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interviewfranceinfo· 22 février 2026 24 min

Comment Emmanuel Macron verrouille les postes clés avant 2027

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La fin du 2e mandat d'Emmanuel Macron approche à grand pas et le chef de l'État en profite pour nommer tout va nommer des proches à des postes clés jusqu'où le président peut-il aller et quels sont ses objectifs ? On décrypte avec nos invités. Thierry Curtet, vous êtes restez avec nous.

Arianne Ferrand, vous êtes journaliste, contributrice au service débat et idées du monde. Bonjour. Bonjour. et à distance Thba Mulier, constitutionnaliste et maître de conférence en droit public à l'université euh Paris Nanterre.

Avant euh de vous laisser la parole, on va essayer de comprendre qui sont euh ces fidèles dont l'avenir euh par Emmanuel Macron a été euh assuré. Guillaume Lavial, présentez-nous donc ces ces figures nommées par Emmanuel Macron. Oui, d'abord Emmanuel Macron a nommé deux figures importantes à des postes clés.

Celui de première présidente de la Cour des comptes, cette institution qui juge la gestion financière publique et pour cela, il a choisi Amélie de Montchalin, une proche d'Emmanuel Macron donc qui a été secrétaire d'état puis ministre lors de ces deux mandats présidentiels. Ce poste, il est lié à l'âge. Elle pourrait rester jusqu'à 58 ans, ce qui fait qu'elle pourrait être en poste jusqu'en 2053.

Autre nomination qui remonte à presque 1 an maintenant, celui du président du Conseil constitutionnel. Là encore, c'est un proche d'Emmanuel Macron qui a été choisi puisqu'il s'agit euh de Richard Ferrand qui peut rester euh jusqu'à 9 ans à ce poste jusqu'en 2034. Donc il reste néanmoins deux autres nominations importantes à Emmanuel Macron avant la fin de son mandat.

Celui du gouverneur de la Banque de France, vous savez à suite au départ de François Villerroi de Gallot, c'est un mandat de 6 ans et là encore ce sont des proches d'Emmanuel Macron qui sont pressentis. Et dernier poste, celui du vice-président du Conseil d'État. Là encore, c'est un poste lié à l'âge.

La personne sera amenée à rester jusqu'à ses 68 ans et ça risque encore une fois de faire grincer des dents les oppositions. Alors est-ce que ce sont des pratiques courantes pour un chef d'état ou plutôt exceptionnelles ? Et bien oui et non, car en France, il y a eu une jurisprudence sous Nicolas Sarkozi avec la nomination à la cour des comptes de de Didier Migo qui était à l'époque une figure socialiste.

Mais euh cette jurisprudence, elle a été très rapidement abandonnée euh par les présidents suivants. Il faut se dire qu'à l'époque, il y avait une alternance entre la gauche et la droite. Donc, il était plus simple de donner un contrepouvoir à la première opposition.

Aujourd'hui, ce serait plus compliqué. François Hollande, Emmanuel Macron lors de son premier mandat. Et donc aujourd'hui encore une fois Emmanuel Macron clairement oublié cette démarche et renou avec cette tradition de la 5e République qui remonte à Charles de Gaul.

Merci beaucoup Guillaume. Arian Ferrand quand on négraine tous ces noms est-ce que ça vous choque ? Non.

Euh c'est-à-dire que c'est une pratique qui existe et ce que a rappelé notre journaliste depuis bien longtemps. C'est une pratique constitutive de la 5e République. En revanche, ce qui est un petit peu étonnant, c'est le contexte.

C'est-à-dire que c'est pas parce que c'était fait avant qu'il faut continuer de le faire aujourd'hui parce qu'on est dans un contexte très spécifique [rires] où le président de la République n'a pas de majorité absolue, ce qui est quand même une première. On est dans un contexte où il est aussi dans un mandat finissant, ce qui contribue aussi à donner l'impression que à toute fin de sa présidence, il va nommer beaucoup de de ses proches à des postes clés. Et surtout, on est dans un moment où la confiance envers le politique est extrêmement effritée.

Le 9 février dernier, on avait le le dernier baromètre du CVPov sur la confiance politique qui nous montrait à quel point la confiance envers les politiques c'est encore euh encore plus effrité euh qu'avant, notamment envers le président de la République qui tombe à 18 % de confiance, qui est extrêmement peu. Donc il risque avec lui et en nomant ses proches de fragiliser la confiance envers les institutions. C'est d'ailleurs ce que pointe une tribune dans le monde de magistrat financier de la cour de la cour des comptes en disant attention on est une institution indépendante et on ne veut pas que notre confiance la confiance envers notre institution soit effritée avec cette nomination.

Et je dirais juste un dernier point euh de contexte pour montrer que le contexte actuel est différent du contexte passé. On est quand même dans un contexte de monté en France et partout à travers l'Europe de euh de l'illibéralisme. Or euh avec l'illibéralisme, on a euh des critiques faciles envers les juges, notamment le juges constitutionnel, envers les autorités euh administratives indépendantes.

Et donc ce type de nomination va encore plus tragéiser dans ce contexte ces autoritésl. Alors euh Thierry Curta, il y a une nomination qui fait beaucoup parler, c'est celle de Amélie de Montchalin. Elle est elle est encore ministre des euh des comptes publics euh et finalement elle va devoir contrôler son propre budget.

Alors deux choses, elle n'est plus ministre, elle ne l'est plus mais elle va être très probablement renommée à partir de demain ou après-demain parce qu'il y a un certain nombre d'échéances parlementaires qui vont arriver. La deuxième chose, c'est que elle a déjà annoncé que lorsque l'examen de son budget arrivera examiné par la Cour des comptes, et bien elle se déportera. Donc elle ne sera pas jugée partie, c'est-à-dire celle qui a promu, défendu, établi, construit ce budget 2026 à l'Assemblée nationale lorsque ce budget sera examiné par la Cour des comptes.

Ça ne sera pas elle qui l'examinera. Thierry Mulier euh elle a 40 ans. Amélie de Monchalin théoriquement elle pourrait rester en place jusqu'à 2053.

Surtout que le la présidente de la Cour des comptes, c'est quand même un poste clé. Est-ce que le successeur d'Emmanuel Macron peut la destituer ? Non.

Une fois qu'elle est en place, elle peut rester et faire son mandat qui peut durer jusqu'en 2053. Alors, il y a un principe dynamovibilité des magistrats qui concerne aussi celles et ceux de la Cour des comptes. Et donc oui, la nomination à un poste aussi central, même si c'est la première présidente de la cour des comptes, mais ils sont ils sont h en tout et bien conduit à ce que elle puisse rester ou en tout cas faire l'essentiel de sa carrière dans une institution comme celle de de la cour des comptes.

Ça en dit long quand même sur le le comment la le positionnement personnel du de l'autorité nonante puisque ça n'est pas une un élément qui est pris en considération. Après, je m'arrêterai là sur le niveau de compétence de madame Chalin. Je crois pas que ce soit le débat pour le juriste, si ce n'est que elle n'a pas une expérience qui soit aussi comment dire importante par exemple en matière de de budget que un Didier Migu à l'époque quand il avait été nommé par le président Sarkozi.

Mais de manière générale, ça en dit long sur euh la les représentations qu'ont les élites politiques euh de euh de de la compétence de la nomination. Euh le problème il est triple hein. Moi j'ai entendu au début c'est pas inquiétant moi je trouve c'est inquiétant mais c'est quelque chose d'assez d'assez courant que et bien euh le président de la République est une latitude aussi importante dans la nomination mais on a trop tendance et c'est normal hein dans la 5e République à se focaliser uniquement sur le président de la République et il y a des responsables aussi dans cette nomination.

Il y a à commencer par le Premier ministre qui formellement doit contresigner, c'est-à-dire apposer sa signature à la à la nomination du président de la République. Et ça c'est quelque chose qui euh juridiquement et bien euh conduit à dire que il y a au moins deux autorités qui se sont mises d'accord sur cette nomination. dire pourrait refuser une telle nomination, elle ne voit pas le problème.

Et là ça montre un problème généralisé de nos élites politiques et administratives sur il y a pas de problème circuler, il y a rien à voir. Ça c'est vraiment inquiétant. Mais ça veut ça veut dire que si je vous comprends bien Sébastien le cornu pourrait refuser de signer pour la nomination d'Améli.

Formellement oui. Euh puisque en réalité du point de vue de la répartition des compétences, le président de la République et l'autorité nommante au de l'article 13 de la Constitution, c'est-à-dire c'est lui qui signe le décret de nomination. Mais ce décret ne peut avoir une portée juridique, c'estàdire produire des effets juridiques.

Donc conduire effectivement à la nomination de madame Chalin uniquement si le premier ministre à minimait il y a des ministres compétentes pour d'autres pour d'autres types de nomination et bien contreigne, c'est-à-dire en réalité prend en charge la responsabilité de l'acte parce que le chef de l'État sous la 5e République est une autorité juridiquement constitutionnellement dite irresponsable de ces actes. C'est c'est [raclement de gorge] donc le premier ministre et a forceuré le gouvernement collectivement et solidairement qui prend en charge la responsabilité de l'acte. Comme ça, si parlement estime que et bien la nomination est discutable, et bien il peut aller au bout de sa logique entre guillemets et par exemple structurer l'action du gouvernement.

Mais on a des institutions dans la pratique tellement dysfonctionnelle, très marqué en réalité à la fois par le fait majoritaire et par le présidentialisme qui a qui a prospéré pendant des dizaines d'années. Et bien euh tout tous les acteurs [raclement de gorge] intériorisent et trouvent ça relativement normal et nous-même he dans le débat public trouve ça relativement normal que le président de la République nomme sur des postes aussi importants. Mais juridiquement, il n'en a qu'une compétence.

Il n'a pas le pouvoir de nomination. C'est le c'est le premier ministre qui l'a parce que c'est lui qui est responsable de ces actes devant le parlement. Thierry Curta, euh comment elle passe cette nomination d'Amélie de Monchalin ?

Alors euh la compétence d'Amélie de Monchalin pour ce poste n'est pas remise en cause. Et puis il faut quand même pas oublier que euh le président de la République, le gouvernement n'a pas non pas démissionné Pierre Moscovici. Pierre Moskovici est atteint par la limite d'âge qui est de 67 ans.

Il a eu 68 ans, donc 67 ans révolu. On devait lui trouver un remplaçant. La difficulté c'est effectivement la jeunesse.

Elle va pouvoir rester très longtemps puisqu'il n'y a pas de limite en nombre d'années. C'est juste une limite d'âge. Et puis la deuxième chose c'est qu'effectivement c'est une proche d'Emmanuel Macron.

Et puis tout ça se passe dans une ambiance un peu particulière. Nous sommes dans une fin de règne. On sait que le prochain président ne sera pas Emmanuel Macron.

Et donc toutes les critiques vont dans ce sens-là. Emmanuel Macron essaie de verrouiller la République en cas d'alternance notamment avec le Rassemblement national. Mais alors justement, est-ce que Emmanuel Macron ne fait pas ça aussi pour effectivement en cas d'extrême au pouvoir mettre une forme de contrepouvoir ? se dit bah je vais nommer maintenant des gens qui pourront éventuellement dire si c'est le Rassemblement national au Rassemblement national ou ne pas leur laisser totalement les mains libres notamment à la Banque de France où le patron va démissionner donc il peut nommer le prochain directeur de la Banque de France.

Euh c'est en tout cas c'est une hypothèse tout à fait possible et c'est vrai que l'exemple de la Banque de France est plus parlant parce que là il était censé aller jusqu'en 2027 à la fin de 2027 c'estàd après la prochaine présidentielle exactement or il part un peu plus tôt ce qui a un peu étonné tout le monde là où Pierre Moscovici arrivait comme vous l'avez dit à la fin [raclement de gorge] de de son mandat donc sur l'exemple de la Banque de France il y a cette suspicion là c'est vrai j'aimerais rebondir sur ce que vous venez de dire avant sur le profil d'Améline Montchal il y a un premier problème vous l'avez dit c'est la jeunesse mais c'est pas c'est pas le seul. Elle est elle est ministre des comptes publics. C'est jamais arrivé en tout cas pas depuis les années 90.

On a eu des on a eu des ministres par exemple Pierre Jox mais il y a eu un certain nombre d'années entre le fait qu'il était était ministre et effectivement Pierre J notamment en tout cas en tout cas pas quand on n' pas eu un enchaînement ministre des comptes publics euh puis cours des comptes. Ça ça n'est ça [raclement de gorge] n'est pas arrivé. Par ailleurs, il y a des profils, il y a beaucoup de profils euh avant, pas Didier Emigo, mais il y a beaucoup de profils qui étaient passés par la Cour des comptes, notamment en sortie des NA.

Donc, il y avait quand même un pied dans l'institution. Elle elle ne l'a pas. Elle n'a pas été haute fonctionnaire comme beaucoup de ses prédécesseurs.

Donc, il y a plusieurs problèmes de profil. Et il y a un problème qui est aussi un problème d'institution sur la Cour des comptes en particulier. Pourquoi ?

Premièrement, parce que le le président de la Cour des comptes est in le premier président est inamovible, ce qui est une spécificité. Euh ailleurs, il y a beaucoup de de mandats de plusieurs années renouvelables euh ou non, il y a pas le même système de contrôle. Il faut savoir qu'en 2008, il y a une révitutionnelle et pour beaucoup d'autorités indépendantes, il faut que euh les commissions de l'Assemblée nationale et euh du Sénat ne mettent pas un véu.

Il y a 3/5e pour euh pour avoir un véau. Là, ce n'est pas euh ce n'est pas le cas. Ce n'est pas de cas non plus.

Il y a pas non plus, comme il peut y avoir au Conseil d'État, d'avis favorables ou défavorables qui émanent de l'institution. Donc, il y a pas beaucoup de contrôle et de garde de fou en particulier sur cette institution là. Justement Thba Mulier, vous confirmez, il y a il y a très peu de garde fou de manière générale et quand quand le président veut nommer, généralement ça passe.

On sait que pour Richard Ferrand ça s'est joué à une voie prê mais finalement il a été nommé au Conseil constitutionnel. Absolument. Et je rejoins ce que madame Ferrand vient de dire sur la révision de 2008 et ça porté en réalité à très limité. trois points.

Le premier, il faut pas surinterpréter la quantitativement, pas qualitativement, mais quantitativement la compétence de nomination du président de la République. En réalité, on se focalise sur des postes euh en quantité assez limitées. L'autorité nommande principale, ça reste le premier ministre sur les emplois civil militaires.

Et c'est vrai que c'est le président de la République qui a et bien progressivement sous la 5e République qui s'est accaparé un certain nombre de nominations sur les hautes institutions. Et on pourrait même dire que sur des institutions beaucoup moins centrales, par exemple la présidence de l'Institut du monde arabe, c'est c'est le conseil d'administration qui est compétent pour nommer. C'est une proposition du ministre en charge des affaires étrangères qui a proposé madame Legend.

Et en pratique, on sait très bien que c'est le président de la République qui désigne euh la personne à nommer ensuite. Donc il y a vraiment un phénomène, c'est ce que Lucis Poncado dans sa thèse qui fait autorité hein, dans le champ du droit public. sur la compétence de nomination du président, c'est vraiment le un phénomène de captation euh du pouvoir de nomination.

Depuis 1958-159, tous les présidents de la République sans exception et là Emmanuel Macron n'est pas innovant sur ce point-là et bien se sont efforcés de capter progressivement euh le la le pouvoir de nomination du Premier ministre au détriment de du premier ministre et sans qu'il y ait dispositif de contrôle. Et ce qui fait que hormis le contresin ministériel qui est en soit une forme de contrôle parce que si le premier ministre refuse son contrein, l'autorité ne peut pas enfin la la nomination n'est pas valide juridiquement mais tant qu'il a l'appui d'un premier ministre qui accepte le contrein et bien il arrivera à nommer cette tête là et il n'est pas du tout anodin le fait que et bien la nomination de monsieur le cornu dont on sait la proximité et en fait la la pratique hein de de servitude volontaire du premier ministre, monsieur le Corni, [rires] qui qui est qui est comparable à beaucoup d'autres premier ministres et bien va assurer en fin de règne, c'est vrai, monsieur Macron, du de nomination sur les postes clés qui est plus ou moins assuré et le contrôle parlementaire étant tellement limité au titre de l'article 13 aliné 5 parce que on l'a vu avec monsieur Ferrand, même une majorité négative si elle n'atteint pas les 35 et bien peut conduire à la nomination et bien on n pas du tout pratique du comme sur dans les autres régimes parlementaires européens. Ce qui conduit et bien à un sentiment que le président de la République n'a pas de en pratique, il en a assez peu et c'est ras majeur du point de vue de la théorie des apparences parce que peut-être que madame de Montchal s à montrer son indépendance au pouvoir politique et on peut pas mettre ça en doute a priori mais ce qui est important dans la théorie des apparences c'est pas seulement l'impartialité de l'organe nommé c'est aussi la façon dont on se représente cette impartialité dans le débat public médiatique.

Et là for de constater qu'elle n'est même pas nommée, elle est toujours ministre jusqu'à ce soir. Elle n'est même pas nommée, elle n'est même pas en fonction par et on est déjà suspicieux. C'est ravageur pour la confiance dans les institutions et dans le personnel politique.

Thierry Curtais, sur cette théorie euh des apparences, effectivement, il y a rien d'innovant à ce que fait à ce que fait Emmanuel Macron, mais on voit depuis des années qu'il récompense ses fidèles de de la première heure et ça effectivement ça fait passer, j'ai utilisé le terme de la République des copains, ça donne cette image là. Alors, en France, il y a pas de spoil système à l'américaine. C'est-à-dire que lorsque on change d'administration politique, on change de de président en quelque sorte, et bien l'administration reste en place.

Et il faut savoir que du côté de l'Élysée, du côté des gouvernements successifs, on a toujours été très agacé. Alors, il y avait un certain nombre de découvertes de ce qu'était le monde politique en 2017-28 parce qu'il y a eu un profond renouvellement. euh un certain nombre de ministres et le président de la République l'avait constaté aussi en disant "On fait voter un certain nombre de lois, il y a des décrets qui sont appliqués mais en fait les décrets ne sont pas euh les décrets sont euh votés mais les décrets ne sont pas appliqués." Ensuite, en quelque sorte, il y a une résistance de l'état profond, c'est-à-dire un certain nombre de haut fonctionnaires ou même de fonctionnaires qui n'appliquent pas les lois et les changements qui ont été votés.

Ça cela a été de sous la 5e République dans chaque fois qu'il y a eu une alternance, ça ça a été le cas. Et donc il y a eu cette volonté euh si on ne change pas tous les fonctionnaires d'avoir dès qu'on en a la possibilité de nommer des gens qui euh appliqueront votre politique, qui seront le relais sur le terrain dans l'administration des décisions que vous prenez. Je pense que la situation française est très liée à ça.

Mais justement, est-ce qu'il n'aurait pas pu euh faire finalement à comme à l'époque Nicolas Sarkozy qui avait nommé Didier Migo ? Si l'un des objectifs d'Emmanuel Macron, c'est de mettre des contrepouvoirs si le RN euh gagne la présidentielle, il aurait pu nommer un socialiste. Il aurait pu, il l'a pas fait.

Euh, il faudra lui poser la question pour savoir pourquoi. Euh, je pense que en fait, il il craint une alternance qui ne soit pas de même nature cette fois-ci. Euh d'une certaine façon de 58 jusqu'à nos jours, euh c'est toujours un grand parti central, c'est-à-dire la gauche puis la droite qui a gouverné.

Ça n'a jamais été l'extrême droite ou l'extrême gauche. Et cette fois-ci, visiblement du côté d'Emmanuel Macron, et bien on prépare l'avenir et effectivement, on on ne voudrait pas que le le le pouvoir qui va lui succéder et toutes les manettes puissent faire ce qu'il veut. il en bon politique, il veut garder effectivement un certain nombre de pouvoirs et il aime ça Emmanuel Macron jouer avec les candidatures, les nomination, il fait parfois il les reporte, il fait attendre certains jusqu'au au dernier moment.

C'est c'est un un pouvoir don dont il aime jouer. Oui. Rémunérer ses fidèles, c'est effectivement un pouvoir dont il aime jouer.

Pour rebondir sur ce que vous venez de dire, euh on a expliqué au début qu' il était possible que ce soit la perspective du RN en 2027 qui explique ses nominations. Euh certes, mais dans le choix des profils, il y a aussi autre chose. Il y a aussi peu importe finalement qui arrive au pouvoir en 2026 si ce n'est pas un macroniste, il y a eu la volonté chez Emmanuel Macron de préserver son image, de préserver son bilan aussi et donc en mettant des proches des gens qui vont défendre son bilan et qui vont aussi c'est même de gouverner l'avenir de Oui, peut presque de gouverner l'avenir même si ce sont pas non plus des fonctions politiques directes.

Donc il y a il y a il y a il y a ces deux ces deux éléments. Et pour revenir revenir sur ce qui était dit juste avant sur l'image que ça renvoie. Oui, ça peut renvoyer une image assez délétaire d'autant plus que ce sont des institutions de plus en plus visible.

La cour des comptes avec Pierre Moscovici est devenue beaucoup plus visible dans le débat public. On l'entend sur beaucoup de plateaux télé, ce qui était beaucoup moins le cas de ces prédécesseurs. La le sur le Conseil constitutionnel, le Conseil constitutionnel, ses pouvoirs se sont quand même beaucoup étauffés depuis 1958.

On pense notamment à sa décision de 197 T11 qui consacre ce qu'on appelle le bloc de constitutionnalité. C'est-à-dire que maintenant le juge de constitutionnel le juge constitutionnel a beaucoup plus de pouvoir pour préserver notamment les droits fondamentaux et il est beaucoup plus visible dans l'espace public et aussi de se fait beaucoup plus attaquer. Donc à partir de ce moment-là, à partir du moment où c'est des institutions très visibles, très présentes dans le débat public et qui ont beaucoup de pouvoir, on peut se poser la question de quel type de profil on met à la tête de ces institutions et est-ce qu'il faut pas les professionnaliser ? arrêter ce type de pouvoir de nomination.

Enfin, c'est des questions qu'on peut se poser et qu'on peut se poser à l'une de cette nomination de ces nominations aussi. Euh Tho Mulier, est-ce que une fois le nouveau président élu en place, est-ce qu'il pourrait dituer ou faire pression pour que certaines personnalités à la tête de ces institutions euh soient démissionnent, soit soit destitué ou c'est quasi impossible ? Alors euh le terme d'itution est un peu est un peu difficile.

Grosso modo pour un certain nombre de postes, le principe d'inadmovibilité notamment pour les magistrats et bien conduit à ce qu'il n'y ait pas de de [raclement de gorge] marge de manœuvre. Euh mais par exemple au Conseil euh constitutionnel euh il n'est pas possible de destituer monsieur Ferand sa sa fonction mais euh euh il y a un renouvellement parti tous les 3 ans, sauf euh problème de santé ou nomination dans le gouvernement comme c'était arrivé pour madame Boubé. euh et bien euh il y a un renouvellement euh partiel tous les 3 ans et euh ce qui fait que un nouveau président de la République pourrait très bien nommer euh un nouveau membre parce que là il y a habilité et en en profiter si je puis dire pardon de l'expression pour nommer un nouveau président de la du Conseil constitutionnel.

Euh en fait c'est la destitution, c'est il faut il faut à chaque fois regarder qui est en plost, est-ce qu'il y a une règle d'inammovibilité et euh est-ce qu'on peut changer à défaut de changer la personne, changer celui qui dirige. Et puis il y a des postes qu'on dit à à la décision du gouvernement dans le jargon. Ça c'est des postes d'ambassadeur par exemple.

C'est des c'est des postes très sensibles mais qui sont beaucoup [rires] plus à disposition du de l'exécutif et donc par voie de conséquence peuvent être beaucoup plus facilement changés. C'est pas un système de spoil system, c'est le cas de le dire, comme ça a été rappelé très justement, mais il y a certains postes très proches du pouvoir exécutif ou les préfets par exemple qui peuvent être beaucoup plus facilement changés sous enfin en en cas de changement de majorité, donc de changement de président. Mais encore une fois, ce n'est pas parce que vous changez le président que vous pouvez changer beaucoup de tête si en en face vous avez une majorité à l'Assemblée nationale et donc un gouvernement qui vous est hostile.

Là, le tour de force d'Emmanuel Macron, c'est que quand bien même nous n'ayons pas de fait majoritaire depuis la dissolution ratée de 2024, quand bien même et bien il n'y a pas de majorité absolue qui soutiennent la politique du président de la République, et bien le le la fragmentation et en fait la tripartition de les chiquitiques conduit à ce qu'il a été en capacité de nommer un proche à Matignon et donc ça lui garantit de faire survivre sa son pouvoir de nomination comme si on était en période présidentialiste. quasiment une anomalie de la la logique de la pratique. Mais on voit bien, on a bien vu par exemple dans les périodes de cohabitation que là les nomination à des postes importants sont beaucoup plus difficiles ou bloqué s'il n'y a pas de consensus entre le président et à minima le premier ministre et éventuellement certains ministres compétents.

Merci beaucoup Thba Mulier, merci Arian Ferrand et merci à vous Tyric Curtet d'avoir été autour de la table. Ne bougez pas dans un instant, c'est le journal de Séverine Laroui qui reviendra sur les crues qui se stabilisent très lentement.