COUVRE-FEU : L'ÉCHEC DE MACRON
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« Ce qu’on appelle le couvre-feu est une mesure qui est pertinente. »
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« Améliorer la compétitivité de nos entreprises, c’est aussi baisser les impôts de production. »
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« L’essentiel de cette baisse des impôts de production va bénéficier aux très grandes entreprises. »
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« C’est tout à fait contraire à ce que demande le Haut Conseil pour le climat. »
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« 20 millions de Français vont-ils accepter sagement de rentrer chez eux avant 21 heures, et ce jusqu’au 1er décembre ? »
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« La mesure s’appliquera également dans huit métropoles : Lille, Lyon, Grenoble, Montpellier, Rouen, Aix-Marseille, Toulouse et Saint-Etienne. »
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« Nous allons les baisser de 10 milliards d’euros à partir du 1er janvier 2021. »
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« Le gouvernement a décidé de ne rien faire sur tous ces sujets là, c’est bien regrettable. »
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« On l’a compris, les bénéfices pour l’emploi de cet allègement fiscal restent très incertains. »
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« Un quart du budget de ce plan de relance va aller directement dans la poche des grandes entreprises. »
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« Les 280 000 plus petites entreprises de France vont toucher à peine 225 euros par tête avec ce plan de relance. »
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Ce qu’on appelle le couvre-feu est une mesure qui est pertinente. On nous a déjà pris pour des cons sur les masques, faudrait pas qu’on nous prenne aussi pour des imbéciles sur un couvre-feu qui ne serait qu’un instrument de communication. On ne vous empêchera pas d’aller dans les transports en commun, les uns contre les autres.
Quel est le sens ? Quelle est la cohérence de tout cela ? A chaque fois, on nous dit : “Mais non, mais non, il y a pas de sujet”.
Améliorer la compétitivité de nos entreprises, c’est aussi baisser les impôts de production. C’est évidemment inacceptable. C’est tout à fait contraire à ce que demande le Haut Conseil pour le climat.
L’essentiel de cette baisse des impôts de production va bénéficier aux très grandes entreprises. Vous avez ouvert les fenêtres ? Vous n’êtes pas plus de 6 devant la tablette ou l’ordinateur ?
Alors c’est bon, on peut parler du couvre-feu, de la baisse des impôts de production et des blindés de la gendarmerie. C’est tout de suite dans le numéro 91 du P’tit coup de Bourbon. 20 millions de Français vont-ils accepter sagement de rentrer chez eux avant 21 heures, et ce jusqu’au 1er décembre ?
C’est le pari politique que fait Emmanuel Macron. Notre objectif doit être de réduire les contacts privés qui sont les contacts les plus dangereux. C’est à dire les moments un peu de relâchement, on va se retrouver avec des gens qui ne sont pas dans notre cellule familiale et où va, ce qui est souvent des moments de convivialité il faut bien le dire c’est ça qui est cruel dans la gestion de cette maladie, des moments où on risque de s’infecter parce qu’on va être trop proche les uns des autres pendant une certaine durée.
Donc oui, ce qu’on appelle le couvre-feu est une mesure qui est pertinente. Il durera, le gouvernement est en mesure de le décider, pour quatre semaines. Nous irons devant le Parlement pour pouvoir essayer de le prolonger jusqu’au premier décembre.
La mesure s’appliquera également dans huit métropoles : Lille, Lyon, Grenoble, Montpellier, Rouen, Aix-Marseille, Toulouse et Saint-Etienne. Et ça commence dès samedi. Comme je me doutais un peu de ce qu’allait annoncer le Président de la République – je n’ai pas grand mérite, c’était dans toutes les gazettes -, j’ai demandé mardi à tous les députés que je croisais ce qu’ils pensaient de cette mesure.
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ont de sérieux doutes. D’abord sur l’acceptabilité de la décision. Autant je pourrais voir l’efficacité, même si c’est désastreux d’en arriver là, de reconfinements locaux, on aurait pu l’éviter mais très franchement j’interroge l’efficacité d’un couvre-feu.
Vous devrez rentrer chez vous à une certaine heure, mais on ne vous empêchera pas d’aller dans les transports en commun les uns contre les autres. Quel est le sens ? Quelle est la cohérence de tout cela ?
Les français sont des personnes plutôt, en grande majorité, disciplinées mais ils interrogent le bien fondé des décisions qui sont prises. Quand on leur explique pendant des mois que le masque est faussement protecteur ou inutile et qu’après on oblige à le porter sans qu’il soit gratuit par ailleurs ce qui est un problème, ils ne comprennent pas. Le fait qu’ils ne comprennent pas est un problème pour notre sécurité collective parce que, du coup, les consignes on les met en cause, on finit par s’interroger et elles sont moins bien appliquées.
Mal accepté, le couvre-feu risque fort de ne pas être bien respecté. Les forces de l’ordre seront-elles en mesure de veiller à son application ? Je pense que c’est une profonde erreur.
D’abord parce que, très franchement, aujourd’hui dans les métropoles quand vous fermez les bars à 22 heures, les restaurants sont à moitié vides, le couvre-feu ça veut dire quoi ? Vous ne pouvez pas vous balader dans la rue ? C’est une espèce de confinement nocturne.
Mais surtout, parce que s’ils décident un couvre-feu ça ferait un effet de communication, ça n’existera pas. Ce sera un mensonge. Il n’y a pas de policiers pour les faire respecter.
J’habite à Drancy, une ville de 70 000 habitants. Il y a une voiture de police de trois personnes à 22 heures qui est en place. Vous pensez qu’ils vont arriver à contrôler 70 000 habitants s’ils ont envie de se balader ou de faire quelque chose ?
C’est se foutre du monde. On nous a déjà pris pour des cons sur les masques, faudrait pas qu’on nous prenne aussi pour des imbéciles sur un couvre-feu qui ne serait qu’un instrument de communication. Le couvre-feu, pour sanitaire qu’il soit, reste une mesure d’exception.
Il vient s’ajouter à une longue série d’atteintes à nos libertés. Et du coup, à travers le covid 19, c’est l’état de santé de la République qui est questionné. Ca pose de vraies questions de libertés publiques et individuelles.
Ca fait quand même pratiquement six mois maintenant qu’on a de vraies atteintes, sans doute pour une part nécessaires aux libertés fondamentales, liberté d’aller et venir, de réunion, du commerce, du culte, et à chaque fois on nous dit “Mais non, mais non, il n’y a pas de sujet”. Moi, je veux bien qu’on vive en faisant attention, qu’on soit très vigilants avec la santé. Mais enfin, si c’est pour renoncer à des éléments fondamentaux et élémentaires de liberté, ça mérite réflexion.
Il faut impérativement concilier les deux. Une nouvelle fois, le gouvernement donne l’impression de naviguer à vue. La deuxième vague était non seulement prévisible, mais annoncée.
Pourtant, nos capacités hospitalières n’ont été améliorées qu’à la marge. Le pouvoir avait six mois pour les mettre à niveau. Il ne l’a pas fait.
A sa façon, le couvre-feu est un aveu d’échec. Les impôts de production ! Si vous êtes salarié, ça ne vous dit pas grand-chose.
En revanche, si avez monté une boîte, aussi petite soit-elle, ça vous parle forcément. Parce que les impôts de production, ce sont ces contributions aux noms un peu barbares dont doivent s’acquitter la plupart des entreprises. Citons les trois principales : la contribution sociale de solidarité des sociétés, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, la cotisation foncière des entreprises.
Eh bien, Bruno Le Maire veut baisser les impôts de production. C’est ce qu’il a annoncé lundi devant les députés qui entamaient l’examen du projet de loi de finances pour 2021. Améliorer la compétitivité de nos entreprises, c’est aussi baisser les impôts de production.
Nous allons les baisser de 10 milliards d’euros à partir du 1er janvier 2021. Je le dis avec la même transparence, nous ne demanderons pas de conditions à cette baisse d’impôts. Tout simplement parce que nous ne faisons que rétablir l’équité fiscale entre la France et les autres pays de l’Union Européenne.
Pas de conditions, pas de contreparties. Tout le monde paiera moins. Pour Jean-Christophe Lagarde, c’est le bon sens qui parle.
Pour l’instant, l’urgence, c’est d’arriver à sauver les entreprises, parce que moi je ne sais pas comment on lutte contre le chômage, si il y a des entreprises qui ferment. Donc, baisser leurs impôts c’est une façon de leur maintenir la tête hors de l’eau. Vous voulez mettre en plus une condition ?
Vous leur mettez une condition, vous leur enfoncez la tête dans l’eau. La condition, elle ne peut pas exister, d’autant plus que l’essentiel de cet effort, il est fait en direction de petites et moyennes entreprises. Vous croyez bien que dès qu’elles ont le carnet de commandes plein, elles embauchent.
Pour l’instant, le carnet de commandes n’est pas plein, voire il est vide, et elles sont obligées de débaucher, voire on les ferme comme un bar ou un restaurant. Vous voulez aujourd’hui, pour baisser l’impôt d’un restaurant, lui mettre des conditions ? Il a déjà la condition de ne pas être plus de la moitié de ces personnes.
Quant au bar, on lui dit: “Tu es fermé une fois tous les deux mois”. Du côté des Républicains, on se veut pragmatique. Nous demandons au gouvernement d’annuler les charges sociales et fiscales pour les petites et moyennes entreprises qui actuellement font moins de 50% de leur chiffre d’affaire.
Nous demandons immédiatement de transformer le PGE, le prêt pour les entreprises garantit par l’État, en fonds propre pour que les entreprises n’aient pas à rembourser ce prêt là. Ce sont deux mesures simples, concrètes, efficaces. Oui, mais voilà, l’économie française, ce ne sont pas que les bars, les restaurants ou l’hôtellerie.
Il y a aussi les grands groupes. Le CAC 40. C’est évidemment inacceptable.
C’est tout à fait contraire à ce que demande le Haut Conseil pour le climat qui dit qu’il faut que chaque euro qui serve à la reprise serve aussi à la transformation. Ca aurait été si simple pourtant de mettre des contreparties pour les grandes entreprises, par exemple, celles qui font plus de 1,5 milliard de chiffre d’affaire, contrepartie sur un objectif et des mesures pour réduire et suivre une trajectoire de baisse des émissions de gaz à effet de serre, des contreparties sociales, des contreparties sur le maintien de l’emploi, sur les relocalisations. Le gouvernement a décidé de ne rien faire sur tous ces sujets là, c’est bien regrettable.
Admettons que l’on baisse les impôts de production. Quel est le gain pour l’économie française ? Sur la baisse des impôts de production il n’y a pas d’études économiques qui établissent son efficacité sur le plan industriel, sur le plan de l’emploi.
Je constate que l’essentiel de cette baisse des impôts de production va bénéficier aux très grandes entreprises et aux très grandes groupes, qui par ailleurs vont être aidés par bien d’autres manières. Je doute de la nécessité de ces baisses d’impôts de production. On l’a compris, les bénéfices pour l’emploi de cet allègement fiscal restent très incertains.
Au moins, en ce qui concerne les grands groupes. Faut-il alors écarter ces derniers de la disposition gouvernementale. Je ne veux pas qu’on confonde les petites sociétés, les TPE, les PME, les artisans, les commerçants qui tirent la langue face au tsunami social que nous vivons et qu’il faut soutenir.
Certaines grandes entreprises que j’appelle “les profiteurs de crise”, parce que, pendant des années, elles se sont gavées d’argent public sans contreparties, sans vision stratégique et elles licencient au coeur d’une crise sanitaire et sociale grave. Je pense que c’est pour ça que le vocable “les entreprises” ne permet pas de résumer la situation parce qu’il y a tout et son contraire là dedans. J’observe que le plan de relance du gouvernement, pour l’essentiel, un quart du budget de ce plan de relance va aller directement dans la poche des grandes entreprises alors que les 280 000 plus petites entreprises de France vont toucher à peine 225 euros par tête avec ce plan de relance.
Donc, si vous voulez, ce plan de relance c’est une sorte de crédit d’impôts compétitivité emploi géant où on se charge de faire pleuvoir des milliards sans vision politique, sans vision stratégique, sans contrepartie en terme de maintien dans l’emploi, en terme de transition écologique, et on se figure que magiquement l’activité du pays va se relancer comme ça. On l’a compris, si la baisse des impôts de production soulagera un peu les petits, elle fera surtout le bonheur des gros. On commence à avoir l’habitude.
Ce qui ne veut pas dire que l’on se résigne. Amis manifestants, le gouvernement ne vous a pas oubliés dans son projet de loi de finances. Vous allez être gâtés.
La gendarmerie nationale va renouveler le parc de ses blindés légers. 80 véhicules à roues qui datent du début des années soixante-dix et dont les fumées d’échappement font davantage fuir que les gaz lacrymogènes. Déployés en décembre 2018, lors des émeutes des gilets jaunes, ces véhicules ont été le plus souvent employés de façon statique.
Pour protéger un accès ou un périmètre. Au-delà de l’aspect dissuasif, la direction de la gendarmerie nationale voulait surtout montrer aux politiques qu’il était temps de remplacer ses matériels. Eh bien, elle a obtenu satisfaction.
La gendarmerie va pouvoir puiser dans l’enveloppe de 14 milliards prévue pour les forces de sécurité. Et acquérir ainsi les 89 blindés qu’elle réclame. Deux modèles sont en concurrence.
Le Sherpa de Aquarus – la branche militaire de Renault - et le Véhicule blindé multirôles (VBMR) Serval fabriqué par le groupe franco allemand Nexter systems. Ce dernier véhicule commence à équiper l’armée de terre, ce qui pourrait pousser la gendarmerie à le retenir. Le Serval peut transporter jusqu’à 10 personnels et pèse une quinzaine de tonnes.
La version gendarmerie nationale prévoit l’adjonction d’une lame de déblaiement d’une poussée de 6 tonnes. Des éclairages spécifiques et des protections contre les cocktails molotov ont été rajoutés. Le blindé est également protégé contre les jets de peinture.
En effet, le Serval est totalement tributaire de ses caméras pour manœuvrer. La moindre coulée de peinture peut donc le handicaper sérieusement. Mais chut, je ne vous ai rien dit.
Reste la question de l’utilité de ces mastodontes. En 45 ans d’existence, leurs prédécesseurs, les véhicules blindés à roues n’ont été déployés que 2 fois sur le continent : à Notre-Dame des Landes et sur les Champs-Élysées. Les 70 millions prévus pour renouveler le parc seraient peut-être plus utiles pour rénover les casernements.
Emmanuel Macron