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interviewBFMTV· 18 mars 2025 18 min

Gaîté lyrique, Algérie, narcotrafic: l’interview de Laurent Nuñez en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Plusieurs points qu'on souhaitait aborder, évidemment, avec vous, Laurent Nunez. D'abord, est-ce qu'on peut parler d'une évacuation sous tension ?

0:05
Laurent Nuñez

Oui, l'évacuation s'est déroulée sous tension. D'abord, elle s'est bien passée, elle a eu lieu, et la guettée lyrique a pu être rendue à son gestionnaire très rapidement. Mais elle s'est déroulée sous tension parce qu'on a eu des collectifs, des élus aussi, des militants, l'ultra-gauche, qui sont venus clairement pour empêcher cette opération de police, pour empêcher l'exécution de mon arrêté de police qui a été publié hier. Voilà, donc on a dû, effectivement, déployer des cordons de sécurité pour les empêcher d'approcher au plus près de la guettée lyrique, oui.

Et il y a eu, d'ailleurs, un moment, une tentative d'enfoncement du barrage qui avait été mis en place et qui a justifié qu'on emploie la force, évidemment, pour contenir cette tentative.

0:44
Présentateur

Quel est le bilan, donc ?

0:46
Laurent Nuñez

Alors, le bilan, d'abord, l'évacuation a été réalisée, donc sur la base de l'arrêté de police que j'ai pris hier, puisque je n'ai pas été officiellement requis par la ville de Paris dans le cadre du jugement du tribunal administratif qui a été rendu le 12 février et qui laissait un mois aux occupants pour évacuer. Donc ce délai a expiré le 13 mars. Et à défaut d'avoir été saisi pour exécuter cette décision de justice, j'ai été obligé de prendre un arrêté de police administrative compte tenu des risques de troubles à l'ordre public sur ce site. Il y avait des risques sanitaires, des risques sécuritaires, beaucoup de troubles à l'ordre public aux abords. Donc voilà, j'ai pris cette décision.

Donc le théâtre a été évacué ce matin. Et puis, il y a eu, ça a été souligné, comme on le fait habituellement. J'agis avec la préfecture de région, avec M. le préfet de la région de France, qui avait proposé, dans le cas du dispositif de droit commun, effectivement, un certain nombre d'hébergements, qui ont tous été refusés. Et je dois dire qu'ils l'ont été parce que les collectifs qui étaient présents faisaient pression auprès des migrants, dont la plupart, d'ailleurs, contrairement à ce que j'ai pu voir sur BFM, dont la plupart ont été reconnus comme étant majeurs.

1:52
Présentateur

Donc, alors, attendez, vous dites plusieurs choses. D'abord, qui sont ces migrants ? Vous dites, la plupart sont majeurs.

1:57
Laurent Nuñez

Donc la plupart ont refusé les solutions de prise en charge qui étaient proposées à la demande des collectifs. Donc les agents de la préfecture de région avaient des contacts avec eux pour les inviter à monter dans des bus et pour qu'ils puissent être prises en charge. Et la quasi-totalité d'entre eux ont refusé ces solutions modulo 6 d'entre eux seulement.

2:17
Présentateur

Vous proposiez à ces migrants d'aller où ?

2:20
Laurent Nuñez

D'aller dans une prise en charge, donc avec un hébergement. Et puis surtout, il y a un examen de leur situation administrative. Parce que leur situation administrative, pour la plupart d'entre eux, est la suivante. Ce sont des personnes qui se déclarent mineures isolées, mais qui n'ont pas été reconnues comme telles. En application d'une grille de multi-critères, c'est France Terre d'Asile qui est chargée de cet examen pour le compte de l'ASE, de l'aide sociale à l'enfance. Et donc ils ont été reconnus comme majeurs. Simplement, ils font des recours devant le juge des enfants. Mais la plupart d'entre eux, en réalité, sont des majeurs. Nous ne disons pas que ce sont des mineurs.

2:55
Présentateur

Et donc, quand on est majeur, voilà. Ce sont déjà que ce sont des majeurs ?

2:59
Laurent Nuñez

Il y a tout un tas de critères qui sont applicables, des critères osseux, voilà. Je ne rentre pas dans le détail, mais c'est fait par France Terre d'Asile, qui est un organisme très sérieux. Et ils ont la possibilité, effectivement, de faire des recours devant le juge des enfants. Et c'est ce qu'ont fait la plupart d'entre eux. En tout cas, quoi qu'il en soit, il y avait une occupation illicite et ça ne pouvait plus durer. Il y avait des troubles à l'ordre public importants autour du site. À l'intérieur, j'insiste, des risques sanitaires, des risques sécuritaires, notamment en matière de sécurité incendie. Et donc, il fallait maintenant y mettre un terme.

3:29
Présentateur

Et alors, si je reprends ce que vous dites, ils étaient pour la plupart majeurs. Question, quand il s'agit de migrants majeurs, vous n'êtes pas obligés de leur proposer des solutions d'hébergement ?

3:39
Laurent Nuñez

Alors, c'est ce que nous faisons systématiquement, encore une fois. Mais ce qui est le plus important, c'est d'examiner leur situation administrative. Et quand la situation n'est pas régulière, il y a évidemment éloignement. Donc, c'est pour ça que ce matin, et c'est ce qui a justifié, donc ils ont refusé effectivement la prise en charge. Moi, j'ai tenu quand même à ce qu'on récupère un certain nombre d'entre eux. C'est ce qui a été fait. Donc, on en a interpellé un certain nombre, puisqu'ils refusaient leur prise en charge. Et donc, ce matin, nous avons réalisé 46 interpellations. Donc, une pour outrage et rebellion. Il y a une personne qui s'est rebellée dans le cadre de l'évacuation.

Et puis, les autres, ce sont des interpellations qui vont conduire ces personnes en vérification administrative. Elles vont être placées en rétention administrative. Et on va examiner leur situation. Voilà. Par la contrainte, j'ai été obligé de faire ce que les collectifs, finalement, ont empêché ce matin.

4:33
Présentateur

Pour être potentiellement expulsé ?

4:35
Laurent Nuñez

Potentiellement, ça peut être un éloignement, effectivement.

4:37
Invité

Concernant le bilan côté force de l'ordre, est-ce que vous avez à déplorer aujourd'hui des blessés parmi les nombreux policiers qui ont été mobilisés ce matin ?

4:44
Laurent Nuñez

Oui. Alors, on a dû intervenir, je vous le disais, à deux reprises, finalement. Quand il y a eu une intervention des collectifs pour enfoncer notre barrage, pour s'approcher au plus près de la gaieté lyrique, ce qui n'était pas possible, puisqu'il y avait une opération de police en cours. Et puis, on a eu une deuxième intervention. C'est à la fin de l'évacuation. Donc, il a fallu disperser ces rassemblements. Et donc, là, j'ai autorisé, évidemment, l'emploi de la force par les FSI. Alors, l'emploi de la force, c'est-à-dire, qui consistait à repousser les manifestants. Et donc, j'assume, évidemment, totalement cette décision pour mettre un terme à l'évacuation et pour évacuer l'espace public.

Et on a neuf blessés, qui sont tous des blessés légers. Tous des blessés légers.

5:26
Présentateur

C'est les policiers ?

5:27
Laurent Nuñez

Neuf, je vais y venir. Neuf blessés au total. Six qui ont été laissés sur place, qui sont des migrants, donc qui n'ont pas été pris en charge. Et on a trois prises en charge. Il y a un migrant qui a été pris en charge, blessé léger. Un CRS qui a été également blessé léger. Et puis, nous avons, me dit-on également, un journaliste qui a été blessé légèrement au genou et qui a donc été évacué.

5:49
Invité

Allez-y. Le théâtre a été restitué au gestionnaire. Est-ce que ce soir, il y aura encore une opération de sécurisation des lieux ? Est-ce que vous ne craignez pas que certains migrants soient de retour dès ce soir dans ce théâtre ? De fait, est-ce qu'un dispositif de police va durer plusieurs jours autour de cette thème ?

6:03
Laurent Nuñez

Absolument. Évidemment, traditionnellement, évidemment, ça relève de l'organisateur, du propriétaire du site, ou à tout le moins du gestionnaire du site. Mais compte tenu du contexte, évidemment, on va prolonger cette sécurisation par les forces de sécurité intérieure dans les jours qui viennent.

6:18
Présentateur

Sur la question de l'hébergement, vous disiez qu'ils ont refusé d'être hébergés parce que c'était visiblement une décision aussi du collectif. Vous leur proposiez d'aller où ? Eux disent, oui, mais ils voulaient nous éloigner de Paris, notamment. Où est-ce que vous planifiez de les envoyer, ces migrants ?

6:37
Laurent Nuñez

Il y en avait sur Paris, il y en avait effectivement en région. Mais ce n'est pas à la carte. Il faut aussi comprendre ça. Je crois qu'il y a une partie des élus qui s'expriment et qui demandent évidemment tel était le type d'hébergement dans Paris, dans des processus d'insertion. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Ce n'est pas à la carte. Nous, on est sur une opération de police. Il y a des troubles à l'ordre public. Moi, j'évacue des gens parce qu'il y a des risques de troubles à l'ordre public. Et le préfet de région propose de mobiliser des dispositifs de droit commun, qui sont des dispositifs de prise en charge.

On ne peut pas laisser dire que ces personnes allaient être jetées à la rue. En revanche, les collectifs, manifestement, instrumentalisent ces migrants. Ils les instrumentalisent, puisqu'encore une fois, ils les empêchent, ils les dissuadent d'accepter nos dispositifs. Et donc, c'est totalement inacceptable. On est très loin de la cause qu'ils veulent servir, au final.

7:22
Présentateur

Eux disent, ce ne sont pas des solutions d'hébergement pérennes. Qu'on les éloigne de Paris, que ce ne sont pas des solutions d'hébergement pérennes.

7:27
Laurent Nuñez

Ce sont surtout des solutions qui permettent d'examiner leur situation administrative. C'est ça, le point le plus important, qu'on puisse examiner leur situation administrative.

7:34
Invité

Oui, qu'on comprenne bien. Il y a 46 interpellations parmi des majeurs, mais vous avez certainement identifié des mineurs aussi. Ces mineurs, normalement, il y a une obligation de les héberger et on ne peut pas les expulser.

7:47
Laurent Nuñez

Ils sont où ces mineurs aujourd'hui ? On va regarder. Moi, quand je vous dis, il y avait un moment, il y avait 450 personnes à l'intérieur de la gaieté lyrique. 450 personnes. On ne connaît pas forcément toutes les personnes qui étaient présentes. Et on va regarder. C'est le but des interpellations et des vérifications qui sont en cours. Qui sont les 46 personnes qui ont été interpellées ? Pour une d'entre elles, on sait ce qu'elle est, puisqu'elle s'est rendue coupable d'outrage et de rébellion. Et pour les autres, on va regarder ce qu'il en est.

8:16
Invité

Et ils sont où les autres ? 400 ? Si on fait le calcul, alors est-ce 400 ? Ou est-ce qu'ils sont à l'heure où on part ?

8:21
Laurent Nuñez

On va continuer, effectivement, on va continuer à se préoccuper de leur situation et à s'assurer, comme on le fait régulièrement sur Paris, s'il devait y avoir, évidemment, installation de nouveaux campements, évidemment d'intrusion, on y mettra un terme immédiatement, évidemment.

8:36
Invité

On sait qu'en France, aujourd'hui, on ne peut pas obliger une personne à réaliser un test osseux de minorité. Si cette personne refuse, il y a un vide jérudique. Comment est-ce que vous allez faire pour avoir la certitude que cette personne est bien mineure si elle refuse de faire ce test ?

8:49
Laurent Nuñez

Écoutez, ça, ce n'est pas dans mon domaine de compétences. Ce sont les départements qui sont en charge de ça. Et donc, c'est la ville de Paris pour le département de Paris, Paris étant à la fois, comme vous le savez, une commune, un département. Voilà, ça, ce n'est pas dans mes attributions. Moi, dans mes attributions, ce qui est important, c'est, un, de prévenir les troubles à l'ordre public. Ça, c'est important. Et surtout, donc, de gérer la situation administrative et éloigner les personnes qui n'ont rien à faire sur le territoire national.

9:17
Présentateur

Le collectif que vous évoquez dit la chose suivante. Nous connaissons la police, celle qui nous harcèle sur nos campements, nous frappe dans le métro, nous humilie dans les commissariats. C'est cette police raciste qui sera renvoyée pour nous expulser demain matin. C'était hier, cette prise de parole. Qu'est-ce que vous leur répondez ?

9:32
Laurent Nuñez

J'ai porté plainte. J'ai porté plainte. C'est de la diffamation. C'est insultant vis-à-vis des fonctionnaires de police que je dirige. Et d'ailleurs, des militaires de la gendarmerie qui sont aussi engagés. Il y avait aussi des escadrons de gendarmerie mobile engagés ce matin. Donc, c'est proprement insultant. La police, elle est là pour protéger nos concitoyens. Et voilà, donc, j'ai porté plainte contre ce propos qui a été tenu hier, effectivement, par rapport au collectif.

9:55
Présentateur

Donc, on retiendra ce chiffre, 46 interpellations, donc, et des migrants en majorité majeure. C'est ce que vous nous dites, donc, Laurent Nunes, sur ce sujet. On voulait évoquer un autre sujet avec vous. L'Algérie, puisqu'Alger a retoqué la liste de Bruno Retailleau. Le ministre de l'Intérieur avait transmis à Alger une liste de 60 ressortissants algériens à expulser en priorité de France. L'Algérie a refusé. On est impuissant face à l'Algérie. On a l'impression que, finalement, on n'a que très peu de moyens de pression, voire pas du tout.

10:31
Laurent Nuñez

Alors, ça, c'est une question très politique qui ne relève pas du préfet de police que je suis. Donc, le ministre d'État, le ministre de l'Intérieur a pris ce sujet à bras-le-corps. Le Premier ministre, c'est le Président de la République. Moi, la seule chose que je peux vous dire, c'est qu'on a une difficulté quand même importante avec la reconduite des ressortissants algériens.

Ce n'est pas une nouveauté dans les centres de rétention administrative de la région Île-de-France, où nous plaçons en priorité ceux des étrangers en situation régulière qui sont quand même réputés les plus dangereux, c'est-à-dire ceux qui ont, comme on dit dans le jargon policier, des palmarès, qui sont connus pour des faits généralement assez graves. Donc, dans les crâts, ce sont plutôt ces personnes que nous plaçons en rétention. D'ailleurs, en 2024, on a augmenté nos rétentions de plus 35%. On en a fait 1246, 926 en 2023. Et on est encore à plus 8% sur les deux premiers mois de l'année.

Mais le blocage des Algériens actuellement, qui fait que des individus qui sont documentés, c'est-à-dire qui ont des passeports valides pour lesquels, normalement, on ne doit pas demander de laisser passer et qui doivent être acceptés par l'État auquel on les présente, actuellement, ils nous sont tous renvoyés. C'est une vraie difficulté. Je dis que, je redis, je l'avais déjà dit, je crois, sur cette chaîne, nous avons dans les crâts de la région Île-de-France 40% de ressortissants algériens. Donc, effectivement, pour nous, ça devient une vraie difficulté.

11:59
Présentateur

Que sait-on d'ailleurs de ces 60 Algériens qui ne seront donc pas expulsés et qu'on souhaite être expulsés ?

12:04
Laurent Nuñez

Pour l'instant, ils retournent en CRA. Ils sont repris en compte.

12:07
Présentateur

Mais sur leur profil ?

12:08
Laurent Nuñez

Le profil, toutes les personnes qui sont placées en CRA actuellement, ce sont toujours des individus qui ont un parcours. Ça remonte à une circulaire de Gérald Darmanin de novembre 2022, qu'évidemment, Bruno Retailleau a reconduit. Ce sont des individus qui ont quand même des profils très dangereux. ou ce sont les sortants de prison. Ce sont aussi des sortants de prison.

12:30
Invité

Et quand la durée sera écoulée en centre de rétention administratif, qu'est-ce qu'ils vont devenir ces 60 dont l'Algérie ne veut pas aujourd'hui ?

12:36
Laurent Nuñez

C'est tout le problème. D'abord, un, c'est aussi pour cela que le ministre d'État, le ministre de l'Intérieur demande qu'on puisse prolonger la durée de rétention pour les individus les plus dangereux.

12:43
Présentateur

Pour l'instant, c'est 90 jours.

12:44
Laurent Nuñez

Voilà. Et deuxièmement, évidemment, au bout d'un moment, ils se retrouvent, ils sortent. Voilà. Et donc, on a évidemment d'autres possibilités. Il y a des possibilités d'assignation à résidence et autres. Mais le mieux serait, évidemment, qu'ils soient acceptés par le pays dont ils sont ressortissants.

12:57
Invité

Oui, mais là, on est donc face à un local, parce que l'échéance arrive très vite dès 90 jours. Et donc, on ne sait pas à l'heure actuelle ce qu'on va faire.

13:03
Laurent Nuñez

L'échéance des 90 jours, comme vous le savez, est soumise à chaque fois. Il y a des clauses de revoyure, 30, 60, voilà. Donc, voilà. Donc, pour nous, ça devient une vraie difficulté. Voilà. Et potentiellement ? Je n'ai pas à répondre sur la relation avec l'Algérie. Ça ne relève pas de mes compétences. Ce que je peux vous dire, c'est qu'en revanche, pour nous, ça devient une vraie difficulté.

13:23
Présentateur

Une vraie difficulté. Et c'est un euphémisme. Potentiellement, ces 60 personnes algériennes que vous avez décrites à l'instant comme dangereuses, il se peut que dans 90 jours, à la fin du délai accordé en CRA, en centre de rétention administrative, elle soit relâchée, remise en liberté.

13:39
Laurent Nuñez

C'est malheureusement une possibilité, oui. Effectivement.

13:42
Présentateur

On voulait également vous entendre sur cette proposition de loi examinée en ce moment concernant le narcotrafic. Elle a débuté hier, son examen a débuté hier à l'Assemblée nationale, au Parlement. On va écouter peut-être le ministre de l'Intérieur là-dessus.

13:58
Invité

Nous ne sommes pas, justement, dans un combat à armes égales. Et il faut impérativement que nous puissions donner à nos services, à nos forces de sécurité intérieures, ces armes dont elles ont impérativement besoin. C'est un combat vital. Un combat vital pour sauver des vies, des vies humaines. Des vies que certains craignent pour la propre vie quand ils habitent des quartiers d'où ils ne peuvent pas déménager. Des vies aussi qui sont menacées de ceux qui démolissent leur propre vie dans les addictions. Des vies qu'il faut sauver aussi par ceux qui souvent se perdent dans des trafics ou dans des règlements de comptes. Amandine.

Oui, Bruno Retailleau se bat pour le retour de plusieurs articles qui ont été évacués lors de l'examen aux commissions des lois. On peut en citer deux, par exemple, en allant très rapidement. Le premier qui permet de fouiller davantage pour être rapide dans les messageries type WhatsApp ou messageries cryptées et un autre qui permet aux enquêteurs de ne pas dévoiler forcément toutes les méthodes avec lesquelles ils ont pu obtenir des informations. Est-ce que vous êtes favorable au retour de tous ces articles supprimés en commission des lois ?

15:07
Laurent Nuñez

Très favorable, comme en tant que responsable à la préfecture de police, de services de renseignement et des judiciaires qui luttent contre le narcotrafic. J'y suis évidemment très favorable. Aujourd'hui, les délinquants et les narcotrafiquants échangent essentiellement sur des chaînes cryptées, sur des télégrammes, WhatsApp. Et donc, on a besoin d'avoir ces informations.

15:28
Invité

Parce que sinon, on a des méthodes datées, c'est ça ? Parce que ceux qui sont opposés disent que ce sont des atteintes aux libertés et beaucoup d'avocats sont en fronte contre ces articles.

15:38
Laurent Nuñez

Il faut voir. D'abord, un, ça laisse toujours supposer que finalement, les forces de l'ordre agissent plus pour porter atteinte aux libertés individuelles qu'à protéger nos concitoyens. Je pense que la majorité de nos concitoyens, ils savent très bien que tout ce qu'on fait, c'est d'abord pour les protéger. Je pense que les Français sont majoritairement d'accord avec ce type de mesures, d'autant plus qu'elles sont strictement encadrées, contrôlées. Moi qui étais directeur général de la sécurité intérieure, coordonnateur national du renseignement, je connais ces procédures.

Vous savez, pour accéder, pour obtenir une autorisation et donc accéder à un contenu crypté, si évidemment le texte est voté, il faudra passer par une autorisation du Premier ministre, la Commission nationale des contrôles, le technique de renseignement en amont qui rend un avis, qui s'impose quasiment au Premier ministre. Le Premier ministre le suit toujours. Et donc on doit justifier au cas par cas de la mesure. Et ça ne sera possible évidemment que pour la criminalité la plus grave. L'atteinte aux libertés, elle est toute relative. En revanche, ce serait vraiment une atteinte aux libertés que de ne pas protéger nos concitoyens. Vraiment. Et ce serait un décrochage par rapport à...

Dans la lutte contre le narcotrafic, ce serait vraiment un décrochage. On aurait un temps de retard par rapport aux trafiquants. Ça, c'est pas acceptable. Et même chose évidemment pour ce qu'on appelle le dossier coffre, qui est en fait la possibilité d'avoir des procès-verbaux distincts, qui ne soient effectivement pas forcément communiqués à la partie adverse, mais qui sont quand même connus des magistrats. C'est sous contrôle judiciaire. Et qui permettent de protéger non pas les informations qu'on va utiliser, mais les techniques spéciales d'enquête qui nous ont permis d'obtenir ces informations. Pourquoi ? Parce qu'on constate dans la vraie vie que quand les personnes...

On save comment nous travaillons. Les techniques spéciales d'enquête, ce sont les outils, ce sont un peu les techniques de renseignement en matière de renseignement. Ce sont toutes les techniques qu'on utilise pour avoir des informations. Et quand les narcotrafiquants, évidemment, ont connaissance de tout cela, ils s'adaptent. Ils s'adaptent à notre façon de travailler. Et donc, on est évidemment moins efficace. Donc, ce sont deux mesures qui sont importantes, qui sont très attendues. Et moi, à titre très personnel, je ne peux pas croire que les députés n'adoptent pas, in fine, ces deux mesures sans lesquelles on va décrocher dans la lutte contre le narcotrafique. Merci.

17:46
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.