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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 28 novembre 2025 22 min

Service national volontaire et marché commun de la défense… Le 8.30 franceinfo du général Christophe Gomart et de Jean-Michel Jacques

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0:01
Présentateur

France Info Bonjour Général Christophe Gomard Bonjour Merci d'être avec nous, vous êtes Général Ancien Directeur du Renseignement Militaire Vous êtes aussi député Européen Les Républicains Depuis 2024 et bonjour Jean-Michel Jacques Et merci également d'être avec nous Ce matin député ensemble pour la République du Morbihan Président de la Commission de la Défense à l'Assemblée Nationale Et vous avez été pendant plus de 20 ans Infirmier des Forces Spéciales De l'Armée Française On a beaucoup de sujets à voir avec vous Ce matin on va parler évidemment des négociations Pour la paix en Ukraine, de défense Européenne, mais avant cela Evidemment l'annonce qui a été celle D'Emmanuel Macron hier Le retour d'une forme De service militaire, un service national Volontaire Qui serait donc Jusqu'à 25 ans, 10 mois Pour 3000 volontaires D'ici l'été prochain, 50 000 En 2035 Dispositif justifié ainsi Par le Président de la République

0:59
Invité

Dans ce monde incertain Où la force prime sur le droit Et la guerre se conjugue au présent Notre nation n'a le droit ni à la peur Ni à la panique Ni à l'impréparation Ni à la division La peur au demeurant N'évite jamais le danger La seule façon de l'éviter C'est de s'y préparer

1:31
Présentateur

Alors Jean-Michel Jacques Vous étiez hier toute la journée Avec le Président de la République On a besoin d'essayer d'y voir un petit peu plus clair ce matin On parle de guerre qui est aux portes de l'Europe On parle de menaces En quoi 3000 jeunes Vont vraiment changer la donne

1:47
Christophe Gomart

Alors d'abord on peut décorréler Le fait de faire ce service national De la guerre Spécifiquement d'Ukraine Parce que ça a été une volonté Qui vient de très loin 2017 Le service national universitaire Il y avait déjà une volonté politique De faire en sorte Que notre jeunesse Nos jeunes Puissent s'ils le souhaitent Participer à l'engagement A la défense de notre pays Et donc il y a eu un premier On va dire un premier essai Avec le SNU Qui finalement s'est avéré Difficile à mettre en oeuvre Un échec Un échec Il y a eu une réussite quand même Parce que vous savez Dans le Morbihan Ça a été un département Où on a expérimenté le SNU Et quand on discute avec les jeunes Qui ont participé Je ne pense pas De son organisation Leur ressenti était très bon Et ils ont aimé Ce qu'ils ont fait Par contre là où ça a été difficile C'était une mesure interministérielle Où plusieurs acteurs étaient là Et ça a rendu les choses Très difficiles

2:43
Présentateur

Christophe Gomart Sur ce sujet 3000 jeunes Là encore Ça change la donne Ou c'est pas le sujet ?

2:49
Jean-Michel Jacques

Non Ça ne change pas la donne Ça n'est pas le sujet Je pense aujourd'hui Mais dans le cadre D'un réarmement moral Des forces morales d'un pays Ça me semble En effet une bonne chose Bon 3000 c'est peu Regarde une classe d'âge C'est environ 800 000 jeunes 400 000 garçons 400 000 filles Donc c'est très très peu C'est 0,03% Je crois quelque chose comme ça Donc c'est très peu Alors je pense qu'il faudrait aller vers Au moins 10% de la population En mesure de faire un service militaire volontaire Comme c'est le cas par exemple En Norvège Ou comme c'est le cas Dans un certain nombre de pays scandinaves Parce que s'il faut Il faut augmenter le volume Des forces Des troupes En réalité Si jamais demain Notre pays se retrouvait en guerre

3:28
Présentateur

10% vous partagez ?

3:29
Christophe Gomart

Donc l'idée c'est d'augmenter Comme vous le disiez tout à l'heure C'est d'arriver à 50 000 D'ici 2035 Mais il ne faut pas Aller trop vite C'est-à-dire que La première année On est parti sur un chiffre de 3000 Ce qui correspond Aux possibilités De nos unités D'accueillir des jeunes De façon convenable Parce que derrière tout ça Il y a l'hébergement Il y a l'équipement Et donc C'est une façon De rentrer en matière De vérifier que tout se passe bien Et de monter en puissance Tout doucement Mais effectivement Il faut plus de masse Et c'est ce qui va se faire Mais il faut le faire De façon mesurée De façon progressive De façon à faire quelque chose De beau

4:04
Locuteur non identifié

C'est une volonté d'augmenter la masse Justement Est-ce que ça ne trahit pas Finalement un désaveu Aussi de notre armée Aujourd'hui Ça veut dire que Concrètement En l'état actuel des choses Nos militaires ne sont pas capables Aussi bons soient-ils De tenir un conflit Ce qui durerait plusieurs semaines Plusieurs mois

4:17
Christophe Gomart

On a la première armée d'Europe La plus belle armée d'Europe Je pense en tout cas Non C'est que les menaces ont changé C'est ça qu'il faut voir Il y a eu la chute du mur du Berlin Avant la chute du mur du Berlin On avait un format d'armée Qui était totalement différent Et tout doucement Les menaces pour notre pays Ont changé Ce qui fait que L'outil militaire aussi S'est adapté aux menaces Il y a eu les dividendes de la paix C'est vrai qu'il y a eu un lâcher On a préféré mettre de l'argent Dans d'autres domaines Que dans la défense Et il faut se ressaisir Et c'est ce qu'a fait D'ailleurs le président Emmanuel Macron Dès 2017 En augmentant le budget On a commencé De façon précise en 2015 Mais de façon plus massive En 2017 Pour augmenter le budget De notre défense Qui maintenant sera doublé En l'espace de 10 ans

5:03
Locuteur non identifié

Christophe Gomart Dans le détail Emmanuel Macron A beaucoup insisté Sur un point C'est que les engagés Seront déployés Sur le territoire national Et uniquement Sur le territoire national C'était important Cette précision

5:14
Jean-Michel Jacques

Moi ça me désole C'est à dire que Je pense pas Quand on est soldat On est soldat à part entière Vous savez que la fin Du service national Ce qui a précipité La fin du service national A l'époque en 1994 C'est que les soldats appelés N'ont pas participé A la première guerre du Golfe En 1992

5:30
Locuteur non identifié

Donc il faudrait prendre Les jeunes de 18 à 19 ans Et les envoyer Sur les terrains

5:33
Jean-Michel Jacques

Non c'est à dire qu'on les forme Bien évidemment Mais quelle est la différence Entre un service Un engagé volontaire Qui s'engage pour 5 ans Mais qui au bout de 3 mois Ou 4 mois Ou 6 mois Sera formé A l'instar d'un service D'un soldat Qui fait son service militaire volontaire De mon point de vue Il y a un seul type de soldat Il n'y a pas un soldat De première catégorie Un soldat de deuxième catégorie Un soldat reste un soldat Dès lors qu'il a été formé Et si on souhaite Qu'effectivement Ce sont des gens Qui soient aguerris Pour ensuite venir dans la réserve Et devenir Oui Remplir la réserve Faire augmenter la réserve opérationnelle Telle qu'elle existe aujourd'hui Je pense qu'il est nécessaire Que ces soldats fassent Et le même job Que tous les soldats Mais vous comprenez

6:07
Locuteur non identifié

Pourquoi le président a dit ça L'idée c'était aussi De rassurer Après la déclaration Du général Mendon Ces derniers jours Qui disait Il fallait accepter De perdre nos enfants Ça a provoqué Beaucoup de peur Beaucoup d'angoisse Vous ne vous dites pas Que c'est une manière D'y répondre ?

6:20
Jean-Michel Jacques

Alors oui Mais ça me désole D'avoir des soldats De première classe Et des soldats De deuxième classe C'est à dire que Pour moi un soldat Reste un soldat À partir du moment Il est entraîné À partir du moment Où il est formé pour ça Alors d'abord Il n'est pas question Qu'on fasse la guerre aujourd'hui Il est question D'avoir suffisamment de masse Je rappelle que Face aux menaces En 1913 Le général de Castelnau Avait demandé Il était le chef De majeur des armées De l'époque Il avait passé Le service militaire De deux ans À trois ans Justement parce que Si jamais il y a une guerre On a besoin de masse Et de volume militaire Et on voit bien Dans la guerre russo-ukrainienne Qu'on a besoin d'hommes Sur le terrain

6:53
Présentateur

Jean-Michel Jacques Vous partagez Ce que dit le général Christophe Gomart Le fait qu'en fait Il faudrait que ce soit Des personnes Des jeunes Qui puissent intervenir partout On ne va pas rassurer Ceux qui nous écoutent

7:02
Christophe Gomart

Et ceux qui nous regardent Alors en fait Le jeune qui souhaitera Aller plus loin Pourra toujours s'engager Et d'ailleurs C'est une sorte

7:09
Présentateur

D'initiation à l'armée En fait

7:11
Christophe Gomart

C'est un espèce de sas En quelque sorte Aussi Pour celui qui est volontaire Qui peut se Déjà Par émancipation personnelle Parce que c'est une belle aventure Et les jeunes qui nous écoutent Je les invite à faire ça Ce que j'ai fait Quand j'étais jeune Et certainement le général Gomart aussi C'est merveilleux On apprend beaucoup de choses Quand on rentre Dans cette institution Et donc Après ces dix mois De service national S'ils souhaitent Ils pourront rejoindre La réserve Qui est une forme aussi D'engagement Ou pourront s'engager Et partir sur Toutes sortes de théâtres D'opérations Donc c'est une mesure Qui permet de rentrer Délicatement Dans l'institution militaire Et on y restait Ou pas

7:49
Locuteur non identifié

Jean-Michel Jacques Autre motif potentiel D'inquiétude Le Président A aussi dit Qu'en cas de crise majeure Le Parlement Pourra autoriser De faire appel Au-delà Des seuls volontaires Ce qui rendrait Le service national Obligatoire C'est quoi Une crise majeure Concrètement ?

8:04
Christophe Gomart

Une crise majeure Ce serait Qu'on ait des ennemis Sur notre sol Par exemple

8:08
Locuteur non identifié

Sur notre sol seulement Par exemple Demain la Pologne Est attaquée C'est une crise majeure

8:12
Christophe Gomart

Je pense que Alors c'est très intéressant Votre question Si la Pologne Était attaquée Nous avons une alliance Qui est très forte Qui s'appelle l'OTAN Nous avons aussi L'Europe Qui constitue aussi Une force Et nous travaillerons En alliance C'est à dire Il ne faut pas voir La France seule La France a un égile militaire Ça peut vouloir dire

8:32
Locuteur non identifié

Qu'en cas d'attaque D'un pays De l'Union Européenne C'est un cas exceptionnel C'est une crise majeure Et donc Le service national Deviendrait obligatoire Mais je pense

8:40
Christophe Gomart

Vous savez en Ukraine En ce moment même Tout le monde n'est pas mobilisé On a du mal A s'en rendre compte Mais tout le monde N'est pas mobilisé Donc avant Qu'on arrive A mobiliser Nos jeunes Du service national Je pense qu'il y aura Beaucoup de marge Parce qu'on sera En coalition En coalition internationale Avec l'OTAN Ou européenne Tout ça reste à prouver

9:02
Présentateur

D'ailleurs A ce propos Enfin on ne va pas Refaire tout le sujet Sur l'OTAN Mais tout ça reste à prouver Qu'en cas d'invasion D'un pays à l'est de l'Europe Il y aurait une réaction De l'OTAN Chapeautée par les Etats-Unis De Donald Trump Christophe Gomart

9:14
Jean-Michel Jacques

Allez-y Oui ça reste On se dédierait Si jamais on n'y allait pas Parce qu'on a signé Quand même A la fois dans l'OTAN Et l'UE C'est l'article 4.7 Du traité De l'Union Européenne Qui est encore plus Restrictif Que celui de l'OTAN Et de mon point de vue Si un pays balte Était attaqué Évidemment que la France A la demande de ce pays balte S'engagerait Militairement parlant Donc on est dans une forme

9:38
Présentateur

Quand Emmanuel Macron Parle de crise majeure On est donc dans une forme D'extension Non pas du territoire national Mais de là où sont

9:45
Jean-Michel Jacques

Nos intérêts en fait Absolument Je pense qu'il faut Prendre bien conscience De la réalité du monde Tel qu'il est aujourd'hui On a vécu pendant 80 ans On a eu la chance De vivre en paix Aujourd'hui le monde Est plus dangereux qu'hier Et qu'il est nécessaire Pour ça de renforcer Se renforcer militairement Mais également moralement Pour être en mesure D'affronter demain Une crise majeure Comme une délustinée Ou une guerre Ce qui serait terrible évidemment Les intérêts

10:05
Locuteur non identifié

On a eu justement 80 ans de paix C'était 80 ans De naïveté européenne On voit beaucoup de pays Des voisins Qui réinstaurent Renforcent Le service militaire Est-ce qu'on a été Trop naïfs collectivement Je pense qu'il y a

10:19
Jean-Michel Jacques

Une part de naïveté Certainement Parce que partout dans le monde Il y a des guerres J'étais en Afrique Encore récemment Il y a 57 conflits armés En Afrique Et quand on leur parle De notre guerre en Europe Ils se disent Mais oui très bien Mais c'est une guerre de blanc Entre guillemets C'est-à-dire que ça ne nous concerne pas Nous aussi on a la guerre Sur notre sol Donc oui je pense Qu'il y a une forme de naïveté Une forme de déni De la réalité du monde Un monde dangereux On n'est pas dans un monde De bisounours Et malheureusement Il faut se réarmer Dépenser plus Pour notre propre défense Et également avoir plus d'hommes Ou des femmes sous les armes

10:48
Présentateur

Alors justement Dépenser plus Vous êtes un petit peu moins concerné Par les questions budgétaires nationales Christophe Gomart Mais en tout cas La question se pose Au niveau national Évidemment Cette rallonge Pour le budget Pour le budget de la défense Est-ce qu'il faut absolument Que là il y ait un consensus Sans quoi Jean-Michel Jacques Sans quoi ces crédits Pourraient ne pas être appliqués

11:09
Christophe Gomart

Oui absolument Il faut le consensus Le plus grand Parce que Les patries Les parties d'ailleurs Doient pas confondre Leurs intérêts Et les intérêts de la patrie Les intérêts de la patrie Demandent à ce qu'on ait Un budget conséquent Et adapté Qui puisse permettre A nos armées D'être à l'heure Des rendez-vous S'il se doit Au vu du contexte international Je vois que vous faites Oui de la tête

11:33
Présentateur

Christophe Gomart Bon je rappelle quand même Que vous êtes LR Et que votre parti Si on fait un peu de politique Cinq secondes Votre parti Il n'est pas vraiment Fan absolu On va dire Du budget de Sébastien Lecornu Avec le risque Que ça comporte Sur le sujet militaire

11:48
Jean-Michel Jacques

C'est-à-dire que Le service militaire volontaire Tel qu'il est prévu Je crois coûterait Entre 2 et 3 milliards de plus Je parle même des rallonges Aussi pour la défense En général Réellement Si on veut avoir Une armée opérationnelle Il faudrait doubler Le budget de la défense nationale Aujourd'hui Il est insuffisant Aujourd'hui On pousse une bosse De 8 milliards d'euros Devant nous Aujourd'hui On aura moins de chars A la fin de la loi De programmation militaire Qu'on en a aujourd'hui On aura moins de rafales

12:12
Présentateur

Monter au fameux 5% du PIB

12:14
Jean-Michel Jacques

Comme le demande Donald Trump Je pense Le président s'est engagé Je ne sais pas si on ira Et comment on ira Mais en tous les cas Il est certain Que si on va avoir Une armée opérationnelle Avec des réserves Et une masse suffisante En munitions En chars et en avions Et en bateaux Il est nécessaire De dépenser plus Oui

12:27
Présentateur

Le 8.30 France Info Adrien Bec Camille Vigonne Lecouat

12:33
Locuteur non identifié

Et vous êtes toujours Sur France Info Avec Christophe Gomart Et Jean-Michel Jacques On a parlé Du service militaire Et il faut parler Des dangers Maintenant Qui justifient son retour Si on cherche A se protéger C'est pas seulement Mais c'est en grande partie A cause de la menace russe Dans un contexte De guerre en Ukraine Vladimir Poutine A pris la parole Hier A ce sujet Pour tenter de Rassurer en quelque sorte Les Européens

12:56
Invité

On a un service national Un service militaire Volontaire On sait aussi Que ce sera Contrairement au service

13:03
Locuteur non identifié

Alors ça C'était évidemment Pas Vladimir Poutine Vous l'avez entendu C'était Olivier Faure Est-ce qu'on peut L'écouter peut-être En tout cas Poutine disait Qu'attaquer l'Europe C'était ridicule Que c'était en gros Un fantasme Je le paraphrase Mais des Européens Et que si nécessaire Il pouvait s'engager Sur le papier En signant un document En promettant Qu'il n'attaquerait pas Les Européens Est-ce qu'il faut encore L'écouter Christophe Gomart Vladimir Poutine Ou est-ce qu'à l'inverse Il faut penser Tout l'inverse De ce qu'il vient de prononcer

13:32
Jean-Michel Jacques

Alors bien sûr Il faut toujours écouter Son adversaire Et toujours écouter Ce qu'il dit Parce que depuis le début Poutine a dit Ce qu'il allait faire Et il l'a fait Alors est-ce qu'il n'attaque En revanche Il a dit qu'il ne le ferait pas Et de fait il l'a fait Donc il y a Un double discours chez lui A l'époque Il avait dit Qu'il n'attaquait pas l'Ukraine Il l'attaquait Il n'attaquait pas Les pays baltes Qu'est-ce qu'il en sera demain Je n'en sais rien Mais en tous les cas Préparons-nous Au cas où effectivement Il ferait l'inverse De ce qu'il a annoncé Je pense nécessaire En effet De montrer qu'on est déterminé Qu'on se renforce Et qu'on a la vraie volonté De se battre Si jamais Il attaquait un pays de l'OTAN Un pays de l'Union Européenne Ça me paraît une évidence

14:07
Présentateur

Elle est là la logique Jean-Michel Jacques De à la fois Ce renforcement Du service national Mais aussi On en a beaucoup parlé La semaine dernière De ces propos polémiques Du chef d'état-major des armées C'est dire Voilà On est prêt Ça a du sens De dire ça Vladimir Poutine Ou ça ne sert à rien

14:24
Christophe Gomart

C'est les conclusions aussi De la revue nationale stratégique Qui est sortie L'été dernier Qui a été faite En collaboration Avec plusieurs acteurs De l'État C'est la revue nationale stratégique Qui est un document De référence Et qui décrit bien Les menaces Donc au-delà Du président de la République Au-delà Du chef d'état-major des armées Il y a un signal envoyé Un signal diplomatique Mais même nos partenaires Même nos partenaires Et les services de renseignement étrangers Ils ont bien identifié Non seulement On voit ce qui se passe en Ukraine Mais ils ont bien identifié Les intentions Donc de Vladimir Poutine Et donc c'est indispensable Face à ça De se renforcer De se muscler Pour lui montrer Que nous sommes en capacité De s'opposer A ce qu'il souhaite Christophe Gomart

15:04
Jean-Michel Jacques

Oui il faut être fort Pour être craint Et être craint Pour être dissuadé Mais vraiment

15:09
Présentateur

Il nous craint Vladimir Poutine ?

15:12
Jean-Michel Jacques

Alors je ne sais pas S'il nous craint Mais en tous les cas La France dispose quand même De la dissuasion nucléaire On n'en parle pas Mais en tous les cas Il sait très bien Que s'il veut attaquer Par exemple Autre pays Évidemment On est en mesure De riposter Par l'utilisation D'un domicile nucléaire Maintenant Être craint C'est aussi avoir Une force armée conventionnelle Beaucoup plus importante Alors bien Certes dans le cadre De coalitions Comme le disait Jean-Michel Jacques Il y a quelques minutes Mais également Être capable nous-mêmes D'être plus forts Aujourd'hui Et ce qui compte C'est que les nations européennes Sont beaucoup plus fortes Et on parlait De service militaire volontaire Tout à l'heure Tous les pays Relancent leur service militaire Dans tous les pays Quels qu'ils soient Même l'Allemagne

15:46
Locuteur non identifié

Jean-Michel Jacques Vous êtes président De la commission défense À l'Assemblée nationale Quel regard vous portez Sur un autre déclaration D'hier de Vladimir Poutine Il a dit qu'en l'état Zelensky n'était pas légitime Pour signer un accord Qu'il considérait Le président ukrainien Comme illégitime Ça veut dire quoi Que ces négociations Actuellement Sur un accord de paix Entre l'Ukraine et la Russie Pilotées par les Etats-Unis N'ont pas de chance d'aboutir

16:09
Christophe Gomart

Il essaye de faire Un coup à deux bandes C'est-à-dire qu'il essaye Non seulement de gagner Ce qu'il souhaite Dans les négociations Et puis en même temps Il essaye d'affaiblir Zelensky À travers ses propos En essayant De faire entendre Que c'est quelqu'un Qui n'est pas à la hauteur De son travail

16:26
Locuteur non identifié

Mais vous croyez Qu'il y a encore Un espace Pour que ça aboutisse

16:28
Christophe Gomart

Oui mais de toute façon Ce que Vladimir Poutine Peut comprendre clairement C'est qu'on soit fort Il n'entend que ça De toute façon Donc face à ses menaces Ses mensonges Et sa façon De décrédibiliser Ses adversaires Qu'ils soient européens Ou ukrainiens Il n'y a qu'une seule façon De répondre C'est de se montrer fort Sauf que pardon Fort

16:49
Présentateur

Quand je m'adresse à vous Là en l'espèce Christophe Gomart Eurodéputé Les Républicains Fort Quand Donald Trump Menace Si Volodymyr Zelensky Ne signe pas Alors ça devait être hier Finalement ça n'a pas eu lieu Mais menace De couper le robinet Du renseignement Menace de couper Le robinet De l'aide militaire On a l'impression Que l'Europe N'est toujours pas En capacité De suppléer

17:14
Jean-Michel Jacques

Si jamais ça devait s'arrêter Ça c'est ce que je dis Ouvertement Et publiquement Au Parlement européen En effet C'est que l'Europe Aujourd'hui est trop faible Pourquoi l'Europe est faible ? Parce que d'abord Elle avance De manière différente Les pays ne sont pas d'accord Entre eux On ne dispose pas Des capacités De faire une guerre Sans les américains Aujourd'hui Malheureusement C'est pour ça que moi je milite Pour la création D'un état-major européen Digne de ce nom Capable de planifier Et de conduire une guerre Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui Aujourd'hui on pense toujours A travers l'OTAN A travers les américains

17:41
Présentateur

Attendez pardonnez-moi Un état-major européen Ça veut donc dire Est-ce que ça veut dire Déposséder quelque part Les pays

17:50
Jean-Michel Jacques

D'une partie de leur souveraineté Non Pas du tout Pas du tout Un état-major C'est là pour coordonner Comme l'état-major de l'OTAN En quelque sorte Exactement C'est là pour coordonner Les armées restent tout à fait nationales Je ne suis pas du tout Pour une armée européenne Mais les états-majors On a besoin Si on agit à plusieurs pays On a besoin d'un état-major commun Pardon Christophe Demar

18:08
Locuteur non identifié

Mais ça semble un peu contradictoire Parce qu'un de vos combats Du moment à Bruxelles Si je ne me trompe pas C'est contre le marché unique De la défense Justement C'est un projet C'est un projet qui vise A mettre en commun L'achat d'armes Pour mieux commander En plus grosse quantité Moins cher De façon plus efficace Et vous y êtes farouchement opposé Ce n'est pas un peu contradictoire Avec ce que vous dites

18:28
Jean-Michel Jacques

Non ce n'est pas que l'un C'est deux choses On a un état-major Pour commander les opérations militaires Sur le terrain Et les planifier Et d'autres choses S'acheter du matériel Oui c'est vrai qu'on a une industrie De l'armement en Europe Qui est trop fragmentée Et qu'il faut en faire en sorte De mieux la fusionner Maintenant un marché unique Ça veut donc dire Que les achats seraient décidés Par la commission européenne Et ça pour moi Il n'en est pas question D'autant qu'en France On dispose de la diffusion nucléaire Et que cette industrie Qui touche au nucléaire Est très très secrète Et on ne peut pas Mélanger ça avec le reste Avec la fabrication d'un char par exemple Jean-Michel Jacques Vous vouliez réagir

18:57
Christophe Gomart

Oui Ce qui compte C'est que les forces européennes Soient interopérables En tout cas Tous nos généraux Nos états-majors Savent travailler entre eux Ce n'est pas un souci Ils ont la même façon de travailler Mais par contre Dans les outils Que ce soit les outils d'aviation Les blindés Etc Plus on a quelque chose D'homogène Plus on sera fort Et efficace Pardon de parler peut-être

19:23
Présentateur

Un peu naïf sur cette question Mais on entendait Alors on n'a pas eu votre avis Sur le marché Le marché de la défense Mais on peut se dire Si on a un marché européen De la défense Ça veut dire Qu'on arrête peut-être D'acheter des F-35 américains Et qu'on achète

19:36
Christophe Gomart

En ce moment par exemple Avec nos amis belges Nos amis belges Nous fournissent Les munitions de petit calibre Parce qu'ils avaient Des manufactures Et encore un savoir-faire En Belgique Et nous Nous leur vendons des blindés En fait C'est du gagnant-gagnant Et ça Ça permet aussi Quand l'armée belge A les mêmes blindés Que l'armée française En termes D'interopérabilité Et d'efficacité Au combat C'est beaucoup mieux Je voudrais revenir Sur quelque chose Qui est important Quand on parle de l'Europe Il ne faut pas oublier Que l'Europe C'est 450 millions d'habitants La Russie C'est 150 millions d'habitants L'Europe C'est 17 000 milliards De PIB La Russie C'est 3 000 milliards De PIB C'est-à-dire que Si nous sommes unis Si l'Europe est unie Interopérable Avec une bonne coordination Mais elle peut Faire largement face A la Russie Sans aucun problème Encore quand même Christophe Gomart

20:30
Présentateur

Sur ce sujet Du marché Auquel vous dites Que vous êtes opposé Quand on entend Ce que nous dit Jean-Michel Jacques Bon on a quand même L'impression Que ça aurait du sens Malgré tout D'avoir Ou alors c'est quoi C'est une préférence européenne Qu'il faudrait

20:43
Jean-Michel Jacques

Moi je pense Pour un marché Intergouvernemental De défense C'est-à-dire qu'en fait Il y a les accords bilatéraux Les accords trilatéraux

20:49
Présentateur

Mais ce n'est pas dirigé Par la commission Absolument C'est fait entre gouvernements Absolument

20:52
Jean-Michel Jacques

Parce que sinon C'est la commission Qui décide Tel type de matériel Non ce n'est pas La commission décidée C'est aux nations décidées Voulues par certains Pays européens

21:04
Locuteur non identifié

Jean-Michel Jacques La semaine prochaine Emmanuel Macron Se rend visite d'état en Chine Il va demander A son homologue Xi Jinping De peser sur la Russie En faveur d'un cessez-le-feu En Ukraine C'est important L'appui de Pékin On ne peut rien faire Sans eux

21:15
Christophe Gomart

Alors L'appui de Pékin Enfin La position De Pékin Est importante Maintenant Il faut D'emblée Se dire Qu'on doit faire sans eux Il faut que l'Europe La France soit forte Pour que la France Soit forte Il faut qu'elle soit Unie avec ses partenaires Européens Et il faut qu'on soit craint C'est notre socle de base Mais aujourd'hui On n'est pas craint On voit bien Dans les négociations

21:38
Locuteur non identifié

On a été dans un premier temps Mis de côté Avant finalement De réintégrer le jeu Donc c'est pas du tout Ce qui se passe aujourd'hui L'Europe n'est pas craint

21:45
Christophe Gomart

L'Europe n'est pas craint Vous avez raison Pas suffisamment craint Et l'Europe doit prendre conscience De ce qu'elle représente Comme force Et nous devons nous coordonner Et être craint Parce que nous sommes Une réelle puissance économique Une réelle puissance militaire Et même sous plan Démocratifique Nous sommes aussi Une force importante

22:05
Présentateur

Merci beaucoup Jean-Michel Jacques Député ensemble Pour la République Du Morbihan Président de la Commission Défense Et ancien membre Infirmier Des forces spéciales Merci d'avoir été avec nous Également Général Christophe Gomart Ancien directeur Du renseignement militaire Et eurodéputé Les Républicains Merci pour cet échange Et merci Camille Vigone Lequat Journaliste Au Nouvelle Obs

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