Interview "Découverte" : Quelle alternative au chômage partiel ? - 08/06
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Questions et réponses
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- 0:47OuverteRéponse directe
Par exemple, c'est effectivement une des mesures qu'on propose.
- 1:46OuverteRéponse directe
Alors, pour inciter les Français à consommer, vous dites que les salariés puissent débloquer leur épargne salariale sans avoir à justifier d'aucun motif ?
- 2:29OuverteRéponse directe
Permettre aussi aux Français de débloquer leur plan d'épargne logement ?
- 2:57OuverteRéponse directe
Pour favoriser la consommation, encore, vous préconisez de doubler l'avantage fiscal pour une donation en ligne directe ?
- 3:46OuverteRéponse directe
En ce qui concerne les entreprises, notamment les plus fragilisées par la crise, vous dites qu'il faut absolument annuler les cotisations sociales et maintenir le chômage partiel ?
- 4:37OuverteRéponse directe
Et pour les autres entreprises, celles qui sont en partie menacées ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:55PrésentateurChiffre
« Pendant la période de confinement, pour mémoire, ils ont économisé plus de 55 milliards d'euros »
- 2:11PrésentateurPromesse
« La période actuelle étant exceptionnelle, laissons la possibilité aux Français, s'ils le souhaitent, d'utiliser cet argent comme ils l'entendent pendant les quelques mois qui viennent. »
- 4:07PrésentateurPromesse
« avec non plus report de charges sociales, mais annulation des charges sociales, avec 100% de chômage partiel pris en charge par l'État »
- 4:22PrésentateurFait
« Ces boîtes-là, elles sont vraiment menacées. »
- 5:03PrésentateurFait
« Pourquoi est-ce que pendant cette période de confinement, on continuerait à payer, par exemple, des primes d'assurance ? »
- 5:07PrésentateurPromesse
« une diminution des primes d'assurance de l'ordre de 25% »
- 5:19PrésentateurPromesse
« tout ce qui est CVAE, CFE, c'est la fiscalité locale qui pèse sur les entreprises. Là aussi, ça serait logique qu'il y ait une diminution dans la même proportion. »
- 5:49PrésentateurPromesse
« Un an, c'est trop court. Donc, ce qu'on veut, c'est que pendant deux ans, il ne se passe rien. »
- 6:02PrésentateurPromesse
« En gros, ça consiste à dire qu'on ne rembourse pas tout de suite et que la puissance publique devient actionnaire sans droit de vote pour un certain nombre d'entreprises pendant une certaine période. »
Temps de parole
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Nouvelle invitée ce matin sur RMC et RMC Découverte, la chaîne 24, Jean-Hudde Duménil, secrétaire général de la Confédération des petites et moyennes entreprises. Bonjour, vous en parlez des PME, des TPE, des PME. Jean-Hudde Duménil, vous présentez votre plan de relance pour les aider. Alors d'abord, toutes les relances concernant les particuliers. Par exemple, créer un chèque vacances abondé par l'État, qui permettrait aux particuliers d'utiliser ce chèque vacances pour cet été et pour l'automne, pourquoi pas, dans les entreprises des secteurs les plus touchés par la crise.
Par exemple, c'est effectivement une des mesures qu'on propose. L'idée, elle est relativement simple, c'est qu'il y a de l'épargne disponible, les Français ont de l'argent. Pendant la période de confinement, pour mémoire, ils ont économisé plus de 55 milliards d'euros, ce qui est beaucoup d'argent. Et donc, aujourd'hui, il faut inciter les gens à consommer.
À débloquer cet argent !
Exactement. À utiliser cet argent pour consommer. Alors, ce chèque vacances dont vous parliez, l'idée, c'est de dire que cette année, en France, les Français, probablement, prendront davantage leurs vacances sur le territoire national. Oui. Et il faut les inciter, les accompagner pour dépenser cet argent dans les secteurs qui ont été davantage sinistrés pendant la période récente. C'est quoi ? C'est le tourisme, c'est la culture, c'est le sport, c'est l'événementiel. Donc, on aurait un chèque vacances qui permettrait, qui serait abondé par l'État et qui inciterait les gens, effectivement, à dépenser davantage dans ces secteurs pendant la période de l'été.
Ce qui est important, c'est que ces mesures, elles soient ponctuelles, de façon à ce que c'est un effet choc pour relancer la dynamique et faire repartir l'économie. C'est ça dont on a besoin dans le milieu.
Alors, pour inciter les Français à consommer, vous dites que les salariés puissent débloquer leur épargne salariale sans avoir à justifier d'aucun motif, par exemple.
Bien sûr. Aujourd'hui, quand vous avez de l'épargne salariale, c'est quoi ? C'est l'intéressement, c'est la participation. Et ces sommes-là, elles doivent rester bloquées pendant une période à l'intérieur de l'entreprise, sauf quatre forces majeures. Par exemple, si vous perdez votre emploi, s'il y a un décès, si voilà. Bon, nous, tout simplement, ce qu'on dit, c'est la période actuelle étant exceptionnelle, laissons la possibilité aux Français, s'ils le souhaitent, d'utiliser cet argent comme ils l'entendent pendant les quelques mois qui viennent. Ça a déjà été fait par le passé, ça a très bien fonctionné. Alors, faisons-le. C'est ce qu'on appelle un déblocage exceptionnel.
Alors, faisons-le.
Permettre aussi aux Français de débloquer leur plan d'épargne logement, par exemple.
Ça aussi, le plan d'épargne logement, c'est évidemment, comme son nom l'indique, pour acheter un logement. Pourquoi est-ce qu'on n'étendrait pas pendant quelque temps cette possibilité pour acheter de l'ameublement ? Vous avez vu que le secteur de l'ameublement est en très grande difficulté. On a vu qu'il y avait un certain nombre d'entreprises bien connues qui étaient en voie de disparaître. Là encore, donnons un coup de foi au secteur en libérant cette possibilité d'utiliser ces plans d'épargne logement pour acheter de l'ameublement.
Alors, pour favoriser la consommation, encore, vous préconisez de doubler l'avantage fiscal pour une donation en ligne directe. Donation en ligne directe, c'est-à-dire entre un parent et un enfant.
Là aussi, ce qu'on sait, c'est que quand les parents donnent à leurs enfants ou à leurs petits-enfants, cet argent, il ne part pas dans l'épargne. Donc cet argent, on le donne pour un projet bien précis. Aujourd'hui, vous pouvez le faire à la hauteur de 100 000 euros entre parents et enfants et de l'ordre de 30 000 euros avec les petits-enfants. Pourquoi ? Parce que là encore, on n'augmenterait pas ces sommes ponctuellement, encore une fois, pour permettre de remettre de l'argent dans la consommation. Ce sont des mesures qui sont simples, c'est de l'argent qui est disponible.
Simplement, on a besoin de sortir un peu des schémas qu'on connaît d'une manière habituelle pour redynamiser la consommation.
Pour redynamiser. Alors, en ce qui concerne les entreprises, et notamment les plus fragilisées par la crise, vous dites, il faut absolument annuler les cotisations sociales et maintenir le chômage partiel.
Alors, on dit effectivement qu'il y a deux catégories d'entreprises. Il y a celles qui sont directement en danger. On a une espèce de pack survie, en quelque sorte, pour ces entreprises, pour éviter qu'elles disparaissent, tout simplement, avec non plus report de charges sociales, mais annulation des charges sociales, avec 100% de chômage partiel pris en charge par l'État, et puis franchise fiscale totale jusqu'en toute l'année 2020. Jusqu'au 31 décembre. Exactement.
Et ça, ce sont pour les entreprises qui auraient, sur une période du premier semestre 2020, par rapport au premier semestre 2019, perdu plus de 50% de chiffre d'affaires, ce qui est absolument énorme, ou plus de 70% pendant la période de confinement. Ces boîtes-là, elles sont vraiment menacées. Et pour les autres ? Et pour les autres ? Pour celles qui sont en partie menacées, parce que l'activité est assez réduite ? Alors, celles-là aussi, c'est logique qu'on puisse les aider. Et qu'elles aient à redémarrer ? Bien sûr. Prenons quelques exemples. Pendant la période de confinement, les services publics ont été au rendez-vous pour certains, et d'autres n'étaient pas là.
Les assureurs, eux, n'étaient carrément pas au rendez-vous. Toujours pas, d'ailleurs, les assureurs. C'est hallucinant. Pourquoi est-ce que pendant cette période de confinement, on continuerait à payer, par exemple, des primes d'assurance ? Donc, nous, ce qu'on dit, ça serait cohérent qu'il y ait une diminution des primes d'assurance de l'ordre de 25% correspondant à peu près à cette période.
Diminution des primes d'assurance de 25%.
Exactement. Et de la même façon, tout ce qui est CVAE, CFE, c'est la fiscalité locale qui pèse sur les entreprises. Là aussi, ça serait logique qu'il y ait une diminution dans la même proportion.
Transformer aussi le prêt garanti par l'État, le fameux PGE.
Ça, c'est très important. C'est un dispositif qui a parfaitement bien fonctionné, avec un très grand nombre d'entreprises qui ont pu bénéficier de ce prêt garanti par l'État, dans des conditions vraiment intéressantes. Le problème, maintenant, c'est qu'évidemment, ce financement, il faut le rembourser. Donc, aujourd'hui, ce qui a été prévu, c'est un différé de remboursement. C'est-à-dire que pendant un an, il ne se passe rien. Puis, au bout d'un an, vous commencez à rembourser. Un an, c'est trop court. Donc, ce qu'on veut, c'est que pendant deux ans, il ne se passe rien.
Et puis, ce dont on a besoin, c'est que pour certaines entreprises, on puisse transformer ce PGE, ce qu'on appelle en quasi-fonds propres. Pardon, c'est un peu technique. En gros, ça consiste à dire qu'on ne rembourse pas tout de suite et que la puissance publique devient actionnaire sans droit de vote pour un certain nombre d'entreprises pendant une certaine période.
L'Allemagne a baissé la TVA sur certains taux de TVA. La France a rejeté l'idée. Vous avez vu ça ?
Vous êtes favorable à une baisse de la TVA ou pas ? Bien sûr, à condition qu'elle... Mais elle pourrait être ciblée. Par exemple, pourquoi est-ce que sur toutes les mesures liées à la transition énergétique, il n'y aurait pas une baisse de TVA ? Mais oui. Pourquoi est-ce que... Voilà, c'est des mesures pratiques comme celles-là dont on a besoin. Pourquoi est-ce que pour le réemploi, par exemple, c'est-à-dire quand vous améliorez, vous réparez quelque chose, pourquoi est-ce que là aussi, il n'y aurait pas une diminution ponctuelle de TVA ? Voilà, des mesures simples, pragmatiques, efficaces.
C'est un bon sujet, la baisse de la TVA, j'en parlerai, puisque c'est mercredi, la présentation d'un nouveau budget. Nous en parlerons mercredi matin. Merci Jean-Hudde Duménil d'être venu nous voir. On trouve tout ça sur le site de la CPME, évidemment.