"Le Journal Inattendu" de Bruno Le Maire | intégrale
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 66 %Attaque 22 %Défensif 12 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:52OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est difficile de revenir à une vie normale loin de l'appareil de l'État ?
- 5:59OuverteRéponse directe
La réticence des élus à s'engager est-elle compréhensible ?
- 11:15OuverteRéponse directe
Quelle est la marge de manœuvre d'un gouvernement face à la hausse des prix à la pompe ?
- 15:52OuverteRéponse directe
L'Europe peut-elle devenir indépendante en semi-conducteurs ?
- 21:28OuverteRéponse directe
Comment expliquez-vous les 1000 milliards de dette supplémentaire ?
- 24:00RelanceRéponse directe
Pourquoi ne pas être parti après la dissolution de 2024 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:21Invité politiqueFait
« Dans une entreprise comme ASML, on ne parle pas beaucoup, mais on décide rapidement et très souvent. »
- 6:17Invité politiquePromesse
« J'espère bien que la loi qui a été votée en 2024, qui prévoit que les peines en cas d'agression contre un élu soient de même nature qu'en cas d'agression contre des forces de l'ordre, que cette loi soit très rigoureusement et très rapidement appliquée. »
- 6:53Invité politiqueFait
« J'ai vu le rapporteur LFI, la rapporteur LFI de la commission, qui a commencé à citer des noms, les donnant en tâture au public. »
- 7:10Invité politiqueFait
« vous verrez, monsieur le maire, que nous sommes effectivement des coupeurs de tête. »
- 10:08Invité politiqueFait
« Par ajouter de la violence à la violence, il y a une violence légitime dans l'État. Ça s'appelle la force du droit. »
- 11:42Invité politiqueFait
« J'avais à l'époque demandé à Total de plafonner les prix à la pompe. Il l'avait fait. Total continue de le faire. »
- 18:03Invité politiqueFait
« La première, c'est coopérer à 6 et pas à 27. Vous n'y arriverez pas à 27, c'est une idée que je défends depuis des mois. »
- 19:25Invité politiqueChiffre
« Nous, nous estimons chez ASML que pour rattraper notre retard sur les semi-conducteurs, il faut environ à l'échelle européenne 100 milliards d'euros d'investissement par an. 1000 milliards sur 10 ans. »
- 22:16Invité politiqueChiffre
« On a pris 250 milliards d'euros de dette supplémentaire depuis 2 ans. Sans crise du Covid, sans crise inflationniste aussi forte que celle que nous avons connue. »
- 22:45Invité politiqueChiffre
« Plus 20 points de dette par rapport à notre richesse nationale sous François Mitterrand. Ni Covid, ni crise inflationniste. Plus 30 points de dette par rapport à notre richesse nationale sous Nicolas Sarkozy, à cause de la crise financière. Et plus 15 points sous Emmanuel Macron, alors que nous avons eu une crise majeure, le Covid, une crise inflationniste et la guerre en Ukraine. »
- 23:23Invité politiqueFait
« Parce que nos dépenses de santé et nos dépenses de retraite ont explosé. »
- 27:15Invité politiqueFait
« je plaide pour cela, je l'ai écrit, je l'ai dit, je le répète, l'Union Européenne doit prendre son indépendance politique par rapport aux États-Unis. »
- 32:40Invité politiqueFait
« vous avez encore des centaines de milliers de gosses qui sont maltraités, mal accompagnés et auxquels nous apportons des réponses qui sont insatisfaisantes. »
- 34:23Locuteur 4Chiffre
« Sur 400 000 enfants, seulement 10% ont un suivi de santé. »
- 36:16Invité politiqueChiffre
« une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint »
- 36:47Invité politiqueFait
« J'agis pour ouvrir les portes et pour accélérer les procédures »
- 37:11Invité politiqueFait
« Pour construire par exemple le centre de santé du 12e, qui est une réalisation absolument incroyable dans des délais très brefs »
- 40:57PrésentateurFait
« « Il faut en finir avec la monarchie, il faut déposer le monarque républicain. Le président de la République ne peut plus être un souverain de droit divin. » »
- 41:10Invité politiqueFait
« Oui, mais c'est ce que je crois profondément. »
- 41:59Invité politiquePromesse
« Donc je propose une réorganisation totale des pouvoirs publics français avec des chaînes de commandement claires, des responsables clairs et des responsabilités individuelles qui sont mieux définies. »
- 42:11Invité politiqueFait
« La responsabilité du président de la République, c'est protéger, rassembler les Français. Rien de plus. »
- 42:37Invité politiquePromesse
« Il faut un nombre restreint de ministres dont le nom doit être défini par la Constitution, 10 ou 15 au maximum. »
- 43:17Invité politiquePromesse
« Ma proposition, c'est 50% de temps de contrôle, 50% de temps législatif pour qu'on ait l'assurance justement que les décisions sont exécutées, que les budgets sont exécutés, que les économies sont respectées. »
- 43:30Invité politiquePromesse
« Et puis je plaide évidemment pour que nous ayons une autonomie beaucoup plus grande, à la fois fiscale et normative des collectivités locales. »
- 46:11Invité politiqueFait
« C'est, d'abord, une photographie du moment historique où nous sommes dans un moment de bascule géopolitique, comme je n'en ai pas connu, en 30 années de vie politique. »
- 46:37Invité politiqueFait
« Ce que ma conviction absolue, c'est que s'il y a un pays en Europe qui a tous les atouts pour réussir dans un XXIe siècle technologique, de l'IA, de la science, de la raison, de la recherche, c'est la France. »
- 49:59Invité politiqueFait
« Dans ce pays, le référendum est totalement banalisé. S'il y a 50 000 citoyens qui veulent changer une loi, ils peuvent le faire. »
- 53:21Invité politiqueFait
« Le plus fier c'est d'avoir sauvé l'aide d'urgence accordée par l'Union Européenne aux plus démunis. »
Temps de parole
- Bruno Le Maire50 %
- Présentateur32 %
- Locuteur 46 %
- Locuteur 104 %
≈ 1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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13h30
Le journal inattendu de Bruno Le Maire avec Stéphane Boutsock sur RTL
Bonjour à toutes et à tous, merci d'être une nouvelle fois fidèle à notre rendez-vous du samedi. Notre invité du jour connaît les rouages de l'Etat et de la République depuis près de 30 ans. Il a travaillé aux côtés des présidents Chirac, Sarkozy, il est resté durant 7 ans le ministre de l'économie et des finances d'Emmanuel Macron. C'est un record, c'est aujourd'hui un homme libre de ses actes comme de sa parole. Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Stéphane Boutsock. Soyez le bienvenu. Vous publiez aux éditions Gallimard le temps d'une décision, livre passionnant qui est à la fois le récit de vos souvenirs de ministre.
Alors on y croise Donald Trump, Vladimir Poutine, Elon Musk et d'autres grands de ce monde. Mais c'est aussi un ouvrage personnel et puis une suite de propositions qui n'arrivent sans doute pas par hasard. On est à un an de la présidentielle. On va largement en parler pendant une heure. On reviendra aussi sur votre parcours grâce aux archives RTL. À 13h, vous l'avez souhaité. Vous dialogerez avec votre invitée, la professeure Céline Greco de l'hôpital Necker Enfant Malade de Paris, présidente de l'association Impact qui accompagne l'épanouissement des petits et des ados confiés à la protection de l'enfance.
Nous écouterons aussi les musiques de votre vie et d'ailleurs, comme de coutume, c'est moi qui ai choisi la première chanson de l'émission. Ça aussi, c'est un sujet dont on va parler, Bruno Le Maire. L'argent, l'argent, l'argent chanté par le groupe ABBA en 1976. Il en est beaucoup question aussi dans votre livre, notamment de cette réputation de monsieur 1000 milliards de dettes sur laquelle vous revenez à plusieurs reprises. On l'évoquera. Mais d'abord, question simple. Vous n'êtes plus ministre. Vous travaillez depuis janvier 2025 pour l'industrie du semi-conducteur.
Est-ce que c'est difficile, Bruno Le Maire, de revenir à une vie, je dirais, normale, loin de l'appareil et de l'apparat de l'État ?
Non, je dirais que c'est surtout enthousiasmant. Et je dirais que c'est un vrai défi. Parce que ce n'est pas le même mode de fonctionnement. C'est plus rapide. L'entreprise ASML fait de semi-conducteurs. C'est une des plus grandes entreprises de technologie en Europe. Elle a, dans des technologies très particulières, un niveau de qualité mondial. Et donc, on décide. On exécute la décision rapidement. Le temps est compté. L'argent dont vous venez de parler est absolument décisif. Je trouve que c'est plein de leçons pour le monde politique qui se perd trop souvent dans des querelles, des chicaillats, qui parlent beaucoup et qui décident très peu.
Dans une entreprise comme ASML, on ne parle pas beaucoup, mais on décide rapidement et très souvent.
La question était aussi, ça ne vous manque pas du tout pour l'instant. Je dis bien pour l'instant. On ne sait jamais. Ne préjugeons pas d'une suite possible l'État, les ministères, les conseillers des ministres, vos collègues, les décisions.
Mais c'est une prison. C'est une prison ? C'est une prison, cette vie. Donc ça fait du bien pendant deux ans de reprendre sa liberté. On verra combien de temps ça dure, mais c'est une prison. La voiture, l'entourage, l'agenda qui est très tenu, l'obligation de sauter d'un rendez-vous à un autre, tout ça devient très vite une prison. Et ce que vous retrouvez de plus formidable quand vous revenez à une vie normale, c'est cette liberté de parler avec les gens. Les gens ne vous parlent pas de la même façon. Vous avez beau être le plus simple possible, le plus direct possible, quand vous êtes ministre, ils ne vous parlent pas de la même façon.
Quand vous ne l'êtes plus, ils vous disent les choses beaucoup plus franchement, la discussion est plus fluide. Et vous avez ce qui est le plus précieux au monde, vous avez du temps pour échanger.
C'est le journal inattendu de Bruno Le Maire jusqu'à 13h30 sur RTL. Ça commence par vos infos de ce samedi 9 mai 2026. On commence par la météo, ça c'est avec vous Valérie Quintin, bonjour.
Bonjour Stéphane.
Ça nous plaisait bien ce temps quasi estival, il va apparemment vite falloir oublier tout ça.
Pas avant demain pour la plupart, mais le nord-ouest passera à côté de cette parenthèse ensoleillée aujourd'hui, avec un ciel chargé du Cotentin à la Loire-Atlantique via la Bretagne. Les averses souvent orageuses gagneront même l'ouest de l'île de France, mais en soirée seulement. Sinon pour tous, du soleil, quelques averses en montagne dans l'est et puis des orages parfois copieux sont attendus dans les Pyrénées ce soir. Ils déborderont probablement en pleine vers le sud de l'Aquitaine la nuit prochaine. Restent les températures, tout va bien.
20 degrés à Morlaix aujourd'hui, 22 à Toulon, 23 à Aubernay, 24 degrés pour Belfort et Limoges, 25 à Paris, à Arcachon, à Poitiers et 26 degrés à Carpentras.
Merci Valérie. Nous partons dans le nord avec une nouvelle illustration des violences dont sont victimes les élus. Steve Banche, c'est le maire sans étiquette nouvellement élu à Oisier. Dans le nord donc, il a été violemment agressé hier par un de ses administrés en marge des commémorations du 8 mai 45. Bonjour Romaric Caillé. Bonjour. Vous êtes sur place pour RTL.
Oui, interpellé à plusieurs reprises par un habitant, Steve Banche a décidé d'aller lui parler hier lors des commémorations du 8 mai. Mais le ton est très vite monté. L'élu me raconte ce matin avec son épaule sous attelle le visage tuméfié.
En fait, on discutait à deux, on discutait ici, là, juste ici. Il m'a mis une gifle, j'ai trébuché, il m'a tiré le bras en même temps et là, à partir de là, pour moi, c'était déjà terminé. Mes lunettes étaient tombées, mon épaule était déboîtée, donc ça s'est passé vraiment en 15 secondes et je n'ai vraiment pas eu le temps. Il n'y a rien de présager qu'il allait passer à l'acte. Je sentais que c'était des paroles menaçantes pour dire « je veux, j'aurai », surtout qu'il me tutoyait, il m'a appelé par mon prénom.
L'habitant se voit refuser depuis plusieurs années un logement social. Hospitalisé, le maire aurait pu avoir 15 jours d'ITT, mais il refuse. La violence ne doit jamais gagner, selon lui.
C'est des moments qu'on ne devrait pas vivre. Avec notre opposition, on essaie d'avoir des relations apaisées, etc. Donc voilà, il n'y a rien qui peut justifier aujourd'hui un tel déchaînement de violence.
Le maire a porté plainte. L'adresseur a lui été arrêté quelques minutes après les faits.
Romaric Cahier, correspondant de RTL dans le Nord. Bruno Le Maire, cette histoire s'ajoute à de nombreux autres. On en parle souvent sur RTL. Vous qui avez été conseiller régional et député en Normandie, on peut comprendre aujourd'hui la réticence de plus en plus forte des élus de s'engager ou de se réengager ?
Je la comprends, parce que ce que nous venons d'apprendre, qui s'ajoute à d'autres faits, est absolument révoltant. J'espère bien que la loi qui a été votée en 2024, qui prévoit que les peines en cas d'agression contre un élu soient de même nature qu'en cas d'agression contre des forces de l'ordre, que cette loi soit très rigoureusement et très rapidement appliquée, notamment pour le cas de ce maire qui était agressé. Tout cela est totalement bouleversant. Mais ça s'ajoute de manière plus globale à un climat de violence verbale, que j'ai toujours dénoncé, comme beaucoup d'autres, dont les extrêmes se sont fait une spécialité et qui m'inquiète profondément.
Je vais vous donner un exemple, j'étais en commission des affaires économiques pour une audition il y a quelques jours. J'ai vu le rapporteur LFI, la rapporteur LFI de la commission, qui a commencé à citer des noms, les donnant en tâture au public. J'ai dénoncé cette pratique qui est une pratique de coupeur de tête. Et à la fin de la commission, un député LFI est venu me voir et m'a dit les yeux dans les yeux, vous verrez, monsieur le maire, que nous sommes effectivement des coupeurs de tête.
Et venant d'un parti qui s'est amusé à jouer au ballon de foot, avec sur le ballon la tête du président de l'Assemblée nationale, qui multiplie les agressions verbales, qui multiplie les agressions antisémites, ça me préoccupe profondément. Mon livre parle beaucoup d'histoire. N'oublions pas que dans toutes les périodes de l'histoire de France, qui précédaient des grandes transitions, des grands bouleversements, comme ceux que nous connaissons aujourd'hui, bouleversements technologiques, bouleversements climatiques, bouleversements géopolitiques, il y a des moments de fièvre. Et d'affrontements très violents entre les Français. C'est 1793.
C'est la commune de 1871, parfaitement racontée par Michel Vinocq dans son dernier livre. C'est les années 30. Nous sommes dans un de ces moments de fièvre hexagonale, où les Français se montent les uns contre les autres, parce qu'on joue avec les mots. Et quand on commence à jouer avec les mots, et à menacer verbalement, immédiatement la dérive devient physique, c'est ce qu'on vient de connaître.
Deux rassemblements sous haute tension cet après-midi à Paris, à quelques centaines de mètres l'un de l'autre. Le comité du 9 mai, collectif d'ultra-droite, partira du Palais-Royal à 15h, précédé à 14h, place Saint-Michel, par des militants antifascistes. Deux manifestations interdites par la préfecture de police. Bonjour Léna Ménager. Bonjour. C'est la première fois depuis 2008 que ce rendez-vous d'ultra-droite est interdit.
Oui, à l'époque déjà, le préfet de police redoutait des affrontements entre l'extrême-gauche et l'extrême-droite. Tous les ans, depuis 1994, les membres du comité du 9 mai ont pris l'habitude de défiler, visage cagoulé au cœur de Paris. Un hommage à l'un des leurs, Sébastien Desyeux, tombé d'un immeuble alors qu'il tentait d'échapper aux forces de l'ordre. L'an dernier, plusieurs saluts néo-nazis ont été observés. Trois mois après la mort d'un autre militant d'ultra-droite, Quentin de Ranque, Les autorités ont donc toutes les raisons de redouter des tensions cet après-midi. Il y avait d'ailleurs participé au défilé l'an dernier. Sa famille refuse qu'il y soit associé cette année.
Mais Jean-Eude Gana, le porte-parole du comité du 9 mai a prévenu. Malgré l'interdiction de nombreux militants, ont fait le déplacement jusqu'à Paris exprès pour ce week-end. L'an dernier, ils étaient un millier à y participer. Ça fait aussi partie de la violence que nous faisons, qui infuse.
Bien sûr, la violence de l'extrême-droite n'a rien à envier à celle de l'extrême-gauche. Toutes ces violences sont condamnables. Ce que j'espère, c'est que l'interdiction sera une interdiction de fait. Parce que ce qui traumatise le plus l'immense majorité de nos concitoyens, qui veulent simplement la paix, qui veulent simplement la concorde, c'est que la parole du droit et la parole de l'État ne soient pas traduites en actes. Si une manifestation est interdite, et si des mots veulent dire quelque chose, alors les forces de l'ordre doivent faire en sorte que cette manifestation n'ait pas lieu.
Le pire de tout, c'est quand vous avez une décision administrative, que vous dites que c'est interdit, et puis malgré tout, ça se déroule sous vos yeux.
Quitte à rajouter de la violence à la violence ?
Par ajouter de la violence à la violence, il y a une violence légitime dans l'État. Ça s'appelle la force du droit. Et le rôle de l'État, c'est de faire appliquer et respecter le droit. Et je pense que depuis des années, malheureusement, à force de lâcheté, à force d'abandon, on a des paroles qui sont toutes aussi fermes les unes que les autres, mais des décisions et des actes qui ne le sont pas. Et c'est ça qui nourrit les extrêmes. Si une manifestation est interdite, et que les mots ont un sens, la manifestation ne doit pas avoir lieu. Et c'est le rôle de l'État de le garantir.
Attention aussi au Parti Socialiste. Boris Vallaud, le patron des députés PS, à l'Assemblée, a décidé de quitter la direction du parti dénonçant les méthodes du premier secrétaire, Olivier Faure, qui, selon lui, ne donne plus aucune place au dialogue. Un vendredi, marqué à l'étranger par des affrontements dans le golfe d'Hormuz, entre l'Iran et les États-Unis hier. Situation plutôt calme. Ce midi, les Américains disent attendre. Dans la journée, un courrier qui semble tarder venu de Téhéran. Courrier qui détaillerait les propositions iraniennes pour une sortie du conflit. Alors, parmi les enjeux de cette guerre, le fameux détroit d'Hormuz et l'approvisionnement de l'Occident en carburant.
Bruno Le Maire, je reviens à nouveau vers vous. Celles et ceux qui nous écoutent voient leur facture à la pompe augmenter depuis des semaines. Quelle est la marge de manœuvre d'un gouvernement, quel qu'il soit ? On a entendu et on a vu que des pressions sur un groupe pétrolier comme Total fonctionnaient avec un plafonnement du prix. Mais jusqu'où peut aller un gouvernement ? Si ce n'est à baisser les fameuses taxes dont certains parlent.
J'avais à l'époque demandé à Total de plafonner les prix à la pompe. Il l'avait fait. Total continue de le faire. Je pense que c'est une bonne décision. Une décision qui va évidemment dans le bon sens. Mais au-delà de ces décisions, les marges de manœuvre, on le sait tous, elles sont extrêmement réduites. Donc le rôle de l'État, c'est surtout d'anticiper et de préparer. Lorsqu'on y reviendra certainement, je me suis battu tous les jours pour qu'on sorte des dispositifs d'urgence qui avaient été mis en place de manière nécessaire, de manière légitime pour faire face au Covid, tout le monde me disait non, il faut les maintenir. Et mon argument était très simple.
Non, il faut les retirer pour qu'on puisse avoir demain des marges de manœuvre s'il y a une nouvelle crise. Nous y sommes. Et le deuxième rôle de l'État, c'est évidemment de préparer le long terme. Et tout ce qui est fait aujourd'hui pour décarboner notre économie, pour devenir indépendant de la production de pétrole et de gaz, puisque nous ne produisons ni pétrole ni gaz, ira dans le bon sens. L'électrification à marche accélérée de la France, c'est ça la bonne stratégie de long terme.
12h42 sur RTL à Moscou, le traditionnel défilé du 9 mai sur la Place Rouge qui commémoire la victoire de l'URSS sur l'Allemagne en 1945, le tout sur fond de trêve avec l'Ukraine. Sophie Jousselin, bonjour. Bonjour. Le défilé, comment on dira, a été plus modeste que d'habitude.
Oui, un défilé d'à peine 45 minutes contre 1h10 l'année dernière, une parade avec uniquement des troupes à pied, pas de blindés, pas de véhicules lance-missiles, symbole de la puissance de l'armée russe, pas non plus de chef d'État étranger de premier plan et un discours de Vladimir Poutine d'à peine 8 minutes en comptant la minute de silence. A la tribune, le maître du Kremlin a salué les soldats russes qui se battent en Ukraine.
Ils affrontent une force agressive qui est armée et soutenue par l'ensemble du bloc de l'OTAN. Et malgré cela, nos héros vont de l'avant et je suis fermement convaincu que notre cause est juste. Nous sommes ensemble. La victoire a toujours été et sera toujours à nous.
Ce défilé minimaliste était la conséquence des menaces d'attaque de drones ukrainiens sur la place rouge, menace que Kiev avait laissé planer et qu'a dissipé l'annonce du cessez-le-feu hier soir. Une trêve de trois jours acceptée par Kiev et Moscou à la demande de Donald Trump et que Volodymyr Zelensky a annoncé dans un décret sarcastique. Le président ukrainien écrit « Autoriser la tenue du défilé sur la place rouge ». Il donne même les coordonnées GPS à son armée pour qu'elle ne cible pas la parade. Ce cessez-le-feu est également assorti d'un échange de 1000 prisonniers dans chaque camp.
Sophie Jousselin du service international de RTL. Le président Macron a Alexandrie en Égypte ce samedi pour inaugurer une université de la francophonie. Le chef de l'État enchaînera demain avec une visite au Kenya pour un sommet France-Afrique en début de semaine. Le sport pour terminer. Les joies, les peines d'une saison de football qui se termine. En Ligue 1, 33ème journée après sa défaite hier soir 1-0 à Lens. Le FC Nantes est relégué en Ligue 2. Les Lançois, quant à eux, grâce à ce succès, sont assurés de jouer la Ligue des Champions la saison prochaine. Les autres rencontres auront lieu demain. En Ligue 2, 34ème et dernière journée ce samedi.
Le Red Star Saint-Etienne et Le Mans peuvent rejoindre 3 parmi l'élite la saison prochaine. On refait le match passionnant à suivre. 19h-21h ce soir sur RTL avec Philippe Sanfourche. Et puis un mot de rugby féminin, 4ème rencontre du tournoi des 6 nations. Les Bleus jouent en Écosse à 17h15. Pour l'instant, 12h45 sur RTL. On va prolonger ce journal avec vous, Bono Le Maire. Le reportage que vous avez demandé à la rédaction de RTL, il vous concerne directement. On en a parlé pendant le journal. Dans votre livre, page 94, vous dites Depuis janvier 2025, je travaille pour l'entreprise ASML. C'est un groupe qui est basé aux Pays-Bas, spécialisé dans l'industrie des semi-conducteurs.
Semi-conducteurs, justement, derrière ce nom peut-être un petit peu opaque pour nos auditeurs, se cachent ces petites puces électroniques présentes quasiment partout dans nos voitures, dans nos téléphones, mais aussi dans nos usines. Des semi-conducteurs également utilisés pour développer l'intelligence artificielle. Bref, des composants absolument stratégiques. Et c'est tout le problème. Bono Le Maire, vous nous avez posé la question. L'Europe peut-elle devenir indépendante dans ce domaine ? Bonjour Mathilde Piquet.
Bonjour Stéphane, bonjour à tous.
Vous êtes journaliste au service économie de RTL. C'est le sujet de la dépendance aux semi-conducteurs. Et ça ne date pas d'hier.
Oui, souvenez-vous, c'était en 2021, en pleine pandémie de coronavirus. Les chaînes d'approvisionnement sont à l'arrêt. Résultat, l'Europe n'arrive plus à se fournir en semi-conducteurs quasi exclusivement fabriqués en Asie. Et les conséquences chez nous sont très concrètes, comme vous l'expliquait alors RTL.
RTL matin.
Ce sont déjà plus d'un million de voitures qui ne sont plus sorties des usines. La Peugeot 308 à Sochaux est au point mort depuis un mois. Impossible de travailler dans les usines d'assemblage puisque l'électronique fait défaut. Depuis, l'Union européenne a voté un règlement sur les semi-conducteurs avec un objectif ambitieux. D'ici 2030, produire 20% de ses composants au niveau mondial, c'est deux fois plus qu'aujourd'hui. Mais ce plan, baptisé CHIPS Act, a une lacune majeure selon Mathieu Duchâtel, directeur des études internationales à l'Institut Montaigne. Seuls les pays européens qui en ont les moyens peuvent investir dans les semi-conducteurs.
Le deuxième volet du CHIPS Act a autorisé les états à faire de la subvention pour des projets industriels semi-conducteurs. Seuls les états avec suffisamment de budget soutiendront leur industrie et donc ils auraient un vide industriel ailleurs.
Alors des champions européens ont bien émergé. ST Microelectronics avec une usine près de Grenoble ou encore le néerlandais ASML. Pour Guillaume Dejean, expert chez Allianz Trade, il y a désormais besoin de simplification.
On parle de 18 mois pour débloquer des subventions. Beaucoup de choses craignent du temps. Les permis de construire, les subventions, c'est du temps qu'on ne passe pas à pouvoir produire.
Fin mai, l'Union Européenne annoncera la révision de son règlement sur les semi-conducteurs. Alors une question pour votre invité Stéphane. Quelle est selon lui la priorité pour ce nouveau texte ?
Question pour vous, donc Bruno Le Maire. Je rappelle à quel point c'est stratégique. Que ces composants, ils sont partout, ils sont dans vos micros, ils sont dans vos iPhones, ils sont dans vos portables, ils sont dans l'ordinateur qui est sous mes yeux, il est dans les satellites qui nous surplombent. Rien ne marche sans les semi-conducteurs. Et ça, chacun doit l'avoir en tête. Ensuite, je dirais quatre priorités très rapides. La première, c'est coopérer à 6 et pas à 27. Vous n'y arriverez pas à 27, c'est une idée que je défends depuis des mois. C'est la seule façon d'aller vite, c'est la seule façon de simplifier. Il faut qu'un certain nombre d'États se mettent ensemble.
Nous nous battons pour cela avec ASML et ça me paraît absolument décisif, sans quoi nous serons trop lents. Le deuxième point, c'est de comprendre qu'il faut innover avant de réguler. L'Union Européenne fait les choses dans le mauvais sens. Elle régule avant d'innover. Vous voyez dans quoi elle régule les innovations étrangères ? Au lieu d'innover sur ses propres innovations et sur ses propres technologies, il faut renverser les choses.
Et on n'est pas trop en retard pour parler d'innovation ?
Non, on n'est jamais trop en retard. Je pense que nous avons tout pour que ça marche, des scientifiques, des laboratoires, des usines. Simplement, on ne met pas les choses dans le bon ordre et on fait comme priorité la régulation, là où l'innovation, le risque, la capacité de forcer les portes de l'avenir devraient devenir notre priorité. Troisième élément clé, c'est utiliser les instruments qu'utilisent les Chinois et les Américains, c'est-à-dire la commande publique, la préférence européenne.
Les jours où vous direz, vous ne pouvez plus vendre un iPhone en Europe, si dedans il n'y a pas 30% de semi-conducteurs européens produits en Europe, là je peux vous dire que tout d'un coup, l'industrie du semi-conducteur, elle va exploser, parce qu'il y aura un marché et parce qu'il y aura des commandes. Enfin, dernier point, vous avez parlé du financement, ça revient à votre première chanson au Dabat que j'aime beaucoup, « L'argent est le nerf de la guerre ». Nous, nous estimons chez ASML que pour rattraper notre retard sur les semi-conducteurs, il faut environ à l'échelle européenne 100 milliards d'euros d'investissement par an. 1000 milliards sur 10 ans.
Ça n'est pas à la hauteur des États européens qui sont aujourd'hui en difficulté budgétaire. Les solutions, c'est quoi ? C'est d'avoir cette obligation de contenu européen dans les produits, et en deuxième lieu, c'est d'être capable de faire de la dette européenne pour notre avenir. Lorsque j'étais ministre des Finances, nous avons fait de la dette européenne pour nous protéger, pour défendre nos atouts passés, nos industries, nos salariés, nos laboratoires, nos restaurants, nos hôtels. Très bien, on peut peut-être lever de la dette en Europe pour construire notre avenir.
Donc je plaide à nouveau avec beaucoup de force pour qu'il y ait un emprunt européen qui financera l'innovation, la technologie et donc notre indépendance de demain.
La dette, on va en reparler dans un instant Bruno Le Maire. 12h50 sur RTL, il y avait un peu de musique aussi, puisque je vous ai demandé, comme chacun de nos invités de choisir.
Avec Stéphane Boutsoc sur RTL.
Sur RTL. Le temps d'une décision, c'est le titre du livre que vous publiez chez Gallimard, Bruno Le Maire. Ouvrage passionnant, souvent intime, parfois drôle ou souriant. On va le parcourir ensemble. Alors, il commence par une scène qui se passe à Chamonix. Nous sommes le 6 juillet 2025. Vous êtes là avec un de vos fils et quelques membres de votre entourage. Vous prenez un café, vous vous levez, vous allez saluer quelques personnes attablées. Et là, il y a un homme qui refuse de vous serrer la main et qui vous dit, on n'a pas envie de vous voir, vous avez ruiné nos enfants, la dette, ça vous dit quelque chose ? Question.
Alors, c'est évidemment cette question des 1000 milliards d'euros de dette supplémentaire des deux quinquennats Macron, durant lesquels, on le rappelle, vous avez été ministre de l'économie et des finances pendant 7 ans. Cette question, elle va revenir plus loin dans le livre. On comprend que c'est une blessure, une injustice pour vous, mais est-ce que vous comprenez aussi, vous, que les gens vous la posent en vous disant qu'avez-vous fait ou que n'avez-vous pas fait ?
Bien sûr. La démocratie, c'est rendre des comptes. Donc, quand on a été 7 ans ministre de l'économie, il faut rendre des comptes. Mais ce qui importe pour moi, c'est qu'on pose bien le problème et qu'au lieu de faire une chasse à l'homme, on fasse une chasse à la dette. Parce que si véritablement le problème de la dette, c'était le problème de Bruno Le Maire, il aurait suffi que je parte du ministère des Finances pour que les choses aillent beaucoup mieux. Or, depuis 2 ans que je suis parti, elles n'ont cessé de se dégrader. On a pris 250 milliards d'euros de dette supplémentaire depuis 2 ans. Sans crise du Covid, sans crise inflationniste aussi forte que celle que nous avons connue.
Donc, c'est bien qu'on a un problème de système et pas un problème de personne. Et comme moi, ce qui compte le plus à mes yeux, c'est qu'on règle les problèmes des Français, c'est qu'on règle les problèmes de la France. Je dis, sortons des débats de personnes qui sont inutiles et regardons pourquoi, depuis 40 ans, notre dette n'a cessé de progresser. Je vous donne 3 chiffres, 20, 30, 15. Plus 20 points de dette par rapport à notre richesse nationale sous François Mitterrand. Ni Covid, ni crise inflationniste. Plus 30 points de dette par rapport à notre richesse nationale sous Nicolas Sarkozy, à cause de la crise financière.
Et plus 15 points sous Emmanuel Macron, alors que nous avons eu une crise majeure, le Covid, une crise inflationniste et la guerre en Ukraine. C'est bien la preuve qu'à mon sens, nous avons fait ce qui était nécessaire. Je regrette simplement que nous ne soyons pas sortis plus vite des dispositifs d'urgence. Maintenant, comment est-ce qu'on règle le problème de la dette ? Il ne faut pas mentir aux Français. La première question, c'est de se demander pourquoi, depuis 40 ans, l'a autant augmenté ? Parce que nos dépenses de santé et nos dépenses de retraite ont explosé.
Donc, tous ceux qui vous disent, tous ces hommes politiques, hypocrites, qui n'assument pas que pour régler le problème de la dette, il faut revoir notre modèle social, et il faut une nouvelle réforme des retraites, sont tout simplement des menteurs. Et il y en a malheureusement beaucoup dans la classe politique. Moi, je revendique de dire à nos compatriotes la vérité. Il n'y aura pas de réduction de la dette publique de notre pays si nous ne savons pas faire des économies sur notre modèle social, et si nous n'engageons pas une nouvelle réforme des retraites qui, malheureusement aujourd'hui, a été mise au placard.
Bruno Le Maire, vous répétez, y compris dans votre livre, que vous avez essayé d'alerter sur les dangers de cette dette quand vous étiez à Bercy, de prendre des mesures, mais vous racontez que dans votre dos, si je puis dire, d'autres ministres passaient réclamer des dépenses qui leur étaient accordées. Vous parlez aussi de la dissolution 2024. Vous dites qu'elle a tué net le rétablissement des comptes. Vous l'évoquiez d'un mot. Pourquoi ne pas être parti ?
Tout simplement parce que nous avions engagé les économies, que cela marchait, et que quand vous partez, vous désertez, vous désertez le champ de bataille et les choses se dégradent. Prenez François Bayrou, un homme pour lequel j'ai beaucoup de respect, qui a mis cette question de la dette sur la table, qu'il a souligné avec beaucoup de force. Il a mis courageusement sa démission dans la balance. Il a évidemment été censuré par une Assemblée nationale qui ne veut ne faire aucune économie, mais une classe politique qui, dans son immense majorité, ne veut faire aucune économie. Quel a été le résultat ? Il est parti. Et la réforme des retraites a été abandonnée.
Alors même que la réforme des retraites est, je le redis, le pivot du rétablissement de nos comptes publics. Donc la conclusion que j'en tire, c'est que si vous partez, les choses se dégradent. Je n'ai jamais songé à démissionner parce que je préfère me battre et que nous avions commencé à engager des économies qui ont été coupées nettes par la dissolution. Mais vous touchez à un deuxième problème qui est très important. Vous ne réduirez pas la dette si vous ne touchez pas à notre modèle de protection et à la question des retraites. Vous ne la réduirez pas non plus si vous ne changez pas de méthode.
Évidemment qu'il faut réorganiser l'État qui est devenu la cour du roi péto et qui est devenu totalement désorganisé. Si le ministre des Finances n'a pas une capacité de droit de veto pour dire cette économie est nécessaire ou cette dépense, je la refuse, il se passe ce que j'ai connu, ce qu'ont connu tous les ministres des Finances passés. C'est-à-dire qu'à un moment donné, vous avez un ministre, il est invité le matin sur RTL, il a envie d'annoncer une dépense. Une fois qu'elle est annoncée, on ne peut plus la refuser.
Le temps d'une décision, c'est aussi le récit de vos rencontres avec les chefs d'État des grandes puissances. On va commencer par Donald Trump, portrait assez peu flatteur, vous le comparez à Don Corleone dans Le Parrain, portrait virulent, assez stupéfiant. Il y a une scène qui se passe à Biarritz, au G7 en 2019, avec un dialogue stupéfiant auquel vous assistez, durant lequel le président Macron veut parler et est venu pour parler des droits de douane, et où son homologue américain, Donald Trump, évoque lui un voyage en Afrique et la couleur des gens en Afrique. C'est ça quand on rencontre, quand on est près de Donald Trump, c'est stupéfiant.
Oui, c'est stupéfiant, parce que c'est un personnage qui joue la déstabilisation personnelle et qui refuse systématiquement de rentrer dans le fond de la discussion. Parce qu'il sait que sur le fond de la discussion, il pourrait être en difficulté. Donc il joue la déstabilisation personnelle. On vous parle de droit de douane sur Levin. Lui, il vous parle de la couleur de la table qui lui fait penser aux Africains qu'il a pu rencontrer. Donc propos racistes, propos déstabilisants. Mais c'est uniquement ce qu'il cherche. C'est d'ailleurs ce qu'il fait aujourd'hui sur la question de l'Iran. C'est ce qu'il fait sur la plupart des dossiers géopolitiques.
Avec comme conséquence, un affaiblissement de long terme des Etats-Unis sur la scène internationale. Et pour nous, Européens, une leçon rapide à tirer, cela fait un an que je plaide pour cela, je l'ai écrit, je l'ai dit, je le répète, l'Union Européenne doit prendre son indépendance politique par rapport aux Etats-Unis. Concrètement, il doit y avoir une armée européenne distincte de l'OTAN. Il doit y avoir des valeurs européennes que nous défendons contre ce que la démocratie américaine est en train de devenir, c'est-à-dire une kleptocratie. Il faut que nous soyons capables d'avoir nos propres technologies. On revient au semi-conducteur pour garantir notre indépendance.
Il ne s'agit pas de pousser des hauts cris contre les Américains. Il s'agit juste de dire, tirons les leçons de ce qui se passe aux Etats-Unis qui ne tient pas qu'à Donald Trump, qui se poursuivra après Donald Trump, nos intérêts ne sont plus alignés. Il faut que l'Europe bâtisse le plus vite possible, le plus fortement possible, son indépendance.
D'un mot, Bruno Le Maire, juste avant 13h, vous racontez d'autres rencontres. La froideur carnassière, je dirais, de Vladimir Poutine, le silence et la ruse du président chinois, l'éruptive folie. Moi, c'est ce que j'ai retenu d'Elon Musk. Je vous sens intéressé par ces gens, mais je ne vous sens jamais ni fasciné ni impressionné.
Non, je pense qu'être fasciné ou impressionné quand on est en fonction, ce n'est pas un livre d'observateur. C'est un livre de praticiens de la politique. C'est un livre de ministres de l'économie et des finances, d'une puissance du G7. Donc, je ne suis pas là pour être fasciné par qui que ce soit. Je suis là pour comprendre et faire comprendre à tous ceux qui liront ce livre quelle est la nouvelle donne mondiale, qui n'a plus rien à voir avec celle que nous connaissions. La force qui a remplacé le droit. Des personnes qui vous déstabilisent plutôt que des personnes qui négocient. Les plus puissants qui sont les plus silencieux.
Celui dont on n'entend jamais parler, qui ne fait pas la une des médias, pas la une des journaux aujourd'hui, mais qui est en train de tirer toutes les ficelles, notamment sur la guerre en Iran. C'est Xi Jinping. Donc, j'ai voulu faire un portrait approfondi de Xi Jinping pour qu'on comprenne qu'il est Xi Jinping. Un homme autoritaire, un homme qui n'a aucun respect pour la liberté en estimant que c'est une valeur accessoire. Un homme qui a su, avec une poigne de fer, diriger son pays et l'emmener là où il est, une des plus grandes puissances de la planète, qui va poser une question essentielle pour l'Europe. Il faut être indépendant par rapport aux Etats-Unis.
Mais quelles relations voulons-nous, nous, Européens, bâtir avec l'un des plus grands marchés du monde, technologiquement très avancé, qui s'appelle la Chine ?
On reparle de ce livre, Le temps d'une décision. Dans un instant, on accueille votre invité. Oula, il est 13h sur RTL, une pause et le rappel des titres. A tout de suite.
Bonne journée sur RTL.
RTL. 13h et 1 minute. Le journal inattendu de Bruno Le Maire. 13h, les titres de l'actualité. Stéphane Boutsoc. Deux rassemblements sous haute tension cet après-midi à Paris. Le comité du 9 mai collectif d'ultra-droite partira du Palais-Royal à 15h à 14h. Des militants antifascistes débuteront eux depuis Saint-Michel. Ces deux manifestations ont été interdites par la préfecture de police. Situation plutôt calme ce midi dans le détroit d'Ormuz après une journée d'hier marquée par des affrontements entre l'Iran et les Etats-Unis. Les Américains attendent toujours pour aujourd'hui un courrier venu de Téhéran qui doit détailler les propositions iraniennes pour une sortie de cette guerre.
Le sport, football, 33ème journée de Ligue 1. La défaite hier soir 1-0 du FC Nantes à Lens. Les Canaries sont relégués en Ligue 2. Les Lençois joueront eux la Ligue des champions la saison prochaine. Les autres rencontres à suivre demain et puis en Ligue 2 34ème journée et dernière journée ce soir à 20h. On refait le match passionnant à suivre 19h-21h sur RTL avec Philippe Sanfourge. Votre météo ? Cet après-midi, le ciel est agité surtout dans l'ouest. Des orages au-dessus de la Bretagne et sur la façade atlantique. Dans l'est, c'est plus calme. Soleil et légers voiles nuageux à prévoir. Les températures 19 degrés à Perpignan, 22 à Lille, 24 à Paris et Bordeaux et même jusqu'à 25 à Lyon.
Le journal inattendu de Bruno Le Maire avec Stéphane Boutsoc sur RTL. Et on accueille à présent votre invité Bruno Le Maire. Vous avez souhaité dialoguer avec Céline Gréco, professeur. Bonjour, bienvenue. Professeur Céline Gréco, chef du service de médecine de la douleur palliative à l'hôpital Necker des enfants malades à Paris. Vous avez aussi créé en 2022 et c'est une des raisons de votre invitation, l'association Impact qui propose un accompagnement complet aux jeunes patients confiés à la protection de l'enfance. Pourquoi tout simplement, Bruno Le Maire, avez-vous souhaité cette rencontre ? Je précise que vous êtes au conseil d'administration de l'association.
Pour deux raisons très précises. La première, c'est qu'en 57 ans de vie, ça commence à faire un bail, j'ai rencontré peu de femmes qui m'ont autant impressionné que Céline Gréco. Par son parcours, par sa détermination, par sa capacité à faire bouger les choses dans un domaine qui, pour moi, est le domaine essentiel qui est la santé et en particulier la santé de ceux qui sont issus de familles où ils ont connu des difficultés, des agressions, donc l'aide sociale à l'enfance. C'est la première raison que Céline Gréco est une femme exceptionnelle et j'aime bien rendre hommage à des gens exceptionnels, surtout dans le domaine de la santé.
La deuxième raison, c'est de se dire que nous sommes dans un pays qui reste un des plus riches de la planète, un des plus prospères de la planète et que vous avez encore des centaines de milliers de gosses qui sont maltraités, mal accompagnés et auxquels nous apportons des réponses qui sont insatisfaisantes, qui ont une espérance de vie qui est très courte parce que nous ne savons pas leur apporter des réponses dont ils ont besoin d'un point de vue médical. Je trouve ça révoltant.
Et celui qui vous parle, ce n'est pas l'ancien ministre, ce n'est pas le citoyen, c'est le père de famille de quatre enfants, de quatre garçons qui se dit qu'ils ont bien de la chance d'avoir tout à leur disposition mais que tant qu'il y a des dizaines de milliers d'enfants qui n'ont pas tout ce dont ils ont besoin, tout ce à quoi ils devraient avoir droit dans une grande nation comme la France, il faut se battre et donc j'ai décidé de livrer ce combat et de m'engager aux côtés de Signe Gréco.
Professeur Gréco, justement, très concrètement pour celles et ceux qui nous écoutent et qui découvrent peut-être l'association Impact, votre travail, votre mission quotidienne, c'est quoi ?
Alors, l'association Impact accompagne les enfants qui sont confiés à l'aide sociale à l'enfance de leur 0 à leur 25 ans. Vous savez, l'aide sociale à l'enfance s'arrête à 18 ans ce qui fait que 45% des jeunes sans-abri en France, dans nos rues, sont issus de l'aide sociale à l'enfance. Donc, on les accompagne de 0 à 25 ans avec un programme éducatif, c'est-à-dire qu'on les accompagne dans leur scolarité, du tutorat scolaire, on a mis en place de l'expression artistique, un accès à la culture, souvent ces enfants n'ont pas accès à la culture, au loisir. Et puis, les jeunes majeurs, on les accompagne avec des bourses d'études.
1% seulement des jeunes de l'ASE peuvent s'engager dans des études supérieures, des bourses d'études, des bourses d'aide à l'installation, le passage du permis de conduire, tout ce qu'un parent qui peut se le permettre ferait pour que son enfant réussisse dans la vie. Donc, ça, c'est notre pôle éducation. Et puis, on a un pôle santé qui a permis de créer la première structure dédiée à ces enfants. Aujourd'hui, on n'a que 10% des enfants de l'ASE qui ont un suivi de santé. Enfin, je veux dire, c'est quand même incroyable comme M. Bruno Le Maire le dit dans un pays comme la France. Sur 400 000 enfants, seulement 10% ont un suivi de santé.
Et donc, on a construit et ouvert en décembre avec un pacte le premier centre d'appui à l'enfance en France, le centre Astéria, qui est un centre de santé dédié aux enfants qui sont confiés à l'aide sociale à l'enfance. Il se trouve où ce centre ? Alors, le premier Astéria est à Paris, dans le 12e. Le deuxième sera à Bordeaux. L'idée et l'ambition est d'en avoir au moins 35 en France et dans les territoires ultramarins. Mais ce sont des centres qui prendront en charge la santé de ces enfants avec un bilan et un parcours de soins pour que ces enfants ne perdent plus 20 ans d'espérance de vie comme c'est le cas actuellement.
Céline Gréco, votre engagement auprès des enfants rejoint aussi votre propre vie. En 2013, vous avez publié un livre qui s'appelle La démesure dans lequel vous racontiez votre quotidien de petite fille battue, privée de nourriture par votre père, sous les yeux de vos proches, une gamine qui tenait à faire bonne figure à l'extérieur, obligée de s'astreindre à la discipline du piano. Est-ce que cette confession écrite vous a aidé, vous, et est-ce que plus globalement, la libération de la parole pour tous les enfants, les jeunes maltraités, abusés, violentés, est-ce que ça marque le début de la guérison aussi ?
Alors, comme je vous l'ai dit, je fais partie des 1% de jeunes confiés à l'ASE qui ont pu faire des études supérieures et à ce titre, je ne pouvais pas continuer de vivre ma vie de médecin sans rien faire pour les autres. Et donc, j'ai écrit la démesure en 2013 quand j'étais interne en médecine en me disant que si je n'étais pas médiatisé, je ne serais pas une voix audible. Et j'avais des idées et je voulais pouvoir alerter le gouvernement. Et donc, j'ai écrit vraiment la démesure, non pas à visée thérapeutique du tout, mais vraiment pour devenir cette voix audible et porter les solutions que je pensais avoir à mon niveau, en tout cas. La libération de la parole est très importante.
La démesure, c'est l'histoire de cet enfant que j'ai été issu d'un milieu très favorisé. Et on a encore tendance à penser que les violences faites aux enfants ne touchent que les milieux défavorisés. On l'a compris pour les violences faites aux femmes, on sait maintenant qu'une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint et que ça peut intervenir dans tous les milieux sociaux. Aujourd'hui, on ne veut pas regarder le problème des violences faites aux enfants parce qu'on considère que ça ne touche que des familles très défavorisées et que quelque part, finalement, ce n'est pas notre problème. C'est notre problème.
Ça arrive aussi bien dans le 93 que dans le 7e arrondissement de Paris.
Bruno Le Maire, votre engagement, vous, personnel, puisque je le rappelle, vous êtes au conseil d'administration, il se définit comment, de quelle manière agissez-vous, ou en fait, tout simplement, vous êtes ancien ministre, évidemment.
J'agis pour ouvrir les portes et pour accélérer les procédures et je peux vous dire que c'est une vraie leçon de vie parce que quand vous êtes ministre, vous prenez des décisions, vous essayez de vous assurer de l'exécution, mais en règle générale, l'exécution est moins importante que la décision elle-même. Alors que là, avec Céline, on ne vous lâche jamais et nous prenons des décisions à hauteur d'homme en garantissant tous les jours l'exécution de la décision. Pour construire par exemple le centre de santé du 12e, qui est une réalisation absolument incroyable dans des délais très brefs, il fallait le soutien de la Caisse des dépôts et de la consignation.
On a rencontré le directeur général, Olivier Sichel. J'ai ouvert les portes, Olivier Sichel a fait un travail remarquable, il a beaucoup aidé. Là, vous vous dites j'ai fait mon boulot de membre du conseil d'administration. Là, Céline vous rappelle, elle vous dit maintenant à la mairie, ça n'a pas assez vite, donc il faut intervenir après auprès de la mairie. Ensuite, le ministère de la Santé, elle vous dit un rendez-vous au ministère de la Santé. Je trouve un rendez-vous avec la ministre de la Santé, Catherine Vautrin à l'époque, qui elle aussi a été tout à fait formidable. Mais c'est trop tardif, donc il faut accélérer le rendez-vous.
Une fois que tout ça a été fait, que vous avez intervenu tous azimuts, ouvert les portes, que la maison de santé est ouverte, vous vous dites ça y est, c'est bon, j'ai fait mon travail de membre du conseil d'administration de l'association Impact. Et puis là, Céline Gréco vous renvoie un petit message, vous dites là, on a un problème, c'est que les gosses, ils ne se déplacent pas à la maison de la santé.
Donc j'ai besoin d'une camionnette, il faudrait que nous écrivions ensemble au président de Célenti sur le président de Renault, donc je passe le message au passage, pour qu'ils mettent à notre disposition un véhicule pour pouvoir transporter les enfants de leur lieu de résidence jusqu'à la maison de soins, sinon ils n'iront jamais toucher leurs soins. Et ça, c'est une vraie leçon pour un ancien ministre. Aller vraiment mettre les mains dans le cambouis, prendre les décisions et s'assurer qu'elles sont vraiment exécutées.
Et d'ailleurs, c'est probablement Bruno Le Maire et probablement le seul ministre de l'économie et des finances à être venu rencontrer les enfants dans une maison d'enfants pour voir vraiment comment ils vivent, pour recueillir leurs besoins, leurs rêves. Enfin, je veux dire, c'est quand même le seul à avoir fait ça.
Pour terminer, et je le comprends bien en entendant Bruno Le Maire, l'argent, comme dans plein d'autres domaines, est un des nerfs de la guerre. Si moi, je veux vous aider ou celles et ceux qui nous écoutent, comment on fait ? Il y a un site internet, j'imagine ?
Alors, on a un site internet exactement, Association Impact, on arrive dessus très vite. On a besoin du public en fait, de pouvoir avoir des dons des particuliers. Mais ce qu'a permis Bruno aussi, c'est de créer une coalition d'entreprises mobilisées pour l'enfance protégée. Et on a besoin que ces entreprises ouvrent leurs portes à ces jeunes, qu'elles puissent nous aider bien entendu financièrement pour financer le tutorat scolaire, les bourses d'études, mais qu'elles puissent également les accueillir pour des stages, des stages de troisième, des stages de seconde, des stages en alternance.
Et finalement, créer ces ponts entre cette jeunesse et les entreprises dont ils seront les futurs collaborateurs.
Donc, il y a un site qui doit être... Vous avez l'adresse ?
Oui, c'est association.impact, I-M-P-A-C-T-E-S.F-R.
Merci infiniment, Céline Gréco, d'être passée par le journal Inattendu ce samedi midi sur RTL. Et donc, on suivra évidemment le travail de l'association Impact. À 13h11, un peu de musique. Vous avez souhaité également entendre Bruno Le Maire, ce classique de Christophe.
Cette chanson, pourquoi ?
Parce que je la trouve bouleversante et que je trouve Christophe bouleversant et que ça montre à quel point notre pays a une capacité de création d'innovation exceptionnelle. Christophe, c'est magique.
13h12 sur RTL, suite du journal Inattendu de Bruno Le Maire dans un instant. Excellent samedi avec nous.
Le journal Inattendu
de Bruno Le Maire avec Stéphane Boutsoc sur RTL. Le journal Inattendu de Bruno Le Maire avec Stéphane Boutsoc sur RTL. Et on va maintenant revenir sur votre parcours public, Bruno Le Maire. Ça fera bientôt 30 ans que vous avez rejoint les services de l'État. D'abord au ministère des Affaires étrangères, puis à l'Élysée Matignon avant d'intégrer votre premier gouvernement. C'était en 2008. Votre livre Le temps d'une décision évoque largement la réforme du fonctionnement de l'État et du rôle du président. Je vous cite « Il faut en finir avec la monarchie, il faut déposer le monarque républicain. Le président de la République ne peut plus être un souverain de droit divin.
» Les mots sont forts quand même.
Oui, mais c'est ce que je crois profondément. Sinon, on va de déception en déception. Quand vous prenez les trois derniers président de la République, ce sont trois personnalités respectables. Que ce soit Nicolas Sarkozy, François Hollande, Emmanuel Macron, chacun peut avoir un goût plus prononcé pour l'un ou pour l'autre. Peu importe. Mais nous sommes obligés de reconnaître, si nous sommes honnêtes, qu'à la fin de chacun de ces mandats, il y a une déception. La déception ne tient pas à la personne. Une franc-core, c'est comme pour la dette.
Elle tient à un système politique qui est totalement épuisé, qui est un système de confusion complète des responsabilités à tous les niveaux, au niveau national comme au niveau local. plus personne ne sait qui fait quoi, plus personne ne sait qui est responsable de quoi. Et cette désorganisation totale, elle aboutit à ce que les décisions politiques ne donnent pas les résultats que les Français sont en droit d'attendre. Donc je propose une réorganisation totale des pouvoirs publics français avec des chaînes de commandement claires, des responsables clairs et des responsabilités individuelles qui sont mieux définies.
La responsabilité du président de la République, c'est protéger, rassembler les Français. Rien de plus. Ce n'est pas de nommer à tous les postes d'administration, enfin dans quel autre pays, vous avez le chef de l'État qui nomme le président de l'établissement public de Versailles. Il y a le ministre de la Culture pour ça. Ou alors supprimons le ministre de la Culture. Le Premier ministre, lui, doit être au contact du Parlement. Il devra l'être d'autant plus qu'il faudra sans doute bâtir des majorités, des coalitions compliquées dans les années qui viennent. Il faut un nombre restreint de ministres dont le nom doit être défini par la Constitution, 10 ou 15 au maximum.
Vous savez, j'entends ça depuis 40 ans.
Mais c'est peut-être le moment de le mettre en œuvre. J'ai vu comme ministre de l'Agriculture, des Affaires européennes, de l'Économie et des Finances à quel point, si vous voulez avoir autorité sur votre administration, il faut que votre administration sache que c'est vous qui est nommé au poste de direction. Et vous seul, que ça ne relève pas du Conseil des ministres, d'échange avec le Premier ministre ou le Président, vous devez être maître chez vous pour avoir de l'autorité sur votre administration. Il faut que l'Assemblée nationale et le Parlement de manière générale passent beaucoup plus de temps sur le contrôle et beaucoup moins de temps à légiférer.
Ma proposition, c'est 50% de temps de contrôle, 50% de temps législatif pour qu'on ait l'assurance justement que les décisions sont exécutées, que les budgets sont exécutés, que les économies sont respectées. Et puis je plaide évidemment pour que nous ayons une autonomie beaucoup plus grande, à la fois fiscale et normative des collectivités locales. Faisons confiance, on parlait des maires tout à l'heure, aux maires, aux élus locaux et donnons-leur de vraies libertés. Pas des fausses libertés, c'est des fausses libertés, c'est celles où on fait semblant qu'on fait la responsabilité mais l'État garde quand même la possibilité au cas où d'intervenir. De vraies libertés pour les communes.
L'aventure de l'Élysée, vous l'avez vous-même tenté. Écoutez cet archive RTL déniché par Laurent Marsic. Nous sommes le 23 avril 2016, vous êtes en meeting à Vesoul.
Est-ce que je ne suis pas trop jeune ? Non ! Est-ce que j'ai suffisamment travaillé ?
Oui !
Est-ce que je suis prêt ? Je me suis longuement interrogé. Et désormais ma décision, elle est simple, elle est forte, elle est inébranlable. Oui ! Je suis candidat pour devenir le prochain président de la République française !
Alors nous sommes 10 ans plus tard, Bruno Le Maire, on reparle d'une primaire de la droite puisqu'il y avait eu une primaire de la droite à l'époque remportée par François Fillon. Primaire de la droite et du centre. Alors j'ai essayé de faire la liste des candidats, j'en ai sans doute oublié, je les donne par ordre alphabétique. Gabriel Attal, Michel Barnier, Aurore Berger, Xavier Bertrand, Elisabeth Borne, Niel Broun-Pivert, Gérald Darmanin, David Lissnard, Edouard Philippe, Bruno Retailleau, Dominique de Villepin, peut-être Laurent Wauquiez qui lui veut pousser jusqu'à Sarah Knafau. Est-ce que je peux ajouter Bruno Le Maire à la liste ?
Je pense qu'elle est suffisamment longue pour qu'on n'ajoute pas un nom supplémentaire ce matin. Mais c'est intéressant de réécouter cette archive parce que je ne répondrai pas la même chose aux deux dernières questions. Est-ce que j'étais prêt ? Non. Est-ce que j'avais suffisamment travaillé ? Non. Et je pense que quand on aspire à ce genre de fonctions, qui sont des fonctions essentielles pour le pays, essentielles pour la France, on doit s'interroger dans son fort le plus intérieur. Qu'est-ce que c'est qu'être chef de l'État ? Qu'est-ce que cela signifie ? Qu'est-ce que je peux faire ? Qu'est-ce que je suis capable de faire ? Et est-ce que je suis réellement prêt ?
Et c'est uniquement quand on a dans son fort intérieur une réponse définitive, ferme et lucide à cette question que l'on peut être candidat.
J'ai lu, évidemment, attentivement, votre livre, Le temps d'une décision. Donc, il y a ce récit, en effet, de votre expérience de ministre. Puis, en effet, tout un dernier volet, on en a parlé avec la réforme de l'État, où vous faites des propositions. Comment on doit le lire, ce livre ? C'est, en effet, un catalogue de propositions où chacun peut aller puiser ce qu'il souhaite ou c'est une ébauche de programme ? Parce que, très honnêtement, par moment, ça y ressemble un peu.
C'est, d'abord, une photographie du moment historique où nous sommes dans un moment de bascule géopolitique, comme je n'en ai pas connu, en 30 années de vie politique. Et il faut que nos compatriotes en prennent conscience et qu'on leur explique, qu'on apporte, lorsqu'on a l'expérience qui a été la mienne, qu'on apporte son témoignage, que les gens puissent voir, puissent mesurer ce qui se passe. C'est, en deuxième lieu, un livre qui essaie d'ouvrir des portes. Ce que ma conviction absolue, c'est que s'il y a un pays en Europe qui a tous les atouts pour réussir dans un XXIe siècle technologique, de l'IA, de la science, de la raison, de la recherche, c'est la France.
Parce que nous avons une qualité que les autres n'ont pas. L'inventivité, l'imagination, le goût de l'innovation. C'est ce deuxième message que je veux porter. Et le troisième, c'est de dire tout simplement, vous l'avez rappelé, il y a une compétition d'hommes, je ne vois pas beaucoup de compétition d'idées. Et ce qui compte, dans un moment électoral important, ce n'est pas d'aller dans des querelles de personnes, regarder si Tartemuche ou Tartempion est mieux que l'un que l'autre. C'est de savoir quel est le projet qui va le plus porter notre pays pour les 25 années qui viennent.
Et dans ce projet, il me semble que le point de départ, ça doit être la remise en cause des politiques eux-mêmes. Parce que ça ne sert à rien de proposer une réforme des retraites, de l'industrie, de ce que vous voulez, si de toute façon, ceux qui prennent la décision sont impuissants. Donc le point de départ, il doit être de remédier à cette impuissance politique. En disant, réorganisons les pouvoirs pour que le pouvoir politique soit un vrai pouvoir.
J'ai regardé, juste avant l'émission, le baromètre de popularité des personnalités politiques du partenaire de cette émission, Le Point. Première place, Jordan Bardella. Deuxième place, Marie-Hélène Pen. Troisième place, Marion Maréchal. Est-ce que ce n'est pas aussi pour vous, pas vous personnellement, mais les hommes et les femmes politiques qui sont aux affaires depuis des décennies, est-ce que ce n'est pas une terrible sanction aussi de la part des gens qui nous écoutent et qui vont aller voter l'année prochaine et qui se disent, eux, ils n'ont pas réussi, notamment au sujet de la dette, on en parlait, eux, on va les essayer, on ne les a jamais essayés. Bien sûr.
Bien sûr. Et c'est bien pour ça que mon point de départ politique n'est pas de dire, on va faire ceci sur l'économie, ceci sur la finance, ceci sur la sécurité. C'est de dire, on doit d'abord s'interroger sur notre part de responsabilité et d'échec. Si vous ne commencez pas par reconnaître alors que vous avez exercé des responsabilités pendant 30 ans que nous n'avons pas fait suffisamment, que nous n'avons pas fait assez bien et qu'il y a quelque chose qui n'a pas marché, mais ce n'est même pas la peine d'essayer d'être écouté par les gens, ils ne vous écouteront pas, ils auront raison.
Il y a quelque chose qui n'a pas marché dans notre capacité à décider et à améliorer la vie des Français qui sont en droit d'attendre cela de leurs responsables politiques. Ça doit être notre point de départ. Après, je vois bien pourquoi les trois personnalités que vous avez citées sont en tête. C'est que dans le fond, le leitmotiv, ça va être on n'a pas essayé. C'est ça. Mais c'est tout de même un peu court. Pour un grand pays comme la France, une grande nation comme la nôtre, on ne va pas tout d'un coup basculer vers les extrêmes parce qu'on n'a pas essayé. Si c'est essayé simplement pour se saborder, je ne pense pas que ce soit la bonne solution.
à nous, autre force politique, de montrer que nous savons nous remettre en cause. Ça doit être le point de départ. Que nous avons compris ce qui ne marchait pas, d'où les propositions que je fais de réorganisation de A à Z. De la cave jusqu'au plafond, du sol jusqu'au comble de la maison. La réorganisation totale de notre vie politique pour qu'elle soit plus efficace. En ajoutant un point qu'on n'a pas cité qui est essentiel, donner la parole aux Français. Je rappelle que la première revendication des gilets jaunes. C'était le référendum d'initiative citoyenne. Il m'arrive de travailler le lundi quand je donne des cours en Suisse. Dans ce pays, le référendum est totalement banalisé.
S'il y a 50 000 citoyens qui veulent changer une loi, ils peuvent le faire. Je pense que la participation directe de nos compatriotes à la décision politique, pas au débat politique, est de nature à apaiser les choses et à changer la donne.
Vous savez aussi qu'en cas de référendum, je ne pense pas uniquement et forcément à celui du général de Gaulle, mais les Français, quand ils vont voter, votent aussi parfois plus pour dire non à l'équipe en place que pour répondre à la question.
Ça arrive. Sauf si vous donnez le pouvoir aux Français eux-mêmes. C'est toujours le même principe qui m'anime. La leçon que je tire de ces 30 années de vie politique, c'est que le pouvoir est trop confisqué. et que si vous le rendez à ceux qui voudraient l'exercer, ça peut être un maire, ça peut être les régions, ça peut être les collectivités locales, ça peut être le citoyen lui-même qui participera à la vie de l'Assemblée, qui pourra organiser un référendum, les choses se passeront mieux. Nous sommes à un moment où le pouvoir doit être plus équitablement partagé.
Et c'est ça qui paradoxalement renforcera la puissance de l'État à laquelle je crois dans les fonctions essentielles qui sont les siennes, garantir la sécurité des gens, garantir la protection, éduquer, garantir la protection de notre santé, recentrer l'État sur ses tâches essentielles, mieux partager le pouvoir avec les citoyens et les collectivités locales, les partenaires sociaux également. C'est pour moi le bon équilibre que nous devons trouver. Et après, on pourra parler de projets et de propositions concrètes, mais d'abord, regardons comment décider mieux, plus vite et plus efficacement.
On marque une dernière pause, notez qu'à 13h30, c'est le comédien et réalisateur Gilles Lelouch qui sera l'invité d'Augustin Trappnard sur RTL pour l'instant, 13h25. Ce sont les mots de la fin dans un instant dans le journal inattendu de Bruno Le Maire. A tout de suite.
Bonne journée
sur RTL. Le journal inattendu de Bruno Le Maire avec Stéphane Boutsoc sur RTL. Et on termine, Bruno Le Maire, avec les mots de la fin, des noms ou des mots. Je vous les propose et vous nous le dites le plus succinctement possible ce qu'ils évoquent pour vous. On va commencer donc par ces trois présidents avec lesquels vous avez travaillé. Dites-moi ce que vous évoquent donc leur nom. On commence par Jacques Chirac.
L'affection.
Nicolas Sarkozy. La puissance. Emmanuel Macron.
L'intelligence.
Vous avez joué votre propre rôle. On vous voyait dans le film Quai d'Orsay de Bertrand Tavernier qui se passait au ministère des Affaires étrangères sous Dominique de Villepin. Qui pourrait jouer Bruno Le Maire dans un biopic inspiré de votre vie ? Un acteur. Français ou étranger d'ailleurs. Qui verriez-vous ? Qui voudriez-vous voir ?
Alors je préfère répondre à cette question sinon ça pourrait paraître très prétentieux. Dites-moi. Je vais citer un acteur que j'aime énormément c'est Benjamin Voisin.
Très bien.
Nous transmettrons. Qui va jouer Johnny vous savez. Qui va jouer Johnny mais je précise tout de suite je n'ai pas la chance d'avoir la belle gueule de Benjamin Voisin.
Décision. C'est dans le titre de votre livre. C'est aussi le tout dernier mot de cet ouvrage. Parmi celles que vous avez prises laquelle vous rend le plus fier et laquelle vous donne le plus de regrets ? Le plus fier.
Le plus fier c'est d'avoir sauvé l'aide d'urgence accordée par l'Union Européenne aux plus démunis. C'est un combat qu'on a mené avec Véronique Colucci je lui rends hommage et pour moi c'est ça l'Europe c'est la solidarité avec les plus faibles. Et le regret ? Le regret c'est de ne pas avoir pu aller au bout du rétablissement des comptes publics bien sûr.
Merci Bruno Le Maire d'avoir été notre invité dans ce journal inattendu. Je rappelle donc l'apparution chez Gallimard de ce livre Le temps d'une décision. Merci à Dany Matouk à la réalisation de l'émission à Marie-Caroline Mandon qui m'a aidé à la préparer la semaine prochaine édition spéciale. Nous serons en direct du 79ème Festival de Cannes au cœur du plus grand rendez-vous de cinéma au monde en compagnie de nombreux invités. Bon samedi sur RTL tout de suite place aux variétés d'Augustin Trappnard. Salut Augustin d'ailleurs un invité qui va avoir une très belle actualité cannoise. Salut Stéphane. D'Augustin Trappnard.
Bruno Le Maire