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interviewC dans l'air· 28 février 2026 13 min

Pourquoi Trump frappe l'Iran ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générique. -A.Casse: Bonsoir à tous.

Bienvenue dans "C dans l'air". Est-ce que l'on assiste au début de la guerre au Moyen-Orient? La riposte iranienne a déjà commencé, avec des alertes en Israël, au Koweït, ou à Dubaï.

Bonsoir, Bruno Tertrais. Vous êtes directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique. Vous êtes aussi l'auteur de "La question israélienne".

Voici comment Donald Trump a annoncé les frappes américaines. - Ce régime apprendra bientôt que personne ne doit défier la puissance des forces armées des Etats-Unis. Alors déposez les armes.

Vous serez traités équitablement et vous bénéficierez d'une immunité totale. Ou bien, vous ferez face à une mort certaine. -A.Casse: Comment vous analysez ce discours? -B.Tertrais: La déclaration de Donald Trump est assez intéressante.

Elle est assez bien construite, contrairement à d'autres déclarations du président américain. La première raison, la seule raison qu'il donne, c'est de bombarder l'Iran pour l'ensemble de son oeuvre. Il remonte à 1980, à la crise des otages.

Il parle du fait que de très nombreux soldats américains ont perdu la vie, directement ou indirectement, du fait de la République islamique, depuis la révolution de 1979. Il n'évoque pas un dispositif de changement de régime. Cela a l'odeur d'un changement de régime cependant.

C'est une politique de changement de régime, avec une nuance très importante, c'est qu'en n'avançant pas un tel objectif explicitement, il se donne la possibilité d'arrêter les opérations quand il veut. -A.Casse: Pourquoi cela devient un objectif? -B.Tertrais: La guerre des 12 jours était limitée dans ses objectifs.

Aujourd'hui, on a l'impression que c'est Israël qui aide les Etats-Unis, et plus l'inverse. -A.Casse: Pourquoi maintenant? -B.Tertrais: Avec Donald Trump, on peut toujours essayer de rationaliser le pourquoi du comment.

Depuis plusieurs semaines, la montée en puissance du dispositif américain, après que Donald Trump se soit mouillé vis-à-vis des manifestants iraniens, est-ce que c'est cela qui a déclenché son idée de faire quelque chose? Je ne sais pas. C'est là que l'on a vu un moment d'affaiblissement du régime.

Il était déjà dégradé par les frappes de juin 2025. On voit un Donald Trump de plus en plus intéressé par l'Iran. Est-ce que c'est une diversion pour ne pas parler d'autre chose?

C'est difficile à dire. -A.Casse: C'est un Donald Trump comme on ne le voit jamais.

Le discours était préparé, enregistré. C'est comme s'il voulait préparer les Américains à une guerre qui dure longtemps. -B.Tertrais: Sa déclaration montre qu'il est prêt, s'il le juge nécessaire.

Ca ne veut pas dire que c'est inévitable. Il est prêt à une opération longue, de plusieurs semaines. Il sait que les défenses américaines dans la région ne peuvent pas arrêter tous les missiles iraniens.

Quelque part, c'est assez sage, en tout cas responsable, d'annoncer qu'il pourrait y avoir des morts américains. -A.Casse: Le guide suprême Khamenei a été éliminé.

Le ministre des Affaires étrangères a démenti sur la télé américaine en prenant quelques précautions de langage. -B.Tertrais: Je n'en sais strictement rien.

Je ne sais pas si les Américains ou les Israéliens le savent. Ce n'est pas la peine de spéculer là-dessus. S'il ne fait pas d'intervention télévisée dans les heures et les jours qui viennent, alors cela voudra probablement dire qu'il est effectivement soit blessé soit éliminé.

Dans ce cas, ça sera un coup dur pour le régime. C'est le fondement à la fois religieux et politique du régime. Ca ne voudra pas dire que le régime s'effondrerait.

Il y a certainement des procédures qui ont été mises en place par le pouvoir iranien pour préparer cette éventualité. Ca serait en tout cas un coup extrêmement dur. -A.Casse: Il y a des alertes, la volonté de frapper les bases américaines au Koweït, ainsi qu'à Abu Dhabi.

On a vu les images à Dubaï, de cet endroit artificiel dont j'ai oublié le nom... -B.Tertrais: C'est le Palmier. -B.Tertrais: C'est le Palmier. -B.Tertrais: C'est le Palmier. -A.Casse: C'est un endroit emblématique qui a été touché. -B.Tertrais: Oui, car ce ne sont pas des infrastructures militaires. car ce ne sont pas des infrastructures militaires. car ce ne sont pas des infrastructures militaires.

Ce sont des zones touristiques, des hôtels de luxe, des zones d'habitation. C'est psychologiquement, pour l'économie des Emirats Arabes...

Si l'Iran commence à frapper des objectifs civils, ça serait un coup très dur. Il faut se rappeler que la France a des intérêts directs dans la région. Après la guerre du Golfe en 1991, François Mitterrand avait signé avec le Koweït, le Qatar et les Emirats arabes unis, des accords de défense.

Nous pourrions, dans un scénario extrême, être non pas contraints, mais choisir de mettre en oeuvre un accord de défense, notamment avec les Emirats arabes unis. -A.Casse: Un risque d'embrasement régional existe-t-il? -B.Tertrais: Je n'irais pas jusque-là.

A chaque fois qu'il se passe quelque chose au Moyen-Orient, on parle du risque d'embrasement. Il n'a pas été en paix depuis 1945. Les braises sont toujours là, malheureusement.

S'agissant d'une escalade au-delà S'agissant d'une escalade au-delà S'agissant d'une escalade au-delà de la région, je crois qu'il faut être rassurant. Ni la Chine, ni la Russie, n'ont la capacité et la volonté de venir la capacité et la volonté de venir au secours de l'Iran. Ni Pékin, ni Moscou n'ont des accords de défense.

La Russie est un peu occupée aujourd'hui en Ukraine. La Chine n'a pas d'alliés au sens militaire du terme. La seule chose qui intéresse la Chine, c'est que le pétrole iranien continue à couler à flots.

La Chine serait très embêtée. C'est son premier fournisseur de pétrole aujourd'hui. -A.Casse: Le pétrole est une arme de l'Iran contre les Etats-Unis. -B.Tertrais: Dans les années 80, il y a eu le deuxième choc pétrolier.

La navigation dans le golfe persique était interrompue. Il y a eu des opérations européennes de protection. Aujourd'hui, le marché pétrolier mondial n'est plus du tout ce qu'il était à l'époque.

Il est moins vulnérable à un choc dans le domaine militaire. Même si le détroit stratégique était bloqué, ça n'aurait pas les mêmes conséquences que dans les années 80. -A.Casse: L'ancien président russe -A.Casse: L'ancien président russe -A.Casse: L'ancien président russe a dit que le combattant de la paix avait à nouveau montré son vrai visage.

On a aussi l'impression qu'il parle de lui-même. Vous dites que cela ne va pas aller au-delà des mots. -B.Tertrais: Il faut préciser que Medvedev n'est pas le porte-parole de Vladimir Poutine.

On a l'impression qu'il parle de la Russie, qu'il fait semblant de négocier pour pouvoir faire la guerre en même temps. Est-ce que l'Amérique pensait que cette ouverture de dialogue avec l'Iran pouvait aboutir avec Donald Trump, et avec leurs ambassadeurs? Ce ne sont pas de bons négociateurs.

Est-ce que cette équipe y croyait? C'est possible. Ils se croient tout-puissants.

Pour moi, c'était du théâtre. Je n'ai pas imaginé que l'on pouvait avoir un accord pour réconcilier les intérêts des deux parties. -A.Casse: Est-ce que cette intervention est fondée juridiquement?

Emmanuel Macron a dit que l'escalade en cours était "dangereuse". "La parole doit être rendue au peuple iranien." La Norvège a dit que "les frappes de l'Iran ne sont pas conformes au droit international." -B.Tertrais: La réaction française est relativement mesurée, comme elle l'a été en juin 2025. comme elle l'a été en juin 2025. comme elle l'a été en juin 2025.

Pourquoi? Parce que la France considère qu'il y a quelques fondements juridiques à ce que des pays, en particulier Israël, mais aussi les Etats-Unis, dont les soldats ont été directement frappés par l'Iran depuis 40 ans, il n'est pas absurde de ranger cela dans le cadre d'une forme de légitime défense élargie. Je ne suis pas en train de le justifier juridiquement.

Je dis que si l'on compare la situation à celle de l'Amérique en Irak en 2003, elle est beaucoup moins fragile. Je ne peux pas vous dire si c'est légal ou pas. C'est plus compliqué.

Mais on peut considérer qu'il y a des fondements qui s'apparentent à ceux de la légitime défense. -A.Casse: Emmanuel Macron veut une réunion d'urgence au Conseil de sécurité de l'ONU. -B.Tertrais: Le Conseil va se réunir ce soir.

Les pays qui avaient négocié l'accord de 2015 ont fait un comité conjoint. C'est le point de l'équilibre de la diplomatie européenne sur ces sujets. Ils s'abstiennent de condamner fermement.

L'Iran attaque ses voisins, attaque les intérêts occidentaux et israéliens, attaque des Juifs partout dans le monde depuis plus de 40 ans, mais son programme, dans sa dimension militaire, se fait en violation de beaucoup d'engagements internationaux. -A.Casse: Est-ce que c'est la guerre qui commence au Moyen-Orient?

On voit que Donald Trump lui-même prend des précautions en parlant de l'opération. des précautions en parlant de l'opération. des précautions en parlant de l'opération. -B.Tertrais: On a presque entendu Donald Trump parler d'opérations militaires spéciales. militaires spéciales. militaires spéciales.

Contrairement à l'Irak, il n'y aura pas d'opérations militaires au sol. -A.Casse: Même dans une deuxième phase? -B.Tertrais: Je n'y crois pas du tout.

Pour un président qui a été élu pour ne pas faire de guerre, on voit qu'il fait de plus en plus d'opérations militaires. Donald Trump peut, à mon sens, dire qu'il arrête, qu'il a rempli ses objectifs. Pour lui, le fait de dire qu'il a montré ses muscles, qu'il leur a montré une leçon, cela peut vouloir dire...

Les missiles, c'est très important aujourd'hui pour les Israéliens. On doit pouvoir les reconstituer rapidement. Donald Trump, il peut dire dans trois jours qu'il a parlé avec les responsables iraniens et que des négociations vont reprendre.

Beaucoup de choses sont possibles. Une escalade prolongée et un conflit qui dure, malheureusement, c'est tout à fait possible. Pour le peuple iranien, espérons que l'issue ne soit pas trop douloureuse. -A.Casse: On va donner la parole aux Iraniens ce soir.

C'est le début d'une grande émission spéciale. Vous reviendrez aux alentours de 19h