#59 - Michel Izard, grand reporter à TF1 : "J'ai toujours eu envie d'écrire un livre"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:00OuverteRéponse directe
Michel, c'est quand même bien tombé que tu ailles là-bas cette année-là, parce que ça fait quasiment 40 ans que personne n'y était allé.
- 12:00OuverteRéponse directe
Est-ce que tu en rêves encore la nuit ?
- 17:00OuverteRéponse directe
Tu as toujours voulu faire ce métier ?
- 23:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui te plaît toujours autant dans ce métier aujourd'hui ?
- 28:00OuverteRéponse directe
Est-ce que pour toi les gens qui lisent sont plus heureux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 13:00Michel IzardFait
« j'ai toujours eu envie d'écrire »
- 15:00Michel IzardFait
« depuis que je suis je pense adolescent j'écris »
- 18:00Michel IzardFait
« j'ai fait 30 ans à la télé »
- 24:00Michel IzardFait
« cette colonie qu'on avait laissé librement évoluer avait chuté de plus de 80 % en l'espace d'une trentaine d'années »
- 31:00Michel IzardFait
« j'ai fait mon stage de sortie d'école en juillet 99 »
- 36:00Michel IzardFait
« j'ai commencé à la télé mon accent ne plaisait pas »
- 39:00Michel IzardFait
« l'appauvrissement du vocabulaire c'est le début du chaos moral »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[Musique] salut moi c'est Jérôme vermelin et vous écoutez les gens qui lisent sont plus heureux et si à l'heure où les réseaux sociaux vampirisent nos cerveaux prendre le temps d'ouvrir un livre était devenu un acte de résistance ce podcast c'est celui des passionnés de lecture sous toutes ses formes sans préjugés dans cet épisode mon invité est un grand reporter passionné d'aventure michelzard eu envie d'écrire et d'ailleurs quand je reviens chez moi chez mes parents chez ma mère j'ai toujours ma chambre où je vais dormir ma mère a conservé ma chambre j'ai toujours mon placard ma petite bibliothèque et dans le bas il y a en vrac des tonnes de cahers de carnet de chemise dans lequel il y a des feuilles volantes depuis que je suis je pense adolescent j'écris Michel iszard c'est une voix que les téléspectateurs du JT de TF1 connaissent bien et même très bien de depuis plus de 20 ans ce grand reporter passé par tous les services de la rédaction nous fait partager sa passion pour l'aventure l'histoire et la culture et souvent tout ça à la fois lorsqu'il embarque son fidèle caméraman Bertrand lacha à l'autre bout du monde pour ramener des images jamais vues en 2019 les deux amis profitient d'une expédition scientifique pour nous faire découvrir l'île cochon au sud-ouest de l'océan Indien inexploré depuis près de 40 ans elle abrite une colonie de manchot dont la population s'est radicalement effondrée ces dernières années de ce voyage michelle est revenu avec des souvenirs plein à la tête et l'envie de raconter le destin incroyable de ceux qui l'avaient précédé sur cette terre sauvage qui appartient à la France et qui est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO le livre s'intitule Le mystère de l'île au cochon il est publié aux éditions Paulsen et mon cher collègue m'en a raconté les coulisses d'écriture avec l'enthousiasme et la gourmandise dont il ne se départit jamais bonjour Michel lzard bonjour Jérôme vermelin ça va bien ben écoute oui ça va très bien c'est un bel automne et ça me rappelle d'ailleurs il y a 2 3 ans j'étais parti à ce même moment de l'année vers les terres australes sur le Marion du freine on avait embarqué au même moment là on partait là et donc le fait d'en reparler avec toi ça me ça me propulse un petit peu ah Monsieur sûr que tu en que tu en rêves encore la nuit non même le jour non disons que oui c'est quelque chose qui est qui est marquant parce que il y a ce voyage on prend le bateau à la Réunion on s'embarque pour 6 jours de mer et moi je faisais ce premier voyage vers les terres australes en plus il y a ce nom les Terres australes et antarctiqu françaises donc c'est une une petite région de France perdu dans l'océan austral et donc il y a ce nom ce bateau le Marion du freine et il fait le ravitaillement des justement des îles subantarctiques françaises l'archipel crosé l'archipel kergellen l'île d'Amsterdam mais l'année où nous l'avons pris où je l'ai pris l'année où je suis monté sur ce bateau il allait faire une un petit détour par par rapport à sa route habituelle pour aller d'abord vers la première île qui est au nord de l'archipel crosé une île totalement inhabitée qui est une réserve biologique intégrale où personne n'avait mis les pieds depuis 40 ans et qui s'appelle l'îo cochon alors Michel euh c'est quand même bien tombé que tu que tu que tu ailles là-bas cette année-là euh parce que ça fait quasiment 40 ans que personne n'y était allé euh c'est pas arrivé par hasard tu devais un petit peu guetter espionner tu devais t'intéresser à cette île avant quand même non mais à vrai dire c'est une coïncidence comme ça arrive dans notre métier souvent non mais c'est une coïncidence une grande chance une opportunité et puis que que que j'ai voulu saisir parce que en fait cette île personne n'y était allée depuis 37 ans exactement parce qu'elle a été classée réserve naturelle intégrale et on avait décidé de laisser cet endroit qui est vraiment perdu isolé loin de tout en dehors de tout radar humain et il avait une réputation cet endroit cette île au cochon elle est mythique pour les ornitologues qui qui s'intéressent au au aux Terres australes et aux îles subantarctique parce qu'elle abrité la plus grande colonie au monde de manchot royaux il faut imaginer que sur un périmètre sur un petit périmètre de cette île sur 20 hectares il y avait 500000 couples de manchau royaux donc 1 million plus le poussin ça fait 1 million et demi plus à côté tous les jeunes qui sont pas encore en couple qui sont présents aussi ça fait pratiquement 2 millions de en chaud sur une île comme ça et c'était mythique et puis elle était laissée en dehors de tout radar on s'y intéressait pas on voulait la laisser dans sa naturalité absolue et puis des images aériennes prises un peu par hasard en 2016 fin 2016 ont montré que cette colonie qu'on avait laissé librement évoluer avait chuté de plus de 80 % en l'espace d'une trentaine d'années sans qu'on comprenne pourquoi et c'était au moment où l'UNESCO était en train d'étudier le classement de la réserve naturelle des terres australes françaises dont fait partie l'archipel cusé et cette île au cochon pour un classement au patrimoine mondial de l'humanité et apprenant ça l'UNESCO l'Union internationale pour la préservation de la nature pour la conservation de la nature a demandé à la France de d'apporter une explication mais pourquoi cette colonie a-t-elle baissé donc une une mission s'est montée pour aller voir ce qui se passe et il se trouve que c'est cette mission avait lieu l'année où moi avec Bertrand lacha nous étions sur le Marion du freine pour faire le reportage sur les terres australes alors j'ai j'ai j'ai milité j'ai dit mais il faut absolument qu'on vienne qu'on témoigne de ce que vous allez faire le conseil scientifique c'est facile de les convaincre au début pas été facile il avait il y avait des rétissance parce que il se demandaient comment des journalistes allaient pouvoir s'adapter comment ils allaient pouvoir travailler ils ne connaissaient pas et puis finalement ils ont accepté on a eu la grande chance qu'ils acceptent et donc un jour après 5 jours de voyage 2500 km de mer on arrive un matin devant l'île au cochon et on l'a vu c'est c'est c'est c'est presque une image de de légende l'image qu'on rêve quand on est de loin c'est elle est dans la brume et puis tout d'un coup elle elle apparaît progressivement il y a des nué d'oiseaux qui entourent le bateau et puis elle apparaît là et et on nous débarque par hélicoptère parce que c'est un endroit très dangereux c'est un endroit qui est aussi hanté par des histoires de naufrage c'est ce que tu racontes dans le livre chez paulen c'est ça c'est ce qui apporte vraiment un plus par rapport au reportage c'est que tu tu t'es fait un peu historien pour pour pour le livre et que tu racontes quelque chose qui ressemble au au roman ou au film d'aventure c'estàd qu'il y a des y a des des des explorateurs des navigateurs qui qui sont allés là-bas et certains n'ont pas pu n'ont pas pu monter sur nont pas pu grimper sur l'île ah oui oui certains on même risquer leur leur vie oui oui c'est une île très très difficile d'accès c'est pour ça que nous on y est allé on a été déposé par hélicoptère le capitaine du bateau nous avait dit j'ai un plan B si l'hélicoptère peut pas venir vous rechercher au cas où il y a un mauvais temps parce qu'il y a très mauvais temps par cet endroit mais j'espère ne pas en arriver à cette extrémité de nous envoyer une une barque parce que justement il y a eu euh beaucoup d'histoires de naufrage de de de de de bateau en perdition dans ces dans ces parag là et en fait moi ce que j'ai ressenti quand j'ai débarqué quand on a posé c'est vraiment comme si je veux pas dire comme si on débarquait sur la lune mais quand même il y a un sentiment très fort qu'on apporte avec soi je pense qu'on on apporte dans les voyages aussi dans les lieux ce qu'on trouve dans les lieux où l'on va c'est souvent des choses qu'on apporte soi-même et qu'on découvre de soi-même sur place mais en posant le pied sur cet endroit qui avait pas été foulé depuis 40 ans et en en observant cette cette ce paysage cet environnement pas d'arbres que des que des des petits des petites plantes très basses les manchau les Albatros les pétrell les éléphants de mer au loin tout un Brouis je me suis dit mais qu'on pu ressentir les gens qui avant de savoir quoi que ce soit au 18e siècle au 19e siècle ont été débarqués sur cette île à l'époque c'était des châteurs sœurs de foc et qu'est-ce qu'ils ont pu ressentir parce que moi je savais que 5 ou 6 jours après le bateau l'hélicoptère allait venir nous rechercher qu'on nous laisserait pas là mais il y a des gens qui ont passé des semaines des mois certains même plus d'une année sur cette île sans sans savoir s'il pourrait jamais en repartir et et je moi je fais des voyages j'ai la chance de faire de voyages par mon métier de reporter et et là j'avais envie d'écrire un livre parce que enfin moi je considère que mon histoire personnelle même si elle est très fort très très très intense de de mon reportage sur lîle ne suffit pas à faire un livre c'est bien pour moi c'est bien pour le reportage mais pour le livre il fallait une dimension historique il fallait que il fallait aller au-delà quoi parce que tout seul bon c'est juste une expérience je pourrais me gargariser d'avoir fait ça mais après j'ai fait un autre voyage qui a été de de rechercher toutes ces histoires des marins des chasseurs de FO des naufragés qui avaient pu aborder et et qui avaient pu passer du temps sur cette même île au cochon où je suis resté 6 jours complètement fasciné par cette nature sauvage qui vous saute à la gueule quand on est là-bas alors c'est ce qui est intéressant par RA ta manière d'écrire Michel c'est que parmi les les les grands reporteurs de de TF1 d'ailleurs pour ceux qui vont écouter l'entretien faut savoir qu'on est qu'on est chez toi ici hein on est on est à TF1 c'est ta maison depuis 1989 c'est ça ouais mon premier séjour ça été en 1989 89 et tu as tu tu as une écriture une voix et une écriture qu'on reconnaît quand on quand on voit un tes reportage et j'allais dire tu as une manière d'écrire ta voix très littéraire il y en a plus beaucoup des comme toi cette manière de cette manière d'écrire que ce soit pour pour ta voix dans les reportages ou dans le livre elle vient d'où tu l'as formé comment ben moi j'ai j'ai toujours j'ai toujours eu envie d'écrire et d'ailleurs quand je reviens chez moif enfin chez moi je dis toujours chez moi alors que c'est chez ma mère chez mes parents chez ma mère j'ai toujours ma chambre où je je vais dormir ma ma mère a conservé ma chambre j'ai toujours mon mon mon mon placard ma petite bibliothèque et dans le bas il y a en vrac des tonnes de de cahers de de carnets de de de de chemise dans lequel il y a des feuilles volantes depuis que je suis je pense adolescent j'écris j'écris et et moi en fait l'écriture bon ça m'a toujours toujours écrit plutôt des poésies quoi mais pas de romans mais des poésies et puis je je rêvais d'écrire un livre mais j'ai fait 30 ans à la télé 30 ans de reportage et je me suis rendu compte que pour écrire un livre quand même il fallait avoir un sujet un beau sujet mon premier beau sujet je l'avais trouvé quand je suis allé en terradellie où j'ai fait un un parallèle là aussi entre mon voyage la découverte de l'Antarctique qui était quelque chose de fabuleux pour moi mais dans le sillage de Jules duond d'Urville qui a découvert la terreadélier en 1840 et j'avais mené ce récit et j'avais adoré mener ce récit de mon voyage dans dans au même endroit au même moment de l'année sur exactement la même latitude au même endroit on est dans les pas de de du mondurville on voit à peu près ce qu'il a vu parce que les paysages sont à la fois immuables et et et et permanent en Antarctique pour l'instant le réchauffement arrive mais disons pour l'instant ça reste stable donc ce qu'on voit aujourd'hui c'est ce qu'il voyait du monde d'Urville et me retrouvant dans SAES pas j'ai eu envie de raconter cette histoire et là j'avais un sujet avec du monde d'ville et la terreadé lit Adé mon amour moi j'ai écrit ce livre et puis ça m'a titillé ça m'a plu de l'écrire vraiment ça je trouve que justement dans la partie qui me concerne où je raconte ce que moi j'ai vécu il faut trouver les les moyens de le raconter ça ça rejoint le reportage mais en écrivant c'est un peu plus intime mais par contre parmi les parties historiques comme c'est un livre c'est une histoire un peu romancée que je fais c'est là ce que j'ai découvert c'est que l'écriture invente le récit on se met devant sa feuille un moment donné on sait à peu près quelle histoire on va raconter ce qu'il faut raconter mais il y a des choses qui surgissent qui vont au-delà et j'ai trouvé ça la première fois avec Adélie mon amour disons vraiment ça m'a transporter de le faire quoi je je me disais mais j'espère que je vais trouver un autre sujet et sur l'île au cochon j'étais pas sûr parce qu'au départ j'étais tout seul sur l'île au cochon et pour moi ça suffisait pas puis j'ai gratté un peu puis j'ai vu qu'il y avait plein d'histoires mais plein plein c'était pas comme la terradélie pas comme Jul du mondurville avec un seul personnage une seule histoire très forte qui qui me guidait mais là c'est au contraire une une myriade une volute de de de de de de de plus plusieurs histoires que je suis allé chercher dans dans les archives dans des livres dans les bibliothèques pour écrire non pasécrire parce qu'elle avait jamais été écrite l'histoire de cette île il y a une musique dans dans tes mots Michel c'est peut-être quelque chose qu'on peut expliquer de l'extérieur toi je sais pas si tu teen rends compte mais quand tu quand tu quand tu racontes une histoire on est un petit peu on on est captivé il y a tuas une manière de tu as une manière de parler tu as ton accent tu as tu tu as un rythme qui n'est pas tout à fait celui de de la plupart des des jeunes reporters en télé aujourd'hui faut le dire non disons que j'observe ça peut-être qu'il y a une uniformisation mais je me souviens que quand j'ai commencé à la télé mon accent ne plaisait pas Michelle cota qui était la directrice de l'information à l'époque m'avait dit bon il faudra que vous perdiez votre accent moi aussi je viens de Nice et je l'ai perdu tout ça et puis finalement la la le la possibilité que j'ai eu la rencontre que j'ai eu avec Jean-Pierre pernaau et le journal de 13h m'a fait que après c'était plus un problème d'avoir un accent au contraire mais au contraire même c'était et puis ce que ce qui ce dont je me suis rendu compte c'est que peu à peu tout le monde m'a encouragé en fait ici même à TF1 ça peut paraître étonnant hein de l'extérieur ça va paraître étonnant que ici à TF1 dont on imagine peut-être qu'on normalise les choses et tout on m'a au contraire encouragé à aller vers ce type d'écriture dans le 13h bien sûr Perne l'a fait beaucoup mais aussi après le journal de 20H Claire Chazal qui au début avec mon accent elle trouvait ça un peu bon ça lui plaisait que très moyennement mais finalement ensuite ça s'est imposé et puis il y a l'accent je crois bon ou un petit peu je crois que je le perds quand même pas mal mais il y a le l'intonation quoi il y a la le phrasé et c'est vrai que je travaille ça mais c'est du en même temps c'est à la fois trava personnalité mais mais mais je le je le travaille et l'écriture je trouve c'est d'ailleurs c'est ce qui est intéressant dans l'écriture c'est que c'est c'est du travail il faut chercher les mots même pour un reportage pour le le journal de de 13h ou pour le journal de 20h je il faut chercher les mots il faut pas baisser les la garde sur le vocabulaire je crois que c'est rwel qui disait l'appauvrissement du vocabulaire c'est le début du chaos moral l'appauvrissement du vocabulaire c'est le commencement du du chaos moral parce qu'on ne sait plus dire tous les mots se valent toutes les notions se valent et même nous au journal on doit quand même chercher ça même si on peut parfois nous inviter à faire plus simple mais je suis très heureux par exemple là je refire un sujet sur la grotte chauvée parce que j'avais eu la chance d'aller dans la grotte chauvée et on met dedans que l'ours n'est pas parce qu'on rencontre des cadavres des squelettes d'ours dans cette grotte chauvée et l'ours passa il rasait les murs parce qu'il est entré dans les grottes pour hiberner et l'ours n'est pas nictalope donc moi je trouve ça génial dans le sujet le journal de trésor on va dire que l'ours plutôt de dire qu'il ne voit pas la nuit il y a des gens qui devant leur devant devant leur devant leur JT vont V aller prendre le dictionnaire regarder dans Google hein qu'est-ce qu'il a dit la michelzard ouais et là je viens de faire aujourd'hui un sujet sur Raymond Devos qui aurait 100 ans aujourd'hui et Raym de vos son livre préféré son livre de chevet son livre de travail c'était le dictionnaire c'est vrai ouais ouais et le dictionnaire les mots je pense que euh c'est important il faut aller chercher les mots et parfois c'est les mots qui vienent nous cueillir les mots qui vont surgir savent de nous ce que nous ignorons d'ux ça c'est René Char les mots qui vont surgir ça veut de nous ce que nous ignorons d'ux un moment nous serons l'équipage de cette flotte composée d'unité rétiv et le temps d'un grain leur amiral puis le large les reprendra nous laissant à nos torrents limonneux et nos barbelés givrés alors moi ça me ça me guide ce truc de de de René Char parce que les mots qui vont surgir parfois on cherche les mots et parfois PAF les mots viennent nous cueillir et euh et et j'aime les mots enfin je pense que tu aimes les mots ça ça se sent dans ce que tu dis dans ce que tu lis les mots sans sans les mots je sais pas ce que nous serions est nous serions vraiment les sapiens sapiens que nous sommes c'est ce qui nous différencie deux après on est pas si différent que ça he non non après oui voilà niveauou on est quand même très très très très proche d'eux Michel tu as parlé de de de ta chambre de d'enfant d'adolescents ou tes parents ils faisaient quoi ben ma mère était instittu tutrice cours préparatoire donc elle apprenait à lire et et à écrire quoi et mon père il était il travaillait il y avait une usine IBM à Montpellier à l'époque il travaillait sur les les gros ordinateurs à l'époque maintenant on a nos petits ordinateurs dans dans nos téléphones portables on a 10000 fois plus de choses que dans les grands ordinateurs sur lesquels mon père allait changer les diodes pour les mettre au point sur sur des des des hectares à l'usine de Montpellier et tu as toujours voulu faire ce métier non pas du tout je savais pas je savais pas je savais pas c'est en faisant le service militaire que j'avais vu j'ai fait j'ai eu la chance de faire j'étais un peu pistonné j'ai eu fait le service militaire au service cinéma des armées au fort d'ivri et là j'avais j'étais tombé sur une brochure du Centre de Formation des Journalistes je me suis dit ça a l'air sympa et donc j'avais 24 et je me suis dit je vais passer le concours j'aiai loupé une fois et l'année d'après je l'ai réussi et j'ai et ça a changé ma vie quoi et tu arrivé à tes fin très vite en fait ben j'ai fait mon stage de sortie d'école en juillet 99 ouais j'ai flotté j'étais pigiste comme on dit je cherchais du du boulot puis après il y a eu la première guerre du Golf 1991 il y a eu beaucoup d'événements fin des années 80 et début des années 90 et des événements où la télévision a pris une ampleur qu'elle avait pas enfin une ampleur supplémentaire encore et donc là ils avaient besoin de gens je suis rentré puis petit à petit journal de 23h il y avait le journal de 23h il y avait narcis Jean-Claude narcis au 23 c'est vra ça il faudrait le faire revenir Michel ben oui et puis alors tu veux pas présenter le journal de de 23h moi je veux bien parce que le journal de 23h ce qui était très chouette et très sympa à l'époque c'est qu'il était très culturel il y avait le théâtre je me souviens j'ai fait la rentrée je sais plus quelle année 91 92 la rentrée théâtrale la rentrée littéraire la musique le jazz c'était dans les journaux de TF1 maintenant il faut prendre la longue vue c'est comme les navigateurs qui cherchaient les terres nouvelles pour pour voir la culture le mystère de l cochon c'est le mystère oui elle est un petit peu loin qu'est-ce qui te plaît qu'est-ce qui te plaît toujours autant dans ce métier aujourd'hui après après toutes ces années en fait moi moi je je je me rends compte c'est une tarte à la enfin presque c'est une évidence une tarte à la crème de le dire mais les reportages qu'on fait pour moi c'est comme tu tu l'as dit tout à l'heure tu j'aime bien raconter des histoires donc c'est des histoires à raconter il faut trouver un moyen de de faire passer l'information je pense que quand même je suis journaliste et la principale chose c'est quand même la la rigueur de l'information la la la véracité de de de l'information l'honnêteté dans la manière de de de de de rendre rendre compte de l'information mais il y a aussi un savoir-faire il y a il y a aussi une manière de le faire et d'ailleurs je pense que on parlait de culture qui est maintenant un peu absente de de de nos journaux mais notre travail c'est aussi de faire passer à des gens qui ne seraient pas forcément client tout de suite des choses notre notre travail je dirais même notre devoir c'est de faire en sorte que ah comment dire ça comment comment trouver les les mots les les mots justes mais notre notre travail c'est c'est quand même de de faire passer l'information de trouver un moyen même une information compliquée même une information qui pourrait paraître butante faut trouver un moyen et le moyen c'est quoi c'est l'histoire c'est on raconte une histoire mais vous savez pas ce qui s'est passé et c'est un peu moi moi ouis ça me fait penser à à Albert Cohen qui écrivait euh comment dire Solal ou ou le mange clou et cetera et puis il disait à sa femme mais alors tu sais pas il dictait pratiquement il écrivait à peine il disait mais tu sais pas ce qui lui est arrivé à mange au clou aujourd'hui et Patti et patata il raconta l'histoire et ça fait des livres parce qu'il raconte une histoire et nous avec l'information on doit faire pareil une histoire en étant honnête en étant rigoureux mais raconter des histoires mais au-delà de ça qu'est-ce ce qu'il y a de mieux qu'un livre pour raconter une histoire ENF tu le sais bien toi puisque tu tu tu sais ta passion aussi de de de de lire les livres d'en rendre compte mais qu'est-ce qu'il y a de mieux que d'avoir une page blanche et de se lancer en disant ben là comment je vais dire ça j'ai ça je porte ça je porte ce voyage que j'ai fait ce ce séjour extraordinaire sur l'île au cochon qui m'a bouleversé don j'en ressens encore des frissons j'ai encore la la symphonie la cacophonie symphonique de de de cette colonie de manchaud le bruit des vagues qui se bris sur sur les plages les rou monstrueux des des des éléphants de mer ça les le la majesté des des albatros qui [Musique] s'envolent comment en rendre compte et et puis après les histoires dans l'histoire c'est à partir d'une histoire d'un fait réel il y a y a une histoire que j'aime bien dans dans dans le livre le mystère de l'île au cochon c'est qui a eu plein de naufrage et on on sait pas beaucoup de choses mais il y a quelques bribes et à partir de quelques bribes moi j'ai j'ai j'ai recomposé l'histoire d'une famille avec H enfants qui était parti d'Angleterre pour aller en Nouvelle-Zélande à la fin du 18e du 19e siècle et qui a fait naufrage en face de l'île au cochon sur des récifs en face de l'île au cochon et qui sont tous morts dans dans le contendu on a juste leur nom Monsieur Madame grich avec grich avec leurs huit enfants il y a les noms des huit enfants et leur simplement et à partir de là moi je me suis dit c'est c'est quand même saisissant c'est des gens qui sont en quête sur le chemin d'une nouvelle vie qui vont dans un nouveau monde à l'autre bout du monde en Nouvelle-Zélande à l'autre de l'autre côté de la Terre et qui passe parce qu'à l'époque à la fin du 19e siècle on avait trouvé cette route qui était plus rapide parce qu'évidemment il y a des courants il y a des vents mais elle est plus rapide mais elle est beaucoup plus dangereuse ils se sont plantés là ils sont morts là et moi j'avais cette ces nom les FA et puis j'ai réécrit leur histoire j'ai inventé leur histoire une histoire je pense plausible crédible avec les la situation mais ça ça m'a aussi transporté il y a il y a rien quelques quelques informations un nom une situation et puis et là j'ai ressenti l'ivresse de la je pas paraître prétentieux parce que mais l'ivresse de la création c'està dire que quelque chose qui qui s'invente au fur à mesure qu'on éécrit qui n'est même de de du fait d'écrire quoi le le l'écriture engendre l'histoire et et l'histoire appelle l'écriture à se prolonger pour Nour de manière de manière un peu naturelle et organique comme ça ouais et ça je l'ai je l'ai découvert là plus encore peut-être que pour le précédent livre il me semble que je suis dans l'histoire un peu disons romancée dans l'histoire je suis allé un peu plus loin et ça m'a je me dis mais est-ce que je vais réussir à trouver une autre histoire un jour à raconter j'espère j'en suis sûr alors Michel on va terminer par la question la question j'en suis sûr que tu vas trouver d'autres histoires parce que tu tu en as tu en portes déjà je suis sûr en ce moment je vais te poser la question rituelle pour tous les invités du podcast podcast c'est les gens qui lisent sont plus heureux donc ma question Michel Lizard est-ce que pour vous est-ce que pour toi les gens qui lisent sont plus heureux euh alors plus heureux je sais pas mais heureux euh et et bon moi je lis mais je suis pas un énorme lecteur je vois autour de moi il y a des gens mon frère ma femme il liseent il dévorent les bouquins moi je je je suis moins je suis un lecteur par plus parimonieux mais je lis je lis mais j'ai un problème avec la lecture j'ai souvent du mal à choisir un livre et puis un jour je suis tombé dans un livre et je n'arrête pas de le relire et je ne je ne je ne peux pas j'ai du mal à lire d'autres livres un jour je suis tombé dans la recherche du temps perdu je l'ai lu in exenso je me souviens je faisais un reportage à l'époque sur prou justement pour le 1hor la maison de prou à combré et j'étais sur le point de le finir et la dame que j'intervieué me dit mais et je disais je veux pas le finir je veux pas le finir parce que une fois je l'aurais fini ben je l'aurais fini c'est c'est fait je elle me dit mais non trompez-vous vous verrez une fois que vous l'aurez fini vous recommencerez et je suis dans cet étatlà j'ai fini la recherche le temps perdu le temps le dernier mot le temps là et ce que fait ce mot et cette dernière paragraphe c'est de renvoyer au début et on a qu'une envie c'est le faire et alors maintenant je l'ai relu je crois deux fois en entier puis par brib le Temps retrouvé par-ci guermande par là maintenant je suis à Londres des jeunes filles en fleur mais la semaine prochaine quand j'aurai fini à des jeunes filles en fleur je crois que je reviendrai du côté de chez Swan ok merci beaucoup Michel bientôir merci à toi Jérôme merci c'est la fin de cet épisode du podcast les gens qui lisent sont plus heureux avec Michel hizard n'hésitez pas à le partager et en parler autour de vous je vous donne rendez-vous bientôt pour un nouveau rendez-vous et d'ici là bonne lecture [Musique]