Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFM TV (sur Dailymotion)· 6 juin 2026 27 min

Preuves, confrontation : comment obtenir des aveux ? - 06/06

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Voilà pour ce drame qui bouleverse la France, qui nous bouleverse tous depuis une semaine, avec encore, vous l'aurez compris, de très nombreuses zones d'ombre, notamment parce que, Martin Méchain, parce que le principal suspect reste muet. Si ce soir vous êtes son avocat, ce n'est pas le cas, mais si vous étiez son avocat, que lui conseilleriez-vous ? Parler, d'y passer aux aveux, de dire la vérité ?

0:23
Invité

Ce qu'il faut comprendre, en réalité, c'est que le temps de l'instruction et le temps de l'enquête n'est évidemment pas le temps d'un reportage BFM ou le temps d'une déclaration politique. Il a parlé en garde à vue, alors il n'a pas reconnu les faits en garde à vue. Quand on dit qu'il a gardé le silence devant le juge d'instruction, c'est un moment particulier, c'est la présentation au juge d'instruction à l'issue d'une garde à vue qui a été forcément dure à vivre. Qu'il soit coupable, qu'il soit innocent, dans les deux cas, c'est une garde à vue qui a été extrêmement dure à vivre vu les enjeux, vu l'ampleur du drame, etc.

Et donc, à l'issue de ces 48 heures de garde à vue, il a gardé le silence qui est quand même assez classique et assez courant quand on comparait pour la première fois devant le juge d'instruction. Ça n'est pas du tout spécifique à Jérôme Barrella. En revanche, il va être reconvoqué, bien sûr. Mais quand on dit qu'il continue à garder le silence, en fait, il a gardé le silence une fois en interrogatoire de première comparution. Et ensuite, le ou l'âge d'instruction, je ne sais pas, va le convoquer plus ou moins rapidement pour l'interroger. On peut s'imaginer que ça va être dans la semaine, là, vu... Non, c'est peu probable.

1:24
Présentateur

J'aimerais comprendre le rôle de l'avocat dans ces cas-là. Est-ce que l'avocat doit lui dire, allez-y parler ? Est-ce qu'il y a une complicité avec l'avocat ?

1:31
Invité

La difficulté, c'est que, bien sûr, l'avocat, la plupart du temps, ne sait pas ce qui s'est passé. Et nous avons seulement ce que nous déclare notre client. Et il est très rare, si vous voulez, que vous arriviez en garde à vue et que le client vous dise « Oh oui, c'est moi qui l'ai tué ». Enfin, ça n'arrive pas comme ça, en fait. Ça, ça peut arriver dans les films, mais ça n'arrive pas comme ça dans la réalité. Dans la réalité, même face à l'avocat, à supposer que Jérôme Barrella soit coupable, il ne va pas dire tout de suite « C'est moi qui l'ai tué ». Il va tenter de faire croire qu'il ne l'a pas tué, parce que, j'allais presque dire, c'est terrible à dire, mais c'est humain, en réalité.

Et donc, il va tester, en quelque sorte, son système de défense devant l'avocat. Et ensuite, le conseil de l'avocat dépendra de ce que le client lui dit et de ce qu'on sait du dossier. Ce qu'il faut savoir, c'est que pendant le temps de la garde à vue, on ne sait rien du dossier. Alors, ce dossier est un peu particulier, parce qu'il était tellement médiatique qu'on savait déjà des choses. Mais de manière générale, on ne sait rien du dossier pendant la garde à vue. Et c'est ensuite, quand on comparait devant le magistrat instructeur, où l'avocat a accès au dossier, donc, d'un côté, on a le dossier. De l'autre côté, on a les déclarations du client.

Et le but, c'est évidemment de faire émerger une forme de vérité. Forcément, sur des faits d'une telle nature, d'une telle gravité. Voilà, ça sera le but de l'instruction. Mais encore une fois, c'est du temps long. On ne peut pas dire, nous, évidemment, vous êtes tous très impatients parce que c'est le temps médiatique, c'est le temps politique et on veut tous aller très vite et savoir très vite ce qui s'est passé. Et on finira certainement par savoir ce qui s'est passé.

Juste, laissons le temps à l'instruction de se faire et faisons, alors je sais que peut-être on va me dire, ben non, on ne peut plus leur faire confiance justement, mais faisons confiance au juge d'instruction saisie pour essayer de dénouer le fil et puis à ses avocats, à son ou ses avocats, pour essayer de faire avancer les choses. Mais dans combien de temps peut-il être réentendu ? Moi, je me suis dit, bêtement, voilà, il y a un corps, il va être réentendu forcément la semaine prochaine. Alors, il y a un délai incompressible de 4 jours, normalement, qui est le délai dans lequel on ne doit pas être convoqué, donc c'est minimum 4 jours.

Mais sur un dossier de cette nature, c'est évidemment plus long parce qu'en fait, il y a de très nombreuses investigations en cours et qu'il n'est pas forcément pertinent pour le juge d'instruction de l'entendre tout de suite. Et donc, il faut attendre un petit peu, ça peut être quelques semaines, ça m'étonnerait que ce soit avant quelques semaines, dans un dossier criminel classique qui n'est pas médiatique, c'est plutôt quelques mois. Là, on est dans un dossier particulier, j'imagine que le juge d'instruction va le convoquer rapidement.

Mais ça ne sera pas demain, ça ne sera pas la semaine prochaine et il faudra, pour vous, journalistes, revenir dans quelques mois, peut-être, ou dans quelques semaines, quand il aura été interrogé, pour essayer de savoir, avec une belle violation du secret de l'instruction, comme habituellement, ce qu'il a pu dire.

4:03
Présentateur

Laurent Valdiguet, comment fait-on pour obtenir des aveux, alors que de nombreux éléments, ce soir, accablent le suspect, les témoignages, on l'a rien d'entendre, se multiplient ?

4:12
Invité

Vous présentez ça comme si c'était rationnel. Bien sûr, il y a une part de calcul rationnel ou pas, mais lui, souvent, ces gens, même jusqu'aux assises, même en appel des assises, ils sont quand même enfermés dans ce qui s'est passé. Probablement qu'il y a une zone, la zone de la mort de la petite fille, on ne saura jamais. C'est très difficile. Et puis, il a à gérer plusieurs fronts. Il a à gérer sa discussion avec son avocat, qui est son défenseur, qui est à peu près la seule personne qu'il voit ou qu'il va voir dans des conditions à peu près normales. Même maintenant, si dans sa vie, rien n'est normal, il est au parloir d'une prison. Il a à gérer sa famille.

Parce qu'en réalité, il a à gérer sa relation avec sa famille, avec sa femme et ses enfants. Avec sa mère, avec sa famille. Donc, lui, il est dans un toboggan. Tout à l'heure, vous présentez un peu ça comme s'il était à un tournoi de bridge. Non. Il est dans un toboggan où il y a beaucoup de choses parallèles qu'il a à prendre en compte dans cette vie à lui qui est en train de s'effondrer. Alors, il peut être entendu à tout moment. Il peut être placé en garde à vue demain matin dans une des cinq autres affaires pour lesquelles il y a des informations ouvertes contre X. Donc, il peut être entendu demain.

On est dans une affaire où, comme tout le monde sait, qui regarde la télévision, peut-être qui nous regarde en ce moment, où c'est vrai que, maintenant, les enquêteurs, la balle est dans leur camp. C'est eux qui font parler de la voiture. On ne sait rien sur les éléments qu'ils ont trouvé sur la voiture. C'est eux qui ont fait parler son téléphone. C'est eux qui... Et quelles sont les techniques qu'ils vont, excusez-moi, entre guillemets, employer pour tenter de le faire passer aux aveux ? Donc, eux, ils sont en train de collecter des éléments. Et ces éléments, on les ignore, nous, vous voyez. Parce qu'en réalité, maintenant, on sait que le corps de la petite fille a été découvert.

On sait que les résultats... On ne sait rien des résultats de l'autopsie. On ne sait pas si l'autopsie a été détectée d'une agression sexuelle ou pas. Tout ça, les enquêteurs vont le cacher le plus longtemps possible. Pour que, le jour où il va être entendu devant les magistrats, justement, il bénéficie, face à lui, de l'effet de surprise. Alors, pardon, je me permets d'intervenir. Il n'y a plus... À partir du moment où la garde à vue est terminée, il n'y a plus d'effet de surprise. Il y en a quand même... Non, non, mais il faut expliquer les choses. En fait, quand on est dans ce dossier-là, dans le dossier de la mort de l'IANA, il ne peut plus être entendu par les enquêteurs. C'est terminé.

Par les magistrats, j'ai dit. Oui, mais même devant les magistrats, si ce n'est pas pendant plusieurs jours à la télévision, c'est quand même un plus grand effet de surprise. Non, non, et quand on est convoqué devant un magistrat instructeur, l'avocat a évidemment accès au dossier, à l'intégralité du dossier, et donc il n'y a plus d'effet de surprise. L'effet de surprise, ça peut exister pendant la garde. Bien sûr. Voilà. Devant le magistrat instructeur, il n'y a plus d'effet de surprise. Maintenant, ça ne veut pas dire qu'il ne va pas être obligé de dire des choses.

6:58
Présentateur

Vous évoquiez, Laurent, la mère, justement, de Jérôme Barrella. Il se trouve que nous l'avons eu au téléphone. L'entretien a duré quelques secondes. Elle n'a pas souhaité s'exprimer publiquement. Elle était évidemment, et on le comprend, absolument bouleversée. Florence Rowe, est-ce que les enquêteurs peuvent aussi se servir de la famille pour tenter de faire parler le principal suspect ? Sa mère, on évoquait sa femme, peut-être avoir sur lui une influence ?

7:25
Invité

Non, ce sera plutôt sur les éléments de personnalité parce que ça, on en aura besoin dans le dossier. Mais vous savez, évidemment, on comprend que tout le monde a envie de tout savoir tout de suite maintenant, ça c'est sûr. Mais ce n'est pas comme ça que ça va jouer du tout et ça va prendre du temps. Et je préfère vous dire que ce n'est pas tout de suite qu'il va être entendu. Et c'est normal qu'il ne soit pas entendu tout de suite parce que, comme le disait Laurent tout à l'heure, pour le moment, il est important de regrouper un certain nombre d'informations et de les travailler, ces informations. Aujourd'hui, si vous le convoquez, dans les huit jours, comme vous venez de dire...

Je posais la question. Oui, vous posiez la question. Mais prenons cette question. Dans les huit jours, pourquoi faire ? Pour l'instant, il n'a rien dit. Alors, quand il est effectivement présenté au juge d'instruction pour l'interrogateur de première comparution, le seul but, c'est de lui notifier sa garde à vue. Donc, on ne lui demande pas de s'expliquer. Ça a sa mise en examen. Oui, pardon. On ne lui demande pas de s'expliquer. Il n'a pas le temps. Ce n'est pas prévu pour ça. Ce sera dans un deuxième temps où là, en effet, il va être convoqué une fois, deux fois, trois fois, dix fois s'il le faut, plus encore, pour s'expliquer par palier, par séquence, pour détailler.

Et puis, on verra s'il parle ou s'il ne parle pas. Il y en a qui n'ont jamais parlé. Et il y en a qui ont réussi à parler avec des éléments extérieurs qui ont pu jouer.

8:38
Présentateur

Vous excluez le fait qu'il puisse avoir lui-même envie de se soulager, par exemple, en voyant tout ce que provoque cette affaire ? Tout est possible.

8:46
Invité

On ne sait rien de lui pour l'instant, à part son passé judiciaire qui remonte et, effectivement, qui va être aussi exploité, exploré et qui va être mis en relation avec le reste, parce que ça, ça me paraît aussi très important. Mais rien n'est à exclure. Il peut s'effondrer. Ou alors, on peut aussi découvrir autre chose qui fera qu'on comprendra pourquoi il a gardé le silence. Pour l'instant, on ne sait rien du tout. Et pour savoir quelque chose, il faut exploiter, explorer tout le matériel que nous avons. Il y a la garde à vue. Il y a les choses qui sont dites, les silences, parce que je suppose qu'il s'est passé quand même des choses. Tout ça est aussi filmé.

Une garde à vue en matière criminelle, c'est filmé. Donc, parfois, les gens ne disent rien. Mais les gens bougent, ont des comportements, ont des regards. Tout ça, ça s'analyse aussi. Et ça ne s'analyse pas. C'est un ensemble. Donc, oui, peut-être il parlera. Peut-être qu'il ne dira jamais rien. On ne sait pas. Ça va dépendre de l'état dans lequel il est. Or, aujourd'hui, on ne sait pas du tout dans quel état il se trouve. Pourquoi il ne parle pas ? Est-ce que c'est parce que son avocat lui demande de ne pas parler ? Ce qui serait peut-être un sage conseil le concernant. Et puis, en même temps, voilà, ça va évoluer.

Bien sûr, il va avoir des informations sur le déroulé de l'enquête, parce que, bien sûr, il aura... Les gens vont lui parler. Les gardiens en prison vont lui parler. Et puis, il va voir la télé, comme vous disiez tout à l'heure. Voilà, mais je crois qu'il est urgent de ne pas se précipiter et d'attendre un petit peu que le travail se fasse. Et j'espère que là, il n'y aura pas de raté. Je voulais vous faire découvrir ce que dit la maman de la petite Maëlys, victime de Nordal-le-Landais. Elle s'est exprimée, cette mère, dans les colonnes de Mariam. Et voici ce qu'elle dit. C'est inadmissible que dans ce pays, nos enfants ne soient pas écoutés ni protégés.

Combien faudra-t-il encore d'enfants assassinés pour que la justice française et l'État agissent ? Et elle continue en disant la chose suivante. Je pense à toi, Liana, depuis ta disparition. Les bourreaux de nos enfants, eux, ont le droit au silence, à se reproduire en prison, au téléphone, à Internet, pendant que leurs victimes subissent. Suzanne Frugier, je voulais vous entendre là-dessus puisqu'on parle vraiment, c'est les mots qui reviennent, de fiasco judiciaire. Peut-être ne parle-t-on pas assez de responsabilité, peut-être collective.

Je vous pose la question puisque là, dans cette affaire, on a quand même, et c'est vrai que ça peut surprendre, ce suspect qui vient tous les jours devant le collège, le lycée, un club de sport, donner aussi des bonbons. Certains disent, j'aurais dû, peut-être. Est-ce qu'on protège assez nos enfants ? Est-ce qu'on n'est pas quelque part, je pose la question, nous aussi responsables ?

11:23
Présentateur

C'est une bonne question, effectivement, parce que depuis quelques jours, on est très concentré sur les défaillances de la justice, des enquêtes, etc. L'avenir nous le dira, même si on a quand même des éléments qui sont, en tout cas, on a des indices. Mais effectivement, il faut se poser la question de comment il est possible qu'une collégienne, une gamine de 11 ans, puisse quitter son établissement scolaire à 15 heures, alors qu'elle est censée avoir... Oui, le 29 mai,

11:52
Invité

elle est sortie à 15 heures. Elle devait sortir à 17 heures. Les parents n'ont pas fait un mot, visiblement, d'après les toutes premières informations qu'on ait, pour qu'elle puisse sortir. Et il y a un flou entre 15 heures où elle est sortie alors qu'elle devait sortir à 17 heures.

12:02
Présentateur

Exactement. Donc déjà, effectivement, ça pose la question comment cela a été possible, comment il a été possible qu'il puisse être là tous les jours à venir le goûter, que ça n'interpelle personne. On a entendu là, depuis quelques heures, effectivement, ce témoignage d'un entraîneur sportif, je crois, qui dit qu'effectivement, il avait une relation très proche, qu'il est questionné eux-mêmes par rapport aux enfants. Il y a un moment donné, effectivement, on peut en vouloir à la justice. Et à juste titre, je vous le dis très clairement, parce qu'en termes de violences sexuelles en France, c'est 3% de condamnation et en cas d'incès, c'est à peine 1%.

Donc on a quand même un vrai sujet et que la plupart des plaintes, parce que quand il y a plainte, parce qu'il y a aussi un nombre de situations où il n'y a pas plainte, où on a un taux de classement sans suite qui est extrêmement important. Mais après, c'est une responsabilité, effectivement, qui est collective. Quand on sait que les violences sexuelles faites aux enfants, ça concerne 160 000 enfants au moins par an, 3 enfants par classe, un enfant qui a agressé toutes les 3 minutes, on est toutes et tous responsables, effectivement, et on doit tous contribuer à cette culture de la protection. Et puis, je rappelle juste quand même quelque chose qui est quand même dans la loi, l'article 40.

On est amené, à part quelques exceptions sur certaines professions, à devoir pouvoir faire des signalements. Alors justement, justement, ces signalements, ils n'ont pas eu lieu et on l'a entendu, ces témoignages qui, aujourd'hui, semblent dire, bah oui, on avait vu qu'il agissait comme ça. Si on résume, il avait le droit d'approcher les enfants, les plaintes, sans être inquiété. Il avait le droit d'amener des goûters au collège sans que personne ne trouve ça bizarre. Là, je m'adresse à la psychologue Anne Sénéquier. Est-ce que tous ces ratés, tous ces dysfonctionnements ont pu lui donner un sentiment, finalement, d'impunité ?

13:57
Invité

Oui, très probablement. Après, c'est vrai qu'on n'a pas fait d'expertise psychiatrique encore et je lui ai parlé de manière très théorique, mais lorsqu'on voit, justement, cette répétition des événements, on pense, effectivement, à un mode de fonctionnement avec une minimisation de ce qui se passe, un sentiment de toute puissance. On va cibler aussi, bien sûr, des personnes vulnérables et cette absence d'empathie, finalement, de mise à distance au moment du passage à l'âge. Il y a une gradation dans la perversité, quelque part, un peu, peut-être ?

Alors, je ne sais pas s'il faut appeler perversité parce qu'encore une fois, pour l'instant, c'est là où c'est particulier, justement, il n'y a pas besoin de tomber dans la pathologie psychiatrique pour avoir, justement, ce cloisonnement entre une apparence sociale complètement adaptée et à côté des passages à l'acte et des transgressions qui peuvent aller, justement, crescendo parce qu'il ne se passe rien. Si je ne me fais pas prendre, pourquoi j'arrêterais ? C'est ça ? Exactement.

14:53
Présentateur

C'est la culture de la punité. C'est ce qu'on vit en France. À un moment donné, il faut arrêter de se raconter n'importe quoi, de découvrir systématiquement à chaque révélation qu'on découvre une situation. C'est une affaire de plus. Je suis désolée de le dire de manière cash, mais c'est la réalité. Et donc, c'est juste insupportable. En fait, les enfants sont en danger en France. Il faut le dire clairement. On n'a pas de politique publique dédiée. Il n'y a rien qui est mis en place. Autant on a avancé sur les droits des femmes, sur les violences faites aux femmes et encore plein de progrès à faire, vraiment.

15:22
Invité

Est-ce qu'on protège moins nos enfants qu'avant que dans les années 90, par exemple ?

15:25
Présentateur

Je ne dirais pas ça. Je ne dirais pas ça. Pourquoi ? Parce qu'en fait, les enfants ne sont pas des sujets de droit. On ne les voit pas de cette manière-là. Donc, ce n'est pas une question d'époque d'avant qui était pire comme on a entendu l'année dernière à l'époque sur l'affaire de Bétharam où le prémis de l'époque disait qu'il découvrait un continent inconnu et méconnu que c'était l'affaire d'un autre siècle. C'est faux. C'est une réalité aujourd'hui en 2026 qui est encore réelle. On est dans un système de crimes qui sont massifs, qui sont systémiques, qui sont présents, qui sont autour de nous. Et malheureusement, il n'y a pas de volonté politique encore aujourd'hui.

Et donc, moi, j'en appelle à nos responsables politiques aujourd'hui et demain, justement, à arrêter d'être sur la réaction et à prendre les mesures qui s'imposent. Philippe Zankiewicz, en l'absence d'aveu, est-ce que les enquêteurs ont d'autres moyens de faire avancer l'enquête ? Est-ce que cette absence d'aveu est un handicap ? On attend ce soir, je sais, des résultats de la voiture, on attend les résultats du téléphone. Les éléments sont tellement accablants qu'il est possible de se passer d'aveu.

16:29
Invité

Oui, l'aveu, on peut aller jusqu'au bout sans aveu. On peut même aller jusqu'au bout sans corps. On a des exemples. C'est très souvent le cas. Voilà. C'est très souvent le cas. Les aveux, c'est une chose, mais il faut faire attention de ne pas tirer les aveux parce qu'après, on recule, on dit, ah ben non, je n'ai jamais dit ça. Il faut faire très attention. Les éléments qui sont importants dans ce type d'enquête, c'est déjà la découverte de l'enfant, évidemment, mais c'est toutes les preuves qu'on va avoir. La voiture,

16:57
Présentateur

parlons de la voiture, parce qu'elle est en ce moment même examinée depuis plusieurs jours à Pontoise, au nord de Paris. On est en train de regarder tout,

17:04
Invité

de la fouiller de fond en comble ? De fond en comble, parce que déjà d'une part pour les traces évidemment de la petite, dans l'habitacle ou dans le coffre, n'importe quoi, mais il y a aussi le fait qu'il a été dans un silo qui n'est pas très fréquenté. Donc on va essayer aussi de trouver, il faut trouver dans la voiture, des éléments de traces de ce silo ou des abords d'où la voiture devait être. Et ça, c'est encore un élément de preuve qui va venir. Donc tous les éléments de preuve sont très importants pour lui mettre sous le nez, pour lui dire, voilà, peut-être que ça va le faire craquer, peut-être qu'il va rester silencieux.

Et aussi le fait qu'on va apporter des éléments sous-entiers parce qu'on a les éléments de... Et on n'apporte pas tout d'un coup, j'imagine. Voilà, on a les éléments en ce moment de tout ce qui est plainte, signalement, etc. Finalement, on s'aperçoit que tout le monde sait, tout le monde se doutait, mais alors d'où l'intérêt des signalements qui est important. Et après donc, il y a ça et en plus, il va y avoir les éléments de preuve de téléphonie, voiture, et tout ce qu'on peut imaginer aux alentours, surtout au niveau de la police technique qui a été faite tant dans le silo qu'aux abords, parce qu'il faut faire quand même les abords aussi.

Donc tout ça, ce sont les éléments de preuve à apporter en priorité. Laurent Valdiguier, qu'est-ce qui peut le faire craquer à un moment donné ? On se rappelle que dans Nordal, le landais, c'était la tâche de sang découverte six mois après dans la voiture. Est-ce que là, après, il peut y avoir, je ne sais pas, un morceau de vêtement appartenant à la petite qui peut le faire craquer ? Qu'est-ce qui peut le faire craquer aujourd'hui ? Sur le papier, il n'est pas du tout obligé de parler, mais là, il est à un moment où on cherche une petite fille. Elle est peut-être vivante.

Donc, en réalité, bien sûr, il a le droit de se taire, mais ce jour-là, face au juge, il était en situation de lever le doute sur la vie ou la mort. Sauf que s'il est coupable, il sait que la petite fille est déjà morte. Et s'il est innocent, il ne peut rien dire. Donc dans tous les cas, ça ne change rien. J'ai envie de vous dire, dans les deux cas, il aurait mieux valu qu'il parle. Le Landais, qui fait le choix de ne pas parler et qui, même pire, fait le choix de dire que ce n'est pas lui alors qu'on a retrouvé une ADN de contact sur le commodo du phare de sa voiture, ce qu'il envoie en prison. Après, est-ce que ça aurait suffi pour le faire condamner ? On ne sait pas.

Son avocat a toujours pensé que s'il n'y avait pas eu la goutte de sang, il aurait fait acquitter, Le Landais. Mais Le Landais, on trouve, parce que la juge d'instruction, en force de regarder la vidéo, supplie le collègue de la gendarmerie de l'IRCGN de refaire une inspection de la voiture. Finalement, ils le refont, ils trouvent cette goutte de sang. Et c'est cette goutte de sang qui le fait passer aux aveux ?

Malgré tout, c'est cette goutte de sang qui, avec son avocat, justement, son avocat fonce le voir en détention, parce que son avocat comprend que la goutte de sang de Maëlys est cachée dans le coffre de la voiture qu'il a carcérisée au carcère, l'avocat comprend qu'il va falloir qu'il bouge. Ah oui. Donc, il va le voir en détention, il décide de dire où est le corps. Moi, je peux vous dire, j'y suis allé voir l'endroit. Quand vous y allez une fois la nuit, vous le retrouvez dans les cinq minutes. Il n'y a qu'une seule route. Mais le landais, il hésite. Il tourne.

D'ailleurs, il hésite tellement que finalement, les gendarmes, les juges et tout ça décident de rebroucher ses chemins et puis il y a les gendarmes qui décident d'envoyer les chiens. Et finalement, c'est les chiens qui retrouvent ce qui reste de la petite fille. Parce qu'en fait, ça va très vite la dégradation d'un corps. Au bout de six mois, il ne reste déjà presque plus rien. Il reste des messes de cheveux et des ossements. Ce qui permettra le landais qui a gagné sa course contre la montre, contre les juges et la vérité, ce qui permettra à le landais de dire qu'il n'a jamais violé la petite fille, qu'elle a eu peur dans la voiture et qu'il lui a donné un coup et que c'est ce simple coup.

Il s'était mis en lien, il s'était ajusté aux découvertes de l'enquête. Là, lui, il n'est plus dans ce cas de figure puisqu'on a retrouvé le corps de la petite fille dans un délai de six jours. Donc, vraisemblablement, on saura ce qui s'est passé.

20:54
Présentateur

Alors, justement, on est en ligne avec Mounir Benslima. Bonsoir, docteur, chef du service de médecine légale du CHU de Nîmes. L'autopsie a eu lieu, des prélèvements ont eu lieu. Quels sont les éléments déterminants qui vont désormais pouvoir nous aider à comprendre ce qui s'est passé puisque, pour l'instant, on le rappelle, ce soir, en tout cas, le principal suspect, Jérôme Barrella, garde le silence.

21:15
Invité

Bonsoir. Je pense, effectivement, que le travail, le premier temps d'autopsie qui l'a été fait, ça, tout le monde le sait, dans une affaire aussi médiatique, et je l'ai entendue ce soir sur votre antenne avec vos intervenants, dans un dossier aussi médiatique, c'est vrai qu'il faut avancer avec des certitudes. Alors, les certitudes deviendront du travail qui a été fait par les médecins légistes, mais ça viendra aussi des résultats des analyses toxicologiques, des résultats des examens des viscères, et tout ça fera l'objet ultérieurement, donc, dans quelques jours, je pense, on aura déjà une première idée sur les causes du décès.

Tout à l'heure, vous avez tous parlé de la dégradation du corps, j'ai entendu dire qu'au bout de 6 mois, il ne restait plus rien, c'est vrai, mais c'est vrai aussi qu'au bout de 5 jours, le corps se dégrade et l'autopsie a certainement été difficile, et ça, c'est un élément qui a été certainement, qui a rendu le travail des médecins légistes difficile, ce qui peut expliquer aussi le délai qu'on a aujourd'hui. – Et quels sont les éléments précis qui vont nous permettre de dater, par exemple, l'heure, peut-être approximative, du décès ?

– Alors ça, la datation, elle ne se fait pas à l'autopsie, elle se fait sur la levée de corps, lors de la levée de corps, mais malheureusement, on a trois paramètres qui sont un peu faussés aujourd'hui, parce que le corps a été trouvé plusieurs jours après, donc tout ce qu'on peut faire, c'est faire une fourchette, on ne peut pas donner une heure précise. Habituellement, on utilise la température du corps avec la température ambiante, les rigidités du corps et les lividités. Ces éléments-là, malheureusement, ont certainement disparu et donc les médecins pourront donner une fourchette sur la datation de la mort, mais on ne pourra pas dire qu'il est mort tel jour à telle heure.

22:58
Présentateur

– Merci, Mounir Ben Slima, Laurent Valdigui, et parlons aussi du téléphone, on a tous aujourd'hui des téléphones portables, mais on sait que dans les affaires récentes, certains ont compris qu'il fallait éteindre le téléphone, pour ne pas être géolocalisé. Le téléphone peut servir à quelque chose ? L'examen téléphonique ?

23:15
Invité

– Là, s'il a coupé son téléphone quand la petite fille est montée à bord de sa voiture, ça donnera une indication. Le lendemain, il a coupé son téléphone à chaque fois qu'il a… dans les deux cas, avec le caporal noyer au Maïdis, il coupe son téléphone. Cédric Jubilard, la nuit de la disparition de sa femme, alors que son téléphone est toujours, toujours branché, il coupe son téléphone. Ça donnera une indication. À mon avis, il l'a coupé parce que s'il ne l'avait pas coupé, ils auraient déjà suivi les bornes et ils seraient arrivés au silo, notamment via la borne. – Complètement.

– Mais apparemment, non, ils sont arrivés au silo parce qu'un de ses anciens collègues a dit qu'il avait travaillé dans ce silo désaffecté et qu'il fallait aller voir là-dedans, ce qu'ont fait les gendarmes. Donc peut-être le téléphone, peut-être s'ils sont allés dans son ordinateur, ils vont découvrir des activités pédo-criminelles. – Tout a été saisi, j'imagine, tout le matériel, celui-là a été saisi, a été examiné. – Et puis tout ça, ça prend du temps et puis comme il a cinq affaires judiciaires ouvertes contre lui, enfin qu'il le vise… – Ça peut prendre plusieurs mois, Laurent. – Ah bah clairement, oui. – C'est quand même dingue.

– Et puis en plus, c'est vrai qu'il faut avoir tout ce matériel pour le confronter à ça et c'est justement, vous parliez d'aveux, les aveux peuvent venir à un moment où il se sent acculé. On en connaît d'autres et on peut vous donner des noms avec Laurent Valdillier, d'individus qui effectivement avaient gardé le silence ou n'avaient jamais voulu reconnaître et qui au contraire niaient farouchement et puis tout d'un coup, ah monsieur, votre ADN est là, vous en dites quoi ? Ah oui, c'est moi. Bon vous voyez, c'est…

24:42
Présentateur

– C'est l'accumulation des preuves.

24:43
Invité

– Il faut le mettre dans des conditions, enfin pas non plus tout raconter sur le plateau parce que s'il nous regarde à la télé, c'est peut-être pas intéressant, qu'il sache comment ça se passe. – Il va y avoir des bons avocats. – Il faut… Il y a quand même quelques techniques à employer qui peuvent le faire vaciller, qui peuvent le faire basculer parce qu'il a beau être dans la toute puissance comme j'entendis dire depuis plusieurs jours, on ne sait pas dans quel état il est.

Peut-être qu'on fait fausse route, j'en sais rien, mais en tout cas, il y a un moment donné où c'est sûr que il y a devant un certain nombre d'indices graves et concordants, ça peut être compliqué pour lui de ne pas craquer si c'est lui qui est l'auteur des faits, bien sûr. – Il ne faut pas aussi se contenter des preuves matérielles sur le fait en lui-même, c'est-à-dire qu'en réalité, notamment vous parliez de l'exploitation de l'ordinateur, l'ordinateur ne va pas nous prouver que Jérôme Barrella a tué cette petite fille.

En revanche, il va nous donner des éléments de contexte sur ce qu'a fait, par exemple, Jérôme Barrella juste avant d'aller récupérer cette petite fille à la sortie du collège. Ça va nous donner des éléments de contexte sur ce à quoi il s'intéresse. et donc on ne recherche pas seulement des preuves du meurtre ou du viol. On va rechercher des éléments qui permettent de comprendre si oui ou non, il est possible, probable, certain, que Jérôme Barrella est coupable. Pour l'instant, en vrai, on n'en sait rien. – Ça va nous aider à comprendre ses intentions ce jour-là. – Et à quel moment sa famille va être interrogée ? On va les réinterroger à un moment donné ?

– Alors ça, c'est le juge d'instruction ou les juges d'instruction qui vont le décider puisque ce sont maintenant eux qui sont maîtres de la situation. Alors je ne sais pas s'il y a un juge ou s'il y en a plusieurs, mais toujours est-il que c'est l'instruction qui décide ça. Et ça se décide en fonction aussi du timing qui se sont fixés, des objectifs qui se sont fixés, des analyses qui rentrent, de l'évolution du dossier en réalité. Parce que la famille va être interrogée, pas sur les faits eux-mêmes, mais ils n'en savent rien, bien sûr, mais sur la personnalité, sur les habitudes qu'ils pouvaient avoir.

Tout ça, ça va rentrer en ligne de compte bien sûr parce qu'il y a les faits, il y a l'auteur et puis ensuite il y a tout l'environnement, les victimes. Donc les victimes ont aussi un tas d'éléments de personnalité et l'auteur a aussi tout un environnement et des éléments de personnalité. C'est-ce qu'il y a