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interviewBFMTV· 13 janvier 2025 21 min

Retraites, budget, influenceur algérien...L'interview en intégralité de Fabien Roussel (PCF)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

– Bonjour Fabien Roussel. – Bonjour Apolline de Malherbe. – Merci d'être ce matin sur RMC-BFM TV pour répondre à mes questions. Il est 8h32, vous êtes le secrétaire national du Parti communiste français. C'est votre tour, c'est vous la gauche qui désormais tenez les ficelles, et on le sent bien, vous êtes au cœur de toutes les négociations dans ces toutes dernières heures qui précèdent le discours, la déclaration de politique générale de François Bayrou demain. Au moment où on se parle, vous censurez ou vous censurez pas ?

0:26
Fabien Roussel

– D'abord je voudrais dire à vos téléspectateurs et téléspectatrices, « Bonne année, bonne santé et beaucoup d'argent dans le porte-monnaie ». – Ça fait toujours du bien ? – Oui mais vous savez, pour 2025, je crois que beaucoup de nos concitoyens attendent que ça change, attendent du changement. Et donc c'est ce que l'on essaye d'obtenir de ce nouveau gouvernement. M.

Macron a décidé de renommer les membres de son équipe, ceux qui ont toujours été avec lui malgré les élections, et nous, malgré tout, nous essayons d'obtenir, d'arracher des avancées pour nos concitoyens, que ce soit pour leur pouvoir d'achat, ou que ce soit pour le progrès social, et je pense à la réforme des retraites en particulier.

1:07
Présentateur

– On imaginait bien que vous faisiez ça, évidemment, pour en effet les Français, tout ça, tout ça, pas de problème, si vous préférez prendre le temps de redonner la méthode. Moi je vous pose quand même une question très concrète, au moment où on se parle, on le sait bien, vous êtes en égo, vous avez été reçu à Bercy deux fois par Éric Lombard, le nouveau ministre de l'Économie, avant, après, pendant, vous vous êtes réunis avec le Parti Socialiste et les écologistes pour vous mettre d'accord, et ce que vous tentez d'obtenir, c'est la suppression de la réforme des retraites.

Est-ce que vous avez l'impression que la discussion est saine, ou est-ce que vous ne vous dites pas que peut-être vous êtes en train de vous faire avoir ?

1:48
Fabien Roussel

– Je pense que, non, je vais vous dire franchement, on est encore un peu dans le brouillard. – Ah. – M. Béroud a dit qu'il avait en face de lui l'Himalaya, on est encore dans le brouillard, donc il n'est pas là de gravir l'Himalaya.

2:02
Présentateur

– Oui, sauf que c'est demain, là.

2:02
Fabien Roussel

– Sauf que c'est demain, donc j'espère que dans les heures qui vont suivre, qu'il va y avoir un petit peu d'éclaircie, et que l'on en saura un peu plus, nous avons formulé nos attentes modestement, humblement, celles que les Français d'ailleurs ont exprimées largement à travers les élections. L'abrogation de la réforme des retraites fait partie de ces demandes.

Je dirais même qu'il y a une majorité à l'Assemblée nationale pour l'obtenir, très large majorité, et donc nous attendons de la part du Premier ministre qu'il s'engage là-dessus, non pas dans neuf mois, non pas en renvoyant à une conférence sociale qui, si elle n'aboutit pas, ferait qu'on en resterait à la réforme des retraites à 64 ans.

2:46
Présentateur

– En fait, vous voulez un engagement dès demain.

2:49
Fabien Roussel

– Oui, parce qu'on ne veut pas de chèques en blanc. Nous, on ne signe pas de chèques en blanc. On ne signe pas de chèques en blanc. Ce n'est pas sur la base une vague promesse que l'on pourrait dire, ben non, que l'on pourrait dire, ok, on vous fait confiance, on ne vous censure pas. C'est ce qu'on aimerait bien nous avoir, c'est un engagement clair. D'abord, qu'il n'y ait pas de nouvelles ponctions sur le pouvoir d'achat des Français, qu'il y ait un geste sur les salaires, mais surtout qu'il y ait cette avancée pour les 70 000 personnes qui auraient dû partir en retraite et qui ont dû faire 6 mois, 9 mois de plus.

Et pour cela, je souhaiterais, nous souhaiterions, nous, écologistes, socialistes, communistes, qu'ils puissent partir en retraite le plus rapidement possible. C'est-à-dire le temps de mettre en place le système, là, dans les mois qui viennent, au printemps prochain.

3:34
Présentateur

Il y a plein de trucs dans ce que vous dites, Xavier Roussel. Il y a ce « nous » que vous prononcez, quand vous dites « nous », on le comprend désormais, c'est un nouveau « nous », ce n'est pas « nous » la nouvelle gauche qui avait été promise avec le nouveau Front populaire. Non, c'est une gauche qui comprend le Parti socialiste, les écolos et le Parti communiste. Mais d'abord, il y a aussi des mots que vous avez prononcés. Et vous avez dit « nous souhaitons l'abrogation de la réforme des retraites ». Or, on le sent bien, tout se jouera sur les mots. Abrogation, suspension, suppression.

Si on vous fait le coup de la suspension, est-ce que vous estimerez qu'en fait, allez, ça passe, parce que suspension, ça veut dire suppression ?

4:10
Fabien Roussel

Non, mais je ne vais pas m'arrêter sur les mots. Je ne vais pas m'arrêter sur les mots. Demain, ce sera des mots. Demain, ça ne sera que des mots, puisque ce sera une déclaration politique. Non, c'est très concret. Je pense par exemple aux Reapers, ceux qui sont derrière les camions poubelle, qui ramassent nos poubelles, tôt le matin, le soir, etc., qui font un boulot hyper pénible et qui se sont pris deux ans de plus. Je m'en fous des mots qui seront employés. Eux, ils ne devaient pas prendre deux ans de plus.

Je demande au Premier ministre que tous ces hommes et ces femmes qui auraient dû partir à 62 ans, 62 ans, là et maintenant, et 9 mois, puissent partir en retraite, là, dans les mois qui viennent. Que ça s'appelle une suspension, un gel, un moratoire, une abrogation, quel que soit le mot, qu'ils puissent permettre à ces salariés de partir avec leurs 168 trimestres, comme c'était prévu avant la réforme, et sans cette mesure d'âge de 64 ans ou 62 ans pour ceux qui pouvaient partir à 60 ans. Le Fabien Roussel, si demain vous entendez... Certains devaient partir à 60 ans, comme les Reapers, ils ont pris 62. Certains devaient partir à 62, ils prennent 64 ans.

On demande, nous, quel que soit le mot employé, que ceux-là puissent partir sans cette mesure d'âge et avec leurs 168 trimestres, là, dans les mois qui viennent, le temps de mettre en place cette réforme et sans décote.

5:34
Présentateur

Le temps de remettre en place cette réforme. Et c'est ça que je trouve très intéressant dans ce que vous dites, parce qu'on le sent bien. Vous dites les mots, bon, on s'en fiche, mais enfin, on s'en fiche pas. Vous serez extrêmement attentifs à ce qu'il y a derrière. Quand vous entendez Niel Brunpivet, la présidente de l'Assemblée nationale, qui dit on pourrait mettre sur pause pendant 6 mois, le temps de remettre en cause, de réfléchir, de voir ce qu'on lui fait, ça, ça vous va ? C'est 6 mois pour l'instant, vous prenez ?

5:57
Fabien Roussel

Attendez, non, parce que mettre en pause, ça dépend ce qu'on met derrière. Si c'est pour dire que ces salariés vont continuer de travailler, vont continuer à exercer des métiers pénibles, vont continuer à 62, 63 ans de devoir aller travailler alors qu'ils auraient pu partir, ça, c'est pas mettre en pause, c'est continuer la réforme. C'est l'inscrire encore dans le temps. Donc il faut une suspension sans timing. En gros, si c'est pour dire, si c'est pour nous dire, peut-être qu'éventuellement elle sera suspendue dans un an, parce que ça revient à ça, mais c'est se reprendre un an. Enfin, c'est nous mener en bateau. Nous ne nous laisserons pas mener en bateau. Voilà. Ce que nous souhaitons...

Vous avez encore un doute au moment où on se parle ? Ce que nous demandons, c'est qu'ils puissent partir en retraite avec leur 168 trimestres.

6:45
Présentateur

Si vous n'étiez pas un peu en train de vous faire avoir, c'est-à-dire que vous parlez avec Éric Lombard, le ministre de l'économie. Et quand il vous voit, d'abord il vous connaît, c'est un homme de gauche. Olivier Faure l'a d'ailleurs dit à mon micro, ils se connaissent dans la vie. C'est quelqu'un qui s'est toujours engagé à gauche. Donc spontanément, quand il est avec vous, il a envie de vous dire, écoutez, oui, bien sûr, je partage votre opinion. Est-ce que derrière, il aura les moyens de le faire ? Est-ce que derrière, vous vous dites, c'est pas juste pour nous amadouer ?

7:13
Fabien Roussel

C'est toute la question que je lui ai posée, encore hier soir, encore ce matin avant de venir d'ici, on échange, mais...

7:21
Présentateur

Ce matin, vous vous êtes parlé par téléphone ?

7:23
Fabien Roussel

Oui, non, on a échangé encore par SMS pour poursuivre la discussion d'hier soir, mais c'est pour vous dire...

7:28
Présentateur

Hier soir, ce matin, Fabien Roussel, vous échangez par SMS avec Éric Lombard, le ministre de l'économie.

7:33
Fabien Roussel

Oui, pour pousser. Et il vous dit quoi ? Et pour lui demander, pour qu'il comprenne bien que la balle, elle est dans leur camp, pour qu'ils comprennent bien que s'ils arrivent à accéder à cette demande sans dogmatisme, à ces 70 000 salariés, parce qu'on parle de 70 000 salariés, pour une mesure qui va coûter entre 2,5 milliards, 2 milliards, 2,5 milliards pour cette année. Enfin, on n'est pas sur des sommes... Évidemment, la question, c'est la suite. Et l'année prochaine, c'est 3 milliards, et c'est jusqu'en 2027. En 2027, il y aura des élections présidentielles, et tout sera reposé à ce moment-là. Donc, on n'est pas sur des sommes astronomiques, on parle de 70 000 salariés.

Et donc, je leur demande de ne pas être dogmatique. Fabien Roussel, est-ce que vous lui avez demandé ?

8:14
Présentateur

Est-ce que dans les SMS que vous avez échangé avec le ministre de l'Économie, hier soir et encore ce matin...

8:19
Fabien Roussel

Non, hier soir, on s'est parlé vivement. Ce matin, on s'est encore envoyé des messages. Vivement sur quoi ?

8:24
Présentateur

Vivement sur quoi ? Sur quoi ça tend encore ?

8:27
Fabien Roussel

Mais sur cette réforme de retraite, sur la possibilité de faire partir le plus rapidement possible ceux qui auraient dû partir sans réforme. Il vous dit non ? C'est vague. On est dans le brouillard, on est dans le flou.

8:42
Présentateur

Vous voulez des engagements.

8:43
Fabien Roussel

Et nous, on veut des engagements dès demain, clairs de la part du Premier ministre qui s'adressent à ces hommes et ces femmes qui auraient dû partir et que le Premier ministre puisse leur dire dans les mois qui viennent, le temps de faire valider votre dossier avec vos 168 trimestres, quand vous avez 62 ans et 6 ou 9 mois, le temps que ces dossiers soient validés, vous pourrez partir au mois de mai, au mois de juin, le temps de mettre en place les dossiers. Il y aura une conférence de financement qui doit pouvoir se tenir en même temps pour pouvoir inscrire ce budget dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Nous pouvons mettre ça en œuvre, là, tout de suite.

Je n'ai pas parlé d'abrogation, je n'ai pas parlé de suspension, j'ai parlé de libérer des hommes et des femmes qui sont cassés par le travail.

9:32
Présentateur

Fabien Roussel, lui avez-vous demandé s'il trouverait comme solution d'aller puiser dans le fonds de réserve des retraites ? Oui, j'en ai parlé. Et il dit quoi, ça ?

9:40
Fabien Roussel

Oui, c'est vague, c'est flou.

9:43
Présentateur

On est d'accord, il y a 26 milliards dans un fonds dont il a été lui-même le président de ce fonds de réserve, Éric Lange.

9:51
Fabien Roussel

Il sait qu'il y a beaucoup d'argent là-dedans. Nous avons tout mis sur la table. La balle est dans leur camp. Le Premier ministre doit arbitrer qu'il prenne les décisions en responsabilité. En tout cas, vous vous dites,

10:01
Présentateur

on peut trouver à court terme les 3 milliards là-dedans.

10:03
Fabien Roussel

La France a besoin d'un budget. Les Français, les communes, les entreprises, les ménages ont besoin de savoir où on va pendant l'année 2025. Nous sommes dans une situation extrêmement grave. Nos entreprises, des industries entières sont en train aujourd'hui de partir à l'étranger. On a besoin de donner un cap à la France. Eh bien, nous, nous sommes prêts, nous sommes prêts à faire en sorte de ne pas censurer ce gouvernement si nous avons des engagements clairs et précis sur un certain nombre de points, notamment cette réforme de retraite, sans la renvoyer à une éventuelle négociation dans dix mois, et qui en plus, si elle n'aboutissait pas, ferait qu'on reviendrait à la réforme actuelle.

Fabien Roussel, sur les 3 milliards immédiats,

10:49
Présentateur

vous dites, on peut aller les trouver dans le fonds de réserve des retraites. Il y a une autre idée qui est avancée, alors là, pour le coup, par le patronat, le patron du Medef, qui le disait ici même la semaine dernière, il proposait de supprimer l'avantage fiscal des retraités qui les exonère de 10%.

11:05
Fabien Roussel

Non, mais lui, il charrie. Vous n'êtes pas pour. Mais il faudrait qu'il vive à la place des retraités sur lesquels il propose de leur supprimer encore du pouvoir d'achat, de voir leurs impôts augmenter. Non, mais alors lui, il propose carrément d'augmenter les impôts des retraités, puisque ça va aboutir à ça. Oui, puisque Mécaniquan, il lèverait cette suspension. Donc lui, il propose d'augmenter les impôts des retraités, mais il ne va jamais aller imaginer que, par exemple, sur les revenus financiers, les revenus du capital, les dividendes, les plus-values boursières. On pourrait imaginer une petite cotisation. On pourrait peut-être faire les deux, non ? Non, mais attendez.

Qui roule sur l'or aujourd'hui ? Les retraités ou eux ? Là, ces grandes entreprises qui distribuent par centaines de milliards des plus-vôtres. Il a compris que désormais,

11:48
Présentateur

Michel Barnier le voulait, François Bayrou n'est pas contre, il y aura une contribution exceptionnelle sur les très hauts retenus.

11:54
Fabien Roussel

Je fais une contre-proposition.

11:55
Présentateur

C'est gagné, ça.

11:56
Fabien Roussel

Au lieu d'aller prendre 10% sur les impôts des retraités, je propose de prendre 10%, c'est le taux de cotisation, d'ailleurs, pour les impôts patronales, la cotisation patronale pour les retraites, je propose de prendre 10% sur les revenus financiers des entreprises. 10% sur les revenus financiers des entreprises, c'est-à-dire ces entreprises... C'est quoi, les revenus financiers ? Les revenus financiers, c'est plus-value boursière, c'est distribution de dividendes, qui ne cotisent pas, qui ne cotisent pas pour les retraites. Eh bien, que ces revenus financiers qui, d'ailleurs, pour des grands actionnaires, ils n'ont pas de salaire, leur salaire, c'est ça.

Eh bien, qu'ils payent des cotisations sociales là-dessus. Et ça financera largement, largement, notre système de retraite.

12:38
Présentateur

Fabien Roussel, vous avez dit qu'on ne souhaite pas censurer. Il y a deux étapes. Il y a une possible censure dès cette semaine, puisqu'une motion de censure sera déposée par la France insoumise à l'issue de la déclaration de politique générale. Et il y a une autre étape qui sera ce qui a coûté le gouvernement Michel Barnier dans l'Assemblée nationale le moment de la discussion du budget. Étape 1 cette semaine, si je vous entends, Fabien Roussel, vous ne censurerez pas d'office ce gouvernement ?

13:08
Fabien Roussel

Alors, non, je n'ai pas dit ça. Et je vais même être clair. S'il n'y a pas d'engagement précis, clair, sur la réforme des retraites, sur le pouvoir d'achat des Français, il ne faut qu'il n'y ait aucune ponction sur le pouvoir d'achat des Français. Mais si, en plus, il n'y a pas la réforme des retraites, nous censurerons, dès cette semaine, le gouvernement. Dès jeudi ou vendredi ? Mais enfin... Non, mais attendez. Déjà, la gauche arrive en tête des élections. Elle n'est toujours pas nommée au gouvernement. Le président de la République s'entête à nommer ses amis, préserver les intérêts des plus riches.

Et il faudrait que nous, on ne dise rien, on laisse passer les mauvais coups contre l'industrie, les services publics, les Français. Mais ça, ce n'est pas acceptable. Ok, donc demain,

13:50
Présentateur

il faut qu'il suspende... On a quand même des convictions. Demain, il faut qu'il suspende immédiatement l'application sur les 70 000 salariés dont vous parlez. Pour que l'on puisse

13:58
Fabien Roussel

ensuite avancer sur le budget.

14:00
Présentateur

pour que vous envisagiez de ne pas censurer tout de suite.

14:02
Fabien Roussel

Et puis ensuite, on verra. Et ensuite, on va travailler sur le budget.

14:06
Présentateur

Est-ce que ça vaut, est-ce que ça vaudrait dans ces cas-là s'il donne suite à votre demande ? Si vous l'entendez et si c'est écrit noir sur blanc dans cette déclaration de politique générale demain, ça vaut non censure cette semaine. Est-ce que ça vaut aussi non censure là, dans un mois, lorsqu'il y aura à nouveau une possibilité de censurer ? Est-ce que ça vaut accord de non censure ?

14:27
Fabien Roussel

Ça vaut accord de non censure. Je l'ai dit au Premier ministre. S'il y a cette grande avancée pour notre système de retraite, ça vaut accord de non censure. Ce qui ne veut pas dire que demain, sur un budget, on votera pour. On peut voter contre un budget s'il ne répond pas aux attentes du pays que l'on défend. Non mais voter contre un budget, ça ne veut pas dire censurer. On est bien d'accord, il y a une distinction. Mais de toute façon, mais ce que nous attendons, c'est une avancée forte, forte sur le système de retraite. Fabien Roussel,

15:01
Présentateur

aucun accord de non censure du PS et d'Europe Écologie-Les Verts ne nous concernera jamais. Cette façon de négocier dans le dos du nouveau Front Populaire contre son programme est une forfaiture, un irrespect total pour notre alliance. C'est Jean-Luc Mélenchon qui le dit. Je vois que vous levez les yeux au ciel, mais nous dormirons tranquilles, ajoute-t-il. La petite gauche traditionnelle n'a rien à offrir et ces négociateurs sont juste ridicules de servilité. C'est vous qui parle.

15:29
Fabien Roussel

Écoutez, je m'adresse d'abord à nos concitoyens, aux Français. Est-ce qu'ils vont... Est-ce qu'on peut nous reprocher d'aller discuter avec le gouvernement pour essayer d'arracher des mesures sociales ? Et si on n'y arrive pas ? Et si on n'y arrive pas ? Ça peut capoter. Le Premier ministre pourrait dire non, je vais continuer de discuter avec la droite et l'extrême droite. Est-ce que l'on pourra encore nous reprocher d'avoir essayé ? Notre culture à nous, la culture communiste, c'est justement d'être et dans l'opposition et en même temps d'essayer d'arracher des histoires.

16:00
Présentateur

Je vous sens lassé par ces humiliations, par ces critiques de Jean-Luc Mélenchon,

16:05
Fabien Roussel

par ces injures. Jean-Luc Mélenchon est dans l'injure permanente, dans la provocation et ça devient pénible, extrêmement pénible. Et d'ailleurs, je sais que parmi même ces équipes, ces militants, ce n'est pas l'état d'esprit. Enfin, les élus... Ils le disent ? Qu'ils ont le marre ? Les élus. Même nous, élus communistes, maires, les maires communistes, quand ils ont des problèmes, ils vont discuter avec le préfet, ils vont discuter avec un ministre. Ce n'est pas parce qu'on est dans l'opposition que l'on refuse toute discussion. Notre culture, quelle que soit notre couleur politique de gauche et de droite, d'ailleurs, c'est d'aller dialoguer d'abord.

Et puis ensuite, si on n'obtient pas, eh bien, c'est tout. On le dit, on l'affirme et on continue de le faire. Mais au moins, vous aurez tenté. Lui, il est dans l'opposition systématique. D'ailleurs, ce qu'il attend, c'est les présidentielles. Il a écrit à tous les maires pour présenter sa candidature à l'élection présidentielle pour commencer à récolter les parrainages. Donc, lui, il est ailleurs. Il se met à côté. C'est son sujet, ce n'est même plus le vôtre. Ah ben non, mais c'est fini, quoi. C'est une... Ça n'a jamais véritablement commencé. Je ne sais pas,

17:11
Présentateur

le nouveau Front Populaire,

17:12
Fabien Roussel

quand même, non ? Oui, non, mais là, on parle de Jean-Luc Mélenchon. Vous savez, nous sommes trois forces politiques aujourd'hui. Il y a beaucoup de parler. J'ai aussi parlé hier avec Marine Tondelier et Olivier Faure. L'union, c'est un combat. L'union, aujourd'hui, elle se construit autour de nos trois forces politiques. Ensemble, on essaye de tenir bon. Nous avons fait le choix de dialoguer avec le gouvernement. On y arrive tant mieux. On n'y arrive pas. Je ne vois pas en quoi on pourrait nous reprocher d'avoir tout tenté pour essayer d'arracher des victoires.

17:41
Présentateur

Fabien Roussel, l'influenceur algérien, Boilem, a été expulsé de France après des propos haineux. Direction l'Algérie. Il a un passeport algérien. Les Algériens l'ont refusé à l'entrée sur le territoire, renvoyé en France où il est dans un centre de récension administrative. On fait quoi ?

17:57
Fabien Roussel

Je regrette que le président de la République, son ministre Retailleau, ce gouvernement, fasse le choix de l'escalade politique, de l'escalade avec le gouvernement algérien au regard et de l'histoire que nous avons et des relations que nous avons encore aujourd'hui, y compris des relations commerciales.

18:20
Présentateur

Vous vouliez garder

18:21
Fabien Roussel

l'influenceur Boilem ?

18:23
Présentateur

Vous estimez qu'il peut rester en France tranquillou ?

18:25
Fabien Roussel

Je pense que d'abord, il faut respecter l'état de droit. L'état de droit, c'est de respecter la procédure judiciaire. Il est convoqué au tribunal et je ne vois pas pourquoi le gouvernement décide de renvoyer quelqu'un avant qu'il ne soit passé au tribunal et respecter une décision de justice. Ça, c'est l'état de droit. Mais vous excusez

18:44
Présentateur

l'attitude de l'Algérie ? L'Algérie ? Non, non, non.

18:47
Fabien Roussel

Et en même temps... Il a un passeport algérien. En même temps, je n'ai pas d'affinité avec le président Tebboune. Je ne suis pas pour le défendre. Y compris, je conteste le fait qu'il... Comment dire ? Emprisonne ceux qui le contestent. Vous pensez à Boilem Sansal ? Et je pense à cet écrivain qui est aujourd'hui enfermé là-bas. Malgré tout, malgré tout, la diplomatie, les relations avec des pays et les relations avec ce pays avec qui la France a plus d'un siècle d'histoire, dont une grande partie de colonisation, nécessiteraient qu'on ait des relations apaisées. Et des relations apaisées, ce n'est pas à chaque fois de tendre la corde. Mais qui est davantage responsable ? Depuis que M.

Macron a décidé de traiter avec le Maroc et de lâcher le Sahara occidental, alors que... Donc c'est la faute de la France ? Ah ben la France a décidé... M. Macron a décidé il y a six mois maintenant avec le Sahara occidental de faire un choix, c'est-à-dire de tendre nos relations avec l'Algérie, de privilégier les relations avec le Maroc alors que nous devrions avoir des bonnes relations avec l'ensemble de ces pays et avoir une position équilibrée. Ce qui n'est pas simple, ce qui n'est pas simple... Mais c'est tout le sens vous auriez fait quoi

20:04
Présentateur

de l'influenceur Boilem, vous ?

20:05
Fabien Roussel

Mais j'aurais attendu la décision de justice de mi-février et puis ensuite en fonction de cette décision de justice de décider de le renvoyer et j'ai toujours été clair. Quelqu'un qui est sur notre sol en attente d'avoir des papiers et qui...

20:20
Présentateur

En l'occurrence, il avait son permis de séjour en France qui venait de lui être renouvelé en décembre pour 10 ans.

20:26
Fabien Roussel

Oui. Eh bien moi je dis que quand on commet des crimes, quand on fait l'apologie du terrorisme, on n'a pas vocation à rester sur le territoire.

20:34
Présentateur

Donc l'expulser, oui, mais pas dans ces conditions.

20:36
Fabien Roussel

Mais j'attends, j'attendrai une décision de justice pour savoir si effectivement il y a eu tous les faits qui lui sont reprochés.

20:43
Présentateur

Merci Fabien Roussel, vous avez regardé votre portable ?

20:46
Fabien Roussel

Je suis en mode avion pour respecter s'il vous plaît... Parce que comme vous nous avez dit que vous échangez

20:49
Présentateur

jusqu'à ce matin des SMS avec le ministre de l'Économie... Jusqu'à ce soir,

20:54
Fabien Roussel

jusqu'à demain matin, on a jusqu'à mardi 15h pour obtenir, arracher des victoires pour les Français.

21:02
Présentateur

Merci Fabien Roussel d'avoir répondu à mes questions. Secrétaire nationale du Parti communiste français. Il est 8h53 sur RMC et BFM TV.