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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 17 janvier 2021 26 min

Vaccin Pfizer-BioNTech, passeport vaccinal, contrôle renforcé des frontières... Le "8h30 franceinfo" de Clément Beaune

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bienvenue si vous nous rejoignez sur France Info, le 8h30 France Info avec Jean-Jérôme Bertolus, chef du service politique de la rédaction. Bonjour Jean-Jérôme. Bonjour. Notre invité est le ministre des affaires européennes. Bonjour Clément Beaune. Bonjour. Commençons peut-être par ces retards de livraison annoncés par le laboratoire Pfizer. Alors il y a eu une certaine confusion et puis Pfizer se veut maintenant rassurant en nous disant que ce retard ne serait que de l'ordre d'une semaine. Est-ce que vous avez davantage de précisions ?

0:29
Christine Pirès Beaune

Alors oui, nous avons échangé via la Commission européenne qui, je le rappelle, défend nos intérêts communs dans l'achat des vaccins dès la fin de semaine en France avec la ministre de l'Industrie pour limiter ces retards et d'abord pour clarifier la situation. Et donc ça a été fait hier par l'entreprise Pfizer et son partenaire BioNTech en disant que les retards seraient limités à une semaine. C'est pour adapter l'outil industriel et pour qu'ensuite la production se fasse plus rapidement. Donc on aura une production sans doute un peu réduite la semaine prochaine et on reprendra le rythme de production normale dès le 25 janvier.

C'est l'engagement qui a été pris par l'entreprise suite aussi aux pressions que nous avons mises en commun en européen. Et puis le rythme à annoncer l'entreprise s'accélérera à partir de mi-février. Donc au total je pense qu'on reprendra plus vite et plus fort après une semaine, on a essayé de réduire les choses au maximum, de réduction de cadence la plus limitée possible.

1:22
Invité

Clément Bourg, la semaine prochaine la France attend une livraison de la part de Pfizer et de BioNTech de 520 000 doses très précisément. Finalement cette livraison ne sera pas honorée totalement ou partiellement ?

1:38
Christine Pirès Beaune

Alors le total qui a été commandé pour la France, notamment sur le premier trimestre, sera honoré. Et la semaine prochaine, on va déterminer le montant exact, il y aura sans doute un peu moins que les 520 000 doses supplémentaires qui devaient être livrées. Mais le rythme qui a été contractualisé de 500 000 doses par semaine sera repris dès la semaine du 25 janvier et accéléré à partir de la mi-février. Il y a un creux si vous voulez, pour être très concret, et il y a une remontée ensuite.

Il vaut mieux que le creux arrive maintenant où on a encore du stock, plutôt qu'au moment où la phase d'élargissement de la vaccination qui commence lundi pour les plus de 75 ans et puis ensuite qui augmente, s'ouvre.

2:17
Invité

Et justement vous dites qu'on a encore du stock, mais le conseil scientifique demande une accélération de la vaccination compte tenu notamment des différents variants qui arrivent de pays étrangers. Vous l'avez dit vous-même, effectivement, les plus de 75 ans vont pouvoir se faire vacciner dès la semaine prochaine. Est-ce que quand même vous n'êtes pas inquiet des conséquences de ce retard, même s'il n'aurait qu'une semaine ?

2:43
Christine Pirès Beaune

Non, si ce retard est limité comme ceci, je crois qu'on n'a pas un vrai problème. Mais vous avez raison, on est vigilants, c'est notre responsabilité. Le but, ce n'est pas de ralentir la production, c'est de l'accélérer. C'est ce qu'on a fait au niveau européen en commandant d'ailleurs pour Pfizer, BioNTech, plus de doses. On est passé d'un contrat total de 300 millions de doses à 600 millions de doses. Ce sera honoré. Cette augmentation massive va se faire dès le deuxième trimestre. Et je le répète, la semaine prochaine, je le regrette, et on s'en expliquait avec l'industriel, pour limiter les choses, il y a ce petit creux.

Et une reprise dès le 25 janvier, c'est l'engagement qui a été pris, annoncé publiquement hier, et l'accélération à partir de mi-février.

3:20
Présentateur

Est-ce que ces retards, finalement, sont acceptables de la part d'un laboratoire qui fabrique des vaccins, qui s'engage, j'imagine, par contrat, à les livrer à une certaine date ? Il s'agit de santé publique. Est-ce qu'on peut accepter ce type de souci ?

3:34
Christine Pirès Beaune

On ne peut pas accepter de ne rien faire. C'est pour ça que, quand la nouvelle a été connue, en fin de semaine, on a échangé, mis la pression, échangé avec la Commission européenne, échangé avec les industriels, pour que les choses ne soient pas acceptées telles quelles. C'est pour ça qu'on a pu limiter les choses. Je comprends que c'est lié à une adaptation de l'outil industriel qui, ensuite, permet d'accélérer la cadence. Mais je vous assure qu'à chaque fois, on est très vigilant, et avec une très forte pression sur les industriels, avec Agnès Pannier-Runacher et la ministre de l'Industrie, pour que ça reprenne le plus vite possible et que ça accélère.

4:02
Invité

Clément Bonneau, on vous entend. Vous êtes très vigilant, pression, coup de fil direct, effectivement, au laboratoire. Mais pour la semaine prochaine, vous n'avez pas de chiffre précis, ce matin, à nous donner sur le montant des livraisons ?

4:15
Christine Pirès Beaune

C'était, vous l'avez rappelé, 500 000 doses, un tout petit peu plus qui était prévu. On essaye de réduire l'impact de ce petit problème d'ajustement industriel. J'espère que ce sera de l'ordre de quelques dizaines de milliers de doses. On n'a pas encore... Plutôt 400 000 que... Je ne veux pas vous dire un chiffre définitif, parce que, surtout, ce qui est important, c'est que ça n'aura pas d'impact la semaine prochaine sur la campagne de vaccination, sur le rythme de la campagne de vaccination, parce qu'on a un peu d'avance dans les doses. Donc ça, c'est quand même très important.

Après, il faut qu'on accélère la production industrielle, parce que ce qui va se passer, c'est qu'il y aura de plus en plus de gens qui vont accéder au vaccin, tant mieux. Il faut que la production suive. Donc je veux quand même être très rassurant sur ce point. Pour la semaine prochaine, ça ne ralentit pas la campagne de vaccination.

4:54
Invité

Écoutons Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, qui, elle-même, vendredi, s'est montrée rassurante.

5:03
Locuteur non identifié

Pfizer a annoncé du retard. J'ai immédiatement appelé le PDG de Pfizer. Il m'a assuré que toutes les doses qui devaient être livrées durant le premier trimestre seront bien délivrées durant ce premier trimestre.

5:18
Invité

Mais pourquoi, finalement, ne pas faire comme l'Allemagne et ne pas commander directement, c'est-à-dire sans passer par l'Europe, des doses de vaccins, par exemple, au laboratoire Moderna ? Pourquoi la France ne prend pas cette précaution de commander plus de vaccins ?

5:36
Christine Pirès Beaune

Alors, je veux revenir là-dessus parce qu'il y a eu beaucoup de mensonges, de contre-vérités ou de rumeurs. L'Allemagne a, je crois, été tentée par des commandes nationales, à côté des commandes européennes. On a discuté avec l'Allemagne et on pense que c'est une mauvaise idée. Pourquoi ? Parce qu'on affaiblit le cadre européen en faisant ça. Si chacun commence à dire, moi, en fait, ça ne m'intéresse pas de commander ensemble, je commande de mon côté, c'est l'un ou l'autre. Oui, mais les populations... Non, mais attendez, justement, le but, c'est de commander le maximum, bien sûr, et de commander encore plus et encore plus et d'accélérer la production.

Le faire au niveau européen, j'insiste là-dessus. Ce n'est pas une contrainte ou ce n'est pas une procédure bureaucratique imposée par l'extérieur. C'est nous qui avons fait ce choix en commun avec l'Allemagne. Pourquoi ? Parce que ça permet de commander plus, plus sûr, moins cher, plus vite. Ça, j'insiste beaucoup. Regardez ce qui s'est passé vendredi quand il y a un industriel qui a dit Pfizer, moi, j'ai un problème, j'ai un retard. On a mis la pression, on a 600 millions de doses commandées avec cet industriel. Donc, on a un moyen de pression. On est un client. On paye. L'Europe paye pour ces doses.

Et donc, si je veux tordre le coup à ce mythe, si vous commandez tout seul, vous n'êtes pas plus fort, vous payez plus cher et vous êtes moins fort dans la négociation. Et par ailleurs, j'insiste aussi là-dessus, parce qu'il y a eu beaucoup de, je crois, de fausses nouvelles ou de rumeurs inexactes sur ce sujet, on a aussi une autorité commune qui valide les vaccins.

6:57
Invité

Ça va plus vite. Justement, autorité commune, dernière question, très rapidement avant le rappel des titres, AstraZeneca, est-ce qu'effectivement l'agence du médicament va examiner la demande le 29 janvier prochain ? Vous confirmez cette date et est-ce que vous êtes optimiste ?

7:11
Christine Pirès Beaune

Oui, je suis optimiste, je précise les choses, nous les avons accélérées. 12 janvier, dépôt du dossier, AstraZeneca, donc un troisième vaccin. Et fin janvier, en effet, c'est sous l'autorité d'un comité scientifique. C'est lui qui décidera, mais nous avons bon espoir que fin janvier, en effet, soit autorisé un troisième vaccin. J'insiste, c'est encore 400 millions de doses supplémentaires que nous avons commandées en européen. Et à chaque fois, pour la France, c'est à peu près 15%, donc plus de 40 millions de doses supplémentaires.

7:37
Présentateur

Clément Beaune, le ministre des Affaires européennes, est l'invité du 8h30 France Info, il est 9h20. Le fil info, Diane Ferschit.

7:45
Invité

Le Covid-19 a tué 70 000 personnes en France depuis le début de l'épidémie. La tension reste forte sur les hôpitaux et le virus continue de circuler. Plus de 21 000 nouveaux cas en 24 heures. La France qui est sous couvre-feu à partir de 18 heures depuis hier soir. Et cette annonce de Pfizer-BioNTech d'un plan pour limiter à une semaine les retards de livraison de son vaccin. Les Européens craignaient des retards plus importants de 3 à 4 semaines en raison de travaux sur la chaîne d'approvisionnement de l'usine belge du groupe. Ils promettent de fournir beaucoup plus de doses au deuxième trimestre 2021. À ce jour, plus de 413 000 personnes ont reçu le vaccin contre le coronavirus en France.

Après l'opposition affichée du gouvernement français à un rachat de carrefour par le québécois Couchetard, les deux groupes de distribution réaffirment leur volonté de travailler ensemble. Ils disent étudier des partenariats opérationnels. Un millier de foyers toujours privés d'électricité en Alsace deux jours après les fortes chutes de neige. Ce matin, il n'y a plus aucun département en alerte. Mais il faut rester vigilant sur les routes. Le championnat du monde de handball en Égypte et qualification de la France pour le tour principal. Après la victoire des Bleus 35 à 28 face à l'Autriche, pour leur dernier match de poule, les Français affronteront à la Suisse demain.

8:53
Locuteur non identifié

France Info

8:57
Présentateur

L'invité du 8h30 France Info est Clément Beaune, le ministre des Affaires européennes. Nous sommes avec Jean-Jérôme Bertoluch, chef du service politique de France Info. On va parler de la question des contrôles aux frontières, question évidemment essentielle dans cette crise. Clément Beaune, Jean Castex en a parlé au cours de sa conférence de presse jeudi dernier pour annoncer un renforcement de ces contrôles. On écoute le Premier ministre.

9:20
Invité

À compter de lundi, tous les voyageurs qui souhaitent venir en France en provenance d'un pays extérieur à l'Union Européenne, quel qu'il soit, devront effectuer un test avant de partir. De plus, les personnes concernées devront s'engager sur l'honneur à s'isoler pendant 7 jours, une fois arrivées en France, puis à refaire un deuxième test PCR à l'issue.

9:45
Présentateur

Voilà ce que disait le Premier ministre. Clément Beaune, est-ce qu'il faut imposer un passeport vaccinal ? Alors, d'abord, je ne veux pas qu'on confonde les choses, c'est très différent,

9:55
Invité

le passeport vaccinal et les frontières. Oui, on va venir au contrôle aux frontières. Mais d'abord, après tout, c'est peut-être le plus simple, le passeport vaccinal.

9:59
Christine Pirès Beaune

Moi, je vais dire, nous sommes très réticents à cette idée. De quoi parle-t-on exactement ? Si on dit un passeport, un papier, un document qui vous autorise, en l'occurrence, par exemple, à voyager en Europe, je crois que c'est un débat qui est très prématuré. Pourquoi ? D'abord, on sait que le vaccin est sûr scientifiquement, qu'il a des effets bénéfiques. On ne sait pas encore tout son impact sur la transmission du virus. Et donc, il faut quand même faire la clarté complète sur ce point. D'autre part, on est dans une phase partout en Europe, pas seulement en France, de monter en puissance de la campagne de vaccination.

Pour l'instant, vous le savez, il y a quelques centaines de milliers de personnes dans chaque pays, en Allemagne, en Italie, en France, qui sont vaccinées, plutôt les personnes les plus âgées, les plus vulnérables. Tant que vous n'êtes pas rentré dans une phase grand public de la vaccination, où tout le monde a accès, ce qui arrive plutôt au printemps. Je crois que dire aux gens votre activité est limitée à cela alors qu'on n'a pas encore l'accès généralisé au vaccin ne marche pas, pour être très clair. Donc, c'est un débat que certains pays européens ont ouvert, notamment la Grèce, pour être concret, parce qu'ils pensent à la saison touristique, et on peut comprendre.

C'est un débat qui, aujourd'hui, je crois, n'a pas lieu d'être. Et je crois qu'il serait choquant de dire, alors qu'on débute encore partout cette campagne de vaccination en Europe, qui a un passeport avec des droits plus importants pour certains que pour d'autres. Ce n'est pas notre conception de la protection et de l'accès au vaccin.

11:21
Invité

Alors, on entend bien, vous êtes clair sur cette question. Les Français, quand même, ce matin, dans le Parisien, via un sondage IFOP, s'y montrent très favorables. Et vous citiez la Grèce, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a reçu très favorablement la demande de la Grèce. Ça veut dire que, pour vous, Clément Beaune, ministre des Affaires européennes, lors du prochain Conseil européen, il n'y a même pas matière à discussion autour de ce passeport vaccinal. Je l'ai dit, c'est un... La semaine prochaine, le Conseil européen.

11:51
Christine Pirès Beaune

La semaine prochaine, il y a un Conseil européen, des chefs d'État de gouvernement, auquel participera le président de la République. Moi, je préparerai cette réunion dès demain matin avec les ministres des Affaires européennes. C'est une idée, on sera clair là-dessus, sur laquelle la France considère qu'on ne doit pas ouvrir le débat maintenant. Et, encore une fois, j'insiste, les termes sont importants, parce que je pense qu'on mélange les notions. Le sondage que j'ai vu, il est intéressant, parce que je crois qu'il montre quoi ? Il montre une impatience. Les gens disent, je veux retrouver une activité, je veux pouvoir aller au restaurant, trouver une activité sociale.

Là, on parlait d'un déplacement en Europe avec la proposition de Mme Funaim. C'est deux choses un peu différentes. Mais je crois que ça veut dire qu'il faut mener cette campagne de vaccination, l'accélérer. Quand l'accès au vaccin sera généralisé, ce sera un sujet différent.

12:31
Invité

Parlons des contrôles aux frontières. Ça intéresse tout le monde. En tout cas, ayant une vision très pratique de ces contrôles, le Premier ministre a annoncé pour les voyageurs qui arrivent hors de l'Union européenne un test 72 heures avant, négatif, bien sûr, un isolement, ou plus exactement une attestation sur l'honneur de s'isoler une fois arrivé sur le sol national pendant 7 jours, et un autre test. Première précision, le Premier ministre n'a pas spécifié ça. Mais est-ce que c'est un test PCR dont on parle ? Notamment quand on est dans le pays avant de rejoindre la France ? Ou est-ce qu'un test antigénique, ça marche aussi ?

13:07
Christine Pirès Beaune

Le Premier ministre l'a précisé dans sa conférence de presse. C'est un test PCR. Non, il ne l'a pas précisé. J'ai réécouté. Pardon, pour les voyages hors d'Europe.

13:13
Invité

Pour le deuxième test, oui, il a précisé le test PCR. Mais pour le premier test, il ne l'a pas précisé.

13:18
Christine Pirès Beaune

Il me semble bien que si, pour le premier test. C'est un test PCR qui doit être négatif et fait au départ, avant le voyage et avant l'arrivée éventuelle sur le sol national. Et il y a cette mesure supplémentaire, effectivement, qui est une quarantaine de 7 jours qu'on demande à chacun de respecter.

13:34
Présentateur

Ces contrôles aux frontières, est-ce qu'on n'y vient pas très tardivement tout de même par rapport à nos voisins ?

13:39
Christine Pirès Beaune

Non, je veux être très précis. Les frontières hors Schengen, hors Europe, elles sont fermées. Par principe, c'est une initiative que la France a prise depuis le 17 mars de cette année. Elles n'ont pas rouvert. Il y a eu quelques pays pendant l'été qui étaient sur ce qu'on appelait une liste verte, c'est-à-dire qui avaient une situation épidémique favorable et on a donné des exceptions. Mais le principe qui vaut depuis mars et qui est toujours en application, je tiens à le dire parce qu'il n'y a pas de taxisme, c'est la fermeture des frontières hors Europe.

Il y a quelques exceptions pour nos ressortissants et maintenant, on le précise et on l'applique pour tout le monde, y compris nos ressortissants, il y a une obligation de test avant le départ.

14:13
Invité

Alors, revenons quand même, revenons à la séquence. Donc, test PCR avant le départ. Auto-isolement. Mais ça veut dire quoi un auto-isolement ? Est-ce que vous avez les moyens ? Est-ce que la France, l'État français, a les moyens de contrôler cet auto-isolement ?

14:29
Christine Pirès Beaune

Alors, je vais dire d'abord, c'est ce qui se passe avant qui est le plus important. On n'a pas le droit, sauf cas exceptionnel, de rentrer quand on vient du hors Schengen, du hors Europe, en France. Il faut une bonne raison, par exemple, être un ressortissant français qui rejoint la famille, son pays. Il y a le test avant le départ, obligatoire, négatif, évidemment, récent, de moins de 72 heures. On a ajouté cette mesure de quarantaine. Il faut trouver un équilibre, il faut être clair, pragmatique. Est-ce que vous pouvez mettre tout le monde sous vérification policière dans un hôtel ? Non.

Est-ce que vous pouvez appeler à la responsabilité des gens, encore une fois, en plus de la vérification, pour le coup, systématique du test, à faire cette mesure supplémentaire supplémentaire de protection civique et de responsabilité ? C'est ce que nous faisons. S'il faut aller plus loin, on verra. Mais je crois que c'est ça, le cumul des trois, fermeture par principe et dérogation rare, test au départ, obligatoire, négatif, récent, et cette mesure supplémentaire, on appelle la responsabilité de chacun, mais on a peu d'arrivés aujourd'hui. Je crois que cet ensemble-là, il est protecteur,

15:31
Invité

il n'est pas laxiste. Clément Boyle, ça va être le même dispositif, c'est-à-dire dérogation rare, auto-isolement, voire isolement contraint, peut-être pour les Outre-mer, je pense spécifiquement à Mayotte, la Réunion, la Guyane, qui sont véritablement sous la menace de ces variants sud-africains et brésiliens maintenant.

15:50
Christine Pirès Beaune

Alors le Premier ministre a annoncé d'ores et déjà jeudi dans sa conférence de presse un certain nombre de mesures pour ces territoires, pour éviter la circulation du virus dans ces territoires, notamment la Guyane qui est très exposée avec sa proximité avec le Brésil par exemple, et on verra, c'est pas à moi de le dire parce que c'est trop tôt, peut-être qu'il peut y avoir, puisque chaque semaine on fait une évaluation des mesures supplémentaires de renforcement, qui peuvent être de l'ordre de la quarantaine

16:13
Invité

ou de l'ordre de la quarantaine obligatoire. C'est une possibilité, je ne le sais pas. Parce que la loi le prévoit éventuellement pour les territoires. C'est pour ça,

16:19
Christine Pirès Beaune

je l'évoque, la loi le prévoit éventuellement, c'est une décision, elle n'appartient pas, qui appartiendra au ministre des Outre-mer, au ministre de la Santé, au Premier ministre, on verra dans les prochains jours, mais on a déjà annoncé, je le rappelle, des mesures de renforcement des contrôles dans les territoires d'outre-mer,

16:38
Présentateur

Le Couvre-feu à 18h

16:43
Invité

est entré en vigueur hier soir pour l'ensemble du pays, la France qui franchit le seuil des 70 000 morts du Covid depuis le début de la pandémie. Les gens sont épuisés, il y a une tension accumulée d'avoir une vie instable, réagit sur France Info, l'association nationale des directeurs des ressources humaines, elle alerte sur le moral des salariés. La campagne de vaccination sera élargie demain aux personnes fragiles et aux plus de 75 ans à 7h, 413 000 personnes ont été vaccinées en France et le laboratoire Pfizer se veut rassurant après avoir annoncé des retards dans la livraison des doses de vaccins. Ces retards seront limités à une semaine, assure-t-il.

L'Italie a l'interdit les vols en provenance du Brésil après la découverte d'un nouveau variant dans ce pays. Trois régions italiennes seront reconfinées dès demain. A trois jours de l'investiture de Joe Biden en tant que président des Etats-Unis, Washington est en état d'alerte. La capitale fédérale placée sous haute sécurité, un homme armé a été arrêté aux abords du Capitole. Il cherchait à passer un des nombreux points de contrôle pour accéder au bâtiment. Paris prend provisoirement la tête de la Ligue 1 de football après sa victoire 1-0 sur Angers. Hier soir, le PSG qui compte deux points d'avance sur Lyon. Lyon recevra Metz ce soir en clôture coup d'envoi à 21h.

17:50
Présentateur

France Info Clément Beaune, ministre des Affaires européennes et l'invité du 8h30 France Info, Jean-Jérôme Bertolus, chef du service politique de la rédaction. A mes côtés, nous parlons du renforcement des contrôles aux frontières. Ces contrôles aux frontières n'arrêtent pas les variants du coronavirus. Manifestement, ils passent quand même. Ils sont arrivés en France. Il faut être cohérent. On ne peut pas demander les deux. Je pense qu'il faut être clair.

18:18
Christine Pirès Beaune

Ce n'est pas le seul contrôle des frontières qui arrête l'épidémie, variant ou pas variant. Et donc, il ne faut pas reposer sur cette seule mesure. Mais, contrôler les frontières et notamment la fermeture des frontières hors Europe, hors Schengen, c'est un outil qu'on assume, encore une fois, depuis le printemps dans la lutte contre le virus et aujourd'hui encore plus nécessaire. C'est pour ça qu'on a renforcé ces mesures de test au départ avec la multiplication de variants dont on sait qu'ils circulent plus vite.

18:44
Invité

Et, M. le ministre, et Schengen, puisque vous abordez Schengen, Conseil européen, vous l'avez dit, en fin de semaine prochaine, qu'est-ce que la France va demander ? Que finalement, les pays de Schengen soient tous considérés en zone écarlate et que ce qui est appliqué aux pays hors Schengen, que vous avez détaillé juste avant le rappel des titres test PCR 72 heures avant de partir auto-isolement et test PCR au bout de l'auto-isolement, ça soit la même chose pour les pays de l'Union européenne ? C'est ce que va demander la France ?

19:12
Christine Pirès Beaune

Alors, ce que fait la France en ce moment, c'est pour ça que nous n'avons pas annoncé de mesures jeudi dernier pour les pays de l'espace européen. Je dis de l'espace européen parce que ça compte, ça couvre aussi par exemple la Suisse qui fait partie de Schengen. Il y a beaucoup de frontaliers. D'abord, je veux le préciser parce que c'est très important, quoi qu'il arrive, nos travailleurs frontaliers, il y a 350 000 chaque jour qui vont en Suisse, au Luxembourg, etc. Ils pourront continuer à circuler. Ça, c'est vital. C'est leur vie quotidienne. De même qu'on peut aller travailler, ils peuvent continuer à travailler. C'est important.

Et nous envisageons effectivement de renforcer au sein de l'espace européen les mesures de contrôle, pas de fermeture des frontières parce que justement, notamment pour les frontaliers, on a besoin que les marchandises circulent, que les travailleurs puissent aller travailler, etc. Mais oui, c'est une possibilité. Pourquoi nous ne l'avons pas annoncé ? Parce que nous menons une concertation avec les pays européens. Demain matin, une réunion des ministres d'affaires européennes à laquelle je participe. Jeudi, au niveau des chefs d'État de gouvernement, une discussion. Donc, c'est dans ces jours-ci que nous déciderons.

C'est possible aujourd'hui, nous avons un cadre européen, c'est possible aujourd'hui d'imposer des tests entre pays européens avant de circuler. Encore une fois, pas pour les frontaliers, ça c'est sûr. Mais par exemple, aujourd'hui, si vous allez de Paris à Berlin en avion, l'Allemagne exige depuis quelque temps un test avant le départ négatif. Nous pouvons faire la même chose. C'est juridiquement possible. Et nous concertons ces mesures renforcées avec nos partenaires européens. Pourquoi ? Parce que c'est plus cohérent et plus logique. Tout le monde compare. C'est normal de faire ça ensemble. Et puis, on vérifie aussi le type de tests que l'on peut exiger.

Ce qui est un point qui est technique mais qui est important. Les tests PCR, ça existe partout. Les tests antigéniques, tous les pays européens ne les reconnaissent pas encore de la même façon. Donc, nous travaillons aussi sur ce point.

20:51
Présentateur

Tout de même, Clément Beaune, malgré toutes ces mesures, on voit ce qui se passe assez largement chez nos voisins du reconfinement, soit total, soit partiel, dans certaines régions. Diane Ferchit en parlait il y a quelques minutes. Est-ce qu'on va pouvoir y échapper si on ne l'organise pas nous-mêmes ? Est-ce qu'on va pouvoir éviter d'être reconfiné ou de subir un reconfinement plutôt que de l'organiser ?

21:13
Christine Pirès Beaune

Le Premier ministre et le ministre de la Santé ont été clairs, transparents dans la conférence de presse de jeudi. Ils ont dit qu'on prend des mesures renforcées, c'est ce couvre-feu en vigueur sur tout le territoire à 18h depuis hier, samedi, et on pense que ça va avoir un effet parce qu'on l'a constaté d'abord dans les départements où ça s'était appliqué, de même que le couvre-feu à 20h avait eu un effet aussi. Et si la situation n'était pas maîtrisée, nous devrions prendre des mesures supplémentaires. Mais ce n'est pas la perspective et nous cherchons à léviter. Je tiens à préciser qu'il n'y a aucun laxisme non plus puisque je veux montrer la cohérence.

On nous dit certains, il faut confiner, il faut tout mettre sous cloche parce qu'il faut maîtriser tout comme ça maintenant et d'autres qui nous disent c'est très dur pour l'économie, pour la vie en général de faire des mesures aussi difficiles d'ores et déjà. On a été plus strict plus tôt que les autres pays européens. Je rappelle que pour faire une comparaison, il faut être précis, en octobre, novembre jusqu'à mi-décembre, nous avons pris des mesures d'abord de couvre-feu plutôt que nos voisins, plutôt que l'Allemagne, l'Italie.

Nous avons pris pendant 4 semaines, vous le savez, des mesures de confinement, un deuxième confinement et ça a quand même été dur pour nos commerçants, pour les français. En général, il faut en tenir compte aussi de cet effort qui a été fait et qui nous a permis d'avoir une situation épidémique, je ne me réjouis pas du malheur des autres, mais meilleure que chez nos voisins européens au moment des fêtes, début janvier et encore aujourd'hui. Nous avons une situation, il faut être prudent, vigilant, mais meilleure en moyenne que celle de nos partenaires européens. Mais en même temps,

22:36
Invité

vous ne dites pas de laxisme et vous avez dit on ne va pas effectivement les travailleurs frontaliers, vous avez cité le chiffre entre 350 000 et 400 000 français travaillent dans les pays limitrophes chaque jour, mais vous n'allez pas prendre une initiative par rapport à ces travailleurs frontaliers, je ne sais pas, en matière de plus de tests, par exemple, ou voir plus de vaccins, c'est-à-dire que d'un côté, vous allez accroître le contrôle des frontières et de l'autre, vous n'allez pas avoir, les travailleurs frontaliers ne vont pas devenir une nouvelle priorité ?

23:07
Christine Pirès Beaune

Bien sûr, ils sont une priorité, d'abord parce qu'il faut tenir compte de la situation spécifique. Oui, mais encore une fois, est-ce qu'en matière sanitaire, vous n'allez pas prendre une initiative ? Alors, en matière sanitaire, je tiens à préciser, d'abord, circulation des travailleurs frontaliers, c'est important parce que ce n'est pas du luxe, c'est leur vie quotidienne, ils en dépendent pour travailler, c'est comme si on vous interdisait à vous de travailler dans Paris, on ne va pas faire ça. Deux, il peut y avoir, on en discute avec certains pays, dans les zones frontalières, des mesures de dépistage, de tests renforcés parce qu'il y a plus de circulation.

Après, je pense qu'il ne faut pas, je ne vais pas miser à la santé, mais il ne faut pas fragmenter ou complexifier à l'excès la stratégie vaccinale. Il y a eu des débats, vous le savez, je pense que la force de cette stratégie vaccinale, c'est de rester cohérente dans ses principes, dans la durée et lisible. On ne va pas fragmenter les choses par petites catégories. Il y a des personnes vulnérables en fonction de leur maladie, de leur âge ou d'une exposition très forte. Par exemple, les personnels soignants, c'est vers eux, c'est ça notre stratégie vaccinale. On a toujours été clair depuis le début du mois de décembre sur son annonce et sur sa mise en œuvre qu'on priorise.

Et dans les régions frontalières, il peut y avoir, encore une fois, du test, du dépistage supplémentaire, mais on ne va pas faire des catégories de travailleurs particuliers. Mais ça sera quand même

24:14
Invité

au menu du prochain Conseil européen. Oui, absolument. On va en discuter avec nos amis allemands, nos amis belges. Absolument.

24:20
Christine Pirès Beaune

Je prends un point très concret qui concerne les travailleurs frontaliers, mais qui concerne largement la circulation en Europe. Il faut aller progressivement vers une reconnaissance mutuelle des tests antigéniques. Donc, on travaille à une liste européenne de tests antigéniques qui seraient reconnus parce qu'encore une fois, les tests PCR, c'est une technique bien établie, reconnue partout. Les tests antigéniques...

24:37
Invité

Mais pourquoi ne pas exiger des tests PCR et non pas antigéniques puisqu'on dit que l'efficacité...

24:41
Christine Pirès Beaune

Vous avez raison, pour être très clair, c'est ce à quoi on réfléchit. Si on exige des tests entre pays européens, nous allons regarder si on va autoriser bien sûr les tests PCR dans cette hypothèse parce qu'encore une fois, ils sont fiables et reconnus partout et on réfléchit, mais il faut que ça soit harmonisé, à une liste de tests antigéniques qui seraient reconnus mutuellement partout en Europe. Aujourd'hui, ça n'est pas encore le cas. Donc aujourd'hui, je prends un exemple très concret entre la France et l'Irlande. Si vous vouliez exiger un test au départ, PCR, ça marche puisqu'on a les mêmes.

Antigénique, ça ne marche pas aujourd'hui parce que l'Irlande ne reconnaît pas encore les tests antigéniques. Voilà. Donc on essaye d'être le plus concret possible, protecteur, même au sein, je le précise, même au sein de l'espace européen, d'ores et déjà, il peut y avoir des contrôles dans les zones frontalières pour vérifier que la circulation est justifiée. Donc on n'a pas du tout attendu ces jours-ci pour prendre des mesures dures vis-à-vis de nos frontières extérieures, plus souples parce que c'est notre bassin de vie entre les pays européens mais tout de même avec des contrôles.

25:39
Présentateur

Merci Clément Beaune, ministre des Affaires européennes, invité du 8h30 France Info.

Vaccin Pfizer-BioNTech, passeport vaccinal, contrôle renforcé des frontières... Le "8h30 franceinfo" de Clément Beaune — Christine Pirès Beaune · Pourquijevote