Instant Porcher | Budget : la Macronie se déchire, le RN sauve les ultra riches
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Avec toi aujourd'hui au programme, ça se bat sur les retraites à l'Assemblée nationale entre l'ERN et le NFP.
- 2:41OuverteRéponse directe
Lundi dernier, lors de l'examen en commission du PLF de la Sécu, les députés de gauche ont présenté des amendements visant à abroger la réforme des retraites.
- 3:56OuverteRéponse directe
Thomas, au-delà des petites tambouilles parlementaires, est-ce que tu y crois, toi, à l'abrogation de la réforme des retraites ?
- 5:13OuverteRéponse directe
Sur le RN, là, qui fait sa com' autour de l'abrogation de la réforme des retraites et de la défense des classes moyennes et populaires, est-ce que tu y crois ? Est-ce que c'est un coup de com' ?
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Lors des débats sur le budget, le RN s'est dit inquiet de voir quelques macronistes voter avec le NFP ou laisser voter l'augmentation, par exemple, d'impôts ou l'instauration de taxes sur les plus riches.
- 9:53OuverteRéponse directe
Du coup, c'est quoi vos pistes à vous pour trouver des recettes, notamment en ce qui concerne les grandes fortunes et les grandes entreprises ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« La politique de l'offre d'Emmanuel Macron, elle n'a pas du tout fonctionné. »
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« Même des gens de droite se disent qu'on est obligé d'aller taxer des hauts revenus et des grandes entreprises. »
- 2:12InvitéFait
« Le RN fait un coup de com' en déposant une proposition de loi dont il sait pertinemment qu'elle n'a aucune chance d'avoir la quelconque opérationnalité. »
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« L'amendement augmentait les cotisations retraites en prévision d'un débat et d'une possible abrogation de la réforme des retraites. »
- 3:22InvitéFait
« Nous voterons cette abrogation, le retour en arrière, parce que ce texte est passé de manière totalement antidémocratique par un passage en force et donc c'est un mensonge, une fake news et vraiment pas à la hauteur. »
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« Le RN, qui a souvent été accusé d'avoir un programme économique fragile, d'avoir des idées fluctuantes, devait se positionner sur quelque chose de fort, et il l'a fait avec la réforme des retraites. »
- 7:13PrésentateurFait
« Et donc, ça veut bien dire que la politique de l'offre d'Emmanuel Macron, elle n'a pas du tout fonctionné. »
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« qui fait perdre quand ça a été enlevé des milliards par an à la France »
- 10:41PrésentateurChiffre
« Le patrimoine des 10 % les plus riches a augmenté de 94 % et le patrimoine des 10 % les moins riches a baissé de 54 % entre 1998 et 2021. »
- 15:42PrésentateurChiffre
« Le climat des affaires dans l'industrie s'est effondré de 7 points en octobre, sa plus forte baisse mensuelle depuis novembre 2008, hors période Covid selon l'INSEE. »
- 16:54PrésentateurFait
« Dans l'industrie ça baisse très fortement »
- 22:15PrésentateurFait
« En 2024, il y a eu plus de fermeture d'usines que d'ouverture »
Temps de parole
- Présentateur59 %
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- Invité 22 %
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Et on ira voir le plan de com' d'Emmanuel Macron sur la réindustrialisation qui est mis à mal par le climat des affaires au plus mal depuis le Covid. C'est parti. Les parlementaires vivent au rythme des projets de loi de finances depuis trois semaines. Alors que le PLF qui déterminera le budget pour 2025 est examiné à l'Assemblée nationale, on en a beaucoup parlé avec Thomas, le projet de loi de finances de la sécurité sociale, lui, était examiné en commission des affaires sociales jusqu'à jeudi dernier.
En gros, les députés membres de la commission examinaient et votent les amendements déposés par les partis sur le projet initial de Michel Barnier avant l'examen en séance publique dans l'hémicycle. Donc, sans majorité absolue, tout le monde essaie de s'imposer amendement par amendement pour que le budget colle le plus à ses idéaux. Autant dire que la version proposée par Michel Barnier a peu de chances d'aller au bout. Lors de ces PLF, la question de l'abrogation de la réforme des retraites a été tiraillée entre la gauche et l'extrême droite. La niche parlementaire du RN arrive avant celle du NFP. Le parti de Marine Le Pen en a profité pour proposer l'abrogation de la réforme.
Débat à gauche, faut-il voter une proposition du RN ? Jérôme Gage, présent en commission des affaires sociales où se débat la Sécu, a plié la question.
Le RN fait un coup de com' en déposant une proposition de loi dont il sait pertinemment qu'elle n'a aucune chance d'avoir la quelconque opérationnalité. Admettons même qu'elle soit votée le 31 octobre. Pour voter une loi, il faut qu'elle parte au Sénat, qu'elle soit votée là-bas et qu'elle revienne. Ça ne se passera pas. C'est la raison pour laquelle nous nous menons en ce moment, encore tout à l'heure, la bataille dans la commission des affaires sociales sur le budget de la sécurité sociale. C'est le bon endroit pour abroger la réforme des retraites.
Lundi dernier, lors de l'examen en commission du PLF de la Sécu, les députés de gauche ont présenté des amendements visant à abroger la réforme des retraites. Les députés du RN ont refusé de voter ces amendements, argant que le meilleur moyen d'abroger, effectivement, la réforme, était de voter leur proposition de loi.
Alors j'appelle l'ensemble des journalistes, des observateurs à faire leur travail et à lire l'amendement. L'amendement augmentait les cotisations retraites en prévision d'un débat et d'une possible abrogation de la réforme des retraites. Mais ce n'était absolument pas un amendement qui aurait permis, demain, de réduire de deux ans l'âge de départ à la retraite, de réduire le nombre d'annuités comme nous, nous le proposons demain dans le cadre de notre niche parlementaire et comme d'autres groupes le proposeront sûrement dans les prochains mois et pour lesquels nous avons toujours été clairs.
Nous voterons cette abrogation, le retour en arrière, parce que ce texte est passé de manière totalement antidémocratique par un passage en force et donc c'est un mensonge, une fake news et vraiment pas à la hauteur, notamment, de personnes qui normalement travaillent des sujets sérieux comme M. Gage.
Bref, jeudi dernier, l'amendement des socialistes sur l'abrogation est finalement passé et donc s'est inscrit au PLFSS à voir si les parlementaires voteront la mesure, sachant que ça doit aussi passer par le Sénat. Pour la journée du RN, le 31 octobre, leur proposition de loi a été vidée de sa substance. Le 28 novembre, ce sera au NFP par la niche parlementaire de LFI qui tentera de faire voter cette proposition de loi. Thomas, au-delà des petites tambouilles parlementaires, est-ce que tu y crois, toi, à l'abrogation de la réforme des retraites ? Non, je pense que Jérôme Gage a très bien expliqué pourquoi ce serait difficile de le faire.
Après, ce que l'on constate, en fait, c'est que moi, je pense que la plupart de ces députés, ils sont quasiment persuadés que dans un an, ils vont revenir sur le terrain parce qu'il va y avoir une autre dissolution. Donc, ils veulent revenir avec des marqueurs. Dire, regardez, on a quand même tenté ça, c'est la gauche qui n'a pas voulu, ou dire, regardez, on a fait ça, ou regardez, l'extrême droite est dangereuse, ou regardez, le centre a fait ci. Et donc, ils sont obligés de revenir avec ces marqueurs-là.
Et le RN, qui a souvent été accusé d'avoir un programme économique fragile, d'avoir des idées fluctuantes, devait se positionner sur quelque chose de fort, et il l'a fait avec la réforme des retraites. Maintenant, est-ce qu'il aurait fallu que la gauche s'allie avec eux ? Honnêtement, moi, je pense que l'alliance des extrêmes a été théorisée depuis un certain nombre d'années par un bloc centriste qui rêve de voir cette alliance. Et moi, la politique n'est pas mon métier, mais je me dis que chaque fois qu'un parti s'allie avec l'extrême droite, il faut faire très attention, parce qu'au final, souvent, ça profite directement à l'extrême droite.
Sur le RN, là, qui fait sa com' autour de l'abrogation de la réforme des retraites et de la défense des classes moyennes et populaires, est-ce que tu y crois ? Est-ce que c'est un coup de com' ? Il faut vraiment faire la différence entre les manifestations qu'il y a eu contre la réforme des retraites, où là, les gens qui allaient, on ne leur demandait pas leur couleur politique, etc. Il y a eu une forte manifestation, et une grosse partie de la population française, dont probablement des votants pour le RN, qui étaient contre cette réforme.
Maintenant, ce qui se passe à l'Assemblée, je veux dire, il y a tellement de stratégies politiques, à gauche, comme au centre, comme à l'extrême droite, qui visent souvent à se placer dans la meilleure position pour son poste ou pour la meilleure élection, qu'il est très difficile de juger, en réalité, la pertinence, aujourd'hui, me semble-t-il, d'un certain nombre de propositions politiques. Mais il est très clair que demain, il faudrait revenir sur cette réforme qui a été passée au forceps. C'est une réalité. Cette réforme est injuste, elle est douloureuse, elle est assez brutale pour une grosse partie de la population.
Maintenant, il faut avoir une stratégie, qu'il faut que les partis d'une stratégie soient crédibles. Et puis après, moi, je comprends qu'un certain nombre de gens issus des partis de gauche aient des réticences à s'allier avec l'extrême droite, même si la finalité pourrait, je dis bien pourrait, être la même. Là, je disais, ça passe vote par vote, donc c'est vrai qu'il n'y a pas forcément d'alliance, les gens se battent amendement par amendement. Lors des débats sur le budget, le RN s'est dit inquiet de voir quelques macronistes voter avec le NFP ou laisser voter l'augmentation, par exemple, d'impôts ou l'instauration de taxes sur les plus riches.
Est-ce que ça révèle aussi comment le RN, dans son programme économique, ne veut pas forcément toucher aux plus riches ? Tout ça, c'est de la stratégie politique. Et honnêtement, je ne suis pas étonné que le RN change de stratégie sur sa politique économique en fonction des élections. C'est ce qu'il a toujours fait. Mais là, la vraie différence qu'on a eue avec ce nouveau gouvernement, c'est qu'on a un gouvernement de droite qui est revenu quand même sur la politique de l'offre. Et donc, ça veut bien dire que la politique de l'offre d'Emmanuel Macron, elle n'a pas du tout fonctionné.
Et que même des gens de droite, parce que là, on a un gouvernement qui ressemble plus à un gouvernement de Fillon qu'un gouvernement de Macron, même des gens de droite, après coup, se disent qu'on est obligés d'aller taxer des hauts revenus et des grandes entreprises. Donc, l'orientation est clairement une victoire idéologique des partis plutôt de gauche qui proposaient ça. Même si derrière, il y a une saignée sur la dépense, etc. Mais il y a quand même un changement radical d'orientation. Jamais on n'aurait pensé qu'un parti de droite puisse revenir sur des réformes. Et c'est ça qu'il faut noter.
Maintenant qu'il y a eu ce changement-là, qui fait que le centre a une idéologie qui est difficilement perceptible, vous avez des partis de chaque côté qui essayent de se dire comment je vais tirer mon épingle du jeu avec ce changement d'idéologie. Et je pense que c'est le coup du RN de se dire on se positionne, parce qu'on ne les a pas trop entendus au moment de la bataille des retraites. Ce n'est pas eux qui ont levé des informations, c'est plutôt des membres des partis de gauche ou des économistes plutôt classés à gauche qui ont révélé le mauvais fonctionnement de cette réforme et comment il allait appauvrir un certain nombre de personnes.
Mais là, aujourd'hui, ils arrivent à revenir en force. C'est un marqueur s'il y a une dissolution. Et en plus, c'est une façon de dire comme le centre s'inspire un peu d'une politique de gauche et qu'ils peuvent se mettre d'accord sur la taxation, par exemple, des hauts revenus. Il faut que nous, on arrive à tirer notre épingle du jeu sur d'autres choses et de dire et de mettre après, encore une fois, les partis de gauche face à leur responsabilité en disant, regardez, nous, on a proposé ça, vous n'en avez pas voulu. Et ça alimente le débat politique, même si, in fine, Jérôme Guelch l'a bien dit, il y avait peu de chances que cette réforme passe.
C'est vrai, tu l'as dit, les macronistes sont un peu perdus avec ce budget Barnier. Ils ont déposé des centaines et des centaines d'amendements, ce qui en plus ralentit les débats. Ils sont accusés de bloquer le vote final, etc. Il y a aussi le Modem, les démocrates qui, eux, défendent ou votent des amendements pour taxer les plus riches, etc. D'autres macronistes disent non, ça tue la compétitivité. On voit quand même qu'il y a des divisions parce que peut-être qu'Emmanuel Macron est allé un peu trop loin comme tu le disais dans la politique de l'offre.
Par contre, il y a eu une alliance assez claire, c'est sur l'impôt sur la fortune où il y avait un amendement qui proposait de revenir dessus, de remettre l'impôt sur la fortune qui fait perdre quand ça a été enlevé des milliards par an à la France, surtout qu'on est à la recherche de milliards par milliard. Donc, ça a été rejeté vendredi matin à l'Assemblée nationale et pour le coup, c'est les macronistes et le Rassemblement national qui ont voté contre, qui ont fait capoter le retour de l'ISF. En fait, l'argument du RN par rapport à ça, c'est qu'ils veulent mettre le patrimoine de côté et ne taxer que la fortune financière. On va regarder.
En commission des finances, vous avez voté contre le retour de l'impôt sur la fortune. Du coup, c'est quoi vos pistes à vous pour trouver des recettes, notamment en ce qui concerne les grandes fortunes et les grandes entreprises ?
Alors nous, nous avons une proposition différente, c'est-à-dire que l'impôt sur la fortune touchait la totalité du patrimoine. Nous, nous souhaitons un impôt sur la fortune financière. C'est-à-dire que nous souhaitons exclure les actifs agricoles, notamment les résidences principales, parce que vous pouvez avoir hérité d'une très bonne maison, parce que c'est une maison familiale, un héritage, et nous souhaitons que vous ne soyez pas taxés.
Par contre, ceux qui spéculent, ceux qui font de l'argent avec de l'argent, ceux qui n'utilisent pas cet argent pour créer de l'emploi, être dans l'économie réelle, qui investissent sur des domaines qui ne produisent pas et qui ne profitent pas aux salariés et à l'économie française, eux doivent être taxés. Donc, c'est un impôt sur la fortune financière. Ce n'est pas exactement la même assiette et pas exactement le même taux. Mais nous, nous sommes pour le rétablissement d'une nouvelle forme d'impôt sur la fortune, mais qui ne répond pas aux mêmes critères que la gauche. C'est ça, notre désaccord.
Le patrimoine des 10 % les plus riches a augmenté de 94 % et le patrimoine des 10 % les moins riches a baissé de 54 % entre 1998 et 2021. Qu'est-ce que tu penses un peu de l'argument du RN pour rejeter le retour de l'ISF ? Alors, l'argument du RN, c'est de faire exactement l'inverse de Macron. Macron, grosso modo, a fait la réforme de l'ISF en ne taxant que le patrimoine immobilier, c'est-à-dire les appartements. Tout ce qui était du patrimoine immobilier, c'est-à-dire des revenus financiers, du patrimoine financier, là, il ne le taxait plus. Or, plus vous êtes très riche, plus la part de votre fortune est constituée d'un patrimoine financier.
Si vous avez 20 millions d'euros, 80 %, 70-80 %, c'est des revenus financiers. Et plus vous montez, plus c'est des revenus financiers. D'ailleurs, dans les grands débats sur les très grandes fortunes, souvent, des gens vous disent « Oui, ce n'est pas vraiment leur fortune, c'est des actions, etc. Ça peut fluctuer. » Oui, parce que plus tu es riche, plus tu as des actions. Eux, ils veulent faire exactement l'inverse. Moi, je pense qu'il n'y a pas de raison de revenir sur l'ensemble de l'ISF. Pourquoi ? Parce que même sur la partie immobilière, vous avez quand même une très forte...
Alors, il y a toujours l'exemple qui a été donné de la personne qui vit, je ne sais pas moi, en bord de mer, à l'île de Ré, qui a vu son patrimoine multiplié par 5, 6, que tout le monde aimerait, soit du temps passant. Comme là, le REN, il dit l'actif agricole, la maison héritée, ça ne rentre pas dans l'ISF, ça ? Si ça fait plus d'un million d'euros, si. Ah oui, mais c'est plus... Mais voilà, mais plus d'un million d'euros, c'est quand même un patrimoine conséquent.
Alors, il y a toujours un cas, je veux dire, de gens à la retraite qui n'ont plus de revenus et qui se retrouvent à payer l'ISF, mais qui le payent très peu, parce que c'est vraiment des cas, vraiment, il faut aller les chercher, ces cas-là. Mais de manière générale, l'immobilier a très fortement augmenté. L'immobilier a augmenté de manière complètement déconnectée avec celle des revenus, ce qui fait que ceux qui avaient du patrimoine immobilier se sont enrichis très rapidement, beaucoup plus avec ce patrimoine-là qu'avec le travail.
Et il y a une très forte concentration des patrimoines entre les mains d'un petit nombre d'individus, du patrimoine immobilier, dans un petit nombre d'individus. Donc, pourquoi ces gens-là, on ne devrait pas les taxer non plus ? À un moment, c'est la rente, ça. C'est une forme de rente. Donc moi, je suis plutôt partisan du fait qu'il faille revenir à l'ISF. L'ISF était un impôt sur le patrimoine, qui était un impôt avec de nombreuses façons déjà de le diminuer. Une forme d'impôt progressif qui rapportait 4 milliards et qui n'a pas empêché, encore une fois, aux 1% les plus riches qui le payent, qui détiennent 25% du patrimoine, de s'enrichir fortement.
Donc là encore, dans l'imaginaire des gens, l'immobilier ne devrait pas être taxé parce que c'est ce qu'on laisse à nos enfants, etc. Donc, ils surfent là-dessus. Mais en réalité, il faudrait taxer l'ensemble et revenir à l'ISF de base qui avait été mise en place. Surtout que le patrimoine, oui, est un gros vecteur d'inégalité. Oui, tout à fait. Il faut bien le rappeler au Rassemblement national. Dernière question. Comment tu analyses le fait que le NFP tente de gagner, de grappiller des petites avancées sociales, amendement par amendement, texte par texte, plutôt que de rejeter en bloc économiquement ? Est-ce que ça fait sens ?
Est-ce que le budget est trop grave pour essayer de faire texte par texte ? Non, mais c'est toujours la stratégie des amendements. C'est une stratégie qu'on a découvert de la gauche depuis 2017. Et peut-être, probablement, que c'est une bonne chose. Peut-être que ça freine. Je ne sais pas. Peut-être que ça freine. Ça permet d'étirer un petit peu les discussions. Peut-être qu'on n'en serait pas dans cette situation s'ils avaient réussi à s'entendre avant les européennes. Donc moi, je fais partie de ces gens maintenant qui sont très déçus du politique et qui se disent que, bon, c'est très bien après coup de faire des amendements et heureusement qu'il y a ça.
Et c'est très bien après coup de montrer les muscles. Avant les élections, il n'était pas question de s'allier. Ce sont des gens qui se sont alliés après les élections, après une défaite et après une dissolution. Principalement, moi, je pense avec aussi comme motivation de sauver leur poste. Alors très bien. Il y a eu une belle campagne. Ils sont arrivés avec une courte majorité et c'est très bien aussi. Après, des amendements, oui, heureusement qu'il y en a. Mais bon, j'espère que pour les prochaines élections, les leçons seront tirées.
Je n'ai pas l'impression quand je vois qu'il y a un certain nombre de gens de gauche qui pensent déjà à leur avenir personnel plutôt qu'à recréer des choses communes et de faire une candidature commune comme l'appelle quand même la majorité des électeurs. Les parlementaires sont très inquiets aussi puisque les débats avec tous ces amendements, surtout ceux, je le disais, du Parti présidentiel, prennent tellement de temps que les parlementaires ont très peur de ne pas pouvoir débattre sur la partie dépense qui est une grosse inquiétude. Toutes ces réductions de dépenses publiques pour les services publics, etc.
Donc si vous voulez en connaître un peu plus sur le budget, on l'a analysé en long, en large, en travers dans deux épisodes qu'on a fait il y a deux semaines, il y a trois semaines donc je vous invite à aller les voir. La grande inquiétude des industriels français, c'est ce que titrent les échos la semaine dernière. Le climat des affaires dans l'industrie s'est effondré de 7 points en octobre, sa plus forte baisse mensuelle depuis novembre 2008, hors période Covid selon l'INSEE. Les difficultés dans l'automobile et l'aéronautique pèsent, le climat de l'emploi se dégrade, peut-on lire dans le quotidien de Bernard Arnault.
Les industriels verraient leur canet de commandes se vider et retomber à leur plus bas niveau depuis 2021, notamment parce qu'il y a moins de commandes étrangères. Thomas, est-ce que tu peux un peu nous expliquer la situation ? Alors l'indicateur du climat des affaires, c'est un indicateur qui a été fait par l'INSEE qui se base sur des entretiens avec des chefs d'entreprise qui est un indicateur de court terme mais qui est important à regarder parce que ça dit grosso modo à un instant T l'état d'esprit des entrepreneurs et des chefs d'entreprise.
Et là moi quand je vois en fait cet indicateur il a légèrement baissé quand on prend l'ensemble c'est-à-dire l'industrie, les services, le commerce, la construction, il baisse très légèrement ce qui est assez étonnant ce qui montre que pour une grosse partie des chefs d'entreprise quelle que soit leur taille ils ont compris en fait qu'aujourd'hui la situation allait être instable de manière quasi continuelle qu'elle soit politique aujourd'hui c'est l'instabilité politique ils ne savent pas s'ils vont payer plus d'impôts etc ou que ce soit une instabilité même extérieure parce qu'ils ont vécu le Covid, l'inflation etc donc ça baisse légèrement d'un point mais par contre dans l'industrie ça baisse très fortement ça baisse parce qu'ils ont peut-être peur d'être taxés mais ça baisse aussi parce qu'il n'y a pas eu de politique industrielle il y a eu un espèce de relan après le Covid de réindustrialisation etc qui n'a abouti à rien et je pense que l'affaire du Doliprane dont on a parlé la semaine dernière en est la preuve c'est-à-dire qu'on devait rapatrier les Doliprane rapatrier la production de l'amont à l'aval du Doliprane et finalement là on se rend compte qu'on en perd une partie en route donc voilà donc c'est un indicateur qui est important qui arrive à on arrive à sentir ce qui se passe au niveau des entreprises quelle que soit leur taille en France et donc il faut le regarder donc dans l'ensemble des choses ça va bien mais l'industrie ça plonge plonge fortement à quoi c'est dû est-ce qu'on est trop dépendant des commandes étrangères ou des investissements directs étrangers est-ce que ça ne met pas un coup de pied un peu au grand plan de com' d'Emmanuel Macron sur la réindustrialisation sur les usines on n'a pas de politique industrielle vous savez là effectivement les gens ils sont mal parce qu'il y a une instabilité politique depuis 4 mois et donc c'est très difficile de faire des investissements parce qu'on ne sait pas si demain une réglementation va changer ou une taxe va augmenter c'est très difficile quel va être l'avenir par exemple de toutes les réglementations environnementales on ne sait pas si elles vont changer ou pas on ne sait rien les entrepreneurs ne savent rien donc c'est très compliqué mais il y a depuis longtemps un rapport à l'industrie en France qui est problématique dans ce pays vous avez des chefs d'entreprise des grands chefs d'entreprise comme le Chourou président d'Alcatel qui disait qu'il voulait une entreprise sans usine on l'a souvent rappelé ici depuis 2008 vous avez plus de 900 usines de plus de 50 salariés qui ont fermé ça fait 5 usines par mois qui ferment dans la différence générale vous avez des grands économistes qui vous ont dit que les usines ce n'était plus le moteur de la croissance mais que c'était les services qui fallait être orientés sur les services qui nous ont dit que la désindustrialisation c'était un phénomène naturel dans les pays riches donc on n'a rien fait pour l'industrie or aujourd'hui on se rend compte que si on veut des panneaux solaires si on veut des eoliennes si on veut en partie des voitures électriques si on veut des médicaments il faut qu'il y ait une industrie sinon ça ne fonctionne ça ne fonctionne pas bien et cette espèce de relance de la réindustrialisation qui est apparue dans le débat avec Emmanuel Macron et la création du commissariat au plan tout ça ça a été en réalité des gadgets parce que derrière il n'y a pas de vraie volonté et je pense que la plupart des gens aujourd'hui ils se disent que bon ils vont être mangés par les voitures électriques chinoises ou par les panneaux solaires chinois ou par l'intelligence artificielle américaine et on comprend leurs inquiétudes c'est intéressant que ça tombe maintenant parce qu'il y a quelques jours au Média on est allé faire un reportage sur les salariés de l'usine Emma France c'est un sous-traitant de Stellantis qui est un géant de l'automobile et ce sous-traitant donc a fermé parce que Stellantis a décidé de ne plus commander à cette usine c'était la dernière usine automobile du 93 donc au-delà du drame social qui est évidemment important c'est aussi un drame économique un drame industriel est-ce que ça montre pas un petit peu toute la politique ou pas en fait parce que tu dis qu'il n'y en a pas d'Emmanuel Macron je dis aux entreprises je les encourage mais par contre derrière il y a un laissé faire la politique à du scale de Macron elle visait juste à baisser les taxes et à déréglementer le marché du travail c'était ça c'est de dire bon ben voilà ma politique à du scale c'est je vous baisse des taxes et je vous déréglemente le marché du travail donc vous êtes plus flexible dans un monde en compétition et c'est ce que fait Stellantis là Stellantis il trouve il trouve une filiale enfin il trouve une autre entreprise ailleurs dans un autre pays où ce sera moins cher ben il change et il met des gens au chômage donc ça indique deux choses c'est que les petites PME dépendent souvent des très grosses entreprises et les grosses entreprises aujourd'hui elles font quasiment ce qu'elles veulent en Europe parce qu'il y a la liberté quand on sous-traite en fait c'est beaucoup plus facile de délocaliser tout à fait et en même temps il n'y a pas vraiment de vision de politique industrielle en fait si demain vous avez une vision et que vous pouvez même aider les entreprises à le faire mais que vous leur fixez des conditions ben là vous arrivez à reconstituer une chaîne complète de production de l'amont à l'aval et ça peut bien se passer si vous n'avez pas cette vision là et que vous donnez juste des possibilités de changer encore plus rapidement de fournisseurs ou de licencier plus rapidement qu'avant et de vous déplacer encore plus rapidement dans un espace comme le marché unique et ben après la finalité c'est quoi ?
c'est une entreprise qui fonctionne juste pour ses actionnaires et qui regarde ses collaborateurs ses salariés comme des coûts qu'il faut compresser et c'est ça le problème de notre politique économique depuis 30 ans et c'est ça qui a amené à la destruction de très grands groupes de Péchiné d'Alcatel d'Alstom de Thomson vraiment des groupes qui auraient pu être des leaders dans les nouvelles technologies que nous utilisons aujourd'hui massivement qui sont américaines chinoises coréennes pas du tout européennes et pourtant et pourtant nous avons laissé ces fleurons couler ou se faire racheter par des américains comme j'ai dit la semaine dernière il y a la plupart des entreprises une grosse partie sont quand même rachetées encore par des américains et si les américains les rachètent ils ne sont pas plus bêtes que nous ils voient qu'il y a quelque chose d'avantageux à les racheter et le cas de Emma France qui n'est évidemment pas du tout un cas isolé en France on le rappelle en 2024 il y a eu plus de fermeture d'usines que d'ouverture donc ça montre un peu aussi l'échec de la réindustrialisation si on peut appeler ça comme ça d'Emmanuel Macron je ne veux pas être pessimiste mais si le plan le budget est appliqué on va perdre de la croissance et ce phénomène de fermeture risque de s'accélérer Merci à vous chez vous d'avoir suivi cet épisode de l'instant porché j'attrape une dernière fois votre attention avant de se quitter la situation politique et inédite historique de direct par jour du terrain du reportage mais aussi de l'enquête le média c'est 25 travailleurs et travailleuses qui produisent de l'information au quotidien vous le savez notre candidature solide et soutenue pour une chaîne télé des médias indés sur la TNT n'a pas été retenue par l'ARCOM le groupe Bolloré lui conserve 6 fréquences sur 15 dont ces news nous exigeons une répartition plus équitable et plus démocratique des fréquences TNT signez et partagez notre grande pétition sur tnt.lemédiatv.fr continuez à vous abonner à faire des dons vous le savez on ne vit que grâce à votre soutien et connectez-vous au média du lundi au jeudi à 13h pour notre nouvelle émission l'actu c'est vous on donne à vous la parole vous pouvez témoigner etc donc venez nous voir sur le média spectateurs abonnés donatrices et sociaux je vous dis à la semaine prochaine