L'interview «Savoir comprendre» : Me Antonin Levy - 30/06
Audio original de l'émission.
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Analyse automatique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:09OuverteRéponse directe
Maître Antonin Lévy, avocat de François Fillon est avec nous.
- 0:17FerméeRéponse directe
1 156 000 euros détournés de l'Assemblée Nationale par François Fillon.
- 0:46RelanceRéponse directe
Jérôme Cahuzac, c'est aller vite aussi.
- 1:13OuverteRéponse directe
Est-ce que la justice s'est trompée ?
- 1:57OuverteRéponse partielle
Est-ce que les affaires qui concernent les politiques sont traitées sous la subordination au pouvoir en place ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:17PrésentateurChiffre
« 1 156 000 euros détournés de l'Assemblée Nationale. »
- 0:20Invité politiqueFait
« Oui, c'est la conséquence du jugement qui a été rendu. »
- 1:15Invité politiqueFait
« La justice s'est trompée, oui. »
- 1:47Invité politiqueFait
« le procureur de la République financière, qui a ouvert cette enquête, dénonce les pressions dont elle a fait l'objet, ne le mentionne même pas, ça n'existe pas dans leur décision »
- 2:21Invité politiqueFait
« un traitement qui est anormal, un traitement qui est surprenant »
- 2:32Invité politiqueFait
« on n'hésite pas dans ces dossiers à placer les avocats sur écoute, à les géolocaliser, à analyser leurs factures téléphoniques pour voir quels sont les contacts »
- 2:45Invité politiqueFait
« On a, oui, dans ces dossiers, un traitement d'exception. »
Temps de parole
- Invité politique82 %
- Présentateur18 %
≈ 3,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC. Bien, Maître Lévy, avocat d'Antonin Lévy, avocat de François Fillon est avec nous. Maître Antonin Lévy, 1 156 000 euros détournés de l'Assemblée Nationale. C'est ce que rappelle le tribunal. Détournés par François Fillon.
Oui, c'est la conséquence du jugement qui a été rendu. Comme la question de la fin en réalité fait qu'on aura un nouveau procès. Dans un an, pas avant un an. Vous savez maintenant, je ne fais plus aucun pronostic sur les délais dans ce dossier. J'ai été suffisamment surpris et suffisamment déçu. De la vitesse ? Non, pas de la vitesse, du traitement de défaveur. La vitesse, c'est autre chose. Et moi, ce que je souhaite, c'est que la vitesse en ces cas-là soit la même pour tous.
Jérôme Cahuzac, c'est aller vite aussi.
La justice devrait toujours être rapide. J'ai d'autres dossiers où vous avez des personnes qui sont dans des accidents industriels, qui vivent depuis 12 ans avec des procédures au-dessus de la tête, sans que les juges ne daignent ouvrir leur dossier. Moi, j'aimerais que tout le monde ait droit à la même rapidité, à la même célérité, aux mêmes moyens, et que pour tous ces dossiers, qui sont les dossiers de l'ombre, qui font les 99,9% de notre justice, on puisse avoir les mêmes moyens et la même envie d'y aller. Est-ce que la justice s'est trompée ? La justice s'est trompée, oui. Vraiment, vous le dites ce matin, la justice s'est trompée.
On a un droit d'appel parce qu'on a le droit de ne pas être d'accord. Il ne s'agit pas de critiquer ou de remettre en cause la décision de justice. Le droit d'appel, c'est qu'on a le droit de considérer que trois magistrats se sont trompés. Trois magistrats qui disent que François Fillon organise l'emploi familial en ne voyant pas qu'à l'époque, à l'Assemblée Nationale, c'est la règle, c'est faux. Voilà, ils se sont trompés. Et c'est le devoir de l'appel de venir reprendre ça à nouveau.
Trois magistrats qui, alors que le procureur de la République financière, qui a ouvert cette enquête, dénonce les pressions dont elle a fait l'objet, ne le mentionne même pas, ça n'existe pas dans leur décision, et décide d'enfermer, de mettre une chape de plomb sur cet élément fondamental, oui, la justice s'est trompée, et c'est pour ça qu'on a un droit d'appel.
Est-ce que les affaires, je vais vous poser une question plus large, est-ce que les affaires qui concernent les politiques sont traitées sous la subordination au pouvoir en place ?
La question que vous posez, je vais vous dire, je ne suis pas celui qui va y répondre, parce qu'on a une commission d'enquête parlementaire qui a été lancée. Donc la question se pose, elle est posée. Elle est posée parce qu'on constate dans ces dossiers politiques un traitement qui est anormal, un traitement qui est surprenant. On parle du dossier Fillon, parlons également du dossier de Nicolas Sarkozy, on voit qu'on n'hésite pas dans ces dossiers à placer les avocats sur écoute, à les géolocaliser, à analyser leurs factures téléphoniques pour voir quels sont les contacts. Est-ce qu'on imagine seulement la même chose avec des magistrats ?
Est-ce que l'institution judiciaire a la même défiance en interne dans son propre corps qu'elle ne l'a à l'égard de la défense ? On a, oui, dans ces dossiers, un traitement d'exception. Et quand la justice devient une justice d'exception, je crois souvent qu'elle perd le sens commun. Merci Maître Antonin Lévy.