Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRMC — Face à Face· 9 juin 2023 21 min

Face à Face : Bruno Le Maire - 09/06

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, face à face, Apolline de Malherbe. Il est 8h33 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV, bonjour Bruno Le Maire.

0:18
Bruno Le Maire

Bonjour Apolline de Malherbe.

0:19
Présentateur

On va évidemment parler inflation, on va parler des grands industriels, c'est ce que nous avions prévu lorsque je vous ai invité, depuis il y a eu bien sûr l'effroi. L'effroi à Annecy, d'ailleurs on l'apprend ce matin, le Président se rend sur place auprès des victimes. Comment vous avez vécu cette journée d'hier ?

0:37
Bruno Le Maire

Avec énormément d'émotions, comme je pense tous nos compatriotes. Je pense d'abord aux victimes, aux enfants qui sont à l'hôpital en train de lutter entre la vie et la mort. Je pense qu'il n'y a rien de plus barbare, rien de plus insensé. Et rien qui heurte davantage que de s'attaquer à des enfants. Des enfants de 18 mois, de 2 ans, tout ça dépasse totalement l'entendement. Je crois que la meilleure réaction qu'on puisse avoir, c'est celle qu'a eu ce héros, Henri, avec d'autres qui sont encore anonymes. C'est-à-dire... Henri c'est celui qu'on appelle le héros sac à dos.

Celui qui s'est opposé avec son sac à dos, je pense que la plus belle parole qui a été prononcée, c'est lui qui l'a prononcée sur son compte Facebook en disant, il faut prier pour les victimes, pour ceux qui ne croient pas, pensez aux victimes. Je pense que c'est ce qu'il y a à faire aujourd'hui.

1:33
Présentateur

Moi je vais bien, mais prier pour les enfants. Voilà exactement les mots qu'il a eus. Lui, il était en pèlerinage lui-même à Annecy. Bruno Le Maire, les réactions politiques ont été immédiates, certaines sobres et dignes, d'autres cherchant immédiatement une raison politique. Quand vous voyez quelqu'un comme Éric Ciotti, de votre ancienne famille politique, qui a d'abord réagi, qui a d'ailleurs annoncé qu'il allait tenir une conférence de presse dans l'après-midi, et il a annulé, semble-t-il, en tout cas de manière concomitante, au moment où on a appris que l'assaillant se disait chrétien. Comment vous réagissez aussi à ça ?

2:13
Bruno Le Maire

Moi je pense que dans les heures qui suivent un tel drame, qui, je le redis, touche des enfants. Et pour tous nos compatriotes, pour ceux qui ont des familles, ceux qui ont des enfants, ceux qui voient leurs propres enfants troublés, perturbés par ce qui s'est passé à Annecy, il y a un temps de décence et de silence. Aujourd'hui, ce n'est pas le moment de la politique, c'est le moment de la nation. La politique, par définition, elle divise, il y a des convictions qui s'affrontent, ça fait partie de la vie politique et de la vie démocratique. Et aujourd'hui, ce n'est pas le temps de la politique, c'est le temps de la nation.

On se rassemble, on pense aux victimes, on pense aux familles des victimes, on pense à toutes les forces de l'ordre, les policiers, les policiers municipaux, les pompiers, tous ceux qui se sont interposés, et on se rassemble. On se rassemble, on fait bloc pour tenir. On tiendra si nous sommes rassemblés, et on s'affaiblira si nous sommes divisés. Donc, laissons la politique de côté un instant, et pensons à la nation.

3:15
Présentateur

La question quand même du lien avec les filières d'immigration, c'est comme ça que pose la question du côté du RN, je recevais ce matin la porte-parle du RN sur RMC, qui disait, oui, mais enfin, il n'avait rien à faire là, disait-elle, qu'il soit de quelque nationalité que ce soit, de quelque revendication que ce soit, elle disait, malgré tout, il n'avait rien à faire ici, il aurait dû rester en Suède ou ailleurs. Qu'est-ce que vous répondez à ça ?

3:40
Bruno Le Maire

Je dis qu'il y a des questions qui se posent, et qu'il faudrait y apporter des réponses plus tard. Et qu'il vaut mieux apporter des réponses quand on sait quelque chose. On ne joue pas avec un drame.

3:49
Présentateur

Il y a quelques informations que l'on a. Oui, mais ces informations, elles sont très partielaires,

3:53
Bruno Le Maire

elles sont très partielles, elles seront données au fur et à mesure. La justice doit apporter des éclaircissements, la police va apporter des éclaircissements. Et je vais vous dire très sincèrement, je n'en sais pas plus que vous. Je suis membre du gouvernement, responsable de l'économie et des finances. Je n'en sais pas plus que vous. Et je pense qu'ajouter toujours du commentaire au commentaire, du bruit au bruit, au moment où, je le redis, des enfants se battent entre la vie et la mort. Il y a une forme d'indécence. Parfois, le silence est la seule chose décente, surtout en politique.

4:26
Présentateur

Fermons donc cette page d'émotion, Bruno Le Maire, sur ce mot de silence. Et ouvrons celle de votre portefeuille, l'économie, les prix. Vous avez rencontré hier après-midi, parce qu'en effet, la politique continue pendant ce temps-là. Vous avez rencontré à Bercy, hier après-midi, les grands industriels, ceux que, depuis un mois, vous invitez à revenir à la table des négociations. Et ça n'a pas marché.

4:49
Bruno Le Maire

Si, ça a marché. Je pense que nous avons bien progressé hier, et progressé surtout de manière très concrète pour les Français, avec un objectif qui sera vérifier que les prix de certains produits alimentaires baissent dès le mois de juillet. C'est-à-dire, tous les prix, dont les prix sur les marchés de gros baissent, dans les rayons, ils doivent baisser aussi. Je ne dis pas que l'inflation ralentit, je dis que ces prix doivent baisser. Je pense aux pâtes, le prix du blé baisse, le prix des pâtes doit baisser. Je pense aux huiles, je pense à la volaille, je pense aux céréales, je pense à l'alimentation animale.

Sur un certain nombre de produits dont l'alisme sera transmise la semaine prochaine, les prix baisseront cet été. C'est ce à quoi se sont engagés les industriels.

5:31
Présentateur

Donc, les industriels, c'est très important ce que vous dites ce matin, les industriels que vous avez réunis hier à Bercy se sont engagés auprès de vous à vous faire parvenir d'ici la semaine prochaine une liste de produits sur lesquels les prix vont baisser.

5:43
Bruno Le Maire

Tout à fait, je suis très concret sur l'engagement, on entre un tout petit peu dans la technique. Allons-y, rentrons même dans les rayons si vous voulez. J'ai pris trois engagements. Le premier engagement, c'est une indexation anticipée de la baisse des prix. Quand les prix de gros baissent, les prix du blé baissent, il faut parfois trois mois, quatre mois, cinq mois, avant que le prix des produits concernés, le prix des pâtes, baisse également. Là, ils ont accepté une indexation anticipée pour que le prix de ces produits, je pense en particulier aux pâtes, baisse dès le mois de juillet.

Alors que sinon, s'il n'y avait pas eu d'indexation anticipée, ça aurait été vers septembre, octobre, voire un peu plus tard.

6:16
Présentateur

Mais quand vous dites qu'ils ont pris cet engagement ?

6:17
Bruno Le Maire

C'est les 75 plus grosses industrielles de l'agroalimentaire.

6:20
Présentateur

Les 75 ont pris cet engagement ?

6:21
Bruno Le Maire

C'est les 75 ont pris cet engagement. Quand vous parlez des pâtes,

6:23
Présentateur

vous nous dites que les lustus crues, les butonies, les barillats, elles vont toutes baisser.

6:30
Bruno Le Maire

Est-ce que ces pâtes-là,

6:31
Présentateur

est-ce que les barillats, est-ce que les lustus crues ?

6:33
Bruno Le Maire

C'est l'engagement qui a été pris. Donc ces prix doivent baisser dès cet été, dès le mois de juillet. C'est l'engagement qui a été pris.

6:38
Présentateur

Leur patron, les yeux dans les yeux, vous ont dit, oui, oui, on s'engage la semaine prochaine.

6:41
Bruno Le Maire

Ils ont dit, nous ferons de l'indexation anticipée pour que les prix baissent dans les rayons. Je pense que c'est suffisamment clair. Le deuxième engagement qu'ils ont pris, qui est très important, c'est faire ce qu'on appelle des remises en fonds de rayons. Ce n'est pas des promotions. Des remises en fonds de rayons, ça veut dire que, très directement, sur les rayons d'un certain nombre de produits où les prix de gros ont baissé, là aussi, les prix devront baisser de 2, 3, 5, peut-être jusqu'à 10% sur certains produits. Jusqu'à 10% ? Ça pourrait, jusqu'à 10% sur certains produits.

7:08
Présentateur

Quel produit vous avez en tête ?

7:09
Bruno Le Maire

Je pense que les pâtes sont le bon exemple de prix qui doivent significativement baisser au cours des semaines qui viennent. C'est le deuxième engagement qu'ils ont pris. Et ils me fourniront, là aussi, la liste intégrale des centaines de produits qui seront concernés par ce qu'on appelle ces remises en fonds de rayons. La liste me sera fournie la semaine prochaine par ces 75 grands industriels, ce qui me permettra de vérifier, avec la Direction Générale de la Consommation et de la Répression des Fraudes, que l'engagement des industriels est tenu. La confiance, c'est bien. Le contrôle, c'est encore mieux. C'est bien.

Et la troisième chose à laquelle ils se sont engagés, c'est de rouvrir les négociations commerciales quand ils remplissent les critères que nous avions fixés la semaine dernière. Les négociations commerciales, c'est important. Le défaut des négociations commerciales, c'est que ça prend du temps et que ça ne peut pas nécessairement conduire dans tous les cas de figure à une baisse des prix. Donc la réunion d'hier, elle était très importante et positive parce qu'elle a permis de conduire à des engagements concrets de baisse des prix sur des produits dans des marques précises dont la liste me sera fournie la semaine prochaine.

8:09
Présentateur

Maintenant, j'ai deux conséquences à vous demander. La première, c'est qu'est-ce que vous ferez de cette liste ? Vous avez dit que vous alliez vérifier avec la Répression des Fraudes, mais est-ce que vous ne pourriez pas vous engager à publier cette liste ? Est-ce que nous, les Français, qui allons faire nos cours, on n'aurait pas intérêt à avoir la liste et à savoir que l'huile va faire baisser mais pas l'huile.

8:25
Bruno Le Maire

J'essaie de faire les choses sérieusement. Évidemment, dans un cadre légal, je ne peux pas rendre cette liste publique parce que je dévoilerai des secrets commerciaux. Je peux simplement dire que ça concernera plusieurs centaines de produits de consommation courante parmi les produits que j'ai cités avec à chaque fois des différences. La volaille, elle doit baisser parce que les prix de production ont baissé. Sur le porc, sur le bœuf, c'est différent parce que les coûts de production restent élevés. Sur le lait, il n'y aura pas de baisse des prix parce que sinon, c'est les producteurs qui trinqueraient.

En revanche, sur ces produits que j'ai cités, les pâtes, l'huile, l'huile de tournesol, la volaille, l'alimentation animale, là, les prix doivent baisser dès juillet. J'aurai la liste très précise des marques et des produits. Je vérifierai grâce à la DGCCRF et les sanctions possibles restent sur la table et les sanctions sont très claires entre les industriels

9:14
Présentateur

et sur la manière dont vous le feriez ou non. Mais précisément, vous aviez dit la semaine dernière, s'ils ne jouent pas le jeu, je n'hésiterai pas à faire du name and shame. Mais à l'inverse, ce qui m'étonne, c'est que quand il s'agit au contraire de dire qu'il y en a qui ont joué le jeu et c'est positif, là, quand vous vous renseignez, on vous dit que vous ne pouvez pas le faire. Ça veut dire que vous n'auriez pas pu faire l'inverse. Vous n'auriez pas non plus

9:34
Bruno Le Maire

pu dire qu'ils ne jouent pas le jeu. Si je peux très bien donner le nom et d'ailleurs la possibilité reste sur la table. S'il y a un de ces 75 industriels de l'agroalimentaire, de ces grandes multinationales, qui a des marches qui continuent de progresser et qui ne jouent pas le jeu, ça veut dire qu'ils ne jouent pas le jeu de la lutte contre l'inflation. Donc son nom sera révélé au public. Et les choses sont très claires avec les industriels. Je leur fais confiance. D'ici la fin du mois de juin, si je vois que les engagements ne sont pas tenus, nous donnerons les noms des industriels.

Mais je pars du principe qu'à partir du moment où ils ont pris l'engagement devant moi, que les choses sont très claires, qu'il y avait Olivier Grégoire, ministre des PME, Roland Lescure, ministre de l'Industrie, qui était présent, leur parole vaut engagement et cet engagement sera respecté.

10:15
Présentateur

Il n'y en a pas un seul qui... C'est-à-dire que Nestlé, Coca, ils ont tous dit on joue le jeu.

10:21
Bruno Le Maire

Ils ont tous dit on joue le jeu.

10:22
Présentateur

Il n'y en a pas un qui est resté derrière la main.

10:24
Bruno Le Maire

Ils ont tous dit je joue le jeu, ce qui veut dire que sur les produits dont ils me donneront la liste, l'engagement de baisse des prix de 2, 5, 10% devra être respecté. Que ceux qui remplissent les critères de négociation commerciale devront revenir à la table de négociation. Aujourd'hui, il y en a 2 ou 3. Il y en a au moins une quinzaine qui remplissent ces critères de réouverture des négociations commerciales. Donc, il faut que ces 15 reviennent à la table de négociation. Et je le redis avec beaucoup de fermeté. Attendez, je voudrais comprendre

10:51
Présentateur

parce qu'il y en a 75 qui sont les gros groupes. Il y en a 2 ou 3 qui avaient déjà joué le jeu.

10:56
Bruno Le Maire

Exactement.

10:57
Présentateur

Et vous me parlez là de 15. Ça veut dire qu'en fait sur les 75, il n'y en a que 15 qui vont vraiment baisser les prix parce qu'il n'y en a que 15 qui sont en situation de baisser les prix.

11:04
Bruno Le Maire

Pas du tout. Ça veut dire simplement que vous avez des gammes de produits et que vous avez un industriel agroalimentaire qui peut faire du port de la volaille et du bœuf. Il va pouvoir baisser sur la volaille parce que la volaille elle a les coûts de production mais il ne baissera pas sur le bœuf et le port parce que les coûts de production n'ont pas baissé. Et donc comme on est rentré, on a mis du temps hier, on est à passer 2 heures à regarder produit par produit, on s'est dit qu'est-ce qui est le plus efficace pour le consommateur ? C'est ça que je me suis demandé.

Moi je ne me paye pas de mots, je n'ai pas du tout envie de pouvoir dire aux Français ne vous inquiétez pas, les négociations commerciales sont rouvertes. Si au bout du compte, dans les rayons, les prix sont toujours aussi élevés, ça ne m'intéresse pas. Donc j'ai préféré rentrer avec Olivier Grégoire et Roland Descures dans le détail pour regarder effectivement où les marges progressent, où il est aberrant qu'il y ait encore des prix qui augmentent, les pâtes sont le meilleur exemple, le blé baisse, les pâtes doivent baisser. En revanche, je le redis, sur le lait, sur le porc, sur la viande bovine, là c'est plus difficile parce que les coûts de production restent élevés. Mécaniquement,

11:53
Présentateur

la production reste très élevée. Vous avez dit, il faut que cet engagement il soit clair, net, écrit avant fin juin. La conséquence dans les rayons, c'est pour quand ? C'est pour juillet. Donc juin l'engagement, juillet les conséquences dans les rayons.

12:09
Bruno Le Maire

Juin l'engagement, juillet les prix qui baissent dans les rayons sur les centaines de produits et de références, comme on dit, qui me seront transmises. Et après, j'ai deux possibilités. La première, c'est de nommer les entreprises qui n'auraient pas le joué, jouer le jeu. Et la deuxième, que je conserve, c'est la possibilité de mettre en place une taxe sur les marges excessives qu'auraient faites les entreprises de l'agroalimentaire. Une taxe de combien ?

12:32
Présentateur

Vous avez commencé à dessiner un peu que l'instrument juridique

12:35
Bruno Le Maire

est prêt, que l'instrument juridique a été validé par la direction des affaires juridiques de mon ministère, qu'elle a été présentée aux industrielles de l'agroalimentaire. Donc ils savent parfaitement à quoi s'attendre. Moi, je ne peux pas

12:46
Présentateur

me retrouver... Je veux bien comprendre. C'est une taxe. On évoque 5%.

12:50
Bruno Le Maire

Mais le taux, vous savez, il est décidé par les parlementaires. Moi, je propose le mécanisme et le taux, ensuite, il est décidé par les parlementaires. Alors, imaginons que c'est 5%. J'ose espérer que je n'aurais pas dégainé cette arme fiscale.

13:02
Présentateur

Ce que je voulais savoir, c'est est-ce que ces 5%, ils s'appliqueraient uniquement à la partie marge exceptionnelle ou est-ce que ces 5%, ils tomberaient sur l'ensemble de la marge du groupe ?

13:13
Bruno Le Maire

Les 5% ou 3% ou 2% aujourd'hui, il n'y a pas de taux qui a été fixé, s'appliqueront à la marge de l'entreprise. Si nous nous apercevons... Pas uniquement

13:22
Présentateur

à la surmarge, si je peux me permettre. C'est la marge

13:24
Bruno Le Maire

de l'entreprise. Si nous apercevons...

13:26
Présentateur

Ce serait une sanction conséquente dans ce cas.

13:29
Bruno Le Maire

J'espère que chacun entend cela. Nous travaillons au ministère de l'Économie et des Finances sérieusement et rigoureusement. Donc nous avons les chiffres de l'INSEE et nous avons les chiffres de la DGCRF qui montrent une chose très simple. Le taux de marge des entreprises de l'agroalimentaire a fortement progressé au cours des premiers mois de l'année 2023. Et ils ont plus que rattrapé les pertes qu'ils avaient faites dans les 2 années passées. Tant mieux pour eux. La seule chose que je leur demande, c'est de dire vous pouvez garder une partie des marges pour vous. C'est normal, il faut que vous investissiez. Mais il y a une partie des marges que vous devez rendre aux consommateurs.

Et c'est ça que je vérifierai. Vous le faites, tant mieux et je pense que ce sera le cas. Vous ne le faites pas, nous le récupérerons par la voie fiscale.

14:08
Présentateur

Et du côté des distributeurs, tout va bien, ils vont jouer le jeu. Les distributeurs

14:13
Bruno Le Maire

se sont engagés à poursuivre le trimestre anti-inflation jusqu'à la fin de l'année, du 15 juin jusqu'à la fin de l'année. Mais je veux dire,

14:19
Présentateur

sur ces produits-là dont vous parlez, vous le savez, vous en avez parlé j'imagine avec eux.

14:26
Bruno Le Maire

Nous vérifierons là aussi. Je cherche simplement à jouer le rôle qui est le mien, c'est-à-dire faire baisser les prix pour les consommateurs en rassemblant les acteurs. Le ministre de l'Économie n'a pas une réglette entre ses mains grâce à laquelle il pourrait faire monter ou faire baisser les prix. Mais ça veut dire que vous pouvez bien... En revanche, il a un pouvoir d'injonction vis-à-vis des distributeurs et des industriels pour leur dire vous vous rassemblez, vous trouvez des accords et vous faites baisser les prix. C'est ce à quoi nous sommes arrivés hier.

Nous avons réglé le problème des distributeurs d'abord avec Olivier Grégoire, réglé hier le problème de l'industrie agroalimentaire avec Roland Lescure et maintenant j'attends que ça se voit dans les rayons.

15:03
Présentateur

Un dernier mot parce que je voudrais aussi qu'on puisse parler électricité et logement. Ça veut dire que vous pouvez quand même dire aux Français ce matin que leur caddie le mois prochain leur coûtera moins cher.

15:13
Bruno Le Maire

Je dis aux Français que dès le mois de juillet sur un certain nombre de références et de produits les prix baisseront en juillet et nous le vérifierons et nous sanctionnerons ceux qui ne jouent pas le jeu.

15:23
Présentateur

EDF est 100% national aujourd'hui même. Bruno Le Maire ça y est c'est effectif. Quelles conséquences ? Dans un moment où le paradoxe semble-t-il enfin en tout cas moi ça m'est apparu comme ça mais vous allez peut-être me dire que je suis naïve c'est que RTE qui s'occupe de distribuer l'électricité a alerté la semaine dernière en disant en fait on va avoir parce qu'on va vers plus d'écologie on va avoir besoin de plus d'électricité. ça paraît un peu contre-intuitif.

15:52
Bruno Le Maire

Non parce que l'électricité elle est décarbonée donc plus d'électricité et moins d'énergie fossile. Le meilleur exemple c'est nos voitures. Nous avons vécu pendant plusieurs décennies avec des voitures qui fonctionnaient avec du diesel ou de l'essence ou de l'énergie fossile nous avons basculé et à mon avis beaucoup plus rapidement qu'on ne s'y attendait vers un parc automobile électrique. Le problème c'est que ces voitures électriques il faut alimenter des batteries et que ça consomme beaucoup d'électricité.

Que pour produire ces batteries ce que nous avons fait le choix avec le président de la République de la réindustrialisation que nous recréons pour la première fois depuis 40 ans des emplois industriels et des usines dans notre pays les usines

16:25
Présentateur

il faut les faire tourner. Là-dessus j'avoue qu'il y a un truc que je ne comprends pas pardon je suis une petite parenthèse je suis là pour essayer d'apporter toutes les réponses possibles. Et vous aviez bien raison de ces ouvertures d'usines de la vallée de la batterie et en fait dans le même temps la Zoé est à l'arrêt la ligne de production de la Zoé à Flins est à l'arrêt pour trois semaines trois semaines sans une seule Zoé qui va sortir de l'usine donc on a des batteries mais on n'aura plus de voiture électrique

16:49
Bruno Le Maire

non parce que ce qui manque en l'espèce ce n'est pas les batteries c'est les semi-conducteurs c'est-à-dire ce composant électronique nous allons avoir de la production de batteries électriques dans notre pays j'ai ouvert il y a quelques jours l'usine ACC de Stellantis et c'est formidable de voir dans le Dintercroix dans une région où il y a eu de la destruction d'emplois de la destruction d'emplois ouvriers des usines qui ouvrent des chaînes de montage des chaînes de production et des milliers de postes d'ouvriers ouvriers doit redevenir un mot attractif un mot noble dans l'emploi français et nous allons continuer à créer des dizaines de milliers d'emplois d'ouvriers d'ingénieurs de techniciens dans notre pays et c'est une excellente nouvelle et nous allons être plus indépendants le véhicule électrique veut dire batterie veut dire aussi semi-conducteur si la zoé est à l'arrêt c'est que nous manquons de semi-conducteurs nous avons obtenu l'extension de l'usine de Kroll à Grenoble pour avoir plus de semi-conducteurs et je rappelle qu'une part de la production doit être réservée pour les pouvoirs publics justement pour que lorsqu'il y a une pénurie comme sur la zoé nous puissions demain fournir les semi-conducteurs à l'industrie automobile donc ça n'arrivera plus

17:54
Présentateur

cette chaîne de production tout à coup à l'arrêt

17:56
Bruno Le Maire

ça n'arrivera plus et nous sommes dans cette voie de la réindustrialisation réindustrialisation verte qui va changer la face du pays notre pays s'est appauvri en fermant ses usines et en détruisant des emplois il va s'enrichir en se réindustrialisant et en recréant des emplois d'ouvriers et d'ingénieurs

18:12
Présentateur

Bruno Le Maire la crise du logement considérable tous ceux qui travaillent dans ce domaine alertent depuis des mois et ont le sentiment quand même que le gouvernement a accouché d'un plan de petite souris qui n'est pas à la hauteur de la crise il y a un point sur lequel pour le coup vous êtes aux manettes qui est la question aussi des taxes et des niches fiscales ou non sur la location de courte durée ce qu'on appelle Airbnb est-ce que vous allez restreindre la possibilité de faire ces locations de courte durée est-ce que vous allez vous y attaquer et permettre dans ce cas que ces logements reviennent dans le parc immobilier

18:49
Bruno Le Maire

sur Airbnb on s'y est déjà attaqué on a réduit la possibilité la durée à 120 jours aujourd'hui moi ce qui m'interroge c'est que nous gardions une fiscalité favorable pour le Airbnb donc je suis ouvert à une réforme de la fiscalité sur le Airbnb pour qu'elle soit équivalente à celle d'autres logements nous allons travailler là-dessus faire des propositions à la première ministre et au président de la république mais je dois dire que j'ai du mal à comprendre la fiscalité très favorable qui s'applique aujourd'hui à Airbnb donc nous réformerons cette fiscalité et je ferai des propositions ensuite vous avez effectivement

19:23
Présentateur

c'est vraiment un terrain que vous allez attaquer

19:26
Bruno Le Maire

oui je ne vais pas attaquer c'est pas le bon mot mais la seule question c'est celle de la justice à partir du moment où il y a des effets d'aubaine qui sont trop importants et une fiscalité qui est trop favorable il n'y a pas de raison de garder cette fiscalité qui conduit à des excès je n'oublie jamais que chaque euro que je dépense est un euro du contribuable d'une personne qui a travaillé dans notre pays donc je veux être sûr qu'il soit bien employé après vous avez le problème plus large de l'immobilier vous avez connu une décennie entière de flambées immobilières pour une raison qui était très simple l'argent était gratuit donc vous pouviez emprunter à des taux d'intérêt très bas qu'est-ce qui change radicalement la donne la flambée des taux d'intérêt qui est liée à une politique monétaire qui nous permet de lutter contre l'inflation et contre la vie chère

20:10
Présentateur

donc on se retrouve à faire une lutte vertueuse d'un côté exactement mais qui a des conséquences également très dures

20:15
Bruno Le Maire

à la fois sur le niveau d'activité on le voit avec la récession en Europe aujourd'hui il y a une récession dans beaucoup de pays européens chez nos voisins allemands la croissance française résiste mais ailleurs il y a une récession et on le voit sur l'immobilier effectivement pour tous nos compatriotes c'est beaucoup plus difficile aujourd'hui d'emprunter parce que les taux d'intérêt ont augmenté je pense que l'erreur de politique économique serait de compenser cette difficulté par toujours plus d'argent public parce qu'on empêchera les prix de l'immobilier de baisser il faut qu'il y ait un ajustement et que les prix de l'immobilier baissent est-ce que pour autant nous allons laisser tomber les promoteurs immobiliers le monde du bâtiment le monde des travaux publics certainement pas mais nous devons apporter les bonnes réponses la bonne réponse c'est pas dépenser toujours plus d'argent public c'est d'avoir du foncier disponible c'est de construire là où on manque de logement construire dans les zones tendues construire dans les zones où justement on ouvre des usines et où il y a des besoins de logement immédiat

21:08
Présentateur

et où il y aura des jobs Bruno Le Maire ministre de l'économie merci d'avoir répondu à mes questions

Face à Face : Bruno Le Maire - 09/06 — Bruno Le Maire · Pourquijevote