Théâtre : "Le théâtre et son double" et "À l'abordage"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] le vendredi en cette rentrée la grande table appartient aux critiques tout ceux qui ne confondent eu toutes opinions possible toute conviction autorisée je serai chaque semaine en compagnie de commentateurs passionnés au fil de deux parties au programme deux disciplines différentes de part et d'autre du journal de la rédaction nous disputerons les grands objets qui font l'actualité culturelle de la semaine que ce soit des livres des disques des bandes dessinées des films des séries des expositions bref tout ce qu'on peut passer au crible de l'analyse subjective est néanmoins informé [Musique] beau la critique lucide cobo aujourd'hui sous les feux de la critique des hormones des ondes et jeunes filles déguisées un gynécologue des bâches des carrelages à losange et même une robe de chambre rouge à 13h nous discuterons de deux livres de cette rentrée sexy summer de mathilde à l'est et l'homme en rouge de julian barnes mais pour l'heure je suis en compagnie de marie sorbier rédactrice en chef de yoga êtes et productrice à france culture depuis peu d'affaires en cours tous les jours à 19h20 et puis philippe chevrier chef du service culture au journal les échos nous parlons de théâtre avec tout à l'heure le théâtre et son double mise en scène gwenaël morin mais tout de suite un spectacle qui se joue en ce moment au théâtre de la tempête à vincennes avant de partir en tournée son titre à l'abordage la mise en scène et de clément poiret alors le texte c'est une adaptation du triomphe de l'amour de marivaux une pièce en forme de conte philosophique qui se passe dans une petite enclave grec mené d'une main de maître par un philosophe convaincus que l'amour est la pire chose qui puisse arriver à l'humanité et qui cherchent à en protéger absolument est strictement ses ouailles mais un jour une princesse débarque déguisée en homme qui va semer la pagaille sas et marivaux c'est la base l'écrivaine emmanuel bayam aktham s'est emparé de cette pièce et l'a adapté alors reste la communauté fermée cette fois ci on est davantage dans une zad ou une congrégation hippie l'héroïne est une jeune fille bien d'aujourd'hui la langue est vive et relevé on écoute tout de suite un extrait la présence de vous arriver complexé regarde le vient supportable mendicité comment tu peux je veux te planter là rien n'était la picole moi je suis excité mais qu'elle ne garde qu'une attardée mentale sous prétexte que c'est un pan de faire avec ce beau garçon lui le seul moyen de se débarrasser d'une tentation c'est d'y céder essayé de résister et votre âme aspire maladivement au jour qu'a fait de concret je sais pas quel savez j'ai décidé de proscrire de mon existence tout ce qui ressemble à un aspirateur maladie gym que la bonne santé mais désire triomphant la jouissance ton travail ou pure web de l'amour laisse moi t'aimer tout le cela toute une année phare à toi le plus long le plus beau voyage veux tu fais c'est alors quand on entre sur la scène on est assez de toutes parts autour d'un plateau carricart les deux losanges multicolores autour une structure métallique qui permet parfois de faire glisser des voiles et j'ai peu de mobilier quelques bombes rudimentaires parfois un micro de karaoké 12 ce sublime morceau de mike brant convient d'entendre philippe chevrier une première impression sur ce spectacle l'abordage ça ce spectacle qui m'a galvanisé d'abord par son parti oser et par sa dynamique alors partie osé parce qu'en fait c'est pas simplement l'adaptation de marivaux cirque on voit beaucoup de mises en scène de classiques ou encore un petit peu le texte là c'est une vraie récriture une réécriture alone d'aujourd'hui donc avec tout ce que ça comporte de difficultés parce que bon l'histoire de deux de ces deux jeunes filles travesti on veut bien que dans à l'époque de marivaux elles puissent elles puissent faire illusion lors le monde d'aujourd'hui c'est plus compliqué même en arrivant dans une communauté baba cool un petit peu focaliser sur ces sur ses idées d'abstinence et c'est donc j'ai trouvé que l'agriculture était vraiment intéressante avec en plus une volonté de coller vraiment à l'intrigué de la pièce et donc on la retrouve mais avec des mots d'aujourd'hui ce qui rajoute un petit peu à mon avis deux longueurs dans le texte mais je trouve quand même que c'est que c'est assez assez pertinent la façon dont c'est fait et puis ce qui est fascinant c'est que l'auteur arrive pas à passer son son discours sur le désir le polyamour sur les genres on a plein de choses qui sont qui sont dites avec en plus ce petit côté amusant qu'aujourd'hui les passifs courants de dénoncer un petit peu le les excès disons de les deux dans l'écologie etc elle envoie quand même quelques scuds aux écologistes dans un spectacle qui n'est pas pour autant réactionnaire donc c'est intéressant et puis après on en parlera mais il moi j'aime ce metteur en scène clément poiret cas vraiment ce que je disais une dynamique une énergie qui sait diriger des acteurs et qui arrive à créer en plus une atmosphère assez assez belle avec peu de choses finalement eu quelques lumières quelques effets quelques gestes sont peut-être sur ce texte sur l'adaptation des manuels bay hamac tam dont on a beaucoup parlé c'était l'année dernière où il ya deux ans pour pour ce roman qui s'appelle le arcady et qui se passe aussi dans un milieu comme sa ferme et une sorte de communauté se méfie donc en effet semi réactionnaire semi progressistes avec des personnages d'adolescents qui ressemble un peu aux héros de da l'abordage marie sorbier oui justement je crois que vous avez dit le bon terme pour moi c'est un spectacle alors plaisant à l'extérieur spectateurs et elle est tout à fait plaisante c'est drôle par moments c'est jouissif à d'autres un peu gênant à d'autres mais on y reviendra peut-être mais je trouve que le qualificatif qui exprime le mieux ce spectacle pour moi c'est vraiment un spectacle adolescents alors dans tous les sens du terme c'est à dire qu'on a tous les excès de l'adolescence parfois un jeu un peu outré qui est je crois tout à fait volontaire de la part de clément port et sur la direction d'acteurs mais qui peut à des moments qui est très juste qui sonne très juste à des moments qui est peut-être un poil trop en tout cas pour moi outre et dans cette distribution c'est un spectacle qui est assez colorés on a des costumes qui peuvent même parfois faire penser à des bandes dessinées il ya un côté un peu comme ça oui un peu cartoon même dans le jeu des acteurs dans les dents les faciès dans les grimaces qu'elle peut avoir dans les chansons on en a parlé il ya ce côté sirupeux un peu de sirop de ce que peut révéler l'adolescence des sentiments amoureux le côté excessif dans un sens ou dans un autre donc le système aussi ce que j'ai beaucoup aimée par contre c'est le dispositif quadri frontale on l'a peut-être pas me dire enfin quadri frontale c'est à dire que c'est tout simple on est vraiment tout autour de la salle des carrés autour du thème haring voilà comment est une arène on pourrait dire et il ya donc quatre grades a enfin des bancs sur les deux côtés et puis des gradins sur les deux autres et donc le spectateur se retrouve vraiment en position d'observateur on est en hauteur comme ça par rapport à cette cette scène vous l'avez dit avec un dallage comme ça en arlequin on va dire qu'il y avait quand même des personnages étonnants peut-être qu'on y reviendra de cette réécriture et j'ai eu l'impression moi d'être un peu une entomologiste en train de regarder cette dissection du sentiment amoureux alors en effet ça colle vraiment au marivaux qu'on connaît et en même temps c'est tout à fait réécrit et je trouve que cette dichotomie là est assez réussie aussi sûr l'adaptation en effet très proche et en même temps assez éloignée pousse pas facile en plus d'adapter marivaux évidemment tout le caractère historique on se le prend beaucoup quand on voit un marivaux classique c'est très xviiie il ya une langue qui est très spécifique et des des fonctionnements disons une grammaire dramaturgique qui est très spécifique là elle elle suit la trame c'est à dire que je crois même qu'il ya des moments où les répliques sont à peu près les mêmes que les répliques marival diane mais elle adapte moi je dirais pas qu'elles ont fait quelque chose de contemporain parce qu'évidemment les enjeux sont peut-être plus contemporains mais par exemple trouble dans le genre il est déjà dans la pièce de marivaux puisque l'héroïne qui arrivent pour séduire un jeune homme qui est tombée amoureuse du prince elle est déjà déguisé en homme philippe chevrier oui mais c'est ça qui est finalement réussi un peu et un peu étrange c'est que on retrouve dans la fidélité il y avait évidemment beaucoup de choses déjà dans le triomphe de l'amour et on retrouve donc cette l'élément philosophique à peu la pièce une rhétorique très forte et ça on le retrouve dans la création contemporaine et en même temps il ya ce côté il ya ces mots d'aujourd'hui la sexualité beaucoup plus évidemment mises en avant il ya aussi cette ce qui est très fort enfin je trouve c'est que la cruauté de marivaux parce que dans les pièces de marivaux à la fin dans leur jeu de l'amour ils finissent mais épuisés alors il ya happy end à la fin vaguement mais on se dit vraiment toute façon ils ont ils sont tellement épuisé on sait même pas s'ils vont pouvoir le vivre cet amour là bon elle a trouvé un apn à c'est assez amusant sur le thème justement du polyamour du du mariage pour tous mais on retrouve cette cruauté du et alors et il a guetté du spectacle c'est toujours très ambivalents ici et c'est ce qui fait aussi le charme enfin la grandeur des comédie de marivaux c'est qu'on retrouve la joie et la souffrance de l'amour en même temps c'est donc c'est très dur ce que vous dites est juste c'est très difficile de de retirer de 2,2 de la nouvelle pièce ce qui appartient à l'ancien parce que c'est quand même il ya quand même une osmose avec le texte de marivaux quelque part de la gêne vous disiez vous marie sorbier parfois oui la longueur alors je alors un peu de longueur savent je crois que vous l'avez dit philippe et je suis assez d'accord ça mériterait d'être resserrées par moments mais c'est pas tellement ça le le plus embêtant oui certaine gêne sur certaines positions des acteurs c'est à dire que j'ai trouvée par exemple dans la distribution les rôles masculins beaucoup plus finement dirigé que les rôles féminins que j'ai trouvée par moments un peu caricaturaux et donc presque gênant notamment au début la pièce je trouve que l'épaisseur des personnages secrets au fur et à mesure et les deux filles donc les deux amis qui débarque dans cette communauté en plein coeur de la forêt l'épaisseur vient au fur et à mesure de la pièce mais au tout début j'ai trouvé leur jeu caricatural un peu un peu finalement violent et qui ne desservait finalement le propos qui était assez clair on n'avait pas besoin de ce sur jeu de l'homme avec la moustache avec alors que le le texte finalement se suffit je trouve à ces moments là le les hommes je les ai trouvé particulièrement réussis notamment ce gourou ce chef de la communauté une botte qui me botte qui est pour moi il y avait vraiment un côté chorégraphié dans toute sa partition je les trouvais extrêmement juste très décalé par rapport à tout le reste de la distribution ce qui est souvent une gageur dans les pièces est très compliqué d'avoir un rôle comme ça et une diction et une tonalité décalée mais chez lui ça marche est absolument parfaitement de bout en bout rond le présente comme une brute alors qu'il a cette espèce de diction à ces dandys il a un physique étonnant on pense à plein d'autres acteurs moi j'ai vu du vincent macaigne ou grégory gadebois par moments faye avait tout ça de mélanger et presque un corps de ballet à la fin tout seul où il se déplace en dansant et cet homme d'efforts et c'est cet homme qui refuse tout ce qui est désir amour et engagement se retrouve comme sa portée par par ces nouveaux sentiments on va dire son nom à ce comédien bruno blairet philippe chevrier voilà moi j'ai pas tout à fait d'accord parce que moi je trouve que justement le mât la distribution elle m'a elle m'a plu dans vraiment dans son ensemble parce que je trouve que les deux filles soient naturels quelque chose alors évidemment elle joue et elle surjoue parce qu'elles sont en plus dans leur dans leur conquête à peut déchaîner moi c'est louise grinberg qui fait donc les léonides fin sacha s'acheva sur une pièce et et c'est elsa qui sait car limogé le truc ce talent ça fonctionnait très bien jigar si chanel fonteray jacent très jeune et il ya les bons les anciens de la troupe qui sont bruno blairet et sandy boisard qui joue donc le frère et la soeur le philosophe qui dans un premier temps ce côté un peu en retenue et puis à la façon parce que des personnages grotesques qui deviennent des clowns en fait et ça fait basculer la pièce d'ailleurs dans autre chose et ça c'est intéressant les garçons alors ils sont très bien les jeunes aussi moi j'ai beaucoup pmr le cas puisque harlequins n'a pas changé son nom il représente à la fois personnages comme sacha marrer un peu avec ses tenues et et c'est le personnage qui se dit très vite bisexuels puis puis travesti puis peut-être transsexuels à la fin qui justement symbolise de façon à plus joyeuse et pas du tout militante mais d'une façon vraiment je trouve c'est bien trouvé la façon dont elle le fait exister et dont il le fait exister enfin parce qu'il ya à la fois là le texte et puis la mise en scène cet arlequin a vraiment vraiment un personnage important dans la pièce et que je trouve assez fantastique on y reviendra surtout peut-être avec le second paix de spectacle dont on va parler dans quelques instants qu'est ce que ça vous a fait vous qui retourner au théâtre comme moi de voir en plus dans ce dispositif frontale on voit les autres spectateurs de voir les gens masqués marie sorbier alors ça change comme sensation dans un public ça change parce que quand même le théâtre c'est à la différence près du cinéma ou des captations qu'on a eu l'occasion de voir justement pendant le confinement c'est vivre ensemble des émotions théâtre c'est le lieu d'où l'on voit c'est cette communauté de spectateurs donc le la la communauté réunie mais la communauté et masqués donc c'est un peu des deux mille spectateurs en tout cas c'est l'impression du départ je trouve qu'elle s'efface assez rapidement puisque là en tout cas dans ce spectacle ce sont les rires qui domine la communauté en présence les réactions du public était assez joyeuse et exprimer et de retrouver juste le rire d'un voisin même s'il est à quelques places d'écart ça c'était quand même assez jouissif et c'était un bonheur de retrouver cette communauté pensante et vivante au même endroit au même moment d'autant que le texte raisonne en fait avec l'expérience qu'on vient de vivre puisqu'il s'agit d'eux des confiner les coeurs philippe lavil oui et puis en plus bon basiquement je trouve qu'à une sensation de confort de sécurité dans les théâtres on n'a pas forcément dans les transports ni dans les bars mais je veux pas lancer une polémique mais mais c'est vrai que c'est tout d'un coup on est on se retrouve un peu en dehors du temps on se dit c'est amusant puisque finalement il ya le la métaphore du masque chez le ch et l'acteur dont classer les spectateurs qui est masqué et c'est vrai qu'on en arrive à oublier en plus on parle pas tous à spectacle normalement et quand on est spectateur et du coup on oublie assez vite le masque et on se sent tout d'un coup enfin ça fait du bien de retrouver ce le théâtre dans ces conditions marisol oui juste dire aussi à un mot c'est un spectacle qui réunit toutes les générations et c'est quand même aussi agréable d'être dans une salle avec des âges aussi différents et des collégiens des lycéens jusqu'à au public traditionnel de théâtre et de vivre tout ça ensemble c'était quand même assez chouette à l'abordage des manuels bat yam aktham d'après marivaux dans une mise en scène de clément poires et c'est jusqu'au 18 octobre au théâtre de la tempête à vincennes avant de partir en tournée guetter les dates qui si tout va bien seront nombreuses france culture la critique lucile commode et on poursuit la critique avec un autre spectacle très différent celui que gwenaël morin propose d'après le texte mythique d'antonin artaud le théâtre et son double alors rappelons qui est art aux figures de penser et poète maudit malades chroniques et régulièrement fermée pour troubles mentaux il a laissé à sa mort à la fin des années 40 une oeuvre visionnaire étrangers souvent obscures le théâtre et son double c'est un ensemble de textes rassemblés en 1938 assez hétéroclite des fulgurances poétiques des lettres et un essai désormais passer dans le patrimoine le théâtre et la cruauté jean bros rapidement les principaux très théorique dans le monde dans lequel nous vivons le théâtre doit retrouver une valeur mystique et archaïque et pour ce faire abolir la notion d'auteur dans le privilège absolu de la mise en scène la représentation doit être violentes et je cite nous réveiller nerfs et coeur [Musique] je ne crois plus je ne peux plus [Musique] [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] [Musique] alors on entre dans le théâtre des amandiers parle dehors directement sur le plateau de la grande salle rendue totalement méconnaissable puisqu'entièrement bâches et deux blancs le décor est signée philippe quesne encore directeur de la maison pour quelques semaines ça ressemble à la fois un conte futuriste à une vaste nef ou un sas géant on est invité à s'asseoir par terre et on s'installe en demi cercle puis très vite le metteur en scène gwenaël morin entre lui-même en scène il installe une reproduction à taille humaine du livre de poche le théâtre et son double huit acteurs entrent à leur tour et livre une série de saynètes déclamation d'extraits du livre comme on l'entendait l'instant des sketches semi comique des parodies de metz une simulation d'agonie collective entre autres le spectacle dure 1h30 presque toujours dans une même lumière blanche et cru marie sorbier une première impression sur ce spectacle de gwenaël morin alors c'est un spectacle qui je crois va me rester en tête longtemps enfin moi ça m'a beaucoup marquée d'abord par la scénographie on est obligé d'y revenir c'est une scénographie absolument majestueuse dans tous les sens du terme on le sait philippe quesne et un grand scénographe et il a ce sens esthétique qui est en plus doublé d'un sens je trouve très fin du texte parce que donc c'est en effet nous nous retrouvons dans une matrice on est dans un immense un immense espace on a une hauteur sous plafond complètement d'un gala en plus on est assis par terre donc ça ajoute encore cet auteur c'est à la fois en effet une nef une cathédrale un ventre on a un peu l'impression quand même d'être aussi dans un dans un giron dans une voie là il ya quelque chose de très intrigué terrain à la place du coeur on pourrait même imaginer avec ses plis de la bâche de d'imaginer une vulve 1 dans laquelle nous pourrions à un moment donné naître alors tout ça est totalement fascinant on s'assoit on regarde y'a quand même un moment où on est happé par ce blanc le blanc est éclatant il est éclairée par des néons une étoile en ayant comme ça qui est le seul finalement éléments de décor en plus de cette bâche blanche donc c'est très impressionnant et là où c'est je trouve assez juste et fort de la part de philippe quesne et de gwenaël morin c'est que ça répond précisément pour moi à ce que dit le théâtre d'art tôt c'est à dire que c'est un théâtre où on doit ce que souhaitait arthaud enlever toute psychologie du texte donc le texte doit être uniquement matière le texte doit être corps et là on est dans un corps on est à l'intérieur de la baleine du ventre de la matrice et donc les mots qu'on entend raisonne par leur matière et non plus par leur sens philippe chevrier oui donc on a droit ce rituel ce joli rituel débridée chaotique qui est en l'honneur du dieu du feu qui entendait artaud et ce qui est très réussie effectivement d'abord c'est bon on parle beaucoup des dispositifs mais c'est important parce que benoît morin nous habitue plutôt à faire des des spectacles n'y a pas de décor donc là il en a un et ça s'intègre totalement ça paraît naturel il s'intègre dans cette matrice dans cette grotte de glace on peut voir 10010 maldini l'image pardon quand on quand on entre dans cette salle j'ai bien aimé aussi la façon dont très simplement finalement le public il ya pas ce côté un peu on va vous faire du marteau on entre vraiment très naturellement dans cette salle on s'essuie même les pieds sur un petit pédiluve pédiluve ça comme ça pédiluve de gel hydroalcoolique parce que évidemment là là bas je recouvre aussi le sol donc voilà c'est très c'est très clean bien distancé en rond et on va être traversés par les acteurs traversée par les mots tout à fait naturellement pendant pendant 1h30 l'alternance de saynètes et est assez réussi à vraiment un bon dosage puisqu'on a ses moments de déclamation et au début c'est vrai que pour pour le public se retrouver face à cet extrait obscures avec des borborygmes on se noue là là je vais rien comprendre et puis finalement ça n'a plus d'importance puisque évidemment le propos de gwenaël morin c'est de cesser d'aller vers ce simplement vers ce théâtre de la cruauté de faire en sorte que ce soit le spectacle dans son ensemble que les mots nous traversent qu'il y ait des mots plus forts que les autres on entend ce refus de dieu e on entend les questions sur l'existence sur la mort le rejet du sur le sexe etc on entend ces mots très forts mais c'est un spectacle auquel ont assisté qui vous rendent de façon bizarre dans la tête et on et qui nous met finalement ailleurs dans une forme de transe de légères transe vous disiez on entre naturellement moi je trouvais que c'était un spectacle qui est assez difficile à vivre quand même parce que c'est vrai que ça commence par un très très long monologue qu'on entend plus ou moins j'imagine selon là où on est placé dans la salle puisque ça résonne ils sont pas sonorisés les acteurs il faut le dire ils sont huit 8 ou sept ou huit ils sont pas sonorisés donc ça résonne très très fort comme dans une cathédrale donc comme à la messe ou comme dans une cérémonie il faut accepter en effet que ce qu'on nous donne à entendre ne soit qu'une structure et non pas de contenu moi j'ai l'impression que je ne sais pas si vous marie ça vous a fait ça aussi mais que c'est un spectacle assez difficile à vivre même s'il n'est pas très long oui et j'ai trouvé ça très pertinent l'inconfort parce que art aussi quand même on peut pas dire que ce soit un auteur confortable je crois qu'on veut pas lui reprocher ça et il est il est dans un inconfort permanent avec les mots avec lui même et je trouve que nous mettre dans une position d'un confort on est assis par terre c'est 1h30 assis par terre c'est quand même pas si simple aviv alors on bouge tout le monde essaie de trouver une position un monde les acteurs nous font nous lever puis on se rassoit puis on se relève donc il ya cet accord fonds permanent de notre propre corps à nous qui est je trouve en résonance assez juste avec ce qui est en train d'être dit et ça fait écho à halle je trouve ce qui est essentiel dans ce spectacle c'est le fait que ce soit un spectacle pour moi très premier degré alors je dis ça avec tout le côté positif qu'on peut mettre dans ce mot c'est à dire que c'est un théâtre frontale en effet il ya deux ou trois monologues principaux disons parmi les différentes saynètes et les acteurs sont là et livre frontalement ces mots que nous comprenons pas pour la plupart il ya quelques phrases je pense qu'on a tous retenu une ou deux phrases qui tilt très fort mais c'est tout le reste ce sont des mots qui tape qui résonne et dans la scénographie gwenaël morin à une scénographie très premier degré alors arthaud arrive à un moment donné avec un marteau géant et tape les rebords de cette cathédrale ou de cette nef et donc ça résonne comme les mots qui tapait qui résonne livre vous l'avait dit et là en taille humaine et le livre va permettre de contenir l'auteur un l'auteur lui est fou alors on va le mettre dans les sous sols on va le mettre dans les catacombes et pour l'empêcher de sortir de cette de ce trou dans lequel on l'a on l'a versé c'est le livre qui va donc bloqué l'entrée de l'auteur donc tout est assez les symboles qu'on peut lire avec différentes strates sont quand même finalement assez premier degré et j'ai trouvé ça très juste encore une fois avec la pensée d'artaud philippe chevrier alors moi j'ai insisté sur le fait plutôt quand je parlais d'entrée c'était vraiment le vraiment le plus tôt le plus l'entrée dans la salle et le fait donc on était prêt à recevoir quelque chose soit de fort soit pas forme afin qu'on n'avait pas ce côté sale and hell ou ou ou brouillon dit que c'était assez naturel l'entrée dans cette matrice alors après que le spectacle soit nous bouscule c'est certain mais d'une certaine façon je trouve que peut-être parce que il ya cette date on en trouve souvent chez gwenaël morin ce recours à l'humour notamment avec le personnage de d'antonin artaud un des comédiens à montrevel à perruque et devient artaud et ce mr déclamer entre sarah bernhardt qu aurait pris des stupéfiants face et c'est assez génial et ça fait rire à ce moment là je trouve que finalement il y a beaucoup d'inédits dans ce spectacle de choses qui bouscule avec ses personnages qui passe derrière la bâche qui font des bruits qui font ces ombres géante à un moment donné dans le noir il ya beaucoup de d'image qui donc ils peuvent se rapprocher de ce qu'on peut estime être le théâtre de la cruauté il ya ces mots qui sont très forts mais finalement c'est pas moi je ne sais pas spectacle qui m'a complètement je parlais de légères trans il suppose qu'il ya à côté finalement assez aimable dans la façon de nous de nous faire connaître sur scène antonin artaud je trouve que le spectacle et n'est pas si dur que cela mari sort bien un dernier mot oui un dernier mot sur la présence du metteur en scène vous l'avez dit lucile greenhalgh morin est là et en fait il est là dans son propre rôle terre dans le rôle du metteur en scène il coupe les scènes il vient couper les acteurs il ya un principe de répétition à moment donné on va pas tout dire mais c'est lui qui va démarrer la répétition l'arrêter il et il est très présent et je trouve ça encore une fois très premier degré est très intéressant de voir le metteur en scène dans son propre rôle il maugrée un moment donné que ça fait trois mois qu'il n'a pas pu jouer donc encore une fois aller au théâtre le théâtre et son double d'après arthaud c'est au théâtre des amandiers à nanterre jusqu'au 3 octobre prochain est à noter que gwenaël morin sera l'invité de marie richeux dans par les temps qui courent ça ce sera mardi prochain à 13 heures ce sera la suite de la critique on parlera de littérature avec les livres de mathilde à l'est et de julian barnes
Nathalie Arthaud