"Il y a urgence à reparler d'immigration", estime la députée RN Laure Lavalette
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Le Rassemblement National, tiens, en ce moment, c'est journée parlementaire à Cap d'Ague, au Cap d'Ague, où nous retrouvons Laure Lavalette. Bonjour, madame. Bonjour. Vous êtes députée Rassemblement National du Var, ancienne porte-parole de la candidate Marine Le Pen à la présidentielle. Question d'actualité pour commencer avec ce futur projet de loi que veut déposer Emmanuel Macron au début de l'année prochaine sur l'immigration et le droit d'asile. Y a-t-il urgence à remettre ce dossier sur la table ?
L'immigration, oui. Il ne vous a pas échappé qu'effectivement, nous vivons une époque un peu compliquée, avec un chaos migratoire, une immigration complètement dérégulée. Je pense qu'effectivement, c'est une loi qui est attendue par les Français. Donc oui, il y a urgence à reparler d'immigration au sein de l'Assemblée Nationale, qui, vous le savez, depuis le 19 juin, ressemble à la France, puisque nous sommes rentrés avec 89 députés, qui vont porter une voix, effectivement, tout à fait différente.
Eh bien, justement, vous devrez probablement débattre de ces mesures qu'Emmanuel Macron veut mettre en première ligne, et notamment pour que les immigrés ne soient plus toujours parqués, parfois, dans les quartiers les plus défavorisés, mais que ce soit aussi, pourquoi pas, à la campagne et dans des quartiers socialement favorisés. Est-ce que c'est une bonne idée pour vous ?
En fait, le problème, c'est qu'il y a trop d'immigration, vous le savez, nous ne cessons de le dénoncer. Il faut arrêter ces flux migratoires constants, qui, effectivement, j'allais dire, déstabilisent un peu la société dans laquelle nous vivons. Alors, effectivement, parquer les gens n'est évidemment pas une bonne idée, et il y a eu un afflux, je pense, massif de gens à un moment qu'on habite dans des cités de façon pas très digne, et effectivement, ça se passe mal. Il n'empêche que là, on voit bien qu'on arrive aux limites d'un système, et de disséminer les gens dans la campagne ne nous paraît évidemment pas une bonne idée.
Il faut déjà renvoyer, vous savez, tous ceux qui sont sur notre sol en situation irrégulière, et vous verrez que nous aurons un peu d'air, et la situation migratoire s'arrangera. Et puis, il faudra aussi que nous soyons moins attractifs. Enfin, ça, on le dit effectivement depuis longtemps, il faut réserver certaines allocations familiales, notamment de solidarité co-français, et vous allez voir que, naturellement, les flux devraient se tarir.
Donc, à vous entendre, ça veut dire que ce seront toujours les quartiers socialement défavorisés, et donc une partie de vos électeurs qui devront toujours accueillir les immigrés ?
Mais vous savez, là n'est pas la question, la politique de la ville...
C'est la question que pose Emmanuel Macron, pourtant.
Oui, mais vous savez, la politique de la ville, c'est 98 milliards d'euros en 40 ans. Donc, même dans ces quartiers défavorisés dont vous parlez, beaucoup d'argent a déjà été investi, et on voit bien que ça ne fonctionne pas. On voit bien qu'il y a une logique qui ne marche pas, et que certains de ces immigrés arrivent avec un mode de vie, des us et coutumes qu'ils aimeraient, j'allais dire, nous imposer. Effectivement, ils nous trouveront sur leur chemin, parce que ça n'est pas la société dont nous avons envie. Vous savez, encore une fois, il ne faut pas oublier qu'il y a quand même un corrélaire.
L'immigration nourrit l'insécurité que nous subissons, et on ne peut pas dire quiconque a des yeux pour voir, on ne peut pas dire que la question sécuritaire en France est simple. Il y a quand même une agression gratuite toutes les 44 secondes.
Emmanuel Macron ne parle pas de délinquant, il parle d'immigrés.
Pour vous, c'est la même chose ? Évidemment que ça n'est pas la même chose. Simplement, vous savez bien que l'immigration, comme ça, massive, dérégulée, nourrit un peu l'insécurité. On le sait, quand vous superposez les cartes. Vous savez, l'Assemblée nationale, par exemple, s'était saisie d'une commission il y a deux ans, je crois, sur les mijeurs, donc les ni majeurs ni mineurs. Et on voyait bien qu'il y avait de la délinquance partout où il y avait une concentration de ces mineurs.
Pour ceux qui troublent leur public, Emmanuel Macron propose, il envisage de les renvoyer dans leur pays d'origine. Karine Becker.
Mais nous aimerions tellement, nous aimerions qu'il ne suffise pas de l'envisager, il faudrait le faire. Vous savez, c'est très bien. Eh bien, elle va vous demander d'en débattre, par exemple, sur les OQTF. Vous savez, si vraiment les OQTF étaient exécutés à 100%, nous n'en serions pas là. Je rappelle que le bilan d'Emmanuel Macron, c'est simplement 11% des obligations de quitter le territoire français qui ont été exécutés. Donc, effectivement, nous serons là et nous avons hâte de ce texte que nous amenderons, évidemment.
Alors, après la question de l'immigration, Laure Lavalette, je voudrais qu'on aborde le sujet de l'euthanasier. Emmanuel Macron a décidé cette semaine de relancer le débat sur la fin de vie en France. Il a décidé pour ça d'en passer par une convention citoyenne, ce qu'il avait fait précédemment sur la question du climat. Est-ce que c'est pour vous la bonne méthode, la convention citoyenne ?
Vous savez bien, nous ne cessons de le rappeler, le débat politique doit se passer à l'Assemblée nationale. Et tous les gadgets, j'allais dire, superfétatoires qui sont autour ne devraient pas exister. C'est un peu comme le Conseil national de la refondation. Emmanuel Macron essaye d'esquiver, en fait, véritablement le débat au sein de l'Assemblée, alors que la France est riche, vous savez, de ses institutions. Il y a un processus législatif, un processus de débat. Le texte arrive d'abord devant l'Assemblée nationale. Il part au Sénat, il revient. Vous voyez bien que se priver de cette Assemblée nationale et en fait, un peu un aveu d'échec.
Il sait qu'effectivement, venir devant l'Assemblée nationale, ce n'est pas forcément gagné. On sait qu'il n'a qu'une majorité tout à fait relative. Donc c'est la raison pour laquelle il veut s'esquiver. Encore une fois, ça sera un sujet assez passionnant.
Alors, quelle est la position du Rassemblement national ? Est-ce qu'il faut effectivement permettre aux Français, aujourd'hui, de librement choisir leur fin de vie ?
Marine Le Pen a été très claire. Vous l'avez vu certainement chez un de vos confrères. C'est quand même un sujet éminemment sensible, éminemment qui touche à l'intime. Elle, elle dit, à titre personnel, je suis contre. Il n'empêche qu'il revient aux Français de trancher le sujet et à ce moment-là, de passer par la voie du référendum. Ce qui sera très intéressant, c'est qu'on pourra, en ayant ce débat-là, remettre le soin palliatif au milieu, j'allais dire, du village. Et on s'aperçoit très bien qu'en fait, les gens veulent mourir parce qu'ils souffrent.
Et quand cette souffrance est prise en charge, notamment par les soins palliatifs, puisque, j'allais dire, c'est leur job, on voit que tout de suite, la volonté de mourir est en chute libre. Donc, ça va poser une vraie question sur notre système hospitalier, sur la vision que nous avons, et sur le fait de pouvoir soulager la douleur.
La vraie question, c'est jusqu'où est-ce qu'on peut aller ? Vous êtes prêts, vous, dans ce débat, à défendre jusqu'à quoi ? Jusqu'à une assistance, pardonnez-moi, au suicide ou pas ?
Vous allez jusqu'où ? En fait, nous sommes prêts, nous sommes prêts à, vous allez dire, à mettre, à aller jusqu'à la loi Leonetti. La loi Leonetti-Claes, qui sont les deux lois qui, pour l'instant, en France, régissent cette fin de vie, nous sommes prêts à l'appliquer jusqu'au bout, et on aura l'occasion d'en parler, mais elle offre effectivement des solutions.
Donc, on n'a pas besoin d'une nouvelle loi, c'est ça que vous dites ?
Je pense qu'on n'a pas besoin d'une nouvelle loi, effectivement, à titre personnel aussi, ce n'est pas une loi qui m'enchante du tout, mais par contre, ce qui est certain, c'est qu'il faut se saisir de ces soins palliatifs, et encore une fois, quand la souffrance des gens est prise en compte, et surtout qu'elle est traitée, vous verrez que les gens ont beaucoup moins envie de mourir. Mais c'est du 99,1%, vous voyez, je veux dire, c'est dans des proportions qui sont colossales, et je pense que le soin palliatif a été le parent pauvre pendant longtemps, mais j'allais dire, ça repose aussi la question de l'état de notre hôpital.
Laure Lavalette, députée Rassemblement National du Var, par une autre réforme que le chef de l'État a bien l'intention de mettre en œuvre l'an prochain, c'est la retraite, ça passera, dit-il, par le compromis, et aussi un souci de rééquilibrage du financement des retraites. Compromis, équilibre, sur la forme au moins, est-ce que vous validez ça ?
Le compromis, je pense qu'il n'a pas le choix, vous savez, la gauche va s'opposer à cette réforme des retraites, nous, nous allons aussi nous y opposer de toutes nos forces, et les LR sont de moins en moins certains de soutenir le projet. Donc, dans la mesure, encore une fois, où à l'Assemblée Nationale, il n'a pas la majorité, il va bien falloir qu'il en fasse des compromis. Mais il faut savoir, il faut que les Français sachent, cette réforme des retraites, ça n'était pas urgent. Emmanuel Macron répond à une injonction de Bruxelles, les Français dans la presse ont dû voir que ce système était encore excédentaire.
Alors attendez, il n'y a pas ce que Bruxelles, il se trouve qu'il y a le COR, le Conseil d'orientation sur les retraites, qui vient quand même de présenter un rapport, qui nous dit que l'année prochaine, on est encore excédentaire, mais qu'ensuite, sur les 20 prochaines années, on est déficitaire. Donc, à un moment donné, il va malgré tout falloir bouger.
Il n'empêche quand même que le COR dit qu'il n'y a pas le feu au lac. Et quand il va falloir expliquer aux Français qu'il va falloir faire cette réforme, alors que pour l'instant, en 2021, je vous rappelle que c'est quand même 900 millions d'excédents, et l'année prochaine, c'est 3,2 milliards. Donc, je pense que c'est une retraite complètement impopulaire, qui va précariser encore plus nos retraités, qui, je vous le rappelle, ont un mal fou à vivre. On l'a vu pendant toute la campagne présidentielle, certains retraités vivent avec 8 euros par jour. De les précariser un peu plus, ça n'est pas possible.
Effectivement, ça n'est pas, j'allais dire, l'idée que nous nous faisons de la façon dont la France doit s'occuper des retraités. Donc, nous nous opposons, évidemment, de toutes nos forces à cette réforme des retraites. Et c'est vrai que ça va être un peu touchy, pour le président de la République, de faire passer sa retraite, dans la mesure où, voilà, il n'est pas majoritaire, il va falloir qu'il entende les oppositions.
Alors, au début du mois d'octobre, le gouvernement doit présenter un plan de sobriété énergétique pour réduire de 10%, vu le contexte dans lequel on est, de 10% notre consommation d'énergie, avant une réduction, d'ailleurs, beaucoup plus importante de 40% d'ici à 2050. Quelles sont les mesures de sobriété, très concrètement, que vous préconisez, vous, au Rassemblement National, lors de la Valette ?
Non, mais moi, je suis consternée qu'en 2022, on nous demande des mesures de sobriété. Je veux dire, les Français vont quand même payer là un manque de vision, un manque de... Enfin, on est en train de payer, si vous voulez. Cette crise énergétique est provoquée par les politiques de nos dirigeants passés. Je vous rappelle qu'ils ont fermé Tessenheim, ils ont abandonné Astrid, qui était un projet innovant de réacteurs plus propres. Enfin, je veux dire, il y a un moment où les Français payent les conséquences des mauvaises politiques et de l'abandon du nucléaire.
Alors, la situation étant ce qu'elle est, vous proposez quoi au Rassemblement National ?
Non, mais la situation étant ce qu'elle est, on n'est pas obligé de se résoudre, madame. On peut penser qu'effectivement, si Emmanuel Macron avait eu une vision du nucléaire bien meilleure, je vous rappelle que c'est quand même une énergie propre, décarbonée, qui nous rend souverains. Et la question, elle est là, c'est qu'encore une fois, on aimerait une souveraineté énergétique, alors qu'il faut que les Français sachent. Le mégawatt, en ce moment, est produit en France, il est vendu à 42 euros à l'Allemagne, pays auquel nous le rachetons 1000 euros.
Donc, on voit bien que si nous avions eu cette vision nucléaire, si nous avions continué sur cette lancée de ce génie français, nous serions à l'heure actuelle les rois du monde. Alors maintenant, qu'on a tout abandonné, on demande aux Français de faire certains efforts. Excusez-moi, pour le coup, c'est un peu fort de café.
Donc, ça veut dire que vous êtes contre, par exemple, réduire ou supprimer l'éclairage public, comme on en entend parler en ce moment ?
Non, mais la question n'est pas là. Bien sûr que non. Le bon sens, évidemment, que le bon sens prime. Mais je veux dire, ça n'est qu'un pansement sur une jambe de bois. La question n'est pas là. c'est qu'il faut relancer le nucléaire. Il faut avoir une véritable vision, j'allais dire, à long terme. Alors effectivement, il va falloir faire des économies. Mais imaginez qu'en 2022, on vous dise qu'il va y avoir des coupures de courant. Excusez-moi. Je veux dire, on a quand même un vrai souci.
Dans ce contexte, une dernière question, dans le contexte de crise énergétique dont on parle à l'instant. Est-ce qu'au Rassemblement National, on envisage éventuellement de boycotter la Coupe du Monde de football ?
Je crois que Marine Le Pen en a parlé en disant que la question, il fallait se la poser avant. Je veux dire, maintenant qu'on est au pied du mur, est-ce que le sport doit vraiment être corrélé avec de la politique ? Je n'en sais rien. Après, effectivement, moi j'aimerais bien entendre un peu plus les écolos qui sont quand même tout à fait ayatollahs sur certains sujets et qui, à côté de ça, ne font pas des manifestations contre cette Coupe du Monde où, je le rappelle, des stades en plein air vont être climatisés quand même. C'est une aberration. Et en même temps, on a des Français qui ont du mal à payer. l'a payé leur facture. Donc, vous,
au Rassemblement National, vous dites malgré tout « Regardez la Coupe du Monde » ou pas ? On dit que c'est trop tard.
On dit qu'il fallait se poser la question avant et on savait très bien, excusez-moi, mais le problème des droits de l'homme au Qatar, il ne date pas d'hier, me semble-t-il. Donc, ce n'est pas la peine maintenant de pousser des cris d'orfais alors que quand on a accepté d'aller au Qatar, on le savait très bien. Encore une fois, Marine Le Pen dit qu'il faut décorréler le sport de la politique. Il n'empêche que nous aurions sûrement fait différemment si nous avions été en capacité de choisir ou non le Qatar.
Notre invité ce matin, Laure Lavallette, députée Rassemblement National du Var en duplex du Cap d'Ag où se déroulent les journées parlementaires du Rassemblement National. Laure Lavallette, est-ce que ce sont des journées où vous abordez en coulisses, pourquoi pas, la bataille entre les deux prétendants à la présidence du parti Jordan Bardella d'un côté et Louis Alliot de l'autre qui prononceront d'ailleurs chacun un discours ? Est-ce que c'est un enjeu, vous en parlez librement, en ce moment ?
Bien sûr, évidemment qu'on en parle librement, vous savez c'est un grand moment de démocratie interne pour notre parti qui est arrivé, j'allais dire à maturité et qui peut se permettre justement d'avoir ce grand débat. Voilà, on n'a aucun tabou, vous savez ils sont sur la même ligne, je veux dire les adhérents et d'ailleurs j'invite tout le monde à venir adhérer à des tarifs préférentiels en ce moment ont le choix entre deux candidats de qualité, donc c'est une grande chance que de pouvoir choisir.
Pas de tabou dites-vous, pas de tabou, entre le jeune Jordan Bardella et Louis Alliot qui fait partie de la vieille garde, c'est aussi un conflit de génération, non ? Donc ça parle aussi à un certain renouveau du parti en ce moment.
Je pense qu'effectivement les adhérents doivent être partagés parce qu'ils aiment beaucoup Louis Alliot qu'ils connaissent depuis longtemps et ils aiment beaucoup Jordan Bardella qui évidemment est sur la scène j'allais dire et médiatique et sur le terrain et qui tire aussi notre parti vers le haut, donc bien sûr qu'ils sont partagés, après voilà, vous savez on ne donnera pas le spectacle que peuvent donner les républicains lors de primaires, nous ça se fait très tranquillement, quel que soit le gagnant, il faudra travailler avec celui qui a perdu, si Louis Alliot gagne, il travaillera avec Bardella et vice versa, donc c'est vraiment un moment, on sait tout ce qu'on a à gagner, à ne pas, j'allais dire, abîmer notre parti, est-ce que ça se passe très correctement ?
Après évidemment qu'on fait campagne, il y a évidemment une campagne interne, donc voilà, mais on préfère dire du bien de notre candidat plutôt que du mal de l'autre.
Vous soutenez vous Jordan Bardella, c'est un secret de polychinelle qui est d'ailleurs semble-t-il le favori, pour quelles raisons le soutenez-vous plus que Louis Alliot ?
Je soutiens Jordan, non mais je soutiens Jordan parce que déjà vous savez j'ai fait toute la campagne de Marine Le Pen et j'ai vu, j'ai senti l'espoir que représentait Jordan pour les gens, sur les terrains, dans les marchés, tout le monde parle de Jordan Bardella en disant qu'il est une valeur ajoutée énorme effectivement. Et on le voit bien, regardez du haut de ses 27 ans, comment il tient tête à Olivier Véran, comment il tient tête à Gabriel Attal, il y a cette, voilà, pas cette insolence mais cette capacité quand même aussi je pense à agrandir notre électorat.
Il a une popularité qui est quand même vraiment sur le terrain qui est très marquée et puis voilà, c'est un garçon brillant que j'avais envie de soutenir.
Laure Lavalette, est-ce que Louis Alliot a trop fréquenté le fondateur du Front National, Jean-Marie Le Pen ? Est-ce que ça, ça pose problème dans cette campagne ?
Je ne pense pas mais rien, honnêtement, rien ne pose problème. C'est un choix, j'allais dire, de personne, encore une fois, d'incarnation vu que la ligne politique entre Louis Alliot et Jordan Bardella est la même. Donc j'allais dire, c'est une question très personnelle de choix. Louis est un excellent maire de Perpignan, c'est un excellent militant, c'est un excellent élu. Donc vous voyez, non, non.
On voit que la langue de bois fonctionne bien aussi au Rassemblement National. Mais pourquoi ? Mais non,
je ne trouve pas, excusez-moi, on a le droit de trouver que l'on choisit entre deux cadres qui sont des cadres tout à fait, chacun pour leurs raisons, qui sont tout à fait bons. Non, non, vous savez ça, c'est aussi un fantasme journalistique assez convenu de penser qu'on se déchire à chaque fois. Non, désolé, nous ne nous déchirons pas sur cette primaire.
C'est noté. À droite, chez les Républicains, c'est donc Éric Ciotti qui est pour l'instant le grand favori pour prendre la présidence du mouvement. Est-ce que vous considérez qu'il y a des points de convergence aujourd'hui entre la ligne Ciotti et la ligne du Rassemblement National ?
Alors, le problème, c'est que sur le papier, bien sûr, sur le papier, il y a évidemment des convergences. Le problème, c'est que moi, Éric Ciotti, je l'ai pratiqué quand même en région PACA. Je vous rappelle qu'il a appelé à voter Renaud Muselier qui avait fait alliance avec la République en marche avant même le premier tour contre Thierry Mariani alors qu'évidemment, il y avait une certaine porosité de cet électorat. Donc Éric Ciotti, je pense, a perdu malheureusement toute crédibilité dans ce côté un peu droite forte en s'alliant directement avec Muselier et la République en marche. Donc, c'est un peu le problème des LR qui, à mon avis, n'apprennent pas de leurs erreurs.
C'est qu'il y a évidemment une grosse porosité de l'électorat mais qu'après, je ne sais pas, les sirènes du pouvoir, je n'en sais rien, mais ils changent d'avis. Ils ne sont pas très courageux, vous savez, on le voit dans l'hémicycle. Vous qui êtes observateur de la vie politique, vous avez dû vous en rendre compte aussi. Ils peuvent changer d'avis du matin au soir. C'est bien le problème des LR et c'est, à mon avis, la raison pour laquelle ils ont fait 4% et qu'ils n'ont plus vraiment, j'allais dire, leur place sur l'échiquier politique et ils tentent à disparaître.
Laure Lavalette, le mois prochain, ce seront les 50 ans du parti, enfin, du Front National puis du Rassemblement National. Pourquoi est-ce que ce ne sera pas une fête en grande pompe ?
Alors, ce n'est pas une fête en pompe parce que est-ce que vous trouvez que les Français sont à la fête ? Est-ce que vous trouvez que ce ne serait pas indécent de faire une grande fête alors qu'en fait, on est là, on est au travail. Les Français nous ont élus le 19 juin pour que nous améliorons leur quotidien, pour que nous soyons au travail et c'est d'ailleurs tout l'objet de ce séminaire de rentrée où nous avons des formations pour être le plus performant possible à l'Assemblée Nationale. Donc, il ne nous a pas paru, j'allais dire, opportun de faire une grande fête alors que l'ambiance générale n'y est pas.
Est-ce que ce n'est pas aussi et peut-être surtout pour éviter de donner trop de place à Jean-Marie Le Pen et risquer de faire remonter à la surface des séquences que vous préférez mettre sous le tapis ?
Vous savez, Marine Le Pen dit bien qu'on sait d'où on vient, il n'y a pas de honte. Je veux dire, encore une fois, je pense que vous essayez de chercher une petite bête qui n'existe pas. Je veux dire, les gens savent très bien que le Rassemblement National On ne cherche pas des petites bêtes, vous savez. Non mais le Rassemblement National évidemment, vous avez bien vu, est la mue du Front National. Donc, on sait très bien d'où on vient. Il y a 50 ans, la France n'était pas la même. Il y avait un combat politique qui était très différent. Les Français savent maintenant ce qu'est le Rassemblement National. D'ailleurs, ils ont l'air d'aimer. Regardez, ils nous ont envoyé en masse à l'Assemblée.
Merci, Laure Lavalette, députée Rassemblement National du Var, en duplex du Cap d'Ag où se déroulent ces journées parlementaires du Rassemblement National. Merci et bonne journée.
Laure Lavalette