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speechyoutube.com· 11 mai 2026 44 min

Le discours intégral d'Emmanuel Macron à Strasbourg

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Emmanuel Macron

Il y a un certain esprit de dialogue et de fraternité qu'on puisse échanger, pas dans les cris et les invectives. Madame la ministre, mesdames, messieurs les parlementaires, mesdames, messieurs les élus, chers amis, je suis très heureux d'être à Strasbourg ce soir. Strasbourg est l'une des capitales de l'Europe, avec le Parlement européen, le Conseil de l'Europe. Ce que quand l'histoire tourne mal, ces morsures signifient. Strasbourg, ville des droits de l'homme, qui accueille le siège de cette Cour européenne des droits de l'homme, que d'aucuns aujourd'hui voudraient quitter, comme vient de le faire la Russie. Ville de mon cœur, où je suis venu à dix reprises durant les années passées.

Et je me souviens avec beaucoup d'entre vous d'y être venus, dans des moments de joie, dans des moments d'ambition européenne, dans des moments de douleur aussi, lors des attentats. Et je veux ici avoir une pensée émue pour toutes les victimes, les blessés, leurs familles, comme l'ensemble de celles et ceux qui se sont engagés lors des attentats. Je veux aussi saluer en ce mardi saint celles et ceux dont nous perturbons l'office, dans cette cathédrale qui veille sur notre rassemblement. Merci à eux. Ce qui me permet, ici, de redire mon attachement au concordat, ici en vigueur, qui régit sur ces terres les relations entre l'État et les cultes dans l'apaisement et la fraternité.

Ensuite, mais je vais, si vous voulez, je suis interpellé par des militants d'extrême-gauche, qui s'ils veulent bien m'écouter, je vais leur répondre. Parce que, d'abord, l'ISF n'est pas dans ma poche. Mais la réforme fiscale qu'on a faite en début de quinquennat a permis de faire revenir de l'investissement, de recréer de la richesse. Et nous avons, ce faisant, par les réformes faites, permis de créer des industries, des entreprises. Parce que je vois des voix qui s'élèvent. Je suis très sensible aux voix sociales et à cette demande qu'il y a. Mais je vous le dis avec beaucoup de force, et qui est la cohérence du projet que je porte.

Il ne peut pas y avoir de politique sociale s'il n'y a pas de politique productive. On ne peut pas répartir des richesses qu'on ne produit pas. Et je remercie nos amis, en plein respect, de discuter. Mais c'est votre façon de faire. Moi, je vous dis en toute sincérité, je m'engage pour un projet. Je le tiens depuis 5 ans. Et nous l'avons tenu. Et c'est un projet par lequel nous avons investi, nous avons réattiré des talents, nous avons recréé des entreprises, réindustrialisé le pays pour la première fois depuis 30 ans. C'est ce qui nous permet d'avoir la politique que nous avons voulue pour l'école, de réinvestir sur l'hôpital, et de relancer la politique sociale. Et nous continuer...

Alors après, je ne pourrai pas non plus répondre à toutes les interpellations, y compris quand il y en a qui jettent des trucs. Donc je vais quand même continuer, je vais continuer sur le propos qui est le mien aujourd'hui. En plein respect, parce que monsieur, vous devez toutes et tous respecter celles et ceux qui ont fait parfois des heures pour être sur cette place. Ils vous ont respecté, et vous êtes bien traité. Et je le dis parce que nous vivons un moment, nous vivons un moment. Mais oui, mais l'enchant, c'est qu'il y a des projets qui sont présents. Et les Françaises et les Français démocratiquement choisissent. Et ils mettent deux projets, il faut ensuite choisir.

Et nous sommes à un moment essentiel où ce choix se fait entre un projet d'extrême droite et le nôtre. C'est ainsi. Et donc sur ce projet, je suis là pour convaincre, avec l'enthousiasme qui est le mien, la ferveur qui est la mienne, le respect aussi à l'égard de chacune et chacun, mais je demande juste à toutes et tous le même respect. Chacun a pu s'exprimer au premier tour. Maintenant, on doit choisir. Ici, en Alsace, je le disais donc, Je reste attaché au concordat, mais je reste aussi attaché au droit local, qui sera préservé. J'entends tout et n'importe quoi sur ce sujet. Je veux ici vous redire mon engagement.

Je veux aussi dire, je vois des Vosgiens qui sont là également, mais aux Alsaciens ici présents, que durant les cinq années qui viennent de s'écouler, ils ont su me trouver à leur côté. Nous avons ensemble bâti cette collectivité européenne d'Alsace qui ressemble à votre histoire et votre vocation. Nous avons mis en place un droit à la différenciation dans notre Constitution. Et je souhaite ainsi que partout en France, comme peut-être les Alsaciennes et les Alsaciens s'ils le souhaitent, on puisse choisir de reconfigurer le destin territorial qui est donné. Ça ne doit pas être imposé d'en haut. Et que cette liberté que la loi a prévue, vous puissiez vous en saisir.

Et si je suis donc parmi vous, c'est pour parler d'Europe. Alors, je vois ici beaucoup de fidèles de la première heure, de convaincus peut-être de gens qui nous ont rejoints, d'autres indécis. J'ai entendu aussi comme vous des militants qui viennent sans doute plus les uns de l'extrême gauche, les autres de l'extrême droite. Mais je veux parler à toutes et tous. Nous avons la chance d'être dans une démocratie et de vivre en paix. Et je le dis avec beaucoup de force, ce moment que nous vivons dans notre pays et en Europe est un moment de choix, un moment de détermination. Parce que vous pouvez crier, y compris à la République, ce qui est à mes yeux une absurdité. Mais vous pouvez le faire.

C'est la différence entre, vous voyez, vivre en France à Strasbourg et vivre en Hongrie. J'ai compris qu'il y avait des anarchistes. Bon, les anarchistes, je ne défends pas leur projet. Il y a des femmes et des hommes qui viennent de la gauche, de l'écologie, de la droite plus dure, peut-être de l'extrême droite. Je respecte chacune et chacun. Je veux ici vous parler avec les mots du cœur et de la conviction pour vous dire pourquoi cette élection est aussi un référendum sur l'Europe. Elle l'est. Parce qu'entre le projet que je défends et celui de la candidate d'extrême droite, les choses sont claires. La candidate d'extrême droite propose un projet nationaliste.

Ce qui n'est pas le patriotisme. Ce projet nationaliste, et je le dis ici, à quelques mètres, de là où François Mitterrand a prononcé ces mots parmi les derniers de son dernier mandat, le nationalisme, c'est la guerre. Et donc, oui, le projet de l'extrême droite, c'est un projet de sortie du Conseil de l'Europe, c'est-à-dire de notre socle de valeurs et de droits. Sortir du Conseil de l'Europe, c'est sortir de l'Union européenne, puisqu'elle en est la Constitution, le principe fondateur. C'est un projet où la candidate d'extrême droite nous expliquait hier qu'elle voulait sortir du marché européen de l'énergie. Qu'est-ce que ça veut dire ? De manière très concrète.

40 jours sans lumière par an et plusieurs milliards d'euros d'export de notre électricité qui permet de faire baisser la facture des Français en moins. Une absurdité. Qui peut croire une seule seconde que ces projets seraient comparables sur la question européenne ? Qui peut le croire ? Et quand je parle d'Europe, je défends ici toutes celles et ceux qui, il y a 5 ans, à mes côtés déjà, arboraient le drapeau européen avec fierté. Je défends celles et ceux qui, il y a encore quelques semaines, étaient fiers d'avoir le drapeau européen flotté sous l'arc de triomphe. Car notre Europe, c'est la paix.

Alors, l'Europe que je défends, que nous défendons, celle dont je suis venu vous parler ce soir, pour nous-mêmes, aujourd'hui et demain, c'est celle que nous avons en profondeur réformée durant ces dernières années. C'est un cadre de paix, de stabilité, de valeur, de démocratie et de liberté. C'est notre plus sûr atout pour nous, Français, aujourd'hui et demain. Alors, mes amis, l'Europe, c'est d'abord ce qui nous protège des crises et de la guerre. Et je voudrais commencer par là. Et merci de faire flotter ici le drapeau de l'Ukraine. Oui, l'Europe, c'est ce qui nous aide et nous protège pendant les crises.

La pandémie, durant l'épidémie de Covid, l'Europe, dont la santé n'est pas la compétence, nous a aidés. En Européen, nous nous sommes battus pour préserver notre espace commun. Et surtout, en Européen, nous nous sommes battus pour innover, rechercher, produire des vaccins et les distribuer. Et je vous le dis ici avec beaucoup de force et de conviction, quand j'entends tous les projets de sortie de l'Europe ou de fracture, la France, durant les premiers mois, rappelez-vous, le début de l'année 2021, quand les vaccins arrivaient partout dans le monde. La France ne produisait pas sur son sol de vaccins.

C'est parce que nous avons eu l'Europe et la solidarité européenne que nous avons pu avoir une libre circulation des vaccins produits, inventés chez nos voisins allemands. C'est en Européen ensuite que nous avons réussi à devenir le premier continent de production des vaccins. C'est l'Europe qui a été le seul continent qui n'a jamais mis de restrictions à l'exportation de ces vaccins. C'est l'Europe, le continent qui a été le plus solidaire pour aider les pays les plus pauvres. Oui, avec l'Europe, nous avons bâti un projet de recherche et de santé inédit. Et il a été bâti pendant la crise. Et nous devons en être fiers.

Sans l'Europe, sans l'Europe, le fameux quoi qu'il en coûte, que nous avons assumé pour notre pays, que je suis fier d'avoir porté en votre nom et à vos côtés. Et qui me fait merci de dire et qui me fait un peu m'énerver quand j'entends certains dire qu'en France il n'y a pas de politique sociale. Mais enfin, regardez ailleurs, où a-t-on autant aidé les artistes, les commerçants, les artisans,

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Locuteur non identifié

nos étudiants

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Emmanuel Macron

avec les repas à 1 euro, avec le chèque-ci, avec l'accompagnement, nous qui pouvons nous en orgueillir et je souhaite aller plus loin et le réformer, d'être un des pays au monde qui a le système de bourse le plus complet. C'est une réalité. Alors on pourrait céder au tout va mal, au tout est mal fait. Moi je ne m'y résous pas. Mais l'Europe nous a permis de le faire. Et ensemble, nous avons réussi à bâtir ce que tous les gouvernements de gauche jusqu'alors voulaient faire et n'avaient pas réussi à faire.

Nous avons convaincu que nous étions crédibles qu'au mois de mai 2020, nous avons pu bâtir un accord historique avec l'Allemagne, puis convaincre les autres pays européens pour en juillet 2020 dans la première fois, pour la première fois de notre histoire, bâtir un accord de mutualisation de notre dette future et décider d'investir ensemble pour l'avenir. Ce rêve fou qui bloquait jusqu'alors, nous l'avons fait en... Et c'est en européen, au moment où la guerre revient, que nous pouvons œuvrer pour essayer de rebâtir la paix. comme vous, je pense ce soir à d'autres Européens, à moins de 1 500 km d'ici. Imaginez-vous, l'Ukraine. La guerre est revenue sur le sol européen.

Et toutes celles et ceux qui croyaient que, quand on expliquait que l'Europe était un projet de paix inédit dans notre histoire, on employait les grands mots. Voix ce qui se passe quand les rêves d'empire et la barbarie reviennent. C'est par l'Europe que nous bâtirons la paix. C'est par l'Europe. Et je vous le dis avec beaucoup de conviction et de gravité ce soir. La Russie a décidé d'agresser l'Ukraine. Elle l'a fait après que nous ayons pendant des heures cherché à discuter et convaincre. Elle l'a fait en mentant aux Européens. L'Europe aujourd'hui, par les sanctions qu'elle impose et qu'elle continuera d'imposer à la Russie.

L'Europe, par le soutien qu'elle apporte aux Ukrainiens et aux Ukrainiens, l'Europe, par le soutien qu'elle apporte en accueillant les femmes et les hommes qui fuient la guerre en Ukraine, continuera de se tenir aux côtés des combattants de la démocratie que sont les Ukrainiens et les Ukrainiens. Merci à eux. Et vous le voyez, notre Europe est là dans les crises qui nous rendent plus forts, qui nous protègent et nous permet de répondre. de répondre, mais pas seulement. L'Europe est un trésor que nous avons patiemment bâti, mais qui va aussi nous permettre de répondre aux défis futurs, le défi productif que j'évoquais.

L'Europe doit redevenir un grand continent de production, de création, d'invention. C'est pourquoi nous avons décidé de lancer sous cette présidence française durant ce semestre, et que je veux en votre nom dans les années qui viennent, si la confiance m'est accordée, continuer de me battre pour que l'Europe soit un continent de production technologique, industrielle. Pourquoi ? Parce que nous avons besoin de bâtir sur notre continent les entreprises, les savoir-faire, la production qui enlèvera de la dépendance à l'égard des autres. Nous l'avons vécu, nous l'avons vécu. J'y viens, pas d'inquiétude. Nous l'avons vécu au moment de l'épidémie. Nous le voyons encore aujourd'hui.

Lorsque nous ne produisons pas sur notre sol, pas simplement français, mais européen, ce qu'il faut pour nous nourrir, ce qu'il faut pour nous équiper, ce qu'il faut pour produire, ce qu'il faut pour avoir l'énergie, alors nous dépendons. Et alors, quand la guerre revient, la crise, que les frontières parfois se ferment, nous retrouvons la vulnérabilité. C'est par l'Europe que nous pouvons rebâtir notre indépendance, notre autonomie stratégique.

Et ce que nous avons commencé à faire sur les médicaments en réattirant des entreprises sur le sol français, mais européen, pour produire ce qu'on avait laissé parfois partir très loin, nous devons le faire pied à pied sur l'ensemble de nos secteurs industriels, sur la production d'énergie, sur les inventions et les innovations technologiques, sur les start-up d'aujourd'hui et de demain, pour ne pas laisser d'autres puissances décider pour nous demain. C'est essentiel. C'est une question de souveraineté européenne et française. Et c'est par l'Europe que nous le ferons.

C'est par l'Europe aussi que nous réussirons à lever le grand défi agricole si important pour la région et pour nous, Français. Celui qui nous permettra de produire et de continuer à produire pour nous nourrir comme cela s'est fait pendant la crise. mais de le faire en réconciliant la production et le climat. Et pour ce faire, il faut des règles européennes parce que si nous ne le faisons pas au niveau européen, nous ne pouvons pas demander à nos paysans de faire des changements parce qu'il se passera sinon ce qui s'est fait des années passées. c'est-à-dire qu'on leur met des contraintes mais on importe ce qui est fait chez le voisin à qui les contraintes identiques ne sont pas imposées.

Parce que l'Europe est un marché uni, intégré. L'Europe agricole et l'Europe justement d'une production agricole respectueuse de la biodiversité et du climat est le seul espace pertinent. C'est donc au niveau européen que nous devons poursuivre cette transition et que nous devons accélérer les investissements pour répondre aux défis de la production et de l'environnement. C'est aussi l'espace dans lequel nous arriverons à relever le défi social. J'ai entendu les préoccupations comme vous, j'entends les voix qui s'élèvent. Nous avons des réponses à apporter dans notre pays et nous continuerons de le faire.

Mais le défi social, celui des inégalités, c'est aussi au niveau européen que nous devons le reconquérir, le gagner ensemble. Notre Europe est devenue bien trop souvent un espace dans lequel on a laissé s'installer les inégalités entre les salaires. Le rêve initial n'était pas qu'on ait les bas salaires à l'Est ou au Sud et les emplois les plus productifs au Nord. C'était qu'on puisse avoir les meilleurs emplois partout en Europe. Et c'est donc qu'on ait un projet de convergence sociale et fiscale qui crée de la justice partout. C'est cela l'Europe à laquelle je crois. C'est pourquoi dès le début de mon mandat je me suis battu. Merci, ça m'a touché.

Parce que lui, il a crié moins fort que d'autres mais il a dit que j'étais très sympa. Merci. mais dès le début de mon mandat nous nous sommes battus contre une des inégalités les plus terribles sur le sol européen celle des travailleurs détachés. Et nous avons réussi à mieux encadrer les choses à permettre d'éviter cette concurrence déloyale et à mieux protéger aussi les salariés de nombreux pays européens qui travaillaient à bas coût. L'Europe est l'espace où nous pouvons construire cette plus grande égalité. C'est pourquoi sous présidence française nous sommes en train de faire aboutir deux textes fondamentaux.

Le premier, celui qui va nous permettre désormais ces faits de bâtir un salaire minimum européen qui n'existait pas jusqu'alors grâce aux syndicats partout en Europe parce qu'on a réussi à convaincre d'autres pays. C'est chose faite et il permettra la convergence sociale entre les pays. La deuxième chose, c'est le combat pour l'égalité entre les femmes et les hommes. Depuis dix ans, une directive tant attendue était bloquée laquelle permet justement une plus grande égalité dans les entreprises. Eh bien, c'est par l'accord... Je vous entends pas. Alors, ça, on le fait en franco-français, on va continuer. Je ne peux pas traiter de tous les sujets sur interpellation.

On pourra en reparler après. Là, je vous parle de l'égalité parce que c'est le sujet européen. Les sujets de justice, ils sont en France. Et sur ce sujet de l'égalité femmes-hommes, sur les sujets de l'égalité femmes-hommes, un texte était bloqué depuis dix ans. Nous sommes en train de le faire aboutir. Nous aurons enfin cette directive qui permet de bâtir l'égalité femmes-hommes dans les grandes entreprises européennes et d'avancer sur ce sujet. La lutte contre les inégalités, c'est aussi la lutte contre l'évasion fiscale, l'optimisation fiscale. J'étais interpellé tout à l'heure, je voyais le jeune homme qui était encore par là. Ce ne sont pas que des mots qu'il faut avoir.

Il ne faut pas simplement avoir des indignations sur ce sujet. Mais soyons clairs. Si on ne met des règles que dans un pays, je le dis ici, dans une région frontalière, interdisez une activité, mettez un impôt minimal sur une activité alors que votre voisin ne le fait pas, qu'est-ce qu'il fait ? Il s'installe du côté allemand si les Allemands ne l'ont pas fait. On l'a vécu dans tous les domaines. Et c'est pour ça que je veux vous faire comprendre que sur ces sujets, si on veut faire bouger les choses, il faut le faire en européen. Parce que si on le fait bouger qu'en franco-français, ça ne marche pas.

Ça détruit des emplois chez nous, ça en recrée chez les voisins qui respectent moins les règles. Et donc cette bataille contre l'optimisation fiscale, nous l'avons menée pied à pied. Il y a 4 ans, j'ai lancé cette bataille pour l'impôt minimal européen. On m'a d'abord dit non. Certains voisins qui font beaucoup d'optimisation. Il faut bien le dire. On m'a dit, c'était une manœuvre dilatoire. On le fera. Allez convaincre les autres. Allez à ce qu'on appelle l'OCDE. Allez convaincre les Américains les plus lointains. Qu'à cela ne tienne, on s'est battus. Je ne vous cache pas qu'au début, le président Trump a été peu réceptif. Il m'a donc dit non plusieurs fois.

Mais l'administration américaine a changé. Le président Biden est arrivé avec une nouvelle équipe et ils ont dit oui. Et cette proposition initialement française et européenne, acceptée 3 ans après par les Américains, nous avons enfin pu la mettre en œuvre. Elle a été acceptée par plus de 100 pays au niveau international. Et maintenant, nous sommes en train de la décliner en européen. Les techs sont en train d'être pris. et donc maintenant, l'impôt minimal partout en Europe sera fait. Ce qui veut dire qu'une entreprise ne peut plus avoir une activité sur notre sol et créer de la richesse sans payer des impôts. Il fallait le faire en européen. On est en train de le finaliser. Et ce sera fait.

Ce qui nous permettra de relever le défi du climat. Je vous ai entendu, mais je ne vous ai pas vu parce que vous êtes dans la foule. Mais je sais que c'est une... C'est pour moi aussi une préoccupation. C'est une préoccupation pour beaucoup d'entre vous. C'est la source... Non, ça n'a rien à voir avec les SF. Ça, je vais vous rassurer. Et on peut y revenir. J'ai déjà répondu. Le climat, notre biodiversité, la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, ce défi qui est celui de nos générations, je le dis ici avec beaucoup de force, il impose que nous sachions nous réunir.

Alors, je sais que pour certains, ils ont trouvé que je n'allais pas assez vite, pas assez loin au début de mon mandat. J'entends tout à fait. Elles n'ont pas toujours la vérité parce qu'il se peut qu'elles soient militantes. Bon. Donc, non, mais il faut aller plus vite. Mais quand on est président, on doit essayer de tirer tout le monde ensemble. Ce que je veux dire, c'est que c'est le défi de notre génération. Le GIEC nous a encore, à tous, dit d'ici trois ans, il faut changer de modèle. Et ce que je voudrais réussir dans les années qui viennent, c'est qu'ensemble, on arrive à se réconcilier sur cette thématique. Parce que si on reste dos à dos, on ne pourra pas avancer.

Non, mais je suis d'accord. J'en ai déjà fait, je vais essayer d'expliquer mon projet. Je suis prêt à en faire d'autres. Mais je veux le faire à chaque fois en tirant les gens avec moi. Je crois qu'ensemble, on a réussi. Quand je regarde les choses factuellement, ces cinq dernières années, ces cinq dernières années, on a réduit deux fois plus vite les émissions de gaz à effet de serre. Deux fois plus vite. La condamnation qu'on a eue, la France, parce qu'on en a une, elle a été faite en 2018. Je ne veux pas prendre pour non plus tout ce qui a été fait avant moi. On ne va pas encore assez vite. Attention, je ne suis pas en train de vous dire que tout va bien.

Mais ces cinq dernières années, on a été deux fois plus vite. Il faut maintenant aller beaucoup plus vite. donc, vous m'interpellez, je ne vois pas votre visage parce qu'il fait noir, mais je veux vous dire, ce n'est pas... Oui, je veux faire un pas dans votre direction. Mais en fait, je veux faire un pas dans notre direction de notre avenir à tous parce que c'est une question pour nous tous. Et donc, ce qu'il faut ensemble réussir, c'est accélérer plus vite ce changement culturel qui est la réponse, en effet, aux défis climatiques et de la biodiversité. Alors, on a fait des choses durant ces dernières années. je les défends quand même.

On a été un des pays leaders pour donner une orientation, un cap pour sortir du plastique non recyclable. C'est ce qui nous permet d'avoir d'ailleurs d'être maintenant des champions dans le recyclage du plastique. On a commencé à réussir à développer une vraie filière d'économie circulaire. On s'est engagé sur la biodiversité pour préserver 30% de nos airs marines et terrestres. Et on doit continuer à aller plus loin grâce à nos citoyens qui ont inspiré une loi à nouveau. On a pu aller plus loin en ce sens. Plus loin. Et il ne faut pas céder à toutes les simplifications.

Ce n'est pas parce que tout n'a pas été pris que 80% de leurs propositions n'ont pas été prises pour inspirer le Parlement et avancer. Et donc sur ce sujet de l'économie circulaire, sur le sujet de la préservation des espaces et de la biodiversité, sur le sujet du changement des véhicules pour moins émettre, on a accompagné un million de Françaises et de Français pour changer de véhicules et moins polluer et en même temps préserver du pouvoir d'achat. Pour nos agriculteurs, on a investi pour qu'ils réduisent leurs pesticides et les intrants en leur proposant des solutions, pas des invectives.

On a ensemble rénové sur l'année 2021 650 000 logements qui ainsi consomment moins, du coup, émettent moins, ce qui réduit aussi les problèmes de pouvoir d'achat. C'est ce que je veux pouvoir intensifier beaucoup plus fort dans les années qui viennent.

Mais derrière ça, je veux ici vous dire, et je compte encore renforcer, enrichir mon projet sur l'écologie, mais avec la rénovation thermique des bâtiments, avec la conversion des véhicules, en mettant en place des filières industrielles en matière écologique, en allant plus vite, en planifiant cette transition, en ayant la possibilité de produire tout à la fois plus de renouvelables, une stratégie sur le nucléaire dont nous avons aussi besoin pour nous passer des hydrocarbures justement venant de l'Est, et une stratégie de sobriété énergétique, nous pouvons avancer.

Et je le dis avec beaucoup de force, sur la question énergétique, le projet que je porte est le seul qui permet à court terme de sortir des fossiles et en particulier de la dépendance aux gaz et aux hydrocarbures venant de l'Est. Et pour une raison simple, parce que vous ne pouvez pas, parce que les projets qui disaient on va sortir en totalité du nucléaire, ça n'est pas vrai que vous pouvez substituer à des sources d'électricité non intermittentes de l'intermittent. Ça n'est pas vrai. Et donc ce sont des projets qui impliquaient, si on fermait le nucléaire, de faire revenir des fossiles, comme l'Allemagne a dû le faire d'ailleurs.

Et donc il nous faut maintenir notre capacité nucléaire et la développer. Mais en même temps, nous devons accélérer la production de renouvelables beaucoup plus. Sobriété, planification sur le renouvelable et le nucléaire, c'est la clé pour ne plus dépendre et pour ne plus avoir besoin des hydrocarbures. Mais surtout, cette stratégie, nous devons l'avoir en européen. Au début de l'année 2018, nous, Français, nous étions avec sept autres États membres de notre Europe à nous battre pour proposer la neutralité carbone 2050. on était très peu suivi, mais qui permet, vous l'avez très bien fait, mais qui est une condition, comme vous le savez, pour qu'on crédibilise.

On a réussi peu à peu à bâtir l'unanimité durement acquise à la fin de l'année 2021. Et donc l'Europe est le premier espace, le premier continent qui s'engage sur l'objectif de neutralité carbone 2050. c'est le pionnier en termes de protection de biodiversité. Et nous avons besoin de l'Europe pour développer notre stratégie sur ce sujet aussi. Pourquoi ? Et je vais vous le dire de manière très simple. Pour aller plus vite, comme vous me dites de le faire, et vous avez raison, il faut qu'on puisse pousser nos agriculteurs, nos industries à décarboner plus vite.

Et donc moi, je veux assumer cet investissement plus fort, peut-être plus fort encore que je ne l'avais envisagé, pour décarboner nos routes, nos industries, pour réussir à faire évoluer notre agriculture. Il faut de l'investissement pour ça. Nous avons donc besoin d'une solidarité européenne. Mais il faut aussi que l'Europe ait des règles claires et cohérentes. Comment voulez-vous qu'on demande à un agriculteur de faire des efforts si en même temps l'Europe importe des produits qu'on lui interdit de faire, ou en tout cas à ces conditions-là, du bout du monde ? Si nos accords commerciaux ne sont pas aussi des accords climatiques comme la France l'a défendu.

Comment voulez-vous qu'on change les choses ? Et donc c'est parce qu'en Européen, on pourra imposer une taxe carbone aux frontières. C'est parce qu'en Européen, nous pourrons imposer des clauses miroirs. C'est parce qu'en Européen, nous pourrons mettre ce que j'ai défendu pour refuser le Mercosur, une clause climatique et tenant en compte la lutte contre la déforestation, que nous pourrons réussir la bataille pour le climat et la biodiversité. Et donc oui, l'Europe est aussi cette région qui est aux avant-postes de la transition, qui nous permettra d'investir davantage et qui nous protégera de la concurrence déloyale en matière climatique.

C'est pourquoi nous avons besoin de cet engagement européen. Et si les Françaises et les Français me font confiance, je le porterai. c'est un espace de paix, de culture et de valeur. Cet espace-là, je le disais tout à l'heure, est un trésor. Mais il est menacé. Il est menacé chez nous. Et c'est l'un des sujets du débat que nous avons aujourd'hui. Quand l'extrême droite propose de sortir du Conseil de l'Europe, c'est sortir de nos valeurs. Quand l'extrême droite se met à dire je choisis les journalistes qui viennent ou qui ne viennent pas, elle fait ce qu'on fait, ne sifflez personne. La bienveillance et le respect nous caractérisent.

Je fais simplement une chose, la même chose qu'on fait aujourd'hui en Hongrie, c'est-à-dire méthodiquement, progressivement, réduire, dégrader les droits. Non, heureusement, parce qu'on s'est battus. Mais je vous dis aujourd'hui, le choix que vous aurez le 24 avril, c'est le choix entre l'extrême droite et votre serviteur. Et aujourd'hui, mais si le 24 avril, vous choisissez l'extrême droite, non, j'ai compris que vous me défendiez, mais c'était pour eux. Mais ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, l'extrême droite française est l'allié du parti qui est au pouvoir en Hongrie. Et donc, ce qu'elle veut faire, c'est ce qu'on voit en Hongrie. Et donc, nous, on veut lutter contre.

Et donc, le combat que je veux mener en votre nom, c'est ce combat pour nos valeurs, notre culture, nos étudiants, notre jeunesse. C'est le même combat. Vous savez, notre Europe, on parlait de l'Ukraine à l'instant qui est toujours dans nos cœurs, mais notre Europe, depuis des millénaires, ne vivait que les guerres. Notre Europe, elle a été structurée par ces guerres civiles. Et le territoire d'où nous parlons aujourd'hui en a été marqué à travers les siècles. L'Europe a manqué tant de fois de s'effondrer à cause de ces guerres fratricides entre les nationalismes. Nous avons, grâce à l'Union européenne et à ce rêve européen, réussi quelque chose qui n'avait jamais existé dans notre histoire.

Un projet de paix qui fonctionne sur le respect entre les uns et les autres, sur le fait que la langue de l'Europe n'est ni l'anglais, ni le français, ni l'allemand. C'est la traduction, comme disait Umberto Eco. C'est une langue qui fait que de l'un en l'autre, nous respectons toutes les langues et nous les apprenons toutes. Et c'est le fait que la capitale de l'Europe n'est pas Bruxelles, c'est aussi Strasbourg, mais que l'Europe a 27 capitales. L'Europe, qui est la nôtre, n'est pas une alliance de nations qui veulent se faire la guerre ou qui voudraient faire la guerre à quelques autres. C'est un projet de respect qui a mis fin aux rêves d'empire qui nous avaient toujours fracturés.

Et les rêves d'empire reviennent. C'est le rêve de la Russie aujourd'hui. C'est le rêve de certains autres. C'est le conflit de celles et ceux qui voudraient nous faire croire que la solution pour la France, c'est de sortir de l'Europe parce que ce serait d'aller combattre d'autres Européens, de se pousser contre eux. Nous devons donc défendre le trésor qu'est ce rêve, le miracle que nous avons fait advenir, que nos aînés ont fait advenir, mais qui aujourd'hui est menacé par le retour de l'extrême droite et des nationalismes.

pour cela, mes amis, je veux défendre avec force le Conseil de l'Europe, notre Cour Européenne des Droits de l'Homme, celles et ceux qui portent nos valeurs parce qu'ils permettent à chaque citoyen en Europe de défendre ses droits même quand l'État ne les lui reconnaît pas. Et ça, c'est un trésor. C'est pour ça que la Russie veut le quitter. Ce qui veut dire que chacun d'entre vous, si vous considérez que les droits qui sont dans notre charte ne sont pas respectés par le gouvernement, vous pouvez aller devant cette Cour et faire condamner le gouvernement. C'est un trésor. Et il faut le préserver et se battre pour.

Ça veut dire que nous devons continuer de nous battre pour le projet des universités européennes que nous avons fait advenir. Promesse de la Sorbonne, maintenant en réalité, nous les avons ensemble fait advenir, elles sont là pour notre jeunesse. Nous devons nous battre pour que les Erasmus se multiplient, que nos jeunes connaissent l'Europe, la partage et la vivre.

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Locuteur non identifié

Nous devons nous battre pour une Europe de la culture, des artistes,

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Emmanuel Macron

de la création. Cette Europe des historiens, des artistes est un cri de ralliement, un cri d'espoir et de fierté. Mais je l'évoquais il y a quelques jours en parlant de notre pays et je dirais la même chose pour notre Europe. ne vous habituez pas. Ne vous habituez pas. Ne considérez pas que l'Europe est un acquis et que ce combat pour l'Europe serait le fait de quelques-uns qui auraient ce luxe. Ne vous trompez pas. l'idée européenne que nous avons fait avancer, cette Europe que nous avons contribué à transformer et renforcer ces dernières années est menacée. Dans son texte, dans son avertissement à l'Europe en 1935, Thomas Mann avait une très belle formule.

Il disait que l'humanisme avait besoin de militants. notre Europe est un projet humaniste et ce projet humaniste a besoin de militants. Nous pouvons avoir des désaccords, quelquefois des différences, quelquefois des différences, mais le projet européen qui est le nôtre aujourd'hui, nous devons le défendre comme des militants de l'espérance, comme des militants de l'humanisme, comme des militants de l'avenir. ne vous habituez pas et ne laissez pas s'installer ni en France ni ailleurs des projets qui, sans le dire ou en le disant, proposent de sortir de l'Europe, la foule au pied, la fragilisent.

Ce qu'il nous faut ensemble, c'est d'être à nouveau ces militants de l'humanisme, ces militants de l'Europe, ce que j'étais venu vous dire à Strasbourg ce soir.

Le discours intégral d'Emmanuel Macron à Strasbourg — Emmanuel Macron · Pourquijevote