Présidence du CNES : audition de François Jacq
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
J'espère que vous avez euh rechargé les batteries pendant ces 15 jours de suspension de nos travaux parlementaires et nous avons une semaine qui pour le moins est extrêmement chargée et nous avons le plaisir donc de commencer cette semaine ce soir par l'audition en application de l'article 13 de la constitution de monsieur François Jacques que j'accueille avec plaisir dans cette salle de la commission des affaires économiques. et vous êtes candidat proposé aux fonctions du président du KNEST, le conseil d'administration du centre national d'étude spatiale. En pratique, le président du conseil d'administration du KNÈ en est le dirigeant exécutif et porte le titre de président directeur général du KNÈ.
En application de l'article 13 de la Constitution, cette nomination par décret du président de la République ne peut intervenir qu'après audition par les commissions compétentes de l'Assemblée nationale et du Sénat. Vous étiez jusqu'à il y a quelques minutes encore auditionné par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale et euh maintenant c'est la commission des affaires économiques du Sénat qui va vous audessiner dans quelques instants. Cette audition à laquelle nous allons assister est ouverte à la presse et au public.
Elle est retransmise en direct sur le site du Sénat. Elle donnera lieu à la fin de notre réunion à un vote à bulletin secret. pour lequel les délégations de vote ne sont pas autorisées.
L'Assemblée nationale, je le disais, vous a entendu il y a quelques instants et donc nous dépouillerons en même temps les bulletins à l'issue du vote. Il ne pourra être procédé à cette nomination si l'addition des votes négatifs dans les deux commissions représente au moins 3/5 des suffrages exprimés. Pour mémoire, monsieur Philippe Baptiste qui occupé depuis 2021 les fonctions de président du conseil d'administration du KNÈ a été nommé le 23 décembre 2024 en tant que ministre chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche dans le gouvernement de François Berou.
L'intérim était assuré et toujours assuré jusqu'alors par monsieur Lionel Sucher, directeur général délégué du KNÈ depuis 2017. Je précise à l'attention de mes collègues que si votre candidature est approuvée, vous serez nommé pour la durée du mandat de monsieur Baptiste restant à courir, soit jusqu'au 8 avril 2026. c'est-à-dire pour un peu moins d'un an.
Cela signifierait donc que si le président de la République décidait de proposer de nouveau votre nomination l'an prochain, cette fois-ci pour un mandat de 5 ans, notre commission aurait de nouveau à se prononcer. Je voudrais rappeler brièvement, monsieur Jacques, votre parcours. Ingénieur des mines, vous avez été conseillé pour l'industrie, la recherche et l'énergie au cabinet du Premier ministre François Fillon et avait dirigé plusieurs établissements publics de premier plan. l'Agence nationale pour la gestion des déchets radio-actifs l'ANDRA de 2005 à de 2000 à 2005 pardon Méofance de 2009 à 2013 et l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la merré de 2013 à 2018.
Depuis 2018, vous êtes administrateur général du commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternative dont vous présidez également le conseil d'administration depuis 2019. Vous avez été renouvelé dans vos fonctions d'administrateur général du CEA en mars 2022. Notre commission avait d'ailleurs déjà eu l'occasion de vous entendre dans ce format à deux reprises consécutives en 2018 et en 2022.
Je précise enfin que vous avez été déjà membre du conseil d'administration du KNÈ en tant que personnalité qualifiée de 2015 à 2021. Avant de passer la parole à notre collègue Franck Montoget qui est rapporteur au nom de notre commission sur cette nomination, je souhaiterais rappeler que le Centre national d'études spatiales, le KNÈ est un établissement public à caractère industriel et commercial. Un épic qui a été créé en 1961 et qui est placé sous la triple tutelle du ministère de l'économie, du ministère des finances du et de la souveraineté industrielle et numérique, du ministère des armées et du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Il gère la base de lancement de courous en Guyane, port spatial de l'Europe. Il représente la France à l'agence spatiale européenne l'ESA et assure une veille sur les sujets réglementaires et la mise en œuvre de la loi sur les opérations spatiales. Il intervient dans cinq domaines au profit du ministère des armées : la conduite des programmes spatiaux, militaires et duo, la préparation du futur, la surveillance de l'espace, les opérations spatiales et l'appui à la montée en puissance. des armées dans le domaine spatial.
Le KNÈ réunit ainsi toutes les fonctions permettant au gouvernement français de définir et de mettre en œuvre sa stratégie spatiale à l'heure où le Premier ministre a lancé l'élaboration d'une stratégie spatiale nationale à l'horizon 2040 et qui est attendu pour le mois de juin. aussi dire que le PDG du KNÈ joue un rôle crucial à un moment où l'espace fait l'objet d'un intérêt certes renouvelé mais constitue avant tout un véritable enjeu de souveraineté majeur pour notre pays au sein même de l'Europe avec la volonté d'un partenaire comme l'Allemagne de jouer un plus grand rôle mais aussi pour l'Union européenne dans son ensemble dans un contexte où les États-Unis, la Chine et la Russie en font un terrain de compétition entre les grandes puissances. Mais l'espace, c'est aussi un domaine où interviennent désormais des acteurs privés, souvent disruptifs, dont l'un des exemples les plus évidents est Elon Musk, des lanceurs lourds ou réutilisables aux satellites de communication qui sont stratégiques dans le conflit ukrainien.
Voilà, j'ai déjà été bien trop longue. Euh, je cède sans plus tarder la parole à notre rapporteur Franck Monta. Puis vous aurez bien sûr, monsieur Jacques, le loisir à la fois de répondre à notre rapporteur et puis bien évidemment de présenter aussi votre projet si vous êtes nommé demain PDG du KNÈ.
Après quoi, les autres membres de la commission vous poseront leurs questions et nous les prendrons en fonction du nombre de questions, trois par trois, pour que vous puissiez y répondre au fur et à mesure. Franck, bien volontiers, je te laisse la parole et je te remercie pour le travail que tu as fait depuis quelques semaines lorsque tu as été nommé rapporteur au titre de l'article 13. Merci madame la présidente avec monsieur Guadin, administrateur à ma droite ce travail.
Madame la présidente, monsieur Jacques, chers collègues, comme vous l'avez rappelé, madame la présidente, nous sommes réunis aujourd'hui pour nous prononcer sur la candidature de monsieur François Jacques dont la nomination est proposée en qualité de président du conseil d'administration du KNÈ. L'enjeu pour nous, c'est d'approuver ou non cette nomination de monsieur Jacques à ce poste pour une durée de 15 de 11 mois puisqu'il s'agit, comme ça a été dit déjà à ce stade de terminer la durée du mandat de Philippe Baptiste devenu ministre restant à courir soit jusqu'au 8 avril 2026. Le KNÈ est à la fois une agence de programme, un centre technique et un opérateur spatial.
C'est l'agence spatiale française qui est chargée d'élaborer de proposer au gouvernement la politique spatiale française que ce soit pour les opérations civiles, militaires ou dual. Les quatre missions fondamentales du KNÈ sont précisées dans son contrat d'objectif et de performance pour la période 2022-2025. La première mission vise à maintenir et renforcer l'autonomie stratégique de la France et de l'Europe dans le domaine spatial en garantissant notamment la capacité de manière autonome d'accéder de manière autonome à l'espace en développant des services civils et militaires et en garantissant l'utilisation des infrastructures des services et des données spatiales.
La deuxième mission vise à soutenir et à faire rayonner l'excellence scientifique française. L'espace et son exploration sont en effet au cœur d'avancée scientifique dans de nombreux domaines. La troisème mission vise à faire progresser la compétitivité de l'écosystème spatial en accompagnant les acteurs de la filière française et en encourageant le développement d'une nouvelle économie du spatial appelée New Space.
Et la 4e mission consiste à encourager l'é mission spatiale dont le but est de mieux comprendre le climat et son évolution afin d'accompagner la transition écologique du secteur spatial français entre autres. En 2025, le budget du du KNÈ incluant la part française à l'Agence spatiale européenne s'élève à près de 3 milliards d'euros. Il compte 2350 salariés dont 39 % de femmes réparties sur les sites de Paris, Toulouse et la base de lancement de courou. 87 % d'entre eux sont des cadres ou des ingénieurs.
Monsieur Jacques, au regard de l'attention renouvelée portée à la conquête spatiale et au développement des entreprises du secteur spatial, quelle contribution à la stratégie spatiale française à l'horizon 2040 souhaiterez-vous proposer au gouvernement ? Je précise que cette stratégie est en cours d'élaboration. Quelles seront vos grandes priorités à la tête du KNÈ au cours de l'année qui vient ?
Quels sont les points manquants, marquants du bilan de votre prédécesseur Philippe Baptiste que vous souhaitez poursuivre et approfondir ? Quelles inflexion envisagez-vous d'apporter d'ors et déjà et sur quels aspects ? Au-delà de ces questions, je vais aborder cinq thèmes à propos desquels nous souhaiterions vous entendre.
Premier thème, celui de de l'accès autonome de l'Europe à l'espace. Pour la Commission des affaires économiques du Sénat, les enjeux de l'accès autonome de l'Europe à l'espace dans le cadre du programme Arian 6 constitue la problématique qui nous préoccupe le plus puisque nous avons perdu en quelques années notre souveraineté en la matière. Lancé en décembre 2014, le programme Arian 6 a connu des retards et des surcouts importants évalués à 600 millions d'euros, mais a enfin accompli son vol inaugural le 9 juillet 2024 et son premier vol commercial le 6 mars 2025 en mettant en orbite le satellite d'observation militaire français CSO3.
Quatre autres lancements sont prévus en 2025 avec notamment le début des lancements pour la constellation cuipè d'Amazon puis entre 5 et 10 en 2026 pour atteindre la pleine cadence avec 10 tirs par an à partir de 2027. Monsieur Jacques, considérez-vous que le modèle d'Arian 6, entré en service avec plusieurs années de retard et qui fait face en particulier à la concurrence des fusées Falcon de Space X est compétitif économiquement. Au-delà de la finalisation d'Arian 6 qui est un lanceur lourd, comment doit selon vous se positionner la France dans le développement des micranceurs et des lanceurs réutilisables indispensables pour nous garantir un accès autonome et durable à l'espace ?
Deuxème thème, le volet spatial du plan France 2030. Le KNÈ joue depuis 2022 un rôle clé dans le déploiement du volet spatial du programme France 2030 qui est doté de 1,5 milliards d'euros. Le KNES a en effet la responsabilité d'identifier les marchés émergents grâce à l'observatoire du spatial, de proposer des feuilles de route pour stimuler l'innovation et la recherche de solutions industrielles dans ces domaines, puis de réaliser les appels d'offre correspondant.
Considérez-vous que le triple objectif assigné au volet spatial de la France de France 2030 à savoir développer l'écosystème de start-up dédié au spatial connu sous le nom de New Space, investir dans les technologies de rupture qui façonneront l'avenir du spatial et cibler les investissements sur les marchés porteurs à de bonnes chances d'être atteints. 3è thème, la recherche scientifique en matière spatiale. Euh le spatial est au cœur des invités scientifiques dans de nombreux domaines. connaissance de l'univers et du système terrestre, sciences de la matière ou science de la vie, mais également recherche appliquée au service de l'économie et de la société.
Le KNES est l'opérateur chargé de porter ses projets de recherche scientifique en matière spatiale. 90 % de ces programmes de recherche du KNES résulte de coopération internationales avec par exemple le satellite SWAT Surface Water and Ocean Topography produit de la collaboration fraco-américaine entre le KNES et la NASA qui révolutionne la mesure du niveau des eaux, celle des océans, mais aussi des lacs et des fleuves. L'observation de la terre est un enjeu majeur car elle est déterminante pour les questions du climat de biod de la biodiversité ou bien encore du suivi des pollant or certains des programmes liés à cette thématique fondamentale pourraient être remis en question par l'administration Trump en raison de son hostilité à la recherche sur le réchauffement climatique et plus largement de sa remise en question idéologique de la science.
Monsieur Jacques, comment abordez-vous la remise en question par les États-Unis de programmes de recherche commun qui sont essentiels pour comprendre le réchauffement climatique et ses conséquences ? Quelle appréciation portez-vous sur les priorités de recherche actuelles du KNES ? Des domaines vous paraissent-ils plus prometteurs que d'autres ?
Comment vous positionnez-vous sur la question des volilités et de l'élaboration spatiale ? Quelle est votre réflexion sur l'état du droit international de l'espace ? Comment éviter que prévale la loi du plus fort et aller vers plus de coopération en matière d'occupation de l'espace, d'exploitation de ces ressources ou de gestion des déchets spatiaux par exemple ? 4è thème dans le contexte actuel de développement et de mise en service de plusieurs constulations de satellites tant public Chines États-Unis que privé, c'est Oneweb, Starlink et CUPER qui répondent au besoins actuels de traitement de données et de connectivité découlant de la transition numérique.
Le secteur des télécommunications est plus que jamais stratégique pour la France et l'Europe. décidé en mars 2023, le programme Iris, ça veut dire infrastructure de résilience et d'interconnectivité, de sécurité par satellite, vise à répondre cet enjeu en constituant le premier réseau de satellites multiorbitaux en Europe. Cette constellation sera constituée d'environ 300 satellites et dev voir le jour en 2030.
Elle devra garantir l'autonomie stratégique de l'Union européenne dans le domaine des communications gouvernementales sécurisées. Fournir des services commerciaux et maximiser les synergies entre les infrastructures gouvernementales et commerciales. Quelles sont pour vous, monsieur Jacques, les forces et faiblesses du projet de constellation européenne de de de satellite ?
Donc la constellation Iris qui est pilotée par la Commission européenne ? Pensez-vous que les entreprises françaises sont suffisamment mobilisées sur ce projet et surtout qu'elles seront en mesure d'en tirer des bénéfices significatifs et lesquels selon vous ? Et avant de vous céder la parole, monsieur Jacques, je souhaite aborder une dernière thématique, celle des principaux enjeux internes au Kness.
Comme la Cour des comptes l'a diagnostiqué dans un récent rapport, le maintien des capacités techniques du Kness constitue un véritable défi car il fait face à un problème durable de vieillissement de sa population d'ingénieur doublé d'un défaut d'atactivité en début de carrière et de départ en cours de carrière. 50 % de son parc informatique est aujourd'hui considéré comme obsolète. Le KNES devra donc investir massivement dans ses systèmes d'information. investissements qui s'ajouteront à ce qu'il devra consentir pour remédier à la véusté du centre spatial de Toulouse.
Comment monsieur Jacques, percevez-vous les différents défis internes du CNES, en particulier dans les domaines de des ressources humaines, des systèmes d'information ou bien encore de l'immobilier ? Alors que le KNES est chargé de la gestion de la base de lancement de courous en Guyane, quelles sont aujourd'hui les perspectives de développement et de modernisation de courous, notamment au regard du retrait de la Russie depuis 2022 ? Monsieur Jacques, nous avons besoin pour nous prononcer sur votre nomination de bien comprendre comment vous vous positionnez sur les différents enjeux que je viens d'évoquer et d'identifier les priorités qui seront les votres pendant l'année du mandat qui vous paraît vous être qui pourrai vous être confié la tête du KNÈ.
Je vous remercie d'avance pour les réponses que vous voudrez bien apporter à ces différentes questions. Excusez-moi d'avoir été un peu long mais c'est important. Mais le sujet le vaut bien cher Franck et en tout cas merci.
Euh voilà, monsieur François Jacques, nous vous laissons bien volontiers euh la parole pour le temps que vous souhaitez et ensuite on ouvrira euh les questions euh à l'ensemble des autres membres de la commission. Merci madame la présidente. Merci monsieur le rapporteur.
Je suis heureux d'avoir un peu plus de temps que une minute parce que avec tout ce que monsieur le rapporteur chargé la barque a traité là pour le coup je n'arriverai pas à faire en une minute. D'abord je voudrais dire je suis je suis la présidente le rappelait c'est pas la première fois que je viens devant cette commission mais je suis toujours honoré me et en tout cas très honoré de de venir aujourd'hui présidenter mes idées sur le spatial et et sur le KNÈ. Permettez-moi un mot personnel.
Le Kness pour moi c'est ce serait si tout ceci se concrétisait un un nouveau défi et un défi de de taille vu l'importance du secteur spatial et surtout du secteur spatial en ce moment et euh je voudrais le dire dans le sillage de de prédécesseur que je je voudrais saluer avec une pensée particulière pour pour Yannick Descata euh qui a été comment dire quelqu'un avec qui j'ai partagé beaucoup de choses au fil de ma carrière. Euh l'autre chose, la présidente le disait, c'est que pour moi c'est une histoire un peu au long cours avec le spatial que c'est été comme administrateur du KNES, mais aussi comme utilisateur du du spatial à la météo via les satellitesologiques ou d'ailleurs à l'Ifré avec l'ensemble des des des affaires sur les océans et sur sur le positionnement. Et puis euh dernière chose, je pense que le KNES pour moi ça s'inscrit euh dans un fil conducteur de mon parcours, je crois, qui est consacréf à la science et à la technologie, au sein de grands organismes publics et et au service de l'intérêt général.
Alors, une fois que j'ai dit ça, je ne suis pas au sein du KNÈ aujourd'hui. Donc c'est nécessairement une analyse qui est une analyse personnelle au vu de de ce que j'ai pu des échanges que j'ai pu avoir mais qui implique une bonne dose de modestie, une bon dose de mulité parce que ça devrait être confronté à un travail interne avec les équipes le moment venu si si tel devait être le cas. Avant de d'aller sur à la fois les les réponses à monsieur le rapporteur et puis peut-être les priorités mais mais les priorités que j'avais en tête de mentionner, elles coïncident beaucoup avec les questions de monsieur le rapporteur.
Donc je pense que je devrais réussir à à combiner les deux à combiner les deux exposés. Euh peut-être simplement redire des choses qui pourront sembler d'évidence mais qui me semblent importantes par rapport au spatial. Alors le le spatial, c'est un objet de de fascination, mais je crois aussi que c'est un objet d'abord de service pour les citoyens et pour les sociétés.
Parce que si on pense simplement à notre vie quotidienne et à ce que nous ne pourrions plus faire si nous n'avions pas de services spatiaux, je pense que là tout de suite, on se rend compte de l'importance du domaine, c'est-à-dire plus de positionnement GPS, euh plus d'observation météorologique, enfin satellitaire, euh plus d'observation de la terre pour le climat, des un déficit sur la sécurité, un déficit sur les sur les sur les communications également. C'est pour ça que du coup, je crois que c'est devenu un domaine qui est un domaine extrêmement convoité par les uns et par les autres. Et pour ça que la la l'aspect souveraineté et maîtrise est absolument clé.
Et c'est devenu un domaine dual, il faut pas il ne faut pas se le dissimuler. Un domaine où il y a une compétition qui peut aussi être une compétition militaire avec avec d'autres puissances. Et alors pour ne rien simplifier, le champ a connu des mutations majeures que monsieur le rapporteur et madame la présidente rappelaient.
C'est-à-dire qu'on a un monde des lanceurs qui est complètement bouleversé par rapport à ce qu'il était il y a 10 ans. Moi, je me suis replongé dans un rapport qui date de 2009 qui avait été écrit par Bernard Bigot, Yannick Descata et Laurent Colébillon sur l'avenir des lanceurs. Alors, il y avait déjà, ceci dit, beaucoup de choses et beaucoup d'intuition sur ce qui a pu arriver, mais enfin à 15 ans de distance, on voit quand même le le la façon dont les choses se sont complètement bouleversé, que ce soit les lanceurs, je le disais, avec l'émergence d'un acteur absolument unique et singulier qui est SpaceX qui, si vous mettez de côté les lancements chinois, finalement fait la très l'écrasante majorité des lancements mondiaux avec un environnement qui est aussi bouleversé dans le domaine des satellites où notre industrie qui était transditionnellement de pointe et excellente et qui l' toujours dans le domaine des satellites géostationnaires, c'est trouvé remise en remise en cause en quelque sorte par l'émergence des constellations et des technologie associé euh et aussi évidemment des modèles économiques qui ont complètement évolué.
C'est-à-dire que on voit aussi, on voit aujourd'hui cette tendance à l'intégration verticale des acteurs. Si on reprend à nouveau le l'exemple de Space et de Starling, vous avez vous avez la fusée, vous avez le satellite, vous avez le le segment sol, vous avez le service qui va avec et ça ça vous permet de capter toute la valeur et finalement de de de tailler des croupières à tous les autres à tous les autres acteurs. Et dernier élément sur le sur le secteur spatial, c'est évidemment aussi un point que mentionnait la présidentié le rapporteur, c'est la géopolitique.
On voit bien que avec la guerre en Europe, on voit bien qu'avec l'Ukraine, avec par exemple la coupure que monsieur Musk a un moment infligé aux Ukrainiens de de des des communications via Starlink, mais aussi l'ensemble des rivalités et ce qui est en train de se passer aux États-Unis avec la remise en cause des programmes spatiaux, on est quand même dans une situation, dans un environnement qui est très très compliqué. Alors, j'ai j'ai conscience de cette complexité et je n'aurais pas l'outre cuidance de prétendre avoir des des solutions à tout. En revanche, ce que je voudrais éclairer, c'est qu'est-ce que le KNÈ peut essayer de faire ou va essayer ou pourrait essayer de faire dans ce contexte-là ?
Et étant entendu pour moi, je pense que vraiment ce qui est important, c'est de rappeler que le Knest, c'est c'est le bras armé de l'État. hein, c'est c'est il n'est pas seul. Certes, il n'est pas le seul acteur du du spatial, mais il a un rôle, je pense, d'aiguillon sur ses politiques publ.
Je voudrais alors quel est l'axe peut-être par lequel il me semble falloir commencer et et qui va permettre d'aborder les questions de de de monsieur le rapporteur sur sur les lanceurs et et sur sur la compétition. Je crois que il nous faut dans dans les circonstances actuelles renforcer la dimension européenne de ce qu'on fait dans le domaine du spatial. alors la la renforcer sans naïveté mais en se disant bien que seul et ou ou en tout cas désunis au niveau au niveau européen, nous aurons énormément de mal à faire face à à des un acteur dominant comme comme SpaceX.
Et donc ça veut dire que il faut que l'Union européenne, il faut que le rôle politique de l'Union européenne dans le domaine du spatial se renforce et il faut que le budget qui va avec dans le cadre des futures perspectives financières 2028-2034 soit également renforcé. Alors ça euh le monsieur le rapporteur évoquait évoquait Iris Carré. Euh c'est un c'est une bonne illustration euh de d'une première implication euh ou d'une implication en plus de Galiléo euh de de l'Union européenne dans ces domaines-là.
Mais c'est vraiment dans ces dans cette direction là qui qu' qui qu'il faut aller. Et si je reprends les questions que que mentionnait monsieur le rapporteur sur Iris Carré, je pense que on a avec Iris Carré la possibilité d'avoir un dispositif innovant et original qui nous permett de faire travailler ensemble les acteurs européens, de faire progresser nos acteurs dans dans le domaine dans le domaine des satellites, de nous doter effectivement de ce modèle à la fois de communication gouvernementale et de prestation de prestation commerciale et je Je pense que par rapport à ça, on va avoir ça, ce sont pour les forces, on va avoir si ce n'est une faiblesse du moins un enjeu qui est de tenir notre calendrier. C'est-à-dire que monsieur le rapporteur parlait de 2030, c'est ambitieux évidemment pour le déploiement de tout ça et c'est ça qui je pense qui sera clé en terme de bonne exécution du programme.
Si je reviens à nouveau sur l'Europe, je pense que il y a il y a un autre aspect qui sera clé, c'est serons-nous et je pense que c'est ça qui doit être notre objectif, capable de forger une meilleure unité de vue entre les grands pays européens au premier ord de l'Allemagne et l'Italie ? Parce que si nous restons divisés et si nous restons dans un certain nombre d'oppositions et si nous trouvons pas une manière d'avoir un équilibre gagnant gagnant entre les uns et les autres, je pense que là aussi nous affaiblirons au plan au plan international. s'agissant des lanceurs pour poursuivre au demeurant une bonne nouvelle de la journée, le lancement de Vegasc de ce matin, c'est s'est bien passé, ce qui veut dire que on est on est revenu et sur Arien 6 et sur Vega un cycle de de succès et de lancement, mais je crois que la priorité c'est effectivement le maintien de l'exploitation d'Arian 6.
Euh il est évident que nous avons un problème de compétitivité, il est évident que nous avons un problème de coût de ces lancements puisque c'est pour ça que au conférence ministériel précédente, il avait été prévu de subancer les lancements et qu'il faut trouver des vois et moyens pour réduire ce coût. Mais néanmoins, je pense que l'investissement qui a été fait dans Arian 6, c'est un investissement majeur qu'il faut s'efforcer de rentabiliser et et nous pouvons être nous flatter d'avoir retrouvé cet accès à l'espace via Arian 6. Euh l'autre aspect, ça sera de préparer la suite.
C'est-à-dire que on voit bien que un une des difficultés qu'on a pu avoir, c'est le trou entre Arian 5 et Arian 6. Et je pense que préparer euh les lanceurs de les lanceurs de demain sans diviser nos forces à nouveau parce que si on n pas d'unité européenne là-dessus et si on ne sait pas utiliser les forces des uns et des autres en les unissant, nous nous nous nous exposerons à de grandes difficultés internationales. Je pense que ça c'est un enjeu et dans cet enjeu là le fait de de de bénéficier des compétences de tous des idées de tous et de de ce qui peut se faire par des modèles éventuellement innovants sur la conception des lanceurs via des start-ups ou des ou des entreprises de cette nature là combiner avec les compétences des acteurs classiques me me semble extrêmement important.
Je voudrais pas oublier non plus l'atout que constitue le port spatial européen, donc le le centre spatial guyanais, parce que c'est quand même un privilège que nous avons d'avoir cet accès à l'espace via via le via le CSG et le CSG aura euh à accueillir euh dans les années qui viennent probablement une plus grande diversité de lanceurs. Et donc il faut qu'il se prépare à cette à cette évolution là. Et par rapport à la question de monsieur le rapporteur sur euh comment sera-t-il capable d'y faire face ?
Je pense que les travaux qui ont pu avoir lieu et les travaux qui ont lieu en ce moment sur les sur les pas de tir justement nous nous mettent bien dans cette logique là, c'estàdire de pouvoir mettre à la disposition des opérateur de demain une installation extrêmement performante. Tout tout ça qui est qui est pas simple au niveau européen, j'aurais tendance à le relier à un peu à mon expérience passée. C'est-à-dire que sans sans que ça ça constitue une une réponse absolue, mais mon travail comme président de de l'association européenne des organismes de recherche et de technologie ou mon ce que j'ai pu faire à eux mettre SAT du temps de du temps de météo France ou encore ce que je peux faire comme délégué de la France au CERN qui est une organisation qui finalement est assez similaire à l'ESA par certains aspects me montre bien ces ces ressorts européens cette difficultél et en tout cas je suis prêt à mettre cette expérience là au service de l'enjeu européen.
Au vu du contexte international, quelle est finalement la la la deuxième question, je crois qu'il faut qu'on se pose ? Elle tourne et là aussi monsieur le rapporteur l'a évoqué autour de de la dualité du rapport civil défense. Je pense que on ne peut pas dans la période actuelle faire l'économie de de ça et et peut-être plus que jamais le caractère dual de l'espace apparaît.
Alors qu'est-ce que ça a comme conséquence et quelles sont les choses sur lesquelles il faudrait mettre l'accent ? Moi, je pense que monsieur le rapporteur rappelait les missions canoniques canoniques du KNÈ. Je pense que on est à un moment où une coopération simp il s'agit pas simplement de mettre au service de du ministère des armées les compétences du KNÈ, il s'agit probablement de rapprocher encore plus les euh les les travaux de manière à à avoir cette approche intégrée où euh la dualité ça va dans les deux sens, c'est-à-dire ça va du civil vers la défense et de la défense vers le civilisme, chacun bénéficiant des compétences et des technologies de l'un et de l'autre.
Et je pense que là, on a vraiment une une fenêtre pour pour renforcer cette coopération. La le deuxième aspect que je vois, c'est que ça doit ceci aussi être porté au niveau européen. C'estàdire dans le cadre du du programme de réarmement européen, il devrait y avoir une dimension spatiale.
Il doit y avoir une dimension spatiale et je pense que celle-ci, elle est extrêmement importante et ça sera aussi une opportunité et un vecteur pour nos pour nos pour nos industriels. Mon mon troisème point est revient sur ce que monsieur le rapporteur disait à propos de la manière dont on dont dont le KNES peut contribuer à la souveraineté et à l'environnement industriel et et à la manière de de de développer des compétences. Il est clair que la première priorité, ça doit être la préservation et le développement du socle industriel français et européen.
Alors, dans cette logique de souveraineté, en étant vigilant à conserver la maîtrise des grandes composantes technologiques, on a déjà parlé des lanceurs, mais on peut parler des satellites, on peut parler du segment sol et on voit bien que le c'est un domaine qui est en bouleversement. Euh on a une opération de consolidation qui est en cours entre des industriels, enfin entre Airbus, Talè et puis euh Leonardo euh en Italie pour pour constituer un grand opérateur pour avoir une taille critique. Et je pense que si le KNES doit avoir un rôle dans cette affaire, c'est un rôle euh d'accompagnement, d'aide et d'appui à l'industrie.
Alors, sans se leurer, je pense que nous nous ne pouvons pas aller vers une transposition pure et simple du modèle américain. C'est-à-dire que nous ne ferons pas Space enfin vu la place que SpaceX et Tarling on occupe aujourd'hui ou même euh j'allais dire leurs acteurs concurrents comme Amazon, le monsieur le rapporteur évoqué Cupers et le lancement de Cupers par Arian. On voit bien que même monsieur Bezos avec Amazon et avec et avec ce qui ce qu'il essaie de faire dans Cupers, il court quand même derrière derrière ce qui est ce qui le qu'est SpaceX et Starlink.
C'est Cuper. Cuper. Cuper, c'est notre collègue.
Je je ne sais pas comment il faut dire. Alors, je je je vous avoue juste une chose, c'est que je je je n'ai je n'ai pas encore bien réalisé quel était le bon mode de prciation de la chose. Enfin, j'entends du du projet d'Amazon et non et non pas du nom de monsieur le sénateur.
Euh le le et je pense que ceci dit, même si on ne transpose pas le modèle américain, même si ça peut pas être une copie, on a au moins deux leçons à en tirer. Une première qui est sur l'innovation, sur les technologies, sur les cycles courts. c'estd qu'on voit bien que une des forces de de ce qui a pu être développé là-bas, c'est vraiment la capacité à produire vite, la capacité à faire de l'effet de série d'une part et d'autre part à rechercher la meilleure exploitation possible de la donnée spatiale.
Et ça, je pense que c'est vraiment extrêmement important. Alors, dans ce contexte-là, ce que le KNES doit faire à mon sens, c'est d'apporter son savoir-faire, sa compétence technique à tous les acteurs de l'écosystème industriel, au demeurant ancien et nouveau, en combinant les compétences parce que je pense qu'on a absolument pas à rougir de l'excellence de de nos industriels. Alors, je sais pas s'il y a un hold et un new enfin en tout cas de de des industriels un peu plus anciens dans le secteur et en revanche utiliser les nouveaux pour ce qu'ils sont capables de nous apporter, c'est-à-dire revisiter des idées, être capable d'inventer des des modes de fonctionnement éventuellement un peu plus agiles toute proportion gardée.
Moi, je je vois un peu dans cela ce que nous avons pu constater, y compris dans le domaine nucléaire où il y a une combinaison d'acteurs historiques et puis de de start-up qui certaines réussissent, d'autres réussissent moins, mais mais qui peuvent amener des idées et et et on le voit bien, je veux pas me laisser entraîner sur sur ça, ça nous éloignerait du sujet du jour. Mais mais en tout cas dans cette logique de de préservation de la base industrielle et de réindustrialisation, je pense que l'apport du KNÈ c'est sa capacité de prospective, c'est sa capacité à avoir un socle technique et c'est sa capacité à éclairer l'État sur des choix pertinents et potentiellement à orienter la manière dont il emploie dont il emploie les les les crédits publics. Mon 4è point qui qui va aller vers le le 3è de monsieur le rapporteur, c'est sur la recherche et et c'est sur la science.
Parce que qu'est-ce qui se passe en ce moment ? Monsieur le rapporteur le disait, il y a quand même une très préoccupante remise en cause des activités scientifiques et des programmes scientifiques. Alors une préoccupante remise en cause de la science simplement je pense que avec un univers de vérité alternative comme comme on dit maintenant.
Et donc je pense que s'il y a bien une priorité dans ces temps troublés qu'on doit avoir, c'est de conserver cette base scientifique solide parce que c'est une force française et européenne. C'est un des socles de notre attractivité parce que ceci nous nous est nous est particulièrement reconnu et je pense que il est extrêmement important de de préserver cette excellence. Alors, je ne sais pas si c'est par historique, mais enfin en tout cas, c'est autant par historique que par que par conviction que je pense que le domaine de l'observation de la terre est absolument clé et et que c'est un domaine à nouveau d'excellence.
Alors, quand je dis observation de la terre, j'y mets la météorologie, j'y mets le climat, j'y mets j'y mets la la la la la la la la la la la surveillance de l'environnement sous toutes ses formes. Mais je pense que ça c'est absolument essentiel. C'est d'autant plus essentiel et et je vais en venir à la question de monsieur le rapporteur sur ce qui se passe aux États-Unis que euh on voit la remise en cause d'un certain nombre de programmes qui étaient potentiellement des programmes que nous avions en partage euh avec euh soit entre les États-Unis et la France, soit d'ailleurs entre les États-Unis et et le l'Europe via l'Agence spatiale européenne.
Donc aujourd'hui, on a quand même des sommes considérables qui sont engagées. Il y a plusieurs centaines de millions de programmes qui ont été lancés, qui ont été commencés et qui du coup se serait remis en question si il devait être euh j'allais dire mis à mal par l'administration américaine actuelle. Ça va tant dans le domaine du sondage atmosphérique que dans le domaine des océans euh que que monsieur le rapporteur mentionnait avec SW mais que nous qui qu'on souhaitait poursuivre avec d'autres dans la dans la veine de l'altimétrie euh de l'altimétrie euh euh spatiale.
A au passage, c'est tout de même un peu un crève cœur parce que quand on pense que l'altimétrie spatiale a été développée avec les Jason et avec toutes ces générations là, principalement dans dans une coopération franco-américaine, voir qu'aujourd'hui c'est ça qui va être le plus sacrifié, c'est c'est alors que c'est un domaine d'excellence reconnu mondialement, c'est un peu dommage. Et donc je pense que par rapport à la question de monsieur le rapporteur, qu'est-ce qu'on peut faire ? Je crois qu'il faut être en la matière, il faut quand même être prudent.
C'est tout ce qui peut être sauvé de ces missions scientifiques doit l'être. Donc ne préjugeons pas des décisions de l'administration américaine. Il faudra être extrêmement prudent par rapport à ça et et je pense que si si des missions arrivent à se faire, tant mieux, bénéficions-en et c'est très bien.
En revanche, si elle ne devaient pas se faire, à ce moment-là, il faudra qu'on recherche des alternatives, que ce soit sur la manière dont on peut préserver certains instruments, éventuellement les déporter sur d'autres missions ou bien rechercher d'autres partenaires à l'échelle internationale. Nous nous par exemple sur un certain nombre dont on parle, nos amis japonais sont impliqués via l'agence spatiale japonaise. Ça pourrait être aussi l'occasion de voir si ça peut se faire dans un partenariat franco-japonais, voire avec l'Inde, voir avec d'autres acteurs et et je pense que ça c'est extrêmement important.
Ça me permet de pass au passage de dire un mot sur le fait que je pense que ça suppose une fédération des efforts des acteurs français. Euh la météo, l'fré, c'est pas parce que c'est des maisons où je suis passé, mais la météo, l'fré, les universités, le Knè, je pense qu'on a on a matière à travailler encore plus ensemble dans cette phase où dire nos solidarités sont quand même un peu mises mises à l'épreuve et je pense que je je vois assez bien euh comment aborder ça par mon expérience passée tant à la météo qu'à l'aliféire. Euh mon dernier mon 5e et dernier point et puis après je j'essaierai de vérifier tout ce que je n'ai pas traité dans les questions de monsieur le rapporteur parce que je suis sûr que j'en ai oublié en partie euh va sur le KNÈ lui-même, c'est-à-dire quel rôle euh le KNES euh doit-il jouer au service de l'État et avec et avec quel projet ?
Donc ça c'est un peu moins des considérations de politique spatiale et un peu plus des considérations sur sur l'organisme. D'abord, moi ce que je voudrais réaffirmer, c'est ma conviction que le KNÈ est un outil indispensable de la politique spatiale nationale et que sa contribution, elle s'ancre dans ce que monsieur le rapporteur appelait, c'est-à-dire son expertise technique, son rôle de centre technique, sa capacité à à à arch à être architecte système du spatial pour justement être capable d'évaluer ce qui se fait et de conseiller l'État. Ça me semble aussi être un élément important.
Le Kness est un conseiller de l'État et moi mon vœu c'est que le l'État s'appuie sur le Kness pour la définition des politiques publiques. Il faut qu'il ait confiance dans le KNÈ et je pense que la confiance dans le KNÈ elle naît de la qualité de son expertise et de la pertinence de de ce qu'il peut faire. Alors, pour bâtir un projet euh pour pour le pour l'organisme, il me semble que il y a plusieurs choses.
Bon, c'est essentiellement quelque chose qu'il faudra certainement bâtir en interne, euh travailler avec les équipes et puis et puis forger en prenant la vie des différentes parties prenantes. Mais mais néanmoins, je voudrais quand même relever quelques points. Le premier, je l'ai déjà un peu mentionné, c'est tout ce qui concerne l'agilité, l'innovation, la capacité de réaction.
Je crois que avoir la capacité d'anticiper, de faire de la prospective, de s'adapter, d'avoir des cycles de travail plus courts, ça me semble important. Le deuxième aspect me semble être la dimension, j'allais dire environnementale du spatial. Monsieur le sénateur évoquait les débris et évoquait une forme de surpopulation.
Enfin, là où on lançait 400 tonnes par an, on est en train de lancer 1500 tonnes ou ou par an. à un moment euh l'espace n'est pas infini et donc la la question de comment on gère ça, de comment on comprend les impacts de ça, je pense que c'est quelque chose sur lequel le le spatial, pardon, le KNES peut avoir un rôle de de de moteur et et d'aiguillon pour la réflexion des uns et des autres. Il y a une un autre aspect que je voudrais souligner alors qui qui n'est pas directement qui est technique mais qui est mais qui va avec la préoccupation que j'évoqué précédemment sur la science.
Bon, on voit bien que le spatial, c'est quelque chose qui fascine. C'est ça fascine les jeunes gens, ça fascine les uns et les autres. Et je pense qu'on pourrait mettre tout ce que le spatial fait et tout ce qu'il permet d'apporter au service d'une certaine façon d'une promotion et d'une attractivité de la science.
C'est-à-dire que cette fascination que ça peut susciter chez la jeunesse et alors la jeunesse des deux sexes si j'ose dire parce qu'on voit bien que la désaffection pour les études scientifiques et techniques chez les jeunes filles commence à devenir extrêmement préoccupantes et et donc moi je pense que si qu'on a probablement avec le spatial un outil pour faire savoir ce qu'on fait pour montrer l'excellence de ce qu'on fait que ce soit dans la découverte de l'univers, que ce soit aussi dans les réalisations technologiques pour en faire un outil d'attraction. Alors après, j'en arrive à ce que disait monsieur monsieur le rapporteur sur mais mais mais vous allez voir le lien sur sur l'attractivité, c'est-à-dire que il est clair que le le la pyramide des âges du du Kness est déplacée vers vers des âges relativement élevés qu'il y aura renouvelé les générations générations actuelles et qu'il ne faut pas qu'on perde ce savoir-faire et il faut qu'au contraire qu'on qu'on sache attirer des jeunes. Je pense que de ce point de vue-là, la dimension innovation, la dimension science, la dimension nouveaux projets innovants est importante parce que ça peut permettre d'attirer les jeunes et de leur montrer que que l'aventure spatiale n'est pas terminée, bien au contraire et que qu'il y a encore des dizaines de choses à faire.
Mais je pense que ça ça ça incombe à l'organisme et ça incombe aussi à l'organisme dans dans sa capacité et c'est ce qu'évoquait monsieur le rapporteur à à nouer des passerelles entre eux. euh les différents acteurs du système, c'est-à-dire à faire en sorte qu'il y ait des circulations, qu'il y ait des circulations entre l'industrie et le clin et l'industrie que tout ça ne se fasse pas à sens unique, c'estàd que ce soit pas on part dans un endroit et on va à un autre et puis on ne revient plus. Mais au contraire, je pense qu'on sera plus riche de de ces mobilités.
C'est aussi pour ça que je pense que le le rapprochement entre les différents organismes, la capacité à renouveler nos compétences de cette manière-là et à proposer des parcours attractifs en interne est est important. J'en j'en pour essayer de de de de résumer ça. Moi, je pense que ce qui ce qui est clé dans cette affaire et c'est très similaire à ce que j'ai rencontré au CEA en 2018 quand je quand j'y suis arrivé, c'est comment est-ce que on s'inscrit pleinement dans l'héritage du KNEST, dans la culture d'excellence de cet organisme créé en 1961 et et et qui est toujours aussi indispensable. et comment cette culture et cet héritage, on en garde le meilleur, on fait on en fait fructifier le meilleur, mais on est aussi capable de l'adapter à l'environnement qui a qui a bougé, qui n'est plus celui des des années 1960.
Et je pense que c'est ça le paris. C'est un pari de proposer à l'ensemble des des personnels euh de l'organisme un projet, un projet euh auquel ils puissent participer, un un projet qui soit attractif et et qui leur permette d'ouvrir de nouvelles voies. Je le dis, c'est c'est toute proportion gardée des choses que que que nous avons essayé de faire au CEA au fil de ces années.
Ayant dit ça, j'ai conscience de ne pas avoir répondu à toutes les questions de monsieur le rapporteur, mais je vais je vais faire je vais faire un point avec mes note pour essayer de voir ce que ce que j'ai complètement oublié. Sauf si la présidente me dit que j'ai dépassé mon temps, mais j'ai conscience de de enfin des responsabilités he finalement parce que ce que j'ai décrit là, ça peut sembler facile sur le papier, c'estàdire dire nous avons besoin d'une dimension européenne plus forte, nous a besoin besoin d'un tissu industriel plus fort. Tout ça dit comme ça semble simple. c'est loin de l'être.
On sait très bien que unir nos volontés européennes avec les rivalités que nous avons pu avoir avec certains pays comme nos notre voisin allemand ne va pas être simple. Donc mais en revanche, moi je suis prêt à mettre mon énergie je serais prêt à mettre mon énergie dans dans ce dans ce chantier parce que parce que d'abord il est il est passionnant, ensuite parce qu'il m'évoque beaucoup de choses de mon parcours passé parce que je pense que la qualité des personnels et de l'encadrement de la maison doit doit doit le permettre. Alors, qu'est-ce que je voudrais mettre au service de ça ?
Ben euh je dire très très vite, hein. Ma ma pratique de la de du pilotage des grandes organisations de recherche, c'est quand même ça que j'ai fait pour l'essentiel de ma carrière. mon lien avec l'industrie et le développement des grands programmes.
Et alors pour ne parler ni de nucléaire ni de spatial, je parlerai de microélectronique et de ce qu'on a pu développer dans le cadre du du chips act il y a pas très longtemps. Une capacité à travailler ensemble entre les acteurs. Je je j'ai toujours une petite fierté d'avoir réussi avec mes collègues l'unification des flottésographiques là où il y en avait quatre.
Maintenant, il y en a quand même qu'une qui est pilotée par l' fréer et ça me semble quand même un acquis. Euh l'expérience européenne, ça j'en ai déjà parlé avec avec mon mon travail avec mes homologues et puis cette capacité à à à faire bouger les organismes et à essayer de les transformer tout en respectant le leur héritage. Donc vo voilà ce que je je me proposerais de de mettre au service de de ce projet s'il devait aller euh à à à à à son terme.
Alors, je me permets et pardonnez-moi, c'est un peu je me raccroche pour je pense avoir traité un certain nombre de question de monsieur le rapporteur, mais je je vois d'or et déjà que j'en ai manqué quelques-unes, donc je les reprends et et j'essaie de conclure j'essaie de conclure là-dessus. Euh vous m'interrogiez sur euh euh la contribution que le KNES pouvait avoir à la stratégie française euh spatiale et à la stratégie européenne. Je crois que j'ai essayé de l'illustrer en en disant quels étaient les grands chantiers, quels étaient les grands enjeux et et je pense que le Knes, il a un rôle de proposition d'aiguillon et et et de bras armé de l'État pour conseiller l'État sur sur les choix et les choix qui risquent d'être parfois rudes au moment où d'abord l'environnement international évolue et ensuite on risque d'être dans une période budgétaire et financière financière compliquée.
Euh sur Arian, je pense avoir traité cela. Euh oui, vous vous posiez monsieur le rapporteur la question de la question de France 2030 et de si les objectifs de France 2030 avaient avaient été avait été atteints. Euh moi enfin c'est comme comme toujours dans des objectifs d'innovation et dans des objectifs de où on ouvre de nouvelles voies, je pense qu'il faut donner un peu de temps au temps.
C'est c'est pas une pure mesure de facilité mais moi je me méfie toujours quand on demande aux gens de de rendre des comptes au bout de 2 ans. Enfin si on prend prenons, alors j'ai dit qu'il fallait pas s'inspirer de l'exemple américain, mais si on prend l'exemple américain, les les les affaires Spix, elles commencent au début des années 2000 et et il y a un soutien constant, il y a un rapport avec la NASA pendant un bon nombre d'années avant que avant que ceci soit soit productif. Aujourd'hui, moi l'impression que j'ai par rapport à l'écosystème, c'est que on a euh redonné la conviction à tout le monde que le spatial était un domaine important, qu'il était important d'y apporter des idées nouvelles, voire de revisiter des idées anciennes qui n'avaient pas qui n'avaient pas qui n'avaient pas trouvé leur plein développement.
Et je pense que ça a suscité une attraction, ça a suscité une capacité de mobilisation. Maintenant viendra indubitablement le moment des choix, c'est-à-dire des voix qui se révéleront euh des voies sans issues et des voies qui seront des voies prometteuses. Et ça c'est probablement ce qui est ce qui est devant nous.
Euh je pense que sur la recherche, j'ai traité le point sur iris carré, je l'ai abordé. Et oui, peut-être pour finir sur le les remarques de monsieur le rapporteur cette fois-ci sur la l'interne de l'organisme, je pense savoir traité la question sur le vieillissement. Alors sur les infrastructures donc sur sur le le alors à la fois les infrastructures du centre spatial Guyané, les infrastructures toulousaines et puis les systèmes d'information.
Bon, je pense que le à quelque chose malheur et bon la la période un peu de intermédiaire au niveau des lancements sur courou a permis de de consacrer pas mal d'énergie aussi à moderniser la base et à faire des travaux des travaux de jouvance. Et donc ça, je pense que là-dessus ça ça a permis d'avancer sur le centre spatial de Toulouse. Euh je je suis pas à l'interne de l'organisateur, donc je vais plutôt le faire sur la base de d'un partage d'expérience de ce que j'ai pu mettre en place ou dû mettre en place au CEA qui pose des problématiques presque encore plus compliquées puisque nos certains de nos bâtiments datent eux carrément de de l'immédiate après-guerre et non et non pas des non pas des années 60.
Je pense que là-dessus, il faut vraiment qu'on ait un schéma patrimonial rigoureux où on définit une programmation et on s'y tient et et on ne sacrifie pas les moyens qu'on met sur le patrimonial. C'est-à-dire queune un des enjeux pour que les bâtiments restent en bon état, pardon d'être absolument trivial là-dessus, mais c'est c'est qu'on ait quelque chose de de régulier, de de dans la mise à niveau avec un investissement régulier. On n'est pas capable de tout faire, on n'est pas capable de tout faire tout de suite, mais c'est absolument important d'avoir ce patrimonial.
Je comprends que le Kness l'a développé sur le centre spatial de Toulouse et et donc ça devrait porter ses fruits. Enfin, les systèmes d'information, comment dire ? Les systèmes d'information sont quasiment par définition obsolète dès qu'il commence quoi si vous voulez avec avec la avec la vitesse.
Alors là aussi, je je l'expérimente rudement au CEA en ce moment où nous sommes en train de de refondre l'ensemble du système d'informatique de gestion. Ce sont toujours des chantiers extrêmement lourds et lourds, coûteux et et mobilisateur en énergie du personnel. Je pense que là aussi, on a besoin de de schéma directeur qui aident à cadencer les choses et qui oblige à avoir des rendez-vous réguliers pour pour pour la mise à niveau.
Voilà, pardon d'avoir été trop long. J'ai pardon alors sur sur le sur le pardonnez-moi. Oui. sur le droit international.
Donc le finalement on est il y a toute une série d'accords depuis les premiers accords de fin des années 60 sur l'usage pacifique de l'espace. On voit bien alors la ligne française, elle est elle est clairement euh de rester sur ces engagements de d'usage pacifique de l'espace, mais je pense que on souhaite aussi euh pousser dans le cadre européen euh le le je sais pas comment l'acte européen qui qui sur l'espace. on souhaite y pousser une forme de si ce n'est de transposition du moins de dispositif qui s'inspire de la loi sur les opérations spatiales qu'on a en France pour justement se donner les moyens de de de de contrôler de mesurer de de et et de de surveiller ce qui peut se faire dans l'espace parce que je pense que une manière de s'assurer que les préoccupations qu'on a sont respectées, c'est aussi la connaissance et et la capacité à déjà à observer ce qui se passe et à comprendre ce qui se passe.
Et là-dessus, je pense qu'on a une on a un rôle important. Merci beaucoup monsieur Jacques. Donc je vais ouvrir les questions à nos collègues et on va commencer avec Patrick Chaz.
Patrick, merci madame présidente. Merci monsieur Jacques pour déjà cet exposé tout à fait complet. Euh je voudrais donc moi revenir sur un certain nombre enfin sur un point principal, c'est euh sur le partenariat.
En fait, les évolutions récentes du domaine spatial ont fait émerger de nouveaux acteurs, des start-ups avec lesquels le KNES travaille. C'est aussi une compétence de longue haleine acquise par l'industrie. Avez-vous des idées pour développer et bénéficier de cette coopération au regard de ce que vous avez pu connaître dans vos précédentes fonctions ?
J'ai une deuxième petite question. Si vous avez parlé de réduction des coûts de lancement, est-ce que sur ce point vous avez des pistes, des idées pour faire en sorte justement que ces coûts soient réduits ? Ensuite, Daniel Salmon.
Merci madame la présidente. Merci monsieur Jacques pour cette présentation assez fouillée déjà. Je vais revenir dire sur trois points, on va dire.
Le premier concerne des pollutions, les pollutions spatiales qui ont déjà été abordées avec ces débris spatiaux et le risque de syndrome de Kesseler qui est de plus en plus présent et la manière dont le peut essayer de d'apporter euh non pas son débris mais apporter sa pierre quand même à cette lutte contre cette pollution. L'autre pollution, c'est pollution lumineuse qui est de plus en plus présente. Vous en avez parlé avec les constellations.
L'humanité a toujours vécu avec ce magnifique paysage qui est la voûte céleste et qui est aujourd'hui qui devient et bien un lieu privé pratiquement et qui vient impacter notre notre vision et ce magnifique paysage. Euh nous avons au sein de l'OPEX eu une audition il n'y a pas très longtemps euh il y a quelques mois sur les vols habités. J'aimerais savoir un petit peu quelle est votre vision puisqu'il y a eu un réel débat sur ce sujet.
Euh beaucoup s'engage dans cette perspective d'un vol habité soit sur la Lune soit sur Mars, mais avec à vrai dire peu de retombées scientifiques qui sont ce volé plus vécu comme un symbole de puissance plus que de recherche scientifique. Donc quelle est votre vision sur ce volé ? Et puis euh bien entendu, il n'est pas question de remettre en cause euh tout ce qui est euh observation de la terre.
Vous l'avez bien montré, on en a absolument besoin pour euh quantifier euh les dérèglements climatiques et puis je ne peux que vous inciter à aller vraiment vers la rénovation de vos bâtiments qui date parce que observer le réchauffement climatique, c'est une bonne chose. Lutter contre, s'en est une autre. Merci Bernard Bui.
Merci madame la présidente. Moi monsieur le candidat, j'aurais une question rapide. Comment selon vous la France doit-elle se saisir des missions d'exploration et d'utilisation des ressources spatiales ?
Ben voilà qui est clair. Donc pour cette première série de questions, monsieur Jacques, je vous laisse la parole de nouveau. Oui, merci.
Merci madame la présidente. Pardon. Euh sur le sur les questions de monsieur le sénateur Chess.
Euh alors peut-être je commence par la question de la réduction des coûts de lancement. Euh on on voit bien, il y a pas il y a pas la matière de baguette magique, mais en revanche, je pense que euh la question de l'efficacité de l'organisation industrielle et de la manière dont on peut euh essayer de de rendre les les processus plus simples, les circulations moins nombreuses et et optimiser les processus industriels, c'est vraiment ce sur quoi travaille Arian Group et et je pense que bien entendu, on est dépendant de la conception du lanceur. le lanceur, il est tel qu'il est, il va pas être révolutionné comme ça.
Mais en revanche, je pense qu'il y a des capacités à à gagner à gagner un certain nombre de de marges à nouveau en en s'inspirant peut-être des processus de production qu'on peut constater à l'étranger. Je pense que ça a une autre conséquence, c'est en tout cas de réfléchir pour les futurs lanceurs à intégrer ce genre d'aspect dès le départ. sur l'autre aspect que vous mentionniez sur sur les partenariats.
Euh je pense que dans dans ces affaires, enfin vous m'invitiez à à m'appuyer sur ma ma mon expérience passée. Donc je vais le faire en usant du nucléaire. C'est-à-dire que on on voit bien que euh ce qui peut se faire avec des acteurs nouveaux comme ça, c'est une obligation à à réinterroger un certain nombre de choses.
Je vais vous en donner un exemple nucléaire et après je reviendrai, je vous promets, sur des sur des sujets spatiaux. Euh on a on avait dans le domaine des réacteurs expérimenté des réacteurs dit réacteurs à selle fondu. Il y en a eu un un seul au monde dans les années 6070.
Aujourd'hui, vous avez vu la presse de cette semaine. Il y en a un en Chine. Alors, tout petit certes, mais mais qui commence qui commence à être regardé.
Et on voit bien que ça c'est des voix qu'on avait laissé de côté et qui aujourd'hui sont remises sur le devant par un sombre d'acteur qui nous oblige à réinterroger un certain nombre de choses. Je pense que c'est toute chose égale par ailleurs. C'est c'est ce genre de processus là qu'il faut qu'on arrive à faire. et en en bonne coopération entre les compétences des uns et des autres.
C'est-à-dire que le le socle de compétences techniques et l'expertise du KNÈ doit permettre de dire "Bon, certes, on peut réinterroger cette idée, mais n'oubliez pas euh ces fondamentaux scientifiques et technologiques, ce qui permet aussi de ne de ne pas partir dans des voies trop hasardeuses." Euh sur euh les questions euh les les deux questions de monsieur le sénateur sur la Salon sur la sur la pollution. Alors, je vais commencer par la pollution lumineuse.
Alors, qui qui est loin d'être le sujet le plus simple. Bon, aujourd'hui, moi ce que je sais dire sur le sujet en étant, je prétends pas absolument pas être l'expert du sujet, mais c'est que bon, les astronomes, les enfin l'ensemble de la communauté scientifique a commencé à y alors évidemment ce plein de de la pollution. Maintenant, au-delà de se plaindre, il faut essayer de quantifier, il faut essayer de comprendre euh quel impact ça a sur les mesures, quel impact ça a sur les observations et éventuellement quelle quelle mesure palliative ça pourrait avoir.
Ça c'est un travail qui a commencé, qui est en cours et je pense qu'il faudra à un moment euh le prendre en compte. Alors dans la version, j'allais dire la plus facile, c'est moi ça ça m'évoque toujours le le problème de de de compétition des usages sur sur un sur un sur un espace limité, c'est-à-dire est-ce que on est capable de de trouver des palliatifs ou est-ce que on est capable de de réguler un certain nombre d'utilisations. Je pense que c'est à la croisée des deux faudra regarder aujourd'hui.
Il y a pas de solution. Bon, il y a pas de solution toute faite, hein. C'est c'est c'est clair.
Sur les débris, je pense que on on on a il me semble qu'on a deux questions quand même. On a une on a la et le syndrome de Cester, on a la question débris en tant que tel, c'està-dire débris en tant que les prévoir, prévoir l'effet des impacts, éventuellement avoir un certain nombre d'outils en ce domaine là. Mais ça c'est plus ponctuel.
La question plus générale qui est euh qu'est-ce qui se passe finalement euh euh par la masse et par l'importance du phénomène ? Ça, je crois que personne enfin euh quand quand Kessler a émis cette hypothèse-là, c'est déjà un certain temps et de fait, on n' pas forcément de modélisation ou de compréhension fine. Donc moi, je pense que c'est un sujet de travail plus qu'un sujet de de de réponse à ce stade sur le vol habité.
Alors euh sur le vol habité, je crois que la la question euh elle a toujours été euh pour euh alors il y a évidemment un enjeu de un enjeu de puissance, il y a un enjeu de de de de démonstration de la maîtrise de l'espace. On voit bien que c'est quand même comme ça dans les années 50 60 que les choses se sont développées. Le Spoutnik, Gagarine, enfin bon, les hommes sur la Lune.
Enfin, on voit bien qu' c'est ça qui a entretenu la compétition. L'Europe, elle a toujours eu une position euh je pense relativement équilibrée, c'est-à-dire de de de ne pas avoir son programme en propre, mais d'essayer de bénéficier d'un certain nombre d'opportunités euh via beaucoup les les les États-Unis, mais mais aussi la la station spatiale. Et je pense que par rapport à ça, ce qu'on peut gagner dans le vol habité, c'est c'est que ça permet comme il s'agit d'envoyer des êtres humains dans l'espace, comme il s'agit de le faire en toute sécurité, ça permet de tester un certain nombre de technologies extrêmes et donc de d'avoir un certain nombre de de retours.
Pour autant, en terme d'exploration et en terme de de capacité à l'explorer, je pense que et de bonne économie des doners publics, il faut vraiment bien peser les choses et voir ce qu'on peut faire aussi avec des moyens robotiques. Et donc, il faut il faut trouver, je pense, un un un juste équilibre. quant à la rénovation des bâtiments.
Oui, c'est bien ce que je veux dire, mais encore faut-il avoir les moyens correspondants et donc il faut avoir il faut les sécuriser, il faut le faire année après année euh sur euh euh les le la question de monsieur le sénateur bus sur les les missions d'exploration et et d'usage des ressources spatiales. Là aussi, c'est une question qui est une question qui est une question compliquée, c'est-à-dire euh je pense qu'il faut que on arrive à à la fois à connaître l'espace, à bénéficier de l'espace sans se lancer dans des démarches de de j'allais dire de de poursuite de de de compétition entre les acteurs ou et de commercialisation complète de la chose parce que je pense qu'à un moment on on courra un certain nombre un certain de risque. Donc moi je pense que ça passe quand même d'abord par des mesures de connaissance, par des mesures de compréhension de l'espace avant d'aller à à une quelconque exploitation ou ou exploration parce que sinon on risque je pense de mettre la charrue avant les bœux y compris même en se plaçant dans une pure logique de d'aller bénéficier de la chose si on n pas suffisamment compris et exploré je pense que ça ne ça ne pourra rapport porra fruit et ça risque même de de nous de nous amener dans des difficultés considérables.
Merci. Alors, on continue avec Anne-Catherine Boisier. Merci madame la présence.
Merci. Merci monsieur. Moi juste une question complémentaire parce que vous avez déjà répondu à beaucoup de de points.
Je voulais juste revenir rapidement sur le en fait la saturation de l'orbite basse et et toutes ces constellations qui se déploient. Euh je lisais euh queon prévoit plus de 50000 objets euh euh d'ici 2050. Donc ça donne une idée de de l'affluence de ces objets.
Et je voulais savoir si dans le casre des objectif qui sont les vôtres, est-ce que euh l'idée de de créer cette autorité mondiale en fait du du trafic spatial, est-ce que pour vous c'est quelque chose aujourd'hui de crédible compte tenu de la donne mondiale et et est-ce que vous êtes fixé entre autres un objectif pour être actif dans ce domaine ? Merci Evveline Renault Garabédian. Merci présidente.
Monsieur Jacques. L'espace permet de créer non seulement des emplois hautement qualifiés dans l'industrie spatiale mais également dans de très nombreux services de différents secteurs. La logistique, le transport, l'agriculture, la santé, la finance, la la défense, les télécommunications et bien d'autres.
Il est donc nécessaire de vulgariser et expliquer les enjeux spatiaux au grand public qui au-delà des exploits spatiaux de Thomas Pesquet n'est peu ou pas informé. Comment envisagez-vous de rendre accessible à un plus grand nombre de personnes ces enjeux techniques et scientifiques ? Merci Éveline.
Fabien Guay. Fabien. Oui.
Merci madame la présidente, monsieur Jacqu, bonjour. Euh moi j'ai une question. J'ai été un peu surpris par la fin de votre intervention notamment sur le rapprochement entre Airbus, Talè et Leonardo en nous disant l'ambition n'est pas d'affronter ou de concourir à créer le SpaceX européen, c'est toute autre chose.
Bon, j'entends que c'est extrêmement complexe. On s'en est déjà beaucoup parlé ici et je partage avec vous. Sauf que les directions d'entreprise actuellement, notamment Airbus et Tales, vendent le projet Bromo que ça s'appelle ce rapprochement justement pour dire nous avons besoin de créer le SpaceX européen justement dans cette grande compétition internationale et sur ça se fait des restructurations extrêmement importantes dans ces entreprises.
C'est 2500 emplois qui vont être supprimés chez Airbus dans le domaine spatial et la défense. C'est 1800 points menacé chez Talè et je connais pas le chiffre chez Leonardo donc je me permets pas de le dire mais justement sur ces projets de restructuration et avec cette ambition. Donc je voudrais que vous puissiez nous éclaircir.
Et la deuxième chose, moi je m'intéresse comme un certain nombre ici de nos collègues beaucoup à la question spatiale. J'ai eu la chance d'aller en Guyane, pas vu de tir mais de visiter le TNÈ. La réalité c'est que le rôle du Kness par les grands industriels est contesté et ça et c'est pas d'aujourd'hui.
Et certains disent même on pourrait se passer du Kness et on voudrait organiser les tirs de A à Z. Et le projet Bromo en partie dans les discussions, c'est ça c'est dire qu'on va mettre trois grands industriels. On voudrait en tout cas amoindrir le rôle du KNÈ.
Donc est-ce que vous quelle position vous allez prendre dans ça ? Parce que si le projet va au bout, il va falloir plus que jamais à mon sens défendre les compétences et les savoir-faires du KNÈ face aux industriels et leur dire que il y a une absolue nécessité qu' ont pris sa public avec vous. Donc voilà, je voudrais des précisions sur ces deux points et je vous en remercie.
Monsieur Jacques. Alors euh je vais commencer par le les questions exployés. Je suis non à dire, je suis pas très optimiste sur une autorité mondiale, hein.
Je veux dire quand on quand on voit ce qui se passe aujourd'hui euh plan géopolitique, quand on voit ce que fait l'administration américaine, quand on voit la démarche en quand on voit le certaine consanguinité entre certains secteurs au niveau américain, je je je pense que on peut plaider pour ça et je pense qu'il faut plaider pour ça. Après, l'échelle d'action à laquelle on peut peut-être faire porter nos efforts, c'est l'Europe et et le moment où les acteurs en question, ils bénéficient soit d'infrastructure en Europe, soit doivent trouver des relais en Europe. Mais mais je pense qu'il faut pas se leurer.
En revanche, alerter sur la difficulté que ça pourra finir par représenter pour pour tous les acteurs, moi ça me semble la voix peut-être pour essayer de convenir de faire convenir tout le monde qui a qui a un peu de raison à mettre dans tout cela. Euh sur la question de de de madame la sénatrice sur commenter, moi je pense que c'est enfin je l'évoquais dans mon propos, c'est absolument clé. vous me pardonnerez, je vais je vais le faire avec un un pas de côté euh à nouveau CEA, mais c'est pour peut-être essayer de voir comment ça se transpose.
On a récemment, vous l'avez peut-être vu, mis en service la plus grosse machine d'imagerie cérébrale au monde au CEA qui est dans un institut du CEA qui s'appelle Neurospin et qui produit des images de cerveau presque aussi bonne ou presque aussi fines que quand vous faites de la dissection du cerveau et on préfère voir nos cerveaux sans avoir forcément à les disséquer. et on a fait un un petit événement sur sur le web, enfin sur internet là-dessus et on a eu un nombre de de de vues de de de de de jeunes de jeunes qui qui ont qui ont trouvé ça assez fascinant parce que comprendre le cerveau et cetera. Donc moi je pense que le point c'est de trouver des sujets comme ça qui montrent à la fois l'exploit scientifique, l'exploit technologique et puis qui peuvent fasciner parce que ça ouvre des horizons de réflexion sur des des choses que les gens ont envie de connaître parce que c'est notre propre d'être humain de de connaître. et et je le disais, je pense que le spatial s'y prête relativement bien parce que justement il y a déjà une dose de fascination par rapport à ça et et je crois que utiliser ça pour euh convaincre à la fois de l'importance de la science, de l'importance du secteur spatial et puis d'attirer euh d'attirer des jeunes, moi ça me semble absolument clé.
Donc il y a vraiment alors je dis pas que le entendons-nous euh le KNES fait déjà des choses comme ça, mais je pense qu'on on peut pousser encore un un un un cran plus loin et puis essayer de choisir des cas qui sont particulièrement sur lesquels on va particulièrement réussir à euh à attirer l'attention. Alors par rapport euh euh aux questions de monsieur le sénateur sur sur Bromo, alors que que je précise mon point. SpaceX, c'est un modèle où vous avez le lanceur, enfin vous le savez monsieur le sénateur, mais vous avez le lanceur, vous avez la constellation, enfin la fabrication de la constellation de la satellite, lancement de la constellation de satellite et puis après le service internet qui qui va avec et le tout jusque jusqu'au bout et à l'utilisateur.
C'est ça qui permet enfin d'être de de d'écraser en partie des autres, hein. Je veux dire bon euh enfin c'est le modè c'est ça la force du modèle. Après euh dans le modèle il y a aussi à regarder la part du modèle qui est commercial, la part du modèle qui bénéficie des lancements institutionnels et du soutien.
Bon enfin voilà, je veux dire voilà non mais c'est pour ça que je dis euh alors pourquoi je dis que que Bromo c'est pas ça ? Bah, Bromo, c'est pas cette intégration verticale comme ça. C'est plutôt quelque chose où on travaille en horizontal sur sur l'ensemble des satellites.
C'est enfin c'est c'est juste pour pour préciser les choses. Après, vous dites et à juste titre que les industriels sont dans une situation difficile mais justement parce que les constellations se sont développées et parce que les satellites géostationnaires qui avaient été le notre excellence dans les années passées ont ont connu des difficultés. Je crois que ce qu'on a à faire, c'est peut-être pas parce que je vois pas comment on sera capable de faire un SpaceX, mais en tout cas, c'est de consolider nos compétences, de s'assurer que on a une un marché européen, que on bénéficie de par l'ensemble de nos missions vis-à-vis de nos industriels pour développer de nouveaux projets et que c'est ça qui nous permettra de de de préserver l'emploi.
Sur l'autre point qui est la contestation du rôle du KNÈ oui, j'ai j'ai l'habitude, c'est-à-dire que le CEA essuie de temps à autre aussi ce ce genre de chos-à-dire en disant on pourrait faire sans le CEA. Bon, moi ce que je dis toujours dans ces dans dans ces affaireslà, c'est tant que tout va bien, on n pas besoin de ses organismes. Pire, dès qu'il y a un problème, alors là, tout d'un coup, on découvre qu'on en a besoin.
Ça, je l'ai vécu rudement au CEA au fil au fil de ces années. Donc, moi, je dis euh maintenir la compétence, le socle de compéten technique, l'excellence qui permet d'anticiper un certain nombre de choses, qui permet de répondre à des questions difficiles le moment venu, qui permet de piloter un certain nombre de choses, d'avoir une compréhension du système. Moi, je suis convaincu que c'est la noblesse et le rôle de ce genre d'organisme.
Je l'ai défendu avant. J'ai bien l'intention de le défendre maintenant parce que j'ai pas changer d'avis sur le sujet. Très bien.
Y a-t-il d'autres questions ? Je n'en vois pas. Monsieur le rapporteur, rien à rajouter.
Franck, monsieur Jacques non plus. Non non non, je pense abusé. Bon et ben écoutez très bien.
On vous remercie. Je demande bien sûr à nos collègues de rester dans la dans la salle puisque nous allons procéder aux opérations de vote. Merci.
Ah.
Dominique Estrosi-sassone