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interviewFrançois Ruffin· 6 janvier 2026 14 min

Pourquoi Macron se couche devant Trump ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Pourquoi la France se couche ? Pourquoi Emmanuel Macron se couche devant Donald Trump aujourd'hui ? Je vais vous expliquer.

Donald Trump a bombardé et est allé enlever Nicolas Maduro dans son palais présidentiel de Mira Flores pour le prétexte du narcotrafic mais pour la réalité que le Venezuela est aujourd'hui la citerne à pétrole du monde. Les États-Unis viennent mettre la main dessus. Bien sûr, nous ne sommes pas les amis de Nicolas Maduro dont le bilan est catastrophique avec à la fois une ruine économique. 7 millions de Vénézuéliens qui fuient le pays avec une faillite démocratique et un président qui se maintient malgré une défaite aux élections par la coercition.

Nous n'étions pas les amis de Saddam Hussein lors de la guerre en Irak en 2003. Nous n'étions pas les amis de Mohammar Kaddafi en 2011. Nous ne sommes pas les amis des molats iraniens et pourtant à chaque fois nous pensons que on ne renverse pas un dictateur, on n'instaure pas une démocratie par des bombardements et par de l'ingérance étrangère.

On peut apporter un appui au peuple par des embargos, par des blocus, par des sanctions internationales. Le pire, c'est bien sûr l'action de Donald Trump, mais qui s'inscrit au fond dans une certaine tradition. né de la doctrine Monoro au 19e siècle qui considère l'Amérique du Sud comme la base arrière du territoire états-unien où ils font ce qu'ils veulent où ils interviennent comme ils veulent et qui s'est prolongé jusque Ronald Rean, jusque George Boucheepère George Bouchefs.

Mais le pire le pire ce sont peut-être les réactions ou plutôt les non réactions. On a un long message de Kaja Calas qui est la haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité qui fait une déclaration officielle d'une page entière. Et c'est formidable là parce que on fait un contrôle F, il y a pas une seule fois Trump à l'intérieur.

C'est-à-dire que le droit international est violé mais il est violé par personne. Bon et alors Vleen c'est encore mieux. Dedans, il y a même pas États-Unis, il y a rien.

De seule chose, c'est-il rappeler qu'on veut le complet respect du droit international. C'est-à-dire qu'au moment où le droit international est violé, où sans queil y ait eu de décision des Nations- Unies, il y a un acte de guerre qui est commis au Venezuela où on vient enlever son chef de l'État, on nous dit qu'il faut le plein respect du droit international comme s'il ne venait pas d'être bafoué. Et on a espéré là, on s'est dit la France va relever le gant.

Et c'est l'inverse qui se passe, c'est que Emmanuel Macron derrière parvient à faire pire. En lexicographie toujours la déclaration d'Emmanuel Macron incroyable. Emmanuel Macron lui parvient à ne parler ni de Donald Trump, ni des États-Unis, ni du droit international.

Rien n'est évoqué de tout ça. Un communiqué qui est bref mais qui dit juste sa joie d'être débarrassé de la dictature de Nicolas Maduro et on ne peut que s'en réjouir. Qu'importe les moyens pourvu que il y ait la fin et là la fin d'un dictateur.

Comme c'est bref, le raisonnement est explicité par Gabriel Atal qui nous dit "L'intervention décidée par le président Trump au Venezuela commande avant tout lucidité et pragmatisme de notre part." Et en vérité, lucidité et pragmatisme, ce sont les deux mots qui vont venir nous inviter à la lcheter. Et il poursuit.

Les Européens sont aujourd'hui spectateurs impuissants du délitement de toute forme de règles et trop souvent défenseurs BA d'institution désormais totalement dépassé. Se contenter d'être les derniers à défendre et respecter la charte des Nations Unies. Donc voilà, la charte des Nations- Unies, ben maintenant, il faudrait se torcher avec.

C'est ce que nous dit Gabriel Atal. Et Gabriel Atal parle de condamnation sans effet. Quand Dominique de Villepin et Jacques Chirac ont dit non à la guerre en Irak, ça n'a pas eu d'effet militaire, ça n'a pas empêché la guerre.

Mais en revanche, ça a eu des effets diplomatiques, ça a eu des effets populaires, ça a eu des effets dans les peuples du monde entier qui ont trouvé dans la France une voix, une voix qui venait dire non pour eux au Conseil de sécurité des Nations- Unies. Mais pour Gabriel Atal, tant qu'on a'urait pas, dit-il, la voix de la force et euh la France n'est pas démunie de force. La France dispose d'une armée, la France dispose de l'arme nucléaire, la France dispose d'une voie au Conseil de sécurité des Nations-Unies.

Mais tant qu'on aurait pas une force à même peut-être d'intervenir directement au Venezuela, évidemment c'est pas notre projet, et bien on devrait se taire. Voilà le le choix de Gabriel Atal. dire la lâcheté de Gabriel Atal, d'Emmanuel Macron, des dirigeants européens alors qu'il y a aux États-Unis des voix qui s'élèvent contre ça.

Les voix des démocrates américains s'élèvent contre cette intervention au Venezuela. Des juristes s'élèvent aux États-Unis contre cette intervention. Des voix dans la presse américaine s'élève contre cette intervention.

Elle est controversée. Elle ne fait pas loin de là l'unanimité. Est-ce qu'on instaure là ?

On l'a déjà dit en comparant le silence des Européens sur Gaza, le massacre israélien dans les territoires palestiniens en comparaison avec l'intervention, le soutien à l'Ukraine face à la Russie. C'est le de poids de mesure. Et que va-t-on dire quand demain, parce que c'est déjà dans le viseur de Donald Trump, que va-t-on dire quand les États-Unis vont choisir de s'emparer du Groenland ?

Nous sommes piégés par ce choix du double standard. Mais ce qui m'intéresse le plus, c'est ce contraste avec les déclarations l'an dernier, qu'on se souvienne au moment où euh Volodimir Zelinski est giflé, dit-on, à la Maison Blanche en direct par Donald Trump et que là, il y a comme une révolte des dirigeants européens qui ne cessent de se voir dans une espèce de ronde entre Rome, Paris, Bruxelles, Londres, Londres, Paris, Bruxelles dans tous les sens et qui promettent d'être une Europe puissante, qui promettent la souveraineté, qui promettent l'indépendance. Et qu'a-t-on vu sinon qu'ils se sont tous dégonflés au fur et à mesure de l'année ?

Le premier moment qu'on se souvienne, c'est le sommet de l'OTAN. Et là, pour mémoire, on a ce message qui entrera comme un névreste du lèche cul pour l'éternité. Adressé par Marc Ruteux, le secrétaire général de l'OTAN néerlandais à Donald Trump.

Monsieur le président, félicitations et merci pour votre action décisive en Iran qui a été véritablement extraordinaire et que personne d'autre n'aurait osé entreprendre et c'est-à-dire des bombardements de l'Iran là encore sans aval des Nations- Unies. Vous vous rendez ce soir à Lae pour un nouveau grand succès. Ce n'était pas facile mais nous avons tout fait pour signer les 5 %.

Donald, vous nous avez conduit à un moment vraiment important pour l'Amérique, l'Europe et le monde. Vous allez accomplir quelque chose qu'aucun président américain depuis des décennies n'a réussi à faire. L'Europe va payer de manière importante comme elle l'verré et ce sera votre victoire.

Bon voyage et à ce soir au dîner de sa majesté. Marc R Cruteux, enfin c'est un modèle euh de euh cire pompe. premier temps.

Deuxième temps pendant l'été, Ursula Vanerle qui se rend sur le golf écossé de Donald Trump pour signer sans honte à nouveau un accord commercial avec les États-Unis qui dit qu'ils taxeront à 15 % nos produits en importation et que ce sera 0 % dans l'autre sens. avec ce qui n'est pas dit mais ce qui est assite que nous dépenserons en armement et que nous irons nous fournir aux États-Unis, que nous achèterons notre gaz et notre pétrole aux États-Unis et que nous ne mettrons aucun obstacle au service numérique fournis par les États-Unis. Et là, on a par exemple, on a le commissaire slovaque Maros Sevkovic qui est commissaire au commerce, il me semble, qui dit "Cet accord renforce le lien transatlantique à un moment où il est plus important que jamais." Et enfin, on a des petites humiliations au passage.

On a Thierry Breton qui se voit refuser son visa aux États-Unis parce que en tant que commissaire européen, lui avait réclamé des règles sur les services numériques. On a c'est passé inaperçu. Mais Nicolas Guillou, connaît pas Nicolas Guillou, juge à la cour pénale internationale et qui a avec ses collègues réclamer des sanctions à l'endroit de Benjamin Netaniaahu.

Et bien, il a le droit à des mesures de restorsion des États-Unis. il ne peut pas accéder à Google, à Amazon, à Microsoft, à PayPal, à Visa, à Mastercard, c'est-à-dire au service à la fois informatique et bancair, il en est privé et vous savez c'est l'extrait territorialité américaine. C'està-dire que le la loi américaine ne s'applique pas seulement sur les territoires des États-Unis, mais s'applique dans le monde entier jusqu'en Europe, jusque sur territoire français.

Pourquoi se coucher comme ça ? Pourquoi s'aplatir ainsi ? Il y a évidemment une faiblesse militaire.

Nous sommes sous la protection et on peut dire sous la dépendance de l'armée américaine, du matériel américain, des services numériques américains pour mener la guerre notamment en Ukraine. Et donc on se couche par peur de Poutine et maintenant par crainte directement de Donald Trump. Mais pour moi, cet argument en cache un autre.

En tout cas pour la France parce que je l'ai dit mais nous avons une armée, nous avons l'arme nucléaire, nous avons un siège au Conseil de sécurité des Nations- Unies, nous ne sommes pas si faibles que ça. Et je pense qu'il y a une faiblesse qui est notre faiblesse qui est une faiblesse psychologique et une faiblesse affective. C'est comme si les États-Unis nous offraient l'occasion d'une liberté en tournant le dos à l'Europe, en négligeant l'OTAN et que à la place de se saisir de cette liberté, on s'accroche aux États-Unis en leur chantant "Ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas".

Nous avons là un président de la République qui se conduit comme un amant éploré et conduit rampant devant sa belle qui veut plus de lui. Nous attendons d'un chef de l'État qui soit un chef, qui tape du point sur la table et qui vienne dire non et que ça vienne nous redonner une fierté. Une comparaison me vient souvent.

Euh en 1953, Staline meurt. En 1956, il y a le rapport KWE du nom de son successeur et euh qui vient dénoncer les crimes de Staline. Et là, on a un parti communiste français qui décide de cacher ce rapport et de poursuivre quelque part le stalinisme après Staline.

Et bien pour moi en ce moment, on a des dirigeants européens français qui viennent poursuivre l'atlantisme après l'Atlantique alors que les États-Unis regardent ailleurs. Et c'est pas une surprise quand on a des dirigeants qui baignent au fond depuis des décennies dans des associations comme la French American Foundation qui se lie aux dirigeants des États-Unis dans le groupe Bililderberg dans la commission trilatérale. Tout ça n'est pas un complot.

Ce sont des lieux qu'a fréquenté Emmanuel Macron mais aussi Édouard Philippe et où euh un entre soi des grands dirigeant du monde et notamment américain domine avec l'évidence de l'atlantisme, l'évidence du libéralisme, l'évidence du libre échangisme. Alors que faire ? Il me semble que c'est moins que jamais le moment de la résignation.

Il faut voir que la France a réussi à faire entendre sa voix une voix différente dans le temps de la guerre froide, c'est-à-dire où deux blocs s'opposaient et nous normalement on aurait dû coller à la position américaine. Et dans ce moment-là, à travers la voix de De Gaul mais aussi derrière lui de Pompidou, de Valéri Giscardestin, de François Mitteran et bien on a pris notre distance avec l'ami américain. Mais ensuite quand le monde est devenu unipolaire avec la toute puissance américaine, là encore avec Dominique de Villepin et Jacques Chirac, nous avons fait entendre notre voix.

Plus que jamais aujourd'hui, il est possible dans un monde qui est multipolaire avec la Chine, avec l'Inde, avec le Brésil, avec la Russie, avec l'Afrique du Sud, plus que jamais, il y a du jeu, du jeu diplomatique, tu sais, du jeu, c'est quand deux pièces ne sont pas bien soudées et que à l'intérieur, on peut faire des choses. Il est évident que la loi de la France peut résumer aujourd'hui de manière encore plus évidente que du temps de la guerre froide ou du temps du monde unipolaire dans ce monde multipolaire en trouvant des appuis y compris dans les pays du sud pour faire contrepoids à toute puuissance américaine. Pour moi, il s'agit de retrouver une liberté, de choisir de s'éloigner sans avoir à casser de vaisselle mais en prenant nos distances avec le grand frère américain et en sortant de cette relation toxique.

Pour moi, 2025 a été le temps où rendez-vous après rendez-vous, on est allé s'humilier auprès des États-Unis de Donald Trump. Et bien 2026 doit être l'année de notre liberté. Yeah.