Contre-Matinale #111 | Comment le système médiatique étouffe les scandales
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 19 %Attaque 61 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 23:18OuverteRéponse directe
Zouina, est-ce que tu m'entends ?
- 24:15OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a amené à soutenir collectivement le candidat Mélenchon ?
- 26:59OuverteRéponse partielle
Combien d'associations, de collectifs ou même de personnalités ont signé ce manifeste ?
- 28:02OuverteRéponse directe
Comment vous avez réussi à convaincre les uns et les autres à soutenir Jean-Luc Mélenchon d'une seule et même voix ?
- 30:47OuverteRéponse directe
En quoi ce candidat répond aux revendications des quartiers populaires ?
- 32:50OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il n'aurait pas fallu se mobiliser un peu plus en amont et notamment pour appeler ces jeunes issus des quartiers populaires à s'inscrire sur les listes électorales ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:41PrésentateurFait
« « Les révélations exclusives de l'ONG d'investigation Disclose qui souffre indéniablement d'un manque de médiatisation. » »
- 3:29reporterChiffre
« « Le plan de relance décidé par le gouvernement après le premier confinement avait prévu 200 millions d'euros pour la filière forêt-bois, dont 150 millions pour renouveler et diversifier les forêts dans un contexte de changement climatique. » »
- 3:42association CanopéeFait
« « Ces aides publiques ont surtout servi à financer des coupes rases remplacées par des plantations de résineux ressemblant plutôt à des monocultures qu'à des forêts diversifiées. » »
- 5:26Claire SekaïChiffre
« « L'élection présidentielle vue par Cyril Hanouna » consacré à la période de pré-campagne électorale à l'an de septembre à décembre 2021. Ce rapport met en avant une surreprésentation de l'extrême droite sur 17% du temps d'émission consacré aux émissions politiques, plus de la moitié consacrée aux idées nationalistes et identitaires. » »
- 6:01Bondi-BlogChiffre
« « Touche pas à mon poste », qui rassemble chaque soir environ 1,5 million de téléspectateurs, invisibilise ainsi les idées de la gauche, leur laissant seulement 12% du temps d'antenne consacré à la politique. » »
- 8:41PrésentateurChiffre
« « Avec un PIB nominal de 2 918 milliards d'euros en 2021, la France est la septième puissance économique mondiale et troisième puissance économique en Europe, tandis que l'Ukraine, à l'avenir incertain, depuis qu'elle a été envahie par le géant russe, affiche un PIB nominal estimé à 142,252 milliards d'euros. » »
- 9:08PrésentateurChiffre
« « Vladimir Zelensky, c'est 15,9 millions d'abonnés contre 2,9 millions pour Emmanuel Macron. » »
- 13:36InvitéChiffre
« « En 2017, Marine Le Pen vient de se prendre une claque au second tour de l'élection présidentielle. Mais elle n'est pas encore au bout de ses peines puisque le Front National fait face à d'énormes problèmes d'argent. Il doit de toute urgence trouver 5 à 6 millions d'euros pour payer les dernières factures et déposer les comptes de campagne à l'équilibre. » »
- 14:30InvitéChiffre
« « Mais on est à une semaine de la clôture des comptes de campagne et, miracle, il y a 8 millions d'euros qui tombent du ciel. » »
- 14:40InvitéFait
« « On savait que Laurent Fouché est un businessman qui a beaucoup d'affaires en Afrique. » »
- 15:03PrésentateurFait
« « L'argent venait d'abord d'oligarques du Kazakhstan, ayant pris le chemin de l'exil, parce qu'ils étaient traqués par le pouvoir de leur pays, de l'argent destiné à être investi en Afrique, par le français Laurent Fouché, qui a finalement réussi à doubler ses partenaires et à s'approprier une partie de leur fortune, notamment en nouant une alliance avec le pouvoir kazastanais. » »
- 16:04InvitéFait
« « En 2016, un an avant de prêter l'argent à Marine Le Pen, est complètement acculé, et il va passer un pacte avec l'ennemi, il va signer un accord avec l'État du Kazakhstan, où l'État du Kazakhstan renonce à engager des poursuites contre Laurent Fouché, mais en échange, Laurent Fouché va s'engager à donner toutes les informations qu'il a en sa possession sur les opposants kazakstanais, sur ces Ablazov-Krapunov, avec lesquels il a travaillé pendant des années. » »
- 18:39InvitéFait
« « Selon le site, la France a discrètement fourni l'armée russe entre 2015 et 2020 pour moderniser ses troupes terrestres et aériennes. » »
- 19:09InvitéFait
« « Mais d'après le média d'investigation, la France a profité d'une brèche juridique. L'embargo n'étant pas rétroactif, les gouvernements de François Hollande et d'Emmanuel Macron ont choisi de maintenir ces livraisons liés à des contrats signés avant la mise en œuvre de ces sanctions. » »
- 22:06PrésentateurChiffre
« « On a le montant total des exportations depuis 2015, 152 millions d'euros, mais rien sur le type de matériel livré. » »
- 42:30InvitéFait
« les grandes mesures qui ont été prises par Macron sont un échec par rapport aux objectifs affichés sur le plan économique et social. »
- 42:40InvitéFait
« On a des mesures fiscales en faveur des plus riches qui étaient censées relancer l'activité, la croissance, etc., qui n'ont pas du tout produit ces effets-là. »
- 42:58InvitéChiffre
« Toutes ces politiques d'exonération massive et de subvention aux entreprises privées qui nous coûtent des dizaines de milliards d'euros par an n'ont pas non plus porté leurs fruits. »
- 43:20InvitéFait
« Elles ont permis d'augmenter les inégalités sociales entre les classes supérieures et les personnes les plus modestes. »
- 43:41InvitéFait
« la plupart d'entre nous, on n'est pas riches, on ne fait pas partie des 10 % les plus riches. Et les personnes qui ont le plus profité du quinquennat de Macron, ce sont les 1 % les plus riches. »
- 46:26InvitéFait
« Macron a annoncé que sa mesure phare, c'est d'être la retraite à 65 ans. »
- 46:42InvitéFait
« En réalité, on sait très bien ce qu'ils voulaient, c'était ça. »
- 50:17InvitéFait
« Macron n'a pas du tout respecté son mandat. Il était présenté comme quelqu'un de progressiste sur de nombreux aspects et il s'est avéré que c'était un authentique conservateur. »
- 50:31InvitéFait
« les libertés publiques ont reculé, notamment le droit à manifester a fortement reculé. »
- 51:31InvitéFait
« c'est un président qui a quand même nommé un ministre de l'Intérieur qui était accusé de violences sexuelles, un ministre de la Justice qui a eu des propos aussi sexistes de façon récurrente. »
- 53:29InvitéFait
« ce sentiment, il n'est pas tout à fait naturel, il est aussi construit politiquement. »
- 54:29InvitéFait
« les Français sont plutôt de gauche, en fait. Ils sont plutôt hostiles au capitalisme. »
- 55:34InvitéFait
« La réalité, c'est que les gens qui sont dans le mal emploi, qui sont dans le halo du chômage, plus nombreux qui ne l'ont jamais été, avec ce contexte d'inflation des prix de l'énergie. »
- 56:47InvitéFait
« Quand vous êtes à Pôle emploi, on vous fait sentir que vous êtes une bouche à nourrir, on vous parle hyper mal, ni bonjour, ni merde. »
- 1:04:26InvitéFait
« La BPI n'hésite pas à endosser le rôle de gestionnaire de fonds pour des investisseurs venus du Golfe. »
- 1:04:35InvitéChiffre
« Des dizaines de milliers de morts et un million de déplacés internes dans un pays qui compte à peine 4 millions d'habitants. »
- 1:05:24InvitéFait
« Nos adversaires ont des moyens et n'hésitent pas à recourir aux procédures Bayon. »
- 1:05:40InvitéFait
« Face à la grande offensive des pouvoirs et des oligarques contre le journalisme d'enquête, celui qui dérange et dévoile. »
Temps de parole
- Présentateur38 %
- Invité29 %
- Invité 221 %
- Invité 35 %
- Invité 42 %
≈ 0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour à vous chers matinaux, on se retrouve déjà pour la dernière contre-matinale de la semaine qui s'explique, maintenant vous le savez très bien, par la programmation de l'émission Face aux Indés tous les jeudis soirs à 19h. Et cette semaine, les collègues et camarades reçoivent le candidat du MPA, Philippe Poutou, un rendez-vous à ne pas manquer. Au programme du jour, deux éditos et deux interviews, un premier billet sur le président de la République, on s'est demandé si Emmanuel Macron, le communicant, n'en faisait pas un peu trop sur les réseaux sociaux. Et un second sur les affaires qui devraient être des scandales, si elles étaient suffisamment reprises par les médias.
On a en tête les révélations exclusives de l'ONG d'investigation Disclose qui souffre indéniablement d'un manque de médiatisation. Comment le système médiatique étouffe les scandales, c'est la question que l'on s'est posée. Une première invitée, Zouina, militante des quartiers populaires, elle reviendra sur une tribune qui, à n'en pas douter, marquera l'histoire des luttes au sein des quartiers populaires. Et un second invité que vous connaissez bien, Nicolas Framont, co-rédacteur en chef de Frustration, chroniqueur au Média TV, auteur d'un article très remarqué dont nous discuterons ensemble. Mais qui peut donc encore vouloir voter Macron ?
Un petit point rapide sur la cagnotte enquête qui court jusqu'au 31 mars. On compte sur vous pour nous aider à financer nos investigations longues et coûteuses sur des sujets épineux, comme le financement occulte du Rassemblement National. Plus globalement, on a besoin de votre soutien pour garantir notre indépendance et donc notre liberté de ton. Vos likes, partages et abonnements nous donnent également de la force pour exister dans un monde où la dictature de l'algorithme règne. Au regard du programme chargé, on vous propose une revue des titres de la presse exclusivement indépendante et un peu plus courte que d'habitude.
Immeubles et hôpitaux ciblés, bombes à sous-munitions, accusations de crimes de guerre en Ukraine, titre basta. On l'a évoqué lors de la titrologie d'hier, l'Ukraine des pays occidentaux et des ONG constitue un dossier pour accuser la Russie devant la Cour pénale internationale. En effet, depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, ONG et journalistes sur le terrain constatent de nombreuses atteintes aux droits internationaux humanitaires et l'emploi par la mairie russe d'armes qui menacent spécifiquement les populations civiles. Au 15 mars, l'ONU dénombrait au moins 636 civils tués depuis le début de l'offensive russe en Ukraine, rapporte Bastia.
Parmi les personnes tuées, 46 étaient des enfants, précise l'ONU. Ces chiffres sont probablement beaucoup plus élevés car les rapports sont encore en cours de corroboration dans un contexte d'affrontement de plus en plus intense. A aussi relevé le Bureau des coordinations des affaires humanitaires de l'ONU, la Cour pénale internationale a annoncé ouvrir une enquête pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. On revient en France avec cette une de reporters qui dénoncent le financement de l'industrialisation de la forêt par le gouvernement.
Le plan de relance décidé par le gouvernement après le premier confinement avait prévu 200 millions d'euros pour la filière forêt-bois, dont 150 millions pour renouveler et diversifier les forêts dans un contexte de changement climatique, rappelle reporter. Pourtant, d'après l'association Canopée, spécialisée dans le plaidoyer pour la défense des forêts, ces aides publiques ont surtout servi à financer des coupes rases remplacées par des plantations de résineux ressemblant plutôt à des monocultures qu'à des forêts diversifiées.
Pour son rapport, l'association a interrogé une trentaine d'acteurs de la forêt et elle s'est procuré un bilan intermédiaire de la Direction générale de la performance économique du ministère de l'Agriculture. Ces résultats ne sont pas pour l'association une surprise car le plan de relance était selon elle taillé pour favoriser ce type de travaux forestiers. Canopée s'inquiète des conséquences pour les forêts. Une coupe rase peut avoir des affaires néfastes sur les sols, la biodiversité et les paysages. Rappelle l'association, elle stoppe net le cycle de la vie et dégrade durablement les écosystèmes, expliquait déjà reporter dans un article en 2020.
Plutôt que des fonds pour la replantation, l'association souhaiterait la fin de près de 500 suppressions de postes prévues à l'Office national des forêts afin d'assurer une présence fine sur le terrain pour une gestion plus durable des forêts. Le public d'Hanouna le suit-il dans sa course à l'extrême droite ? C'est la question que se pose le Bondi-Bloc dans un contexte où Cyril Hanouna prend de plus en plus de place dans le paysage politique. Ce mercredi, il va animer la troisième édition de Face à Baba, après Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon. C'est cette fois Marine Le Pen qui sera son invitée.
Ses émissions politiques marquent un virage médiatique et idéologique pour l'animateur, entraînant avec lui ses fans ou s'inquiète le journal. Claire Sekaï, chercheuse au CNRS, a décidé de suivre toute une saison des émissions de Cyril Hanouna. Fin janvier, elle a publié un rapport intitulé « L'élection présidentielle vue par Cyril Hanouna » consacré à la période de pré-campagne électorale à l'an de septembre à décembre 2021. Ce rapport met en avant une surreprésentation de l'extrême droite sur 17% du temps d'émission consacré aux émissions politiques, plus de la moitié consacrée aux idées nationalistes et identitaires.
« Touche pas à mon poste », qui rassemble chaque soir environ 1,5 million de téléspectateurs, invisibilise ainsi les idées de la gauche, leur laissant seulement 12% du temps d'antenne consacré à la politique. Bondi-Blog est allé à la rencontre du public de Cyril Hanouna. Dans les files d'attente devant le studio de son émission, pour tenter de comprendre si ce phénomène est perçu par les premiers fans de l'animateur qui officie à ses huit propriétés de Bolloré. Confidence à découvrir dans l'article. Les mobilisations sociales continuent. L'intersyndicale CGT, FSU, Solidaires et UNSA appellent ce jeudi 17 mars à des grèves et manifestations pour la hausse des salaires.
Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, revient sur les conflits que nourrit ces derniers mois, la baisse du pouvoir d'achat. Pour l'homme, la seule solution contre la vie chère, c'est la hausse des salaires, un entretien que vous retrouverez en une de l'humanité. Alors on me dit dans l'oreillette que mon pull interroge. Alors on s'offusque de voir une journaliste porter un sweat à capuche, mais bon je ne fais que comme le président de la République. Mais qu'on ne s'y méprenne pas, l'apparition sur les réseaux sociaux d'Emmanuel Macron en hoodie ne signifie pas un relâchement de la fonction.
Bien au contraire, ces photos officielles du président français, habituellement tiré à quatre épingles, troquant son costard cravate bleue marine contre un sweat à capuche des forces armées, s'inscrivent ni plus ni moins dans une stratégie numérique d'influence. Alors oui, bien sûr, ces clichés largement commentés par la presse nationale et internationale sont un clin d'œil au président ukrainien Zelensky. Les similitudes en particulier, un président Macron toujours rasé de près, qui donne soudain dans la barbe de trois jours, ne sont pas passées inaperçues aux yeux des experts de la politique écrite aux États-Unis, le Wall Street Journal.
C'est la photographe officielle de l'Élysée, Soazig de la moissonnière, qui a publié les images du chef de l'État au travail lundi 14 mars sur son compte Instagram, barbe de trois jours, sérieux, concentré, éreinté, et vêtu d'un sweat noir siglé CPA10. En dessous de cette inscription, un logo représentant un parachute, Emmanuel Macron porte un vêtement du commando parachutiste de l'air numéro 10, une unité des forces spéciales de l'armée de l'air rattachée au commandement des opérations spéciales.
Stationnée dans la base aérienne d'Orléans-Bressy, dans le Loiret, cette unité est spécialisée dans des missions de reconnaissance et dans des opérations commandos, un accoutrement qui rappelle le président ukrainien qui intervient en t-shirt et veste depuis le début de la guerre dans son pays. Et qui a connu, par ailleurs, un gain de popularité spectaculaire, de quoi rendre un peu jaloux un président qui est de popularité à quelques semaines de l'élection présidentielle. Pourtant, la France n'a rien à envier à l'Ukraine, de prime abord.
Avec un PIB nominal de 2 918 milliards d'euros en 2021, la France est la septième puissance économique mondiale et troisième puissance économique en Europe, tandis que l'Ukraine, à l'avenir incertain, depuis qu'elle a été envahie par le géant russe, affiche un PIB nominal estimé à 142,252 milliards d'euros. La vie est bien plus douce et agréable en France, mais la dictature des réseaux sociaux et du lac est venue la pourrir. Vladimir Zelensky, c'est 15,9 millions d'abonnés contre 2,9 millions pour Emmanuel Macron. Or, à l'ère du numérique, une élection présidentielle se joue aussi sur les réseaux sociaux. Emmanuel Macron l'a bien compris.
Et s'il le fallait, il troquerait quelques milliards de son PIB contre quelques millions d'abonnés sur Instagram. Depuis le début du quinquennat, le marketing d'influence s'investit la communication politique. On se souvient du défi que le président a lancé à ses nouveaux amis influenceurs McFly et Carlito, les invitant à diffuser une vidéo valorisant les gestes barrières. Ou encore de son interview avec le créateur de la chaîne YouTube Hugo Décrypte, et plus récemment celles données à Brut, où il répondait aux questions posées sur Snapchat, l'application favorite des 16-25 ans. Une stratégie numérique d'influence à laquelle se prête l'ensemble du gouvernement.
Jean Castex a appelé, le vidéaste Gaspard Gé sensibilisé à la détresse étudiante, où d'autres ministres comme Jean-Baptiste Djébari ou Franck Rister se sont engagés dans des discussions vocales sur Clubhouse, en y observant religieusement les usages, tutoiements, appellations par son prénom, débat informel sans agenda prédéfini. Les réseaux sociaux sont en effet la première source d'information des 18-34 ans. Le gouvernement n'a donc pas d'autre choix que d'investir ses nouveaux canaux pour cibler une jeunesse désabusée par l'action politique, qui ne regarde plus la télévision et qui ne lit plus le journal. La jeunesse a dans sa grande majorité déserté le champ politique.
On ne trouve presque plus de jeunes militants dans les partis. Ils votent de moins en moins aux élections et se méfient beaucoup de la politique. Et c'est ce que vient chercher le pouvoir exécutif, Emmanuel Macron en particulier, en occupant l'espace virtuel et en se rapprochant des influenceurs. C'est un peu de la confiance dont il bénéficie auprès de leurs abonnés qu'il est allé chercher. C'est une façon de restaurer le lien et de regagner un peu de crédit par procuration. Avoir recours à des influenceurs, la nouvelle marque de fabrique de ce quinquennat en termes de communication.
Emmanuel Macron veut atteindre de potentiels électeurs plus jeunes, obligeant le président à emprunter leur code, s'enjailler avec des influenceurs, féliciter les jeunes bacheliers sur TikTok et enfiler un sweat capuche noire. Emmanuel Macron se déshabille du vêtement gaulliste qu'il a longuement arboré pour épouser un loup plus casual, plus swag, voire plus street, qui vient souligner son humanité. Voilà un président proche du peuple qui lui ressemble et qui lui parle sans filtre.
Au-delà de la figure de Wladimir Zelensky, le cliché du président français, un billet d'un hoodie, rappelle celui de Bill Clinton et Al Gore en short et t-shirt après leur footing, un gobelet McDonald's à la main pendant la présidentielle de 1992. À travers cette série de photos, Emmanuel Macron, mal rasé et en habit du dimanche, entre-ouvre les portes de son intimité, quatre ans après avoir ouvert celle de l'Elysée à une jeunesse rêveuse et innocente qui ignorait sûrement participer à une mise en scène aussi grossière que celle qui a été immortalisée par la photographe de l'Elysée lundi dernier. Mais avant de vouloir rassembler et parler à cette jeunesse, il faut apprendre à l'aimer.
Voilà une classe qui se tient sage. C'est une file d'attente interminable qui s'étend sur plusieurs centaines de mètres et cela deux fois par semaine dans le sud de Paris.
Ce qui transforme des révélations médiatiques en un scandale national, en une affaire d'État. À la rédaction du Média, nous nous posons souvent la question, nous nous la posons de plus en plus parce que notre petit pôle enquête, animé avec enthousiasme par notre ami Thomas Dietrich, voit souvent ces révélations invisibilisées. Une des dernières en date étant les petits secrets du financement de la campagne électorale 2017 de Marine Le Pen par de l'argent sale. De l'argent sale prêté par une figure sulfureuse de la France-Afrique.
En 2017, Marine Le Pen vient de se prendre une claque au second tour de l'élection présidentielle. Mais elle n'est pas encore au bout de ses peines puisque le Front National fait face à d'énormes problèmes d'argent. Il doit de toute urgence trouver 5 à 6 millions d'euros pour payer les dernières factures et déposer les comptes de campagne à l'équilibre. L'enjeu, c'est que si ces comptes sont déposés en déficit, ils ne seront pas validés par la Commission des comptes de campagne, le Front National ne sera pas remboursé de ses dépenses à la présidentielle et le parti de l'extrême droite risque de faire faillite. Alors, tout l'entourage de Marine Le Pen se met en quête désespérée d'argent.
Ce qui n'est pas forcément facile puisque le Front National est déjà criblé de dettes, il est réputé mauvais payeur et puis les grandes banques françaises rechignent à lui accorder des crédits. Mais on est à une semaine de la clôture des comptes de campagne et, miracle, il y a 8 millions d'euros qui tombent du ciel. On saura plus tard que c'est un homme d'affaires français qui s'appelle Laurent Fouché qui a prêté généreusement cette somme au Front National. Alors, on a cherché un peu à savoir le profil de Laurent Fouché. On savait que Laurent Fouché est un businessman qui a beaucoup d'affaires en Afrique.
On savait que les 8 millions d'euros qu'il a prêtés ont transité par un fonds d'investissement à Abu Dhabi, ont transité donc par les Émirats Arabes Unis, avant d'arriver dans les caisses du Front National. Mais ce qu'on ne savait pas, et ce sur quoi on a enquêté, c'est d'où venait l'argent.
La vraie chose, il me s'est passé des choses dans les coulisses. Eh bien, pardon. Pourtant, c'est un sujet très sérieux. Eh bien, l'argent venait d'abord d'oligarques du Kazakhstan, ayant pris le chemin de l'exil. C'est tellement grave de retrouver l'équipe qu'on arrive à trouver du courage. L'argent venait d'abord d'oligarques du Kazakhstan, ayant pris le chemin de l'exil, parce qu'ils étaient traqués par le pouvoir de leur pays, de l'argent destiné à être investi en Afrique, par le français Laurent Fouché, qui a finalement réussi à doubler ses partenaires et à s'approprier une partie de leur fortune, notamment en nouant une alliance avec le pouvoir kazastanais.
Alors que la question des obligés européens de Vladimir Poutine fait l'actualité, il est intéressant de rappeler quelques détails troublants révélés par l'enquête du Média.
En 2016, un an avant de prêter l'argent à Marine Le Pen, est complètement acculé, et il va passer un pacte avec l'ennemi, il va signer un accord avec l'État du Kazakhstan, où l'État du Kazakhstan renonce à engager des poursuites contre Laurent Fouché, mais en échange, Laurent Fouché va s'engager à donner toutes les informations qu'il a en sa possession sur les opposants kazakstanais, sur ces Ablazov-Krapunov, avec lesquels il a travaillé pendant des années.
Et même un an plus tard, on est en avril 2017, deux mois et demi avant l'élection présidentielle, Laurent Fouché signe un autre accord avec une banque kazakhe qui s'appelle BTA Bank, qui est dirigée par un proche de Nazarbayev, et dans cet accord, Laurent Fouché va de nouveau s'engager à donner toutes les informations qu'il a sur les Ablazov et les Krapunov, et en échange, la banque kazakhe va lui laisser garder une partie du magot qu'il a escroqué aux oligarques kazakstanais. Donc finalement, Laurent Fouché va voir définitivement sa fortune faite et va pouvoir, quelques mois plus tard, prêter de l'argent à Marine Le Pen.
Et il y a un point très étrange qui est dans cet accord entre cette banque kazakhe et Laurent Fouché. C'est que dans les dix jours suivant la notification de la banque, Laurent Fouché doit se rendre au Spitsberg, qui est un archipel perdu dans l'océan Arctique et qui appartient à la Norvège. Mais il doit aller au Spitsberg non pas pour faire du tourisme, mais pour rencontrer les autorités russes et ukrainiennes. Moyennant un préavis écrit de moins dix jours de la banque BTA, les témoins Laurent Fouché et Nicolas Bourg devront voyager au Spitsberg dans le but de coopérer avec les autorités russes et ukrainiennes.
Qu'est-ce que cette rencontre d'une des plus grandes heures de la Grefad vient faire dans un accord entre Laurent Fouché et une banque kazakhe ? C'est toute la question qu'on peut se poser, surtout qu'on est à quelques semaines de l'élection présidentielle et du prêt que va faire Laurent Fouché à Marine Le Pen. Alors, est-ce qu'on aurait suggéré d'une manière ou d'une autre à Laurent Fouché de prêter de l'argent à Marine Le Pen ? Est-ce que, parce que notre loi interdit tout financement par un État étranger ou une personne morale étrangère à l'exception des banques, est-ce qu'on aurait utilisé une fois de plus Laurent Fouché comme homme de paille ?
En tout cas, la justice devrait s'intéresser à ce voyage très étrange de Laurent Fouché au Spitsberg.
L'enquête de Thomas Dietrich a été publiée pour la première fois la veille de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Mais elle a été totalement invisibilisée par des médias dominants et par une partie importante de la classe politique, alors même qu'elle ouvrait une piste intéressante sur les liens supposés entre le Rassemblement national et les cercles pas très éloignés du Kremlin. Récemment encore, des révélations sur des fournitures de matériel militaires à la Russie par la France ont été publiées par le média indépendant Disclose. Écoutez une des très rares reprises télévisées des résultats de l'enquête de nos confrères.
Des technologies militaires françaises, dernier cri, équipent-elles l'armée russe en Ukraine ? Oui, si l'on en croit, le média d'investigation en ligne Disclose dans sa toute dernière enquête. Selon le site, la France a discrètement fourni l'armée russe entre 2015 et 2020 pour moderniser ses troupes terrestres et aériennes. Pourtant, depuis août 2014 et le début de la guerre dans le Donbass, l'Union européenne impose un embargo sur les armes en provenance et à destination de la Russie. Mais d'après le média d'investigation, la France a profité d'une brèche juridique.
L'embargo n'étant pas rétroactif, les gouvernements de François Hollande et d'Emmanuel Macron ont choisi de maintenir ces livraisons liés à des contrats signés avant la mise en œuvre de ces sanctions.
On nous aurait donc menti. François Hollande qui dénonce les candidats à la présidentielle et qui serait complaisant avec Vladimir Poutine aurait autorisé les livraisons d'armes à Vladimir Poutine alors même que la guerre du Donbass avait déjà commencé ? Emmanuel Macron aurait-il poursuivi cette politique jusqu'en 2020 ? On aurait pu imaginer que les révélations de discloses qui remettent en cause les postures et éclairent l'hypocrisie de nos dirigeants feraient du bruit, beaucoup de bruit. Mais en fait, non. C'est vrai, l'agence France Presse a fait une dépêche qui a été reprise par les sites internet des grands quotidiens.
Mais cette information n'a pas été intégrée dans la grande conversation nationale. Les JT et les chaînes d'infos ont fait comme si cette information déterminante n'existait pas. Lors de l'émission « La France face à la guerre », Emmanuel Macron n'a pas été interpellé à ce sujet. C'est donc sans pression qu'il a répondu aux questions au sujet des révélations de discloses.
Bonjour, M. le Président. Nos confrères de discloses ont révélé que la France a maintenu la livraison de matériel militaire aux Russes depuis 2014. Alors, ce n'était pas illégal parce qu'il y avait des contrats qui étaient antérieurs à la crise de 2014. Pour autant, est-ce que vous considérez que c'est une faute de l'État ? Est-ce que c'est moral ? Est-ce qu'au vu de la situation, ce n'est pas justement... Est-ce que c'est acceptable ?
La France s'est conformée en 2014 exactement à ce qui convenait, c'est-à-dire aux droits internationaux et aux choix qui ont été les nôtres. Le Président Hollande a pris des décisions, y compris des décisions très fortes et structurantes à l'époque, je vous le rappelle, puisqu'il y avait des BPC qui étaient censés être livrés à l'Ukraine et ses contrats ont été rompus. Et l'ensemble des contrats qui étaient couverts par les engagements de la France et qui n'étaient pas conformes à ce moment-là à ce qui a été décidé en 2014, ont été interrompus.
Ce qui a été mis en lumière par vos collègues et qui correspond d'ailleurs à ce que la France n'a jamais caché, ce sont les fins de contrat dans des montants très réduits, essentiellement sur des équipements qui sont tout à fait connus et qui étaient en conformité avec ces engagements de la France. Et donc la France a pris les décisions qu'elle devait prendre en 2014. Et je les défends ici, même si ce n'est pas moi qui les ai prises. Nous nous y sommes scrupuleusement tenus, et c'est ce qu'on venait de faire.
Bien entendu, Disclose fait exploser en vol ces éléments de langage, notamment sur ce qu'on pourrait considérer comme de la fausse transparence. En réalité, explique Disclose, la seule trace des contrats passés avec la Russie figure dans le rapport du Parlement sur les exportations livrées. On a le montant total des exportations depuis 2015, 152 millions d'euros, mais rien sur le type de matériel livré. De plus, si la France a de manière assez théâtrale annulé la vente de deux portes-hélicoptères, Mistral à la Russie, a posé le tampon secret défense sur d'autres livraisons d'armes toujours en direction de la Russie. C'était en 2019, sous Macron.
Interrogé, François Hollande a dit qu'il n'était pas au courant des livraisons sous son mandat et ses proches ont conseillé au quotidien Libération d'interroger celui qui a été son ministre de la Défense, qui est désormais le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian. Intéressante, importante, mais peut relayer ces informations naturellement vocation à disparaître en quelques jours et à disparaître aussi des mémoires. Nous sommes dans un pays où les homards de François de Rugy prennent plus d'espace dans l'agenda médiatique que l'argent sale de Marine Le Pen ou de troublantes ventes d'armes à la Russie. Il nous reste à comprendre pourquoi et comment.
Il est temps d'accueillir notre invitée, Zouina, militante des quartiers populaires. Zouina, est-ce que tu m'entends ? Zouina, m'entends-tu ? Alors, Zouina est déléguée par le réseau national qui est l'auteur d'une tribune collective qui appelle à soutenir Jean-Luc Mélenchon. Alors, Zouina, on lui laisse peut-être le temps de se reconnecter. Elle est passée par le MIB, le forum social des quartiers, en passant par la présidence de l'écho des cités, qui est un centre de ressources des archives des luttes dans les quartiers populaires. Est-ce que Zouina est connectée ? Oui, désolé. Excusez-moi pour le petit retard. Il n'y a pas de souci. Bonjour, Zouina.
On est très contents de te recevoir ici aux médias. Je le disais, tu es militante des quartiers populaires, déléguée par le réseau national, qui est l'auteur d'une tribune nationale et qui appelle à soutenir Jean-Luc Mélenchon. Ton parcours dans les luttes pour l'égalité au sein des quartiers populaires est assez dense. Tu as toute ta légitimité. Zouina, qu'est-ce qui vous a amené à soutenir collectivement le candidat Mélenchon ?
Ça fait quelques semaines qu'on a des discussions entre nous et notamment, en fait, on est exaspéré par le climat, le climat dans lequel on est actuellement, qui s'est amplifié dans le cadre de la campagne électorale, jetant à la face des uns et des autres un mépris, un racisme, une haine des autres, une haine des musulmans, une haine des habitants des quartiers populaires et à un moment donné, en fait, on s'est dit que c'était le plus possible, qu'on ne pouvait pas rester en dehors du jeu, qu'on ne pouvait pas continuer à accepter que les uns et les autres, parce que malheureusement, c'est partagé par le plus grand nombre, puissent proférer de tels propos sur les gens dans un contexte extrêmement difficile, qu'on traverse depuis des années autour des différentes crises et que l'enjeu, en fait, le problème, ce n'est pas ce que sont les gens, de par leur origine, de par leur religion ou autre, le problème, c'est la crise politique qu'on traverse depuis plus de 30 ans, pour laquelle aucun des pouvoirs politiques en place n'a apporté de réponse.
Si on décide aussi collectivement de s'engager, de prendre nos responsabilités, c'est pour tenter aussi d'ouvrir un chemin pour les plus jeunes. On le fait au-delà de nous-mêmes. On le fait parce qu'on a envie, à nouveau, de tenter de donner de l'espoir, parce que le paysage, ça fait peur, en fait. On se dit, qu'est-ce qui se passe ? On est dans une France complètement fracturée. On est dans une France qui laisse sous-entendre qu'une partie de sa population devrait disparaître. Dans une France qui rejette l'autre. Et en fait, ce n'est juste pas possible. Ce n'est juste pas possible.
Donc, c'est ce qui nous a amenés à discuter, en se demandant si on y allait ou pas, si on y allait de quelle manière, parce que la démarche, la nôtre, en tout cas, elle est collective, et c'est la force du réseau, et c'est la force de notre capacité à pouvoir nous réunir et agir ensemble pour tenter de peser sur le débat politique et médiatique, qui fait qu'aujourd'hui, on se décide, en fait, à entrer, en fait, à s'immiscer dans cette campagne, d'où le titre de notre appel, on s'en mêle à s'immiscer dans cette campagne pour aller interpeller les uns et les autres, pour donner de l'espoir aux plus jeunes et pour tenter, en tout cas, de frayer un chemin qui permette, à l'avenir, de prendre en considération la question des quartiers populaires et de leurs habitants et de leurs aspirations, en fait.
Donc, cet appel va être publié aujourd'hui, c'est ça ?
C'est ça. Il sera diffusé à partir d'aujourd'hui midi, partout sur les réseaux sociaux, on les a envoyés à la presse, enfin voilà.
D'accord. Et je crois savoir aussi, donc, cette tribune va être sur Mediapart.
Oui, oui, on essaie.
Très bien. Zouna, combien d'associations, de collectifs ou même de personnalités ont signé ce manifeste ?
Alors, on est plusieurs associations au niveau national à s'être mis en ordre de marche. Alors moi, du coup, je n'ai pas le détail précis, parce qu'au fur et à mesure, nous, enfin voilà, on agrège. Et on va aussi interpeller, mobiliser au-delà de nous-mêmes, en fait. Il y a le réseau qui est une force de frappe, parce qu'il a une histoire, une histoire forte d'engagement et d'action et de lutte depuis plus de 50 ans maintenant, en partant du MTA jusqu'aux dernières mobilisations portées par les uns et par les autres. On va à la recherche des plus jeunes. Donc, je ne pourrais pas dire de manière précise aujourd'hui, mais on peut le quantifier, combien nous sommes.
On a une première liste de 120 signataires qui va sortir avec l'appel, mais l'idée, c'est que cet appel, n'importe quel habitant citoyen puisse en tout cas venir le signer, le soutenir, parce qu'à un moment donné, il faut dire stop, ça suffit, en fait. Il faut que ça s'arrête.
Et c'est très dur de fédérer autant d'acteurs. Est-ce que vous pouvez nous raconter un peu les coulisses de cette alliance ? Comment vous avez réussi à convaincre les uns et les autres à soutenir Jean-Luc Mélenchon d'une seule et même voix ? C'est quand même un défi incroyable.
Alors, c'est un vrai défi parce que c'est évident pour personne. C'est la première fois publiquement qu'on a cette démarche collective de s'engager dans une campagne, quelle que soit la campagne, pour soutenir un candidat. On ne l'a jamais fait. C'est une bonne idée. À titre individuel, certains membres du réseau l'ont fait, et ça, c'est le jeu des parcours individuels. Mais collectivement, on ne l'a jamais fait, c'est vraiment une première. Donc, c'est pour ça que je vous disais, on est passé par des phases de discussion assez importantes, parce que ce n'est pas simple, en fait, de s'afficher auprès d'un candidat et de dire, on va le se plier, en fait.
Ce n'est pas simple pour nous, parce que ce n'est absolument pas, dans l'ADN en tout cas du réseau, depuis toutes ces années, où on agit sur le terrain, mais on peut imaginer des alliances, on peut imaginer… Ce qui, pour nous, a été essentiel, c'est véritablement la situation dans laquelle on est. C'est le sentiment, ce qu'on entend, en fait, ce qu'on ressent quand on continue à parler avec les gens dans nos différents endroits, au sein de nos associations, dans les quartiers, dans ce qu'on voit aussi comme retour de la part des jeunes, il y a une vraie désespérance. Il y a une désespérance, il y a un sentiment qu'on n'a que notre place ici, il y a un sentiment que tu es privé.
Et donc, du coup, ça, ça va… Automatiquement, ça va générer d'autres formes de comportements qui peuvent être multiples. La dépression, ça se crée dans un schéma d'abandon total, de violence, de ce qu'on veut. Et nous, ce n'est pas ça. Nous, ce qu'on veut, c'est pouvoir donner un espoir. Donc, c'est ce qui a, à mon sens, guidé la majorité d'entre nous. Parce que, parmi tous les signataires, on peut les regarder un à un, à la loupe. On n'est pas du tout dans des profils, mais on s'engage politiquement pour un parti. Ensuite, ce qu'il faut peut-être préciser, c'est que dans la discussion qu'on a avec la France insoumise, parce que, bon, voilà, ils ont envie, ils acceptent.
Du coup, on est dans des discussions, dans des compromis. On soutient. Mais ce qui nous intéresse, nous, c'est soutenir au-delà des échanges électorales. Il y a deux enjeux. Il y a les présidentielles et les législatives derrière. Nous, ce qu'on souhaite, c'est participer aujourd'hui. Donc, on s'inscrit dans la durée. On essaye d'ouvrir un chemin avec les plus jeunes. C'est participer à reconstruire le paysage politique et à proposer une alternative, afin qu'ils permettent une vraie respiration. Parce que là, je vais reprendre une image dont on a beaucoup parlé autour des différents comités sur les violences policières. On étouffe. Enfin, voilà, c'est insupportable.
Donc, il faut qu'on sorte de ça.
Donc, c'est ce que vous disiez. C'est ce climat délétère, anxiogène, asphyxiant qui vous a poussé à vous engager collectivement et à signer ce manifeste qui soutient la candidature de Jean-Luc Mélenchon. En quoi ce candidat répond aux revendications des quartiers populaires ?
Ou plus près des revendications, en tout cas. Oui, voilà. Enfin, de notre point de vue, il n'y répond pas complètement puisqu'on considère que la question des quartiers populaires, c'est encore un angle mort de cette campagne, des différentes campagnes. Par contre, c'est un candidat, ce qu'on a aussi constaté, qui a évolué dans son discours, qui a évolué dans son discours sur un certain nombre de sujets, sur la question de l'islam, sur la question des quartiers, sur la question… Enfin, voilà. Donc, il y a une évolution dans son propos. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il reconnaît qu'il y a un véritable problème avec les musulmans. Ce n'était pas le cas il y a quelques années de ça.
Donc, ça, c'est une avancée. Mais ça ne suffit pas. Pour nous, ça ne suffit pas. Par contre, ce qu'il propose aussi, et donc, c'est la discussion qu'on a ensemble aujourd'hui, c'est qu'il ouvre en tout cas le chemin des possibles, le chemin de la discussion. Nous, on arrive, on ne s'intègre pas dans la campagne telle qu'elle a été pensée par la France insoumise. On est complètement autonome dans la manière dont on lance notre campagne, dans la manière dont on organise le rendez-vous, dans la manière dont on va peser, y compris dans les discussions sur la question des enjeux autour des quartiers populaires.
Donc, on reste autonome sur ces questions-là, mais c'est comme le compagnonnage, en fait. On fait un bout de chemin ensemble et on se dit, « Ciche, on vous prend au mot et on va voir si, au-delà des essences électorales, parce que c'est ça qui nous intéresse et c'est ça qu'on va regarder, vous êtes véritablement sérieux quand vous dites que la question des quartiers populaires, c'est une priorité et il va falloir faire en sorte qu'effectivement, les gens se sentent concernés par le propos politique ou le projet politique.
Nous, on dit « Ciche, on y va, on prend au défi cette proposition et on s'inscrit avec vous pour reconstruire une alternative qui permette à nouveau de repenser en tout cas ce pays comme terre d'accueil de tous ceux qui y sont, de tous les citoyens. »
C'est effectivement audacieux, courageux, ambitieux aussi également. Zouina, est-ce qu'il n'aurait pas fallu peut-être se mobiliser un peu plus en amont et notamment pour appeler ces jeunes issus des quartiers populaires à s'inscrire sur les listes électorales ou alors peut-être que vous avez mené des actions dans ce sens ?
En amont, ce n'était pas évident parce qu'il nous a nous fallu le temps de réfléchir à cette question. On y va pas, ce n'est pas un sujet simple. Après, inciter les jeunes à s'inscrire sur les listes électorales, d'autres le font. Ce n'est pas sur ce terrain-là qu'on avait envie d'intervenir parce qu'à un moment donné, les jeunes le savent en fait, ils ne sont pas dupes. Ils se mettent hors jeu du système parce qu'il n'y a personne qui les représente, il n'y a personne qui leur parle, il n'y a personne qui les considère. C'est ça le vrai enjeu en fait.
Mais à partir du moment où vous avez une autre voie qui peut dessiner un espoir, je ne dis pas qu'on va le faire, nous on essaye, humblement on essaye, c'est de dire que quelque chose est possible. On s'en est rendu compte quand on a commencé à en parler autour de nous, à diffuser cette idée d'appel, à demander des signataires parce qu'on est allé chercher des signataires, comme je vous l'ai dit, au-delà de nous-mêmes, y compris des plus jeunes générations, des acteurs qui sont dans d'autres domaines que les nôtres pour voir on ressent un écho très favorable. Donc on a envie de tenter quelque chose à partir de ce qu'on ressent.
On espère, en tout cas, faire en sorte que nous on s'adresse à ceux qui s'abstiennent, ceux qui ont abandonné, ceux qui n'y croient plus en la politique. Donc c'est à eux qu'on s'adresse et on a envie de leur dire venez on essaye. Donc dans un premier temps, nous on vous suggère de soutenir la candidature de Mélenchon qui est pour nous la seule, qui peut véritablement faire la différence et ensuite, on essaye de faire un bout de chemin ensemble. Oui, on aurait pu démarrer il y a six mois, bon voilà après. Ça, c'est notre réalité à nous. C'est faux du temps, on n'était pas convaincus, c'est pas évident de dire qu'on passe le cap de collectivement appeler à soutenir un candidat.
Enfin voilà, il a fallu le temps de ces discussions.
C'est énorme, c'est énorme effectivement. Alors les quartiers populaires étaient historiquement acquis au PS. Qu'est-ce qui a fait qu'aujourd'hui ces quartiers populaires que vous représentez choisissent d'aller plus à l'extrême de cette gauche ?
Parce que malheureusement, depuis plus de 30 ans, tous les discours, enfin aucun n'a été tenu, que la situation des jeunes et des quartiers populaires s'aggrave à chaque fois. Moi, si je reprends, ne serait-ce que là, les derniers propos politiques qu'on a pu entendre, quelle que soit d'ailleurs la couleur politique, parce que c'est vraiment, ça va de la gauche à la droite. On parle de raser, du coup, de se donner 10 ans pour raser les ghettos. Donc comme si dans ces ghettos, il n'y avait pas des êtres humains, des individus qui y vivaient. Enfin voilà, qu'est-ce que ça veut dire en termes de mépris ?
Et à l'autre bout, on parle du coup de ces quartiers en voie de radicalisation, c'est la petite parenthèse que Moulin-Lchon soutiendrait. Mais qu'est-ce que c'est que cette manière de parler des gens en fait ? Qu'est-ce que c'est que cette manière de parler des gens ? Donc c'est normal que les gens finalement finissent par abandonner, finissent par ne plus y croire, finissent par choisir d'autres voies, parce que le niveau de mépris, d'insultes, de violences de la part du pouvoir politique et médiatique, enfin il est réel, je ne sais même pas comment le qualifier, tellement c'est grave en fait. Aujourd'hui, la situation est grave, c'est ça nous qu'on a envie de dire.
Et on veut interpeller tout le monde, y compris le paysage politique et médiatique, c'est-à-dire à un moment donné que ce n'est plus possible en fait, vous ne vous rendez pas compte. Vous y allez tranquillement, tranquillement, partout, dans vos meetings, à la télé, sur les plateaux, en nous renvoyant à la figure chaque jour, chaque jour, une violence supplémentaire par rapport à ce que l'on est, par rapport à notre histoire. Et on est riche aussi d'une histoire, d'un patrimoine dont on peut vous parler de plus de 50 ans de lutte dans les milieux ouvriers, dans les quartiers populaires et des luttes de l'immigration.
On peut aussi raconter cette partie de l'histoire qui est une partie intégrante de l'histoire de France. Donc, au moment donné, qu'est-ce qui se passe en fait ? Qu'est-ce qui se passe ?
Donc, il y a cette tribune, donc cet appel à voter pour Jean-Luc Mélenchon, mais il y a aussi des meetings, des espaces de discussion qui s'organisent. Vous pouvez nous en parler ?
Alors, il y a différents rendez-vous, ça c'est au niveau local, quand on va à la rencontre des gens et qu'on essaye, mais par contre, on donne un rendez-vous important. C'est la rencontre nationale des quartiers populaires, les 26 et 27 mars, à Montpellier. Et là, on invite tous ceux qui le souhaitent à réfléchir avec nous à l'après. Et dans l'après, pour nous, il y a deux périodes. Il y a la question des législatives, puisque, bien évidemment, c'est encore très, très, très, très timide pour nous. Les législatives telles qu'elles se discutent, y compris que la France a soumise, ce n'est pas satisfaisant.
Voilà, nous, on a besoin, puisqu'on parle effectivement de véritablement, d'intégrer dans le jeu politique ceux qui participent, en tout cas, à faire vivre cette démocratie, à faire vivre ces enjeux, à faire vivre, du coup, ces actions de lutte sur les territoires. Je ne vois pas comment on peut écarter toute une partie des acteurs qui agissent depuis des décennies sur ces mêmes territoires. Donc, là, on dit, c'est un peu frileux, ce serait intéressant qu'on ait des vraies ouvertures, des vraies ouvertures, que ce ne soit pas juste une image. Et on dit, chiche, allons-y, réfléchissons à quelque chose ensemble pour après les élections, parce que ça ne se termine pas au mois de juin, en fait.
Nous, la situation dans laquelle on est, si on n'agit pas, elle va perdurer, elle va s'aggraver, et je ne sais pas ce que deviendra l'avenir demain, mais il risque d'être violent. Il risque d'être violent. C'est ça qu'on veut dire.
Effectivement, une très belle initiative qu'on ne peut que saluer. On rappelle donc ce meeting à Montpellier, les 26 et 27 mars prochains. Alors, pourquoi Montpellier ? Est-ce qu'il y a une histoire qui est attachée à cette ville ? Généralement, tout se passe à Paris, mais c'est bien, on se descend. On se décentralise. Comme ça,
on montre effectivement qu'il n'y a pas de périphérie, que Paris, ce n'est pas le centre et qu'il se passe des choses très importantes ailleurs, et Montpellier, parce qu'il y a une histoire de lutte et d'engagement de la part des habitants où je considère, moi, que c'est un modèle.
Il y en a d'autres, mais celui-là, en particulier, c'est aussi un modèle des luttes, en particulier dans le quartier du Petit Bar, avec la première association justice pour Petit Bar, qui a mené tout un travail très, très, très important dans le cadre d'un projet de rénovation urbaine pour faire en sorte que les habitants soient pris en compte et considérés dans la décision, puisque de les lois disent que les habitants doivent être associés, dans les faits, ce n'est pas le cas, dans les faits, partout, on les écarte, dans les faits, partout, ils sont rejetés. Enfin, voilà, et on pourrait donner plein d'exemples. Donc, la loi dit des choses, elle n'est jamais mise en pratique dans le réel.
Donc, il y a eu un très, très, très fort engagement de ce côté-là, en lien avec le réseau, avec le Forum Sainte des Cartes Populaires, avec le MIB, avec l'Histoire, et il y a eu, dans la suite, en tout cas, une autre mobilisation importante portée par les femmes autour de la question de l'éducation, des enjeux de l'éducation, puisque là aussi, voilà, en fonction des territoires, des quartiers, l'État ne traite pas de la même manière ses citoyens, elle donne plus à certains et beaucoup moins à d'autres, et donc, elles ont organisé, dès 2015, et tout de suite, dans les années 2017, des assises, et notamment l'État généreux d'éducation, pour interpeller l'ensemble des institutions sur le manque, en fait, sur ce qu'elles ne font pas, sur ce qu'elles prétendent faire et qu'elles ne font absolument pas, donc voilà, il y a une histoire de lutte très importante dans ces quartiers, à Montpellier, au petit bar, et parce que c'est aussi un endroit d'où on a envie que ça se passe, donc je salue au passage mes amis de Montpellier, Tarek Kautari, Hamza, Fatima, Najet, enfin, toute l'équipe.
Merci, merci infiniment, Zouina, de nous avoir accordé cette interview quelque part exclusive, Zouina, militant des quartiers populaires délégués par le réseau national qui est l'auteur d'une tribune nationale qui appelle à soutenir Jean-Luc Mélenchon. On va suivre tout ça de très près.
Merci beaucoup Nadiane de nous avoir donné la parole et de nous avoir offert cette tribune. Merci à vous.
C'est tout à fait naturel. Merci Zouina. Merci, au revoir. Au revoir. Mais qui peut donc encore vouloir voter Macron ? Alors, c'est une question qui se pose encore avec plus de force quand on sait que les quartiers populaires sont tentés par le vote. Mélenchon, cette question formulée de plusieurs manières. Nous la lisons régulièrement dans les commentaires, en dessous de nos vidéos. Et nos camarades de Frustration Magazine ont choisi de consacrer un article à cette question. Justement, alors que certains sondages nous expliquent que jusqu'à 31% des Français veulent déposer un bulletin dans l'urne au profit de l'actuel chef de l'État. Qui sont ces 31% de Français ?
Qu'est-ce qui les détermine ? Il faut lire l'article pour avoir des réponses à ces questions. Mais pour vraiment vous donner envie de le lire, nous avons fait appel à Nicolas Framont, co-rédacteur en chef de Frustration Magazine, chroniqueur aux médias et auteur de l'article en question. Bonjour Nicolas.
Bonjour.
Merci d'avoir patienté.
Pas de problème.
Et de vous faire découvrir ce magnifique chat qui fait sa toilette derrière. C'est juste fantastique.
Elle est chez elle.
Elle est chez elle. C'est mignon. Alors avant d'évoquer la sociologie ou la typologie du fan club d'Emmanuel Macron 2022, on voudrait savoir, Nicolas, ce qui, à ton avis, rend le bilan d'Emmanuel Macron difficile à défendre.
Alors, on a fait plusieurs synthèses sur le sujet dans Frustration, notamment en particulier son bilan économique et social et son bilan sur la question des inégalités femmes-hommes qui était censée être la grande cause de son quinquennat. Dans les deux cas, en fait, on a un bilan qui est négatif simplement parce que les grandes mesures qui ont été prises par Macron sont un échec par rapport aux objectifs affichés sur le plan économique et social. C'est assez net. On a des mesures fiscales en faveur des plus riches qui étaient censées relancer l'activité, la croissance, etc., qui n'ont pas du tout produit ces effets-là.
C'est-à-dire que ça n'a pas produit d'effet positif sur l'emploi, par exemple. Ce sont les organismes ministériels qui le disent. Toutes ces politiques d'exonération massive et de subvention aux entreprises privées qui nous coûtent des dizaines de milliards d'euros par an n'ont pas non plus porté leurs fruits. Et le démantèlement d'une partie, parce qu'il en reste heureusement du code du travail, n'a pas abouti non plus à des créations d'emplois. Donc, sur le plan, par exemple, de l'emploi d'un point de vue social et économique, les mesures de Macron n'ont pas permis d'augmenter l'emploi.
Elles ont permis d'augmenter les inégalités sociales entre les classes supérieures et les personnes les plus modestes. Donc là, le seul effet clair mesurable des politiques de Macron sur le plan économique et social, ce sont l'accroissement des inégalités. Donc, de ce point de vue-là, le bilan, il est calamiteux pour la plupart des personnes en réalité, parce qu'en fait, la plupart d'entre nous, on n'est pas riches, on ne fait pas partie des 10 % les plus riches. Et les personnes qui ont le plus profité du quinquennat de Macron, ce sont les 1 % les plus riches.
Donc, du point de vue de l'échec ou de la réussite d'une politique, quand elle ne profite qu'à 1 à 10 % d'une population, on peut dire que c'est un échec. Et on peut dire que la majorité des gens qui vont voter pour Macron, probablement, n'ont pas bénéficié du quinquennat passé et ne vont pas bénéficier du quinquennat avenir.
Donc, un bilan dit positif, dit positif qui ne repose que sur des mensonges, finalement. Pour toi, le cœur de l'électorat de Macron, ce sont les bourgeois et les sous-bourgeois qui veulent continuer à kiffer.
Alors, c'est une partie significative de l'électorat de Macron. On peut dire que c'est la partie qui, tout au long du quinquennat, est restée fidèle à Macron, a continué de soutenir, même au plus fort des Gilets jaunes. Quand vous aviez des sondages d'opinion sur les mesures du président, on avait toujours une partie de la population qui validait ces mesures, qui validait sa personne, et cette partie, c'était les plus diplômés et les plus riches. ceci dit, par rapport à la… Alors, pourquoi ? Déjà, pourquoi ?
Pour ce que j'ai dit avant, c'est-à-dire qu'effectivement, les mesures de Macron, elles ont d'abord nuit aux personnes les plus pauvres, la suppression des APL, le démantèlement du code du travail, tout ça, ce sont des personnes qui exposent la majorité des gens, on va dire, qui gagnent autour du salaire médian ou moins du salaire médian. Donc, forcément, les personnes les plus riches, elles, ont vu de nouvelles opportunités. C'est vrai qu'on a une classe bourgeoise qui profite des mesures Macron, qui est de toute façon un candidat qu'elle avait soutenu dès 2017, dès 2016 d'ailleurs. Donc, pas de surprise de ce côté-là.
Par contre, si c'est le cœur de son électorat, ce n'est pas un électorat qui lui suffirait pour passer au second tour et pour remporter cette seconde présidentielle. Il a besoin d'autres personnes pour ça et la dynamique actuelle en sa faveur, en tout cas telle qu'elle est mesurée par les sauvages, montre qu'il n'y a pas que les bourgeois et les sous-bourgeois. Donc, les sous-bourgeois, à frustration, c'est comme ça qu'on appelle ceux qui font la courroie de transmission entre ceux qui possèdent les moyens de production, qui possèdent les entreprises, qui dirigent les administrations et les entreprises publiques et ceux qui travaillent.
Donc, c'est un peu la classe des cadres, la classe des intellectuels, la classe des producteurs d'idéologies que peuvent être certains artistes, par exemple, qui ont pignon sur rue. Donc, ces deux catégories, effectivement, se retrouvent dans le vote Macron et c'est tout à fait logique. Mais ce qui interpelle, c'est le reste. Ce qui interpelle, finalement, c'est ces 30% de votants.
Donc, tu évoques aussi les retraités, en tout cas, une partie des retraités.
Oui. Alors, sur les retraités, en fait, il y a eu beaucoup de blagues là-dessus sur Internet. C'est-à-dire qu'au moment où Macron a annoncé que sa mesure phare, c'est d'être la retraite à 65 ans, en cela, il ne faisait que lever le voile sur ses intentions réelles lors de sa précédente réforme des retraites. À l'époque, tout le monde disait que le but de cette réforme, c'est d'augmenter la durée de cotisation et de faire partie à les gens plus tard. Les macronistes disaient non, non, c'est un mécanisme, Macron, etc. En réalité, on sait très bien ce qu'ils voulaient, c'était ça. Et on peut dire qu'en vue de ce possible, on n'espère pas, second quinquennat, Macron, il lève le voile là-dessus.
Et du coup, il y avait une sorte d'ironie du cuisseur à voir que c'était, notamment dans les soutiens de la réforme des retraites, c'est déjà le cas en 2019, et maintenant dans une partie des soutiens de Macron, on a des plus 65 ans, qui va concerner des gens qui sont actuellement au travail et qui actuellement se disaient déjà que 62 ans, c'était très tard et que 65 ans, ça le serait encore plus, sachant qu'il y a beaucoup de gens qui ne peuvent pas partir à 65 ans à 62 ans actuellement s'ils ont des carrières interromptues. Donc, il y a quelque chose d'assez comique, mais disons de rire jaune à constater que des gens qui ne vont pas subir la réforme la soutiennent.
Mais ça, c'est le cas finalement pour beaucoup de réformes puisqu'il y a beaucoup de gens aisés, par exemple, qui vont soutenir un président qui risque encore de supprimer toute une partie de notre protection sociale et ce sont des gens qui n'en ont pas besoin. Donc ça, c'est assez logique. Après, ce qu'on a regardé, c'est que selon les différents sondages d'opinion, donc on a essayé d'en croiser un certain nombre, en fait, les retraités ne votent pas beaucoup plus Macron que les autres en termes de proportion. On est dans les mêmes ordres de grandeur, mais par contre, c'est un groupe qui se mobilise beaucoup plus.
C'est-à-dire que ce sont des gens qui déjà ont déclaré qu'ils allaient voter alors que le reste de la population, par exemple, le taux d'abstention potentiel est bien plus élevé, notamment chez les jeunes. C'est ça qui entraîne en réalité cette surreprésentation des seniors dans l'électorat de Macron. C'est simplement qu'ils sont plus nombreux à aller voter. Mais en termes de proportion, finalement, les retraités sont plutôt répartis comme le reste de la population. C'est pour ça que ce serait peut-être un peu injuste de dire que les retraités votent Macron. En réalité, 25 à 30 % des retraités. Et aussi, une petite précision sur les chiffres qu'on utilise.
Donc, on parlait de la dynamique Macron à 31 %. Ce n'est pas 31 % de la population, évidemment, il faut faire bien attention. À ce stade des différents sondages, il y a à peu près 70 % des gens qui se sont prononcés pour leur candidat. C'est-à-dire qu'il y a encore 30 % dont on ne sait pas pour qui ils vont voter. Et donc, si on rapporte le 30 % en faveur de Macron à ceux qui sont sûrs d'aller voter, en réalité, ça donne à peu près 20 % de la population. Donc, il y a 20 % de la population en âge de voter qui semblent décider à voter Macron. C'est-à-dire qu'il y a une personne sur cinq qui semblent décider à voter Macron, en tout cas.
Et puis, 30 % des gens encore qui ne savent pas pour qui ils vont voter et qui peuvent encore se décider. C'est pour ça que tout n'est pas joué et que c'est important de le dire.
Autre sous-catégorie, Nicolas, les gens de droite aiment l'autoritarisme de Macron alors même qu'il a été élu en grande partie par un électorat PS, c'est-à-dire centre-gauche, une sous-catégorie que tu juges un peu moins durement. Enfin, on peut peut-être revenir donc du coup sur cette sous-catégorie de gens de droite qui aiment l'autoritarisme de Macron.
Oui, en fait, c'est que Macron a aussi changé d'électorat en cinq ans. Il faut quand même bien se rappeler que c'était quasiment un candidat socialiste à la base, que c'était un ministre socialiste qui longtemps s'est revendiqué de gauche et qui donc a joué de cette ambiguïté. Maintenant, ça semble loin, mais cette ambiguïté lui a permis de gagner en 2017, c'est-à-dire que le discours du ni droite ni gauche a été répété par toutes ces grandes rédactions mainstream, alors même que déjà, il était facile de voir qu'on avait affaire à un candidat libéral, mais pas forcément un candidat autoritaire sur le plan notamment des libertés publiques. Donc ça, ça a été la surprise.
pour le coup, Macron n'a pas du tout respecté son mandat. Il était présenté comme quelqu'un de progressiste sur de nombreux aspects et il s'est avéré que c'était un authentique conservateur et durant son quinquennat, les libertés publiques ont reculé, notamment le droit à manifester a fortement reculé. Ça, tous les commentaires, notamment la Ligue des droits de l'homme, le montrent. C'est-à-dire que les techniques de répression ont changé. Elles ont changé également à l'égard des réfugiés qu'on appelle migrants quand ce ne sont pas ukrainiens, on l'appelle dans l'Arctique, mais à l'égard des migrants et des réfugiés, la violence a été très forte.
Elle a été très forte à l'égard des gilets jaunes, elle a été très forte à l'égard des manifestants et des mouvements sociaux en général. Et d'une façon générale, la méthode Macron, c'est une méthode de gouvernement qui est autoritaire et brutale par rapport à ce qu'on a pu connaître avant. Donc ça, effectivement, ça a conquis le cœur de tout un électorat qui est un électorat de droite, c'est-à-dire les gens qui croient vraiment qu'on a besoin d'ordre dans ce pays et par ordre, on entend un désordre orchestré en faveur des dominants, un désordre qui tient par l'autorité et par la force.
Et donc ça, en ça, ils ont trouvé un président qui leur convenait sur les questions des inégalités hommes-femmes et des violences sexistes et sexuelles également, puisque finalement, c'est un président qui a quand même nommé un ministre de l'Intérieur qui était accusé de violences sexuelles, un ministre de la Justice qui a eu des propos aussi sexistes de façon récurrente.
Donc, il a envoyé des signaux en faveur des gens qui, dans ce pays, pensent que les questions de violences sexuelles, c'est complètement secondaire, voire que c'est exagéré par la bien-pensance que vous voulez, que les mouvements sociaux et les syndicalistes, c'est juste des fouteurs de merde qui doivent être matés à coups de matraque, que les migrants doivent être expulsés.
Voilà, ces groupes-là, bon, ils ont beaucoup de candidats pour eux actuellement, ce qui explique, je pense, pourquoi c'est un groupe qui est très partagé entre le vote Zemmour notamment et le vote Pécresse, mais clairement, face aux contre-performances de Zemmour et de Pécresse, finalement, c'est des gens qui pourraient se dire Macron au moins, c'est quelqu'un qui a l'avantage d'agir comme on veut sans avoir la mauvaise image que peuvent avoir des Zemmour et Pécresse, c'est-à-dire c'est quelqu'un dont les journalistes ne collent toujours pas l'étiquette de droite, ce qui lui permet d'avancer ses pions très régulièrement.
Donc finalement, quand on est droite et qu'on veut que cette idée triomphe, le vote Macron est presque un vote rationnel.
Ça nous déculpabilise de voter pour un Macron plutôt qu'une Marine Le Pen. On se dit qu'on n'est pas trop à l'extrême. Une autre sous-catégorie que tu juges un peu moins durement, ce sont les personnes qui ont peur du changement et de la guerre. Donc là, ça pourrait peut-être du coup profiter à Macron, cette guerre en Ukraine.
Oui, on a regardé les derniers sondages notamment qui montrent cette dynamique Macron. Les sondeurs appellent ça l'effet drapeau. Je ne sais pas pourquoi ils ont choisi cette expression, mais il s'agit de dire que dans un contexte de tension internationale, il y aurait une sorte de réflexe de soutien au président actuel et d'envie de stabilité politique face aux incertitudes mondiales. Alors, je tiens à dire qu'en plus, ce sentiment, il n'est pas tout à fait naturel, il est aussi construit politiquement. On a entendu de nombreux journalistes ou ditorialistes dire carrément qu'il était du coup nécessaire, vu le contexte de la guerre, de reconduire Macron.
Bon, de leur part, ce n'est pas surprenant, mais comment dire, c'est une exploitation un petit peu cynique du contexte international et de la souffrance des Ukrainiens, parce qu'en réalité, c'est des gens qui auraient soutenu Macron de toute façon. Mais du coup, il y a une sorte de prescription à la stabilité politique qui, qui, c'est-à-dire qui empêche de se projeter dans un ailleurs. Et toute une partie de l'article porte aussi sur une question classique qu'on peut avoir quand on veut transformer la société de façon, en faveur de plus de justice sociale et plus d'égalité. C'est finalement pourquoi les gens ne vont pas vers ces transformations. Qu'est-ce qui leur fait peur ?
Et donc, on parle souvent de la peur du changement. peur du changement qui est d'autant plus paradoxal que si vous regardez les sondages liés aux grandes questions politiques et économiques, les Français sont plutôt de gauche, en fait. Ils sont plutôt hostiles au capitalisme. Ils ne croient pas en la libre concurrence. Ils ne croient pas dans le libre-échange. Ils ne croient pas dans toutes ces valeurs que portent des gens comme Macron, comme Zemmour, comme Le Pen, comme Pécresse. Donc, on voit bien qu'il y a une asymétrie forte entre ce que les gens pensent et ce pour qui ils votent. Et on pourrait se dire pourquoi du coup ils ne votent pas à gauche par exemple.
Pourquoi ils ne votent pas pour Mélenchon ? Alors, il y a la question de la peur du changement. Dans un contexte difficile, ça, c'est une explication un peu contre-intuitive. C'est-à-dire qu'on a tendance à penser souvent, d'ailleurs, à gauche, que plus ça va mal, plus les gens vont vouloir le changement. Vous voyez, c'est ce slogan de manif, ça va péter.
En réalité, l'expérience montre que les changements sociaux arrivent souvent dans des périodes qui sont plutôt favorables sur le plan macroéconomique et que dans les périodes difficiles comme celles qu'on connaît actuellement, très difficiles, parce que là, on a à la fois énormément de précarité, toujours beaucoup de chômage, parce qu'on n'a pas parlé des mensonges liées au chiffre du chômage, mais il y a une grosse manipulation par rapport à ça. La réalité, c'est que les gens qui sont dans le mal emploi, qui sont dans le halo du chômage, plus nombreux qui ne l'ont jamais été, avec ce contexte d'inflation des prix de l'énergie, vous avez des gens qui sont dans la galère.
Et la galère, alors ça, il y a différentes explications sociologiques par rapport à ça, pousse plutôt à se tourner vers des solidarités proches, c'est-à-dire à son cercle intime, à ses amis, à sa famille, aux gens sur qui on peut compter, que ce de se projeter dans des collectifs plus grands, plus vastes, plus impersonnels, plus abstraits, que serait par exemple sa classe sociale ou son pays, par exemple. Et du coup, ça produit des effets de repli sur soi. Quand on dit repli sur soi, ce n'est pas de l'individuisme, qu'au contraire, c'est de l'entraide forte au sein d'un petit entourage, mais du coup, une perte de confiance dans les grands collectifs.
Et ça, c'est un effet qu'on tente d'expliquer dans l'article, c'est une hypothèse, une hypothèse assez dramatique d'ailleurs, ce serait de dire qu'en fait, Macron a tellement déstabilisé les cercles de solidarité au niveau national, il les a tellement rendus détestables, je veux dire, si vous avez contact avec Pôle emploi en ce moment, alors même qu'il s'agissait d'une assurance chômage qui était quand même conçue comme un mécanisme de soutien entre les travailleurs, on n'est plus du tout là-dedans maintenant.
Quand vous êtes à Pôle emploi, on vous fait sentir que vous êtes une bouche à nourrir, on vous parle hyper mal, ni bonjour, ni merde, et ça vous dégoûte en réalité de tout mécanisme de solidarité. Et c'est valable aussi pour le RSA, c'est valable pour les caisses d'allocations familiales, toutes ces organisations qui avaient été conçues comme des modes de solidarité nationale et de solidarité entre travailleurs et travailleuses sont devenus des organismes d'État, de charité, qui vous soupçonnent de fraude au moindre document non envoyé.
Donc en quelque sorte, ces mécanismes de solidarité collective ont été tellement décrédibilisés qu'aux yeux des gens, ce n'est plus des échelles finalement de changement valable, on n'a plus confiance en quelque sorte dans le genre humain. Et cette confiance, cette perte de confiance dans ses semblables, pour nous, elle est aussi une explication du fait qu'on a beau pensé que ça irait mieux sans capitalisme, on a beau pensé qu'il faut des régulations collectives, on a beau penser qu'il faut être solidaires les uns des autres, on n'a pas confiance dans notre capacité à les réaliser.
Et quand Mélenchon propose de réenchanter tout ça, de redonner véritablement de la solidarité, moi j'ai l'impression qu'il y a un grand scepticisme qui se dégage et lutter contre ce scepticisme, c'est très compliqué, d'autant plus que le discours de Macron, lui, c'est un discours qui se base sur notre défiance mutuelle. Macron, il nous dit qu'on va devoir être de moins sur moins solidaires, qu'on va devoir se serrer la ceinture, que certains d'entre nous coûtent beaucoup trop cher, qu'il va falloir travailler plus.
Tout ça est faux sur un plan macroéconomique, c'est établi, on n'a pas besoin de travailler plus, on est les travailleurs et les travailleuses les plus productifs d'Europe, notre système de retraite est finançable, mais quelque part, ces mensonges se reposent sur aussi notre perte de croyance et notre perte de foi en ces mécanismes de solidarité et en nos semblables. Ça, c'est un peu tragique.
Oui, cette perte du changement, tu l'expliquais par une lecture sociologique, il y a aussi une lecture psychologique qui est intéressante, c'est que les gens s'accrochent à ce qu'ils connaissent, même si c'est douloureux. Donc, il faut aussi travailler sur ces leviers psychologiques, alors là, c'est un autre chantier. Si on suit donc ton raisonnement, Nicolas, un grand nombre d'électeurs de Macron le feront contre leurs intérêts de classe, que peux-tu leur dire pour les amener à reconsidérer leur vote ?
Déjà, considérer, parce qu'un effet dont on n'a pas parlé, s'il y a un effet de performativité, c'est-à-dire que plus on dit que Macron est en tête, plus on pense qu'il va l'être et plus, en fait, tout le monde se positionne par rapport à ça. Alors, donc déjà, se dire que les choses ne sont pas fermées, il nous reste plusieurs semaines et un tiers des Français n'ont pas encore fait leur choix. Ce un tiers, il peut tout basculer. Et ce qui s'est vu, d'ailleurs, en 2017, c'est que ce un tiers, ce sont les jeunes, les ouvriers et les employés et qu'en 2017, il s'était tourné massivement vers Mélenchon dans la dernière ligne droite, en quelque sorte.
Donc, tout n'est pas joué et il faut arrêter de sortir de ce schéma selon lequel la dynamique Macron, la dynamique Macron, c'était une fatalité historique, statistique. Non, ça, déjà, c'est faux. Donc, on n'est pas obligé de devoir se positionner par rapport à ça. Ensuite, que dire ? Nous, ce qu'on essaie de faire à frustration et ce qu'on va continuer à faire, c'est de dire que Macron et ses proches, ce sont des gens qui mentent en permanence sur la capacité de notre pays à conserver ces modes de solidarité collective. Par exemple, moi, je dirais aux gens qu'il faut continuer de dire et vous le faites aussi aux médias, une retraite à 60 ans, ce n'est pas du tout infinançable.
On n'a pas besoin de passer à la retraite à 65 ans pour bénéficier tous d'une retraite. Au contraire, c'est le plus surmoyen qu'une grande partie d'entre nous qui mourront avant ou n'auront pas suffisamment de trimestres d'ici là, n'en auront pas. La retraite à 65 ans, ce n'est pas le maintien du système de retraite, c'est la fin des retraites pour une frange très significative de la population. Il n'y a pas de difficulté à financer les retraites. On finance les retraites par de l'emploi. On finance les retraites par une augmentation des cotisations patronales.
L'argent a été très concentré par Macron auprès des plus riches et il faut vraiment se dire que c'est comme s'il nous avait fait un cadeau, c'est comme s'il nous avait fait une épargne. On sait que toute une partie de notre argent est parti quelque part. Donc, on sait où le récupérer. Et avec cet argent, on peut faire beaucoup de choses. Et en fait, moi, ce que j'aurais envie de dire à des électeurs Macron qui ne sont pas des bourgeois et qui le savent très bien, les bourgeois, j'ai envie d'en dire « Oui, vous êtes cohérents. » Mais les autres, j'ai envie de leur dire « On mérite mieux, en fait. On mérite mieux que de ressouffrir pendant cinq ans.
On mérite de travailler moins parce qu'on a travaillé énormément, parce que nos parents ont travaillé énormément. On mérite d'avoir des autoroutes gratuites parce que ce sont nos grands-parents qui les ont construites. On mérite d'avoir une sécurité sociale qui fonctionne parce que nos arrières-grands-parents se sont battus et nos grands-parents, d'ailleurs, aussi, pour l'avoir et elles restent en très bon état. On pourrait même aller plus loin. On pourrait avoir une sécurité sociale de l'alimentation parce que l'alimentation, c'est un enjeu de santé.
Il n'y a pas de raison que ce soit une galère individuelle où on soit chacun à essayer de dégoter nos produits bio pas trop chers pour donner des abouillies pas trop mauvaises à nos enfants. Voilà, tout ça, on le mérite et j'ai l'impression que pendant cinq ans, Macron, ce qu'il a fait, d'ailleurs, il l'a fait techniquement, c'est qu'il n'a pas cessé d'accumuler les phrases où il nous méprisait et je pense que ça a produit des effets et qu'à force, sur certains, ils se sont dit « Bah ouais, on n'en vaut pas très la peine.
C'est vrai qu'on est des coups, c'est vrai qu'on est des travailleurs coûteux, c'est vrai qu'on est des assistés, c'est vrai qu'on coûte plus cher que des travailleurs du Bangladesh, etc. C'est vrai que notre industrie est destinée à des manques les bras. de situations et quand je dis radicalement, c'est pour du mieux, c'est-à-dire mieux vivre avec des salaires plus élevés, notamment, et avec des services publics et une sécurité sociale plus grande et il n'y a aucune fatalité à ce que ça se passe autrement en réalité. Et ils ont juste réussi à nous faire croire ça pour mieux s'enrichir.
Et encore une fois, comme je disais, le fait que Macron ait enrichi autant qu'il est plus riche pendant cinq ans fait qu'en plus, on sait où trouver l'argent. L'argent n'a pas disparu, il est là concentré et il n'attend que d'être pris.
Merci Nicolas. Je rappelle que Nicolas Framont est le co-rédacteur en chef de Frustration Magazine où il vient de publier un article passionnant et agréable mais qui peut donc encore vouloir voter Macron. Foncez le lire ! Il est aussi chroniqueur au Média TV. Merci encore Nicolas. Bon week-end de manière anticipée.
Merci beaucoup. Bon week-end à toi aussi.
Merci. Enfin, dernière contre-matinat de la semaine mais ce soir, un grand rendez-vous face aux Indés. invite Nicolas, Nicolas, Philippe, Foutou, le candidat du NPA ne pas manquer 19h. Cher Matinobien, vous le savez, on ne manquera pas de le rappeler toujours. On a besoin de votre soutien pour garantir la dépendance du média, la gratuité des contenus et notre liberté de ton. La cagnotte pour les enquêtes est en ligne en description de la vidéo. N'oubliez pas de partager, de vous abonner et de liker et on se retrouve donc la semaine prochaine, lundi, avec Théophile aux commandes de la matinale. Merci de nous avoir suivis. Le Média TV, c'est de l'actualité, une contre-matinale quotidienne.
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C'est aussi le résultat d'un jeu macabre entre États étrangers comme le Tchad, le puissant voisin et son allié principal, la France, l'ancienne puissance coloniale. Quelques semaines avant l'élection présidentielle, alors que la machine a étouffé les vérités qui dérangent et est en marche, nous avons décidé d'accélérer notre production d'enquêtes. Des enquêtes sur des figures politiques de premier plan. Des enquêtes qui se rapprocheront de plus en plus de la Macronie, des gouvernants et de ce qu'ils préfèreraient cacher aux électeurs, surtout en ce moment.
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