Aller au contenu
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 9 avril 2025 9 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprises

Droits de douane : "Il ne faut pas renoncer à exporter vers le marché américain, il faut penser à diversifier ses exportations", conseille Business France

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:05PrésentateurFait
    « Comment les entreprises françaises vont-elles faire face à la hausse des droits de douane décidés par les Etats-Unis, plus 20% sur tout ce qui entre sur le territoire américain en provenance de l'Union Européenne? »
  • 0:16PrésentateurFait
    « Qu'est-ce que vous conseillez aujourd'hui à ces entreprises qui exportent vers les Etats-Unis? »

Temps de parole

  • Invité75 %
  • Présentateur25 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Info. Bonsoir à toutes et à tous. Comment les entreprises françaises vont-elles faire face à la hausse des droits de douane décidés par les Etats-Unis, plus 20% sur tout ce qui entre sur le territoire américain en provenance de l'Union Européenne ? Bonsoir Marie-Cécile Tardieu. Bonsoir. Vous êtes la directrice générale déléguée de Business France, l'organisme public qui accompagne les entreprises à l'export notamment. Qu'est-ce que vous conseillez aujourd'hui à ces entreprises qui exportent vers les Etats-Unis ?

0:30
Invité

Le premier conseil est de se renseigner pour savoir dans quelle mesure elles seront affectées par les droits de douane et les différentes mesures qui seront prises par les autorités américaines. Se conseiller parce qu'il faut d'abord vérifier si on est affecté par ces droits de douane. Donc différents dispositifs publics ont été mis en place. Business France a créé une hotline, un réglementaire at businessfrance.fr. Le service des douanes aussi en région a mis à disposition un numéro pour que les entreprises puissent se renseigner. Parce que ce n'est pas si simple aujourd'hui de savoir si on est concerné ou pas. Exactement. Il faut regarder ligne tarifaire par ligne tarifaire.

Il ne faut pas se fier à des informations concernant tout un secteur. Il ne faut pas se fier non plus aux déclarations qui peuvent être faites puisqu'il y a tout d'abord la question de savoir si on est concerné et deuxièmement de savoir dans quel délai les mesures seront mises en place. Comme vous le voyez, c'est assez chaotique. Il y a contre-ordre et contre-ordre de façon récurrente. Donc la première chose, c'est vraiment se renseigner. Deuxième chose...

1:29
Présentateur

Mais pardon, juste sur ce point-là, pour l'instant, cette information, est-ce qu'elle existe ? Est-ce qu'il y a une ligne des produits qui sont concernés par cette première hausse de droits de douane décidés par les Etats-Unis ?

1:40
Invité

Vous avez effectivement un certain nombre de produits qui sont concernés et la Commission européenne a mis en place, elle aussi, c'est disponible sur les différents sites internet du ministère des Finances, la Direction générale du Trésor, une information ligne tarifaire par ligne tarifaire. Donc vous pouvez aller chercher cette information pour vérifier si votre produit est concerné.

2:00
Présentateur

Et donc c'est, j'imagine, une mise à jour au fur et à mesure que les informations vous parviennent ?

2:04
Invité

Exactement. Il y a des mises à jour. Ensuite, il faut être conseillé. Conseillé par les équipes de Business France qui sont présentes aux Etats-Unis, parce que la pire des choses serait, un, de prendre des décisions trop impulsives, de se retirer brutalement. Alors ça, vous ne le conseillez pas ? Non, il ne faut surtout pas se retirer brutalement, dans la mesure où, comme le mouvement est généralisé, tout le monde va être touché d'une certaine façon, donc il n'y a pas de raison de perdre les positions qu'on pouvait avoir sur le marché américain.

2:34
Présentateur

Est-ce que ça, ça vous revient ? C'est-à-dire que vous avez cette inquiétude qui se traduit par des gens qui appellent les services de Business France notamment et qui disent « qu'est-ce que je fais ? Est-ce que je m'en vais demain ? » Pour l'instant, on n'a pas de panique.

2:47
Invité

Et ce qui est très important, c'est de garder son sang-froid. On n'a pas de panique. Certaines entreprises s'interrogent, par contre, c'est vrai, sur les coûts supplémentaires qui vont affecter leurs produits. mais nos équipes aux Etats-Unis sont aussi en capacité de les aiguiller. Un certain nombre de ces coûts seront partagés par les distributeurs, par les importateurs. Donc il ne faut pas non plus raisonner de façon trop générale. Vous avez une possibilité de partage de la charge, de l'imposition qui sera mise par les autorités américaines. C'est-à-dire que la hausse des droits de douane n'est pas forcément supportée par celui qui fabrique le produit ?

Voilà, elle n'est pas nécessairement supportée par celui qui exporte. Vous avez aussi, on l'a vu récemment, toutes les questions du fret. On a vu des personnes qui voulaient se précipiter pour exporter sur le marché américain avant la hausse des droits de douane, mais qui ont dû faire face à des hausses du coût du transport. Donc quand on exporte, il y a tout un ensemble de dispositifs à examiner. Et donc la première chose vraiment, c'est se renseigner, être conseillé sur sa stratégie d'exportation, mais surtout ne pas renoncer à l'international.

3:58
Présentateur

Alors ne pas renoncer à l'international, mais faut-il pour autant suspendre ces investissements aujourd'hui aux Etats-Unis comme l'a demandé en quelque sorte le président français Emmanuel Macron, alors que Donald Trump invite aujourd'hui les entreprises à aller s'installer aux Etats-Unis. Vous avez dû le voir.

4:14
Invité

C'est une question différente. Sur les entreprises qui exportent, le point fondamental, c'est qu'elles continuent à aller à l'international parce que nous vivons des crises successives. Nous l'avons vu avec le Covid. Donc quelqu'un qui attendrait d'aller à l'international, qu'il n'y ait plus de crise, s'exposerait finalement à rester dans l'immobilisme et ne plaide dans la course.

4:32
Présentateur

Mais si on n'est pas aux Etats-Unis aujourd'hui, est-ce qu'il vaut mieux se tourner vers d'autres marchés ? Aujourd'hui, les Etats-Unis, c'est le deuxième marché, je crois, à l'export des entreprises françaises, mais il y en a d'autres, et notamment en Europe. Vous leur conseillez quoi aujourd'hui ? De se tourner plutôt vers d'autres marchés que les Etats-Unis ?

4:48
Invité

On conseille au cas par cas, à la fois de continuer à diversifier ses destinations, parce qu'avoir une activité export diversifiée, c'est ce qui garantit de pouvoir faire face aux différents rythmes de croissance des marchés, mais ça de façon générale. On vit des crises aujourd'hui. On a vécu le Covid, on a vécu des crises énergétiques. Les entreprises doivent être agiles, savoir s'adapter. Donc, il ne faut surtout pas renoncer au marché américain. Il ne faut pas renoncer à exporter vers le marché américain. Il faut penser à diversifier ses exportations. Et en ce qui concerne votre question portant davantage sur les investissements vers le marché américain, c'est un autre sujet.

La question qui a été évoquée, c'était le patriotisme. Aujourd'hui, c'est d'avoir une vision globale de la situation des rapports de force entre l'Europe, la Chine et les Etats-Unis. Donc, aujourd'hui, les entreprises doivent vérifier comment elles peuvent continuer à investir en Europe, qui est un très grand marché, un marché qui a de la sécurité juridique, qui a aussi des infrastructures, qui a une main d'œuvre. Donc, les entreprises internationales qui examinent où investir ne doivent pas céder à un chantage qui les pousserait vers les Etats-Unis. Mais regardez, aujourd'hui, le marché qui peut leur offrir une vraie perspective de croissance. Et c'est le marché européen.

6:12
Présentateur

Justement, investir en Europe, notamment, est-ce que vous craignez aussi que les Etats-Unis renoncent à investir en France ? Ils font partie des premiers investisseurs aujourd'hui. D'ailleurs, c'est le premier investisseur étranger en France.

6:27
Invité

On ne voit pas de reflux des investissements américains en France aujourd'hui. Les investissements qui sont faits en France sont des investissements pour le long terme. Quand vous décidez de choisir de mettre des millions d'euros dans des entreprises en Europe, vous n'avez pas une volonté de faire ça pour quelques mois, quelques années. Donc, on est dans une logique de long terme.

Les entreprises américaines qui ont choisi le marché français l'ont choisi parce que c'est un marché très porteur, c'est un marché avec beaucoup de compétences, c'est un marché avec des consommateurs qui leur donnent à la fois accès au marché français mais aussi au marché européen, des consommateurs matures qui sont souvent porteurs de nouvelles tendances de consommation et c'est aussi un marché avec des technologies qui aujourd'hui sont en train de se développer, y compris dans la transition écologique, y compris dans des secteurs porteurs pour l'avenir.

7:18
Présentateur

Mais avec cette guerre commerciale qui est entamée entre la Chine et les Etats-Unis surtout, mais on va voir comment ça va se passer entre l'Union Européenne et les Etats-Unis. Est-ce que vous ne craignez pas de voir les investissements américains ralentir en Europe et surtout en France ?

7:33
Invité

Ce que l'on peut craindre, c'est l'effet rebond des produits chinois qui n'auront plus accès au marché américain qui pourraient se déverser sur le marché européen. Donc, l'Europe doit bien sûr avoir une discussion franche avec les autorités chinoises sur la façon de gérer cette guerre commerciale. L'Europe doit aussi être extrêmement vigilante sur la protection de son marché. Mais n'entrons pas dans une guerre qui ne sera finalement bénéfique à personne. Le marché européen reste un marché essentiel pour de nombreuses entreprises. Il n'y a pas de raison qu'elles y renoncent. Vous avez vu depuis le Covid une régionalisation des chaînes de valeur.

Cette régionalisation des chaînes de valeur fait que le marché européen garde toute sa pertinence. Et comme je le disais tout à l'heure, il faut garder son calme. Il faut prendre le temps de la réflexion. Il faut regarder les différents impacts puisqu'on a aujourd'hui à la fois par l'évolution du taux de change, l'évolution du cours du pétrole, énormément d'effets dont on a du mal à mesurer ce qu'ils apporteront finalement à l'économie mondiale dans les quelques semaines. Mais ce qui est certain, c'est que les choix des investissements sont des choix de long terme. Et il faut donc que les entreprises françaises

8:49
Présentateur

qui vont à l'export n'y renoncent pas mais qu'elles se renseignent. Ce sont des renseignements que vous leur apportez. Merci beaucoup Marie-Cécile Tardieu, directrice générale déléguée de Business France. Vous étiez l'invité éco de France Info ce soir.