Jessé, Julian Bugier et Mazarine Pingeot - C à Vous l’Intégrale - 07/01/2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: "C à vous" en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe.
Bertrand fait de la soupe avec Lou. - B.Chameroy: Lorrain, petit quiz.
Qu'est-ce que c'est? - L.Sénéchal: Du persil. - B.Chameroy: Eh non, c'est de la coriandre!
Je vais l'émincer pour la soupe coco. - Lou: Lentilles corail et coco. - A.-E.Lemoine: On compte sur vous.
A tout à l'heure. On fête 2 anniversaires ce soir, celui d'un humoriste virtuose qui fête en ce début d'année le succès de son 1er spectacle qui affiche complet partout en France, la sortie de son 1er roman, "Les Bateaux sur la terrasse", et le 1er anniversaire de sa titularisation officielle dans la bande de M.Noël sur France Inter. - Victor Hugo disait de lui: "C'est un peu comme mon fils.
Pas vraiment mon fils, parce que je l'aurais pas appelé Jessé, mais mon fils au sens spirituel. Je vois en lui un peu de ma plume." Il est désormais écrivain.
Il n'est pas à un livre près. - J.Rémond Lacroix: Je sors mon 1er roman le 8 janvier.
Je croyais que j'avais fait le tour de l'humour. Je me suis réveillé et je crois que j'ai plus en commun avec une M.Duras. - A.-E.Lemoine: Il sera notre invité.
A ses côtés, le présentateur du 13h de France 2 depuis 5 ans, qu'il "pleige"...
Qu'il pleuve, qu'il neige... ... - A.-E.Lemoine: Il n'y a pas de raison!
Nous aussi, on s'équipe pour assurer l'information. On accueille J.Bugier et Jessé.
Bonsoir. Salut, Julian. - J.Bugier: Je me demandais en coulisses pourquoi vous aviez des lunettes. - A.-E.Lemoine: Pour se moquer de vous, cher Julian.
Ca va pas à tout le monde, le masque de ski. C'était indispensable, ce matin, pour venir à France Télévisions? - J.Bugier: Vous êtes venue comment, vous? - A.-E.Lemoine: A pied. - J.Bugier: Hier, il y avait tellement de neige que je ne pouvais pas ouvrir les yeux. - B.Chameroy: C'était à vélo, en surf? - J.Bugier: A vélo. - P.Cohen: Babeth a un hélicoptère VIP.
C'est payé avec notre argent! - A.-E.Lemoine: Ca vous inspirerait pas une chronique, Jessé?
Vous avez fait le tour de l'humour? - J.Rémond Lacroix: C'était censé être une vanne...
Je pense que ça va me poursuivre. J'ai pas fait le tour. J'ai pas non plus fait le tour des quais.
C'est utile, tu tombes dans l'eau... - A.-E.Lemoine: J'ai lu beaucoup de M.Duras, mais jamais autant souri en la lisant qu'en vous lisant, vous.
J'avais un sourire accroché aux lèvres tout au long de ce roman. Vous avez une plume aussi drôle qu'enlevée, profonde et émouvante. Enlevez la mienne, de plume!
Vous avez raconté comme vous avez longtemps voulu avoir un prénom à l'américaine en transformant votre prénom Jessé en Jesse. - J.Rémond Lacroix: Je n'ai jamais aimé mon prénom.
Je me demandais pourquoi mes parents avaient choisi ça et pas Kévin ou Brian. J'avais envie d'appartenir à la meute...
Quand on est jeune, on veut pas être original. J'avais fait enlever l'accent sur les papiers d'identité. Personne ne connaît ce prénom, Jessé. - J.Bugier: C'est votre vrai prénom? - J.Rémond Lacroix: Oui.
Bertrand, c'est chaud. - A.-E.Lemoine: Votre prénom est l'une des raisons pour lesquelles on s'est moqué de vous à l'école.
Vous étiez un enfant harcelé parce que différent. Insulté parce que trop efféminé. Votre mère vous a paru longtemps indifférente à cet harcèlement.
Vous lui reprochez ça un soir après une représentation de votre spectacle auquel elle a assisté. Vous vous êtes tu pendant 20 ans. Ce soir-là, la colère et les mots sortent. - J.Rémond Lacroix: Des fois, on a un magma en nous qui prend beaucoup de place.
Plus on grandit, plus il prend de la place. Au sortir d'une représentation, ma mère était là. Elle était un peu renfrognée.
Elle avait "le seum" pour rester dans ma génération. Je lui demande ce qui se passe. Elle dit que je ne parle pas assez d'elle dans ce spectacle.
Je me demande comment on peut arriver à une relation avec sa mère et qu'elle me dise ça et que ça ne m'atteigne pas. Je lui demande si elle se souvient de ce qui s'est passé, des choses qui nous ont éloignés. - A.-E.Lemoine: Vous aviez demandé à l'époque de changer de collège.
Tous les jours, vous vous faisiez traiter de "sale pédé". Elle n'a rien fait quand vous lui demandiez ça. - J.Rémond Lacroix: Non.
C'est un roman qui ne lui en veut pas. C'est un roman qui essaie de pardonner, de comprendre. Elle était pas qu'une mère, elle était aussi une femme.
Elle avait sa vie. J'ai essayé de lui donner des éléments de réponse quand j'étais petit. C'est difficile quand on est petit, de dire qu'on est pédé.
J'avais honte de ça. Je n'ai jamais parlé du harcèlement. C'est compliqué de parler de quelque chose dont on ne parle jamais.
Je crois que c'est aux parents de demander si tout va bien à l'école. Il y avait des signes, quand je rentrais chez moi, qui pouvaient montrer qu'il y avait un harcèlement. Ma mère ne m'a pas posé ces questions.
Ce roman en parle. - A.-E.Lemoine: "Ceux qui nous ont aimé de travers".
Ce harcèlement, vous en avez fait un spectacle, "Message personnel", qui affiche complet partout en France depuis 3 ans. Vous expliquez que vous pardonnez à vos bourreaux, aussi. - J.Rémond Lacroix: C'est très catholique, finalement!
Je crois que le pardon est nécessaire. Plus je grandis, moins j'avais envie d'avoir en moi ce poids, ces silences qui grandissent et qui prennent une personnalité. Je voulais les percer.
Ca passe par la parole, renouer des liens avec ceux qui nous aiment. Ma mère m'aime infiniment et je l'aime infiniment. C'est renouer avec les générations et les silences des générations qui imprègnent les générations suivantes.
J'ai essayé. - A.-E.Lemoine: C'est très réussi. - J.Bugier: Je me suis toujours demandé...
Si mes enfants étaient harcelés, je me demandais si je le verrais. Est-ce qu'on peut passer à côté? Votre mère, c'est ce que ce qu'elle vous a dit? - J.Rémond Lacroix: Oui, "j'aimerais tellement revenir en arrière pour voir..." On peut essayer de déceler, aujourd'hui...
On en parle de plus en plus. Pour ma mère, le mot "harcèlement" n'existait pas, à l'époque. En général, quand les enfants sont tumultueux dans le foyer, il faut se demander pourquoi ils sont autant en colère. - P.Cohen: L'autre grand personnage de votre roman, c'est votre grand-mère, Madeleine.
C'est une super mamie dont vous êtes le chouchou. Vous en avez pour preuve le fait que vous dormez à l'étage alors que vos cousins dorment au rez-de-chaussée de sa maison de vacances. Vous l'avez évoquée dans une de vos chroniques en exprimant sa tolérance de votre homosexualité. - J.Rémond Lacroix: Ma grand-mère est catholique pratiquante.
Elle allait à la messe tous les dimanches avec ses 8 enfants. Résultat: aujourd'hui, aucun des 8 ne croît en Dieu. Le petit dernier, mon père, communiste marxiste.
Quand je dis à ma grand-mère que j'étais gay, elle a fait: "Non! Du moment que tu ne votes pas comme ton père..." Aucune chance, j'aime trop l'argent.
Elle s'en fiche que je sois homo. Elle me répète que Dieu aime tout le monde. Et moi, que les PDG. - P.Cohen: Votre grand-mère a perdu un fils du sida, votre oncle Michel.
C'est votre 3e prénom, un héritage. - J.Rémond Lacroix: Est-ce qu'on peut transmettre par un prénom l'homosexualité?
Je pose la question. Ce prénom, je l'ai longtemps interrogé. De quoi j'hérite quand j'hérite du prénom de mon oncle décédé dans les années 90 du sida?
Il était homosexuel. Ce roman parle aussi de ça, des générations passées et de comment les silences de ma grand-mère envers son propre fils impactent les silences avec ma propre mère, et comment on fait pour ne pas répéter ça, répéter les erreurs passées qui font que des murs grandissent entre un parent et son enfant. Après, on devient des étrangers.
Ca arrive vite, qu'avec ses parents, on ne pose que des questions comme "ça neige, dehors", et plus les vraies questions. - L.Sénéchal: Vous évoquez votre vie privée, mais pas que.
Vous êtes titulaire sur France Inter. Vous parlez de plein de choses: l'affaire Epstein, le gaz hilarant, les hommes, et même l'IA. - J.Rémond Lacroix: On apprend dans un rapport que l'IA va nous anéantir d'ici 2035.
Les machines intelligentes vont bientôt dépasser les plus grands cerveaux humains. Bonne nouvelle: ça concerne personne ici. 2035, c'est demain.
Si vous avez des rêves, revoir Cabourg ou relire les mémoires d'A.Juppé...
Je m'adapte, puisqu'on est maintenant une radio de droite, apparemment...
J'ai demandé à ChatGPT de rédiger l'intro de ma chronique. Il m'a proposé le jeu de mots suivant: "IA, il y a zéro problème." J'étais à 2 doigts de prendre la vanne. - L.Sénéchal: Pour les bagues, c'est encore nul. - J.Rémond Lacroix: On a encore du temps devant nous, Bertrand. - L.Sénéchal: Julian, ça vous inquiète, l'IA, en tant que journaliste? - J.Bugier: Je l'écoute à vélo à chaque fois que je rentre. - L.Sénéchal: Vous découvrez que c'est lui que vous écoutez tous les jours. - J.Bugier: L'IA va bouleverser le quotidien.
En finance, c'est déjà le cas. Les entreprises réfléchissent à licencier leur personnel parce que l'IA va plus vite que les analystes financiers. Les journalistes, je pense qu'on a encore un peu d'avenir devant nous.
Ce qui m'inquiète beaucoup, c'est l'utilisation des images, notamment ce qu'on a vu avec l'utilisation des nudes. On prend la tête de n'importe qui et on le met dans une situation qu'on définit via un texte...
C'est assez flippant. - A.-E.Lemoine: Vous êtes là pour les 5 ans du JT de 13h de France 2, que vous présentez.
La vraie raison pour laquelle vous êtes là, c'est parce que vous êtes l'idole de Bertrand et de son ABC. Jingle du JT. - B.Chameroy: Madame, monsieur, bonsoir.
Julian, 5 ans Déjà à la tête du 13h de France 2. J'ai envie de dire "happy Bugier". Je savais qu'il aimerait ce jeu de mots car il est un fervent amateur de galéjades. - Nos 3 épiciers sont tombés dans le train-train.
Ils ont déjà un autre projet sur les rails: l'aménagement d'un nouvel espace de coworking dans la gare. - J.Bugier: Pas mal, le jeu de mots, "tomber dans le train-train". - B.Chameroy: J'ai envie de dire "miam miam, les jeux de mots".
Depuis 5 ans, le "miam miam" est devenu le plat signature de Julian. - J.Bugier: Miam miam, comme on dit dans le 13h. - B.Chameroy: On ne le dit pas qu'un peu. - A base de meringue... - J.Bugier: Miam miam, la galette.
Miam miam, le pruneau. Miam miam, la gaufre. Miam miam, la grève. - B.Chameroy: Ca a beaucoup plu à P.Timsit. - Miam miam, la galette! - P.Timsit: Miam miam, la galette! - B.Chameroy: 5 ans après le tout premier, hier midi... - J.Bugier: Miam miam, la galette! - B.Chameroy: Ca se fête!
Un beau "miam miam, la galette" pour le 5e anniversaire de votre 13h. - J.Bugier: Il a fait sa chronique sur mon "miam miam, la galette"! - A.-E.Lemoine: Il faut souffler. - B.Chameroy: Je sais pas ce que vous avez prévu pour célébrer ces 5 ans, mais ça devrait se finir en karaoké avec votre complice Valérie. - A ROUGIR COMME UN COQUELICOT... - B.Chameroy: "N'oubliez pas les paroles", c'est OK.
Pour le rythme, il faudra bosser. Vous faites beaucoup de soirées spéciales sur France 2... - J.Bugier: A la cantine, ce midi, on m'a dit que j'allais prendre cher avec Bertrand.
Je disais que c'était derrière nous. - B.Chameroy: C'est fait avec beaucoup de tendresse.
Soirée spéciale que j'ai adorée. Vous nous avez fait revivre le Débarquement comme si les chaînes info existaient à l'époque. L'occasion de découvrir une priorité au direct qu'on n'avait pas vue venir. - J.Bugier: Nouvelle alerte info.
On apprend à l'instant que nous venons de recevoir des images d'Hitler. - B.Chameroy: Priorité à Hitler!
Sans contexte, c'est étrange. Cérémonie d'ouverture de Notre-Dame. Manque de bol, votre fiche avec les bonnes infos était partie en cendres lors de l'incendie. - J.Bugier: Le chancelier allemand devrait être là...
Le président. Cette façade, on m'a rappelé qu'elle n'avait pas été nettoyée depuis 160 ans. On est stupéfaits. - Non, elle a été nettoyée dans les années 90. - J.Bugier: Ca évoque la création, c'est ça? - Et l'amitié. - B.Chameroy: Bon anniversaire! - J.Bugier: 10 heures d'antenne! - B.Chameroy: On fait plus d'erreurs en moins de temps d'antenne. - A.-E.Lemoine: Vous avez été le 1er journaliste à délocaliser le 13h au moment des travaux sur le chantier de Notre-Dame. - J.Bugier: On avait fait ça un an avant la réouverture.
J'aime ces moments de communion qui rassemblent les Français. On en a besoin, en ce moment. Ce chantier était un de ces moments où tous les Français avaient hâte que la réouverture se passe.
On a pu installer le plateau du 13h un an pile-poil avant la réouverture. On avait eu cette idée avec les équipes du 13h De rendre hommage aux Compagnons rencontrés sur le chantier. Il se trouve que le président Macron est venu sur le chantier ce jour-là pour saluer les Compagnons.
Il nous a accordé quelques mots. - A.-E.Lemoine: Votre rêve serait de vous délocaliser sur le sommet du mont Blanc?
Pas du tout? - J.Bugier: Non, mais j'aimerais bien...
On n'est pas loin de la vérité. Je voulais faire une délocalisation...
Chaque année, on avait des délocalisations du 13h. Je voulais en faire autour de grandes thématiques, de grands sujets de société. L'écologie m'intéresse.
Je voulais faire une délocalisation sur l'aiguille de Chamonix. On n'a pas réussi à le faire, parce que les contraintes techniques sont compliquées. - A.-E.Lemoine: Ce 13h, vous vous y sentez bien?
Il y a une vraie proximité avec les téléspectateurs. Vous avez été touché par une lettre d'une téléspectatrice de 85 ans. - J.Bugier: C'est vrai.
C'est marrant que vous ayez ça en tête...
Je me souvenais pas l'avoir raconté. On reçoit un tas de choses quand on présente un journal. Parfois, il y a des mots, des lettres qui vous marquent plus que d'autres.
J'avais reçu la lettre très bien écrite, sur plusieurs feuillets, de cette femme de 85 ans qui m'avait dit: "Vous ressemblez énormément à mon mari qui était soldat pendant la Seconde Guerre mondiale et qui est mort peu de temps après être revenu du front. Il avait été prisonnier dans les camps allemands." Elle me joins une photo.
Effectivement, je lui ressemble énormément. Je lui ai répondu. C'était très touchant. - A.-E.Lemoine: Cette téléspectatrice doit forcément être devant ce "C à vous", puisque vous en êtes l'invité.
Le journal de 13h de France 2 dont vous fêtez les 5 ans...
Je rappelle votre livre, "Les Bateaux sur la terrasse", Jessé. P.Besson a adoré aussi.
Il me demande de vous transmettre ce message. - J.Rémond Lacroix: C'est vrai?
J'adore P.Besson aussi. - A.-E.Lemoine: "Message personnel", c'est le titre de votre spectacle.
On viendra vous applaudir. Tout de suite, L'OEil de Pierre. - P.Lescure: Cette chronique a pour mission de s'arrêter chaque jour sur une création d'hier ou d'aujourd'hui, une oeuvre, un auteur.
J'ai du bol parce que c'est que du plaisir. C'est le contraire d'une obligation. Mais forcément, ça crée des devoirs.
Dieu sait si je crois aimer beaucoup de choses, mais il y a des choses pour lesquelles je reste depuis toujours hermétique. Par exemple, la bossanova. Ce soir, je vous propose ceci. ...
Depuis 1964, c'est tout à la fois un hymne, un symbole, un standard. C'est la chanson brésilienne. Astrud Gilberto est la voix de la bossanova.
Un documentaire raconte l'essor de la chanson et de son interprète. Au début des années 60, Astrud rencontre Joao Gilberto, qui est un Brésilien et un putain de guitariste. Il va révolutionner la musique brésilienne dans la façon de passer de la samba à cette bossanova murmurée et mélancolique. ... - P.Lescure: Au départ, Joao a chanté en brésilien et Astrud devait faire quelques couplets en anglais.
Sauf que le producteur new-yorkais n'a gardé que la voix d'Astrud: la chanson a fait le tour du monde. Joao a fait la gueule et le Brésil a boudé Astrud, qui s'est installée à Philadelphie. - Si la chanson propulse Astrud Gilberto à travers le monde, la belle histoire a néanmoins son revers.
Astrud n'est pas mentionnée sur la pochette de l'album et n'a touché qu'un cachet de 120 dollars alors qu'elle a largement contribué au succès international du disque. De son côté, Joao n'a pas supporté qu'on ait coupé sa voix sur le titre. Le couple, jusqu'ici inséparable, se disloque. - P.Lescure: Ca, c'est l'histoire intime de Joao et Astrud, mais il faut voir ce doc à partir de dimanche sur Arte.
C'est l'histoire de la chanson, du couple, mais beaucoup celle du Brésil des années 60 et de ce mariage du jazz et de la bossanova. - Les compositeurs et certains musiciens avaient étudié la musique en écoutant du jazz. Nat King Cole, F.Sinatra...
Cela enrichit l'harmonie et y ajoute de la musique classique, en particulier Ravel et Debussy. J.Gilberto, quand il a simplifié le rythme de la bossanova à la guitare...
C'est totalement le rythme de la samba, d'une percussion de samba. - P.Lescure: Un des grands artistes de la bossanova aujourd'hui sera à Paris au mois de mai.
Le doc sera dimanche sur arte.tv. - A.-E.Lemoine: Vous lui direz que vous n'aimez pas la bossanova? - P.Lescure: Je n'irai pas. - A.-E.Lemoine: C'est bien de le signaler pour ceux qui aiment la bossanova.
C'est incroyable, cette abnégation, Pierre. On se retrouve dans un instant. D'ici là, Simon Astier dans la loge HMC. - Ah! - Je vous ai pas fait peur? - Non, t'inquiète.
Tu nous as un peu surpris. - "Surpris," c'est pas bien. Il faut que je fasse peur. - Tu fais quoi, dans la scène? - Je suis possédé.
Je deviens démoniaque et je poursuis ma femme en hurlant comme un démon. Je suis dégoûté parce que là-bas, Je devais faire l'exercice...
Je suis meilleur en incantations. - Pense à un truc qui te fout la rage. Il crie. - Ca fait pas du tout peur.
Le mec est un peu fâché, quoi. - Fâché? Non! - C'est plus énervant qu'effrayant. - Même agaçant.
Tu pensais à quoi? - Aux jours fériés mal placés qui t'empêchent de faire le pont. - Ca fait pas peur.
Tu peux peut-être essayer un rire. - A la J.Nicholson? - Par exemple.
Rire forcé. - Pourquoi tu tousses? Tu tousses vraiment? - Ca me saoule. - Moi aussi. - Sinon, on mise tout sur le maquillage.
On fait un truc bien sanglant. - T'es sûre? Je supporte pas bien la vue du sang. - C'est du faux sang.
T'inquiète pas. - Alors? - Vous foutez quoi, bordel? - Arrête de crier... - Simon? - Là, c'est super.
Tu fais hyper peur. - A.-E.Lemoine: Et si F.Mitterrand était devenu un écrivain plutôt qu'un président?
Lui qui lisait tout le temps, qui plaçait la littérature au-dessus de la politique...
Dans le portrait officiel, on le montrait un livre à la main. Il n'aurait pas été le même dirigeant s'il n'avait pas été un amoureux des lettres et des mots. - Je suis chaque jour stupéfait de rencontrer des passants qui me disent "vous lisez des livres?", comme si un homme politique était une sorte de robot spécialisé pour gérer les affaires du pays.
Je suis convaincu que s'il n'était que cela... - A.-E.Lemoine: On est ravis de vous recevoir, M.Pingeot.
Vous sortez un documentaire sur votre père. Vous avez longtemps hésité à l'écrire. C'est une nécessité de rappeler à quel point on ne doit pas faire de politique sans être attaché aux mots, à la langue, à la culture.
Pourquoi c'est si essentiel? - M.Pingeot: Il y a un certain nombre de raisons.
C'est un angle qui a fait que j'ai accepté de faire ce documentaire. Je trouve qu'il était singulier, original, intéressant. Il permet de parler de politique autrement.
Il y a un angle politique, pas de manière frontale, mais qui permet d'éclairer le fait que pour être un homme politique, c'est pas inintéressant de regarder du côté de la culture, de la littérature et de cet autre monde possible, cette autre vie possible, ne serait-ce que pour nourrir son imaginaire, d'autres possibles, ne pas être les yeux rivés dans un quotidien...
Et être un meilleur dirigeant. Ensuite, le lien à la langue...
Il me semble Que c'est une forme de respect des autres, de soi-même. Lorsqu'on est président et qu'on incarne un pays, c'est pas trop mal de savoir utiliser sa langue dans tous les registres, que ce soit à l'écrit, à l'oral, dans un discours ou dans un débat. C'est extrêmement important.
On pourrait considérer que la rhétorique fait partie de la politique depuis la nuit des temps. Mais là, c'est une véritable sensibilité à la langue, comme si elle pouvait épouser les paysages, dire quelque chose de précis, des émotions. C'est aussi un voyage à travers la France.
C'est une langue très ancrée dans le terroir, d'une certaine façon. - A.-E.Lemoine: Président, c'était le pire cauchemar de votre père, de s'adresser à une caméra, aux Français.
C'est par là qu'il aimait faire passer les messages. - M.Pingeot: Il a d'abord commencé comme beaucoup de politiques de cette époque, par s'adresser à un public.
C'était un tribun, au départ. A l'Assemblée nationale, il faut savoir prendre la parole, parler plus fort que les autres, arriver à se faire écouter. Il était également excellent dans les meetings.
L'arrivée de la télévision, ça a été un petit moment de difficulté. C'est d'autres codes. Il faut parler plus simplement, plus rapidement.
On s'adresse à une caméra. C'est un peu spécial. Personne ne vous regarde, ne vous répond.
Il a fallu qu'il apprenne. Quand on voit des images, au tout début, il est pas super à l'aise. - P.Cohen: En 65... - A.-E.Lemoine: On découvre son obsession du mot juste, de la pureté de la phrase.
On comprend pourquoi il remanie chacun des discours que lui écrivait Erik Orsenna. Il explique qu'il écrivait "il est bon pour la France", et ça exaspérait le président. - M.Pingeot: Il disait "il est juste", plutôt.
Est-ce qu'on privilégie le bien ou le juste? C'est un vrai choix politique. La précision des mots est importante. - L.Sénéchal: Il a réussi à publier des ouvrages, dont un best-seller, "La Paille et le Grain", et aussi "L'abeille et l'Architecte". - Mon père n'aimait pas qu'on lui fasse la leçon, y compris B.Pivot, quand il lui dit qu'il écrit de mieux en mieux.
Ca se sent. - F.Mitterrand: D'abord, écrire, qu'est-ce que ça veut dire?
On va pas se lancer dans une discussion...
Je pense que si c'est vrai, c'est parce que je suis de plus en plus libre. - L.Sénéchal: On le sent piqué au vif. - M.Pingeot: Il n'aime pas trop que B.Pivot lui fasse la leçon. "Je vous donne une bonne note, vous avez fait des progrès"... - L.Sénéchal: Il avait encore plus peur de publier un ouvrage que de se présenter à des élections? - M.Pingeot: Je l'ai un peu découvert à travers des archives.
Il a une certaine anxiété à être publié et au regard qu'on peut porter sur son style, sur ses écrits. Il y a comme une sorte de faute morale à mettre un adjectif en trop ou un subjonctif qui n'irait pas. - L.Sénéchal: Il a été beaucoup critiqué pour son action politique, aussi. - M.Pingeot: Ca, c'était le jeu.
Je pense que ça ne le dérangeait pas. Il avait accepté les règles du jeu. La littérature, ça livre quelque chose d'une forme d'intimité, même s'il n'a pas écrit de journaux intimes.
Il y a toute une réflexion sur la question du journal intime. Il a quand même écrit un journal. La littérature, ça livre quelque chose de soi qui vous rend très vulnérable.
Ca, il l'exprimait. - A.-E.Lemoine: Cette autre vie possible, c'est aussi la vôtre.
Ca aurait été aussi la vôtre. - M.Pingeot: C'est sûr.
Elle aurait été un peu moins exposée, on va dire. - A.-E.Lemoine: C'est-à-dire que votre enfance aurait été bien différente.
Vous avez dû taire et vivre dans le secret, c'est pour ça que vous êtes devenue une écrivaine. - M.Pingeot: C'est ce que je pense.
C'est toujours difficile de savoir pourquoi on choisit telle ou telle voie. Je pense que la relation que j'ai à la langue est surtout née du silence et de ne pas pouvoir dire. - A.-E.Lemoine: J'ai été surprise d'apprendre que vous n'aviez pas lu les livres signés F.Mitterrand. - M.Pingeot: Pourquoi ça vous surprend?
Est-ce que les enfants s'intéressent à ce que font leurs parents? - A.-E.Lemoine: Non, c'est vrai. - P.Cohen: A partir d'un certain âge, c'est vrai. - M.Pingeot: Maintenant que j'ai atteint un grand âge, je commence à m'y intéresser. - J.Bugier: Pour le documentaire, vous les avez lus? - M.Pingeot: J'ai pas été une bonne élève...
L'idée, ce n'est pas d'avoir un regard exhaustif ni académiques sur ses écrits. C'est vraiment d'essayer de revisiter son rapport à la littérature depuis le début. - J.Bugier: La curiosité de savoir s'il avait un joli style? - M.Pingeot: J'ai quand même lu des livres.
En fait, il a énormément écrit. - P.Lescure: Toujours à propos de ses écrits, votre mère a toujours été d'une extrême discrétion sur sa relation avec votre père, avant de publier ou d'autoriser la publication, en 2016, de la correspondance clandestine passionnée qu'il lui adressait. - J'embrasserai ta main très doucement.
Tu ne sauras pas d'où sort cette caresse. Son rêve se ramènera dans les hautes herbes, sur les pentes que tu aimes. Je voudrais que tu souries à la beauté, à l'harmonie.
Je retiendrai mon souffle. Nous ne serons plus seuls, mon Anne. - P.Lescure: Ca vous fascine ou ça vous met mal à l'aise? - M.Pingeot: C'est toujours un peu étrange de lire la correspondance de ses parents.
C'est intime. C'est une intimité redoublée. Il y a l'écriture et un dialogue.
C'est toujours un peu bizarre, mais elles sont tellement belles que ça m'est presque... - P.Lescure: Sur le plan littéraire, c'est quelque chose. - M.Pingeot: Ca permet d'avoir un recul. - A.-E.Lemoine: "François Mitterrand, une autre vie possible", un formidable documentaire.
C'est demain sur LCP. Votre présence a inspiré le Pas de côté de Patrick. Votre pas de côté, c'est un souvenir de F.Mitterrand. - P.Cohen: Souvenir éblouissant d'une journée passée avec lui dans un lieu mythique, Tombouctou.
On est en 1986. Le président fait la tournée des capitales africaines. Il y a un sommet franco-africain à Lomé en présence de Chirac.
On est en cohabitation. Il y a des rendez-vous multiples avec d'autres présidents. Au milieu de tout ça, F.Mitterrand s'offre une parenthèse touristique, une escapade purement touristique et culturelle, sans aucun souci de confort.
Bamako et Tombouctou, c'est 2 heures de vol en avion militaire. C'est pas du tout confortable, mais ça valait le voyage. - Tombouctou, nom magique de l'Afrique, la mystérieuse, a réservé à F.Mitterrand un accueil digne de sa réputation.
Il a visité la ville en s'arrêtant longuement devant la maison de René Caillié, qui fut le 1er Européen à découvrir cette ville. - F.Mitterrand: C'était quasiment un de mes compatriotes.
Il faut imaginer cet homme seul parcourant ces immenses déserts, ces territoires, le Sahel...
Les autres explorateurs n'en sont pas revenus. - P.Cohen: C'est amusant, sa façon de parler de lui, "quasiment compatriote".
René Caillié était du Poitou, et F.Mitterrand, de Charente. Le lien est plus profond et plus ancien que ça. 15 ans plus tôt, F.Mitterrand a jumelé sa ville de Château-Chinon avec Tombouctou. - A.-E.Lemoine: Et vous étiez du voyage. - P.Cohen: Oui.
J'ai gagné un tirage au sort. On était au moins 80 journalistes à suivre la tournée présidentielle, mais il y avait tellement peu de places dans le Transal que nous n'étions que 2 journalistes. - J.Bugier: Est-ce qu'on va voir votre photo? - P.Cohen: Non.
Je ne l'ai pas. Nous n'étions que 2 journalistes. Je garde en tête l'image sublime de l'apparition de Tombouctou lors de son approche en avion, celle d'une ville aux couleurs de sable, avec des maisons en terre crue, comme fondues dans le désert.
C'est inoubliable. C'est peut-être perdu à jamais. La région est retombée entre les mains des djihadistes, ceux qui avaient détruit des mausolées.
Aujourd'hui, je mesure ma chance en me souvenant de cette journée à Tombouctou, et de F.Mitterrand, grâce à qui j'ai pu y passer ce moment. - M.Pingeot: Eh ben! - A.-E.Lemoine: On va entendre beaucoup de souvenirs.
Demain, ce sera le 30e anniversaire de la disparition de F.Mitterrand. Ces journées sont toujours particulières pour vous? - M.Pingeot: Oui.
Forcément plus celle des 30 ans que celle des 28 ou des 15. Bien sûr, c'est important d'avoir des dates anniversaires pour un moment de recueillement. 30 ans, ça me paraît dingue...
Je ne les ai pas vus passer. C'est sûrement inintéressant de dire ça, mais ça me fait toujours bizarre. Après, il est tout le temps présent.
Je le vois à la télé, je l'entends à la radio. C'est une absence qui est très meublée de présence. Evidemment, intérieurement aussi. 30 ans, c'est assez impressionnant. - A.-E.Lemoine: Julian, vous aviez 1 an en 1981.
Vous avez grandi sous F.Mitterrand. - J.Bugier: Je suis né en novembre 80, et il est élu en mai 81.
Mon père, qui était journaliste en PQR, avait une photo qui trônait sur son bureau. C'était avec Mitterrand à l'occasion d'une visite qu'il a faite à Blois pour inaugurer le pont qui porte son nom. C'est resté dans la mémoire collective de la petite famille Bugier.
Un moment de gloire de mon père. - A.-E.Lemoine: Tout de suite, le Bonus de L.Sénéchal.
On parle des interviews présidentielles. - L.Sénéchal: Je commence par un épisode qui nous tient à coeur, puisqu'il implique le jeune P.Lescure, 35 ans, qui doit interviewer le président Mitterrand en 83.
Ca capte mal. Il faut faire venir une véritable grue, qui arrive trop tard. P.Lescure, digne dans l'embarras, et digne aussi le lendemain quand il peut enfin faire l'interview. - P.Lescure: Nous avons joué de malchance.
Le brouillard n'a pas voulu faire du sien. La propriété familiale du président de la République se trouvait dans une cuvette, dans un terrain suffisamment mouvementé pour nécessiter une grue de 43 m. Cette grue était en route vers nous et elle a été bloquée par le brouillard.
Mesdames et messieurs, bonjour. Nous sommes cette fois en direct de la propriété familiale du président de la République. Monsieur le président, bonjour.
Avec moi, cette grue que vous connaissez puisqu'elle est devant chez vous depuis hier. Rires. - L.Sénéchal: Comment il a réagi? - P.Lescure: Il a été d'un calme olympien en nous disant "on le fait demain, mais on va faire en sorte que tout le monde soit équipé".
Je suis allé faire mon intervention. J'ai parlé de la cuvette. Il était en train de se faire démaquiller quand j'ai fini.
Il m'a dit: "Vous mentez très bien. Vous ferez une grande carrière." - L.Sénéchal: Mazarine, vous le reconnaissez, votre père, dans cette posture? - M.Pingeot: Moi, je ne le voyais pas comme ça.
Ca, c'est pas le père. C'est plutôt le président. C'était pas tout à fait la même personne. - L.Sénéchal: Autre couac d'un futur président, J.Chirac, chef de file de la droite pour les législatives de 81. - Monsieur Chirac, vous êtes avec nous.
J'ai l'impression qu'il n'entend pas. - J.Chirac: Qu'est-ce qui lui arrive, à la 2?
Il faut faire chauffer l'appareil? - Non. On a un langage en direct et un langage dès que c'est hors caméra. - L.Sénéchal: E.Macron, tout juste élu pour la 1re fois président, doit prendre la parole pour son discours de victoire.
Il se retrouve à l'antenne un peu trop tôt. - E.Macron: Remonte un peu, 2 secondes.
OK. Continue. Là, si je passe sur toutes les chaînes en disant ça, j'aurai l'air intelligent. - On est ouvert, monsieur le président. - L.Sénéchal: Je ne me lasse pas du moment où il se rend compte qu'il est vraiment en direct.
Là, c'est plutôt un clin d'oeil. J'ai l'impression que c'est pas facile d'interviewer un président. Vous avez interviewé E.Macron.
Vous aviez des problèmes de sueur. Il faisait peut-être un peu trop chaud. Peut-être que c'était l'émotion.
Une question pas facile. C'est presque E.Macron qui s'interviewe lui-même. - E.Macron: Vous pensez que ça me fait plaisir de faire cette réforme? - Dites-le nous. - E.Macron: Non.
Vous pensez qu'on peut continuer avec les mêmes règles? Qu'est-ce que c'est, les déficits? Est-ce que vous pensez que je n'aurais pas pu faire comme tant avant moi, mettre la poussière sous le tapis?
Oui! Peut-être! - J.Bugier: J'aurais adoré interviewer des présidents à une époque où l'objet télévisuel n'était pas aussi un objet de posture et de façade. - A.-E.Lemoine: De la part des politiques? - J.Bugier: Un président comme Chirac ou Mitterrand, qui avaient... - P.Cohen: Il n'y avait pas de posture, vous pensez? - J.Bugier: Il y en avait, mais on n'était pas dans la course à la minute.
On pose une question, on est déjà dans la relance, dans la rhétorique...
C'est un endroit dans lequel on est vite piégé. On ne peut pas aller dans le fond des choses. J'aurais adoré avoir 2 heures d'interview pour poser les questions qu'on veut poser, et les relances, surtout. - A.-E.Lemoine: On va continuer d'évoquer des souvenirs de vos 1ers pas au JT.
Avant, on passe à table? Nous attend à la table du dîner de "C à vous" une soupe de lentilles corail au lait de coco préparée par Lou, notre cheffe, qui s'installe. Bienvenue à la table de "C à vous".
Vous allez pouvoir dire "miam miam, la soupe aux lentilles". - J.Bugier: Oui.
Je vais pas le faire tout le menu... - P.Cohen: J'ai entendu un "miam miam, le mimosa". - B.Chameroy: Pour la défense de Julian, il ne parlait pas de la fleur.
C'était une sucrerie qui a la forme de la fleur mimosa mais qui est sucrée. - A.-E.Lemoine: Il est obsédé par Julian!
Patrick? - P.Cohen: Votre 1er JT, c'était en joker de D.Pujadas.
Vous avez 29 ans, en 2011. - Le journal de 20h, J.Bugier... - J.Bugier: Il est 20h.
Bienvenue. Dans l'actualité ce soir, le Tour de France. C'est une première en 25 ans: un Français s'impose au sommet de l'Alpe-d'Huez. - P.Cohen: Bon souvenir? - J.Bugier: Très mauvais. - P.Cohen: Qu'est-ce qui s'est passé?
Il y a eu un problème en régie? - J.Bugier: Il se passe 2 trucs, ce soir-là.
Le premier, c'est ce qu'il y a la tuerie Breivik, en Norvège. A l'époque, je suis pas rédacteur en chef de mon journal. Je m'inscris dans les pas de mon équipe.
Le bilan est pas connu. Il y a le Tour de France. Il y a une victoire.
C'est diffusé sur France Télévisions. On fait l'erreur d'ouvrir...
On peut le dire, il y a prescription. On fait l'erreur d'ouvrir par le Tour de France. Le nombre de victimes, au moment où on prend l'antenne, n'est pas celui qu'on connaît.
Le 2e événement, c'est que j'étais évidemment très stressé. A un moment, l'équipe ne me parlait plus dans l'oreillette. Je leur dis: "Parlez-moi, rassurez-moi, est-ce que tout se passe bien?" Le chef d'édition, qui est très important, était tombé...
Il a fait un malaise et il était tombé...
Il y avait les pompiers en régie. Tout ça pour le 1er journal! - B.Chameroy: Il y avait aussi la mort d'A.Winehouse, dans ce JT.
C'est Julian qui m'avait informé. - A.-E.Lemoine: Ca remonte à très longtemps, 2011!
Pierre? - P.Lescure: Tout à l'heure, on évoquait le mont Blanc, où vous irez bientôt faire une délocalisation.
Vous nous avez habitués maintenant à ces moments très spéciaux et très risqués qui sont ceux du 14-Juillet, où vous acceptez les défis de l'armée, comme sauter en parachute avec T.Pesquet. - J.Bugier: C'est parti pour une descente. 50 m de vide en dessous de moi.
On va descendre l'Arc de Triomphe. Ca va un peu vite. On est dans le vide total. *-On est en train de monter dans les nuages.
Waouh! Incroyable! - J.Bugier: Je suis super tendu.
Super! - P.Lescure: Au-delà de la mission, c'est un kif personnel? - J.Bugier: Oui.
J'aime beaucoup. J'ai pas fait l'armée. Les émissions me permettent d'embarquer avec des gens d'exception.
Je dis souvent à mes enfants que ce qui est formidable dans notre métier, c'est de raconter des histoires. L'actualité est une histoire, même si elle est tragique. C'est aussi faire des rencontres et rentrer dans des univers auxquels on n'a pas accès quand on a une vie à peu près normale. - A.-E.Lemoine: Avant d'être journaliste, vous aviez une vie normale.
Vous étiez serveur dans un bar. Vous avez rencontré Madonna! - J.Bugier: Un peu par hasard.
J'ai servi un cocktail à Madonna. - A.-E.Lemoine: C'est quand même une histoire de dingue. - J.Bugier: Vous venez de me dire que vous rêviez de faire ça.
Chiche, au 14-Juillet, je vous emmène sauter en parachute. - A.-E.Lemoine: Non, mais...
Je pensais...
Dans l'avion, là! Sans sauter! - J.Bugier: Dites-moi ce que vous voulez faire et je vous emmène.
Je suis sûr que l'armée sera ravie de vous accueillir. - A.-E.Lemoine: Bridget Jones! - J.Rémond Lacroix: Juste, cette soupe est incroyable.
Elle est formidable. - Lou: C'est adorable. - A.-E.Lemoine: Si T.Swift déboule, qu'est-ce qui se passe? - J.Rémond Lacroix: Ca m'a fait penser à Santa, qui est toujours dans les airs.
Je veux pas piquer la place de Babeth... - J.Bugier: Elle était la marraine du Téléthon.
Elle a fait un don phénoménal. C'est la 1re fois qu'un artiste donnait autant. - J.Rémond Lacroix: Ca m'a fait penser à ça.
Si T.Swift débarquait, je pense qu'elle dirait que la soupe est excellente, déjà. J'espère qu'elle passerait un bon moment avec nous.
Peut-être qu'elle connaît Mitterrand, aussi. - A.-E.Lemoine: T.Swift?
Elle est assez engagée, non? Je sais pas. Elle aimerait votre livre, "Les Bateaux sur la terrasse".
Le documentaire produit par l'INA s'appelle "François Mitterrand, une autre vie possible". Demain, à 13h, on retrouve... - B.Chameroy: J.Bugier, le meilleur journaliste de tous les 13h. - A.-E.Lemoine: Et voilà, une "reconciliacion".
Juste avant les Actualités de Bertrand, un petit tour par "La Grande Librairie". - A.Trapenard: Moi aussi, j'ai envie de faire du parachute!
Vous m'emmenez sauter en parachute? Ca me ferait plaisir. On y va ensemble.
Je voudrais vous souhaiter la plus belle des années, et une année littéraire, évidemment. Je ne vais pas vous souhaiter une année politique. Ce soir, c'est la rentrée de janvier, avec des romanciers assez extraordinaires qui nous racontent de grandes histoires du XXe siècle.
Ce sont des enfants du siècle, de grandes odyssées. P.Lemaitre, évidemment, M.-H.Lafon à son sommet et le très rock'n'roll B.Dierstein, A.Compagnon et la redoutable A.de Saint-André.
C'est juste après "C à vous". - A.-E.Lemoine: A tout de suite, et bonne année.
Pardonnez-moi cet oubli. On conclut ce "C à vous" avec les Actualités de Bertrand. - B.Chameroy: Bonsoir.
Nous sommes le 7 janvier. A la une de ce mercredi, il a encore neigé! Il était 16h52 hier quand elle est apparue pour nous rassurer. - Bonsoir, madame Pécresse. - Libérée, Délivrée!
Je ne mentirai plus jamais! - V.Pécresse: Pour bien connaître des pays où il fait froid, quand il neige, on est bloqués chez soi. - B.Chameroy: Ah bon?
Vraiment? Vérifions cette information ensemble. Voici l'analyse de cet épisode neigeux vu par les journalistes québécois. - Il neige sur Paris, une tempête épouvantable qui paralyse la ville au complet.
Ca doit être quoi, 2 cm? - Combien de centimètres? - Je sais pas. 10? - Entre 3 et 7 cm! - Comment ça se fait que cette ville n'est pas préparée? - P.Cohen: On va pas comparer Paris et Montréal... - A.-E.Lemoine: C'est pas lui, qui compare, c'est les Québécois! - P.Cohen: Mais si!
Je t'engueule! - B.Chameroy: Les chaînes info ont déployé de gros moyens.
Avalanche de journalistes! - Une journée compliquée. - On part en Ile-de-France. - B.Chameroy: Une sacrée journée. - Toutes les équipes de BFM sont mobilisées... - Sur le terrain avec nos équipes. - Ca y est, la chaussée se blanchit. - Une perturbation plus importante que celle de lundi. - B.Chameroy: Pas en pleine forme, O.Véran.
Ajoutez à cela des moqueries des journalistes qui sont bien au chaud peinards en plateau. Gros soutien. - On va avoir besoin de vous jusqu'à 9h.
Vous voulez réagir? - Le petit plaisir un peu vicieux de voir ses camarades... - On va vous interrompre.
Il faut voir l'état de Kévin. On n'a pas été sympas. On l'a envoyé dans le froid pour faire la météo. - Au contact de la neige et du verglas! - Derrière moi, cette image en direct avec cette voiture qui, depuis tout à l'heure, avance et a énormément de mal à continuer à avancer. - B.Chameroy: "Ha, les nuls!" Le froid commence à avoir de vraies conséquences sur les journalistes.
Ils sont complètement givrés de la cabeza. - Beaucoup de piétons ont privilégié de sortir à pied. - B.Chameroy: Vraiment, vous les mettez sous une couverture avec une bouillotte.
Tout le monde devient fou, avec ce froid. Les gens se marrent pour rien. - Quand il est venu à Paris, il a pris exactement le même équipement que pour faire le mont Blanc. - Il fait froid! - Je vous fais une petite part.
Petite part de galette pour vous! - B.Chameroy: Attention à lui, quand même.
Tout le monde est déjà à bout. J'en connais un qui aimerait que cet épisode se termine, E.Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers.
Il n'a pas dormi depuis 72 heures. Il vit sur les plateaux des chaînes info. - E.Brocardi, bonsoir. - E.Brocardi est avec nous. - E.Brocardi, comment on évite la glissade? - Merci de nous avoir rejoints. - B.Chameroy: Il a quand même hâte de rentrer chez lui.
G.Daret, ne voulant pas subir le même sort, a tenté de s'enfuir du plateau. - Département le plus enneigé de France. - B.Chameroy: "Excusez-moi, mon Uber vient d'arriver." Le porte-parole de la RATP était venu sur BFM avec un message clair. - Bonjour, J.Brun, porte-parole du groupe RATP.
Quelle est la situation en ce milieu de matinée? - Des pickpockets peuvent être en station ou à bord des trains. Fermez bien vos sacs et soyez vigilants en utilisant votre smartphone. - B.Chameroy: Moi aussi, ça me tape sur le système.
Cet épisode neigeux, c'est aussi l'occasion de réinventer complètement le code de la route. La réponse à la question "que faut-il faire en cas de stop" peut changer selon les personnes. - Les routes n'ont pas été traitées et ce livreur en fait les frais. - Là, je me suis arrêté au stop.
J'aurais jamais dû! - B.Chameroy: Un électeur de plus pour L.Sarkozy!
Le kéké des plages incarné par F.Dubosc est maintenant le kéké des neiges. ...
Derrière, il vient faire L'OEil de Pierre. Les services municipaux étaient aussi sur le pont pour tenter de déneiger les trottoirs. En Seine-et-Marne, ils ont fait face à un bel obstacle. - Manu est en train de déblayer les trottoirs.
Il est très difficile ici de faire la différence entre les routes et les trottoirs. Votre mission, qu'est-ce que c'est? - De dégager toute la neige sur le trottoir. - B.Chameroy: Petit indice dans la question. - A.-E.Lemoine: On aurait posé la même. - B.Chameroy: Non!
Dans la Sarthe, c'était service minimum pour le déneigement. Je pense que les gars que vous allez voir sont intermittents du spectacle. Ils attendaient juste le "go" pour commencer à bosser. - Les agents communaux... - On était avec eux dans la déneigeuse. - B.Chameroy: Action! - Ils sont en train de déblayer les trottoirs. - B.Chameroy: "Elle est bonne!
On la garde!" L'autre info du jour, ce sont les obsèques de cette personnalité française. - Les obsèques de B.Macron...
B.Bardot! - B.Chameroy: Ce n'était pas facile de trouver de bons témoins. - Pierre-Yves, vous êtes un vrai Tropézien.
Il y a de l'émotion, aujourd'hui? - Un peu. Bien sûr.
C'est évident. Ouais... - B.Chameroy: En même temps, qui a envie de parler à la télé lors de funérailles?
Il y avait du soleil, mais aussi du vent, notamment pour ce journaliste de CNews, qui s'est pris une rafale de mistral force 12 car il espérait décrocher un mot d'un ami de BB. - Je vais voir si Max...
Max? Max? Max Guazzini va nous dire...
Un petit mot? Il préfère ne pas répondre. - B.Chameroy: A la fin de la messe, l'envoyé spécial de CNews a réussi à obtenir une réaction qui n'intéressait personne en plateau.
Le début de la phrase laissait présager de la fin. - B.Montiel me confiait il y a quelques...
D'accord... - On va rejoindre R.Delfour. - B.Chameroy: La famille de B.Bardot a exprimé plusieurs souhaits qui ont été respectés à la lettre par tout le monde. - Ils ne voulaient pas que les noms des invités filtrent trop en avance, que la cérémonie soit télévisée. - B.Chameroy: CNews n'a pas respecté la règle non plus.
Enlevez le "news" du nom de la chaîne puisqu'ils n'ont pas les bonnes infos. - Ils ont dû trier les gens sur le volet pour pénétrer dans l'église. Aucune caméra n'est interdite. - L'arrivée de...
M.Mathieu... - Le centre historique de B.Bardot...
De Saint-Tropez, pardon... - On a vu M.Le Pen et J.Bardella... - Non, il sera pas là. - B.Chameroy: Dès qu'elle voyait un chien, paf!
La palme de l'hommage revient à P.Praud. - P.Praud: Dans le film "La Vérité", tout le monde est mort.
Tout le monde est mort. - B.Chameroy: Ce qui a donné lieu à "la question". - P.Praud: Qui est encore vivant? - B.Chameroy: Merci.
Fin de cette édition. L'info continue demain. - A.-E.Lemoine: Merci à tous les 3 d'avoir accepté notre invitation.
Demain, 13h sur France 2. LCP, 20h40.
Xavier Bertrand