductions de dépenses supplémentaires.

3:20
Invité

Stéphane Troussel, le président du département de la Seine-Saint-Denis, département de gauche, parce qu'il n'y a pas que ceux de droite, qui sont franchement montés, qui étaient sur notre antenne, expliquent que c'est globalement la prise en charge de toutes les aides sociales qui est en question. Et que ça fait 20 ans que ça a été installé comme ça, et que petit à petit, il y a 10 ans, l'État compensait 70% les aides individuelles de solidarité. Aujourd'hui, c'est seulement 40%, alors que le coût du RSA, lui, a doublé. Et de fait, il y a un système qui ne fonctionne plus. Est-ce que cette remise en question globale, vous êtes prête à l'envisager ?

3:55
Maud Bregeon

Oui, vous dites, et il disait quelque chose d'extrêmement juste, il y a d'abord une situation d'urgence à traiter, qui est celle du budget de l'année prochaine. Et donc, comment est-ce qu'on trouve les économies nécessaires, en demandant encore une fois un effort qui est justement partagé et supportable par tout le monde, y compris par les départements ? Et puis ensuite, j'en viens à votre question, il y a une réflexion plus structurelle à mener sur le financement des départements et sur leur organisation, parce qu'on voit bien que ces dépenses sociales, elles augmentent de façon tendancielle.

Quand l'État augmente le RSA, comme c'est le cas à chaque année, c'est les départements derrière qui supportent cette augmentation. Mais il y a d'autres exemples. Quand on voit que dans certains départements, les départements de droite en parlent, notamment une augmentation de la prise en charge, du coup de la prise en charge des mineurs non accompagnés. C'est aussi les départements qui supportent l'aide sociale à l'enfance. Et d'ailleurs, est-ce que c'est vraiment les mineurs qui le supportent ? Et donc, pardonnez-moi, il y a à mon avis, à moyen et long terme, une réflexion à mener sur la structure financière et économique des départements.

Mais d'abord, il y a une situation d'urgence qui est celle du budget de l'année prochaine. Et je pense que c'est ce que voulait dire Stéphane Troussel, aussi ce matin sur votre antenne. Je l'écoutais, en tout cas, c'est comme ça que je l'ai compris.

5:10
Présentateur

Michel Barnier, il dit aussi dans Ouest France, il dit voilà, si on a cette allocation sociale unique, ça permettra aux départements de faire des économies. On a du mal à comprendre pourquoi. On avait là encore, vous parliez de Stéphane Troussel, lui-même dit, on ne comprend pas bien comment ça peut marcher cette histoire. Et surtout, ça pourrait conduire à faire des économies sur les bénéficiaires. Alors que Michel Barnier dit, ça fera faire des économies aux départements. Comment ça marcherait ?

5:33
Maud Bregeon

On voit bien que quand on rationalise les allocations au sens où on simplifie les procédures, où on simplifie les process, ça permet de faire des économies. Et je voudrais être très claire sur une chose, il ne s'agit pas, lorsqu'on parle d'allocations sociales uniques, de diminuer les allocations qui sont de droit pour les uns et les autres.

5:55
Présentateur

Fatalement, c'est ce qui arrive, si vous versez moins d'argent, c'est qu'il y a des gens qui touchent moins.

5:59
Maud Bregeon

Mais on n'a pas dit qu'il était question de verser moins d'argent. On a dit qu'il était question de faire des économies. De rationaliser en fonction de ce que les uns et les autres ont droit, tout simplement. Comment on rationalise sans réduire ? On aura ce débat dans les semaines et les mois à venir.

6:12
Présentateur

Oui, mais c'est quand même important, parce que Michel Barnier en reparle ce matin. Il en avait déjà parlé à plusieurs reprises. C'est quelque chose qui avait été cité, y compris par des socialistes à l'époque, y compris sous le mandat de Nicolas Sarkozy. Et ça revient sur la table aujourd'hui. C'était aussi une promesse d'Emmanuel Macron, accessoirement. Et on a du mal à comprendre, quand on entend là encore ce témoignage de président de département qui dit que ça va conduire à probablement baisser en valeur globale les prestations sociales. C'est ça l'idée ?

6:40
Maud Bregeon

Non, et ce n'est pas du tout ce qu'on a dit. Il faut aujourd'hui regarder l'addition des différentes aides sociales et voir comment est-ce qu'on peut, je le redis encore une fois, dans la façon dont elles sont versées, rationaliser tout ça, faire en sorte que ce soit probablement plus simple pour les départements. C'est un débat qu'on aura aussi avec les présidents de département. Il sera quand même ce débat ? Vous avez un calendrier déjà ? Je ne veux pas le préempter aujourd'hui. On a d'abord, si je puis dire, la première haie à franchir, qui est celle du budget des semaines à venir. Et donc, c'est là-dessus qu'on est concentrés.

Et puis ensuite, le Premier ministre l'a dit, il aura l'occasion de présenter sa vision à trois ans avec un plan d'action adossé et des propositions de réforme.

7:21
Invité

Et concrètement, qu'est-ce que vous dites aux départements qui ne vont pas pouvoir voter leur budget ? Certains disent qu'ils n'y arriveront pas. Le président d'Eure-et-Loire, par exemple, Christophe Lederwey, dit qu'il doit trouver près de 40 millions d'euros d'économie dans le budget qu'il avait prévu. Et donc, qu'il ne votera pas son budget en décembre.

7:35
Maud Bregeon

Ce que je dis, moi, c'est que nous, on souhaite, dans le budget tel qu'on est en train de le construire, de pouvoir faire en sorte, je peux redire ce que je vous ai déjà dit.

7:44
Invité

Non, mais donc, il y a une tolérance ? Enfin, ça n'a pas été prévu ? Les départements et l'État sont censés voter leur budget avant la fin de l'année ?

7:50
Maud Bregeon

Écoutez, il n'est pas question de laisser des départements ne pas pouvoir boucler l'année. Donc, s'il y a des situations particulières, j'imagine que ce sera regardé. Je vous envoie vers ma collègue ministre des Collectivités Territoriales. Moi, je suis là ce matin pour vous dire que, face à la difficulté dont on a conscience que rencontrent les départements aujourd'hui, on est prêts à faire des modifications sur le budget 2025 qui est proposé et qu'on aura ce débat avec les sénateurs, que le Premier ministre aura ces échanges aujourd'hui avec le président de département.

8:19
Présentateur

Justement, Moët Bréjon, vous voulez parler de budget. Donc, parlons-en. Certains, comme le président du groupe centriste au Sénat, proposent d'augmenter Hervé Marseille. Des Hauts-de-Seine proposent d'augmenter la TVA à 22% au lieu de 20%. Hervé Marseille, il est proche de vous. Donc, est-ce que c'est une bonne idée ? Vous soutenez ?

8:37
Maud Bregeon

Écoutez, il y aura ce débat au Sénat, ce n'est pas la proposition du gouvernement.

8:42
Présentateur

Le gouvernement sera amené à se prononcer.

8:43
Maud Bregeon

Aujourd'hui, ce n'est pas la position du gouvernement. Nous, on souhaite que le débat puisse se poursuivre au Sénat, encore une fois, avec, je le redis, un objectif qui est celui de trouver 60 milliards d'euros. Et en basant l'effort essentiellement pour deux tiers sur une réduction des dépenses, je ne suis pas certaine qu'une augmentation de la TVA soit le moyen le plus juste et le plus équitable de trouver des recettes fiscales. Nous, ce qu'on a proposé, c'est d'avoir des contributions ciblées et exceptionnelles sur les Français qui le peuvent le plus. Sur les Français, je dirais même sur les Français, les entreprises qui le peuvent le plus.

La TVA, vous le savez bien, ça touche tout le monde. Et donc, ce n'est pas la philosophie qui est celle du gouvernement. La deuxième journée de solidarité, on comprend que Michel Barnier y est défavorable. Il y a nécessité en France de trouver des moyens de travailler davantage. Premier ministre, effectivement, réservé sur cette journée de solidarité. Pour autant, on est ouvert au débat et il y a notamment cette proposition au Sénat sur, vous savez, des sept heures travaillées pour permettre de contribuer au budget de la sécurité sociale. On verra avec les sénateurs dans quelle mesure est-ce qu'on peut l'adopter ou pas, ce qu'elles rapportent exactement. On ne ferme pas la porte au débat.

On ne ferme pas la porte au débat. On partage cette volonté de trouver des moyens d'augmenter le nombre d'heures travaillées. Est-ce que ça passe nécessairement par une nouvelle journée de solidarité ? On sait que la première avait déjà été difficilement acceptée. Donc, regardons ce qui peut se faire différemment.

10:27
Invité

Ça revient au même. Et en l'occurrence, les centristes du Sénat dont parlait Adrien à l'instant proposent, eux, d'allonger la durée de travail sur l'année très sensiblement. C'est-à-dire, ils vont bien au-delà d'une deuxième journée de solidarité.

10:39
Maud Bregeon

Nous, on partage la volonté, encore une fois, d'augmenter le nombre d'heures travaillées et de pouvoir faire en sorte qu'on ait un travail, aujourd'hui, d'ailleurs, qui soit davantage rémunérateur. Donc, il y a une réflexion qui est une réflexion globale à mener.

10:52
Présentateur

Un mot, peut-être, Maud Bréjon, puisqu'on est en état de parler d'économie, sur l'accord sur l'assurance chômage qui a été trouvé hier soir par les partenaires sociaux, patronats et syndicats. Il va y avoir des économies, a priori, faites grâce à cet accord. Est-ce que vous saluez ? C'est une bonne nouvelle ?

11:09
Maud Bregeon

Oui, je le salue, et vous voyez, au-delà de... Et avant, peut-être, de rentrer dans les détails, ça démontre que la méthode, qui est celle du Premier ministre et du gouvernement, de laisser la place au dialogue, de laisser la place au dialogue social, de prendre le temps d'échanger, de prendre le temps de négocier, c'est pas facile, ça prend du temps, mais ça porte ses fruits. Et aujourd'hui, on a des organisations syndicales qui, après des échanges n'étaient pas dans la salle, mais probablement longs, parfois difficiles, ont fini par trouver un accord, encore une fois, sur l'assurance chômage, sur la question des seniors. Extrêmement, extrêmement importante aujourd'hui, on le sait.

Donc, évidemment, on le salue, et je dirais que ça nous encourage, encore une fois, à rester dans cette méthode de dialogue.

11:52
Présentateur

Le gouvernement n'a plus à reprendre la main, par ailleurs.

11:54
Maud Bregeon

Pardon ?

11:55
Présentateur

Le gouvernement n'a pas à reprendre la main, donc.

11:57
Maud Bregeon

On verra, le Premier ministre s'exprimera cet après-midi, mais c'est effectivement et évidemment une bonne nouvelle.

12:03
Invité

Mais sur l'assurance chômage, précisément, pour rester quand même un instant là-dessus, c'est des règles qui se durcissent, clairement, à partir de janvier 2025. Donc, c'est pas une bonne nouvelle pour les allocataires. Pour les frontaliers, ceux qui travaillent en Suisse, en Belgique, en Allemagne, qui, généralement, gagnent plus et qui vont être indemnisés moins, c'est la mensualisation des allocataires qui change, et donc, sans rentrer forcément dans les détails techniques, mais une mensualisation qui sera lissée sur 30 jours. Donc, en gros, ils perdent 5 jours d'indemnisation. C'est toute une série de durcissements qui sont préjudiciables aux allocataires.

C'est comme ça qu'il faut présenter le sujet.

12:40
Maud Bregeon

Cet accord a été trouvé par qui ? Par les partenaires sociaux. Oui, par les partenaires sociaux. Eux-mêmes, entre eux. Mais le constat, il est bien celui-là. Il faut dire clairement les choses aux gens qui nous écoutent. Il y a des points d'avancée. Et puis, il y a aussi des points qui prennent en compte la réalité du marché du travail tel qu'il est aujourd'hui. Mais moi, je crois que chacun le comprend. Vous savez, on nous a beaucoup demandé, Michel Barnier est Premier ministre, de faire une nouvelle réforme de l'assurance chômage. Il y en a eu, je crois, 3 ces dernières années. Michel Barnier a dit quoi ?

Il a dit non, moi, je ne referai pas de façon brutale une nouvelle réforme de l'assurance chômage parce que je souhaite donner la main aux organisations syndicales et aux partenaires sociaux de telle sorte qu'entre eux, ils puissent trouver un accord. C'est ce qui s'est passé. C'est ce qui s'est passé.

13:29
Présentateur

On comprend, donc, effectivement, Maud Bréjon, que cet accord, le gouvernement va plutôt le valider.

13:35
Maud Bregeon

Je laisserai évidemment la primauté au Premier ministre de sa prise de parole.

13:39
Présentateur

Les choses sont claires. Vous restez avec nous, bien sûr, Maud Bréjon, porte-parole du gouvernement. Le 8.30 France Info et Rangère Bonte, Adrien Beck.

13:48
Invité

Et Maud Bréjon, porte-parole du gouvernement, on évoquait les économies sur l'assurance chômage et toute une série de mesures. Tout ça nous ramène quand même aux discussions budgétaires puisque Michel Barnier confirme qu'il va sans doute utiliser le 49.3, il le dit dans Ouest France. J'ai envie de dire tout ça pour ça. Pourquoi tous ces débats, alors ?

14:11
Maud Bregeon

Moi, je pense qu'on ne perd jamais à respecter la démocratie et le parlementarisme. Je pense qu'on ne perd jamais à débattre, à laisser les uns et les autres confronter leurs idées. Et d'ailleurs, ça a permis aussi de trouver des compromis. Le compromis sur les petites retraites qui a été annoncées lundi dernier. C'est un compromis qui a été le fruit de plusieurs semaines de débat. Et donc moi, je vais vous dire, C'est pas un débat dans l'hémicycle, ça, c'est le débat avec Michel Barnier à Matignon ? Si le gouvernement, pardonnez-moi,

14:46
Invité

C'est un accord entre Bercy et Laurent Wauquiez. C'est effectivement pas le fruit des débats. Ou alors si, c'est la pression qui est tellement forte.

14:53
Maud Bregeon

Je prends cet exemple-là. Côté LR. Je prends cet exemple-là. C'est un débat qui a eu lieu par ailleurs lieu en commission. Mais je prends cet exemple-là. Il y a d'autres amendements qui seront probablement retenus, qui n'étaient pas dans le projet initial du gouvernement. Et donc moi, je le redis, on ne perd jamais à laisser le débat se tenir. Et je vais aller même plus loin. Si on avait mille débats sous le tapis, que Michel Barnier était arrivé au premier, deuxième ou troisième jour du débat, montant à la tribune... Non, non, non, je vais terminer. Montant à la tribune en sortant le 49.3, on nous aurait dit, regardez, oh là là, il ne respecte pas le Parlement, il refuse le débat.

Et je vais vous dire, vous auriez... Comme c'est ce qui s'est passé l'année dernière, effectivement. Vous auriez probablement eu raison. La méthode de Michel Barnier, c'est de laisser les opinions des uns et des autres...

15:40
Présentateur

Là, il y avait plus l'impression qu'il s'agissait de laisser le débat pourrir, Maude Bréjohn. Ce n'est pas le laisser le débat pourrir. C'est ce qu'on dit, beaucoup d'oppositions de gauche, du RN.

15:48
Invité

C'est de fait ce qui s'est passé, puisque le texte quasiment de départ est parti au Sénat, où, disons-le, le bloc macroniste, la majorité est favorable au gouvernement.

15:57
Maud Bregeon

Ça a été un grand moment de clarification. Moi, je pense que les Français ont le droit de voir concrètement ce que votent lors d'un débat qui est absolument crucial dans la vie parlementaire, qui est celui du budget. Et qu'est-ce qu'on a vu, effectivement ? On a vu le nouveau Front populaire, qui souvent, avec l'alliance du Rassemblement national, a voté 35 milliards de taxes supplémentaires pour les Français et les entreprises. Il fallait chercher des ressources supplémentaires. C'est ce qu'on a vu. Pour équilibrer le budget, pour le coup. Il y a différentes façons d'équilibrer un budget.

Moi, j'ai du mal, vous voyez, à m'expliquer qu'on est les députés du nouveau Front populaire, le lundi, sur les piquets de grève, aux côtés des salariés et des entreprises en difficulté, et le mardi, dans l'hémicycle, à voter des taxes qui mettent ces entreprises à terre. Ce débat, encore une fois, je le redis, a été un moment de clarification, a permis aux uns et aux autres de porter des positions. Et je pense que c'est toujours ça en démocratie, et ça va continuer au Sénat.

16:57
Présentateur

Alors, justement, allons sur le fond. Vous avez dit, Maude Bréjon, dans votre première réponse, qu'il s'agirait sans doute de garder un certain nombre d'amendements qui ont pu être avancés, qui ont même pu être votés pour certains. Est-ce que ça veut dire que l'idée des allégements de charges pour les entreprises avancées par les macronistes, c'est quelque chose... Enfin, en tout cas, les conserver plus qu'ils n'auraient pu l'être. Est-ce que c'est quelque chose qui va être conservé ?

17:25
Maud Bregeon

Nous souhaitons qu'il y ait un accord avec les députés du socle commun sur la question des allégements de charges. Nous entendons, et le Premier ministre entend, ce message qui est notamment porté par le groupe de Gabriel Attal, des députés qui nous disent la situation n'est pas facile, et dans la situation telle qu'elle est, il ne faut pas alourdir le coût du travail, ou en tout cas, il faut le faire peut-être moins que ce qui était prévu dans le budget initial. Donc, de la même façon qu'on a été ouverts à un accord sur la question des petites retraites, on est ouverts à un accord sur la question des allégements de charges. Il y a des dialogues et des échanges...

Et des échanges qui se poursuivent. Et je souhaite vraiment que chacun puisse faire un pas vers l'autre, de telle sorte qu'on arrive à atterrir là-dessus.

18:12
Invité

Si vous gardez un amendement NFP, ce sera quoi ?

18:16
Maud Bregeon

Je ne vais pas présager des amendements...

18:18
Invité

Non, mais puisque Michel Barnier dit qu'il gardera des idées de chacun des groupes. Oui, oui, oui. Il y aura, et c'est notre souhait...

18:24
Maud Bregeon

Même question pour le RN.

18:25
Présentateur

Est-ce qu'il faut garder un amendement du RN ?

18:28
Maud Bregeon

Alors, on va... D'abord, on a terminé le débat à l'Assemblée nationale. Le débat va se poursuivre au Sénat. Suite à ça, il y a de fortes chances qu'il y ait ce qu'on appelle une commission mixte paritaire, c'est-à-dire une instance, je l'explique, dans laquelle est réunie les députés et les députés de façon paritaire. Donc, moi, je ne vais pas préempter les débats qui auront lieu dans les semaines à venir. Mais la position, Michel Barnier, parce que je vois bien, vous m'envoyez sur est-ce qu'il faut garder des amendements du NFP ou du RN ? Non, mais je vois bien, moi aussi, je vois bien où vous voulez nous emmener.

18:56
Présentateur

C'est le gouvernement qui décide à la fin du texte qu'il présente quand il s'agit d'un 49-3.

19:00
Maud Bregeon

Oui, mais on le décide lorsque les débats sont terminés. Lorsque, encore une fois, on a respecté l'Assemblée nationale...

19:06
Présentateur

Est-ce que vous pourriez ou pas garder des amendements du RN ? C'est exclu ou ça n'est pas exclu ?

19:12
Invité

Est-ce que vous considérez que ce serait normal ?

19:15
Maud Bregeon

Je vais vous dire, on a tenu une ligne qui est extrêmement claire. On respecte les députés pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire élus de la République. Nous prendrons toutes les bonnes idées, d'où qu'elles viennent, qui permettent d'améliorer la situation en maintenant le cadre budgétaire tel qu'il est aujourd'hui. Le Premier ministre a eu l'occasion de le dire et de le redire. Nous ne sommes pas sectaires, mais le débat est encore en cours.

19:42
Présentateur

Alors, le corollaire de cette question, c'est est-ce qu'il n'y a donc que des mauvaises idées qui viennent du RN ?

19:47
Maud Bregeon

Il y a des amendements qui ont été adoptés à l'Assemblée nationale, qui ont été déposés par un nombre parfois très important de groupes, y compris le RN. Donc, il y a une forme d'hypocrisie dans ce débat. Il y a une forme d'hypocrisie dans ce débat. Je pourrais vous faire la liste. Je suis un petit peu agassée par ce truc-là. Non, mais vous n'excusez pas. C'est important. Je vois bien le discours moral qui peut y avoir derrière. On pourrait faire la liste de tous les projets de loi depuis 2-3 ans qui ont été, y compris votés par les députés du RN. Bien sûr, y compris même des motions de censure, d'ailleurs. Non, mais des projets de loi parfois présentés par le gouvernement.

Moi, ce que je dis, je ne regarde pas l'étiquette partisane adossée à tel ou tel amendement. Ce que je dis, c'est qu'on a un défi extrêmement important à relever, que celui du redressement budgétaire. Le Premier ministre n'est pas quelqu'un de sectaire. Et donc, on laisse les débats se tenir jusqu'à la fin. Et on prendra autant que possible les bonnes idées d'où qu'elles viennent dans la mesure où elle respecte le cadre budgétaire tel qu'il s'impose à nous.

20:54
Invité

Dans la foulée du 49-3, il y aura sans doute une motion de censure. Certains imaginent que le RN, précisément, pourrait être tenté de la voter cette fois-ci pour précipiter un calendrier électoral. Alors, ça paraît être de la tambouille politique, mais sauf que c'est la conséquence du réquisitoire jugé comme très dur par le RN dans l'affaire des assistants parlementaires européens. On rappelle que le procureur a reculé avant-hier une inéligibilité avec exécution provisoire, c'est-à-dire effet immédiat. D'où l'idée de censurer, très vite, avant le prononcer du jugement. Est-ce que vous le redoutez, ça ?

21:27
Maud Bregeon

Nous, on est sous la surveillance de 577 députés et à travers eux de 67 millions de Français. Il faut arrêter de faire croire aux Français que la question de la censure du gouvernement ne dépendrait que du Rassemblement national. Parce que ça, ça revient à déresponsabiliser complètement les députés du NFP et notamment les députés socialistes. Moi, je vais vous dire, si les députés socialistes acceptaient de venir, c'est mathématique, à la table des discussions et de ne pas être dans une logique de censure automatique et de culture de la censure, le Rassemblement national, dans la question que vous posez aujourd'hui, n'aurait pas mathématiquement le poids qu'il a. C'est tout ce que j'ai.

Donc, ne laissons pas croire, ne laissons pas croire que la question de la censure dépend seule du Rassemblement national. Elle dépend des 577 députés de cet hémicycle et notamment des députés socialistes. Et j'aimerais qu'on en parle davantage.

22:21
Invité

Un mot pour finir sur ce réquisitoire du RN. Vous allez me dire, on ne commande pas des décisions de justice, même des réquisitoires. Sauf qu'il est remis en cause, y compris dans vos propres rangs, par un Gérald Darmanin, par exemple, qui considère que ce ne serait pas normal qu'elle ne puisse pas se présenter au suffrage des Français, Marine Le Pen. La question peut-être, c'est, est-ce que cette remise en cause de la justice en permanence par les politiques, ce n'est pas ça la véritable inquiétude pour la démocratie ?

22:46
Maud Bregeon

Alors, il n'y a pas de remise en cause de la justice en permanence par les politiques. C'est Jean-Luc Mélenchon, c'est François Fillon à l'époque de sa mise en examen qui parle d'un cabinet. C'est comme on dit les journalistes, vous voyez, on n'est pas obligé de tout globaliser. Je vous donne trois exemples, ce n'est pas des généralités. Je vous donne des exemples précis. Moi, je vais vous redire la phrase que vous attendez que je vous dise. Évidemment, je suis ministre de la République et il ne m'appartient pas aujourd'hui de commenter une affaire judiciaire en cours. Gérald Darmanin est député, il n'a pas le même rôle que moi.

Moi, je n'ai pas à commenter, encore une fois, les propos qui sont les siens. Il a donné un avis, c'est le sien et il a le droit de le faire. Et moi, je ne critiquerai pas Gérald Darmanin. Vous savez, je vais vous dire, Gérald Darmanin, c'est quelqu'un qui a beaucoup combattu le Rassemblement national, effectivement par les urnes, au départemental, dans sa ville de Tourcoing, aux législatives, dans un territoire où le Rassemblement national a longtemps gagné du terrain. Donc, je crois qu'il n'a pas de leçons à recevoir en la matière.

23:54
Présentateur

Merci beaucoup, merci Maude Bréjon, porte-parole du gouvernement, d'avoir été l'invité de France Info. Merci Bérangère Bonte.