Après le Brexit, des milliers d'emplois sont en jeu
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« au terme d'une période de transition de cinq ans, 25% de leurs activités dans les eaux britanniques. »
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« l'Union Européenne met en place un fonds de 5 milliards d'euros qui va être engagé auprès de ceux qui sont les plus durement touchés »
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« Les pêcheurs, comme ils ont coutume de le dire eux-mêmes, préfèrent pêcher des poissons que des subventions. »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy100 %
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Bonjour à tous ! Très heureux de vous retrouver depuis Bruxelles, pour cette semaine de session plénière qui va être marquée par le vote de l'accord sur le Brexit. Cet accord dont vous avez tellement entendu parler aujourd'hui. Je voudrais vous parler d'un sujet dont je m'occupe, sur lequel je suis rapporteur pour la commission de la pêche au Parlement européen : la question de la réserve d'ajustement au Brexit.
Le Brexit a créé de très grandes difficultés pour beaucoup d'acteurs économiques européens, pour tous ceux qui commercent avec le Royaume-Uni, qui exportent vers le Royaume-Uni, qui importent depuis le Royaume-Uni, mais aussi pour tous les pêcheurs qui jusque-là allaient pêcher dans les eaux britanniques, et qui vont perdre, au terme d'une période de transition de cinq ans, 25% de leurs activités dans les eaux britanniques. C'est évidemment un impact très rude pour la filière de la pêche et pour tout ce qui entoure cette filière. Ce sont des milliers d'emplois, en particulier dans nos régions en France, dans les Hauts-de-France, en Normandie et en Bretagne.
Pour pouvoir accompagner ceux qui sont touchés par le Brexit, l'Union Européenne met en place un fonds de 5 milliards d'euros qui va être engagé auprès de ceux qui sont les plus durement touchés, et je suis chargé, avec nos collègues de la commission de la pêche - mais je mène la négociation, de répartir ces financements entre les acteurs concernés.
C'est un débat très difficile et très important au Parlement européen, parce que nous voyons que les pays des littoraux concernés ont parfois des intérêts divergents, et mon travail consiste à faire en sorte que nous puissions avoir la répartition la plus équitable possible, la plus juste ; faire en sorte que le secteur soit le mieux indemnisé possible. Notre but n'est pas d'abord de venir soutenir les pêcheurs pour pallier leur inactivité. Les pêcheurs, comme ils ont coutume de le dire eux-mêmes, préfèrent pêcher des poissons que des subventions.
Notre but, c'est de faire en sorte qu'ils puissent être aidés, pour pouvoir se réorienter vers d'autres espèces, vers d'autres littoraux, pour pouvoir continuer leur activité, et de manière à garder les emplois de ce secteur. À garder aussi notre capacité de production alimentaire, puisque nous dépendons du secteur de la pêche aussi pour nous nourrir, et ceci est fondamental : nous avons vu dans cette période actuelle à quel point la résilience de nos sociétés passait par le fait de pouvoir continuer d'assurer notamment notre alimentation, comme tous les biens de première nécessité. Voilà le sujet fondamental sur lequel je suis en train de travailler.
Nous avons beaucoup de points très techniques sur lesquels progresser pour améliorer la période d'éligibilité, faire en sorte que les fonds soient disponibles au moment où les pêcheurs en auront besoin, c'est-à-dire au maximum dans les cinq années qui viennent. Faire en sorte qu'ils soient disponibles avec le moins de charges administratives possible pour que les procédures soient simples, qu'elles soient efficaces.
Cela fait déjà plusieurs mois que les pêcheurs doivent faire face à la complexité de cette situation nouvelle, créée par le retrait du Royaume-Uni, qu'ils doivent demander des autorisations qui n'étaient pas nécessaires auparavant pour continuer leurs activités dans les eaux britanniques parce que, grâce à l'accord qui a été trouvé, beaucoup d'entre eux peuvent malgré tout continuer d'aller pêcher. Encore faut-il pour cela que nous arrivions à organiser les choses de la manière la plus simple et la plus fluide possible avec nos partenaires britanniques. Et le moins qu'on puisse dire c'est que aujourd'hui ça n'est pas encore résolu.
J'avais été, vous en souvenez peut-être, faire un déplacement justement en Bretagne, comme je garde le contact régulier avec les pêcheurs de Normandie, des Hauts-de-France, pour pouvoir faire en sorte de résoudre tous les problèmes à mesure qu'ils se présentent. Enfin cette réserve sur laquelle nous travaillons, qui va être débattue encore cette semaine au Parlement européen, puis votée dans les jours qui viennent, cette réserve permettra de venir en soutien dans les mois, dans les années qui viendront aux pêcheurs les plus touchés pour leur permettre encore une fois de poursuivre leur activité.
Vous voyez que c'est un sujet d'actualité, mais c'est aussi un sujet sur lequel nous devrons travailler dans la durée. C'est aussi à cette capacité d'action efficace auprès de ceux qui ont le plus besoin de notre engagement que se mesure la qualité du travail que nous faisons ici au Parlement européen. Et j'espère que nous serons au rendez vous, malgré toutes les difficultés, de cette aide que nous devons à tous les pêcheurs qui ont été touchés par le retrait du Royaume-Uni. Je ne manquerai pas de vous en dire plus dans les prochaines étapes de la discussion. Merci encore et à très bientôt !
François-Xavier Bellamy