Quelle est la recette secrète de la longévité de leur carrière ?
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Vous êtes allé 38 fois au Japon où Tombe la Neige est encore aujourd'hui présent dans tous les karaokés. Qu'est-ce que ça vous fait de savoir ça ? Écoutez, il m'est même arrivé d'être dans un avion entre Tokyo et Sapporo et j'entends une jolie version de Tombe la Neige instrumentale. J'appelle l'hôtesse, je lui demande si vous pouvez me dire ce que j'entends là. One moment, elle va se renseigner, elle revient. This is a traditional Japanese song. Donc j'ai été annexé au folklore japonais, c'est un grand honneur.
Mais avant Tombe la Neige, c'est Sans Toi Mamie qui m'a ouvert les portes du Japon parce que mon directeur artistique de l'époque, Jeff Dubuque, l'avait envoyé au manager de la chanteuse la plus populaire, Kossiji Fobuki. Et c'est elle qui a enregistré Sans Toi Mamie, qui en a fait un énorme succès, qui m'a fait venir au Japon pour la première fois pour une télévision dont elle était l'animatrice. C'est dingue. Et puis au Chili, c'est la folie, la première fois que vous y êtes allé. 60 000 personnes qui vous attendent à l'aéroport. Vous, vous vouliez monter dans une voiture, qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils ont soulevé la voiture à bout de droit jusqu'au bâtiment. Avec vous dedans ?
Au pied de l'avion, avec moi dedans. Je ne sais plus si j'en ai rêvé. Je sais que je l'ai vécu. C'est incroyable. Et alors j'étais... Pierre, on l'avait connu, Charlie Mawani. Bien sûr. Donc l'hôtel, la première fois, était sur une grande place. Et la grande place ne désemplissait pas. Il y avait quelques milliers de dames qui criaient. Toutes les 10 minutes, j'allais faire signe à la fenêtre. Et puis ça a duré jusqu'à une heure du matin. Il y avait toujours... Et Charlie me dit, je vais aller à ta place, t'en fais pas. Et il s'est caché derrière le rideau et il a salué la foule. Il a fait votre doublure lumière. Je m'adresse à Timmy parce qu'on dit souvent que c'est de la faute des boomers.
Les boomers qui n'ont pas fait attention à la dette, les boomers qui sont fichés de l'écologie. C'est un boomer qui est sacrément dans le coup, Pierre Richard. C'est incroyable la jeunesse de Pierre Richard. Et je l'ai vu très rapidement quand je suis... Il m'a très bien accueilli quand je suis arrivé au casting. Et puis après, il m'a accueilli chez lui. Et il avait surtout une énergie qui était folle. Je ne pouvais pas me permettre d'aller m'asseoir tranquillement quand je voyais Pierre qui était partout. Et vraiment, ça a donné une énergie sur le plateau. Je me sentais plus jeune que moi. Il n'y a qu'un moment où il était moins énergique. C'est à dire ? C'est quand c'est à cause de...
c'est l'ours. Parce qu'il nous avait dit, il ne faut pas se mettre à moins de 10 mètres. Il a dit, je ne peux pas me mettre plutôt à 20. Après, au bout de quelques jours, il a dit, maintenant, vous pouvez vous mettre à 5. Alors là, c'était l'horreur. 5 ! Et c'est vrai que je le voyais tout pâle. Chaque fois, on le renvoyait au maquillage. Et Pierre, ça le faisait rire. Et il me filmait. Et moi, j'étais tétanisée. Et ça s'est bien passé. Votre duo est formidable. Vous l'avez dit, poétique est le mot. Doux, parce que vous dénoncez un désastre, mais en douceur. Et c'est moins burlesque que d'habitude. Mais ça l'est quand même un peu. Mais ça l'est quand même un peu.
C'est quand même mes premiers amours. Je me suis autorisé à des digressions. Je me suis autorisé à des dérapages. Et je me suis autorisé justement à des moments burlesques. On ne me refait pas comme ça aussi facilement. Bonsoir Serge Lamar. Bonsoir à tous. Quel beau moment, ce moment sur la scène des Victoires de la Musique. Oui, c'était encore plus beau avec Allo. Le moment d'avant, on a pleuré tous les deux. Évidemment, c'était ma première victoire, en fait. Pour mes adieux. J'ai eu une victoire. Mais des adieux qui n'en sont pas, puisque vous voilà de retour. Alors que vous aviez dit que l'album amour serait le dernier. Non. Voici Poète. Cet album qui n'est pas vraiment un album. Voilà.
J'étais sûre que vous alliez me corriger. Non, ce n'est pas un album chanté. C'est un opus récitatif sur fond musical. C'est ça. C'est exactement ça. Ce qui est sûr, c'est que c'est un tsunami de poésie. La poésie qui a toujours compté pour vous, parce qu'elle vous a sauvé, enfant, de l'ennui, Serge. Tout à fait. Tout à fait. Puis à l'âge de l'adolescence, l'âge où on aime Baudelaire plus que les autres, déjà sur Baudelaire, je pensais, je me disais, tiens, on pourrait faire avec les fleurs du mal, coupez-la, coupez-la. J'avais ce côté, j'avais déjà ça dans la tête. J'ai eu ça dans la tête pour le restant de ma carrière.
Et j'ai voulu le faire, mais vous savez comment j'ai couru à travers les routes. 300 concerts par an, c'était dingue. Oui, je ne pouvais pas. Je n'avais jamais eu le temps. Il fallait faire des chansons. Il fallait monter sur scène. Alors, personne ne me demandait de monter autant sur scène. Mais moi, j'en avais besoin. Il y avait quelque chose en moi qui avait besoin de la scène. Et je ne le regrette pas, parce qu'aujourd'hui, ça me permet justement de vivre l'âge que j'ai sereinement. Voilà. Vous avez voyagé partout dans le monde, tout en ayant une trouille pas possible. À chaque fois, vous vous mettez un pied dans l'avion. Alors, j'ai très peur en avion. Alors, vraiment peur.
Alors, je bois de l'eau, je bois de l'eau, je bois de l'eau. Quand il y a des turbulences. L'autre fois, j'étais au Canada. Je suis rentrée. Ça bougeait tellement. Je priais parce que j'ai dit, pour vous, on arrive bien à Paris. Ça bougeait, c'était terrible. J'ai mis une trouille terrible. Vous avez rencontré des gens extraordinaires. Elisabeth II, Ronald Reagan, le pape François. Les deux papes. Le pape Jean-Paul II et le pape François. Tous les présidents de la République, depuis le général de Gaulle, quasiment. Mais aussi Diego Maradona, dont vous avez rencontré tout le monde. Lady Gaga dans les coulisses de cet avou. Et aussi, le héros d'une série télé.
Vous avez fait des duos qui sont parfois un peu originaux. Paul Anka, par exemple. Mais donc, Patrick Dufy, la star de Dallas. Vous dites que ça a créé des remous, ce duo. Nous avons été tournés chez les Carpentiers, le show des Carpentiers. Il a fallu fermer. C'était la révolution. Tout le monde voulait descendre. On ne pouvait plus tourner. On a dit non. On a obligé de fermer. Ça a été extraordinaire. Bobby de Dallas, ça a été devenu un engouement extraordinaire. Ben oui. Ben moi, j'étais jalouse quand même. Je l'ai revu il y a trois ans en Allemagne. Toujours aussi professionnel. J'ai cru que vous irais dire toujours aussi beau. Non, un peu moins. Beau aussi. Non, beau toujours.
Une certaine beauté. Non, adorable. Une certaine beauté. Très bien. Ça, je vous reconnais bien là. Pierre, vous êtes en train d'écrire vos mémoires. Rassurez-moi. On va voir la lumière blanche mourir de vieillesse en les lisant. Ça ne ressemble pas à un livre d'or d'EHPAD ?
Non, enfin, j'espère que non. Ce n'est pas fait pour ça, en tout cas. Non, non. Ce n'est pas... Comment on peut appeler ça ? C'est une espèce de mémoire, mais une espèce. Ce n'est pas... Ah, j'ai fait ça à ce moment-là. J'ai été comme si... Non, c'est des choses que j'ai traversées dans la vie, ou dans la mienne en particulier. Et puis, c'est peut-être ma manière de regarder ce qu'il y a autour de moi, ce qu'il y a à l'intérieur de moi, ce qu'il y a à l'intérieur d'autres gens qui ont compté pour moi. J'espère que ce sera suffisamment intimiste, intime, qui sont des choses que je peux éventuellement...
En tout cas, moi, j'ai eu besoin de les écrire, et que je peux éventuellement partager avec d'autres gens qui m'aiment bien ou pas, d'ailleurs, peut-être. Je n'en sais rien. Ce n'est pas vraiment un livre. Je ne sais pas comment le définir, d'ailleurs, à vrai dire. C'est en vrac. Ce sont des choses qui viennent en vrac. Je ne sais pas comment on peut... En vrac, ça peut être un bon titre ? Non, ce n'est pas possible. C'est ce que je voulais. Je voulais ça comme titre, mais c'est déjà pris. J'ai piqué la moitié du titre de la pièce, ce souvenir de presque tout. Je ne sais pas s'appeler. Mais je l'ai demandé à l'auteur. Voilà. Je lui ai piqué la moitié de son titre.
On vous parle tout le temps de cette coiffure qui est quand même impeccable, qui ne bouge pas. Mais on ne vous parle pas assez de vos chaussures. Faites sur mesure, Mireille. Oui, parce que j'ai des petits pieds. Mais des tout petits pieds. Là, j'ai un peu grandi, mais... Au début, c'est du 33. Je sais, je sais, c'est du 33. Oui, c'est drôle. Oui, 33. Comment ça, vous avez grandi ? Un tout petit peu, parce que, bon, on prend de l'âge, mais vraiment, 34, 35, oui. Ah oui, dis donc. Moi, j'ai des skinautiques. C'est ce qu'on se dit souvent, d'ailleurs. J'ai des skinautiques. Vous allez fêter vos 80 ans, Mireille. Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter ? Pour moi, je me dis... En prochain, oui.
De continuer. J'ai la chance de vivre de ma passion. Et je pense que pour vous aussi, vous... A notre manière, c'est de vivre sa passion. Moi, je remercie le bon Dieu de pouvoir faire le métier que j'aime, qui me permet de côtoyer des cultures différentes, des personnes différentes. Et la chanson me donne cette possibilité de côtoyer cette culture différente. Et ça, c'est formidable de chanter... Que la paix soit sur l'an qui vienne, donnez-nous... Et bien d'autres chansons, bien sûr. C'est votre message politique ce soir, Mireille. C'est pas politique, ça vient du cœur, ça.