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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 15 décembre 2025 26 min

Valérie Pécresse : "Il n'y a rien de commun entre les héritiers du gaullisme et les héritiers du lepénisme"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale. Dans le grand entretien avec Benjamin Duhamel. Nous recevons donc ce matin la présidente, les Républicains de la région Île-de-France. Vos questions, vos réactions au 01, 45, 24, 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Valérie Pécresse. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. On a beaucoup de sujets à aborder avec vous. La colère des agriculteurs à quelques jours d'un vote crucial sur le Mercosur. La perspective d'une fin d'année sans budget de l'État. Et puis l'État de votre parti, ces divisions, la tentation d'une union des droites à laquelle vous vous opposez.

Mais d'abord Valérie Pécresse, cette attaque terroriste hier en Australie. 15 morts, 40 blessés. La communauté juive visée à Sydney. L'antisémitisme est un poison sans frontières. Absolument.

0:53
Valérie Pécresse

Et on le voit, le terrorisme n'épargne personne. Et moi j'ai vraiment ce matin une pensée pour le peuple australien. Pour la communauté juive, cet attentat de Bondi Beach est absolument un traumatisme pour un État qui s'estimait peut-être un peu protégé des turbulences du monde et qui en réalité ne l'est pas.

1:13
Auditeur

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a demandé un renforcement de la protection des lieux de culte juifs. Est-ce que vous considérez que la mobilisation de la société, de l'opinion publique est suffisante face à l'antisémitisme ?

1:26
Valérie Pécresse

En tout cas, on ne peut pas nier une résurgence de l'antisémitisme qui est liée malheureusement à une importation du conflit du Proche-Orient avec une mauvaise interprétation de ce conflit. Et nous à la région Île-de-France, nous sommes en première ligne puisque nous avons une très grosse communauté juive en Île-de-France.

1:46
Auditeur

Qu'est-ce que la moitié de la communauté juive française vit en Île-de-France ?

1:50
Valérie Pécresse

Absolument. Et donc, moi j'ai décidé que l'antisémitisme ne passerait pas et qu'on ne laisserait rien passer. Voilà, on ne laissera jamais rien passer. Quant à Sciences Po, il y a eu des manifestations antisémites. On a suspendu les subventions de Sciences Po. Aujourd'hui, on a une charte des valeurs de la République qui s'applique à tous les partenaires de la région. Et on travaille aussi sur l'éducation. Et c'est vraiment la mer des batailles, l'éducation en matière de lutte contre le racisme et contre l'antisémitisme. Nous nous emmenons des centaines de lycéens à Auschwitz tous les ans. On a doublé les voyages à Auschwitz. Et personne ne revient indemne de ce genre de voyage.

Et ça tue le discours négationniste dans l'œuf.

2:33
Présentateur

Valérie Pécresse, la journée s'annonce tendue entre le gouvernement et les agriculteurs. La ministre, Annie Genevard, est attendue à Toulouse. Après un week-end d'action dans le Sud-Ouest, les éleveurs contestent l'abattage systématique des troupeaux touchés par la dermatose nodulaire contagieuse. Est-ce que vous comprenez leur colère ? Vous dites qu'il faut suivre la science. Qu'est-ce que vous dites ?

2:56
Valérie Pécresse

D'abord, on entend la détresse. La détresse des agriculteurs qui doivent abattre leur cheptel. On voit bien que pour eux, c'est un crève-cœur et on le comprend. Et on l'imagine très bien. Simplement, il faut dire la vérité. La vérité, c'est que si on n'enraye pas cette épidémie, et heureusement, les paroles de la ministre hier étaient assez rassurantes, mais si on n'enraye pas cette épidémie, c'est toute la filière bovine française qui sera interdite d'exportation. C'est-à-dire qu'on va atteindre toute la filière bovine.

3:25
Auditeur

Annie Gennevard dit, si on ne mène pas cette stratégie, le risque, c'est que 10% du cheptel soit touché, c'est-à-dire un million et demi de bovine.

3:31
Valérie Pécresse

Oui, mais c'est pire que ça, parce que si la France est vue comme n'arrivons pas à enrayer l'épidémie par les autorités internationales, alors on va nous interdire d'exportation. Tous nos bovins, même les saints, parce qu'on dira qu'on n'est pas capable d'enrayer.

3:46
Auditeur

Donc vous soutenez la stratégie du gouvernement d'abattage systématique ?

3:49
Valérie Pécresse

Je crois qu'il faut écouter la science. Et vous savez, j'ai été ministre de la recherche. Les scientifiques, quand ils parlent, il faut qu'ils aient une plus grande place. Aujourd'hui, ce qui m'inquiète, c'est ces discours complotistes, c'est ces discours anti-vax, c'est ces discours... Aujourd'hui, on a malheureusement des vérités scientifiques, il faut les entendre. Mais ce que je voudrais dire, c'est que la colère des agriculteurs, elle ne vient pas seulement de la dermatose, elle vient d'un mal-être beaucoup plus profond.

Ce mal-être, c'est celui qui est lié, notamment, à la négociation du traité du Mercosur, qui devrait être signé mercredi, et qui n'est absolument pas acceptable en l'état. Et quelle est la filière la plus à risque dans le Mercosur ? C'est la filière bovine. Donc il faut des clauses de sauvegarde pour cette filière bovine. Vous savez, moi, un jour, il y a un agriculteur qui m'a serré le cœur, parce qu'il m'a dit, il avait à peu près mon âge, pas loin de 60 ans, et il m'a dit, Valérie, est-ce que je peux vraiment recommander à mon fils de reprendre l'exploitation ? Est-ce que je peux vraiment lui conseiller ça ? Est-ce que c'est une vie pour lui ?

Quand vous avez un agriculteur français, alors que l'agriculture est notre fleuron, l'agriculture, c'est l'exportation à la française. C'est ce qui faisait d'ailleurs que notre balance commerciale était excédentaire pendant très longtemps.

5:08
Présentateur

Alors, vous parlez du Mercosur, il y a une échéance, il y a même deux échéances cette semaine, puisque Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, veut faire signer, veut faire ratifier les États européens, puis parafait le traité au Brésil samedi prochain. La France, hier, a demandé le report de ces échéances. Pas de réponse de Bruxelles pour l'instant. Est-ce que vous vous dites qu'on va tout droit vers une grosse, grosse crise agricole comme il y a deux ans ?

5:34
Valérie Pécresse

En tout cas, la France ne peut pas accepter que des produits qui ne respectent pas les mêmes normes sanitaires et environnementales que les pays d'Europe, que nos agriculteurs soient importés chez nous. Ça suffit la naïveté, ça n'est plus possible, ça n'est plus acceptable. On a ça sur l'agriculture avec le Mercosur, on a ça avec Chain et les produits chinois aujourd'hui qui sont en train de tuer le commerce de proximité. Donc l'Europe, si elle ne réagit pas, l'Europe sera, j'allais dire, balayée de l'histoire.

6:03
Auditeur

Mais Valérie Pécresse, la question du Mercosur et de l'opposition de la France en l'État, c'est qu'il faut pour s'opposer au Mercosur à l'échelle européenne, ce qu'on appelle une minorité de blocage, c'est-à-dire réussir à rallier suffisamment de pays pour s'opposer au Mercosur. En l'État, il n'y a pas de minorité de blocage. Donc on peut dire la France doit s'y opposer, le traité n'est pas satisfaisant à l'État. Mais s'il n'y a pas de capacité à s'y opposer, si vous étiez au pouvoir, qu'est-ce que vous feriez de plus que ce que peut faire le gouvernement aujourd'hui au-delà de la pétition de principe ?

6:29
Valérie Pécresse

La vérité, c'est que nous avons perdu de l'influence en Europe. Et que ça ne peut que nous désoler. Pourquoi on a perdu de l'influence en Europe ? C'est parce que quand un pays est mal géré, parce que quand un pays est en déficit excessif, parce que quand on n'arrive pas à mettre de l'ordre dans son propre pays, eh bien on perd de l'influence sur la scène internationale. Et aujourd'hui, c'est le cas. Aujourd'hui, la voix de la France ne porte plus comme elle a porté. Et c'est quelque chose qui me désole. Et on doit retrouver cette parole de la France. Mais pour la retrouver...

6:56
Auditeur

Et vous ne pourriez donc pas faire

6:57
Valérie Pécresse

grand-chose de plus si vous étiez aux responsabilités ? Déjà, je remettrai de l'ordre dans le pays. Parce que le problème, c'est qu'un pays affaibli sur son propre territoire ne peut pas paraître fort à l'international. Et aujourd'hui, c'est ça qui se passe en Europe. L'Allemagne, aujourd'hui, Madame von der Leyen, Monsieur Manfred Weber, eh bien aujourd'hui, ils considèrent que la France est mal gérée et qu'elle a trop de problèmes chez elle pour pouvoir dicter la conduite de l'Europe.

7:21
Présentateur

Valérie Pécresse, on va évidemment parler politique. On va parler de l'État, de votre parti Les Républicains. On a justement une question d'Aurélien au Standard. Bonjour Aurélien, bienvenue.

7:31
Auditeur

Bonjour, justement. Madame Pécresse, vous parlez d'ordre. Est-ce que ça ne vous rend pas malade de voir que le gros de vos troupes est prêt à s'allier avec le Rassemblement National ? Vous êtes à la tête du principal parti gaulliste et que le Rassemblement National est un parti qui a été fondé par des anciens de l'OAS qui ont attenté à l'avis du général de Gaulle ?

7:54
Valérie Pécresse

Merci Aurélien. Absolument, Aurélien. Pour moi, je partage totalement votre avis. Je considère qu'il n'y a rien de commun entre les héritiers du gaullisme et les héritiers du lepénisme. Rien. Et c'est pour ça qu'hier, j'ai lancé un appel à un sursaut. À un sursaut. Vous savez, aujourd'hui, il y a deux forces extrémistes dans le pays. Il y a la France Insoumise à gauche et il y a le Rassemblement National à droite. Et face à ces deux forces extrémistes qui veulent prendre le pays en étau, eh bien, il y a un certain nombre de personnes qui sont les héritiers du gaullisme, des libéraux, des centristes. Et ces forces-là, elles doivent s'unir.

Elles doivent s'unir et elles doivent porter un projet de redressement de la France avec de l'ordre et de la liberté. C'est nous, les partis, de l'ordre et de la liberté.

8:42
Auditeur

Pour rebondir sur la question de notre auditeur, et on va parler dans un instant de la France Insoumise et du Rassemblement National, mais vous avez effectivement ces mots forts dans la tribune dimanche. S'allier au RN, c'est s'effacer. La droite n'est pas à vendre. Mais vous citez nommément personne. Qui est-ce que vous visez quand vous dites ça, précisément, là encore ? Mais je ne vise personne en particulier.

9:01
Valérie Pécresse

Mais non !

9:02
Auditeur

Il y a un peu d'hypocrisie là-dessus, Valérie Pécresse. Moi, je ne suis pas hypocrite, M. Duamel.

9:08
Valérie Pécresse

Je dis exactement ce que je pense. Ce que je pense, c'est qu'aujourd'hui, la bataille de la droite n'est pas perdue. Certains pensent peut-être que cette bataille est perdue. Mais cette bataille n'est pas perdue. Mais c'est qui, certains ? Elle n'est pas perdue si on s'y met maintenant. Et vous savez, M. Duamel, j'ai une petite expérience des candidatures présidentielles ratées. Vous savez, Mandela disait, je ne perds jamais, soit je gagne, soit j'apprends. Moi, j'ai beaucoup appris. J'ai beaucoup appris et j'ai beaucoup payé pour apprendre. Eh bien, aujourd'hui, je peux vous dire une chose.

Si on ne s'y met pas immédiatement avec un programme pour la France unique et un candidat unique d'une droite républicaine réunifiée qui ne s'apparpille plus face en puzzle, alors, alors, les extrêmes nous prendront en tenaille. Et c'est ça, le scénario. Et on l'a échappé deux fois au duel LFIRN en 2017, en 2022. J'aimerais pas que la troisième soit la bonne.

10:04
Présentateur

Valérie Pécresse, vous qui avez été ministre du dernier président de la République de droite en France, Nicolas Sarkozy, qui plaide pour un rassemblement à droite sans anathème. Qu'est-ce que vous lui dites aujourd'hui ? Tu te trompes, Nicolas ? C'est ça que vous lui dites ?

10:18
Valérie Pécresse

Je lui dis, il n'y a rien de commun entre nous et le RN. Il n'y a rien de commun. Il suffit d'aller regarder. Moi, je vais vous donner trois exemples. Les candidats RN. Grattez le vernis. Et dès que vous grattez le vernis sous la surface, qu'est-ce qu'on voit ? En 2021 au régional, en 2024. Allons regarder les réseaux sociaux des candidats. On voit de l'antisémitisme. On voit du racisme. On voit une candidate dans le Calvados avec une casquette nazie, une croix gammée. Voilà les candidats du RN. Ensuite, regardez le programme économique. Ce programme économique du RN, c'est 30 milliards d'impôts supplémentaires votés.

Avec les socialistes, d'ailleurs, à l'Assemblée nationale, il y a quelques semaines. Regardez aussi son programme international. On nous dit, le RN va nous rendre notre souveraineté. la France souveraine. Eh bien, ils sont fascinés par qui, le RN ? Ils sont fascinés par Trump. Encore hier, M. Bardella faisait l'apologie de Trump par Trump et par Poutine.

11:14
Auditeur

Une anecdote !

11:16
Valérie Pécresse

Je voudrais que les Français entendent ça. Il y a quelques semaines, nous avons voté l'aide humanitaire à l'Ukraine devant le gouverneur de Kiev qui était à la région. Le RN a refusé de voter l'aide humanitaire à l'Ukraine. Et le gouverneur de Kiev qui était à côté de moi m'a dit, « Ah, c'est votre parti pro-russe ! » « C'est votre parti pro-russe ! » Donc, c'est la France soumise ! C'est pas la France souveraine, c'est la France soumise ! Soumise aux influences étrangers !

11:43
Auditeur

Valérie Pécresse, quand Nicolas Sarkozy, dans les colonnes du Point, dit que Jordan Bardella lui fait penser au RPR de Jacques Chirac ? Là encore, vous vous êtes engagé en politique avec Jacques Chirac. Quand il dit ça, c'est quand même une personne qui compte à droite, Nicolas Sarkozy ? Vous avez le travers ?

11:58
Valérie Pécresse

Jordan Bardella, siégé au Conseil régional d'Île-de-France, c'était mon opposant. Ça ne le gênait pas de siéger avec M. Lousteau, M. Lousteau qui sort de l'hémicycle quand on rend hommage à Simone Veil. Voilà. Bon, M. Lousteau. M. Bardella prend M. Châtillon, ancien du GUD, comme responsable de sa communication. M. Paradole, le directeur de cabinet de M. Bardella, est un ancien des groupuscules d'Alain Soral. Enfin, je veux dire, il faut que les Français ouvrent les yeux.

12:25
Auditeur

Donc, Jordan Bardella, c'est pas le Jacques Chirac des années 80 ?

12:28
Valérie Pécresse

Eh bien, écoutez, franchement, je vous le dis, entre les héritiers de Le Pen et les héritiers de De Gaulle, il n'y a pas la moindre ressemblance.

12:36
Présentateur

Et Nicolas Sarkozy, c'est encore un allié de la droite républicaine ?

12:39
Valérie Pécresse

Peut-être qu'il pense que la bataille pour la droite est déjà perdue. Moi, je pense l'inverse. Et je pense surtout que pour la France, il faut que la droite, la droite républicaine, au sens très large, toujours alliée avec le centre-droit, mais que cette droite républicaine, elle prenne les rênes. Parce que c'est nous, le parti, qui pouvons remettre de l'ordre aux frontières, dans la rue, et dans les frontes,

13:03
Auditeur

et dans les comptes. Il ne vous facilite pas la tâche, quand même. En 2022, quand vous étiez candidate à l'élection présidentielle, il avait choisi de soutenir Emmanuel Macron. Là, il prononce ses mots sur Jordan Bardella et le RN. C'est quoi ? C'est garder-moi de mes amis, mes ennemis, je m'en charge ?

13:16
Valérie Pécresse

Écoutez, c'est peut-être...

13:17
Auditeur

C'est garder-moi de mes ennemis, mes ennemis, je m'en charge.

13:20
Valérie Pécresse

Écoutez, c'est peut-être justement, c'est peut-être justement un moment, un moment charnière. C'est peut-être un moment du réveil de la droite et du centre. C'est peut-être un moment où cette affiche absurdement pléthorique de candidat à la présidentielle va se mettre en mouvement et va se dire il n'en faut qu'un seul. Il n'en faut qu'un seul et il nous faut surtout un projet. Vite ! Parce qu'il est minu moins le quart, monsieur Duhamel. Il est minu moins le quart. Quand on est désigné candidate, ce qui a été mon cas trois mois avant l'élection, c'est trop tard. C'est trop tard. On est à un an et trois mois.

13:54
Auditeur

Donc il faut une primaire rapidement ?

13:57
Valérie Pécresse

Mais peu importe le moyen. Moi, je ne parle que du résultat. Le résultat, c'est qu'après les municipales, Vous voyez bien tous ceux qui veulent être candidats,

14:05
Auditeur

il n'y a pas 50 options si vous voulez les départager.

14:07
Valérie Pécresse

Dès le printemps, il faut un seul candidat de la droite et du centre, un seul et unique, un chef, pour porter un projet de redressement de la France. Et d'ailleurs, j'ajoute que ce projet, il va falloir qu'il soit sacrément disruptif. Parce qu'on ne résoudra pas les problèmes des finances de la France avec les recettes d'hier. Nous sommes arrivés à un point où nous sommes tellement croulants sous les impôts qu'aujourd'hui, nos entreprises n'arrivent plus à survivre. Le cas de Brandt, il y a quelques jours, Brandt, le ministre de l'Industrie m'appelle la veille pour me dire le jugement est demain, il manque 5 millions d'euros.

Nous n'avions pas été prévenus, la région n'avait pas été tenue au courant. En 24 heures, on trouve un million d'euros supplémentaires. On n'a pas pu trouver plus. Mais ceux qui ont coulé Brandt, c'est ceux qui votent les impôts à gogo et les dépenses illimitées. C'est cette alliance du PS et du RN qui, à l'Assemblée nationale, vote n'importe quoi. Donc le redressement de la France, je le dis, il passe par une politique de droite,

15:07
Présentateur

de droite républicaine. Mais attendez, cette droite que vous décrivez là, est-ce que c'est la droite de Bruno Retailleau, le patron du parti ?

15:13
Valérie Pécresse

Mais c'est la droite de nous tous. Il faut qu'on se mette tous ensemble. Tous ceux qui ne veulent pas que le RN arrive au pouvoir. Il me semble que Bruno Retailleau, il fait partie de ceux qui font rempart aujourd'hui au RN. Et là encore, je le dis, je ne parle pas des électeurs du RN parce que les Français soient furieux de l'impuissance publique, des divisions de la droite, que les Français considèrent aujourd'hui que l'immigration est incontrôlée, qu'il y a un déclassement qui est lié à notre incapacité à mener une bonne politique économique, qu'aujourd'hui les services publics soient en capilotade. C'est vrai qu'il y ait de l'insécurité, c'est vrai.

15:51
Auditeur

Juste, Valérie Pécresse, là encore pour prendre des exemples précis sur ce que vous dites. Parmi les déclarations qui ont sans doute suscité votre appel d'hier, il y a aussi Laurent Wauquiez qui lui dit, au municipal, dans le cadre d'un second tour où la droite ne serait pas présente, il dit tout sauf la France insoumise, quitte à voter pour le Rassemblement national. S'il y avait ce type de scénario, vous, entre le Rassemblement national et la France insoumise, qu'est-ce que vous feriez ?

16:13
Valérie Pécresse

C'est exactement avec ce genre de questions qu'on accrédite le scénario dont vous parlez. Donc, moi, jamais, je me bats de toutes mes forces pour que ce scénario ne se produise pas. Mais ce scénario ne se produira pas. Il ne se produira pas parce qu'on va se battre tous ensemble. Jamais, jamais.

16:28
Auditeur

Donc, c'est trop difficile de dire on ne vote pas pour le RN même si c'est pour battre la France insoumise ?

16:33
Valérie Pécresse

Mais enfin, vous voulez me faire choisir entre Caribe et Silla ? Moi, je ne choisis pas entre les extrêmes. Je vous soumets Valérie Pécresse une phrase de Laurent Wauquiez qui dit

16:41
Auditeur

tout sauf la France insoumise qui s'a voté pour le Rassemblement national. Si vous dites il ne faut s'allier avec le RNC, c'est effacé et si vous êtes partisane de ce qu'on appelle le cordon sanitaire, vous pourriez dire ce matin jamais un vote pour le Rassemblement national.

16:55
Valérie Pécresse

Monsieur Duhamel, je suis la bête noire de la France insoumise. Je suis le rempart de la France insoumise. Et si j'ai continué la politique après 2022, c'est parce que je me suis rendu compte que dans ma région, l'île de France, l'influence de la France insoumise ne cessait de grandir jour après jour. Et ce qui me...

17:09
Auditeur

Donc dans un second tour, c'est ni LFI ni RN.

17:11
Valérie Pécresse

Mais la LFI, la LFI aujourd'hui, la LFI, pardon, excusez-moi, la LFI mène une politique qui est aujourd'hui communautariste. La LFI surfe sur l'antisémitisme. La LFI aujourd'hui se compromet avec des islamistes politiques dans toutes les manifestations. Et vous pensez vraiment que je peux avoir la moindre, la moindre, comment dire, indulgence vis-à-vis de la LFI. La LFI, je les combats tous les jours, pied à pied, sur le terrain. Moi, mon combat, il est contre les extrêmes. Donc ni LFI ni RN s'il y a un second tour au municipal. Mais c'est la politique de la droite. La droite, elle n'est ni LFI ni RN, c'est son ADN. Et je vais vous dire encore mieux, c'est un gâchis aujourd'hui.

Parce que nous avons tellement de talent. Nous avons tellement de talent à droite. Tellement de talent qui s'expriment. Comment se fait-il qu'avec autant de talent, on n'arrive pas à s'unir ?

18:05
Présentateur

Alors, comment on fait le tri, précisément ? Vous, vous êtes pour une primaire. Est-ce que, comme Laurent Wauquiez l'imagine, elle pourrait aller d'Edouard Philippe à Sarah Knafow ? Ça vous va,

18:15
Valérie Pécresse

ce périmètre ? Dans les grandes démocraties, et notamment, par exemple, aux Etats-Unis, que font-ils pour définir le champ d'un parti politique ou le champ d'une primaire ? Ils disent aux candidats de se déclarer membre d'un parti et, évidemment, à l'exclusion de tous les autres. Donc, ça veut dire que la primaire qui doit, si elle doit avoir lieu, la primaire qui définira notre candidat, si on n'arrive pas à se mettre d'accord, sans. La primaire, elle doit réunir des candidats qui disent je suis de droite républicaine et je refuse toute alliance avec le Front National. C'est ça, les deux critères pour participer à la primaire. Il n'y en a pas d'autre.

18:55
Auditeur

Donc, ça exclut Sarah Knafo de Reconquête.

18:57
Valérie Pécresse

Ça exclut tous ceux qui pensent qu'on peut s'allier avec le RN et de ce point de vue, pardon de le dire, mais M. Zemmour, son seul rôle, ça a été passe-plat vers l'extrême droite. En tout cas, c'est le rôle qu'il a eu en 2022. Après, Marine Le Pen lui a claqué la porte au nez et maintenant, il est tout déconfit et il est au milieu de nulle part. Mais aujourd'hui, nous devons choisir entre des candidats qui refusent l'alliance avec le Front National. Mais donc,

19:20
Auditeur

ça veut dire à l'inverse, Edouard Philippe fait partie de ce périmètre-là.

19:23
Valérie Pécresse

Mais tous ceux qui pensent qu'ils sont de droite, allez lui poser la question. C'est à eux de se définir. Nous, on veut les candidats de la droite.

19:31
Auditeur

Juste avant de parler du budget, Valérie Pécresse, est-ce que vous comprenez peut-être, je ne sais pas si Laurent Wauquiez pense cela, mais on lui posera la question si jamais il vient à notre micro, que la candidate qui a fait 4,7% à l'élection présentielle en 2022 n'est pas forcément la mieux placée pour dire quelle est la meilleure stratégie pour que la droite gagne ?

19:47
Valérie Pécresse

C'est possible, mais elle a beaucoup beaucoup d'expérience que eux n'ont pas. Et s'ils veulent revivre la même expérience que moi, je leur rappellerai que j'ai commencé la campagne présidentielle avec 17% d'intention de vote. Non mais ça veut dire qu'une campagne ratée, c'est une campagne où on n'a pas d'espace politique et où on n'a pas le temps de créer cet espace politique. Et s'ils veulent revivre la même chose, j'aurais la charité de ne pas leur dire à quel niveau de sondage ils démarrent. Vous seriez de nouveau candidate ? Alors là aussi, je ne vais pas ajouter un visage à une affiche dont j'ai dit qu'elle était absurdement pléthorique.

Ce que je veux, c'est qu'on s'unisse et je voudrais...

20:24
Auditeur

Il y a peut-être un sentiment de revanche chez vous ? Mais absolument pas,

20:28
Valérie Pécresse

au contraire. Si vous écoutez cette interview, vous comprendrez que mon seul souhait aujourd'hui, c'est de servir mon pays parce que je ne me résous pas, je ne me résigne pas à un scénario qui commence à sembler écrit d'avance. Voilà. Et faire partie de la droite, c'est de ne pas se résigner. Voilà. C'est ça les bonapartistes et ça les gaullistes.

20:49
Auditeur

Un mot Valérie Pécresse sur ce qui se passe au Parlement. Il y a les divisions vis-à-vis du Rassemblement National mais aussi vis-à-vis du gouvernement. Il y a une semaine, le patron de votre famille politique, Bruno Retailleau, appelait à s'opposer au budget de la Sécurité Sociale en disant que c'était un budget qui emmenait la France dans le mur. Ce qui n'a pas empêché 18 députés de la voter. Je vous vois lever les yeux au ciel. Est-ce que c'est le retour comme disait Guy Mollet de la SFIO de la droite la plus bête du monde ?

21:15
Valérie Pécresse

Écoutez, je ne vais pas jeter l'anathème sur ma famille politique. Moi, je pense que le rôle de la droite, c'est de dire la vérité. Ça a toujours été de dire la vérité. D'ailleurs, il y avait eu un très beau livre de François Fillon qui s'appelait La France peut supporter la vérité. La vérité aujourd'hui, c'est que si on vit plus longtemps, il va falloir travailler plus longtemps. Nous sommes le seul pays en Europe dans lequel le parti socialiste ose dire qu'on peut faire la retraite à 62 ans. Le RN le dit aussi, ce qui montre que le RN, contrairement à ce qu'on pense, n'est pas un parti responsable et ce n'est pas un parti qui mènera le pays à la faillite.

21:53
Auditeur

Mais simplement, vous dites la vérité. La vérité, c'est que la droite a donc avalisé en partie ou du moins a laissé passer 18 votes pour, une bonne partie d'abstention, un budget de la sécurité sociale qui suspendait la réforme des retraites. Vous ne l'auriez pas voté ?

22:06
Valérie Pécresse

Mais moi, je l'ai dit, je l'ai dit dix fois. J'ai dit que suspendre la réforme des retraites, c'était une faute politique et une faute morale. Mais les vrais responsables, ce n'est pas la droite. Les vrais responsables, c'est ceux qui l'ont demandé la suspension. Et qui l'a demandé ? La droite aurait pu faire échouer. Le RN et le Parti Socialiste. Oui, d'accord, mais les vrais responsables, c'est ceux qui l'ont demandé. Et je rappelle que le Parti Socialiste est au gouvernement en Espagne et qu'ils vont faire la retraite à 67 ans.

22:30
Auditeur

Vous avez passé la campagne présidentielle de 2022 à reprocher à Emmanuel Macron d'avoir cramé la caisse. Oui. On est d'accord.

22:35
Valérie Pécresse

Et c'était vrai.

22:36
Auditeur

Ça, c'est votre jugement. Mais non, ce n'est pas mon jugement, M. Diyamel. On est à combien de dettes ?

22:41
Valérie Pécresse

On est à combien de déficits ? M. Diyamel, j'avais raison. Donnez-moi le point. Mais Valérie Pécresse, sur les chiffres, vous avez raison.

22:48
Auditeur

Mais sauf que la droite républicaine, aujourd'hui, avalise un budget qui laisse défiler le déficit de la sécurité sociale et il y a une sorte de contradiction. Si la droite considère qu'Emmanuel Macron crame la caisse, elle s'oppose au budget de la sécurité sociale ?

23:02
Valérie Pécresse

M. Diyamel, la droite, aujourd'hui, au Sénat, vient de corriger la copie budgétaire, vient de faire 8 milliards d'euros de baisse d'impôts par rapport à la copie de l'Assemblée nationale et 8 milliards de baisse de dépenses supplémentaires. Donc, moins d'impôts, moins de dépenses. C'est le Sénat, c'est la droite. Et là, j'espère que la commission mixte paritaire qui va se tenir ne va pas effacer toutes ces bonnes mesures votées par le Sénat. Il y a une influence de la droite, aujourd'hui, sur la vie politique et elle y va plutôt dans le bon sens celui du redressement des comptes. Et pardon, le redressement des comptes, ce n'est pas que pour redresser des chiffres.

Le redressement des comptes, c'est pour un jour sauver nos entreprises industrielles comme Bronte.

23:42
Présentateur

Valérie Pécresse, une question pour la présidente de région où vous êtes, la région Île-de-France, en charge des lycées. C'est Jérémy qui est au standard. Bonjour et bienvenue Jérémy. Vous avez une inquiétude. Oui, bonjour Mme Pécresse. Bonjour Jérémy. Bonjour. La problématique des écrans, c'est un vrai problème aujourd'hui au sein des familles et l'Île-de-France a tendance à accélérer la numérisation de l'école.

Et donc, du coup, je me demandais est-ce que vous êtes consciente que ça pose un problème aux parents pour instaurer des règles à l'intérieur du foyer et est-ce que vous évaluez cette politique de numérisation pour voir si c'est vraiment bénéfique pour les élèves, sachant qu'il y a certains pays qui y reviennent. Et sachant qu'il y a des lycées qui sont entièrement numérisées pour les manuels scolaires ?

24:26
Valérie Pécresse

Alors, je vais répondre à Jérémy. Il y a deux choses. L'exposition aux écrans qui est toxique pour les lycéens. Je parle des lycéens. Moi, j'ai des jeunes qui ont déjà plus de 15 ans. Bon. Il y a l'exposition qui est toxique, c'est celle au téléphone portable. C'est pour ça que la région s'est mobilisée pour l'expérimentation zéro portable en cours. Nous avons déjà plus de 100 lycées qui ont banni les portables des classes et la région finance des boîtes pour ranger les portables. Les portables, c'est ça le fléau des familles. 70% des lycéens font leur devoir avec leur portable allumé. 70% des lycéens dorment avec leur portable allumé. Donc, il faut éteindre son portable.

Les écrans d'ordinateur et l'enseignement numérique, c'est quelque chose qui apporte à la pédagogie un plus incroyable. écouter l'appel du 18 juin et l'écouter en audio, c'est autre chose que le lire. Faire des langues vivantes avec de l'audio, c'est complètement différent que de le lire sur un manuel. C'est plus nécessaire de travailler sur des livres papiers. Mais, je ne dis pas qu'il ne faut pas lire. Nous avons une politique d'achat de livres qui est très puissante. D'ailleurs, tous les lycéens ont 100 euros aujourd'hui pour aller acheter des livres dans des librairies indépendantes sur la base de l'application de la région. Donc, oui, il faut lire.

Mais la pédagogie numérique aujourd'hui est beaucoup plus puissante que la pédagogie papier.

25:56
Présentateur

Merci Valérie Pécresse, présidente LR de la région Île-de-France. Merci d'avoir été à notre micro ce matin.