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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 19 mai 2026 23 min

Présidentielle 2027 : "Ma volonté d'être candidat est pleine et entière", affirme Bernard Cazeneuve

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale. Et dans le grand entretien, nous recevons donc ce matin un ancien Premier ministre, ancien ministre de l'Intérieur et peut-être futur candidat à l'élection présidentielle. Vos questions et réactions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Et bonjour Bernard Cazeneuve. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin au micro d'Inter. On va tenter de vous cerner politiquement au sein d'une gauche qui se morcelle à moins d'un an de la présidentielle. Quel chemin proposez-vous ?

Quelle est votre ligne sur les sujets d'actualité comme le prix des carburants par exemple et sur les grands sujets qui agitent le débat public, le déficit, les retraites, l'immigration ? Mais d'abord Bernard Cazeneuve, il y a trois semaines au Figaro, vous avez dit être prêt pour 2027. Est-ce que vous pouvez être plus clair ce matin et nous dire si nous avons en face de nous un candidat à la présidentielle ? Il y a un temps pour tout. Et le temps auquel nous sommes confrontés, le temps du développement des projets, des idées, de la confrontation des points de vue. Donc je me suis préparé et j'ai préparé un projet. Je le rendrai public dans quelques semaines.

Et ce projet fera partie du débat public dans la perspective des élections présidentielles. C'est quand même autour du projet que la campagne présidentielle doit se dérouler. Et on verra en fonction de la manière dont ce projet est reçu. On verra en fonction de ce qui se passera à gauche.

1:29
Locuteur non identifié

Donc il y a encore dans la Cazeneuve quelque chose qui pourrait vous empêcher d'être candidat ?

1:34
Présentateur

Ma détermination à être dans le débat est totale. Ma volonté d'être candidat est pleine et entière. Mais on n'est pas candidat pour soi-même. On est quand même dans une situation particulière. En France, ça ne vous a pas échappé. Un contexte international extrêmement grave. Un morcellement du paysage politique qui peut emmener à une confrontation au second tour de l'élection présidentielle entre LFI et le Rassemblement National. Donc on ne se projette pas dans un moment politique comme celui auquel nous sommes confrontés avec la seule préoccupation de son destin ou de soi-même. Sinon c'est qu'on est dépourvu de sagesse. Est-ce que vous avez le désir d'être président de la République ?

Bien entendu que j'en ai le désir. Sinon je ne ferai pas ce que je fais ce matin. Et je ne ferai pas tout ce que j'ai fait au cours des dernières semaines. Mais il s'avère que nous sommes dans un paysage politique tellement déraisonnable que dès lors que vous avez la préoccupation du pays et la volonté de le servir en tenant compte des risques qui se présentent à lui, c'est-à-dire que dès lors que vous êtes déterminé à être sage, alors vous n'êtes pas déterminé à être président de la République. Mais moi je considère que nous sommes dans une période où on ne peut pas être président de la République

2:38
Locuteur non identifié

si on n'est pas animé d'une certaine sagesse. Parce que Bernard Cazeneuve, vous savez, ceux qui vous veulent du mal, parfois ils disent Bernard Cazeneuve à force d'être au-dessus de la mêlée, à force de ne pas vouloir se mêler d'affaires partisanes, en fait il reste en retrait, il reste en surplomb et il ne plonge jamais dans la campagne. Vous allez donner tort à ceux qui vous reprochent cela ?

2:54
Présentateur

Parce que vous pensez que les Français sont séduits par les manœuvres de ceux qui passent leur temps dans les affaires partisanes ? Vous pensez que ceux qui manœuvrent en permanence, godis, s'occupent des affaires des appareils, recueillent une audience absolument déterminante qui leur donne une chance d'atteindre le but et de sortir le pays de l'affaissement auquel il est confronté ? Je ne le crois pas. Donc il est vrai que je ne m'intéresse pas à ce qui se passe dans les appareils dès lors que ce qui se passe dans les appareils nous donne le spectacle que l'on voit.

Mais ce n'est pas d'ailleurs, pour moi, une manière de me désintéresser de ce qu'est le sort de la gauche ni de ce qu'est l'avenir de ma famille politique. C'est une manière de refuser ce que j'appellerais, de façon triviale, pour que tout le monde comprenne bien, la tambouille. Alors, pour qu'on comprenne bien et pour les Français qui pourraient vous avoir oubliés puisque vous avez été ministre de l'Intérieur puis Premier ministre de François Hollande, c'était il y a dix ans... Oui, mais les Français ne m'ont pas oublié. Vous savez, quand je me prends dans la rue, ils me reconnaissent et ils parlent. Comment vous vous définissez politiquement, aujourd'hui ?

Je me définis comme un républicain de gauche, comme un social-démocrate qui pense qu'il faut de la clarté à l'égard des dégagismes d'extrême droite et d'extrême gauche, que l'on ne peut pas soumettre le pays à la pression qu'exercent des dégagismes sur les institutions, sur la société, en cherchant à tout prix à la fracturer et qu'il faut, pour essayer de faire en sorte que ce risque soit évité, présenter au pays un projet qui soit imprégné de l'esprit de crédibilité et de responsabilité. Et je propose, pour être très concret, parce qu'on ne va pas passer notre temps à parler de ce qui se passe dans les appareils, mais parler de ce qui intéresse le pays, c'est-à-dire des propositions.

Moi, je souhaite que le projet soit structuré autour de quatre axes simples et qui correspondent, me semble-t-il, ces quatre axes aux préoccupations des Français. D'abord, les Français n'aiment pas le désordre. Ils ne veulent pas que sur la question de l'ordre républicain, que sur la question des valeurs, que sur l'idée qu'ils ont de leur propre pays, qui est articulée au refus du communautarisme, à l'attachement à la laïcité, à l'universalisme français, ceux qui s'apprêtent à exercer la responsabilité du pays, et la main qui tremble. Et ils ne veulent pas non plus, d'ailleurs, que pour conquérir des clientèles électorales, on abandonne tous ces principes sur le port du chemin.

5:06
Locuteur non identifié

On entend que vous ayez quatre axes, et on va, là encore, les détailler, mais simplement pour rester sur la question que vous posez, Florence, sur l'espace politique que vous occupez. Si vous êtes un républicain de gauche, c'est l'expression que vous utilisez, il s'avère que sur ce créneau-là, ça ne vous a pas échappé que vous n'êtes pas exactement seul. Il y a Raphaël Glucksmann, qui est celui qui, quand on regarde les sondages, est le mieux placé. Vous avez François Hollande qui fait tout pour se retrouver dans une position qui lui permettrait d'être candidat. Qu'est-ce qui vous distingue de ces deux personnalités si vous pensez la même chose ? Votre candidature n'a pas grande utilité.

5:35
Présentateur

Mais j'ai pris des positions très différentes. Au cours des derniers mois, ça ne vous a pas échappé. Lorsqu'il s'est agi en 2022 d'enteriner l'alliance avec la France insoumise, j'ai pris une position très nette. Je suis sorti du Parti Socialiste. Qui l'a fait ? À l'époque, oui, mais aujourd'hui, Raphaël Glucksmann et François Hollande sont

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Locuteur non identifié

plus clairs sur leur refus d'une alliance avec la France insoumise.

5:58
Présentateur

Lorsqu'en 2024, le nouveau Front populaire a été constitué, j'ai dit que l'orientation autour duquel il avait été constitué, que cette alliance était funeste. À l'époque, beaucoup de commentateurs, peut-être y en a-t-il d'ailleurs dans cette radio, disaient mais c'est le seul qui n'a rien compris. Aujourd'hui, tout le monde est sur cette ligne. Donc, j'ai pris des positions très nettes, j'ai été constant, je n'ai pas gaudillé, je n'ai pas cherché sur ces sujets qui étaient fondamentaux pour l'avenir de la gauche et surtout pour l'avenir de la France à tergiverser. Et donc, j'ai pris des positions nettes. Mais Raphaël Glucksmann et François Hollande disent la même chose d'aujourd'hui, Bernard

6:32
Locuteur non identifié

Cascault.

6:32
Présentateur

D'accord, donc ils se sont ralliés à mes positions. Donc, au motif qu'ils se sont ralliés à mes positions et que j'avais eu à l'époque une ligne claire qui a fini par convaincre tout le monde, il faudrait que je sois celui qui se retire. Ben non, j'ai pris des positions claires, je les ai défendues avec constance. La constance en politique a quelque chose à voir avec la cohérence et le courage. Et par conséquent, j'estime qu'il est tout à fait normal, dans le contexte où nous nous trouvons, que je puisse participer au débat. D'ailleurs, je constate que ces questions que vous me posez à moi-même, vous ne les posez pas aux autres lorsqu'ils viennent à cette antenne.

Vous ne leur posez pas la question de savoir s'ils sont déterminés ou pas, ou s'ils sont retirés ou pas, ce motif que je dis quand il y a. Donc, tout le monde, dans cet espace, a la possibilité d'exprimer ce à quoi il croit. Et dès lors qu'il exprime ce à quoi il croit, essayez de convaincre les Français de ce que je vais m'employer à faire. Vous avez envie, tous les trois, de cette fonction suprême, que vous ne souhaitez pas de primaire, tous les trois non plus. Comment est-ce que vous allez vous départager ? Mais il n'y aura pas à la fin trois candidats. D'ailleurs, le paysage à gauche va bouger d'ici la fin de l'année.

Ce qui compte, c'est d'essayer de faire en sorte, par les positions qu'on prend, que le paysage évolue dans la bonne direction. Et que l'audience que l'on aura en raison de la clarté de ce que l'on exprimera... Donc c'est quoi ? C'est les sondages qui vont décider ? Ce sont les sondages. Bien entendu, les sondages auront leur rôle. Mais c'est aussi la dynamique qui pourra se créer autour de ce que chacun exprimera.

7:58
Locuteur non identifié

Et à ce moment-là, on verra où est la sagesse. Et donc, on verra où est la sagesse que vous revendiquez. Donc Bernard Cazeneuve, pour essayer de comprendre votre positionnement, on va prendre quelques thématiques d'actualité, et qui vont notamment nous dire des propositions que vous pourriez porter sur l'économie d'abord. C'est une des principales, si ce n'est la principale préoccupation des Français, la question du pouvoir d'achat, et notamment le prix des carburants qui a atteint son plus haut niveau depuis le début de la crise énergétique. Face à cela, vous avez un gouvernement qui s'apprête jeudi à annoncer de nouvelles aides ciblées.

Vous avez de l'autre côté les socialistes qui, eux, appellent à taxer ce qu'ils appellent les super profits, en ciblant notamment l'entreprise totale. Qui a raison ?

8:34
Présentateur

Il y a trois propositions sur la table. Il y a une première proposition, qui est celle du Rassemblement national, la TVA réduite à 5,5. Cette proposition, elle ne vole pas sur le plan juridique, puisqu'elle n'est pas conforme aux directives européennes. Il y a une liste de produits qui peuvent bénéficier d'une TVA à taux réduit, le carburant n'y figure pas. Certains pays européens ont obtenu des dérogations pour baisser les taxes sur le carburant. Et Marine Le Pen, elle-même en 2024, a reconnu que cette proposition ne volait pas.

Si nous nous engagions dans cette voie-là, nous conduirions les Français à consommer davantage d'énergie carbonée, ce qui n'est pas quand même les objectifs que nous poursuivons sur le plan environnemental. Troisièmement, ça coûte 17 milliards d'euros dans un contexte où les finances publiques sont totalement effondrées. Et quatrièmement, ça repose sur une analyse de ce qu'est l'évolution des recettes liées à les TVA fausses, puisque la TVA est adossée à la fois sur le prix et le volume, et que si la TVA augmente en raison de l'augmentation des prix, l'effet volume augmente. Il y a le blocage des prix proposés par LFI, vous pouvez en parler.

Bon, le blocage des prix proposés par LFI, ça a déjà été essayé au Venezuela et à Cuba, ça a conduit à une pénurie considérable, et si nous mettions en place cette mesure, ceux qui nous vendent du pétrole n'auraient plus de raison de nous en vendre, et les raffineries, on avait 20 raffineries il y a quelques années, il n'y en a plus que 6, nous n'aurions plus aucune activité pétrolière en France, nous aurions accéléré la désindustrialisation. Donc, il faut mettre en place des mesures ciblées. Quelles sont les mesures que nous pouvons mettre en place ?

D'accord, mais à condition que ces mesures ne soient pas au moins le mois, et qu'elles soient lisibles dès à présent, et qu'elles s'inscrivent dans la durée dès lors qu'il y a une augmentation durable des prix de l'énergie. Dès lors que le plein d'essence se fait dans des conditions où le litre est au-dessus de 2 euros, et qu'il y a des familles qui sont dans l'impossibilité d'accéder aux transports en commun parce qu'elles sont dans des zones qui sont éloignées de ces transports en commun, soit parce que le véhicule est le moyen de travail de ces familles, il faut qu'on puisse les accompagner, les aider.

Le chèque carburant doit être mis en place, ce qui permettrait dès lors que l'on est au-dessus de 2 euros, de compenser la hausse, de le faire durablement, de le faire pour les familles qui sont les plus modestes, de le faire pour les familles dont les enfants sont handicapés, de le faire pour les gros rouleurs. Et cette mesure doit s'inscrire dans la durée.

10:56
Locuteur non identifié

Et ce qui est fait aujourd'hui par le gouvernement avec d'autres mesures qui vont être annoncées, juste sur votre ancienne famille politique qui dit qu'il faut taxer les super-profits. Est-ce que là encore, le républicain de gauche, je reprends votre expression que vous êtes, avalise cette idée d'aller taxer ce qu'ils appellent les super-profits ? J'avalise toute proposition qui est sérieuse, crédible,

11:14
Présentateur

et qui est susceptible d'être mise en... Je vais expliquer pourquoi cette proposition n'est pas sérieuse. Parce que la plupart des compagnies pétrolières font leur activité en dehors du territoire national, et n'extraient pas le pétrole, enfin extraient le pétrole, mais ne le possèdent pas. Et donc, les compagnies pétrolières, et notamment Total, a une activité à l'international. Elle est taxée déjà à hauteur de 40% pour cette activité à l'international par les pays dans lesquels le pétrole est extrait. Et par ailleurs, le résultat Total est un résultat consolidé. Nous pourrions par conséquent taxer simplement l'activité développée en France.

Or, l'activité développée en France est celle des raffineries. Et par conséquent, nous taxerions, si nous faisions cela, l'activité qui est la seule activité industrielle qui demeure en France, et dont nous avons intérêt au maintien, dans un contexte où le pays se désindustrialise. Donc, nous n'avons pas de pétrole. Nous avons des idées, notamment de taxation. Ces idées de taxation ne nous permettront pas d'avoir du pétrole, ni aux Français de faire le plein, mais elles pourraient conduire à la perte de ce que nous avons encore,

12:21
Locuteur non identifié

c'est-à-dire une activité pétrolière et d'industrie. Quand on vous écoute parler de fiscalité, je m'ai notamment retenu cette phrase dans les colonnes du Figaro, vous dites, la priorité doit être à l'innovation plutôt qu'à la taxation. Ce qui, au fond, veut dire que la fiscalité n'est pas un bon levier de politique économique. Non, non, non, je ne l'ai pas dit ça. La priorité doit être à l'innovation plutôt qu'à la taxation. Comprenez, Bernard Cazeneuve, que quand on a en face de nous un ancien Premier ministre de François Hollande qui a nettement augmenté les impôts, du moins dans la première partie de son quinquennat, qu'on se dise, alors, il y a quelque chose qui a changé.

Bernard Cazeneuve, il ne pense plus la même chose.

12:51
Présentateur

Il y a eu pendant le quinquennat de François Hollande. Il faut rendre hommage à François Hollande pour cela, parce que c'est une orientation de politique économique et de politique fiscale qui a permis de diminuer sensiblement le chômage et de relancer une politique industrielle à travers une politique fiscale à travers la banque publique d'investissement qui a permis d'obtenir des résultats et des résultats qui sont désormais reconnus par tous alors que cette politique, à l'époque, était très souvent critiquée. Et cette politique fiscale a consisté à baisser les impôts de production, à diminuer un certain nombre de charges qui pésaient sur l'appareil productif français. Pourquoi ?

Parce que vous avez encore aujourd'hui à peu près 150 milliards d'euros de charges qui pèsent sur les entreprises françaises et qui ne pèsent pas sur les entreprises européennes. Par conséquent, si l'on souhaite pouvoir répartir à des fins de justice sociale, il faut produire. Et tout ce qui est de nature à empêcher la production, à obéir la production dans un contexte où la compétitivité de l'économie française est quand même très dégradée par rapport à celle d'autres pays européens, doit être évitée. Ça ne signifie pas pour autant que les impôts qui permettent d'atteindre la justice sociale et d'atteindre la justice fiscale doivent être écartés du débat.

Je dis simplement que dès lors qu'on fait des propositions, il faut que ces propositions volent, il faut qu'elles atteignent leurs objectifs et celles dont vous me parliez sur la taxation des super profits n'atteignent pas ces objectifs pour les raisons que je viens d'indiquer. Bernard Cazeneuve, il faut qu'on dise un mot des retraites puisque tous les candidats et futurs candidats vont devoir se prononcer et donner leurs objectifs en la matière. On a le bloc central qui évoque la possibilité de supprimer la référence à l'âge légal pour introduire une dose de capitalisation au Parti Socialiste. On veut le retour de la retraite à 62 ans. Qu'est-ce que vous voyez, vous ?

Est-ce qu'il faut assumer, selon vous, de dire qu'il va falloir travailler plus longtemps ? Moi, je pense qu'il n'y a pas possibilité de sauver le système de retraite et de rééquilibrer les comptes du système de retraite compte tenu de l'ampleur des déficits qui pèsent sur les comptes sociaux et qui font peser une menace très lourde sur l'État-providence sans allonger la durée de cotisation. On peut allonger la durée de cotisation, il serait responsable de le faire. Donc, on veut dire travailler plus longtemps. Sans toucher. Sans toucher à l'âge légal. Sans toucher à l'âge légal. Et par ailleurs, il faut introduire dans le dispositif la souplesse.

C'est-à-dire qu'il faut que ceux qui ont travaillé tôt dans les métiers les plus pénibles, je pense par exemple aux salariés des chantiers de construction navale que j'ai bien connus à Cherbourg et qui, à 57 ans, les poumons bourrés d'amiante ont une espérance de vie bien plus réduite que d'autres qui sont dans d'autres activités, puissent être garantis de partir très tôt. Parce que c'est normal et c'est juste que l'on garantisse pour ces salariés un départ en retraite beaucoup plus tôt que les autres. Et ça peut être 62 ans, ça peut même éventuellement être moins pour ces salariés.

Mais il faut en revanche offrir la possibilité à tous ceux qui sont dans des métiers moins pénibles et qui souhaitent travailler plus longtemps de le faire pour que leurs cotisations, dès lors qu'ils travaillent plus longtemps, puissent permettre de financer la retraite de ceux qui doivent partir tôt.

15:58
Locuteur non identifié

C'est ça la justice. Juste avant de parler d'ordre et de la question de l'immigration qui fracture la gauche, simplement sur la question de l'économie et de votre positionnement. Si je résume, il faut faire des aides ciblées, ce qui ressemble à peu près à ce que fait le gouvernement, il ne faut pas taxer les super profits totales, il faut travailler plus longtemps sur la retraite. Simplement, Bernard Cazeneuve, là encore, qu'est-ce que vous répondez à ceux qui expliquent sur toutes ces mesures-là ?

En fait, Bernard Cazeneuve, il ressemble davantage en termes de propositions politiques à ce que peuvent dire ce qu'on appelle le bloc central, les macronistes, plutôt que les sociodémocrates ou la gauche. Qu'est-ce que vous répondez à cette critique-là ?

16:30
Présentateur

D'abord, moi je ne suis pas du tout en soutien à la politique qui a été menée par Emmanuel Macron depuis dix ans. Moi je ne crois pas du tout que la libération des contraintes qui pèsent sur l'offre parle la magie du ruissellement face à la justice sociale, je ne crois pas ça du tout. Je pense que si nous voulons répartir, si nous voulons sauver les services publics, si nous voulons financer les grands services publics dont la nation a besoin, l'éducation, la défense pour assurer notre souveraineté, la santé, dont les Français ont le sentiment qu'elle a perdu beaucoup de ses moyens, il faut que l'on produise.

Et par conséquent, on ne peut pas à la fois vouloir la répartition, la justice sociale et la justice fiscale, et plomber la production par des taxes supplémentaires et des impôts qui pèsent sur la production, c'est-à-dire avant même que l'entreprise n'ait produite, sans obéir très fortement à la compétitivité de l'économie. Donc moi je ne suis pas dans cette philosophie libérale qui consiste à dire allégeons toutes les contraintes qui pèsent sur l'offre par le ruissellement, l'égalité sociale en résultera.

Je pense qu'il faut l'efficacité économique, c'est-à-dire des impôts qui ne grèvent pas la production et qui permettent en même temps d'atteindre l'objectif de la justice sociale, c'est-à-dire par exemple lutter contre l'optimisation fiscale dans les holdings et notamment les holdings familiales, ce qui signifie une révision du trail et d'autre part, créer des conditions pour que tout cela permette d'encourager les services publics, de développer dans l'éducation des politiques qui permettent de réussir l'égalité des chances parce que le ruissellement ne va pas sans politique publique puissante. Voilà, il y a une différence entre ce que je préconise et ce que préconise la droite.

18:12
Locuteur non identifié

Sur la question de l'immigration, Bernard Cazeneuve, les propos de François Ruffin qui se disait hostile à l'immigration de travail ont suscité le débat, vous avez cette position, vous avez de l'autre côté du champ politique Bruno Retailleau qui lui dit qu'il faut mettre l'Espagne au banc des nations européennes à la suite de la décision du gouvernement espagnol de régulariser un demi-million de travailleurs étrangers. Là encore, la politique d'un républicain de gauche sur l'immigration. Et nous l'avons menée cette politique il y a de ça. Oui, mais là encore, c'était il y a dix ans que les situations n'étaient pas les mêmes.

Peut-être que le rapport de la société française à l'immigration n'était pas le même. Une politique que vous mèneriez ?

18:47
Présentateur

Non, M. Demel, la situation était plus grave qu'elle ne l'est aujourd'hui. Nous avons subi entre 2015 et 2017 l'arrivée de 2,5 millions de migrants sur le territoire européen. A-t-on vécu ça au cours des dix dernières années ? Au moment où j'étais en charge de la politique migratoire dans le gouvernement de Manuel Valls et à l'époque où François Hollande était président de la République, la pression migratoire était beaucoup plus forte qu'elle n'existe aujourd'hui. Qu'est-ce que nous avons fait ? Nous avons accueilli dignement ceux qui devaient l'être et qui relevaient de l'asile en France.

Nous avons créé 570 centres d'accueil et d'orientation pour pouvoir évacuer la jungle de Calais et l'escouade de Paris où il y avait plusieurs dizaines de milliers de migrants sans l'intervention d'une force de l'ordre en mettant ceux qui devaient l'être dans le dispositif national d'asile. Nous avons reconduit à la frontière tous ceux qui devaient l'être parce qu'ils ne relevaient pas de l'asile en France et nous l'avons fait en entretenant avec des pays comme l'Algérie ou le Maroc des relations extrêmement continues et fermes pour que les laissés-passés consulaires soient délivrés.

Donc nous avons mené une politique qui a consisté à garantir l'accueil de ceux qui devaient l'être, la reconduite à la frontière de ceux qui n'avaient pas vocation à être accueillis dans une relation avec les pays de provenance qui devaient délivrer les espacés consulaires qui était une relation apaisée. Donc nous avons mené cette politique et cette politique elle a donné beaucoup plus de résultats que celle qui se fait sous les caméras à travers des déclarations unilatérales et brutales qui détériorent la relation que nous avons avec les pays de provenance avec lesquels nous devrions avoir une relation diplomatique apaisée.

Donc nous avons mené une politique différente et elle a donné d'autres résultats. Eh bien je propose que cette politique soit celle de la France. Pour terminer cet entretien Bernard Cazeneuve je voudrais vous faire part du ressenti d'un certain nombre d'auditeurs qui auraient tous envie de vous poser la même question ou en tout cas qui font tous cette même observation trop d'égo trop de candidats et peu de travail collectif pour construire un programme commun quand les hommes et femmes de politique de gauche vont-ils arrêter de multiplier les candidatures ? Quel intérêt y a-t-il à mener un combat qui s'achèvera au mieux à 2% de suffrage ?

Ça c'est Paul qui nous dit ça et on a René qui nous demande comment ne pas rejouer les élections perdues de Lionel Jospin. Vous comprenez que ça pose un problème cet émiettement cette division à gauche ?

L'émiettement et la division est partout à part dans les deux blocs dégagistes la division est partout si vous voulez mettre fin à la division il faut que vous ayez un projet un discours une volonté de rassemblement des français mais il faut que ce discours soit responsable crédible et corresponde aux défis auxquels le pays est confronté on ne peut pas mener campagne avec le discours du père Noël et mener ensuite la politique du père Fouettard ça on l'a déjà fait notamment à gauche et ça a beaucoup déçu donc moi je suis convaincu qu'un rassemblement large peut se faire à condition que le discours soit imprégné l'esprit de responsabilité que les propositions qui seront formulées soient crédibles que l'on ne promette rien qu'on ne sache pouvoir tenir et que cette campagne permette de développer

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Locuteur non identifié

l'idée de la France

22:01
Présentateur

dans laquelle les français se connaissent

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Locuteur non identifié

en prenant d'un mot le risque de laisser le champ libre à un Jean-Luc Mélenchon qui lui dit chez nous tout est carré il y a un candidat il y a une ligne et on est en campagne là où dans votre espace vous êtes plusieurs oui tout est carré mais toutes les propositions

22:14
Présentateur

sont tordues et donc il va falloir le montrer parce que si ces propositions tordues dans ce parti très monolithique et carré qui a un chef incontesté devait recueillir un écho qui conduit ces propositions à être mis en oeuvre le pays s'effondre merci Bernard Cazeneuve d'avoir été au micro de France Inter ce matin c'est parti

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Locuteur

c'est parti

Présidentielle 2027 : "Ma volonté d'être candidat est pleine et entière", affirme Bernard Cazeneuve · Pourquijevote