UNCOMMON CANNES par Mr David LISNARD
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Première question, monsieur le maire, quel est l'endroit de la ville où vous vous sentez naturellement le mieux ?
Dans mon canapé, ce qui est trop rare d'ailleurs. À part ça, ce sentiment de l'unitude, il dépend tellement de paramètres. Ce qui vient spontanément à l'esprit, les coques, les rochers rouges de la Bocat. Mais toujours dans le genre rocher rouge, le mois rouge aussi est de plus en plus. On s'y retrouve d'ailleurs de plus en plus souvent. C'est les souvenirs d'enfance, de jeunesse, soit dans le quartier République où je vis encore. Soit vraiment dans le secteur, enfin Ville-Suké, c'est un cliché de le dire, mais c'est le plus bel endroit du monde, c'est sûr.
Et le Petit-Juas, c'est-à-dire tout ce secteur qui est magnifique, de villes, d'habitants, de villes-jardins, de Saint-Louis, des Valergues. Et mes grands-parents avaient une pension de famille qui était le soleil d'Azur, qui était en face de la goutte de lait. Donc quand on remonte Louis Blanc depuis la miséricorde des Fortville, qui était un endroit où plein de mystères, parce que j'étais tout gamin, il y avait une espèce de cuisine, de grosse machine pour éplucher les patates. On allait dans l'impasse derrière, il y avait la blanchisserie.
Et il y avait la maison de mes grands-parents, qui malheureusement a été détruite il y a une trentaine d'années, et qui était allée du parc des Valergues. Et tout ce coin entre l'allée du parc des Valergues, l'avenue de Dr Bernard, il y a des vallons, il y a des petits chemins, il y a des recoins. Ce ne sont pas des endroits forcément très connus, mais il y a toute l'âme de Cannes, je trouve, dans ces endroits-là. Mais il y a tellement d'autres coins magnifiques.
Il y a dit qu'il y a une période de l'année que vous préférez.
Il faut le répondre, il faut en choisir une, mais...
J'ai le souvenir de votre blog, lorsque vous éclairiez, j'aime l'été, je n'aime pas l'été.
Moi, j'aime l'été quand même, quand il y a le côté exaspérant, quand il y a trop de monde, etc. J'ai mes plans à moi. Après, une journée de janvier, ensoleillée, on mange dehors avec la mimosa, c'est quand même avec une lumière. C'est quand même, ça a de la gueule aussi. En fait, j'aime trop la vie pour me priver de trois saisons.
Que feriez-vous découvrir d'inédit, de rare, d'uncommon, pardon pour l'anglicisme, à quelqu'un que vous accompagnez pour sa première visite à Cannes ? Puis, je réponds, c'est évidemment...
C'est un peu répondre dans la première question, la première réponse. C'est-à-dire que, tout ce coin-là, je le trouve magnifique. Après, il y a des heures aussi. Il y a des lumières, c'est-à-dire que, le matin, évidemment, il faut aller au Mourerou, je crois. Enfin, évidemment. Le matin de tour, regarder un lever de soleil. Et puis, le soir, regarder un coucher de soleil sur l'Estérel, on peut le voir depuis la Californie. C'est toujours sublime. Depuis le Suquet aussi, depuis les remparts du Suquet, on monte, on embrasse toute la ville, qui elle-même s'embrase avec le rouge du soleil. Mais des endroits un peu plus intimes, comme sur les îles de l'Erinse, à Sainte-Marguerite, par exemple.
Il y a un endroit que j'aime beaucoup, je ne suis pas allé depuis longtemps, mais j'ai aimé beaucoup quand j'étais ado, en effraction et en infraction. Donc, c'était le fort de la Convention. On voyait le bateau des îles. On n'avait pas le droit de rester, donc on se planquait. On y passait la nuit, on y campait, on repartait le lendemain avec des copines. C'est que des bons souvenirs. Après, il faut faire attention à la douceur de la nostalgie. Aujourd'hui aussi, je pense que j'amènerais peut-être quelqu'un le matin faire du paddle au lever du soleil au Mourerou ou faire une sortie en mer avec un pêcheur. C'est quand même génial. On est une ville de mer.
Les gens n'imaginent pas à quel point la mer est belle. Elle redevient encore plus belle, contrairement à ce qu'on entend souvent. Tout dépend des moments aussi. On a tous nos adresses. Mais ne serait-ce que prendre, descendre le boulevard Carnot. J'ai regardé dans les perpendiculaires côté père du boulevard Carnot. Quand vous allez vers République, regardez les beaux windows, les immeubles. Il y a des choses de la belle époque. Il y a aussi de l'art déco quand vous allez dans le secteur Rumi-Mont, la de Simon, avant d'aller manger un couscous au Maghreb. Ou de l'autre côté, côté impair, quand vous allez vers le Petit Jouas. Là, il y a plein d'escaliers.
C'est la Côte d'Azur, des murs en pierre. Il y a des bougainvilliers. Il faut savoir les regarder. Quand on est jeune, on ne fait pas gaffe. Mais on se rend compte que quand on est ailleurs, il nous manque quelque chose. Et puis après, on analyse ça. Il y a un endroit que je trouve merveilleux maintenant. Alors, quand j'étais gamin, je ne faisais pas attention. Et j'y passe quand je n'ai plus couvert la mairie. C'est quand on va au Pont Saint-Victor. Donc, il va vers la Croix des Gardes. Mais juste avant, entre Stan et Pont Saint-Victor. Et donc, entre l'avenue Grasse, vous voyez, entre l'avenue Grasse et la Croix des Gardes. Mais il y a des belles lumières. Les arrondis de rue sont beaux.
Après, moi, j'adore la rue d'Antibes. Parce que ça renvoie aussi à du personnel. Quand on a un magasin en haut de la rue d'Antibes, tout le secteur... D'abord, j'aime les rues commerçantes. J'aime le commerce de vitrine. J'aime aller boire un café. L'ancien petit Carlton. Et puis le petit Majestik. Ou à côté du magasin. Mais tout le coin, entre Raménonville, la place Commandant-Lamy. Puis vous descendez jusqu'au gré d'Albion. Le soir, la rue d'Antibes, elle a une lumière. On se voit à Prague, par exemple, avec l'arrondi. C'est magnifique. Mais on peut parler pendant des heures. On peut parler pendant des heures. Donc, je vais éviter parce que vous savez que je peux faire.
Aurillers.
Puis d'autres souvenirs. Vous voyez, c'est en la jeunesse, par exemple. Les Murillers. À la Boca. Ma grande-tante, la sœur de mon grand-père. Il y avait un handicap mental. Donc, elle était dans cette maison. C'était avec un petit jardin. Et quand je retourne là-bas, je pense toujours à ça. Je la voyais jardiner. Et je suis heureux qu'on ait pu sanctuariser ces maisons. Je ne vais pas parler de ce que l'on fait. Mais le De Vins, les Murillers, la Boca. Il y a une âme très particulière aussi.
Avez-vous une anecdote particulière ou peut-être ce que vous croyez être un secret sur Cannes ?
Je suis allé au maximum de ce que je peux donner en anecdote personnelle. Parce que, comme ça, quand c'est secret, j'en ai trop de secrets. De jeunesse. De jeunesse. Non. Donc, l'idée, c'est de parler à des gens aujourd'hui, de Cannes d'aujourd'hui. Donc, ce n'est pas de raconter nos trucs d'anciens combattants. On croit que c'est des secrets. Et puis, ça ne sont pas des secrets. C'est tout bon de croire avoir ces secrets. Et puis, en réalité, on se rend compte qu'on est un certain nombre à les affaires. Bon, j'en ai un peu parlé tout à l'heure. Aller faire une journée en mer avec un pêcheur, c'est que le chose... Faire le tour des îles.
Vous allez au Moray Rouge, vous louez un paddle, il vous équipe. Et vous allez pique-niquer en paddle. À la rame, en famille. Vous prenez là ou deux paddels. C'est les gamins. C'est tout simple. C'est que du bonheur. Non, le secret, c'est aussi de courir à Cannes. C'est une ville qui est faite pour courir. En ville, vous allez vite dans la nature. S'il fait encore jour, vous pouvez aller dans la Croix des Gardes. S'il fait nuit, vous pouvez courir dans les chemins à Californie qui sont éclairés. Vous pouvez aller sur le canal de la Sienne. Il y a des sauts. Je ne sais pas s'ils sont spatio-temporels, mais ils sont spatiaux. À Cannes, ça, c'est assez étonnant.
En deux minutes, le course à pied ou une marche rapide, vous changez complètement d'atmosphère. Vous êtes à République, dans un quartier cosmopolite, avec des commerces de l'agrément, etc. Moi, j'y vis. Et hop, vous marchez cinq minutes. Vous vous retrouvez dans la Californie, avec des fleurs partout, les milliardaires, etc. Et c'est ça qui est assez génial, c'est cette proximité de ces 10 univers. Il y a même des sauts encore plus forts. Quand vous courez sur le canal de la Sienne, vous le prenez depuis Cannes. Vous allez vers le Canet. Vous courez sur le Canet. Et vous continuez, vous continuez. Vous traversez la rue au bout du Canet. Et hop, il y a un tunnel. Vous le prenez.
Vous passez sur l'autoroute et vous arrivez à Mougin. Et tout d'un coup, vous êtes dans la forêt. Et vous suivez le canal. Mais ce n'est rien du tout à faire, en fait. C'est rien. Donc, non seulement par l'architecture, mais par la végétation, par tous ces contrastes, on a des sauts d'ambiance qui sont très, très prononcés. Et puis, c'est les Alpes-Maritimes. C'est la montagne, la mer, la campagne. C'est super urbanisé, super végétalisé à certains endroits. C'est tout ça, Canet.
Dernière question. Même si vous en avez. Vous avez répondu largement à celle-ci, mais par strade, je dirais. Vous avez trois heures libres. Vous êtes dans l'espace public. Je ne vous tente tout de suite.
Basket. Courir et me baigner. Mais j'aime la mer. Donc, ce n'est pas à toi que je vais dire ça. Donc, courir et me baigner, quelle que soit la saison.
Merci beaucoup.
Merci. Merci. Merci.
Merci. Merci.
David Lisnard