Foires aux vins, Guide Bettane & Desseauve et Grand Véfour
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Questions et réponses
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- 0:14OuverteRéponse directe
L'été se poursuit, les températures se sont adoucies et on s'occupe ce matin de ce qu'on mange, comme d'habitude. Mais plutôt là de ce qu'on boit.
- 1:08OuverteRéponse directe
Vous venez de sortir la nouvelle édition du guide Bettane & Desseauve. Alors, on dit guide. Ça ressemble de moins en moins à un guide et de plus en plus à une sorte de bible très documentée.
- 10:10OuverteRéponse directe
Vous qui êtes un observateur privilégié de ce monde, comment fonctionnent les jeunes ? Est-ce qu'aujourd'hui, les jeunes s'intéressent plus au vin qu'il y a 20 ans ?
- 12:30OuverteRéponse directe
Pourquoi traditionnellement les foires au vin sont-elles à la rentrée ?
- 16:03OuverteRéponse directe
Parlez-nous de votre guide, le guide Bettane & Desseauve, toujours avec votre camarade Michel Bettane. Qui fait quoi en un mot ?
- 21:08OuverteRéponse directe
En deux minutes, j'aimerais qu'on mette un petit focus sur quelque chose qui m'a bien plu dans votre guide. C'est la place faite aux femmes.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:20InvitéFait
« On a sorti notre premier guide en 1996. »
- 1:57InvitéFait
« Le monde du vin, c'est une actualité permanente. »
- 3:45InvitéFait
« Aujourd'hui, on rencontre des vignerons talentueux, doués, ingénieux et créatifs dans absolument toutes les régions de France. »
- 7:43InvitéChiffre
« La vigne en France est présente dans deux tiers des départements. »
- 9:09InvitéChiffre
« La Révolution française, c'est une nationalisation et une redistribution de 80% du vignoble. »
- 10:41InvitéChiffre
« Ça fait 21 ans maintenant qu'on organise chaque année un événement à Paris qui s'appelle le Grand Testing au Carousel du Louvre. Et à chaque fois, 60% du public a moins de 40 ans et beaucoup ont entre 25 et 35 ans. »
- 30:41InvitéChiffre
« On a plus de 150 commerciaux dans le monde. »
- 31:14InvitéChiffre
« Quand on a démarré, on faisait quelques centaines de milliers de bouteilles. »
- 40:38InvitéFait
« M. Béfour a racheté ce restaurant où tous les grands de ce monde, que ce soit dans le monde de la littérature ou dans le monde politique ou dans le monde du cinéma ou des arts, sont venus s'encanailler, sont venus manger. »
- 45:04InvitéFait
« c'est pas que c'est 25 000 testings et l'avis de tout le groupe parce que en fait je veux juste tomber sur la cuisine »
- 46:59InvitéPromesse
« le pigeon est un des plats qui restera toute l'année »
- 47:11InvitéFait
« je pense que ça devient un des plats incontournables »
Temps de parole
- Invité40 %
- Présentateur29 %
- Invité 213 %
- Invité 310 %
- ?6 %
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Les
Halles Métro, premier fournisseur et livreur de produits frais et locaux aux restaurateurs partout en France, vous présente. Sud Radio, 10h-11h, Fergnaud fait le marché.
Mes
amis, bonjour et bon dimanche. L'été se poursuit, les températures se sont adoucies et on s'occupe ce matin de ce qu'on mange, bien sûr, comme d'habitude. Mais plutôt là de ce qu'on boit. La saison veut ça. On a peut-être moins soif que pendant la canicule, mais on a des soifs plus exclusives, plus intéressées, plus recherchées. On rentre dans la période des foires au vin.
Sud
Radio,
Fergnaud fait
le
marché.
Et je reçois pour parler de vin Thierry Dossauve qui est avec nous ce matin du guide Bétane Dossauve. Bonjour Thierry. Bonjour Vincent. Thierry,
ça
me fait plaisir de vous retrouver. Moi aussi. D'année en année comme ça.
Ça faisait
quelques temps qu'on ne s'était pas vus, mais
vous gardez
la
forme. Et
pourtant, votre guide accompagne mes jours, mes réflexions d'hénophile. Et donc, d'année en année, oui, j'aime bien m'y plonger. Or, vous venez de sortir la nouvelle édition du guide Bétane Dossauve. Alors, on dit guide. Ça ressemble de moins en moins à un guide et de plus en plus à une sorte de bible très documentée.
Vous savez, on a sorti notre premier guide en 1996. Vous étiez né, mais... À
peine, à
peine, à peine. Et donc, entre-temps, le monde des guides Internet est apparu. Aujourd'hui, on cherche ce qu'on trouvait dans un guide. On le cherche plutôt sur son téléphone ou sur un moteur de recherche et maintenant sur une IA. Donc, un guide, c'est forcément quelque chose qui a dû évoluer et qu'on a fait évoluer. Et en fait, le monde du vin, c'est une actualité permanente. On ne le lit pas assez. Moi, quand j'ai commencé dans cet univers, on parlait toujours d'un long fleuve immuable. Oui,
oui,
oui. Par les saisons, etc. D'abord, les saisons, comme vous en êtes aperçus, comme tout le monde s'en est aperçu, elles changent énormément. Bien sûr. Et puis, il
y
a une actualité dans le vin, c'est un monde de vignerons, mais c'est aussi un monde d'entrepreneurs. Et c'est un monde qui est parfois à la pointe des transformations écologiques, des transformations techniques, des transformations stylistiques aussi. Parce que le gros changement, c'est que les amateurs de vin ont eux aussi changé, se renouvellent et ils n
'ont
pas forcément les mêmes goûts. Ils n
'ont
pas forcément les... On ne fait plus le même... Tout le monde n'a plus une cave où ils gardent 15 ans, ces vins. Et il y a aussi... Les repas ont beaucoup changé, donc ce n
'est
plus les mêmes vins non plus.
Ah, ce n
'est
plus les mêmes vins. Heureusement, j'ai envie de dire, parce qu'on va vers le meilleur, en fait,
année
après année. Moi, j'ai la chance, enfin je ne sais pas si c'est une chance, mais de suivre cet univers depuis plusieurs décennies.
Et
il y a quelque chose qu'on ne dit pas suffisamment, mais j'insiste toujours, c'est que j'ai vu une transformation qualitative et respectueuse des terroirs et de la vigne. Et
incomparable, hein. Un tout autre produit.
Un
tout
autre
produit. Un tout autre produit extrêmement
forte. Quand j'ai commencé, avec mon camarade Michel, Béthane, on rejetait pratiquement 80% des vins qu'on goûtait et qu'on
recrachait d'ailleurs. C'est fou.
Mais la médiocrité était quand même extrêmement partagée. Il y avait quelques régions qui travaillaient mieux que d'autres et d'autres qui avaient vraiment des problèmes structurels, à la traîne, etc. Aujourd'hui, on rencontre des vignerons talentueux, doués, ingénieux et créatifs dans absolument toutes les régions de France. Y compris d'ailleurs dans le nord, dans l'île de France, en Bretagne, en Normandie. Ou même en Lorraine, hein.
En Lorraine,
bien sûr. Je veux dire, les côtes de Toul, etc.
Il y a maintenant
des vins formidables en bord de Moselle française. Voilà, c'était les vins autrefois très régionaux et très anecdotiques. Aujourd'hui, c'est des vins de grande qualité qui expriment en plus une spécificité. Ce qu'il faut bien comprendre quand on parle de vin, c'est que c'est un produit qui a une diversité d'expressions extraordinaire. Et la France, particulièrement, son génie, c'est de pouvoir être aussi diverse, transmettre autant de styles, de goûts, de saveurs, d'émotions. Évidemment, avec modération, vous allez me le
dire. Bien sûr, bien sûr.
Et bien sûr. Et c'est pour ça d'ailleurs que le vin, c'est aussi une garantie contre trop boire. Parce que pour ressentir toutes ces nuances de la diversité du vin, on a intérêt à être à peu près sobre. Vous
prêchez un convaincu qui est... Alors, évidemment, comme tout le monde, on peut se lamenter et se plaindre des méfaits de l'alcoolisme en France. Et c'est vrai que ça a fait beaucoup de dégâts. Mais en général, ce ne sont pas les buveurs, les amateurs de vin. Quand on recherche uniquement l'ivresse ou l'addiction, on se tourne vers d'autres formes d'alcool en général. Ça a beaucoup changé, ça aussi.
Mais vous savez, vous comme moi, on adore le cinéma. Quand on regarde un film de Claude Sauté dans les années 70, vous voyez les héros, Michel Piccoli, Montand, qui passent la journée en fumant. Et qui sont dans tous les bistrots parisiens. Et là, on boit du vin au pichet.
Ce n'est jamais
une bouteille.
C'est toujours,
sauf au moment du gigot, le dimanche,
il y a une bouteille de Bordeaux. Mais c'est à peu près
tout. Et ça, c'était le vin d'autrefois.
Ça nous a forgé,
ça ?
Vous croyez ?
C'était le vin d'autrefois, mais c'était un mauvais vin. Et évidemment, il y avait des problèmes d'alcoolisme, y compris au vin. Il ne faut pas se cacher. Aujourd'hui, le vin, vous allez dans un restaurant, le même restaurant que d'Aufine de Sauté, mais vous y allez à l'heure du déjeuner. Personne ne boit de vin. Ou de temps en temps, un verre de vin. Donc, quand on boit un verre de vin, on le choisit. On a envie qu
'il
nous raconte une histoire. On a envie qu'il nous donne une émotion particulière. Qu'il soit peut-être un sujet de conversation. Et ça, on ne boit plus le vin comme ça, au litre étoilé. Ou en fiché,
ou en pire en tétrabrique.
Cela dit, vous disiez, cette incroyable diversité. C'est un peu aussi la force de la cuisine française. Ce patchwork de régions accompagnées dans chaque région de saveurs différentes. C'est vrai, donc, aussi pour le vin. On a un accompagnement, un pairing entre le vin français et la cuisine régionale française qui est inégalable dans le monde.
Vous savez, Vincent, on est aujourd'hui dans une société qui est en énorme risque d'uniformisation. On ne
va
pas faire de la philosophie de la petite semaine, mais les modes, elles viennent de partout. Elles sont véhiculées par des réseaux sociaux et par plein d'autres choses. Et on ne s'aperçoit pas que l'un des atouts extraordinaires de la France, pas uniquement de la France, de l'Italie, de l'un des atouts extraordinaires qu'il faut cultiver, c'est cette diversité de saveurs, de goûts. On pourrait faire la même chose sur le patrimoine, sur les villages français qui
ne se
ressemblent pas.
Oui, les
biotopes, les paysages,
l'architecture. Le
vin occupe, vous savez que la vigne en France est présente dans deux tiers des départements. C
'est fou, ça. Deux tiers des
départements. Et très souvent, c'est elles qui aménagent le territoire, mais pas de manière immobile,
de
manière vivante, parce qu'il y a des vignerons qui le travaillent, il y a des tas de métiers qui se grèvent par-dessus et qui façonnent ce territoire et qui le font vivre. Imaginez le Languedoc sans la vigne, ça serait des plages et quelques villes et pas grand-chose d'autre. Et des forêts
qui ne seraient pas
protégées par
la vigne. Et des
friches qui seraient des couloirs de feu extraordinaires tous les étés, comme hélas, ça l'est parfois.
Ça,
on peut rendre grâce et hommage aux Romains qui ont un peu bousculé les Gaulois qui étaient des buveurs de bière et ces Celtes, pour imposer la vigne en France. Et ils ont bien fait. Et après, tout ce monde monastique s'est chargé de le
mettre en
place.
Et vous avez raison de le rappeler, la vigne, c'est une civilisation, c'est aussi une filière, une industrie, comme disent les Américains, mais qui ne ressemble pas aux autres industries.
C
'est-à
-dire
qu'elle n
'a
pas eu un début comme la sidérurgie au XIXe siècle, une apogée et un déclin. Elle existe depuis plus de 2000 ans et elle a eu des catastrophes invraisemblables. La Révolution française, c'est une nationalisation et une redistribution de 80% du vignoble. Et 100
ans
plus tard, le phylloxéra
qui a détruit l'ensemble
des vignes européennes, pas que françaises. Mais elle est repartie, c'est un phénix et elle se renouvelle et elle se reconstruit. C'est aussi pour ça qu'on fait un guide. Elle se repense, elle se régénère chaque année. Et ça, c'est formidable. Moi, je ne me suis jamais ennuyé à faire ce guide parce que chaque année, la civilisation du vin, la France du vin se réinvente. D'une certaine façon, parfois avec des échecs, parfois ils font des conneries comme tout le monde. Mais on est là pour leur dire d'ailleurs. Mais cette réinvention, cette régénération, elle est passionnante à suivre. Alors
parlons de l'aspect commercial parce qu'on sait que le pouvoir d'achat en baisse, ça impacte forcément le marché du vin en France. Et j'ai envie de parler de démographie. Vous qui êtes un observateur privilégié de ce monde, comment fonctionnent les jeunes ? Est-ce qu'aujourd'hui, les jeunes s'intéressent plus au vin qu'il y a 20 ans ? Est-ce qu'il y a un espoir de pouvoir faire de la qualité au juste prix ? Où en est le marché de ce point de vue ? Alors,
on entend beaucoup et beaucoup dans les instances du vignoble. Les jeunes ne s'intéressent plus au vin. Moi, ça fait quand même 35 ans que j'entends
ça. Qu'on entend ça, oui.
Ça fait 21 ans maintenant qu'on organise chaque année un événement à Paris qui s'appelle le Grand Testing au Carousel du Louvre. Et à chaque fois, 60% du public a moins de 40 ans et beaucoup ont entre 25 et 35 ans.
Pourquoi ? Parce
que pour eux,
c'est un marqueur de qualité de vie de connaître un peu le vin,
on s'y est intéressé.
Évidemment, ce salon et l'intérêt des jeunes, c'est plus de comprendre le vin comme une expérience humaine, géographique. Vous avez dû commenter sur les ondes le classement au Pisa, mais le vin, c'est aussi une formidable géographie, une
formidable leçon
de géographie. Et nous, on le voit bien, ce qui passionne les jeunes, c'est de discuter avec le vigneron, c'est de discuter avec le chef de cave d'une maison de champagne, c'est de partager le goût d'un vin, d'en connaître les secrets. C'est plus du tout une logique de pure consommation comme un produit alimentaire, comme c'était pour nos aînés il y a 50 ans. Thierry de Sauve, vous êtes là pour parler
du guide Béthane de Sauve. C'est tout l'intérêt de ce guide, c'est de faire la place belle aux humains. À une époque où on s'inquiète à la disparition de l'humain face à l'intelligence artificielle, eh bien là, l'humain, il est partout. Vous mettez en avant les hommes, les femmes, de la vigne et du vin, encore plus que les bouteilles et les notes. On va en parler dans une seconde après ça.
Avec
moi ce matin, Thierry de Sauve, du guide Béthane de Sauve, pour parler vin, parce que période de foire au vin, période d'achat. Pourquoi traditionnellement les foires au vin,
c
'est à la rentrée ? Alors moi j'ai plusieurs pistes, vous allez me dire, parce que vous, vous le savez certainement. Est-ce que c'est parce qu'on a liquidé le stock pendant les vacances avec les copains, donc il faut racheter des bouteilles ? Est-ce que c'est pour faire de la place dans les commerces, parce qu'on a vendu toute l'année et que la nouvelle récolte va arriver, donc il faut engranger ? Est-ce que c'est avant les impôts, on se dit, bon, les Français ont encore un peu de pognon, il faut qu
'ils
achètent
des bouteilles ? Alors, d'abord, il faudrait demander à ceux qui ont inventé les foires au vin, vous savez que ça date de, je crois, de 1977. Et c'est... Tu
as
la grande distribution
qui a commencé ? C'est une
chaîne de grande
distribution,
ce sont les magasins Leclerc qui ont créé ça, donc il faudrait leur demander pourquoi ils ont choisi. Après, la grande distribution et la distribution, d'une manière générale, elle a besoin d'animer ses rayons, d'animer ses
lieux.
Il y a une grande évolution dans les foires au vin, et on sait bien aujourd'hui que la grande distribution n'est plus l'agora du français des années 80 ou 90. Voilà, donc il faut trouver des moments. Et puis, il
y a
de plus en plus d'achats en ligne où on n'est pas confronté
aux vendeurs. Aujourd'hui, les
foires au vin se sont occupés
aussi les
webmarchands, les cavistes,
etc.
Et je crois qu
'il
y a plein d'explications, mais en fait, le mois de septembre, c'est aussi le mois des vendanges. Donc, on parle de vin naturellement, on est dans une atmosphère... C'est vrai que les achats de vin sont extrêmement saisonniers. Eh oui. C'est-à
-dire
que ça commence, on commence à refaire sa cave ou à acheter des bouteilles de vin plutôt à la fin du printemps. Bah
oui, mais plutôt
du blanc et du rosé
en prévision de l'été. Et puis du rouge pour l'automne et l'hiver. Et le
rouge qui était quand même le leader des vins en France pendant très longtemps, c'est une affaire d'hiver, d'automne et d'hiver. Donc, ça correspondait aussi à ça. Mais ce que je dirais, c'est que les foire-roins sont à la fois une animation et puis
une
opportunité quand même pour le commun des mortels.
Il
y a des grands amateurs qui connaissent parfaitement qui il faut acheter dans telle appellation et où, surtout. Mais le commun des mortels, il n
'est
pas forcément initié à tous ses secrets. C'est toujours des petites productions. Eh bien, une foire-roins, ça permet
d
'avoir une porte ouverte sur cette diversité. Puis de goûter. De
goûter,
de rencontrer beaucoup plus d'étiquettes et de vins différents, de régions différentes, de vignobles différents que le reste de l'année
dans ce qu'on appelle le fond
de rayon. et de faire des expériences à des prix qui sont aujourd'hui extrêmement accessibles. Parce qu'on ne le dit pas, on parle souvent de la vie chère et vous l'avez dit avec juste raison. Mais le vin reste
extrêmement
bon marché en France si on le compare au prix qu'il a dans beaucoup de pays. Chez nos voisins anglais, ne parlons pas des Etats-Unis ou de beaucoup d'autres pays. En France, il est parfois cher en restauration, mais il y a des raisons pour ça.
Oui, donc c'est vrai que chez les calistes de centre-ville ou dans la grande distribution, c'est accessible.
Alors parlons de votre guide, le guide Béthane de Sauve, toujours avec votre camarade Michel Béthane. Qui
fait quoi
en un mot ?
Mon inoxydable camarade.
Qu'est-ce que fait Michel ? Qu'est-ce que fait Thierry ?
Alors d'abord, en 1996, on a fait un guide, j'ai été rédacteur en chef déjà d'un magazine, on a fait un guide nos samedis et dimanches, et on l'a fait à deux.
Oui, parce que vous
étiez la colonne vertébrale du guide de l'ARVF à l'époque.
On a créé le guide de l'ARVF, ce qui
est devenu maintenant le guide de l'ARVF. Aujourd'hui, on a une équipe de dégustateurs avec qui on se partage les régions. Donc vous gardez les régions que vous aimez bien, Michel et vous ? Pas forcément. Alors Michel, oui, par exemple, il a un amour immodéré pour les vins Corses, et quand même aussi pour la Corse. Alors
ça,
chaque année, il fait sa
tournée en Corse. Vas-y, il va en Corse,
Michel.
Mets ton maillot de bain.
Non, il l'a fait au mois de
mars. Oui, d'accord, moi.
Je ne pense pas que la plage soit son intérêt premier.
Non, c
'est vrai, c'est vrai qu'on le connaissait
peut-être un peu. Oui, c'est vrai.
Après, on se partage les régions. On a une petite dizaine de très bons dégustateurs, certains avec qui on travaille depuis plusieurs décennies. Donc on se connaît par cœur. Et puis, on goûte aussi, par exemple, quand il y a une découverte, quand l'un découvre quelqu'un dont on n'avait jamais entendu parler, on en parle. On fait venir les échantillons de la production à Paris et on les goûte ensemble. Pareil aussi pour les changements d'étoiles, parce que tous ces domaines sont évalués de 0
à 5
étoiles. Bien sûr. Et donc, on a toujours beaucoup de travail en commun. Et puis, il y a aussi des producteurs qui sont
majeurs.
Aujourd'hui, vous allez en recevoir un qui sont des entreprises du vin. C
'est aussi
une nouveauté.
Des
wineries à la française.
Oui, des vraies
entreprises
cohérentes qui ont une vision, un ADN, etc. Et ces gens-là, c'est très intéressant, par exemple, de goûter, quand ils sont présents dans plusieurs régions, de goûter l'ensemble de leur travail. Donc ça, c'est quelque chose que je fais assez souvent, de goûter l'ensemble du travail d'une grande entreprise du vin, sans idéologie du « small is beautiful » ou à l'inverse. Bien sûr.
Non, non. Juste la qualité, quoi. Juste la plus objective possible. Et ça, ça
demande beaucoup d'expérience aussi.
Thierry Dessauve, pour ceux qui ne connaissent pas le guide des meilleurs vins 2027, puisque c'est évidemment l'année qui vient, ça n'est pas ce qu'on imagine être un guide en général, c'est-à
-dire
un truc qui tient dans la poche. C'est un vrai grand ouvrage. Je le dis parce que ce n'est pas juste une série de noms de bouteilles avec les prix et des étoiles ou des pousses levées ou ce genre. C'est un vrai ouvrage avec de la littérature qui est en fait l'histoire de tous ces domaines. Vous, vous ne vous contentez pas de noter, vous allez plus profondément rechercher l'âme des domaines dont vous parlez.
Oui, d'abord, il y a plusieurs choses. Je ne voudrais pas oublier notre éditeur qui m'en voudrait
certainement. Flammarion. Oui, parce que
vous êtes éditeur, vous également, mais vous
continuez à le faire. On travaille
depuis très longtemps avec Flammarion. Et Flammarion, c'est un éditeur multiple, mais qui a un sens du beau livre. Moi, j'ai fait un livre sur le vin il y a plus de 20 ans, qui s'appelait « Le livre du vin » chez Flammarion. Je me souviens encore de l'exigence extraordinaire de l'éditrice avec qui j'ai travaillé là-dessus. Donc, c'est très intéressant aussi de travailler avec un éditeur qui a cette habitude, ce sens, sur plein de détails. Et puis, le vin, comme je vous l'ai dit, c'est une diversité. Ce sont des paysages, ce sont aussi... Chaque vin est une histoire.
Et Michel Bétane, qui est agrégé de lettres classiques, moi qui suis un journaliste et qui adore écrire depuis toujours, et nos collaborateurs qui sont dans la même tendance...
Donc, ce n'est pas un
guide qui se feuillette,
c'est un guide qui se
lit.
On a envie de
raconter. On a envie de raconter
ça. Oui, mais
du
coup,
ça se lit.
Ça se lit comme
un livre et non pas juste
feuilleter pour
trouver... Ça
se picore, ça peut
se picorer quand vous vous intéressez à un domaine ou quand vous vous intéressez
à une région.
Et puis, voilà, ce n
'est
pas juste des notes de dégustation qui se ressemblent toutes un
peu... Non, parce que ça, on peut le trouver
sur Internet.
Oui, les arômes de fraises écrasés.
Et autres arômes
téléphonés, comme on
dit. Vivaces. Il y a autre chose à raconter sur le vin.
Et c'est ça qu'on va raconter. Le temps
passe très vite, mais en deux minutes, j'aimerais qu'on mette un petit focus sur quelque chose qui m'a bien plu dans votre guide. C'est la place faite aux femmes. Alors, moi, je ne suis pas un forcené du genrage en matière de vignes. Enfin, je ne pense pas qu'il
y
ait des vins qui se sentent, quand on les déguste, en dire «
Ah,
ça, c'est un vin de vigneron et ça, c'est un vin de vigneron. » Ça, c'est un exercice un petit peu fallacieux. Mais en revanche, l'apparition et la montée des femmes, qu'elles soient en couple ou même seules, c'est important. Et souvent, des filles de grands domaines qui reprennent, alors qu'avant, c'était vraiment dévolu aux garçons.
Bien sûr, c'était un métier, comme on dit dans les films,
un peu machiste. C'était un métier
d'homme. Mais il y a toujours eu, et depuis toujours, regardez en Champagne les grandes veuves, il y a toujours eu des femmes de grands caractères, de grandes personnalités qui ont fait avancer les vignobles. Ça a toujours existé dans le monde du vin, en tout cas depuis qu
'il
y
a
une histoire du vin.
Et dans
toutes les régions.
Et dans toutes les régions. Mais ce qui est vrai, c'est que c'est une évolution extrêmement significative aujourd'hui de voir que dans tous les métiers du vin, les vignerons, dont on parlait ici, mais aussi les zoonologues, les agronomes,
les
sommelières, on en consacre une. Marie Vodéqui, qui est formidable. Mais c'est une vraie évolution. Et autant j'entendais ces âneries sur un vin féminin ou un vin masculin quand j'étais
plus jeune là-dessus. Et c'est une vraie ânerie.
Et autant, le travail des femmes est très intéressant dans les vignobles. Je voudrais juste en citer peut
-être trois
qui sont... Alors, Cahors, c'est un vin, le Malbec,
c
'est un vin
archétype
du... C'est
un cépage un peu viril. C'est l
'archétype du vin
viril, puissant, célèbre à Cahors et en Argentine. Et aujourd'hui, il y avait une famille qui est là depuis très longtemps, qui a fait formidablement travailler.
Ah ben, c'est Claude Triguedina ! Voilà,
Valdez,
c
'est un monsieur qui est toujours là et qui a fait un boulot formidable à Cahors. Mais aujourd'hui, celle qui lui succède, celle qui travaille avec lui, c'est Juliette Valdez, sa fille.
Une jeune fille,
ouais. Et qui est une jeune femme, brillante. Et forcément, elle va concevoir le vin de manière un peu différente de celle de son papa. Parce qu'elle apporte aussi toute la volonté et la vision d'une génération. Et puis... On peut
parler
de Bordeaux.
Par exemple, vous avez consacré Léoville
-Barton.
Voilà, les
Bartons, non
seulement c
'est une évolution formidable, mais c'est pas un couple,
c
'est
deux frères et soeurs. C'est un frère, une soeur, enfin, une paire,
alors pas un
couple.
Et les enfants, c'est Mélanie Bartons-Artorius et son frère. Mais d'abord, c'est des gens qui sont... J'ai bien connu Anthony Bartons,
leur
grand-père, qui était un type formidable, et qui était, c'est Bordelais, mais qui avait fait leurs études, puisque c'était un Irlandais d'origine,
qui a fait ses études à
Londres. Il avait toujours cet accent merveilleux à la Jane Birkin. Là, cette génération-là, elle est purement française,
maintenant. Ils sont
ancrés dans leur terroir.
Et
bien médocaine, quoi. Médocaine, ils font un boulot formidable. Et puis, le dernier exemple que j'ai en tête, c'est à Châteauneuf-du-Pape. C'est une histoire aussi merveilleuse. C'est l'histoire d'Isabelle Ferrando, qui a, hélas, perdu son mari et qui a repris seule la propriété, et qui, aujourd'hui, la transmet à sa fille, Guimette. Et, bon, les deux sont un peu... On a l'impression d'une... La mère et la fille, elles sont
totalement
fusionnelles. Et elles font un boulot magnifique. Et cette transmission, qui est aussi un vrai sujet, dont on parlera une prochaine fois, la transmission dans le vin, c'est merveilleux quand ça passe de mère en fille comme ça.
Ne bougez pas, on va passer un coup de fil ensemble à quelqu'un que vous avez identifié comme étant l'homme de l'année du guide Béthane de Sauve. Je ne
vous
en dis pas plus. On se retrouve dans une minute. Au moment d'acheter nos vins, puisque c'est la période des foires aux vins partout en France, et pas qu'en France d'ailleurs, on a besoin de référents. Voilà. Et moi, mes référents, c'est Michel et Thierry, le guide Béthane de Sauve, qui vient de sortir le guide des meilleurs vins 2027. Je suis en studio avec Thierry De Sceau, qui va bientôt nous quitter, oui, parce que lui, le vin, il va aller le d'ailleurs vendanger. On ne sait pas où. Il va partir du studio.
Mais avant de vous laisser nous quitter, Thierry, je voulais que vous nous parliez d'un homme qui est au téléphone en ce moment, qui attend de s'exprimer, et que vous avez identifié comme étant, voilà, l'homme de l'année de ce guide, puisque, je l'ai dit, c'est plein d'humains, votre guide. Les gens, c'est même la trame de ce guide des vins.
Oui, absolument. C'est un homme, c'est aussi un groupe. C'est Antoine Leccia.
Bonjour
Antoine, au passage. Bonjour
Antoine. Puisque vous allez entendre des louanges à votre endroit. Alors Antoine Leccia, c'est quelqu'un... Alors je
vais en profiter, oui.
C'est quelqu'un qu
'on suit depuis longtemps. On l'a connu dirigeant une maison à Châteauneuf-du-Pape et puis qui faisait partie d'un groupe familial. Ce groupe familial, il l'a transformé, mais sans en perdre son âme. C'est ça qui était très important. Il l'a installé dans beaucoup de grands vignobles français, à Bordeaux, en Languedoc, bien sûr, à Châteauneuf-du-Pape, en Bourgogne aujourd'hui, à Chablis.
Oui, la maison Laroche. En
Provence, voilà. Et toujours en conservant l'ADN, les valeurs de ces maisons. On pense souvent, quand on est amateur de vin, que le vin,
c
'est un... Français, c'est souvent un monde de petits vignerons.
Oui,
c'est ça.
De derrière
les fagots, les petites bouteilles,
les petits
vignerons,
tout
ce qui est petit.
Et
on a besoin aussi d'entrepreneurs avec une vraie vision, mais d'entrepreneurs qui respectent les
valeurs
du vin.
Et ces
valeurs, c'est les valeurs du terroir,
c
'est des valeurs d'authenticité, c'est des valeurs de précision, c'est aussi des valeurs écologiques formidables. Et Antoine a construit ce groupe patiemment, avec de temps en temps des échecs, mais aussi des réussites. Et puis, dernier point qui fait qu'on l'a célébré, c'est qu'il a créé une bourse qui aide chaque année les jeunes vignerons à s'installer, à se développer. Et beaucoup sont dans le guide qui ont eu cette bourse avec ce que fait Advini. Alors,
Advini, c'est le nom de votre société dont vous êtes le PDG, Antoine Etchard. Je dirais que le consommateur n'a pas vertu à connaître le nom d'Advini. Advini, c'est un peu la holding de tous ces domaines. Il vaut mieux qu'il connaisse les domaines que le nom de la société. Quand on vous dit, c'est quoi le métier d'Advini ? Vous dites quoi en quelques mots, pour qu'on comprenne en fait
? Alors,
la
première chose, c'est exactement ce qu'a dit Thierry. Notre concept au départ, on est langue douceien avec la famille Jean-Jean, et basé en langue d'oc depuis un siècle et demi. Mais moi, j'ai dirigé une petite maison à Châteauneuf pour effectivement la famille Jean-Jean. Et je me suis rendu compte que le groupe, enfin, ce n'était pas un groupe à l'époque, mais pouvait aider au développement de la société. Et donc, on en a racheté une, puis on en
a
racheté une deuxième et une troisième. Et l'idée, par contre, c'était de les racheter, mais pourquoi ? Pour être un soutien au développement.
Mais
attendez,
excusez-moi,
excusez-moi. J'essaye de comprendre. Par le conseil que vous apportez, par le travail, comment dire, par l'enseignement, ou parce qu'uniquement,
vous
faites des économies d'échelle sur la publicité, la promotion
? Trois
axes principaux. Le premier, d'abord, c'est le vignoble. C'est comment on aide le vigneron, l'équipe en place. En général, on garde. Souvent, ce sont des familles à mieux travailler au quotidien. Ça, c'est la première chose. Ce n'est pas un
peu
le
travail des
coopérateurs, enfin, des coopératives, au début, de montrer un peu la voie à ceux qui manquaient de technique, par exemple
?
Oui, bien sûr. Quand vous avez un technicien qui vient aider les coopérateurs à mieux travailler, c'est un petit peu l'esprit. Mais ça, c'est le premier aspect. Et souvent, sur les 20 dernières années, on a fait des progrès incroyables. On a consolidé des maisons.
Vous
savez, quand on a racheté le coloratoire, le chais, c'était un chais qui méritait des investissements. C
'est ça.
Un vigneron tout seul, ne
fait
pas toujours. Donc là, on amène le savoir-faire du groupe. Mais la vision du groupe,
c'est une première
chose. Une force
de frappe et d'investissement.
Et ça, bien sûr. Mais le deuxième aspect, c'est qu'on a beaucoup de vins formidables en France. La question aujourd'hui, et depuis plusieurs années, ce n
'est
pas tellement de produire des grands vins. On le fait, historiquement, avec des équipes formidables. Mais c'est de savoir comment les vendre sur les marchés. Et c'est là où le bas blesse souvent.
Et
donc, bien évidemment, le deuxième aspect de la force d'Advini, c'est d'avoir une force de frappe commerciale. On a plus de 150 commerciaux dans le monde.
Et
c'est sûr qu'on a bâti de petit à petit. On n'était pas comme ça au début. Bien sûr, bien sûr.
Sur combien d'années ?
Une
trentaine d'années
? Déjà, c'est un siècle dédi de présence.
Ah
oui, d'accord. Mais derrière, effectivement, on a accéléré depuis que moi, j'en ai pris la présidence et la direction générale il y
a
25 ans, il y
a
20 ans, pour accélérer justement cette capacité à distribuer les vins. On est par exemple aujourd'hui numéro un des vins français au Canada. Quand on a démarré, on faisait quelques centaines de milliers de bouteilles.
Et
puis aujourd'hui, on a distribué la vins à Roche, on a distribué les vins du coloratoire, on a distribué les vins de Jean-Jean, les vins de Provence,
et
on est devenu, nos vins de Sud-Africains, et on est devenu le leader des vins français. On a aujourd'hui 20 personnes qui, tous les jours, parlent de nos produits au Canada, avec notre agence. Et c'est ça qu'on amène. Alors bien évidemment, vous rajoutez après une holding commune qui va gérer les finances, qui va essayer de l'utiliser. Mais toujours avec cet équilibre qu'il y ait de valoriser le terroir, de valoriser l'histoire, mais également de sortir sur les modes quand il y en a un.
d'avoir des grandes oreilles, de comprendre le marché. D'ailleurs,
est-ce que le souci du vignoble français, parce que, comme vous le disiez, moi je reprends vos mots, on sait faire du très bon vin, on le fait d'ailleurs. Après, encore, faut-il savoir le vendre et à qui. Est-ce qu'on n'a pas toujours un peu l'ouvoyer entre la loi de l'offre et la loi de la demande
? Bien
sûr. Je pense qu'il faut une vraie compréhension des besoins des consommateurs.
Et
pas avoir honte
de faire des vins qui feraient rougir peut-être nos parents ou nos grands-parents si c'est ce qu'attend le public
?
Exactement. Alors, ça ne
veut
pas dire qu'on perd son âme, ça ne
veut
pas dire qu'on arrête de faire des interroits. Bien sûr, bien sûr. Si aujourd'hui, c'est notre l'équipe motivée, on en a énormément et on en est fiers. Mais ça veut dire aussi que vous avez plusieurs catégories de consommateurs et qu'il faut s'adresser à ces grandes catégories de consommateurs. Vous avez les très traditionnels qui veulent leur vin de Châteauneuf-du-Pape avec une forte identité Châteauneuf-du-Pape et vous avez des gens qui veulent des vins plutôt lifestyle, plutôt nouveaux, avec des vins rouges plus légers. Des
degrés
alcooliques un
peu
plus bas, des vins rouges plus frais. Qui boit des vins rouges frais aujourd'hui alors que c'est très bon ? Et donc, on voit bien que si on ne va pas vers une meilleure connaissance des marchés, du consommateur pour adapter ou en tout cas cibler nos produits au bon endroit avec le bon consommateur, eh
bien,
on se retrouve après avec des stocks, on distille, on a des crédits. Et à mon avis, aujourd'hui, c'est vrai que c'est difficile. Le marché est plutôt difficile, des baisses importantes de consommation, en tout cas d'expédition à l'export. qui sont quand même fortes. Mais c'est d'abord, je pense, une crise d'une offre bien ciblée, bien plégée.
Aujourd'hui, on est en période de foire au vin. Alors, moi, je vous pose la question, je note quand même un retour des consommateurs vers le no-tourisme, vers aller à la propriété, peut-être moins qu'avant parce que la grande distribution reste une force de frappe inégalable, évidemment, pour la vente de vin. Est-ce que le vin qu'on achète en grande surface, c'est le même que celui qu'on trouve ? Quand l'étiquette est la même, c'est celui qu'on trouve chez ces cavistes ou à la propriété ?
Mais
bien sûr que c'est le même.
Parce qu'on a eu tellement
de doutes à une époque
en disant, on veut faire des
cuvées spéciales qui sont un peu moins travaillées ou
de
moins
de qualité. Non, c'est le même. Non, c'est exactement le même. Bien évidemment qu'il
y
a des marchés qui sont plus qualitifs, mais pourquoi ? Parce qu'ils ont des consommateurs qui peuvent mettre un peu plus
d
'argent
dans les détails. C'est les
réseaux des cavites, etc. Mais la grande distribution quand on sélectionne de jolis produits, elle respecte bien évidemment le fournisseur et puis elle respecte les qualités de vin et vous allez trouver exactement les mêmes choses. Vous ne pouvez pas quand vous êtes producteur scinder vos qualités. Surtout qu
'on
parle de volumes qui ne sont pas énormes. Aujourd'hui, de moins en moins en tout cas, entre une grande distribution et un cavite, alors que finalement le consommateur peut être le même ou vous. C'est impensable. Vous massacrez votre produit et votre marque. Donc non, je pense que ça,
ça
fonctionne bien en termes de qualité, de suivi, de distribution. Après, ce que vous disiez est fondamental, c'est que les gens recherchent une expérience plus qu'avant. On
veut qu'on leur raconte une
histoire.
C'est fondamental. C'est fondamental. Mais une histoire vraie, pas une histoire... Bien sûr. Fabriquée en carton-pâte. Et c'est ça ce qu'on a aidé à faire dans toutes les régions.
Que ce soit à Chablis, en refaisant l'obédiancerie, où on accueille de nombreux visiteurs, où la maison Champille en Bourgogne, où on a refait toutes les caves qui avaient été d'ailleurs bâti par Eiffel et puis où Pasteur avait passé son temps, que ce soit dans Languedoc sur nos vignobles, où on investit, pas simplement parce qu'on investit de l'argent, parce qu'il faut mettre beaucoup d'argent, mais parce que les gens ont besoin d'une expérience associée à la dégustation des produits, à ce qu'on fait, à l'évolution, évidemment, des tendances. On essaie d'innover dans chacun des vignobles tout en perdant nos traditions. –
Et croire à un avenir pour la viticulture française et donner des perspectives aussi, sans
doute. – Mais on a un avenir formidable,
même si
c'est difficile en ce moment.
– Merci beaucoup, Antoine Lettia. En tout cas, bravo d'avoir été consacré l'homme de l'année du guide Bétane de Sauve, paru chez Flammarion, le guide des meilleurs vins 2027. Moi, je serais vous, enfin, en tout cas, moi, je sais ce que je fais avant d'aller acheter des vins un petit peu à l'aveugle dans la grande distribution où il n
'y
a pas toujours le caviste conseil. Ben, c'est pas mal d'avoir des références comme celle-ci. Merci. Allez, on se retrouve dans une minute. On va changer de sujet, parler un peu de cuisine. Ah ben, quand même
! – Les
Halles Métro, premier fournisseur et livreur de produits frais et locaux aux restaurateurs partout en France, vous présente.
–
Sud Radio, 10h11h, Fergnaud fait le marché.
–
On a bien parlé de vin, maintenant, parlons un peu cuisine parce que moi, je n
'ai
pas l'habitude de boire beaucoup de vin si je n
'ai
pas un plat pour accompagner et les meilleurs plats possibles. Eh bien, ça tombe bien parce qu'en cette rentrée, il y a un vrai mercato des chefs. Vous le savez, ça va, ça va, ça vient. Les signatures changent dans les restaurants, les grands, les petits, les bistrots. Et moi, je m'intéresse à un nouveau phénomène. On va en parler ensemble avec un chef que j'aime beaucoup.
– Sud
Radio, Fergnaud fait le marché.
–
Bonjour Bruno Doucet.
–
Bonjour Vincent, comment ça
va
? – Eh bien, ça va et vous-même ? Merci d'être avec nous ce dimanche matin, c'est gentil. – Avec grand plaisir. C'est toujours un plaisir d'être sur Sud Radio le dimanche matin. – Je voulais vous retrouver parce que, alors, les gens vous connaissent, notamment, enfin, ce qui reste accroché à votre palmarès, c'est la régalade. c'est ce bistrot que vous aviez repris de Yves Candebord et qui est le symbole de la bistronomie française. Ça, on peut le dire clairement. –
Bravo, merci. Je suis très honnête d'avoir ce genre de qualification et de qualité. –
Bah oui, je
suis ravi.
– Oui, parce que je pense que vous avez accompagné ce mouvement de la qualité dans les bistrots, c'est-à-dire de faire de la cuisine de bistrots, mais avec l'exigence de produits et de cuisine des restaurants gastronomiques.
– Je l'ai poursuivi. On va dire que je l'ai poursuivi parce que quand Yves l'a créé en 92, j'ai racheté la régalade en 2004 et je vais dire que je l'ai poursuivi. J'ai pris le sillon à travers Yves et Sébastien Demorand et voilà.
Et
puis aujourd'hui, aujourd'hui, ça me fait un peu mal de le dire, mais je trouve que ce terme est tellement galvodé que je ne sais plus si ça veut dire grand-chose. –
Pour moi, ça veut dire quelque
chose. Pour moi,
ça veut dire
quelque chose. Mais bon,
–
Je ne dis pas forcément, ça veut dire quelque chose pour tout le monde. Mais ce que j'espère,
c
'est que, j'espère juste qu'il ne faut pas le mettre sur toutes les maisons et sur toutes les têtes. Voilà, c'est tout. Et la ligne directrice que je suis à travers la clinique de la régalade reste celle de Sébastien Demorand qui avait un ventrismeau et de Yves qui l'avait aidé. – Absolument.
Et en plus, vous, vous êtes Tourangeau, donc un régional de naissance, ami des chasseurs, la saison de la chasse arrive, on en reparlera certainement. Je vous repasserai un coup de fil parce que j'aime bien avoir toujours votre expertise sur la cuisine du gibier.
– Oui, mais il ne faudra pas faire ça dimanche matin. C'est dimanche matin, je suis à la chasse. –
Ah ben oui, vous inquiétez pas, on trouvera le moyen. On trouvera
le moyen,
Bruno. Alors, je vous ai appelé parce que, enfin, ceux qui suivent un peu l'actualité des chefs et des restaurants en France ont vu avant l'été arriver Bruno Doucet à la cuisine du Grand Véfour. Le Grand Véfour, il faut savoir que c'est un temple de la grande cuisine. Alors, ça démarre presque au directoire avec les jardins du Palais Royal autour. Et en tout cas, ça a toujours été un très grand nom de la restauration parisienne.
Et ça illustre, pour moi, cette nouvelle tendance qui est d'aller chercher des chefs solides, peut-être, on va dire, justement, de cette bistronomie, en tout cas, ceux qui ont fait leur preuve dans la grande cuisine bourgeoise, avec des références souvent régionales, pour les mettre dans des grandes adresses, dans des adresses extrêmement, je veux dire, je n
'ai
pas envie
de dire
étoilées, mais en tout cas, chargées
d'histoire.
Pardon ? C'est
prestigieuse, prestigieuse,
on peut dire. Oui, oui, c'est ça, prestigieuse, ça va.
Et puis surtout, des assiettes, des adresses prestigieuses, et puis surtout, celle du Grand Béfour qui est chargée en histoire, mais elle n'est pas chargée qu'en histoire gastronomique, elle est chargée en histoire tout court.
Une partie
de
l'histoire de France s'est
écrite là-bas. Ce restaurant a été créé en 1786, trois ans avant la Révolution, ça ne
s
'appelait pas le Grand Béfour, c'était le café de Chartres à l'époque. Et puis, M. Béfour a racheté, on ne
va
pas refaire toute l'histoire, mais M. Béfour a racheté ce restaurant où tous les grands de ce monde, que ce soit dans le monde de la littérature ou dans le monde politique ou dans le monde du cinéma ou des arts, sont venus s'encanailler,
sont venus manger.
C
'est
hallucinant.
C
'est un
musée. C
'est un musée. Je n'aime pas le musée, mais je dirais plutôt que c'est le château de Versailles à Paris, parce que de toute façon, avant, c'était un peu la cour du roi se trouver là. Et quand on rentre dans ce restaurant, moi j'ai la chance de faire le service midi et de soir là-bas, le soir, toutes les lumières sont au minimum avec des bougies. On a vraiment l'impression d'être dans la galerie des glaces du château de Versailles.
C'est ce qu'on dit. C
'est
ça,
pour un chef pour moi, comme moi, je sais d'où je viens. Je viens de Touraine ou d'une famille assez modeste. Et de me retrouver dans les ors de ce restaurant, c'est juste magique.
C'est un peu les châteaux de la Loire
à Paris, quoi.
Vous vous retrouvez.
Exactement. C'est le château d'Aboise que j'ai visité maintes et maintes fois à Paris. Et j'ai la chance d'y oeuvrer pour faire de la cuisine. Une cuisine traditionnelle bourgeoise démocratisée et revisitée, on ira. Et surtout, c'est un endroit qui est magique. Enfin, voilà, quoi. On ne peut que se surpasser.
J'entends
votre
enthousiasme. C
'est
incroyable.
Parce que vous êtes comme un gosse avec un matin de Noël.
Vous n
'êtes pas redescendu
encore, Bruno.
Non, je n
'ai
pas envie de redescendre parce que, je sais, je ne
me
suis pas fait quand on m'a proposé ce poste. je sais qu'il
y a
d'autres chefs qui ont été proposés avant moi,
qui
ont été visités avant moi. Et puis, quand on m'a dit c'est vous qu'on a décidé que c'était vous, j'ai dit je n'y crois pas. J'ai été qu'un jour ou trois semaines avec des petits maux de tête et des maux de ventre.
aussi.
Et puis, un copain chef qui m'a dit tu vas faire vraiment j'avais mes trouillons à zéro et il m'a dit tu vas faire à manger.
Il
dit c'est juste ce que tu fais à la régalade.
Tu sais très bien faire.
Tu ne te débrouilles pas trop mal.
Il
m'a dit voilà et ici en plus tu vas être accompagné parce qu'en plus j'ai un chef j'ai vu le briller avec moi qui a 34 ans qui est avec moi c'est un jeune du groupe Paris Sociatique qui est phénoménal. On lui demande de sauter au mur il saute au mur j'ai récupéré
On lui demande
plutôt de sauter dans la casserole ou de faire sauter
Oui voilà
de faire sauter mais ce que je veux dire c'est que voilà je suis entouré je suis entouré par les gens de la cuisine de Paris Société je suis entouré par le groupe Paris Société parce que je sais qu'ils sont décriés régulièrement mais il faut que cette maison apporte à la restauration parisienne elle fait un vrai vrai travail et pour moi et pour moi je peux vous dire un truc c'est pas un départ mais c'est un véritable tremplin pour ma carrière
Et puis c'est la fête tous les jours dans
un lieu
comme
ça
Alors justement moi je voudrais rentrer un peu dans le secret de l'alcool ou plutôt du cabinet de recrutement qu'est-ce qui a motivé Laurent de Gurkuf donc Paris Société qui je le rappelle est une filiale du groupe Accor enfin c'est le groupe Accor
Chapote
Paris Société donc
on sait qu'il y a un
savoir-faire dans la grande hôtellerie et la belle restauration Exactement Quel a été dans votre profil la chose qui les a accrochés ? De quoi avait-il envie en vous demandant à vous d'être le chef du Grand Véfour ?
Je vais juste vous dire la vérité et c'est en toute modestie en toute humilité il y
a
un chef qui avait été démarché pour cet établissement qui aujourd'hui n'exerce plus je peux le citer c'est Yves.debord donc vous voyez on le connait tous et Yves leur a dit mais vous savez s'il y a un chef à aller voir à Paris et qui sera dans la cuisine parce qu'en fait une signature de carte c'est toujours facile on ne
va
pas pratiquer la langue de bois Vincent s'il y
a
une carte c'est facile Ah
oui et puis c'est trop souvent
que ça d'ailleurs
des
collabs
voilà des collabs et Yves aura dit il me fait on est doucé doucé il est à côté et il sera dans sa cuisine comme il est dans sa cuisine à la régalade et voilà et aujourd'hui je pense que c'est un peu ça ce qui a fait pencher le choix de Laurent et de Laurent de Gourcuff et de Julia qui sont les ça
les a
rassurés quoi
je
pense que ça les a rassurés ils sont quand même venus me démarcher au dernier moment et quand je leur ai présenté la première carte je leur ai juste dit c'était la seule condition que je voulais c'est que c'est pas que c'est 25 000 testings et l'avis de tout le groupe parce que en fait je veux juste tomber sur la cuisine et je leur ai servi deux trois autres trucs ils m'ont dit ça ça va pas passer je leur avais marqué ça sur un papier et derrière dans la carte je leur avais écrite et je leur
ai
fait faire le testing ils sont venus l'écrire ils sont venus la goûter ils sont dit bon bah c'est bon on y va ok allez
youpi et voilà
et voilà ce qui a et voilà ce qui a je pense fait pencher la balance après très sincèrement il y
a
d'autres chefs et des chefs de renom qui feraient au moins aussi bien que moi voire sinon mieux mais je pense que ce qu'il faut c'est qu'aujourd'hui ce grand V4 retrouve un éclat son
lustre quoi comme on dit son lustre
son côté patiné lui va très bien mais il faut vous savez c'est très patiné de temps en temps pour leur remettre un petit coup de mirand
pour
faire briller pour
faire briller et bah j'ai la chance que ce soit moi je me rends compte de la chance que j'ai et surtout et de la fierté que ça peut m'apporter
et
vous avez une expertise des sauces reconnue enfin l'assaisonnement c'est un truc de dingue chez Bruno Doucet si vous n'avez pas eu l'occasion d'y aller je suis sûr que vous allez booster la cuisine du Grand V4 avant de se quitter est-ce qu'on peut avoir l'idée de 2-3 plats qui sont déjà au bout de 3 mois 4 mois les choses qui vont plus sortir de la carte
bah
en fait on a fait un pijon farci enfin c
'est
un plat on a fait un pijon farci parce qu'au départ je me disais il
faut
quand même j'ai beaucoup vu le livre de Raymond Oliver qui
a été votre
prédécesseur le grand nom des années 50
-60 au Grand V4
jusqu'en 83 et
donc j'ai mis encore pas mal de livres de Raymond Oliver je pense que le pigeon est un des plats qui restera toute l'année j'ai fait un pied de nez un peu à tout le monde en faisant l'aile dorée au beurre blanc et caviar tout le monde me dit ouais le caviar qu'est-ce que ça vient faire là sauf qu'aujourd'hui je pense que ça devient un des plats incontournables et puis où je m'amuse c'est que j'étais de retravailler énormément les sauces un peu classiques et un peu oubliées de la cuisine française c'est ça en ce moment on fait un bar sauce du guéré ah génial vous voyez tout ça on fait une sauce albuchera on fait une sauce vin jaune ben tous ces
choses
qui sont voilà mais
c'est
un
peu
c
'est un peu ce qu'on attend au Grand V4 non ? renouer
avec l
'histoire en fait
exactement là on va rentrer dans la période des gilisilliers donc on fera les valeurs royales on va faire un canard colvert un canard colvert farci on va faire enfin on va faire deux petits tours je
viendrai vous voir
je viendrai
vous voir quand la
chasse battra son plein Bruno Doucet vous inquiétez
pas elle va
battra
son plein
oui je sais ça arrive à grande vitesse merci beaucoup Bruno on vous souhaite tout le bonheur et surtout à vos convives au Grand V4 dans les jardins du palais au bout du palais royal voilà il n
'y
a pas un plus bel endroit dans le genre romantique si vous voulez vraiment épater votre copain ou votre copine ben n'hésitez pas enfin si vous avez les moyens bien sûr ah bah oui un petit peu quand même voilà l'émission s'achève direction les infos de 11h après vous retrouvez l'ami Jean-Marie Bordry comme tous les dimanches bon dimanche à tous moi ça m'a carrément ouvert l'appétit ben je vais écouter Sud Radio tiens
les
halles métro les
halles métro
premier fournisseur et livreur de produits frais et locaux aux restaurateurs partout en France vous a présenté Sud Radio Ferniaud Ferniaud fait le marché
m
'invite m'invite