Cinéma : "France" et "Le Fils de l’épicière, le Maire, le Village et le Monde"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
m [Musique] [Applaudissements] [Musique] autour de cette grande table critiques ont pris place muriel joue des critiques entre autres aux inrocks et charlotte garçons rédactrice en chef adjointe des cahiers du cinéma on parle de cinéma donc en toute logique tout à l'heure le dernier film de claire simon qui s'intitule le fils de l'épicière le maire le village et le mot mais tout de suite france de bruno dumont monsieur le président on peut légitimement s'interroger sur la situation critique que traverse la société française le pensez-vous pas y être sourd pour un puissant j'ai beaucoup de défauts et on peut toujours faire mieux mais je ne crois pas avoir été saoul c'est une attaque de drone et civils des enfants des hommes et femmes super [Musique] c'est incroyable comme les gens thème est la plus grande journaliste de france france pourquoi le ce besoin de vous mettre en scène que le gars qui élabore et solaire et brandissent on a l'impression d'avoir une mission génial talent qu'elle a cette fille salue tous été formidables formidable c'était formidable de ta mourir tous les journalistes on changera quand vous courez après l'audimat vos leçons de morale vous les gardez pour vous les vôtres et vos idéaux hippies on va aller ma puce sont 20 à l'effet dure pour choisir les bijoux et la robe je ne supporte plus le regard des gens les gens vont te détester puis tu adores et c'est la même chose [Musique] france c'est léa seydoux elle est la présentatrice star d'une émission d'actualité sur une chaîne d'information télévisée qui s'appelle où elle va loin en france elle n'a pas peur des bombes et rapporte à ses producteurs des reportages dans lesquels elle décrit la misère du monde les larmes aux yeux et le rouge chanel aux lèvres elle habite dans un appartement luxueux remplis d'oeuvres d'art avec son mari romancier et son jeune fils elle est riche elle est belle mais ça déraille notamment le jour ou en voiture elle renverse baptiste un jeune homme à scooter pour ceux qui connaissent les films de bruno dumont tournait souvent dans le nord rurales et dans un rapport au réel très distendue le sujet la fiche le casting tout ça surprend mais est-ce que ça plaît charlotte garçons alors ça commence par déplaire c'est vrai qu'en tant qu'expérience vraiment à endurer puisque le film est assez long plus de deux heures mais c'est justement cette difficulté l'impression de séquences qui se répète avec des petites variations mais et puis une scansion de gros plan sur léa seydoux le visage de plus en plus des faits en pleurs donc on aboutit pour moi une expérience de visionnage plutôt désagréable et c'est en fait après il ya des films comme ça qui m'a turquie reste quand on ne les revoit pas dire que je me suis même interdite de le revoir équipes qui prennent sens enfin qui ce qui s'ouvre et j'ai trouvé que ce ce que vous avez raconté c'est à dire ce qui serait une une espèce de révélations derrière le masque médiatique cynique de quelqu'un qui tout à coup on aurait une sorte d'épiphanie d'humanisme ou d'empathie et bien été une sorte de fausse piste dans le film ont en tout cas que le film compliqué beaucoup cela et c'est là qu'on retrouve le bruno dumont con qu'on connaît c'est à dire chez qui le mal et le enfin le même la barbarie et la sainteté sont inextricables et où l'art est le seul endroit où ça peut être inextricable même si on a vu anne est récemment où il y aurait des sans doute des parallèles le film de leos carax un hebdo leos carax donc en fait c'est plutôt par le côté les aspérités de ce récit de deux déraillements du cynisme médiatique que j'ai été intéressé parce que si on va voir france pour voir la satire de la télévision disons des fakes news telles qu'elles sont organisés parce qu'on l'entend un petit peu c'est une c'est une reporter qui est en même temps présentatrice qui donc c'est se met en scène non seulement dans de beaux habits quand elle présente en plateau son émission mais qui se met encore plus en scène et qui met en scène la réalité de la guerre de manière outrancière le film en tant que ça tire des médias est complètement à la traîne on pourrait dire c'est à dire ça fait très sepa sepa bruno dumont qui va nous apprendre que le réel médiatique est une construction et on lui fait pas l'offensé de croire que il en est encore là d'une certaine façon donc on se dit mais alors qu est-ce qu alors quoi enfin pourquoi tout cela pourquoi toute cette cette espèce de mise en scène du faux films à sujet et c'est là où je trouve que c'est intéressant c'est à dire que j'ai l'impression qu'il ya un ils organisent une sorte de jeu de main chaude de l'empathie et du cynisme qui est toujours récupérables et il n'y a pas de vraie masque derrière les masques tombent et à chaque fois derrière il ya un autre il ya un autre visage qui lui même se remet à pleurer puis qui se récupère se fait filmer en train de pleurer etc oui et ce jeu dont vous parlez ce jeu de main chaude il a une forme cinématographique qui est extrêmement inconfortable vous parliez de du côté des spectateurs mais si on analyse ce que c'est que ce film on a l'impression que bruno dumont fait jouer en permanence le mélo contre la comédie la tragédie contre la satire et que dans cette espèce de bouleversements de jeu presque de blizzard des gens il est très mal an il ya quelque chose de fini de petits malins muriel joseph je comprends mais c'est trop mal en allait de les garder l'image de ricky et de métaphysique il ya un truc comme ça et c'est vrai que ce qui rend le film très complexe et qui fait que vraiment je pense que personne ne voit la même chose et que il ya une partie des gens qui voient qu'ils disent à bas la critique de la société du spectacle allait rater parce qu'ils voient que ça que léa seydoux il y en a qui voient que blanc je garde enfin c'est vraiment il ya plusieurs strates de films dans ce film du coup ça ça rend l'objet complètement passionnant et je suis contente qu'on parle du peut-être du moins évident qu'on s'arrête pas voilà qu'on va on va pas décortiquer son analyse des médias qui je trouve est plus prise comme un milieu voilà comme je sais pas dans bellamy fayat vraiment ce truc de deux milieux et moi je pour moi c'est vraiment un geste de romanciers du 19e au sens on se pose dans un champ et et on fait le portrait d'un personnage et il ya aussi quelque chose qu'il faudra tâcher quand même aux gestes de bruno dumont qui est pour moi par grand directeur d'acteurs mais un grand penseur sur les acteurs et alors c'est ça paraît être le moins évident pour parler de france et pourtant pour moi c'est vraiment le sujet du film c'est à dire que il a vraiment infléchie sa réflexion sur les acteurs à partir du moment où il a intégré dans son monde des vedettes et c'était avec camille claudel 1915 où chante c'est juliette binoche qui voulait travailler avec lui donc il lui a créé un film est ce que je trouve très beau dans dans le cinéma de bruno dumont c'est qu'il ya vraiment une éthique à parti voilà à partir de ce mélange entre les non professionnels et les professionnels qui est vraiment une grande tradition française andré bazin pareil de la loi de l'amalgamme qui est vraiment cette tendance du cinéma français a toujours mêlé non professionnelles et professionnels et du mons cette loi de l'amalgamé il en fait vraiment une éthique au sens où une vedette doit être dans le monde là où je pense la plupart des cinéastes français disent pas les vedettes on va les mettre entre elles dans des appartements une vedette en fait induit sa propre mise en scène qui en fait la bourgeoisie et d'autres bourgeois autour d'elle d'autres vedettes et donc il ya pour lui il a vraiment une lutte des classes qui se joue comme ça entre non professionnelles et professionnels et je me sens de camille claudel qui s'ouvre avec juliette binoche qui plonge dans une baignoire qui plonge vraiment littéralement dans le banc du monde il ya vraiment un jeu comme ça pour moi un peu sado maso c'est à dire ah bah tu veux jouer chez moi eh bien tu vas voir ce qui va se passer et pour moi c'est là que je rattrape france c'est que c'est vraiment le sujet du film c'est à dire qu'on peut voir le film comme une suite de confrontation entre un visage de vedettes léa seydoux parce que c'est vraiment un travail sur elle et on peut ne pas s'intéresser à ce travail évidemment moi ça me passionne mais vraiment un travail sur elle qui va se retrouver face à des visages qui vont la dévisager qui vont la tenir en respect et et je pense que c'est important de dire que du c'est pas un travail sur un visage c'est pas voilà falconetti chez dreyer c'est toujours un travail sur le contrepoint une vedette face à des acteurs non professionnels qui eux sont du côté du real qui eux sont du côté du monde mais est-ce que c'est pas un petit peu facile et en plus la question de la vedette pose aussi des questions d'un point de vue de la satire enfin du point de vue de la satire sociale et de ce qu'on fait quand on traite une figure médiatique parce qu'une star de cinéma c'est aussi une figure médiatique est-ce que c'est pas un peu facile à ce que le film ne fait pas rapidement l'économie de la vraie réflexion de classe de l'arrêt vraie réflexion politique - il ya quelque chose qui me gêne c'est à dire que je me suis révolté à un moment donné dans ma dans le spectacle c'est que bon on est avec elle on est contre elle on est à ses côtés on est au dessus on est en dessous ils nous baladent dans tous les sens c'est très inconfortable mais cet inconfort ne produit pas nécessairement de penser et ça ça a un petit côté gênant d'un point de vue éthique ce que vous disiez charlotte alors moi je tire l inverse c'est à dire il provoque de la pensée c'est à dire que c'est plutôt de l'abstraction quasiment une hypothèse de c'est à dire comment quelqu'un qui est un mythe qui est une vedette on vous lisiez et sans cesse rattrapé par du réel entre gros guillemets parce que qu'est-ce que qu'est ce que c'est que le real alors ça peut prendre la mort des proches la mort de nos proches voilà tout à comines qui est tout à fait dé réaliser aussi conquis l urls exactement qui est lui même à son tour des réalisée soit par le film soit par un contexte de situation dans le récit et qui à nouveau a besoin afin appelle un autre coup de coup de téléphone du vrai d'un autre réel cirque un processus de d'altérité comme ça en permanence où on a l'impression que la vedette ne refais de l'antenne avec tout et c'est vrai que c'est quand même le système médiatique est comme ça de récupération permanente qu'il faut toujours il faut toujours qu'elle soit phagocyté par un nouveau un nouveau un nouvel attentat du réel c'est pour cela qu'en effet murray joue des parler de jeanne d'arc de dreyer et de de rené falconetti qui joue les larmes parce qu'il ya ce plan récurrent dans france de ce visage défait par les larmes sauf que justement il est déformé il est même parfois monstrueux millet burlesque aussi parce que les larmes c'est d'abord la moue souvent léa seydoux l'espèce de temporalité de sa de sa figure c'est une figure totalement magnifique elle est magnifique léa seydoux dans le film puis à l'espèce de d'étape de lamu qui est une sorte quelque chose d'assez enfantin et de traits bouffon puis les larmes et le tragique a bien à ce moment là oui et puis les larmes j'allais dire en grand-angle enfin il ya quelque chose d'horrible dans la déformation de son visage qui fait qu'on ne peut pas y voir une forme de de sanctification de noblesse il peut pas se rattraper se réfugier dans cette sainteté y compris sainteté esthétique que serait voilà les grandes figures comme derrière donc je trouve que quand même il se il se met lui même constamment en déséquilibre alors c'est vrai que c'est très inconfortable pour nous mais on peut lui faire quand même accepter que c'est assez unique comme expérience c'est assez unique mais je ne suis pas sûr que lui se met vraiment en déséquilibre moi j'ai l'impression c'est pas lui d'ailleurs je sais pas on va parler bruno dumont mais disons le le point de vue où la narration dans le narrateur j'ai l'impression qu'il est au contraire dans une telle position surplomb que le spectateur ne peut que subir sont sont sa propre incertitude ou sa propre indécidabilité et que dans cet inconfort là il ya une forme de prétention presque dans pas de geste éthique pas morale mais qui moi m'a gêné muriel joue des noms mais je pense que bruno dumont ainsi naissent prétentieux mais il a le comme pour moi il est génial il peut se faire qu il ya vraiment ce truc en interview on sent enfin moi je pense qu'il peut s'autoriser à être comme ça et je sens aussi que je me souviens d'une projection de jeannette janat khan et la salle se vidait et je me suis dit doit être content car c'est quelqu'un qui aime au camp que les gens restent et que les gens partent qu'ils aiment le camp c'est vraiment quand ce la farce qui aiment penser graal et en même temps à l'intérieur de ça il va créer des droits des des trucs d'une subtilité que je ne retrouve pas vraiment que le mystère en fait il n'est pas du côté du on va dire du film blanche gardin ces news tous à la lie à blanche gardin pardon l'a pas dit peut-être les auditeurs ont reconnu sa voix dans la bande annonce mais qui joue pour le coup elle fait vraiment du blanc jardin dans le film elle joue à l'assistance oui la génitrice mais en fait l'assistante de léa seydoux qui est chargé de ramener en permanence justement ce discours dur et l2 on avance tu es nul mais en fait tu es super c'est la même chose c'est vraiment ce discours est en fait on passe par exemple d'une scène où léa seydoux se retrouve à faire la soupe populaire et elle se fait insulter assez violent à des scènes droit d'une subtilité ça veut dire il ya un moment qu'un 1 1 voilà un mec dans la rue qui défonce un vélib je dirai pas quand ça a quel âge je me dis mais c'est génial en fait de faire ça parce qu'on sait pas en fait on sait pas ce qui nous montrons c'est pas le sens de cette scène de même qu'on ne sait pas pourquoi léa seydoux pleure c'est très important de le dire alors que derrière cette voix là ce les apparences comme ça très contemporaine seignosse tout ça il ya quand même une sorte pour moi ce qui est de lamento en fait que thor 2 de complaintes comme ça qu'ils qui sourd dans le film qu'on peut vraiment de ne pas l'avoir nous trouver vraiment sympa intéressant et pour moi c'est vraiment léa seydoux qui fait sa complainte cependant pas 2h15 mais bien une heure et demie de film est il à ce respect en fait de nous dire d'un en fait on je peux pas vous dire pourquoi elle pleure pour moi vraiment la grande preuve de respect pour le spectateur c'est de dire à aucun moment léa seydoux va enfin france demeure va nous dire oh la la c'est nul la télé je suis vraiment de la merde roman au peuple je me barre il n'ya jamais ça on sait pas pourquoi ils pleurent ce qui revient à dire quelle part de la télé puis à revient et elle essaye comme ça de lancer son roman d'apprentissage mais on ne sait pas vraiment pourquoi ce qui se passe dans sa tête quoi ça que moi je trouve vraiment ça absolument magnifique et absolue est très très fort et et c'est vrai que quand il ya ce premier accident de scooter moi j'avoue on se dit mais qu'est ce qu'il est en train de nous faire et moi j'ai commencé à pleurer je me suis dit c'est trop beau ni juste ce respect pour le spectateur c'est rien c'est rien du tout mais vous ça flatte vos pulsions antimoderne et cynique uriel interrompt sa la caf fouet la dissolution du psychologisme on en est content mais je vous entends votre question si c'est l'arbitraire absolu de celui qui manipule tout d'une sorte de quelque chose de démiurgique c'est un problème mais dans le détail des scènes puisque mais on la joue des parts par les deux d'un moment où elle fait la soupe populaire et où elle donne une pomme un clochard qui lui dit mes je ne peux pas la manger parce que j'ai pas les dents pour la manger l'air de rien c'est quelque chose de très concret et qui fait que le don le moment un petit peu justement de points de sanctification un peureux célinien et on nous tire le tapis de cette satisfaction l'a22 sous les pieds donc c'est quand même très précis dans le film c'est des situations qui sont précisés je parlais d'abstraction mais en réalité voilà je viens de me rappeler de quelque chose de très précis mais y'en a beaucoup justement des scènes comme ça dont on se rappelle mais c'est presque maniériste comme réception c'est à dire qu'on se rappelle de vignettes on se rappelle de seine le film est construit exprès comme ça mais toutes ces vignettes joue en permanence les unes contre les autres donc cette ma fameuse scène de la pomme comme toutes les scènes de confrontation entre l'héroïne et la famille de baptiste ce jeune homme qu'elle qu'elle renverse et donc elle va aller dans la famille est une famille pauvre prolétaires et ces scènes là on peut les rattraper mais en fait qu'est-ce que ça veut dire de ne parler du film que par petites scènes ça me pose question s'avère que le réel n'est jamais là pour rappeler et pour contrer le mythe qui serez riche que c'est un c pour ça je parlais de jeu de main chaude c'est jamais fini c'est un tourniquet infinie et c'est ça j'ai dire une forme de complexité de la vie de la société des rapports de classe et tout ça que lara la tâche de de nous mettre sous les yeux quand même merial ou non c'est vrai que je trouve que le mot de charlotte attentat est très juste avec bruno dumont c'est comme aller vite il ya une vraie scène d'attentats médéa placent des bombes vraiment tout au long de son fils mais pour moi il ya une vérité qui est vraiment tenu par les larmes dire c'est ce qui fait linéarité ce qui fait cohérence du tout c'est vraiment pour moi ce voilà cette complainte qui tient donc à la fois moi je trouve ça passionnant quand j'aime beaucoup les films heurter je trouve ça vraiment c'est ce que j'aime le plus dans le cinéma français mais je vois et le fait que le film reviennent par flash comme ça comme des vraiment des attentats bon symbolique évidemment je trouve ça je trouve ça je trouve ça très fort et c'est vrai que pour moi ce qui fait voilà je trouve à la fois qui est à la fois de la ligne l'avenir la linéarité et en même temps des des scansions mais il faut quand même assumer le côté il s'agit pas de dire c'est un film aimable c'est un film très très déplaisant et je pense qu'il faut la prendre dans la dans la filmographie dans le dans le lest en fait pardon que de bruno dumont qui fait depuis le depuis son premier film et je pense que la référence à rossellini est très important parce que pour moi il ya vraiment cette idée de de tracer un chemin de croix pour son héroïne et je me souviens des cahiers de l'époque kheira kindle n'est que du cinéma de l'époque qui parlait de ingrid bergman chez hitchcock comme de l'histoire d'un visage et pourtant il ya vraiment ce rapport comme ça léa seydoux est égale ingrid bergman et c'est à dire qu'ils inspirent en fait des pulsions sadiques ont envie la salle 10 et amoureusement et symboliquement il s'agit pas de la torture est sur le tournage mais vraiment de yann moix je trouve qu'il ya sachets la cedh où l'on voit chez despléchin vacher kechiche c'est quelqu'un qu'on a envie de de secouer et pour moi c'est pas anodin que le premier grand film de léa seydoux ce soit chez bruno dumont qui a vraiment ce rapport sado maso exactement comme rossellini et ingrid bergman que je trouve absolument génial mais sélection s'intéressent pas trop voilà léa seydoux aux acteurs on peut trouver ça c'est un peu des trucs de cinéphiles mais je trouve que voilà c'est souple c'est son plus grand film là je peux dire que c'est une grande actrice on commence fort en tout cas avec france parce que je pense que comme objet de critiques il ya vraiment pas beaucoup mieux france de bruno dumont et en salle france culture 12h 13h30 la grande taille des critiques lui c'est le comment [Musique] c'est l'heure du coup de coeur de charlotte garçons et on reste dans la contradiction puisque le livre dont vous allez parler le titre en est le cinéma est mort vive le cinéma oui lucile en cette rentrée cinéma c'est mon côté cassandre je me fais un plaisir de vous parler de ce livre d'histoire du cinéma qui s'intitule donc le cinéma est mort mais ça c'est la première partie de son titre en effet la seconde rappel à l'heure où la fréquentation des salles souffre du pass sanitaire que le cinéma ne peut pas être en voie d'extinction puisque il est déjà mort et qu'il est même quasi mort né on se souvient de la phrase célèbre de louis lumière ou peut-être de son père antoine c'est un peu expliqué dans livre qui aurait dit le cinématographe est une invention sans avenir mais même plus factuellement en fait le cinéma était d'emblée funeste re parce que on divise en 97 il avait deux ans le cinéma il a causé la mort de 228 personnes à paris c'est l incendie le grand incendie du bazar de la charité qui a été provoquée par un projecteur et à partir de ce moment là on a l'impression qu'il n'a lui-même pas cessé de mourir alors d'abord on va jeter les bobines des films des années 1900 1910 au cours des années 20 en appelant sa du vieux cinéaste est une expression à l'époque et en envoyant à la fonte la pellicule et puis ensuite bien sûr il ya eu toutes sortes de technologies qui vont venir sonner le glas du grand écran la télévision évidemment qui va terrasser hollywood au début des années 50 et qui après 70 ans de contre-offensive des studios sous la forme de l'écran large et d'autres d'autres inventions mouse en fait et sournoisement revenu prendre le pouvoir en 2020 à la faveur du confinement et oui ce livre de la collection la bibliothèque illustraient des histoires de chez gallimard cours jusqu'à une date toute récente fin 2020 et pose donc la question du consumérisme netflix et de ses rapports ambigus avec la cinéphilie mais la mort la plus tragique du cinéma a eu lieu en fait pendant la seconde guerre mondiale ou plutôt après coup c'est une condamnation à mort que jean luc godard a clairement énoncé dans un entretien il dit je le cite il ya eu six millions de personnes tuées principalement des juifs et le cinéma n'était pas là on ne filme en pas les cons le cinéma totalement démissionné alors autant antoine de bec évoque dans ce qui est bien plus qu'un essai historique des cinéastes passionnant qui comme les gianni qui ont par exemple qui à force de malaxer de refilmer de recadrer des images d'archivés sont parvenus à faire l'histoire à neuf avec des moyens propres du cinéma autant au présent effectivement le cinéma a manqué plusieurs fois son rendez vous avec l'histoire on mai 68 aussi et donc il a signé son propre arrêt de mort dont la prolifération des images publicitaires dans les années 80 n'a été qu'une sorte de confirmation comme ça par ricochet par éclatement alors qu'est ce qui nous reste de ses agonie successives qui sont en même temps des renaissance et c'est ça qui m'intéresse le plus dans livres ce sont des sortes de chefs-d'oeuvre hybride par exemple au moment du début du cinéma parlant on à l'aurore de murnau qui est sonore mais qui pas dialoguer ou bien bien sûr ce film monstres et merveilleux en 36 qui est des temps modernes qui voilà qui à la fois la résistance de la pantomime et l'invention d'un rapport aux eaux sont donc voilà si le cinéma est par excellence l'art de la crise conclut antoine de mecs c'est parce qu'il sait via le montage juxtaposés dans le même film l'ancien et le nouveau et que jean luc godard à plus de 90 en continu de d'expérimenter avec le numérique avec la 3d je pense que c'est vraiment ce qui incarne le mieux une sorte de santé de l'apocalypse le cinéma est mort vive le cinéma c'est donc un livre d'antoine de bec paru chez gallimard france culture la grande taille critique lycée les commandes [Musique] concluons cette grande table critique avec le dernier film de claire simon réalisatrice entre autres de récréation en 1992 ou encore gare du nord en 2013 son dernier film est un documentaire sorti en salles mercredi dernier s'intitule le fils de l'épicière le maire le village et le monde dans les années soixante dix l'ardèche s'était dit qu'elle n'avait pas besoin de paris pour devenir le centre du monde du documentaire d'auteur quarante ans après lussas s'empare de l'internet mondial et créé un site pour diffuser le meilleur du documentaire comme disait picasso la forme est une vision du monde montrer des choses qu'on n'a pas l'habitude de voir change le regard alléluia shion dans les deux ans qui viennent on est exclusivement plateforme 500 films par an à peu près prêt à le parier pas gagner il faut qu'ils aient des abonnés quoi j'informais m notre aboutissement mais c'est la construction du bâtiment trop le visage documentaire de lussas et voir perdurer l'activité du documentaire de création dans notre village qui conserve son identité rurale [Musique] la seule chose que j'ai envie de vous dire c'est entre à venir dépend aussi de vous lussas est un village ardéchois typique avec ses vieilles pierres ces exploitants agricoles est au centre du village en des lieux où se pense et se vit en france l'économie du film documentaire l'été le village accueille un festival les états généraux du film documentaire et depuis peu ici concocte deux grands projets l'ouverture d'une plateforme de vidéo à la demande thème qui a depuis vu le jour et puis la construction d'un nouveau bâtiment au coeur du film et du double projet un homme jean marie barbe natif du pays c'est lui le fils de l'épicière prêt à aller arracher partout reconnaissance et argent claire simon le film beaucoup lui mais aussi un vigneron acquiert maire motivé une ministre de la culture très attendu entre autres personnages mouillage bouder un regard sur le fils de l'épicière le maire le village et le monde en fait je pense qu'on peut être tenté vraiment je suis dit quand ça quand le film se termine et je me sais j'étais un peu gêné je me suis dit faut absolument et c'est ça fait souvent ça le documentaire tout jeu ça me fait toujours ça encore ne pas confondre le sur le fond et la forme en fait c'est à dire que on peut être très admiratif du travail d'ardèche images de thèmes qui ne plateforme admirable mais voilà tel que ce n'est pas le documentaire de claire simon et donc je dis fais la part des choses mais réelle surtout fait la part des choses parce que moi je suis très gêné par ce documentaire dont je ne comprends pas en fait ce qu'on me montre il important de dire que et je pense que c'est un des gros problèmes du film qu'à la base c'est une série qui s'appelle le village de 280 minutes qui est vraiment donc un projet au long cours voilà une forme en pl dont on on sert là une sorte de jesse de voile à deux résumé dont on ne comprend pas très bien à quoi il sert si ce n'est à dire que lui ça c'est génial que ces gens là sont des héros en tout cas moi je ce qui me gêne énormément c'est le rapport à géographique et c'est très ironique on l'a entendu dans la bande annonce que jean marie barbe qui a l'air vraiment enfin qui dit et tout très bien je trouve beaucoup plus plus intelligent que le film en fait ce personnage qui passe son temps à dire la forme est une vision du monde la forme est une vision du monde qui veut dire que le documentaire c'est de la forme et tout ça c'est très ironique en fait que le film contiennent en lui-même sa propre critique puisqu'il pour moi il n'y a pas du tout de forme dans ce film et que est par ailleurs j'ai passé quand même le film a demandé le à me poser la question du potentiel cinégénique du sujet parce que moi personnellement ça ne intéresse pas vraiment mon monstre pourquoi montrer cette ruralité j'ai l'impression que claire simon fait comme si voilà il y avait une sorte de y'a pas d'adversité c'est quand même tout se passe bien pour eux bon c'est dur d'avoir des abonnés ils cherchent leur modèle économique mais je ne vois vraiment pas l'adversité à par la grêle pour les agriculteurs et je ne vois pas l'altérité en fait c'est alors que qu'on projette ça dans des salles voilà dans des cinémas avec un public urbain voilà applaudissent parce que c'est cool qui est de la culture à la campagne moi je trouve ça un peu gênant cercueil a pas dit c'est vraiment de lens reçoit g et le fait qu'ils aient ni d'être d'adversité une altérité fait que je suis très très gêné par cet objet dont je ne comprends pas l'utilité ni la fonction esthétique et politique charlotte car moi j'ai trouvé au contraire qu'il y avait beaucoup d'adversité je ne sais pas si c'est un fonctionnel ou parfaite à la limite je me suis pas posée est vraiment la question enfin je me la suis posée mais je n'y ai pas répondu j'ai eu l'impression que c'était effectivement un film bon amoureux de son sujet dans le sens où il ya des liens entre claire simon et ardèche images entre cette aventure de tanks voilà ce que ce que c'est parce que c'est assez ambitieux effectivement de croire qu'on peut être viable en tant que plate forme de cinéma documentaire à lussas mais en fait c'est pas et donc construire ce qu'on n'a pas dévissé effectivement d'où le côté rohmérien du titre qui fait penser à l'arbre le maire et la médiathèque faut tout ça ce qui s'appelle le village documentaire de lussas c'est en fait un projet immobilier fin c1 c'est un énorme bâtiment convoi construit donc le programme qui est posée c'est un programme volontariste puisque tout juste après le prologue au début du film donc après le générique il ya effectivement jean marie barbe le meneur de tous ceux de tout art des images qui dit voilà on à voir montrer des choses qu'on n'a pas l'habitude de voir ça change le regard est donc le monde alors moi j'ai pris un peu ça comme programme pour le film et ce qui m'a beaucoup amusé et finalement dans ce film enfin sert en même temps c'est tragique c'est à dire que contrairement à frederick wiseman qui me semble être l'une des références esthétiques de claire simon depuis longtemps wiseman va partir du pouvoir il va montrer le maire de boston par exemple et il va il va tellement complexifie qu'à la fin il ya presque quelque chose du topic ont pour celui qui est une sorte de monstre d'acteurs politiciens incroyable fini par être quelque chose de beaucoup plus touchants et complexes et l'a finalement c'est l'inversé le programme ok c'est un programme utopique et admiratifs sur ce qui se fait et puis en fait qu'elle le veuille ou non au cours du documentaire qu'est-ce que qu'est ce qu'on constate c'est cela ou pour moi il transcende ce sujet particulier de cette plateforme et et de lussas c'est que la génération des boomers ne passe pas la main ne veut pas passer la main à moyennement former la génération suivante moyennement et en donnant tout en étant des workaholics totaux finalement empêche une forme de passation en pêche quelque chose d'advenir au présent et au futur et donc moi je vois quelque chose de en fait deux très noir finalement or comme par hasard le seul petit morceau de documentaires qu'on voit c'est pierre perrault enfin c'est un qui est projeté à l'internât l'intérieur de fil du film du festival de lussas et l'un de ses films s'appelle pour la suite du monde c'est par hasard ça c'est un magnifique titre dans toute l'histoire du cinéma pour la suite du monde c'est tellement beau et justement je me posais la question de est ce que vraiment quand on est malgré tout autocratique de dire qu'on a beau prôner des valeurs de solidarité de collectifs chercher à travailler collectivement il ya quand même quelque chose de l'ordre du culte de la personnalité qui effectivement est malaise en quad ans dans le film et que du coup j'ai trouvé assez passionnant effet à mon avis le chemin inverse de wiseman donc il part de l'utopie et il arrive quand même à une forme de pouvoir personnaliser oui c'est à dire que la forme potentiellement publicitaire moi j'ai l'impression du film qui pourrait être une forme de publicité pour thank et pour le développement de lussas et de jean marie barbe je suis je suis pas sûr que ce soit fait exprès je suis d'accord avec charlotte ça échoue complètement autour de justement de cette figure là moi aussi je le trouve très déprimant le film je ne pense pas que ce soit si simple que ça je vois pas les scènes non mais c'est je voyais pas le film comme comme charlotte le décrit et c'est là oui mais pour moi c'est vraiment voilà c'est juste que charlotte est plus intelligente que le film et qui voit des trucs qu'ils ont mais vous voyez bien les scènes de réunion qui pourrait être dans un mas la france et il faut il la douzaine de réunions ou une femme dit mais voilà il ya certains standards profession on devrait fonctionner comme ça et jean marie barbe dure mais non quand même on n'a pas besoin de toutes ces étapes on se fait confiance on se fait confiance donc on a un discours qui est stigmatisé comme étant standardisés légaliste c est la séquence d'après il ya une ellipse et on apprend que cette femme elle a quitté way le son travail elle a quitté dont on sait en fait d'une grande violence et sa hausse et dans le film ouais mais là mon poids il ya vraiment un problème c'est à dire que donc elle est il ya une la référence à rohmer énormément allemagne avant cette idée de de sortir des dg radis des généralités les abstractions politique pour filmer voilà la politique au quotidien est pour moi l on fait vraiment un ce genre là qui à la fois relève de la fiction et du documentaire elle en fait un cliché et à dia bâ on va filmer des réunions et très sincèrement ça ne m'intéresse pas ces réunions et peut-être que ça murray et là où c'est quelque chose qu'on retrouve chez wiseman mais sauf que le wild man il nous fait comprendre que pour ses mines réunion il faut qu'un moment apparaissent l'usure et donc on doit faire du 4 heures et 5 heures là pour moi il ya un truc le projet de départ donc ses 280 minutes pour moi ça n'a aucun sens donc j'imagine été très wiseman bien dans l'esprit là pour moi nous faire un résumé avec des ellipses où justement voilà on comprend pas et des personnages qui apparaissent d'autres qui disparaît sont aussi mlagré elle puis on au final un mariage moi je vois une bande annonce d'un film plus long et je vois là à certains moments si honte si son projet de départ c'est le 281 minutes ne voit un documentariste doit doit chérir sa forme son pour son projet initial et moi pour moi y'a aucun n'a aucun sens a filmé des bouts de réunions des bouts de grêle des bunds d'agriculteurs des bouts de mariage voilà ça c'est pour moi y'a un c'est un projet des voiliers en fait que de faire un truc pour le cinéma mon dernier mot charlotte car son nom mais je me demande si cette son côté 10 juin que vous pointez et que je ne conteste pas enfin je n'ai pas vu la version longue est certes s'il faut préférer absolument wiseman est un peu injuste non parce que ça vient référence comme vous dites il ya onze ans on y pense très fort mais à l'arrivée il me semble que ça dit quelque chose à la fois d'une sorte de réflexion sur la décentralisation sur les nouveaux enfin sur scène parce que cette ruralité le fait que des c'est très contemporain ça c'est quelque chose qui nous saisit moi je trouve pas que ce soit un sujet un micro sujet et d'autre part il ya un sens tragique qui est qu'ils soient volontaires ou non et pour moi il est générationnel il est de ne pas avoir lâché quelque chose d'être celui du cru qui est né il le dit au début un mois ça fait soixante ans que j'habite dans cette maison eh bien oui mais qu'est ce que qu'est-ce que tu passes et qu'est-ce que tu comment tu rayonne autour le fils de l'épicière le maire le village et le monde claires ciment et en salle je précise qu'elle était hier l'invité d'arnaud la porte dans la sphère culturelle en entretien que vous pouvez réécouter sur le site de france culture la grande table critique c'est fini pour aujourd'hui merci beaucoup mais rien je vous dis merci charlotte garçons le nouveau cahiers du cinéma est en kiosque avec léa seydoux chiots croisés en couverture à la préparation il y à aïssa tous en deuil et boris pinault à la réalisation périodes rails à la technique aujourd'hui c'était jacquet zuber vous pouvez réécouter l'émission en vous rendant sur le site de france culture et vous pouvez également vous abonner au podcast de la grande table critiques sur l'application radio france [Musique]
Françoise Dumont