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interviewJordan Bardella· 16 avril 2026 14 min

Jordan Bardella sur France 2 : « Il faut baisser les taxes sur les carburants ! »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Jordan Bardella, bonsoir. Bonsoir. Merci de votre invitation.

Bienvenue sur le plateau du 20h. Le gouvernement envisage donc de plafonner les marges des station service pour répondre à la flambée des prix des carburant du carburant. Est-ce que c'est une bonne idée selon vous ?

L'idée dérisoire sur le papier, c'est pas ça qui va euh rendre du pouvoir d'achat aux Français dans un contexte où euh des millions de nos compatriotes, des millions d'automobilistes et je pense à ceux qui ont besoin de leurs véhicules pour aller travailler, à nos infirmières libérales, à nos routiers, à nos pêcheurs, aux familles françaises qui aujourd'hui sont contraintes de limiter les déplacements ou de ne pas partir en vacances comme ça a été le cas ces derniers jours, n'aura évidemment aucun impact. Il faut baisser les taxes sur le carburant. Il est faux d'affirmer que l'essentiel des hausses des prix à la pompe provient immédiatement de la hausse de la matière brute.

Il y a 55 % de taxes sur le carburant. Et quand on regarde aujourd'hui autour de nous, l'Espagne, le Portugal, l'Italie, l'Allemagne, la Pologne, toutes les grandes économies de l'Union européenne baissent les taxe. Donc je demande au gouvernement une baisse de la TVA de 20 % à 5,5 % sur le carburant, c'est 25 centimes qu'on va rendre en en pouvoir d'achat et de baisser la TICPE qui est une taxe importante sur le carburant qui est aussi payée par les entreprises de de 16 centimes qui est l'exacte montant qui a été réhaussé par Emmanuel Macron et ça coûterait combien ça Jordan Bardella ?

Si on baisse ces deux taxes, ça coûterait combien ? Et est-ce qu'on a les moyens de se passer de plusieurs milliards d'euros ? Parce que si on les baisse sur un an, c'est en gros 12 milliards d'euros.

Est-ce qu'on a les moyens de se passer de ça ? Vous allez même plus loin. Vous citez l'Espagne, l'Italie ou l'Allemagne, ils vont pas aussi loin que vous alors que eux ils les ont les 12 milliards.

Nous on les a pas. En tout cas, ils ont montré qu'on pouvait baisser la fiscalité sur le le carburant pour soulager la facture d'énergie de de nos compatriotes. D'abord, moi ce que je rend et et ce que nous rendons en terme de pouvoir d'achat aux français avec ces mesures, c'est globalement 25 € par par plein d'essence sur un plein d'environ euh euh 50 L.

Euh je pense qu'il faut remettre un petit peu les choses en perspective. 15 milliards d'euros qui est la totalité de la baisse de taxe que nous proposons, c'est 1 % de l'ensemble de la dépense publique. 1600 milliards d'euros de dépenses publiques et l'argent dépensé par l'État.

Madame, on demande, on peut toujours faire des rapports enfin 12 milliards, on les a pas. Madame Laurent Voquet vous a répondu, il a dit c'est 15 milliards, on les a pas et c'est et et Laurent Voquet dit c'est une catastrophe économique tous les jours. On demande aux Français de se serrer la ceinture et on vient nous expliquer que dans le contexte actuel, l'État est incapable de faire à peine à peine 1 % d'économie sur son fonctionnement alors qu'il crée chaque année de nouvelles recettes sur l'immigration qui est toujours plus nombreuse dans notre pays, sur l'augmentation de 6 milliards cette année de la contribution de la France au budget de l'Union européenne sur le coût inutile des éoliennes alors que la production d'électricité diminue en France et qu'on devrait relancer la filière nucléaire sur le coût de la bureaucratie d'État et de ces agences publiques, croyez-moi, madame, de la mauvaise dépense publique, des gaspillages d'argent public, de l'argent qui est qui est prélevé par l'État sur la France, du travail dans un pays qui est le pays qui norme le plus, qui taxe le plus, c'est insupportable et beaucoup de nos compatriotes se demandent où passe l'argent.

Donc, est-ce que vous ne croyez pas que plutôt que d'augmenter la facture de l'immigration chaque année, plutôt que d'augmenter le coût de l'Union européenne, on ne ferait pas mieux de baisser la fiscalité parce qu'on va aussi créer un choc de consommation. Et donc moi, j'appelle à ces mesures d'urgence parce que aujourd'hui les Français n'arrivent plus à se déplacer, ils n'arrivent plus à utiliser leur véhicule. Et moi, je pense aux millions de Français qui sont dans une détresse insoutenable ce soir.

Et je veux leur dire que si demain nous arrivons à la tête du pays, non seulement nous leur rendrons leur argent, nous ferons le ménage dans la mauvaise dépense publique, mais nous défendrons bec et ongles leur pouvoir d'achat. Jordan Bardella, les études économiques ont montré au moment du bouclier énergétique que les aides quand elles ne sont pas ciblées comme votre baisse de la TVA, c'est-à-dire pour tout le monde, et bien elle profite au plus aisé. Donc là, avec votre dispositif, le cadre dans la finance qui roule en SUV, il touchera la même chose de l'État que l'infirmière libérale.

Est-ce que c'est juste d'abord les aides dans un cadre de de de budget ultra contraint ? D'abord, les aides n'étaient pas ciblées puisque moi-même comme parlementaire européen, j'ai reçu le chèque énergie de la part de l'État. Donc ça a été une usine à GAB insoutenable.

Et voyez bien ce qu'on est en train de faire plutôt que de baisser les taxes qui simplifierait considérablement le fonctionnement de la fiscalité, qui permettrait immédiatement de baisser le prix à la pompe. Encore une fois, 55 % des prix des carburants sont des taxes et bien on préfère distribuer des chèqus qui vont servir à payer des taxes que l' que l'État ne veut pas baisser. Et pardon mais si on vient expliquer aux Français que on ne va pas baisser la fiscalité comme le font toutes les économies de l'Union européenne pour 99 % des Français parce que ça pourrait profiter au 1 % de Français qui roulent en Porsche honnêtement l'argument n'est pas sérieux.

Une question sur la guerre au Moyen-Orient puisqu'on en est là à cause de la guerre au Moyen-Orient. On en est à la 6e semaine de guerre lancée par Donald Trump. Le D3 d'Ormous est toujours bloqué.

Le régime iranien est toujours en place. Il est pas tombé. Vous aviez salué lors de la réélection de Donald Trump en 2024, je vous cite, un grand vent de liberté et de fierté nationale qui souffle sur nos démocraties.

Vous le voyez là, le vent de liberté qui souffle en ce moment. Est-ce que vous comprenez ce que fait Donald Trump ? Alors, si vous me le permettez, la phrase euh avait quand même une suite et j'indiquais que c'éit un vent de liberté qui soufflait sur l'Amérique euh mais que euh ce qui était bon pour les intérêts américains et et je l'ai affirmé dès l'élection de Trump au Parlement européen serait très mauvais euh pour les économies européennes et notamment pour la France.

Vous vous souvenez que nous sommes opposés à l'accord commercial qui a été l'accord de rédition qui a été signé par la présidente de la de la Commission européenne avec les États-Unis l'été dernier qui nous obligeait à acheter 700 milliards de dollars d'achat énergétique. Donc on voit bien que les objectifs de guerre aujourd'hui du président Trump sont totalement ératiques et personne n'est capable aujourd'hui de dire quels sont quelle est la cohérence quelle est la colonne vertébrale idéologique de cette guerre qui est menée et dont on ne voit pas le bout. Donc Emmanuel Emmanuel Macron a la bonne position de dire "C'est pas notre guerre, on rentre pas dedans." Moi je regarde et et les intérêts français sont notre seul boussole.

Quels sont les intérêts de la France ? La France doit permettre à ses ressortissants de pouvoir continuer à œuvrer dans la région en sécurité. La France doit porter une assistance à l'ensemble de ses alliés.

Nous avons des partenariats de sécurité que nous devons honorer. Je pense aux Émirats arabes unis. Je pense à la situation extrêmement préoccupante au Liban où près de 20 % de la population est aujourd'hui déplacée et subissent cette guerre en raison de la place considérable que prend le le Esbola dans la société euh libanaise.

Et je pense que le rôle de la France est devré dans la la limite de ce que peut faire la diplomatie française mais avec force et fermeté à la réouverture du D3 d'Ormous. Et on voit que cette intervention américaine, elle a des conséquences qui sont catacllysmiques pour notre économie, pour notre système énergétique. Et donc demain, nous devons redonner à la France les moyens de sa souveraineté, les moyens de son indépendance énergétique.

Et c'est la raison pour laquelle nous nous sommes des partisans de la puissance et des partisans du nucléaire en matière notamment énergétique pour ne pas dépendre de nos voisins, même si en matière d'hydrocarbure, c'est vrai que nous sommes extrêmement dépendants des marchés d'ormous bien sûr. Dimanche dernier, votre grand allié européen Victor Orban a largement été défait en Hongrie. Marine Le Pen était allé le voir pour le soutenir il y a 3 semaines en parlant d'un ami, un allié, un visionnaire euh et en expliquant qu'une défaite d'Orbane serait un frein à la stratégie du RN en Europe.

C'est ce qu'elle disait elle-même. C'est donc une mauvaise nouvelle pour vous pour les valeurs que vous portez cette défaite large lourde de Victor Orbane. D'abord, le peuple hongrois s'est exprimé et il faut respecter le choix euh des Hongrois euh qui ont choisi un nouveau premier ministre qui représentera les intérêts de la la Hongrie au sein de l'Union européenne et qui est en fait un compagnon de route de Victor Orban puisqu'ils ont travaillé pendant très longtemps euh dans le même parti politique et que peu ou prou sur le fond des idées, sur le fond de la ligne politique, ils défendent des grandes idées qui sont assez assez assez proches.

Bien sûr que nous souhaitions la victoire de Victor Orban, pas pour nous. Mais parce que Victor Orban contribuait euh à remettre en cause les politiques de l'Union européenne qui sont néfastes notamment en matière euh économique, la multiplication des normes qui pèsent aujourd'hui sur les entreprises françaises et sur l'économie française, elle provient de la Commission européenne. Et c'est vrai que nous souhaitons demain à la tête du pays travailler avec l'ensemble des gouvernements.

Je pense aussi à l'Italie de Georgia Méloni qui souhaite une Europe basée sur les coopérations entre États, la croissance, la puissance et la protection de nos frontières. Jordan Bardella, Victor Orban, il assumait aussi sa proximité avec Vladimir Poutine. Il avait bloqué un prêt de 90 milliards d'euros pour l'Ukraine.

Vous aviez voté contre ce prêt au Parlement européen. Vous votez en général contre les aides aux Ukrainiens. Vous l'avez fait à plusieurs reprises.

En juillet 2024, en mars 2025, encore en février 2026. À chaque fois que l'Union européenne veut intensifier son aide à l'Ukraine, vous votez contre. Vous l'assumez. pas d'argent aux ukrainiens.

Non, d'abord nous avons toujours indiqué que euh nous condamnions avec la plus grande force et la plus grande fermeté euh la violation de la souveraineté territoriale de l'Ukraine par la Russie. Je l'ai dit, la Russie et c'est peut-être la différence d'approche euh que j'ai avec un certain nombre de pays d'Europe centrale est aujourd'hui une menace multidimensionnelle pour les intérêts européens. Et on voit la façon dont Vladimir Poutine par l'augmentation des revenus qu'il tire des exportations d'hydrocarbure tire profit de l'intervention américaine en Iran.

Il en est peut-être d'ailleurs l'un des seuls profiteurs et l'un des seuls bénéficiaires. Euh pourquoi est-ce que je me suis opposé à ce prêt ? Ça rejoint ce qu'on disait il y a quelques minutes.

On vient expliquer aux Français qui sont pris à la gorge aujourd'hui qu'il y a plus d'argent pour leur pouvoir d'achat, qu'il y a plus d'argent pour construire des hôpitaux, qu'il y a plus d'argent pour des services publics qui fonctionnent. Mais comme par magie, on a trouvé 18 milliards d'euros pour la France avec les pays qui ne veulent pas contribuer 90 milliards c'est le prêt européen. C'est 18 milliards pour la France.

On retrouve spontanément de l'argent les rainiens qui se bat qui se battent pour nos frontières également qui se battent face à la Russie, on n'a pas les moyens de les aider. C'est ça que vous dites. Vous assumez clairement ça.

Vous dites "On est prêt à la gorge, on peut pas les je pense que la France doit apporter un soutien euh défensif euh à l'Ukraine. Nous avons des partenariats de sécurité à l'est de l'Europe, notamment des missions au temps. Nous assurons la sécurité aérienne d'un certain nombre de pays qui sont frontaliers de la Russie et la France, si demain nous sommes à la tête du pays, continuera d'honorer ses partenariats.

Mais cette guerre, elle dure depuis 2022. Elle a fait des dizaines de milliers de victimes et la priorité n'est pas de financer la guerre, elle est d'organiser un cesser le feu. Elle est de permettre à l'Ukraine d'avoir des garanti de sécurité et elle est de permettre aussi à la France de retrouver une indépendance sur le plan diplomatique militaire et ce seront les grandes lignes que nous défendrons lors de la de la campagne présidentielle.

Mais voyez, je viens déjà de vous trouver 18 milliards d'euros. Donc je pense que lorsqu'on veut rendre au français les fruits de l'argent, on peut le faire. Non non non, c'est de l'argent qui n'est pas donné et qui ne sera madame jamais remboursé.

Tout le monde le sait. Deux dernières questions si vous le voulez bien Jordan Bardella. Vous allez déjeuner avec les dirigeants du MEDEF la semaine prochaine.

On l'a appris. On a aussi appris que Marine Le Pen avait avait dîné avec plusieurs patrons du C 40 avec Bernard Arnaud, Patrick Pouyané. Vous dites au RN que vous êtes euh du côté du peuple.

Vous dites que vous êtes en guerre totale au RN contre le système. Non, je ne dis pas que nous sommes en guerre totale contre le Jean-Philippe Tangui le dit exactement. Nous sommes en guerre totale contre le RN.

Ce sont ces mots et vous déjeunez avec les plus éminents représentants de l'élite capitaliste. Où est la cohérence ? C'est une lecture extrêmement marxiste que vous avez des rapports des rapports économiquend.

Mais je pense que les entreprises françaises, on est dans un pays qui a les plus grandes, les plus belles entreprises au monde, 5 millions d'entreprises françaises sont la clé sur lequelle nous devons bâtir demain et après-demain la prospérité de la France. Nous sommes un parti politique qui a le premier groupe de députés à l'Assemblée nationale qui qui est donné aujourd'hui en capacité de remporter la prochaine élection présidentielle et il est naturel évident que nous dialoguions, pardonnez-moi, avec les milieux économiques, avec les petites entreprises, avec les entreprises de taille intermédiaire qui bien souvent sont des structures familiales qui ont de plus en plus de difficultés dans la transmission de leur entreprise, mais aussi avec des grands groupes qui font pardon qui créent des milliers d'emplois qui font la fierté de la France, la fierté du génie français en Europe, mais aussi partout dans le monde. Et moi, je suis très fier de grands groupes comme on pourrait citer évidemment Dasso, on pourrait citer Airbus, on pourrait citer LVMH qui sont aussi les clés demain et après-demain de la souveraineté et de la prospérité de la France.

Et donc moi, je n'oppose pas les salariés aux entreprises. Ma toute dernière question, vous a vu en couverture de Paris Match cette semaine en photo avec une jeune femme présentée comme votre compagne. Avez-vous donné votre accord à ces photos ou ce sont des photos volées ?

Allez-vous porter plainte contre Paris Match ? Quand on fait de la la politique au niveau où je la fais, c'est très difficile de conserver une vie privée. Vous savez que j'ai toujours été très attaché à à ma vie privée.

Il se trouve que depuis plusieurs mois, nous étions traqués par des paparadis qui campaient au pied du au pied du domicile, qui nous suivait lors de nos de nos déplacements et lors de cette cette visite en Corse jusqu'au pied de notre hôtel. Et donc nous avons pris la décision tous les deux ne plus nous cacher, d'assumer euh d'assumer ce qui relève pour nous aujourd'hui dans notre vie intime de l'évidence. Donc vous saviez que les photographes étaient là et vous étiez d'accord et vous étiez d'accord pour cette séance de photos ?

Nous l'avons assumé bien sûr. Je savais qu'ils étaient euh ils nous ont suivi pendant de très nombreuses semaines et c'était votre manière d'officialiser les choses comme l'ont fait avant vous Nicolas Sarkozy ou Carla Bruni par exemple au fond au Rassemblement national aujourd'hui vous faites comme les autres. Non mais madame, moi je je fais de la politique pour la France, je fais de la politique pour les Français et je demande à être jugé sur les idées que je porte, sur les idées que je défend et malheureusement au niveau où je suis aujourd'hui, il m'est difficile euh de protéger dans la mesure de ce que j'aimerais le faire ma vie privée.

En tout cas, je peux vous dire une chose ce soir, c'est que je suis très heureux. Yeah.