Retraites, Elon Musk, dette publique, RSA... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Fabien Roussel
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Bonjour Fabien Roussel. Bonjour Marc Fauvel. La réforme des retraites ne permettra pas de ramener le régime à l'équilibre. C'est le Conseil d'orientation des retraites qu'il dit dans son nouveau rapport. En 2030, les régimes devraient être déficitaires d'environ 6 milliards d'euros. Pas de retour à l'équilibre prévu au mieux avant 2045, c'est-à-dire dans une vingtaine d'années. Est-ce qu'il faudra une autre réforme ?
C'est une plaisanterie ? C'est une question. Parce que, écoutez, je pense qu'il faut dire aux Français qu'il va falloir travailler jusqu'à 65, 66 ans. Dites-le aux techniciens qui sont là derrière la vitre, ici à France Info, à tous les salariés de France, à tous les ouvriers de France, à tous les ingénieurs. J'ai pas dit, est-ce qu'il faudra travailler jusqu'à 65 ou 66 ? Aux enseignants, aux infirmières, ils devront travailler encore plus longtemps. Est-ce qu'il faudra d'autres mesures, Fabien Roussel ? Vous pourriez me répondre oui, on va taxer les patrons. Mais bien sûr que non, mais bien sûr que non.
Le corps, le Conseil d'orientation des retraites, se base toujours sur des projections où les salaires n'augmentent pas en fonction de l'inflation, où il n'y a pas un taux d'emploi, le plein emploi, c'est-à-dire zéro chômeur dans notre pays avec un taux de chômage qui reste élevé. Il se base sur des projections d'une France appauvrie, d'une pauvre France, alors que nous, nous travaillons sur une France riche de ces créations d'emplois, de salaires qui permettent de vivre et qui finance des retraites juste pour tous.
Vous considérez que ce nouveau rapport du corps n'a pas de valeur, qu'il est inexact ou que les déficits, ce n'est pas grave ?
Il n'a aucune valeur à partir du moment où il se base sur des projections qui ne tiennent pas compte de la nécessaire évolution des salaires dont nous avons besoin dans le pays.
C'est la raison pour laquelle, je vous promets, je vous jure, que toutes les semaines, quasiment, je fais une réunion publique en France, dans le pays, je suis toujours en campagne, je ne lâche rien, où j'explique la nécessité que nous avons aujourd'hui d'augmenter les salaires, de créer des emplois dans les services publics, de réindustrialiser le pays, pour justement apporter la réponse qu'ils font à notre système des retraites qui doit être financé et par les salaires et par l'emploi, et pour pouvoir créer suffisamment de richesses permettant de partir plus tôt en retraite.
Le corps, lui, se base sur un système économique purement capitaliste, la base, c'est-à-dire précarité d'emploi, chômage, bas salaire et compagnie, et forcément ils font des projections, et justement, et donc ça fait des projections où il y aura un déficit, mais parce qu'ils sont dans la même matrice économique de précarité du travail, de bas salaire et compagnie.
Le corps s'appuie sur ce qu'on connaît aujourd'hui, vous, ça veut dire que votre objectif de retraite à 60 ans, il ne bouge pas, même si le régime...
La France, des jours heureux pour lesquels je continue de me battre et pour lesquels je continuerai de me battre toujours, c'est le Conseil national de la résistance, c'est d'ailleurs l'hommage à Manouchian que nous avons rendu ce dimanche en rentrant au Panthéon, c'est une France qui s'appuie sur une sécurité sociale, une protection sociale, un système de solidarité, où la richesse que nous créons permet de garantir à chacun de partir plus tôt en retraite et de profiter d'une vie en retraite en bonne santé.
Mais c'est pas ce que veulent les socialistes qui sont vos partenaires au sein de la NUPES, il faut revoir cet accord ?
Un PIB de plus de 3 000 milliards d'euros multiplié par 4 en l'espace de 40 ans, oui, nous produisons suffisamment de richesse, sauf qu'une part de cette richesse est captée par le capital et il nous échappe totalement. Nous voulons nous reprendre la main sur une part de cette richesse pour la mettre au service du progrès humain. Mais c'est la différence entre la gauche et la droite et c'est le combat nous qui nous unit, et y compris avec le parti socialiste, puisque nous sommes d'accord sur une chose...
Qui est sur les 62 ans ?
Nous sommes d'accord sur une chose, c'est que demain, nous, au gouvernement, nous nous fixons l'horizon des 60 ans comme un objectif à atteindre. Nous avons un débat sur le calendrier pour atteindre ces 60 ans, mais nous sommes d'accord pour dire que le progrès social, l'objectif, c'est d'aller vers une retraite vers 60 ans, pour permettre à chacun de vivre heureux, en bonne santé et en retraite.
Fabien Roussel, le patron de Tesla et de SpaceX, Elon Musk, était à Paris ces derniers jours, il n'a pas dit s'il allait investir les milliards de dollars que le gouvernement français espère décrocher dans la construction d'une usine Tesla en France. En revanche, il a déclaré sa flamme à Emmanuel Macron, c'était sur France 2.
Alors, il faut être prudent dans ce que l'on annonce autour de Tesla, mais ce que je peux vous dire, à mon sens, c'est que le président Macron se soucie de l'avenir de la France. Et c'est un homme intelligent, il sait ce qui est important. En tout cas, il fait tout ce qu'il peut pour ce pays. Et je suis un fan du président, moi-même. Alors, je sais que tout le monde ne l'aime pas autant, mais moi, je l'aime bien.
Ça compte, le soutien d'Elon Musk ?
Ah, mais je dis, bienvenue Elon, bienvenue Elon, welcome in France, nos problèmes. Alors là, moi, demain, président de la République, je créerai toutes les conditions pour qu'une usine Tesla vienne s'installer en France et dans les Hauts-de-France, puisque nous avons les savoir-faire, les compétences pour pouvoir le faire. Et donc, c'est très important, bien sûr. Et nous avons Toyota, chez nous, qui s'est installé en France pour produire pour toute l'Europe. Alors, mais si je devais être cohérent, ce que n'est pas Emmanuel Macron, c'est que j'accueille Tesla, j'accueille Elon Musk, mais en même temps, j'interdis à Peugeot et à Renault de continuer de délocaliser à l'étranger.
Parce que d'un côté, on crée les conditions pour qu'Elon Musk vienne construire une usine Tesla en France, mais de l'autre, la Clio, la 208, la C3, la Captur, la Dacia Spring, tous ces véhicules, les petits véhicules, sont produits français, Peugeot et Renault, sont produits à l'étranger. Parce que ça coûte moins cher. Non, mais vous rigolez ou quoi ? Non, c'est pas vrai, ça ne coûte pas moins cher d'aller construire des voitures à l'étranger ? Non, non, ça ne coûte pas moins cher. Ce qui coûte cher, c'est les dividendes que perçoivent ces groupes, de 1. Et ce qui coûte cher, c'est le chômage que ça provoque en France. Parce que... J'essaie de comprendre votre propos français.
Pour quelle raison, d'après vous, les constructeurs français construisent en partie à l'étranger si ce n'est pas pour construire moins cher ?
Pour eux, pour les actionnaires, c'est un avantage. Puisqu'ils ont un gain de compétitivité qui leur permet de valoriser leurs actions et donc les bénéfices et les dividendes. Mais pour nous, la France, pour nous, la France, le pays, quand une heure de travail est délocalisée à l'étranger, c'est une heure de chômage qu'il faut payer en France. Donc vous interdisez aux constructeurs français de construire à l'étranger, y compris pour les voitures qui sont destinées. Non, mais vous qui me parlez du coût, qui paye cette heure de chômage ? C'est pas Renault, c'est pas Peugeot, c'est nous, c'est la société.
Non, mais vous interdisez de délocaliser ? Mais comment vous le faites ? Comment vous pouvez obliger ça ? Mais il faut être cohérent.
Mais alors, on crée des ponts d'or pour permettre à Elon Musk d'ouvrir une usine en France, mais on est incapable de dire à deux constructeurs automobiles, dont nous sommes actionnaires, d'aller délocaliser la production à l'étranger. Donc moi, actionnaire de Renault et de Peugeot, je participe au choix stratégique du groupe et j'impose, je demande, je crée les conditions
pour que Renault et Peugeot ouvrent des usines en France.
Ils ont déjà des sites industriels, ils en ont fermé. Eh bien que l'on réouvre ces sites de production et que l'on embauche, on forme et on crée en France. Mais produire en France, produire français, vous savez que sur un million, sur deux millions d'eux de véhicules immatriculés en France, il n'y en a que un million produits en France. Le reste, un million vient de l'étranger. Enfin, c'est ça, reconstruire notre capacité industrielle, c'est faire en sorte que nos industriels produisent en France et arrêtent de délocaliser.
Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, invité de France Info jusqu'à 9h. Il est 8h40, le fil Info, Sophie Echel.
Pas de contrat de travail, de fiche de paix, de congénie d'or sup, dix travailleurs sans papier et qui ont œuvré sur les chantiers des JO de Paris 2024, à signe des entreprises du BTP devant les Prud'hommes. C'est une information France Info. Ils dénoncent leurs conditions de travail et leur exploitation se comparant aux travailleurs des chantiers du Mondial au Qatar. Le personnel hospitalier en grève aujourd'hui à l'appel des principaux syndicats. Ils continuent de réclamer des hausses de salaire et de meilleures conditions de travail, alors que l'été s'annonce une nouvelle fois compliqué. Plusieurs manifestations sont prévues, notamment à Bordeaux, Rennes et Paris.
Et justement, face à la hausse de la fréquentation, attendu les services d'urgence des hôpitaux de la Manche fonctionneront en service restreint à partir du 3 juillet. Il faudra d'abord appeler le 15, le SAMU, en cas de réel besoin uniquement. Il était trop occupé pour faire du tri. Voilà comment se défend Donald Trump, inculpé pour sa gestion négligente de secret d'État après son départ de la Maison-Blanche. Lors d'une interview à la chaîne Fox News, hier soir, l'ancien président américain a affirmé que des documents du gouvernement s'étaient mélangés avec ses effets personnels.
France Info. Le 8.30 France Info. Salia Brakia. Marc Fauvel.
Toujours avec le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel. 10 milliards d'euros d'économie d'ici 2027, c'est l'objectif du gouvernement pour réduire la dette. Déjà sur le principe, est-ce que vous êtes d'accord ? Il faut mettre le haut là sur la dépense publique.
Ah pas du tout. Alors là, je m'y oppose totalement. Oui, totalement. Mais vous savez, ça c'est les limites du en même temps de ce gouvernement. On ne peut pas en même temps dire qu'il faut défendre les services publics qu'ils ont découverts pendant la pandémie et en même temps leur demander de faire des économies. On ne peut pas en même temps dire qu'on va défendre le travail des Français et en même temps ne pas augmenter les salaires en fonction de l'inflation. Ça c'est la limite du en même temps. Mais vous dites que nous voilà.
Nous nous disons que nous avons besoin d'investir dans l'école, dans la santé, dans les transports publics, dans la sécurité et la tranquillité publique de nos citoyens, dans les douanes pour stopper les trafics. Nous avons besoin de tous ces services publics. Donc il ne faut pas réduire la dépense publique. Le maire, en fait le maire, le problème de Bruno Le Maire, je vais vous dire, il a une crampe mentale. Il a une partie du cerveau à mon avis qui s'empêche de penser que l'on peut augmenter le budget de l'État.
Nous nous disons qu'il y a besoin d'augmenter le budget de l'État, augmenter le budget de l'État pour pouvoir dépenser plus dans ces services publics qui manquent à tous nos concitoyens.
Fabien Roussel, Bruno Le Maire vous fait un peu mentir ce matin puisqu'il dit qu'il étudie l'option d'une taxation sur les sociétés d'autoroutes. Ça c'est de l'argent en plus dans le budget de l'État. Vous lui dites quoi ? Allez-y.
C'est vrai que là, il a un petit réveil, comme il commence à découvrir le principe de taxer les dividendes quand ils sont vraiment exagérés, etc. Sauf que sur cette question des autoroutes, il devrait lire tous les rapports de la Cour des comptes et toutes les propositions de loi qui ont été déposées, y compris par le groupe communiste du Sénat, qui demande la nationalisation de nos autoroutes que nous avons bradées à l'époque de De Villepin de mémoire. Je crois que c'est plus de 40 milliards d'euros cumulés de dividendes accumulés par l'ensemble de ces sociétés d'autoroutes.
Alors on peut toujours les taxer, mais taxer sur les dividendes n'aura jamais le même impact que renationaliser ces autoroutes, permettre de baisser les péages.
Mais renationaliser aujourd'hui ou à la fin des concessions ? Parce que si on le fait aujourd'hui, les expérdices, ça risque de nous coûter encore plus cher.
Vous avez raison. On prendra le temps, quand nous serons au pouvoir, de renationaliser à la fin des concessions. De 2031. Et on créera les conditions pour ça, et de créer les conditions pour que ces sociétés d'autoroutes redeviennent des sociétés publiques, et qu'elles participent à faire en sorte que nos concitoyens, quand ils partiront en vacances, paieront beaucoup moins cher les péages.
La prochaine bataille au Parlement, ce sera celle du partage de la valeur. Le gouvernement s'est engagé à reprendre tel quel l'accord signé entre les partenaires sociaux qui oblige toutes les entreprises de plus de 10 salariés à verser obligatoirement de la participation ou de l'intéressement dès lors qu'ils font des bénéfices. Là-dessus, vous dites bravo au gouvernement ?
Je dis d'abord, augmentons les salaires. Et ça, ça fait le lien avec...
C'est pas dans l'accord des partenaires sociaux, là ?
Oui, mais moi je le mets.
Bah oui, mais là je vous parle de l'accord.
Vous ne demandez pas de commenter la politique du gouvernement. Non, là c'est l'accord entre l'ensemble des syndicats. Je vous dis moi ce que je préfère. Et donc, le partage de la valeur, d'abord, c'est sur les richesses que nous créons, les richesses que l'on crée dans une entreprise, je souhaite, je défends le principe que d'abord, il doit y avoir des augmentations de salaires. C'est la proposition de loi que j'ai déposée à l'Assemblée nationale qui vise à indexer l'ensemble des salaires sur l'inflation. Ça existe en Belgique, ça ne provoque pas plus d'inflation. Ça répond juste au fait que chaque travailleur, au moins, il a un bon salaire.
Et d'ailleurs, nous lançons une pétition nationale avec une lettre que j'adresse à l'ensemble des Français qui sera distribuée par les adhérents, les militants du Parti communiste français pendant l'été, qui demande l'indexation de tous les salaires sur l'inflation. C'est la campagne que nous lançons pour la défense du pouvoir d'achat.
Vous dites l'inverse que ce que veulent les syndicats, notamment la CFDT, et puis le patronat aussi, qui disent, non, l'accord, rien que l'accord, parce que sinon, ça risque de mettre le bazar dans toutes les négociations de branches.
D'abord, indexer les salaires sur l'inflation. Et quand les entreprises, parce qu'il y a des entreprises qui les font, il y a des entreprises qui aujourd'hui, dans le cadre des NAO, les négociations annuelles obligatoires, ont augmenté les salaires. J'ai visité l'usine Pernod Ricard à Marseille, magnifique usine, apéritif emblématique, dans toutes les fêtes du Parti communiste, on en boit, avec modération, bien sûr, mais en même temps. Mais en même temps, il m'explique, on va parler situation sociale, ils ont augmenté les salaires de 6% pour tous les salariés, tant mieux. Et ils peuvent se poser la question derrière, de primes, d'intéressement, etc.
Je ne suis pas fan, il y a une question qui se pose. Il y a une question qui se pose, j'en parle avec les chefs d'entreprise. Pourquoi les ouvriers ne souhaitent pas prendre des actions ? Ne souhaitent pas participer au capital ? C'est tout simplement que quand ils ont un salaire à 1 400, 1 450 euros, 1 500 euros, ils n'ont pas 50 euros à mettre pour acheter des actions. Quand bien même le patron, il met 50% de l'autre côté. Il y a quand même à la base une question de pouvoir d'achat qui fait que je ne vois pas aujourd'hui le monde ouvrier se dire tiens, on va devenir actionnaire de notre boîte et on a des sous pour le faire. Ça, c'est impossible.
Et c'est pour ça qu'au départ, il faut une juste rémunération. Et c'est ce qui finance notre système de protection sociale. C'est ce qui finance les retraites. C'est ce qui finance la santé, les accidents du travail, la politique familiale. Toutes les branches de la sécurité sociale sont financées par nos cotisations. Et il n'y en a pas sur les actions et sur les primes.
Fabien Roussel, dans son projet sur le plein emploi, le gouvernement veut imposer l'inscription automatique des allocataires du RSA à France Travail. C'est l'organisme qui doit remplacer Pôle emploi. Ils devront notamment participer à des ateliers, des formations pour garder leurs droits sous peine de sanctions. Vous qui opposez la France qui travaille à celle des allocs. Est-ce que vous soutenez cette mesure ?
Je continue à me battre pour une France du travail d'abord. Et ce que je souhaite, c'est que nous mettions en place un plan sur 5 ans, le temps d'un mandat, c'est ce que j'ai défendu pendant les élections présidentielles, pour qu'il n'y ait plus demain de bénéficiaires du RSA. Parce que tous, tous auront un travail avec un vrai salaire. Tout ça, c'est l'objectif que nous nous fixons. Alors, quand j'entends le gouvernement dire, eh bien, ils vont être inscrits à France Travail et puis ils vont aller au travail.
Il va y avoir des formations.
Dans tact, mais alors, un vrai travail. Et si c'est une formation rémunérée comme un travail, c'est ce que nous demandons. Nous, c'est que la formation soit rémunérée comme une heure travaillée. Et c'est comme ça que toutes ces personnes vont retrouver leur place dans la société et leur dignité. Ce n'est pas le plan du gouvernement. Le plan du gouvernement, c'est un système coercitif, c'est-à-dire de sanctions. On vous convoque à une réunion à France Travail. D'abord, vous ne venez pas, vous êtes radiés et on va créer de la pauvreté. On ne va créer pas de la pauvreté. On va créer de la grande misère. J'en ai rencontré en permanence, dans mes permanences, dans le Nord.
Des personnes, puisqu'il y a une expérimentation dans le Nord comme ça. Fait partie des départements pilotes. Où on sucre le RSA après deux courriers sans réponse.
Une suspension, oui.
Résultat, les gens, ils viennent me voir en député, surendettés. Ils ne payent plus leur loyer, ils ne payent plus les factures. Et donc, ils se retrouvent dans des situations pires qu'avant. Et donc, on n'a réglé aucun problème.
Mais quand vous savez que 7 ans après leur inscription, 2 tiers des bénéficiaires du RSA restent bénéficiaires du RSA, comment vous, vous comptez les inciter à reprendre le travail ?
On incite en faisant du travail le projet au cœur de la société. Mais un travail, je ne sais pas comment vous le dire de plus, qui donne de la dignité, dont on est fier, qui permet de vivre, d'élever ses enfants, de sortir au restaurant, de partir en vacances. C'est redonner l'envie, c'est ça ? Un travail qui permet de vivre. Ce n'est pas un travail précaire. Ce n'est pas un travail qui nous permet de passer de la misère à la pauvreté. Ce n'est pas un travail précaire. Ce n'est pas un travail à temps partiel. C'est un travail qui permet de vivre. Et qui fait que quand on rentre chez soi le soir, les enfants vous regardent avec fierté.
Et vous, vous pouvez dire plein de fierté aussi ce que vous avez fait, ce que vous avez produit, que ce soit une voiture Tesla d'Elon Musk ou une Garcia Spring de Renault.
Tant qu'elle est produite en France.
Mais tant qu'elle est produite en France. Ou d'avoir participé dans un service public, que ce soit enseigner ou nettoyer les écoles. Il n'y a pas de sous-métiers. Tous ces métiers sont essentiels. Et ils doivent être rémunérés à la hauteur. Et c'est comme ça qu'on incite et qu'on donne envie. Je sais bien qu'il y en a qui sont tellement éloignés de l'emploi que ce sera difficile à faire. Eh bien, il y a des expériences fortes. Comme Territoire zéro chômeur. Avec ATD Carmont, des associations qui accompagnent ces personnes qui sont très éloignées de l'emploi. Je soutiens ces démarches-là. Elles vont dans le bon sens. Mais d'abord, d'abord, ouvrons des bureaux d'embauche. Réindustrialisons.
J'ai proposé pendant la campagne des présidentielles de faire un plan de pré-recrutement de 500 000 agents pour nos services publics dans la santé, dans les écoles, dans la sécurité. Enfin bon, il y a des gisements d'emplois à ouvrir un peu partout. Avec la crampe mentale qu'ils ont sur la dépense publique, ça c'est sûr qu'on n'aura jamais l'argent pour embaucher avec eux.
Mais avec nous, il y en aura. Roussel, secrétaire nationale du Parti communiste, invité de France Info, pendant quelques minutes encore. Il est 8h51. Le fil info, Sophie Echenne.
Elle devait sauver le système des retraites et le ramener à l'équilibre. D'ici 2030, la réforme ne suffira pas à éviter les déficits. C'est ce que révèle le rapport du COR, le Conseil d'orientation des retraites. Sur France 2 ce matin, Bruno Le Maire dit prendre ce rapport avec beaucoup de prudence, affirmant une nouvelle fois que la réforme des retraites était indispensable. L'État condamné à indemniser des parents dont les enfants ont enchaîné les bronchiolites et les otites à cause de la pollution. C'est une première. Ces familles habitaient alors près du périphérique parisien.
Selon la justice, l'État n'a pas engagé les mesures nécessaires pour empêcher les pics de pollution en Ile-de-France. Il n'y a plus aucun département en alerte orange ce matin. Hier, les intempéries ont fait de gros dégâts dans le chair avec des toits envolés, des arbres arrachés, des bâtiments inondés. Plus de peur que de mal, hier à Europa Park, grand parc d'attractions allemand près de la frontière française. 25 000 visiteurs environ ont dû être évacués à cause d'un incendie. Il n'y a pas eu de blessés. Le parc doit rouvrir ses portes aujourd'hui.
France Info. Le 8.30 France Info. Salia Brakia, Marc Fauvel. Fabien Roussel. Pardon ?
Tu peux y aller ?
Allez-y, vas-y.
Enfin, Salia, ne vous laissez pas couper la parole. Non, non, parfaitement. Vas-y.
Fabien Roussel, depuis un an, vous siégiez dans l'hémicycle de l'Assemblée avec 88 députés du Rassemblement National. Ça vous arrive de parler avec eux ?
Non. Jamais. Je suis quelqu'un de poli, de respectueux. Je salue quand on se croise. On ne prendra jamais à défaut sur la politesse. Mais en revanche, vous ne me verrez jamais boire un verre, faire des blagues, se prendre en selfie comme le font d'autres.
Vous n'échangez jamais sur le fond avec eux ?
D'abord, il y a un hémicycle où chacun défend ses arguments, ses propositions. Et donc, le débat, il a lieu devant nos concitoyens. Mais il y a de telles différences. Et nous avons une histoire, nous, le Parti communiste français, partie de la résistance, partie qui avons combattu l'extrême droite, le fascisme, la collaboration, etc. qui fait que nous sommes tellement aux antipodes que je ne vois pas ce que nous avons à nous dire. Et donc, je préfère, moi, mener un combat sur le fond, y compris sur les propositions économiques. J'en parle sans arrêt. Sur les salaires, par exemple, eux, ils disent qu'on peut augmenter les salaires en baissant les cotisations. Ils disent supprimer les charges.
C'est exactement le même discours que le MEDEF, le patronat. Ils disent supprimer les charges. Donc, ça veut dire la fin de la sécurité sociale. Voilà. Le Rassemblement national, c'est la fin de la sécurité sociale. Il faut être clair, il faut le dire. Donc, moi, je préfère débattre avec les Français sur les programmes des uns et des autres, défendre le mien d'abord. Et puis ensuite, quand on m'interroge sur leur programme, je dis ce qu'il y a dedans.
Mais pour vous, il n'y a pas de banalisation, il n'y a pas de normalisation ?
Le RN reste un parti à part ? Pour ma part, pour notre part, nous avons ce comportement-là, c'est-à-dire poli et républicain. Mais je n'aurai jamais, moi, d'affinité, de complicité. Voilà, je n'y arrive pas. C'est tout. Ce n'est pas possible.
Quatre Français sur dix ont au moins voté une fois pour le Rassemblement national. C'est le résultat d'une enquête publiée par le JDD. Est-ce que la gauche est aussi responsable de la montée du RN ?
Moi, je veux... On doit tous faire son introspection. Mais je vais vous le dire différemment. Mon problème, notre problème, ce n'est pas tant la montée du Rassemblement national. Mon problème, c'est d'abord le chômage, la pauvreté qui grandit, des gens en colère contre les services publics qui ne fonctionnent pas. Donc, il faut d'abord... Oui, mais ce que je veux dire par là... Plusieurs passions de gauche sont passées entre les mains du RN, notamment dans le Nord. Si je veux bien prendre notre part de responsabilité, encore, la gauche, ce n'est pas tout nous, quand même. On ne peut pas dire qu'on s'est beaucoup affaibli et qu'on représente la gauche.
Mais peut-être que la gauche, quand elle a été au pouvoir, a abandonné le monde ouvrier, le monde du travail, n'a pas répondu à ces questions liées à l'emploi, au service public, la dignité au travail, etc. Et du coup, il y a une partie du monde du travail qui s'est sentie abandonnée. Je dis la même chose de la ruralité. Et je l'ai dit pendant ma campagne des élections présidentielles. Et c'est pour ça que je vais beaucoup faire de rencontres publiques dans des petites communes, pour parler à la ruralité. On me dit là-bas, mais pourquoi la gauche nous abandonne ? Alors, je leur dis, bon, je suis là, donc vous avez un interlocuteur.
Et c'est ça qui fait monter, pour certains, c'est pas tout le monde, mais certains disent, bon, abandonné par la gauche, on se tourne vers l'extrême droite. Et c'est pour ça qu'il y a un vrai défi pour la gauche de coller aux préoccupations des gens, du monde du travail, de la ruralité, de parler de la France.
Sur la sécurité aussi, par exemple.
Par exemple, de parler de la France et de ce qui fait la fierté des Français. Sur la sécurité aussi, Fabien Roussel. Quand je parle de gastronomie, quand je parle de nos traditions, je veux porter ça aussi, parce que c'est la fierté de notre pays. La sécurité est un sujet qui est très présent dans notre pays. On ne peut pas dire que ce n'est pas un sujet que la gauche doit traiter. C'est archi faux. D'ailleurs, je salue mes camarades communistes, Jérémy Baki, sénateur de Marseille, qui organise un rassemblement contre les trafics, les violences, ces meurtres qui ont lieu toutes les semaines.
Nous prenons ce sujet à bras-le-corps parce que nous voulons apporter une réponse de gauche et progressiste à des sujets, à des préoccupations de nos concitoyens, comme la sécurité. Et d'ailleurs, vous voyez, encore hier soir, j'ai croisé un policier qui est venu me voir, qui m'a salué. Il me dit, je suis de droite, mais je vous aime bien parce que vous, vous nous défendez. Mais bon, je lui ai dit, j'aimerais bien que vous m'aimiez bien et que vous votiez à gauche maintenant. Mais je souhaite aussi parler à tout cela.
Un dernier mot dans un registre léger. Une vidéo d'Emmanuel Macron buvant une bière cul sec dans les vestiaires du Stade Toulousain après la victoire le week-end dernier en top 14 a fait le tour des réseaux sociaux. Votre collègue de la NUP, Sandrine Rousseau, dénonce une masculinité toxique dans le leadership politique. Ça me fait rire. Vous en dites quoi ? Et est-ce qu'il vous arrive de boire des bières cul sec ou autre chose ?
Ben oui. D'ailleurs, je n'aurais pas bu une Corona parce que je trouve que ce n'est pas... C'est marqué Chirac ? Non, pas du tout. Je ne fais pas une... Non, c'est une question de goût. Je préfère les bières de gare. Pourquoi ça vous a fait marrer ?
Pourquoi ça vous a fait marrer ? La masculinité toxique ?
Ben parce que je ne sais pas où Sandrine Rousseau va chercher ses mots. Mais en tout cas, partager un moment de bonheur et de liesse avec une équipe qui a fait un beau match collectivement et boire une bière avec eux c'est la France. Et moi, ça ne me dérange pas. Au contraire. Enfin, je veux dire, il n'y a rien de choquant là-dedans.
On a trouvé un point d'accord entre Fabien Roussel et Emmanuel Macron sur la bière cul sec.
Et certainement que peut-être que dans un match d'une équipe féminine, la même chose pourrait se faire. Je ne vois pas pourquoi, en plus, on dit que c'est que les hommes. Nous qui sommes du Nord, on sait que la bière, elle peut être partagée. Le plaisir d'une bonne bière peut être partagé aussi par les femmes. Il faut boire l'alcool avec modération. Il faut savoir l'apprécier. Et on peut être fier de nos productions en France, locales. Et je les défendrai, moi en tout cas, toujours.
Fabien Roussel, député du Nord, secrétaire national du Parti communiste, était l'invité de France Info. Merci et bonne journée à vous. Merci.
Merci. Merci.
Fabien Roussel