L'invité d'Apolline Matin : Flambée des prix du carburants, comment calmer la colère des Français ? - 23/09
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 1:05OuverteRéponse directe
Certaines renoncent même à travailler.
- 1:28ComplaisanteRéponse partielle
Je rappelle que ces certificats d'économie d'énergie, c'est entre 17 et 20 centimes par litre.
- 1:52RelanceRéponse directe
Vous n'avez pas l'impression de faire une mesure qui ne sera pas suffisante et qui sent la fausse bonne idée ?
- 3:31FerméeRéponse partielle
Antoine Vermorel-Marques, est-ce que Total est un profiteur de guerre ?
- 4:16OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes à ses côtés pour aller chercher la transparence sur les marges ?
- 5:59OuverteRéponse directe
Les aides, vous y comprenez quelque chose pour obtenir ces aides quand on gagne moins de 2035 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34Invité politiqueChiffre
« si vous gagnez 2036 euros, vous n'avez rien. Mais si vous avez 2034, vous gagnez quelque chose. »
- 0:51Invité politiqueFait
« aujourd'hui, un salarié au SMIC dépense autant pour sa nourriture que pour son carburant. »
- 1:20Invité politiquePromesse
« on propose provisoirement de suspendre ces certificats d'économie d'énergie qui baisseraient le prix de 17 centimes »
- 2:30Invité politiqueFait
« ils disent que c'est une usine à gaz. »
- 2:58Invité politiquePromesse
« on peut suspendre cette aide. »
- 3:37Invité politiquePromesse
« on avait demandé à l'Assemblée nationale une commission d'enquête pour avoir une transparence sur le prix des carburants. »
- 3:49Invité politiqueFait
« les prix augmentent comme un ascenseur quand le baril augmente. Par contre, quand ça redescend, là, on prend l'escalier, ça va doucement. »
- 6:27AuditeurFait
« En 2026, le budget de la France a été quand même voté dans tous les sens et compagnie. »
- 7:12PrésentateurChiffre
« il y a plutôt un manque à gagner, de l'ordre de 400 millions pour l'État »
- 7:24PrésentateurChiffre
« 17% de moins de consommation d'essence »
Temps de parole
- Invité politique43 %
- Présentateur19 %
- Auditeur12 %
- Invité11 %
- Invité 29 %
- ?5 %
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Vous
écoutez
RMC. Elles vont dans le bon sens, mais elles sont complexes. Il y
a
un effet de seuil, c'est-à
-dire
que si vous gagnez 2036 euros, vous n'avez rien. Mais si vous avez 2034, vous gagnez quelque chose. Et il y a plein de publics qui ne sont pas concernés, notamment les routiers.
Il
y
a
un moment donné, dans la situation dans laquelle on est, il y a des aides ciblées qui peuvent être acceptées quand la crise commence, par exemple au printemps. Mais là, elle dure, elle devient structurelle. Et c'est de plus en plus difficile pour les salariés. Aujourd'hui, un salarié au SMIC dépense autant pour sa nourriture que pour son carburant.
Il
y a des familles en France, moi dans mon territoire, qui travaillent, et
qui
n'arrivent plus à boucler les fins de mois, et qui n'arrivent plus à donner à manger à leurs enfants. On en est là aujourd'hui.
Certaines vont même
renoncer à travailler. On a eu plusieurs témoignages qui disaient, en fait, aller travailler me coûte.
Et ce qui est terrible, c'est que celui qui ne bosse pas, lui, en revanche, ça ne lui coûte pas. Et donc, il y
a
encore une différence plus forte vis-à-vis de la France qui travaille. Et
c
'est cette nécessité-là de les accompagner davantage et de faire un effort. C'est pour ça qu'on propose provisoirement de suspendre ces certificats d'économie d'énergie qui baisseraient le prix de 17 centimes, exactement ce que les Allemands sont en train de faire au 1er
octobre. Je rappelle, effectivement, que ces
certificats d'économie d'énergie, c'est donc, en effet, entre 17 et 20 centimes par litre. C'est collecté par les distributeurs. Ça peut être suspendu, d'ailleurs, du jour au lendemain. Il n
'y a
pas besoin de lois pour ce faire. Enfin, en même temps, ils ont une utilité, quand même, ces certificats d'économie
d'énergie.
Ce qu'on oublie,
c'est qu'en fait,
ces certificats, comme toutes ces choses qu
'on
a, des subventions qu'on pourrait supprimer du jour au lendemain, en se disant que c'est juste un choix idéologique, en fait, elles ont aussi une réalité économique, parce que, par exemple, le marché de la rénovation, c'est un vrai business. Et moi,
je
suis sensible à ce que vous dites, quand vous dites qu'en ce moment, il y
a
des gens qui ne peuvent pas nourrir leurs enfants et qui, bientôt, ne pourront plus aller travailler. Mais là, les certificats d'énergie, ça nourrit aussi des artisans. Beaucoup de petits artisans qui, du coup, sont sur le marché de la rénovation et qui vivent grâce à ça. Vous n'avez pas l'impression de faire une mesure qui, d'une part, ne sera pas suffisante. C'est une évidence. Et deuxièmement, qui sent la fausse bonne idée à plein nez. Encore une fois, c'est-à-dire comme s'il y avait quelque chose qui servait juste à rien et qu'on pouvait supprimer. Moi, je fais confiance à la Cour des comptes. La Cour des comptes, elle a...
C'est bien la première fois que la Cour des comptes est prise en compte par
les politiques. Peut-être, mais
je prends en compte les différents rapports.
Et
sur les C, le Z, les certificats d'économie
d'énergie, c'est une usine à gaz.
Ils disent que c'est une usine à gaz. Quand la Cour des comptes dit ça,
c
'est quand même un point important. Deux, que c'est opaque. Et trois, qu'il
y a
un effet d'aubaine. Aujourd'hui, vous avez la prime Rénov' qui est là et qui est critiquée, mais vous avez aussi les primes énergie. Mais juste, quand vous êtes un particulier, vous faites un dépôt de primes d'énergie, que vous demandez à Total ou à d'autres une prime d'énergie. C'est d'une complexité sans nom. Vous pouvez même avoir une pompe à chaleur et avoir une prime d'énergie pour avoir un insert de cheminée alors que votre maison est décarbonée. Donc, il y
a
un effet d'aubaine qui est massif sur ces certificats
d'économie d'énergie.
Et donc, on peut suspendre cette aide.
Je
veux dire, à un moment donné, quand vous n'avez plus d'argent pour donner à manger à votre enfant à la fin de la semaine, votre rénovation énergétique, elle peut attendre trois mois.
Les
urgences chassent les priorités.
Et là, on a une urgence vitale pour les Français. Et pendant ces trois mois, d'ailleurs, on devrait pouvoir remettre à place ce système-là, le rendre beaucoup plus lisible, éviter les effets d'aubaine. Et puis, pour répondre à votre artisan qui vient me voir, moi aussi, pour m'en parler, éviter la fraude. Parce que le vrai problème aujourd'hui avec les certificats d'économie d'énergie, c'est qu'on a des gens qui viennent frauder, prendre l'argent des contribuables de personnes qui font leur plein pour l'utiliser, non pas à des fins de rénovation énergétique, mais simplement pour se faire des marges.
Antoine Vermorel-Marques, est-ce que Total est un profiteur de guerre
?
Total, moi, on avait demandé à l'Assemblée nationale une commission d'enquête pour avoir une transparence sur le prix des carburants. L'État l'a fait. Maintenant, on
a
la transparence sur les taxes. Moi, j'attends la transparence sur les marges. Il
y
a les marges des raffineurs. Il y a aussi les marges des distributeurs. Et aujourd'hui, depuis le début de la guerre, on l'a bien vu, les prix augmentent comme un ascenseur quand le baril augmente. Par contre, quand ça redescend, là, on prend
l'escalier, ça va
doucement.
Donc,
vous
soupçonnez que Total soit un profiteur de guerre ?
Je ne soupçonne personne de profiteur de guerre. Je demande juste, si vous n'avez rien à cacher, révélez vos marges.
Et ensuite, on verra ce qui se passera.
Aujourd'hui, Total est le seul distributeur qui est capable de plafonner ses prix. Donc, je doute que ces marges
soient les plus importants. Il y a une mission flash.
Attendez, il y
a
juste une
mission flash qui a été annoncée
par Aurélie Trouvé, qui est députée LFI, en charge notamment des questions économiques. Précisément là-dessus, est-ce que vous êtes à ses côtés ? Est-ce que vous vous dites, moi, LR, je suis quand même aux côtés de cette députée LFI parce qu'il faut aller chercher la transparence sur les marges ?
Aurélie Trouvé, elle a un parti pris. Elle considère que Total est le grand profiteur de guerre, celui qui se gaffe sur le dos des Français. Moi, quand je vois Total qui plafonne à 1,99€, pardon, mais je ne
vois
pas d'autres distributeurs qui le font. Par contre,
ce
que je demande simplement,
c
'est la transparence sur les prix. Et s'ils n'ont rien à cacher, s'il n'y a pas de sur-profit, s'il n'y a pas de profiteur de guerre, en fait, tout le monde va pouvoir faire comme l'État,
révéler ses propres marges. Mais
il faut qu'ils en apportent la preuve.
Ils
doivent en apporter la preuve. Et je pense qu
'ils ont rien à cacher.
Autant je vous trouve très au point sur les certificats d'économie d'énergie, autant sur les marges et sur Total, vous cherchez des choses là où il n'y
en
a pas. La façon dont sont faites les marges de Total, c'est très clair. Il faut rappeler qu
'il
y
a
un marché du pétrole et puis il
y a
un marché des produits raffinés sur lequel se fournissent tous les... Alors évidemment, quand vous maîtrisez la chaîne de production du début à la fin, vous n'avez pas acheté votre pétrole raffiné. Mais tous les autres, ils achètent le prix du pétrole raffiné au prix mondial. Ça veut dire que les marges de raffinage, ça n'est pas des gens qui décident d'augmenter leurs marges. C'est le fait de l'offre et de la demande qui fait que les marges augmentent. Point barre. C'est le résultat d'une confrontation sur un marché. Ce n'est pas des décisions délibérées de gens qui veulent s'en mettre
plein les fouilles.
Si on dit la même chose, pourquoi ils ne révèlent pas leurs marges ? L'État le fait sur les taxes. Il a été capable de dire « Regardez la TVA, tous les 15 jours, je vous montre, en fait, je perds de l'argent. » Mais
en
fait, pourquoi les distributeurs et les raffineurs ne
sont
pas capables de faire la même chose ? Moi, ma conviction, c'est que c
'est
les États pétroliers qui s'en mettent plein les poches. Mais la seule chose que je demande pour ne
pas
qu'il y ait de doute et qu'on n
'ait
pas cette théorie du complot de profiteur de guerre, c'est simplement la transparence sur les prix. Et là, on serait tous d'accord.
Vincent nous appelle de Roya. Bonjour Vincent. Bonjour Apolline. Les aides, vous qui êtes dans les chiffres et dans la gestion, vous y comprenez quelque chose pour obtenir ces aides quand on gagne
moins de 2035 ?
Il y a un truc que je comprends parfaitement.
C
'est une fumisterie sans nom. Il
faut
être réaliste au bout d'un moment.
Il
faut dire les termes comme ils sont. 2035 euros pour avoir une aide de 100 euros. Actuellement, 100 euros, c'est à peu près le plein d'une voiture. C'est même pas le plein d'une voiture de 40 litres. À peine. À peine. Donc, au bout, par contre, d'un moment, comme vous l'avez dit, il
y a
un budget. En 2026, le budget de la France a été quand même voté dans tous les sens et compagnie. On a discuté de tout ça, on a entendu. Ça a été un bordel sans nom entre les députés et tout. Oui, je s'en souviens. Il me semble,
jusqu
'à ce moment, du contraire, que, sauf erreur de ma part, on n'est pas censé prévoir les augmentations quand on fait un budget. Quand on fait un budget, on n
'est
pas censé prévoir les augmentations. Donc, du coup, quand on dit que Total s'est fait des marges, je suppose que l'État, avec toutes les taxes qu'il y
a,
parce qu'il faut quand même rappeler que le prix de l'île de dépense a 60% de taxes. Il
y a quand même une grande partie
d'augmentation, en quelque part. Et il nous explique, parce qu'on a quand même entendu durant toute cette crise, que,
ah
non, mais si on diminue les taxes, on va perdre de l'argent.
Alors, pour le coup, Vincent, je précise une chose, c'est très intéressant ce que vous dites, mais justement, tout a été vérifié pour l'instant. Après, ça peut encore évoluer. Mais pour l'instant, il y a plutôt un manque à gagner, de l'ordre de 400 millions pour l'État, qui n
'est
pas dû, effectivement, à une baisse des taxes, puisque les taxes ne sont pas baissées, mais qui est dû à une baisse du volume d'achat. Parce que les Français, et là, rien que pour le mois de septembre, le chiffre est pharaonique, 17% de moins de consommation d'essence. Ça veut dire 17% de sacrifice de
déplacement.
Est
-ce qu
'on
peut poser une question à Vincent ? Non, oui.
Non, j'ai juste un
mot. Sur le dispositif dont personne parle, mais qui est important, c
'est
l'augmentation à 1 000 euros de la prime carburant des entreprises.
Ça,
ça pourrait être versé, Vincent
? Non,
pas dans l'entreprise où je travaille. On est
entreprise où on travaille sur un secteur.
On travaille sur un secteur où on travaille dans la boutique.
Merci beaucoup. Merci, Vincent. Et merci à vous, Antoine Vermorel-Marques, d'être venu ici défendre votre position.