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AutrePromenons-nous dans les siècles· 1 janvier 2026 18 minContradictoireMixte

VERSAILLES : la vie cachée du château | Franck Ferrand

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Présentateur

Il y a une vingtaine d'années, ou peut-être une trentaine en vérité, lorsque j'allais faire visiter Versailles à des amis qui voulaient découvrir le château des rois de France, j'essayais toujours d'avoir affaire à un conférencier particulièrement brillant qui s'appelait Jean-Luc Belpech. Il était incroyable ce monsieur, et notamment, il était capable de vous faire comprendre le château de la manière la plus concrète qui soit. Par exemple, il vous montrait un escalier, il vous demandait pourquoi les marches faisaient une certaine largeur. Pourquoi est-ce que l'escalier avait à peu près partout, dans toutes les parties du château, la même largeur ?

Eh bien parce que c'était exactement la largeur qu'il fallait pour que deux dames en robe à cerceau puissent se croiser, tout simplement. Il vous montrait que tous les paravents étaient à peu près à la même hauteur. Alors on se dit, mais pourquoi est-ce que tous les paravents font exactement 2,40 m à Versailles ? Eh bien parce que c'est ce qui permettait ces paravents de les déplacer sans avoir à toucher les lustres qui étaient juste au-dessus, etc. Il nous faisait toucher du doigt le caractère concret, j'allais dire la matérialité du château de Versailles. Et je vous avoue que c'est un exercice auquel je me suis moi aussi livré pendant longtemps. J'ai essayé de comprendre cette maison.

Quand vous visitez aujourd'hui Versailles, vous êtes dans le grand appartement et la galerie des glaces. Au mieux, si vous prenez des visites spécialisées, on va vous faire visiter l'appartement du roi, l'appartement de la reine, les petits cabinets de la reine. On va peut-être même vous faire monter jusque dans l'appartement de Madame du Barry, l'appartement de Madame de Pompadour, ou bien au rez-de-chaussée, les appartements du Dauphin, de la Dauphine ou de Mesdames de France, les filles de Louis XV.

Mais en dehors de ces quelques appartements qui ont été sauvés de la destruction, dites-vous que l'essentiel de ce qui faisait cette extraordinaire fourmilière, ce gigantesque poulailler du château de Versailles, tout ça a été détruit dans les années 1830 et 1840 par le roi Louis-Philippe, qui voulait installer à l'emplacement de l'ancienne demeure royale un musée dédié à toutes les gloires de la France. Et pour construire son musée, pour installer toutes ses salles avec ses peintures, ses sculptures, etc., il a bien fallu détruire des dizaines, des centaines et même des milliers d'appartements.

Car il y avait dans ce château de Versailles, bien sûr, les grands appartements pour le roi ou le Dauphin, mais aussi de tout petits appartements qui parfois faisaient seulement quelques-uns de nos mètres carrés et où les plus grands seigneurs du royaume étaient très fiers de pouvoir loger.

Parce que le paradoxe, c'est que ces gens qui avaient en province des châteaux magnifiques, qui avaient des domaines gigantesques à la campagne, avec des pavillons de chasse, qui, à Paris même, possédaient des hôtels particuliers somptueux, étaient heureux qu'on puisse leur louer à prix d'or trois ou quatre pièces extrêmement réduites en soupantes, mais qui leur permettaient de vivre sous le même toit que le roi. Parce que c'est cela, le secret de Versailles, c'est la proximité du pouvoir, c'est le fait de pouvoir dire « Je suis dans le cœur battant du royaume, à l'endroit où tout se fait, à l'endroit où se construisent les carrières, à l'endroit où se détruisent les réputations.

» Tout à Versailles est important. Un simple regard, un sourire, une révérence plus ou moins appuyée, tout a un sens. C'est sous la vie qui nous dit que Madame de Pompadour, qui était une dame extraordinairement au fait des choses de la cour, lorsqu'elle saluait plusieurs personnes à la cantonade, était capable, dans un seul geste, dans une seule révérence, de donner à chacun ce qui lui revenait, dit-il.

C'est-à-dire qu'il y avait le petit sourire pour le précepteur, il y avait l'esquisse de la révérence pour la duchesse, et puis il y avait la révérence complètement appuyée, qu'on appelait un fromage, parce que ça s'effondrait comme un fromage blanc, le fromage destiné à la reine ou à la dauphine de France. Il y avait une hiérarchie qui dominait tout à Versailles. Alors, je vous parle des appartements, vous pouvez peut-être comprendre comment étaient organisés ces appartements. On parle d'abord des grands appartements, ceux qui sont réservés aux membres de la famille royale. Alors c'est toujours la même chose, vous avez d'abord une salle des gardes, puis une première antichambre.

Dans la première antichambre, on installe des bâtons de chaise, c'est-à-dire que les gens qui arrivent en chaise à porteur déposent les bâtons de la chaise, on descend de la chaise dans la première antichambre, et on va s'installer pour attendre dans la deuxième antichambre. Et après une attente plus ou moins longue, quand la haute personnalité veut bien vous recevoir, parfois il faut attendre trois heures, vous passez dans le grand salon. Alors là, on vous reçoit, on vous sert du thé, où est-ce qu'il y a ? Et puis ensuite, il y a la chambre qui est la partie essentielle de l'appartement de la haute personnalité, qu'il s'agisse du dauphin, du roi, de la dauphine ou d'un prince du sang.

Et puis derrière, vous avez le petit cabinet et la bibliothèque, et souvent c'est la même chose. Ça, c'est pour ce qu'on appelle l'appartement de parade, c'est-à-dire l'endroit officiel où l'on reçoit. Mais dites-vous que le long de cet appartement de parade, vous avez toutes sortes de portes dérobées qui vous mènent à un deuxième appartement. Celui-ci, personne ne le connaît. C'est l'appartement privé du prince ou de la princesse qui peut vivre là sa vie normale. Vous vous doutez bien que même si vous êtes dauphine de France, vous n'allez pas passer vos journées dans des salles à 12 mètres sous plafond avec de gigantesques fauteuils dorés et sculptés.

Vous vivez, j'allais dire comme tout le monde, dans des appartements plus agréables, avec des salles de bain, avec des ateliers, avec des petites cuisines, etc. C'est l'appartement privé où l'on passe le plus clair de son temps. Et puis il y a au-dessus et en-dessous de cet appartement privé ce qu'on appelle des entresols. Ça, c'est l'appartement de service. C'est le troisième appartement. C'est celui dans lequel s'entassent, mais d'une façon terrible de promiscuité, les serviteurs, le personnel.

Vous avez des petites chambres qu'on appelle les chambres de veille qui sont plus petites que nos placards actuels et dans lesquels il faut arriver à se faufiler pour se mettre sur un tout petit lit de camp et dormir quand vous êtes une dame de compagnie ou quand vous êtes un menin ou une personnalité qui accompagne le prince ou la princesse. Donc vous voyez, un grand appartement, c'est l'appartement de parade. Doublant l'appartement de parade, l'appartement privé, ce qu'on appelle les petits cabinets à Versailles. Et puis au-dessus et au-dessous des petits cabinets, l'appartement de service pour un personnel, pour des domestiques qui s'entassent comme des hares en sort dans une boîte.

Voilà comment ça fonctionne. Ça, c'est pour les grands appartements. Mais vous avez ensuite, bien entendu, des appartements plus petits pour les grands officiers de la couronne, le grand aumônier, le grand échançon, le grand panetier, le grand louvetier, le grand fruitier, enfin, etc. Quand on dit grand à Versailles, ça veut dire premier, principal. Ça ne fait pas allusion à la taille, à la dimension. Ça fait allusion à l'importance dans la hiérarchie de la cour. Et puis, bien entendu, vous avez tous les petits officiers. Vous avez les membres de l'aumônerie, c'est-à-dire tous les prêtres, tous les chanteurs qui organisent les messes.

Vous avez les gardes du corps, vous avez les gardes royales, que ce soit les gardes françaises ou les gardes suisses, qui tiennent les différents paliers, les différentes antichambres, avec leur halbarde, avec leurs armes de parade. Tout ça est là, à la fois pour la sécurité des personnes royales, mais aussi, bien sûr, pour la parade, pour l'éclat, pour la grandeur de la cour. Vous voyez qu'on y revient toujours, à cette idée de grandeur. Alors, il y a toute une étiquette, ce qu'on appelle une étiquette, c'est-à-dire une sorte de code de bonne manière qu'il faut respecter à la cour. Et alors là, vous allez voir, cette étiquette, elle est complètement démente.

Aujourd'hui, elle nous fait rire, bien entendu. Si ça vous intéresse ce que je vous dis, n'hésitez pas à vous abonner. Ça vous permettra de suivre ce que je vous raconte de façon plus facile et plus régulière. L'étiquette. C'est Madame de Jean-Lys qui, la première, a formalisé cette étiquette de la Cour de France. Ce qu'on appelle l'étiquette, si vous voulez, c'est une sorte de code pour savoir comment on se comporte. Par exemple, à quel moment on a le droit de s'asseoir ou de rester debout.

Quand on est en présence de telle ou telle personnalité de la famille royale, si l'on a le droit de s'asseoir sur un fauteuil, sur une chaise ou sur un simple tabouret, voire sur un carreau, ce qu'on appelle un carreau, ce sont des coussins qu'on pose à même le sol pour les grandes dames afin qu'elles puissent se reposer quand elles n'ont pas le droit de s'asseoir sur une chaise ou sur un fauteuil. Pour les princesses du sang, pour les personnalités très importantes, les fauteuils ont des franges. Pour les autres, les fauteuils n'ont pas de franges. Je voyais que tout ça est très codifié. Et alors, évidemment, ça fait comme un jeu de domino.

C'est-à-dire que vous êtes en présence de la dauphine. Vous avez le droit d'être assis sur un fauteuil. Ah ! Arrive la reine. D'un seul coup, vous devez passer sur une chaise. Donc, tout ce petit monde se déplace comme un jeu de chaise musicale. Pour peu que le roi arrive dans la salle, alors là, c'est simple. En dehors de la reine et de trois ou quatre personnalités bien précises, personne n'a le droit de s'asseoir en présence du roi. Donc, à ce moment-là, on est tous debout. Et d'ailleurs, on n'a pas le droit de tourner le dos au roi.

Ce qui explique que lorsqu'on assiste à la messe à Versailles, dans la chapelle royale, eh bien, non seulement le prêtre tourne le dos à l'assistance parce qu'à l'époque, c'est ainsi que la messe est dite en regardant le maître-hôtel, mais l'assistance tourne le dos au prêtre pour regarder sur la tribune le roi en face. Vous imaginez le prêtre qui tourne le dos à une assemblée qui elle-même lui tourne le dos. C'est comme ça. Mais oui, mais on ne doit pas tourner le dos au roi.

Quand on quitte une pièce dans laquelle se trouve le roi, même s'il ne vous voit pas, même s'il y a 100 personnes, vous devez faire vos trois révérences l'une après l'autre en marchant à reculons, en essayant d'éviter de trop bousculer les personnes qui sont dans votre dos, bien sûr. Alors, il y a toutes sortes de pratiques à Versailles. Par exemple, on ne frappe pas aux portes à Versailles. On gratte. Alors, pour gratter, on garde un ongle, l'ongle du petit doigt qui reste assez long et qui permet de gratter aux portes. C'est comme ça que l'on doit procéder.

Lorsqu'on va rendre visite pour féliciter d'une naissance ou d'un baptême ou d'un mariage ou pour présenter ses condoléances lors d'obsèques, on ne va pas physiquement dans l'appartement de la personne. On se contente d'arriver dans l'antichambre et de déposer sa carte. Cela suffit. De même que pour les obsèques de personnes subalternes, on se contente d'envoyer son carrosse devant l'église sans s'y rendre en personne. Il y a d'ailleurs une anecdote. Elle se passe en 1709. Il faut que je me rappelle ça. Ce sont les marquis de sourches et de danjots qui racontent ça dans leur journal de la cour. Ils nous disent qu'en 1709, M. le prince, c'est-à-dire le prince de Condé, vient à mourir.

Il est cousin du roi et son fils, M. le duc, demande que pour les condoléances, les courtisans se présentent en grande mante pour les dames et en grand manteau de deuil pour les hommes. Il n'a pas le droit de demander ça. Il n'est pas directement membre de la famille royale. Il n'est ni le roi, ni la reine, ni le dauphin, ni la dauphine. Donc, les courtisans n'ont pas apporté le grand manteau de deuil. Donc, il refuse et on dit que pendant tout le vendredi après-midi, M. le duc a attendu absolument impavide dans son salon. Il a attendu qu'on vienne lui présenter des condoléances et personne n'est venu. Et quand Louis XIV a appris cela, il a pris un peu pitié pour M. le duc.

Alors, il a déclaré à son coucher qu'à titre tout à fait exceptionnel, M. le duc aurait le droit de recevoir les condoléances en grand manteau de deuil. Alors, ça veut dire que les courtisans ont dû se fendre de la cérémonie. Ça les a beaucoup agacés, bien sûr. Alors, ce qu'ils ont fait et que nous raconte Saint-Simon et qui est terrible, ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont mis le grand manteau de deuil mais qu'en dessous, ils se sont habillés avec des jabots de dentelle, avec des couleurs très vives comme s'ils s'en allaient à un bal ou à une fête alors qu'évidemment, il s'agissait de présenter des condoléances.

Vous voyez, jusqu'où pouvait aller la perfidie de toutes ces petites relations. Alors, il y avait aussi de très belles relations. C'est Madame de Jean-Lys qui nous raconte qu'un jour, une dame de la cour demande à monsieur de Vendeuvre qui était réputé avoir plusieurs belles voitures la possibilité d'emprunter une de ses calèches pour aller à une revue militaire à Longchamp. Et le problème, c'est que le grand seigneur en question a déjà prêté les deux voitures pour les deux voitures qu'il possédait pour la revue de Longchamp.

Alors, pour ne pas dire non à cette dame très élégante, il va rapidement aller faire acheter une troisième calèche et on livre la calèche juste à temps pour qu'il puisse la prêter à la dame en question. Vous voyez qu'il y avait aussi un côté grand seigneur bien sûr chez ces personnalités versaillaises. Alors, ça, vous allez me dire, ça, c'est pour la vie à la cour, c'est pour le protocole, etc. Mais comment est-ce qu'on vivait concrètement dans ce château où l'on s'entassait ? On estime qu'aux alentours de 1780, il y avait 10 000 personnes qui étaient logées sous le toit du roi. Vous imaginez ce que ça représente ?

10 000 personnes dans le château de Versailles, mais comment est-ce qu'on faisait pour se nourrir, par exemple ? Eh bien, pour se nourrir, il y avait plusieurs moyens. Il y avait ce qu'on appelait la grande liste et la petite liste. Alors, selon votre rang, selon votre importance dans la hiérarchie versaillaise, vous inscriviez sur ces différentes listes et ça vous donnait le droit d'aller déjeuner gratuitement. Alors, je dis déjeuner, à l'époque, on appelait ça dîner, d'aller dîner gratuitement chez les grands officiers de la couronne.

Attention, ce qu'on appelait les jours de petite table, parce que les jours où il y avait grand couvert, c'est-à-dire où l'on faisait des fêtes, alors évidemment, il fallait respecter un protocole qui, lui, était tout à fait différent. Ça devait les occuper des journées entières, tous ces courtisans, de savoir s'ils avaient le droit de rester assis, s'ils avaient le droit d'aller dîner ou pas, tel jour, à tel endroit. C'était un travail inouï, sans compter les demandes de grâce que l'on faisait sire, sire, marlie. C'est-à-dire que le vendredi matin, au sortir de la messe, on voyait les courtisans qui se massaient le long du parcours du roi et qui demandaient d'être invités à Marlie.

Marlie, c'était la résidence secondaire du roi à quelques kilomètres de Versailles où le roi allait passer le week-end. Alors évidemment, il n'y avait que 100 places à Marlie, donc vous imaginez, les places étaient très chères et être reçu à Marlie, ça, ça valait la Légion d'honneur d'aujourd'hui, évidemment. Et donc, on disait sire, sire, marlie, et puis on avait la liste qui arrivait sur les coups de une heure de l'après-midi et qui donnait la liste des 100 personnes qui auraient le droit d'accompagner le roi dans son week-end à Marlie.

Il y avait la même chose pour les soupers des petits cabinets, c'est-à-dire le droit d'être assis à table avec le roi dans un petit cabinet au lieu d'être simplement debout devant sa table pendant qu'il soupe avec sa famille au grand couvert. Comment est-ce qu'on logeait ? C'est plus compliqué. Il fallait trouver des chambres, alors très souvent, on avait des lits de camps qui permettaient de transformer des salles à manger ou des salons en chambres juste pour la nuit et c'est l'utilité de ces fameux paravents dont je vous parlais.

Il y avait des paravents partout à Versailles parce que ces paravents, évidemment, ils permettaient de donner un peu d'intimité aux personnes qui n'avaient pas d'appartement à elles. Et puis, une fois que vous avez bien mangé, que vous avez dormi, il y a toute la question évidemment des eaux sales si l'on veut rester poli. Comment tous ces gens faisaient-ils leurs besoins ? À quel endroit ? Eh bien, ça c'est William Newton qui nous raconte ça dans un merveilleux ouvrage qui s'appelle Derrière la façade. William Newton est un historien américain incroyable qui raconte Versailles par le petit bout de la lorgnette.

Il nous raconte qu'on ne faisait pas contrairement à ce qu'on a dit, les gens ne se soulageaient pas derrière les paravents ou dans le coin des pièces derrière les rideaux. Non, ça sûrement pas. En revanche, il y avait à Versailles 29 hausses d'aisance. Vous imaginez ? Ça veut dire que sous les grands escaliers de marbre, dans le coin des belles cours sculptées, il y avait des fosses dans lesquelles on faisait couler tout ce qu'on ne voulait pas voir. Et donc, ça provoquait des odeurs absolument pestilentielles. Ça rendait l'atmosphère irrespirable à Versailles, d'où l'emploi de beaucoup de parfums, d'où ces orangés qu'on installait en caisse pour essayer de changer un peu l'air.

Et les 29 hausses d'aisance, à deux reprises par an, il fallait les vider. Inutile de vous dire que les ouvriers qui étaient choisis pour faire ce travail épouvantable n'étaient pas les mieux vus, n'étaient pas les plus favorisés, c'est le moins qu'on puisse dire. On dit que certains s'évanouissaient devant l'odeur de cette opération épouvantable. Et vous allez me dire mais que faisait la cour pendant ce temps-là ? Que faisait le roi ? Eh bien, à ce moment-là, la cour entière quittait le château. C'est la raison des deux grands voyages qui avaient lieu tous les ans.

À la fin du printemps, le voyage de Compiègne, toute la cour allait être à Compiègne pendant deux, trois semaines, le temps qu'on nettoie le château. Et puis ensuite, le grand voyage qui lui avait lieu à l'automne au moment de la chasse à Fontainebleau. La cour partait pendant plus d'un mois à Fontainebleau. Ça permettait de curer les fosses, ça permettait de refaire les peintures, ça permettait de réaménager ses appartements pour les gens qui avaient la possibilité de vivre chez le roi.

Incroyable univers, extraordinaire entassement d'orgueil, de préjugés, d'ambition et de déception dans cette maison qui était le cœur battant de l'ancienne France, dans cette maison où l'on se regroupait autour du roi pour employer une image de la bruyère, un peu comme les abeilles autour de leur reine dans la ruche. Si ce que je vous raconte vous a étonné, attendez la prochaine vidéo, là vous allez voir que c'est encore tout à fait autre chose. En attendant, abonnez-vous bien sûr.